Excès et dérapages possibles dans la gestion des églises

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Pour arriver à leurs fins certaines églises ou certains mouvements chrétiens peuvent en arriver à utiliser des moyens offensant la dignité humaine, entravant l’actualisation de leurs membres et donner finalement aux communautés chrétiennes des allures de sectes. Une plus grande conscience des dérapages possibles dans la gestion des églises peut permettre aux responsables des églises d'éviter ces erreurs avant qu'elles n'arrivent.

Parmi les différents excès et dérapages il y a :

1. L’élitisme et l’arrogance

  • Croire, et faire croire explicitement ou implicitement, aux membres de la communauté que l’approche pastorale, missionnaire ou organisationnelle adoptée par l'église est la meilleure.
  • Montrer une attitude méprisante, hautaine ou défiante face aux autres approches et organisations d'église.
  • Répondre par la défensive à ceux qui, à l'intérieur ou l'extérieur du groupe, questionnent ou critiquent les pratiques de la communauté et se montrer fermé aux autres points de vue.

2. Le contrôle et la surveillance

  • Contrôler les relations des fidèles avec l'extérieur.
  • S’immiscer dans les affaires personnelles des membres.
  • Demander aux fidèles de se dénoncer mutuellement.
  • Surveiller les membres.
  • Faire planer la menace de damnation, de rétribution divine ou de divers malheurs les membres qui veulent quitter le groupe, l'assemblée ou le mouvement.

3. La censure et l’isolement

  • Contrôler l'information reçue par les membres (lectures, films, télé, radio).
  • Empêcher ou décourager les membres d’aller chercher conseil ailleurs que dans le mouvement ou le groupe.
  • Bloquer, écarter ou « éliminer » la dissidence ou l’opposition.
  • Empêcher ou décourager les membres d’interagir avec ceux qui ont quitté l'église, le groupe ou le mouvement par eux-mêmes ou par la volonté des responsables.
  • Encourager la rupture avec les personnes qui critiquent le mouvement même s’il s’agit des membres de la famille.
  • Répandre des calomnies, des mensonges ou des fausses interprétations concernant les autres organisations et mouvements de manière à garder ses fidèles.

4. L’autoritarisme

  • Demander une soumission totale aux autorités.
  • Considérer comme des rebelles ceux qui ne pensent pas comme le pasteur ou les autres responsables de l'église.
  • Aduler et idolâtrer le leader.
  • Diriger plus par manipulation (pressions, menaces, obligations, culpabilité, chantages, colères, promesses non tenues, avantages déshonnêtes) que par inspiration (amour, exhortations, invitations et exemples personnels).
  • Prendre les décisions pratiquement seul, sans tenir compte des conseils de son entourage et de sources extérieures.

La suite de cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.

97828402442953