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dimanche 19 avril 2020

Comment évangélisent les Églises qui grandissent?


Auteur: Pierre-Alain Giffard

Les Églises qui font des disciples donnent la priorité à l'évangélisation. Elles comprennent l'évangélisation comme une invitation à recevoir le Christ comme Seigneur et Sauveur et à devenir membres de son Corps, l'Église.

Les Églises en croissance évangélisent de différentes manières 

1. Par l’annonce missionnaire : Les Églises en croissance invitent les personnes évangélisées à faire un choix, à prendre une décision libre et éclairée en réponse au Christ qui les appelle à la conversion et au salut : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai, chez lui » (Ap 3,20). S’engager dans l’annonce missionnaire, c’est chercher à susciter une réponse de foi chez les personnes évangélisées et à les faire cheminer vers une relation d’amour et de confiance avec le Christ. L’annonce missionnaire se réalise lorsque des hommes et des femmes accueillent Jésus comme Sauveur et Seigneur et se font baptiser (2Pi 3,18 ; Jn 3, 5).

2. Par des relations existantes : Cette manière d’évangéliser met les gens en contact avec l’Église et le message du Christ grâce aux réseaux relationnels des chrétiens (famille, amis, collègues de travail, voisins, etc.). À l’image de l’apôtre André qui conduit son frère, Simon Pierre, à Jésus (Jn, 1,42), les chrétiens invitent les personnes qu’elles connaissent déjà à mieux connaître le Christ et à répondre à son appel. Ceux et celles qui sont rejoint ainsi ont tendance à être plus ouverts à une invitation car elle vient de personnes qu’elles connaissent et en qui elles ont confiance.

3. Par le service et l’amitié : « Dieu ne croit pas un mot de ce que nous disons mais croit ce que nous faisons ». Et de la même manière, « les gens ne se soucient pas de ce que nous savons tant qu’ils ne voient à quel point nous nous soucions d’eux ». Il s’agit d’évangéliser avec amour et pour l’amour. Par l’entraide et le service des personnes qui les entourent, les chrétiens créent de nouveaux liens d’amitié et prouvent ainsi leur souci des autres. Ils se greffent dans leur environnement par la charité et deviennent des personnes significatives dans la vie des personnes qu’ils fréquentent. Mais le service en soit ne suffit pas, les gens ont aussi besoin d’entendre l’Évangile pour pouvoir y répondre.

4. Par des petits groupes d’évangélisation : Pour évangéliser, il est certes important de garder les portes d’entrée de l’église grandes ouvertes mais aussi de créer de nombreuses portes latérales. Les portes d’entrée des Églises missionnaires sont les célébrations dominicales et les portes latérales sont des petits groupes d’évangélisation. Ce genre de petit rassemblement est particulièrement adapté pour témoigner de sa foi envers les personnes présentes. Le but premier de ces groupes n’est pas tant la fraternité, la prière ou l’étude de la Bible mais plutôt d’y inviter et d’y accueillir de nouvelles personnes pour leur faire entendre la bonne nouvelle.

5. Par les charismes (Mc 11,24) : Cette forme d’évangélisation s’appuie sur la puissance de l’Esprit qui confirme la Parole par des signes et des prodiges (Mc 16,20). Les évangélisateurs cherchent à répondre aux besoins de guérison et de libération des personnes évangélisées en priant pour elles avec foi (Lc 17,6). Comme dans le livre des Actes des Apôtres et tel qu’expliqué dans l’épître aux Corinthiens, la manifestation des charismes est au service de l’évangélisation (1 Corinthiens 14).

6. Par priorité : L’une des raisons qui explique la croissance des Églises se trouve dans leurs efforts à répondre en priorité aux besoins des personnes de leur entourage qui passent par des étapes importantes ou difficiles dans leur vie : que ce soit le mariage, la naissance d’un enfant, un changement d’emploi, un congédiement ou une faillite, la maladie, un décès d’un membre de sa famille ou d’un ami, un déménagement, l’emprisonnement. Ce faisant, ces Églises mettent en pratique l’Évangile de Matthieu au chapitre 25 (versets 31 à 46). Les personnes qui vivent ce genre de transitions ou d’épreuves sont plus réceptives à l’Évangile. Les personnes réceptives sont aussi souvent celles qui nous sont proches et avec qui nous avons des relations de confiance: nos amis, parents, collègues et voisins.

7. Par l’expérience dominicale : Lorsqu’une personne est invitée pour la première fois à l’église, il est important que sa première impression soit bonne… particulièrement si on souhaite que celle-ci revienne ! Pour une personne nouvelle, une bonne expérience dominicale se fait principalement à quatre niveaux : la chaleur de l’accueil, la qualité et la beauté des chants et de la musique, des homélies inspirées qui montrent le chemin du salut et qui font le lien avec la vie de tous les jours et enfin une présence tangible de l’Esprit Saint.

8. Par le suivi : Les églises sont trop souvent comme des sachets de thé. À l’image de l’eau qui traverse le sachet, les visiteurs entrent par la porte d’entrée et sortent par la porte arrière comme si rien n’était. Une église devrait plutôt être comme une éponge qui absorbe et retient les visiteurs et les personnes invitées. Le suivi devrait se faire sans tarder après une première visite par l’envoi de courriels ou d’un coup de téléphone par la secrétaire de la paroisse, par le pasteur ou un paroissien.

9. Par intégration : Le processus d’intégration des nouveaux dans l’Église peut être vu comme faisant partie d’une étape après la conversion. Mais en fait, il est impératif d’intégrer rapidement à l'Église les personnes que l’on évangélise dans les relations d’amitié des paroissiens. En effet la vie chrétienne n'est pas une vie solitaire et les personnes qui viennent depuis peu à l’Église cherchent aussi à créer des liens. Lorsqu’une Église n'arrive pas à intégrer des personnes nouvelles en favorisant la création de liens d’amitiés, son développement est compromis.

10. Par des activités et des évènements pour les personnes en recherche : Les Église en croissance mettent sur pied des évènements et des célébrations pour personnes en recherche où les personnes invitées ont l’occasion d’entendre le kérygme et de faire un acte de foi en Jésus sauveur. Ces événements peuvent avoir lieu durant les temps forts de l’année, à Noël ou à Pâques. Ils comprennent en général les éléments classiques d’une célébration (homélie, chant, prière, offrande) mais sont façonnés en un style contemporain et informel : Les personnes peuvent venir, écouter et partir sans se demander quand s’asseoir, se tenir debout, s’agenouiller ou donner de leur argent. On leur donne le temps de permettre à l’Esprit de travailler en elles et de décider sans pressions si elles veulent devenir des disciples de Jésus.

11. Par étapes : Cette forme d’évangélisation cherche à comprendre où en est chaque personne dans son cheminement de conversion et à la faire progresser vers la prochaine étape. De la foi en l’existence de Dieu jusqu’à la conversion, il y a souvent toute une série de marche à franchir.


12. Par une approche intégrale : Cette approche adopte une vision intégrale de l’évangélisation. Elle implique l’ensemble des ministères paroissiaux et des activités de l’Église dans le but de rejoindre ceux et celles qui ne connaissent pas le Christ : de la prière, à l’accueil, au suivi, à l’intégration dans l’Église, aux homélies, au genre de musique, au baptême, au discernement des dons, à l’implication dans des ministères et à la formation au leadership.

Il y a d’autres approches utilisées par les Églises qui grandissent. Celles-ci ne sont pas forcément pour tout le monde, mais il est quand même important de les mentionner :

13. Par les médias : Les moyens modernes de communication et de publicité permettent d’annoncer la Bonne Nouvelle. Ils comprennent a) les bus, b) vidéos, c) mp3, d) blogues (e) journaux, (f) bulletins d’information, g) annonces radio, h) télévision, (i) panneaux d’affichage (j) appels téléphoniques et (k) Facebook / Twitter / Instagram / TikTok.

14. Par invitation : Cette approche consiste simplement à inviter des personnes à la porte de l’église pour qu’elles y entrent et entendent l’Évangile.

15. Par un service de bus : Cette pratique demande de mettre sur pied un service de bus pour inviter les gens le long de la route à venir à une école du dimanche. C’est plus qu’un service de bus pour conduire les chrétiens à l’église, c’est une évangélisation intentionnelle en vue d’inviter de nouvelles personnes à connaitre le Christ.

16. Par du porte-à-porte : Ce n’est ni une méthode pour tout le monde ni une approche qui fait l’unanimité dans l’Église. Pourtant ceux et celles qui la défendent disent qu’elle permet aux chrétiens de rencontrer des gens dans le confort de leur maison et les prédispose ainsi à accepter la parole de Dieu.

Les Églises en croissance se servent de différentes approches d’évangélisation. Cette liste n’est pas exhaustive et il n’y pas de chemin unique. Les Églises qui souhaitent effectuer un virage missionnaire peuvent s’inspirer des différentes pratiques décrites ci-dessus. Elles peuvent choisir celles qui leur convient le mieux et qui portent du fruit dans leur contexte.

lundi 10 juillet 2017

Four Disciplines for Parish Growth Defined

By Pierre-Alain Giffard (Ph.D.)

According to Jim Rohn, entrepreneur and personal development coach, success is nothing more than a few simple disciplines, practiced every day.

In the context of our local Church, a question arises: Which disciplines should we practice to successfully accomplish the mission that Christ has given us?There are of course personal spiritual disciplines, such as forgiveness (Luke 6:37) and charity toward the poor (Matthew 25:40), but at the parish level, towards the mission to make disciples and grow the Church (Matthew 28:19), what should these disciplines be?

Prayer. Church growth is first a spiritual matter. The Word of God tells us that it’s God who ensures growth (1 Corinthians 3:7); without him, we can do nothing (John 15:5). To begin a journey toward growth, a parish should start praying for its renewal and development: ask, and it will be given to you; search, and you will find; knock, and the door will be opened to you (Matthew 7:7). These activities of prayer need to be planned and organized by parish leaders.

Spiritual Renewal. The Church began to grow right after Pentecost, and what growth! This phenomenal expansion can be attributed in large part to: 1) the action of the Holy Spirit, which was poured out on the disciples (following their prayers in the upper room); 2) the disciples’ life testimony; 3) the supernatural power that accompanied their preaching.

But Pentecost was not meant to be just a one-time event; outpourings of the Holy Spirit occur each time Christians seek to be renewed by sacraments, by personal and community prayer, by the reading and studying of the Word, by seminars like Life in the Spirit, by Eucharistic adoration, by spiritual retreats, by participation in small faith-sharing groups, by occasional fasting, and by other spiritual disciplines. Renewal will occur if activities like these are planned and organized by parish leaders.

Evangelization. For the last 40 decades, Christians from older established churches, have put more emphasis on social justice than on evangelization.  Now they are encouraged by their leaders to reach out to those who do not know or do not follow Christ. But how can this be done at the parish level? Fortunately, there are programs and methods, like the Alpha Course, Parish Evangelizing Cells and others. Running such programs greatly contributes to the renewal and growth of a parish.

The Sunday Experience. Invited guests and visitors will most likely come back to church after a first visit if their Sunday experience is positive. This Sunday experience depends on how they are welcomed, preaching that is divinely inspired and connects truth to life, the quality and playfulness of worship, if children’s services are offered, the cleanliness of the facility, opportunities to get involved in volunteer activities and opportunities to create friendships.

To grow, parishes need to think in terms of integrating visitors and find a strategy to help newcomers experience fellowship and get involved in parish activities. As is the case of prayer, spiritual renewal, and evangelization, the Sunday experience has to be planned and organized by the parish leaders and supported financially by the board of administration.

These four pastoral disciplines come from the solid experience of growing parishes. They can become a reality in our parishes if our pastors, parish pastoral councils and our boards of administration make them a priority.

Parish leaders, like Jesus, should be driven by a God-given desire to make disciples. They need to move from maintenance to mission and encourage new pastoral initiatives that enable the parish and all its members to seek, welcome and integrate new people into the Church.

Without this desire, parishes will continue to decline and eventually die because their pastors and members will not have fulfilled the fundamental divine mandate of the Church: to go forth and bring God’s love to all and integrate into the Body of Christ those whom God invites to forgiveness, peace, love and eternal life through an authentic loving relationship with Jesus.

dimanche 13 septembre 2009

Le secret pour bâtir une église qui gage des âmes

Le désir de gagner des âmes

L’église qui veut gagner des âmes doit commencer par en cultiver le désir avant de s’interroger sur la manière d’y parvenir. Vous pourriez réprimander mon ami qui ne pêche pas, lui apprendre de force comment pêcher et quel équipement utiliser : cela ne servirait à rien. Il faut que le désir de pêcher naisse dans son coeur.

Il faut que la pêche devienne partie prenante de sa vie et qu’il veuille aller à la pêche. Comment arriverai-je à faire de mon ami qui n’aime pas la pêche un vrai pêcheur? Comment puis-je motiver les croyants à devenir des gagneurs d’âmes? Comment les responsables pourraient-ils amener l’église à gagner des âmes s’ils ne sont pas eux-mêmes animés par la passion d’atteindre les perdus?

Tout commence par la naissance ou le renouvellement du désir. Il est vital que nous puissions considérer le fait de gagner des âmes comme une joie et non une corvée, une passion et non un devoir, un privilège et non un fardeau.

La motivation pour gagner des âmes

Il est bon que nous nous souvenions que la joie du Seigneur sera notre force. Ce principe est au coeur même de la motivation à vouloir gagner des âmes.

Quand Jésus a dit : « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes », il offrait à ses disciples une formidable perspective d’avenir. Avant sa venue, ils se contentaient de pêcher une certaine sorte de poisson. Leurs vies étaient centrées sur tout ce qui a trait à la pêche afin de subsister. Mais Jésus est venu leur présenter une autre façon de vivre : une existence centrée sur le fait d’apporter la vie aux autres.

Aucun pasteur ou leader spirituel ne pourra jamais motiver les croyants au témoignage en les culpabilisant, en leur mettant de la pression, ou en les contraignant. Pour que des chrétiens deviennent des gagneurs d’âmes, il faut qu’ils goûtent à la joie et la satisfaction que l’on ne connaît qu’en amenant quelqu’un au Seigneur.

Seuls des gagneurs d’âmes pourront motiver les croyants à devenir des gagneurs d’âmes. Mon ami qui ne s’intéresse pas à la pêche ne s’y mettra jamais de lui-même. Il ne tendra l’oreille que lorsque quelqu’un qu’il estime lui parlera du frisson et de la satisfaction qu’il éprouve en attrapant du poisson. Il ne s’aventurera jamais sur le lac avec l’attirail du pêcheur si c’est quelqu’un qui ne va pas lui-même à la pêche qui l’y encourage. Il n’aura aucune envie de s’acheter un bateau s’il n’entend que des histoires d’horreur : « J’ai péché huit heures sans rien prendre !... J’ai perdu le poisson !... Le bateau a chaviré !... Tout le monde est rentré malade ! ».

Si nous manquons de gagneurs d’âmes, c’est parce que :

1. Nous n’avons pas assez de pasteurs et de leaders qui sont eux-mêmes des gagneurs d’âmes. Si ceux qui dirigent ne sont pas animés par la passion et la joie de gagner des âmes, comment voulez-vous qu’il en soit autrement pour ceux qui les suivent ? Les gens ne s’intéressent pas à des vérités purement théoriques.

2. Nous motivons plus les gens par la culpabilité que par un exemple enthousiaste et efficace. Bien des gens décrochent quand les prédicateurs et autres évangélistes les sermonnent plutôt que de partager avec eux les promesses de Dieu à cet égard.

3. Les gagneurs d’âmes parlent trop de leurs échecs plutôt que de leurs réussites. Comment voulez-vous que les jeunes croyants soient motivés quand on leur raconte qu’on s’est fait claquer la porte au nez en allant témoigner, et que certaines statistiques montrent que bien peu de gens deviennent d’authentiques croyants après avoir fait la prière de repentance ? Cela me rappelle l’histoire bien connue du marchand de balais qui faisait du porte-à-porte en posant la question : « Vous ne voulez sûrement pas de balai, n’est-ce pas ? ».

Apprendre à gagner des âmes par l’exemple

Pour qu’une église gagne des âmes, tout commence par un gagneur d’âmes enthousiaste et efficace. Nul n’a plus d’influence dans l’église que le pasteur. Pour qu’un pasteur amène son église à gagner des âmes, il faut qu’il le fasse lui-même – quand il prêche comme dans la vie de chaque jour.

Les croyants sont fatigués de se faire dire ce qu’ils doivent faire. Il faut qu’on leur montre comment être des témoins efficaces et des gagneurs d’âmes dans la vie de tous les jours. Il y aura un réveil dans l’Église pour le salut des âmes quand les leaders spirituels deviendront des pêcheurs d’hommes en dehors des réunions et partageront dans leur prédication la joie et la satisfaction que de telles expériences apportent dans leur vie.

La motivation la plus efficace pour susciter des gagneurs d’âmes n’est pas dans le fait de prêcher sur ce thème autant que de raconter ce que vous avez vécu à cet égard. J’ai observé cela tant et tant de fois dans mon propre ministère. Quand j’étais pasteur, je prêchais souvent sur l’importance d’amener des âmes à Christ, mais je n’étais jamais aussi efficace que lorsque je pouvais raconter à l’assemblée comment j’avais pu amener une âme au Seigneur dans la semaine. Quelle joie d’entendre des gens me remercier lors de leur baptême de les avoir conduits à Christ sur leur lieu de travail ou dans leur foyer ! Dans de tels moments, mon assemblée pouvait voir en moi un témoin de Christ autant qu’un pasteur. Comme sous-berger, je pouvais dès lors leur dire avec autorité : « Suivez-moi comme je suis le Seigneur, et je vous aiderai à devenir des pêcheurs d’hommes ».

Les clés pour une église qui gagne des âmes

1. Une église qui gagne des âmes est dirigée par des responsables qui gagnent des âmes. Ils suscitent une soif chez les autres et un désir profond de devenir des témoins efficaces.

2. Une église qui gagne des âmes fait de la place à ceux qui gagnent des âmes afin qu’ils partagent leur joie et leur témoignage avec l’assemblée. Les pasteurs feraient bien de garder quelques instants dans le culte pour permettre à quelqu’un de partager sa joie d’être un pêcheur d’hommes.

3. Un pasteur qui gagne des âmes donnera l’occasion aux perdus de venir à Christ dans toutes les réunions. Le temps de l’appel doit rester une priorité dans toute réunion pentecôtiste. Si personne ne répond, ce n’en est pas moins une victoire, car cela constitue un rappel de la raison d’être de l’église. Bien sûr, quand quelqu’un répond à l’appel, la joie sur terre devient aussi la joie dans le ciel !

4. L’église qui gagne des âmes a une équipe de croyants formés pour accompagner les nouveaux. Former une telle équipe revient à former des gagneurs d’âmes. Si les gens apprennent ainsi à conduire quelqu’un à Christ au moment de l’appel, ils pourront tout aussi bien le faire dans une voiture, un restaurant, ou dans un endroit discret au bureau.

Il y a quelque temps, je prêchais dans une église qui gagne beaucoup d’âmes au Seigneur et qui a une superbe chorale. J’ai appris que ceux qui désirent s’intégrer à la chorale doivent passer une audition musicale et assister à trois sessions de formation pour encadrer les gens dans les temps d’appel avant de pouvoir y participer. Quand j’ai fait l’appel ce jour-là, tous les membres de la chorale sont descendus pour entourer ceux qui s’approchaient de Christ. Il n’y a rien d’étonnant à ce que cette église soit florissante.

Un de mes petits-fils est récemment venu nous voir. Il avait à peine franchi le seuil de la maison qu’il me suppliait de l’amener à la pêche. Nous y étions allés lors de sa dernière visite et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y avait pris goût. Ce jour-là, je ne pouvais pas y aller ; pensez-vous que cela l’a arrêté ? Certainement pas ! Lui et sa grand-mère sont partis avec deux cannes et quelques vers. Ils n’ont pas pris grand-chose, mais en tout cas plus que moi. Et c’est LUI qui a pris les poissons ! Un simple garçon de six ans avec une canne, un hameçon et un vers… Peut-être avez-vous entrepris la lecture de cet article en espérant y trouver quelques idées ou autres techniques pour bâtir une église de gagneurs d’âmes. J’espère que l’Esprit de Dieu vous aura saisi et vous aura ouvert les yeux sur le secret d’une église qui gagne des âmes : l’amour des âmes ainsi qu’une invitation à aller à la pêche avec le Maître !

Auteur : Charles Crabtree

Charles Crabtree a longtemps été pasteur puis assistant au surintendant général des Assemblées de Dieu des États-Unis pendant quatorze ans avant de prendre récemment sa retraite.

Article publié dans le journal Ressources spirituelles n.16, Automne 2008.

dimanche 22 mars 2009

5 vérités qui conduisent au salut

 

Pour aider les chrétiens à présenter le plan du salut, nous proposons ci-dessous “5 vérités”. La présentation de ces 5 vérités permet de conduire les personnes évangélisées à faire un acte de foi en Jésus-Christ sauveur (Les croquis suivants sont inspirés d’un petit dépliant d’évangélisation que j’ai perdu…Je ne peux donc pas en citer la source. Toute information pour la retrouver est la bienvenue).

1. PREMIÈRE VÉRITÉ : Dieu nous aime et veut que nous ayons la vie et la paix

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). « Je suis venu afin qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance » (Jean 10:10).

Si Dieu a des projets de paix et de vie pour les êtres humains, pourquoi tant de gens n'en font-ils pas l'expérience ?

2. DEUXIÈME VÉRITÉ : L'homme est pécheur et séparé de Dieu

Pont1 
Dieu nous a fait à son image pour vivre éternellement et pour communier à sa Vie. Dieu nous a suffisamment aimé et fait confiance qu'il nous a crée libre. Notre problème vient de ce que, des nos premiers parents, nous avons désobéi à Dieu et suivi notre propre volonté. Notre choix à pour conséquence la séparation avec Dieu. L'homme est pécheur : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3:23). L'homme est séparé de Dieu : « Car le salaire du péché, c'est la mort » (Romains 6:23).

3. TROISIÈME VÉRITÉ : Malgré ses efforts, l'homme ne peut se sauver lui-même

 
Pont1  
Au travers des âges, les hommes ont cherché de nombreux moyens d'aller à Dieu et de construire des ponts pour franchir l'abîme qui nous sépare de lui. La moralité, les philosophies, les bonnes œuvres, etc. Mais malgré nos efforts personnels, nous ne pouvons effacer nos fautes ou payer le prix de notre réconciliation avec Dieu. Ou bien, l’homme présume de ses capacités (espérant pouvoir se sauver sans l’aide d’en Haut), ou bien il présume de la toute-puissance ou de la miséricorde divines (espérant obtenir son pardon sans conversion et la gloire sans mérite).

La quatrième vérité nous donne la seule réponse valable à cette impasse...

4. QUATRIÈME VÉRITÉ : Dieu offre par la croix de Jésus le moyen pour être sauvé, un pont qui traverse l'abîme qui nous sépare de lui.

 
Pont3
 
 Jésus-Christ est la seule solution à notre incapacité de nous sauver nous-mêmes. Il est mort sur la croix et il est ressuscité, payant ainsi la peine pour nos péchés. Il est le chemin pour aller à Dieu. « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14:6). « Le Christ Jésus s’est livré pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier un Peuple qui lui appartienne en propre » (Tt 2:14). « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3:16).

Dieu nous offre le chemin, mais il nous faut faire un choix...


5. CINQUIÈME VÉRITÉ : Dieu attend de nous une réponse personnelle : la foi exprimée dans une demande de salut

Pont4
 
 « Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai, chez lui » (Apocalypse 3:20). « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Actes 2:21). « À tous ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1:12).

Pour accueillir Jésus comme votre Sauveur, il faut :
  • Admettre que vous êtes pécheur et que vous avez besoin de Dieu.
  • Vouloir abandonner le péché.
  • Croire que Jésus est mort sur la croix pour vous sauver et qu'il est ressuscité.
  • Demander à Jésus d'être votre Sauveur et demander à l'Esprit Saint de diriger votre vie.
Exprimer sa foi en Jésus-Christ et en Celui qui l’a envoyé pour notre salut est nécessaire pour obtenir le salut (cf. Mc 16:16 ; Jn 3:36 ; 6:40 e.a.). « sans la foi (...) il est impossible de plaire à Dieu » (He 11:6).

6. PRIÈRE POUR ACCUEILLIR LA SALUT
Après la présentation des 5 vérités il est proposé à la personne ou aux personnes qui écoutent de faire une prière pour accepter Jésus comme leur sauveur: « Seigneur Jésus, j'ai besoin de toi. Merci d'être mort sur la croix pour me réconcilier avec Dieu. Je t'ouvre la porte de mon cœur et je te reçois maintenant comme mon Sauveur. Pardonne mes péchés. Prend le contrôle de ma vie. Je t’offre ma volonté et je m’abandonne entre tes mains. Entre dans mon cœur, guérit-moi et conduit-moi. Amen.»

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mercredi 11 mars 2009

La croissance des églises par la musique et les chants

CHANGER DES VIES PAR LA MUSIQUE

Auteur: Carol Cymbala

Carol Cymbala est l'épouse de Jim Cymbala, le pasteur de l’église "Brooklyn Tabernacle", une assemblée de 10.000 membres, dans l’État de New-York. Elle dirige une chorale de 300 membres et témoigne comment Dieu peut se servir de la musique pour rejoindre et convertir des foules.

Il est bien connu que la ville de New York grouille toujours de monde. Nuit et jour, les rues sont remplies de passants. C’est à se demander quand les gens dorment. Quand Dieu m’a appelée avec mon mari à établir une église à Brooklyn, nous avons demandé : « Seigneur, comment atteindre tous ces gens avec l’Évangile? »

Au début, quand notre chorale était constituée d’une poignée de chanteurs, nous avons travaillé avec un centre local de Teen-Challenge pour tenir des réunions mensuelles d’évangélisation. Nous avons loué un auditorium qui pouvait contenir plus de monde que notre petite église. Il n’y avait rien d’impressionnant dans ce que nous faisions dans ces premières réunions. Certains des gars de Teen-Challenge ne pouvaient même pas chanter juste. Mais leur coeur était sincère dans leur désir d’atteindre les perdus. Les gens se donnaient au Seigneur, pas parce que nous chantions juste, mais parce que Dieu se manifestait puissamment.

Au fil des ans, Jim et moi avons continué de demander au Seigneur : « Que pouvons- nous faire de mieux pour atteindre cette ville avec l’Évangile? » Nous savions que la musique a un formidable impact pour attirer les gens. Nous avions souvent organisé des concerts dans notre propre église. Nous n’avions pas de mal à remplir les 1 200 places mais nous aspirions à davantage. Entre-temps, Dieu continua de bénir le ministère de notre chorale qui était de plus en plus appréciée et reconnue.

LES PORTES S’OUVRENT POUR LE MINISTÈRE

Carnegie Hall : Nous savions que bien des gens ne voulaient pas venir à nos concerts parce qu’ils auraient été contraints d’entrer dans une église ; c’est alors que nous avons pensé à louer une salle. Peu de temps après, quelqu’un suggéra une idée ridicule. Peut-être devrions-nous louer Carnegie Hall. Mais comment une chorale des quartiers populaires de la ville seraitelle capable d’attirer du monde dans une salle connue pour avoir reçu les plus grands artistes ? Nous n’allions pas tarder à le découvrir. Le soir de notre concert, nous avons été surpris d’apprendre que la police avait été appelée pour gérer la foule. Bien des gens qui n’avaient pas de billet s’étaient rassemblés devant les portes, espérant avoir une place. Il y avait bien plus de personnes que de places, si bien que du monde a malheureusement dû repartir sans avoir pu assister au concert.

Ce soir-là, nous étions tous bien conscients que nous avions là une occasion unique de partager l’amour de Dieu. La chorale chanta de tout son coeur. Personne ne jouait à la vedette. Nous voulions simplement bénir ceux qui étaient venus. L’important n’était pas la chorale, mais bien ces gens qui avaient besoin de connaître Jésus- Christ. Après que nous ayons chanté, Jim lança une invitation et la réponse de l’auditoire fut stupéfiante.

La musique d’une chorale faite de chrétiens remplis de l’Esprit peut avoir un puissant impact dont Dieu se sert pour amener des âmes à Christ.

Radio City Music Hall : L’expérience de Carnegie Hall a fait grandir notre foi, si bien que nous nous attendions à davantage encore de la part de Dieu. Nous avons donc organisé deux concerts consécutifs au Radio City Music Hall. Quoiqu’intimidés à la pensée de chanter dans une autre salle renommée, nous n’avons pas laissé la peur nous empêcher d’atteindre davantage de gens pour le Seigneur. Des membres de notre église, ainsi que d’autres croyants, commencèrent à inviter les membres de leur famille, des collègues de travail et leurs voisins à ces deux concerts. Les deux soirées furent données à guichet fermé. Un membre de notre église y invita un dénommé Bob Adamo. Voici ce dont Bob se souvient :

« J’avais débuté une relation d’amitié avec une collègue de travail qui m’a parlé de Dieu. Elle m’a invité plus d’une fois à visiter l’église Brooklyn Tabernacle, mais je trouvais toujours une excuse. Puis elle m’invita à un concert au Radio City Music Hall et non pas à son église. Par contre, elle ne m’avait pas dit que ce n’était pas un spectacle ordinaire et que quelqu’un se lèverait à la fin pour prêcher. Je n’étais pas préparé à cela. Je ne me souviens pas de ce que le pasteur Cymbala a pu dire ce soir-là, mais après l’avoir entendu, je savais que je devais faire un choix. Je me suis donc levé à l’instant même où il invita ceux qui voulaient recevoir Christ à se lever pour la prière. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé, si ce n’est que Christ m’a délivré. Je suis stupéfait de voir comment je me sens désormais tellement proche de mes amis portoricains, jamaïcains, afro-américains, et de tant d’autres ! Après tout, je suis un italien qui a grandi dans une banlieue où tout le monde est plein de préjugés envers les minorités. Mais il n’y a plus rien de ce poison dans mon coeur depuis que Christ m’a changé. Je fais désormais partie de la famille de Dieu, et j’aime tellement ça ! »

Dieu nous a vraiment aidés lors de ces soirées au Radio City Music Hall. Nous n’y sommes pas allés pour nous offrir en spectacle. Nous n’y sommes pas allés pour pouvoir dire que nous avions chanté sur cette estrade prestigieuse. Dieu nous y a envoyés pour élever le nom de Jésus-Christ et partager avec les gens le don de son salut. Bob Adamo n’est qu’un exemple de ce que le Seigneur est capable de faire. Aujourd’hui, Bob chante dans notre chorale ainsi que son épouse qu’il a rencontrée depuis ces événements. Nous sommes débordants de joie quand nous voyons comment Dieu continue de bénir sa vie.

Madison Square Garden : Depuis ces deux concerts au Radio City Music Hall, nous avons eu une multitude d’ouvertures pour bénir les gens par nos chants dans toute la région de New York, ainsi que dans tout le pays et partout dans le monde. Une de nos plus belles expériences fut lors du lancement de notre album au Madison Square Garden, qui peut accueillir environ 17 000 personnes. Les chrétiens de toute la région ont invité des amis non chrétiens. Mais cette fois-ci, le Seigneur avait mis sur nos coeurs un fardeau tout particulier pour un groupe précis de personnes.

Il est impossible de vivre à New York sans voir des milliers de sans-abri qui se réfugient par grand froid dans les refuges. Beaucoup d’entre eux vivent dans des bâtiments infestés par les cafards et les rats. Ces immeubles sont même tellement dangereux que beaucoup préfèrent dormir dans la rue. Nous croyons vraiment que Dieu nous appelle à atteindre les sans-abri de New York ; notre équipe a donc commencé à contacter les refuges aux quatre coins de la ville, invitant leurs résidents à un concert gratuit au Madison Square Garden. En fin de compte, 3 000 sans-abri répondirent à notre invitation. Nous avons loué des douzaines de bus pour les prendre et les ramener. Nous avons donné à chacun un grand sac rempli de produits d’hygiène. La plupart de ces sans-abri n’avaient jamais mis les pieds au Madison Square Garden, et se demandaient bien pourquoi nous les traitions avec tant d’égards. Après le concert, mon mari a parlé et demandé à ceux qui voulaient recevoir le salut de se lever. Nous avons alors vu des milliers de personnes debout pour répondre à l’appel.

Parmi les sans-abri se trouvait Maria Negron, une mère de quatorze enfants âgés de 1 à 14 ans. Maria et ses enfants donnèrent ce soir-là leur vie au Seigneur. Ensuite, Delores Bonner, qui est membre de notre église, se chargea d’aller chercher cette famille pour l’amener au culte et à l’école du dimanche. Dieu parla au coeur de plusieurs parmi nous afin de bénir Maria et ses enfants d’autres façons. Oscar, l’aîné, nous a le plus émus. Étant le plus grand de la famille, il se sentait responsable de ses treize frères et soeurs. Mais comment un enfant de cet âge peutil porter une telle charge? C’est ainsi que l’église prit Oscar sous son aile.

Parce qu’Oscar avait grandi dans la rue, il lui arrivait encore de se laisser entraîner par certains dans des bagarres avec la police. Mais les chrétiens de l’église ont persévéré, et aujourd’hui, Oscar a vingt-et-un ans et aime Dieu de tout son coeur. L’église sait que la main de Dieu est sur sa vie. Quelqu’un lui demandait récemment ce que Jésus représentait pour lui. Il répondit simplement : « Jésus est celui qui pourvoit à tous mes besoins. Il m’a sauvé de la mort et nous a donné un toit, à moi et ma famille. » Comme d’autres qui ont accepté l’Évangile, Oscar est passé d’un refuge aux bras de Dieu comme son nouveau refuge rempli de l’amour de Dieu. Ce soir-là, au Madison Square Garden, le Seigneur nous a donné l’occasion de révéler son amour à des gens qui n’avait connu que douleur et rejet.

Peut-être vous demandez-vous comment vous pouvez évangéliser par le biais d’une chorale de votre église. Il n’y a pas de méthode toute faite qui fonctionnerait pour tous. L’église Brooklyn Tabernacle est une église qui se trouve dans les quartiers défavorisés de la ville ; la chorale est le reflet de la population de ces quartiers, ce qui nous permet d’atteindre cette population. Les ouvertures que nous avons ne sont pas forcément les vôtres. Mais si Dieu a mis sur votre coeur le fardeau de sortir des murs de votre église, gardez les principes spirituels suivants à l’esprit. Ils ont fonctionné pour nous, et je suis sûre qu’ils fonctionneront pour vous aussi.

POUR ATTEINDRE VOTRE VILLE : Priez, priez… et priez encore.

La prière est l’élément le plus important du ministère de notre chorale. Chaque semaine, la chorale se réunit pour chercher la face de Dieu et pour que nous puissions répandre nos coeurs devant lui. Nous demandons à Dieu de nous utiliser afin que des hommes et des femmes soient sauvés par sa puissance. Ce faisant, il continue de nous ouvrir des portes et de nous donner de nouvelles opportunités.

Romains 8 : 26 nous rappelle que nous ne savons pas comment prier comme nous le devrions, mais que Dieu nous a donné son Saint-Esprit pour nous aider dans notre faiblesse. Nous ne devrions jamais considérer comme acquis le privilège que nous avons de consulter Dieu, de le prier et de rechercher sa face en toute situation. La prière peut vous conduire, vous et votre chorale dans la volonté parfaite de Dieu. Nous ne prions pas parce que Dieu ne serait pas au courant de nos besoins, mais précisément parce qu’il connaît toutes choses et peut donc nous conduire dans la bonne direction : « Voici l’assurance que nous avons auprès de lui : si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous possédons ce que nous lui avons demandé » (1 Jean 5 : 14–15). Quand vous priez, Dieu a promis de vous diriger; la prière est donc d’une importance vitale.

Soyez à l’écoute de la direction de Dieu: Un des bienfaits d’être un enfant de Dieu est que nous sommes conduits par sa main. La Bible dit : « Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Romains 8 : 14). Jésus s’est clairement révélé comme étant le Bon Berger (Jean 10 : 3-4). Quand vous priez, vous recherchez l’aide de Dieu qui a promis de répondre et de vous aider (Ésaïe 30 : 19, 21). Être à l’écoute de Dieu vous amène à dépendre davantage de lui afin de faire ce à quoi il vous appelle. Sans lui, vous ne pouvez rien faire.

Avancez par la foi: La foi chrétienne triomphe du monde. Nous vivons par la foi, travaillons par la foi, proclamons l’Évangile par la foi, combattons le bon combat de la foi, et brandissons le bouclier de la foi. Nous voyons s’accomplir les promesses de Dieu par la foi, nous allons là où il nous veut par la foi. Cette foi n’est pas un consentement mental ou un raisonnement intellectuel. Notre foi est enracinée dans la personne de Jésus-Christ et en sa force souveraine pour accomplir des choses qui sont bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Hébreux 11 : 6 nous dit qu’il est impossible de plaire à Dieu sans la foi.

CONCLUSION

Malgré les portes extraordinaires qui se sont ouvertes pour la chorale Brooklyn Tabernacle Choir, le Seigneur ne m’a jamais permis d’oublier ce que j’ai appris dans les tout débuts de notre ministère. Les campagnes des premiers jours avec Teen-Challenge me rappellent constamment ce que Dieu peut faire quand nos coeurs sont sincères et que notre seule préoccupation est de le glorifier. Ces jeunes gens de Teen-Challenge n’avaient rien de chanteurs expérimentés. Si la puissance de Dieu avait dépendu de la qualité de leurs voix, je suis à peu près sûre qu’il ne se serait rien passé dans ces réunions. Mais Dieu y a fait de grandes choses. Mais je sais que si nos coeurs ne sont pas purs et si nous ne dépendons pas entièrement de Dieu, tout ce que nous ferons sera en vain, même si nous étions invités à chanter dans les salles de concert les plus prestigieuses du monde.

Le plus grand piège dont doit se méfier toute chorale, c’est de céder à la tentation de se donner en spectacle et de faire une belle prestation au lieu de servir et de bénir l’auditoire. Quand une chorale est surtout intéressée pa la présentation d’un bon programme, elle perd des occasions d’avoir un impact spirituel. Si vous voulez voir Dieu toucher des perdus par le chant et la prédication, vous devez continuellement rechercher sa face. Autrement, vous ne ferez que produire un spectacle semblable à bien d’autres. Les gens aimeront sans doute cela, mais leur vie ne sera pas changée.

Une chorale peut être un moyen d’évangélisation en pénétrant toutes sortes de lieux hors de l’église : aux coins des rues, dans les prisons, les écoles ou les salles de spectacles. La vraie question n’est pas tant de savoir où vous irez, mais plutôt qui ira ? Ceux qui répondent à un tel appel seront comblés de pouvoir ainsi accomplir la volonté de Dieu. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son oeuvre. Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson ? Eh bien ! je vous le dis, levez les yeux et regardez les champs qui sont blancs pour la moisson » (Jean 4 : 34–35).

Que vous soyez directeur d’une chorale, choriste, pasteur, ou tout simplement chrétien, votre ministère aura d’autant plus d’impact si vous êtes vidé de tout intérêt personnel et rempli de l’amour de Jésus-Christ. Ma prière est que Dieu nous aide tous constamment à nous voir à travers ses yeux et non les nôtres, car en ce moment même, les champs sont vraiment mûrs. Puissions-nous ne jamais limiter la façon dont il peut nous utiliser pour engranger cette moisson.

Article publié dans le journal Ressources spirituelles n.11, Printemps 2005.

samedi 7 février 2009

Erreurs à éviter dans la poursuite de croissance

Auteur: Pierre-Alain Giffard

La foi et le cheminement en Église devraient être sources d’épanouissement et de joie, et non pas de traumatismes et de douleurs ; sources de libération et de paix, et non pas d’asservissement et d’angoisse. Il arrive pourtant que des chrétiens soient profondément blessés par leur expérience en Église… Voici donc une liste d’erreurs à éviter afin que la poursuite de croissance ecclésiale soit saine et respectueuse envers les membres de la communauté chrétienne.

Avoir toujours l’air assoiffé d’argent

Certains pasteurs ou certaines Églises réclament sans arrêt des dons et des contributions. Pour récolter plus d’argent, de fortes pressions sont exercées sur les membres (exhortations répétées, culpabilisation, menaces de rétri-butions divines, réprimandes, etc.) sans tenir compte des besoins personnels des chrétiens et du peu de moyens dont ils disposent parfois (Mc 7, 10-13). Dans certaines communautés, l’idée est explicitement répandue que plus l’on donne, plus on recevra en retour, tendant ainsi à créer une spirale immorale d’enrichissement des pasteurs et d’appauvrissement des membres, ainsi que la pensée illusoire et égoïste que l’on peut s’enrichir dans ce monde en donnant de l’argent à l’Église.

En tant que pasteur, avoir un niveau de vie nettement supérieur aux membres de son Église

Quoi de plus déplorable que des pasteurs roulant en voiture de luxe, habitant de grandes maisons et s’habillant à la dernière mode alors que les membres de leurs Églises, qui versent leurs salaires, ont du mal à rejoindre les deux bouts (1 Tm 6, 5-9 ; 1 Tm 6, 10-11 ; Pr 22, 22). L’Église n’est pas une entreprise d’exploitation des membres et encore moins une machine à « traire » les pauvres.

Isoler les membres

Volontairement ou involontairement, certaines Églises isolent leurs membres, particulièrement de leurs familles et de leurs proches, sous prétexte de les protéger de mauvaises influences. Cet isolement peut aussi simplement résulter de ce qu’il est exigé des membres une trop grande participation aux réunions et activités d’Églises. Parfois, hélas, pour assurer une plus grande implication des membres, des pasteurs communiquent l’idée, implicitement ou explicitement, que le temps consacré aux activités d’Église est plus important que celui passé avec sa propre famille ou celui nécessaire aux études…

Contrôler les membres

Il y a un niveau de contrôle que l’on trouve dans certaines Églises qui nuit à la dignité des personnes et qui infantilise les membres. Par exemple, il peut être interdit de regarder la télévision, il est demandé aux femmes de ne pas se maquiller, de ne pas porter de bijoux, de garder les cheveux longs. On y trouve un code d’habillement excessivement strict. Les responsables n’hésitent pas à poser des questions indiscrètes sur la vie personnelle des membres et ceux-ci sont encouragés à se dénoncer mutuellement. Les peurs de l’enfer et de la rétribution divine ou simplement celle de ne pas être accepté par la communauté sont utilisées pour soumettre les membres aux règlements et aux coutumes en place.

Éviter d’avoir des comptes à rendre au niveau pastoral et au niveau financier

Pour éviter les abus, une communauté chrétienne devrait avoir un système interne dans lequel il est possible pour les membres de faire connaître leurs opinions et si nécessaire de faire rapporter des abus à des autorités religieuses externes à la communauté chrétienne. Les membres devraient aussi avoir l’assurance que leurs plaintes seront sérieusement prises en considération et que, si effectivement il y a eu abus, des mesures disciplinaires adéquates seront prises.

Encourager l’« idolâtrie » et un « amour » excessif envers le pasteur fondateur ou le pasteur principal

Il y a un danger pour une Église lorsque son leader se complaît excessivement dans l’affection des membres à son égard. Il peut même chercher à l’entretenir et la faire grandir. Le culte de la personnalité du leader peut entraîner ce dernier vers l’exaltation, la mégalomanie et la paranoïa et entraîner toute la communauté vers la dérive.

Faire ressentir aux membres qu’ils ne sont pas pleinement acceptés dans la communauté chrétienne, qu’ils ne sont pas « spirituels » ou leur dire carrément qu’ils sont en état de péché…

✓ s’ils ne donnent pas assez d’argent ;
✓ s’ils ne s’impliquent pas suffisamment dans les activi-tés de la communauté chrétienne ;
✓ s’ils n’assistent pas aux réunions ;
✓ s’ils n’exercent pas tel ou tel don spirituel (le don des langues, par exemple) ;
✓ s’ils ne croient pas à tel ou tel point secondaire de doctrine ;
✓ s’ils ne s’habillent pas selon la norme ;
✓ s’ils fréquentent occasionnellement une autre Église.

Entretenir une telle culture dans la communauté ou employer une telle tactique de contrôle relève de la manipulation et n’a rien à voir avec l’esprit de l’Évangile.

Perpétrer d’autres abus tels que…

✓ Demander aux membres de confesser leurs péchés devant toute l’assemblée ;
✓ Menacer les membres en leur disant qu’ils iront en enfer s’ils quittent la communauté chrétienne ;
✓ Utiliser les humiliations publiques ou/et avoir recours aux violences physiques pour corriger les membres.


Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.

mercredi 4 février 2009

Les fondations de la croissance des Églises

Auteur: Pierre-Alain Giffard

La croissance d’une communauté chrétienne peut être grandement favorisée par l’application de certaines orientations pastorales, mais son développement devrait reposer sur des fondements solides:

La charité (1 Corinthiens 13, 1)

La charité[1] à laquelle Dieu nous appelle est universelle, elle transcende et dicte toutes les prescriptions religieuses et embrasse toute l’humanité. Elle est destinée à tous les êtres humains quels que soient leur statut social ou économique, leur race, leur langue, leur origine ethnique, leur citoyenneté, leur religion, leur âge, leur genre, leur handicap ou leur situation géographique. Sans la démonstration d’une telle charité, le message de l’Évangile est creux, une cymbale qui retentit, et la croissance de l’Église est compromise : « Sans doute serais-je chrétien, disait Gandhi, si les chrétiens l’étaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre. »

Un zèle apostolique éclairé (Marc 12, 29-30 ; Apocalypse 3, 16)

« Le zèle de ta maison me dévore. » (Ps 68, 10) Ce verset biblique exprime bien l’esprit missionnaire qui devrait habiter tous les chrétiens. Unis à Dieu par leur baptême, ils ont à se synchroniser avec l’élan missionnaire de la Trinité. Mais ce zèle ne ressemble en rien, de près ou de loin, au fanatisme ou à l’intégrisme religieux. Un chrétien authentique ne peut pas être offensif, irrespectueux ni blessant au nom de la vérité, même s’il prétend défendre une cause sacrée. Il devrait plutôt être animé d’une soif et d’un ardent désir de faire connaître et aimer Jésus par ses actes et par ses paroles. Le zèle apostolique s’exprime dans l’amour, l’humilité, la paix, la douceur, la patience et le respect des autres.

La compétence

« Où manque le savoir, le zèle n’est pas bon, qui presse le pas se fourvoie. » (Pr 19, 2) Dieu nous a donné l’intelligence et c’est à nous de nous en servir. Pour mieux accomplir la mission qui leur est confiée, les chrétiens ont la responsabilité de se former. « C’est par la sagesse qu’on bâtit une maison, par l’intelligence qu’on l’affermit. » (Pr 24, 3) Il existe aujourd’hui de nombreuses Églises de type paroissial en croissance et l’observation montre qu’elles adoptent des orientations pastorales communes. Il revient aux responsables d’Églises de les étudier et de s’en inspirer (1 Th 5, 21).

L’intégrité

Idéalement, la conduite des chrétiens devrait être exemplaire (1 P 1, 15). Il va sans dire que les scandales dans l’Église (d’ordre sexuel, financier ou autres) empêchent le monde de s’ouvrir au message de l’Évangile ; ils endommagent la confiance des fidèles envers leurs pasteurs et créent des divisions internes. Ceci nuit considérablement à l’œuvre de l’évangélisation et à la croissance des églises locales.

La clarté doctrinale

Pour assurer la croissance, les chrétiens doivent dissiper une certaine brume causée par les remises en question au niveau du salut. Les relativisations théologiques, quant aux moyens de salut, sont paralysantes pour la mission. Le Christ est la révélation complète et finale de Dieu à l’humanité. Malgré les richesses des autres religions, il n’y a pas d’autre chemin pour parvenir à Dieu (Ac 4, 12). Jésus est le seul Sauveur et vouloir persuader les hommes et les femmes de le suivre ne doit pas être considéré comme du prosélytisme, mais comme une simple réponse d’amour envers Celui qui nous a sauvés et qui veut que toute l’humanité le soit également (1 Tm 2, 4).

Les œuvres surnaturelles de l’Esprit Saint

Les Évangiles sont des récits de miracles continuels. Jésus opéra un grand nombre de signes et il partagea ce pouvoir avec ses disciples afin qu’ils préparent sa venue (Mc 16, 17-18). Aujourd’hui encore, Jésus se manifeste de différentes façons et il continue d’accomplir des prodiges qui nous montrent à quel point il est toujours présent et agissant. Ces actes de l’Esprit sont là pour nous encourager et pour contribuer à la croissance de l’Église. L’Esprit Saint assiste l’Église dans ses entreprises. Il rend présente et communique la Bonne Nouvelle du Royaume. À nous de collaborer avec Lui dans nos entreprises missionnaires.

« Car, je vous le dis en vérité, si vous avez de la foi comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne : Déplace-toi d’ici à là, et elle se déplacera, et rien ne vous sera impossible. » (Mt 17, 20)

La paix

Une communauté chrétienne qui ne connaît pas la paix a peu de chance d’attirer du monde et risque de perdre ses membres. Les divisions et les disputes dans une Église sont des scandales. Les disciples de Jésus sont appelés à vivre et à annoncer l’Évangile de la paix (Ep 6, 15). Jésus a reproché aux Pharisiens de ne pas être entrés dans le Royaume de Dieu et d’en fermer la porte à ceux qui souhaitaient y entrer (Mt 3, 13). Le règne de Dieu est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint (Rm 14, 17). Une communauté chrétienne doit en connaître le chemin et en faire l’expérience pour pouvoir y guider d’autres personnes.

Le respect du sacré

Les personnes qui assistent aux cultes cherchent une communion avec le sacré. Le bon sens fait comprendre que Dieu, qui est au-dessus de tout et qui est Saint, doit être adoré et respecté. Certaines personnes se sentent désorientées et scandalisées lorsqu’elles constatent la perte du sens du sacré dans les Églises. Parlant par la bouche d’Ézéchiel, Dieu a reproché aux prêtres d’Israël de ne pas faire la différence entre le saint et le profane :
« Ses prêtres ont violé ma loi et profané mes sanctuaires : entre le saint et le profane, ils n’ont pas fait de différence et ils n’ont pas enseigné à distinguer l’impur et le pur. Ils ont détourné les yeux de mes sabbats et j’ai été déshonoré parmi eux. » (Ez 22, 26)
Le sens du sacré devrait nous amener à conduire les cérémonies avec le plus grand soin et le plus grand respect possible. Dans un monde qui n’a que peu de points de repères moraux à offrir, les chrétiens veulent être dirigés dans la voie de la sainteté et de l’adoration.


[1] La charité est une démonstration d’affection envers les autres. Elle se soucie du bien des personnes. Elle cherche à répondre à leurs besoins et à les aider dans leurs épreuves et leur cheminement. Elle est insépa-rable de la solidarité, du sacrifice et de l’effort, mais aussi de la chaleur humaine (Lc 10, 27-37 ; Lc 16, 20-31 ; Mt 25, 31-46).


Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.

lundi 26 janvier 2009

Orienter les cultes du dimanche vers les inconvertis

Auteur: Rick Warren

Une des raisons de la croissance de Saddleback : nous ciblons notre audience du dimanche. Nous vivons des temps où une église « taille unique » finira par ne plus convenir à personne au lieu de convenir à tout le monde. Nous avons analysé quel était le type de familles qui emménageaient dans notre secteur , et nous avons établi le portrait robot de l’habitant du quartier qu’il nous fallait toucher.

Cela impliquait de réels changements dans nos activités du dimanche. Nous n’avons plus orienté nos cultes vers les membres mais nous les avons orientés vers les visiteurs. Cela impliquait que les membres de l’église fassent des sacrifices, mais cela faisait partie de leur ministère et ils étaient nourris par les enseignements bibliques dispensés pendant la semaine.

Changer notre culte d’adoration pour nous adapter aux visiteurs ne signifie pas que nous ayons compromis l’Evangile.

Raisonnons par analogie : Imaginez un missionnaire allant outremer et disant , « Je suis ici pour vous faire partager la Bonne Nouvelle, mais vous devez d’abord apprendre ma langue, apprendre mes coutumes, et chanter mon style de musique. »Vous voyez tout de suite pourquoi cette stratégie échouerait !

Nous devons donc commencer à penser différemment. Nous avons concentré nos efforts sur les in-convertis. Pour qu’ils se sentent bien ; nous avons chanté des chants à leur portée, nous avons élevé des prières auxquelles ils pouvaient s’identifier, et nous avons prêché des messages qu’ils pouvaient comprendre. Nous avons mis les bases du christianisme à la portée de n’importe quel visiteur du dimanche .

Je crois que nous devrions laisser la culture déterminer le style de louange ( et vous savez bien que je ne parle pas ici de compromettre la vérité). Paul a dit « Je me suis fait tout à tous, afin d’en gagner de toute manière quelques- un. »

Donc si vous vivez en Californie, vous devriez avoir une église de culture californienne. Si vous vivez dans l’Ohio, vous avez une église de culture de l’Ohio. Si vous vivez dans le Mississippi votre église devrait avoir la culture du Mississippi.

Voilà pourquoi il est très important que vous connaissiez votre communauté et que vous visualisiez qui sont vos cibles pour gagner des gens à Christ.

Publié dans Top Chrétien (www.topchretien.com)

lundi 5 janvier 2009

Comment équiper les autres en vue de leur confier des ministères

Auteur: John C. Maxwell

John C. Maxwell est le fondateur de INJOY, Inc. Et de EQUIP, à Atlanta en Géorgie. Il est un orateur très demandé aux États-Unis sur les thèmes du leadership et de la croissance des églises locales.

En devenant leader, un pasteur franchit une ligne importante. Je l’ai franchie quand je suis passé de mon premier pastorat à Hillham dans l’Indiana au second à l’église Faith Memorial de Lancaster dans l’Ohio. Pendant mon temps à Hillham, l’église a grandi régulièrement.

Mais quelques mois après mon départ de l’église comme pasteur, l’auditoire a chuté de moitié. Ce déclin eut lieu parce que je ne m’étais pas comporté en leader. Je n’avais aidé personne à développer leur potentiel si bien que personne ne pouvait prendre le relais dans les domaines où je m’étais investi.

Dans mon deuxième pastorat, j’ai profondément changé la façon d’exercer mon ministère en équipant des personnes afin qu’elles deviennent des leaders. Le premier domaine dans lequel je m’y suis appliqué fut celui de l’évangélisation.

À Hillham déjà, Dieu m’avait appelé à être un gagneur d’âmes. Je m’y appliquais à sortir presque tous les soirs pour partager ma foi avec les autres. Quand je suis parti à Lancaster et que j’ai découvert l’importance d’équiper les autres, je me suis fixé comme priorité d’entraîner avec moi des chrétiens pour en faire des gagneurs d’âmes. Dans les sept années qui suivirent, dix-huit d’entre nous avons amené 1.600 personnes à Christ.

En suivant l’appel de Dieu et les exemples bibliques de leaders efficaces, je n’étais plus un gagneur d’âmes en solo. J’étais devenu un formateur de gagneurs d’âmes. Quand un pasteur décide de devenir leader et d’équiper les autres, il ne se limite plus à ce qu’il peut accomplir lui-même ; la valeur de son ministère se mesure dès lors à la façon dont il s’investit dans le développement et la formation des autres.

JÉTHRO MONTRE LA VOIE AU BERGER…

C’est dans la vie de Moïse au chapitre 18 du livre de l’Exode que se trouve l’un de mes exemples favoris d’un pasteur devenu leader. Dieu avait appelé Moïse à conduire le peuple d’Israël hors d’Égypte. Mais dès le début, il a manifesté l’attitude d’un « je peux me débrouiller tout seul ». Il faudra le conseil avisé de son beau-père Jéthro pour lui faire changer d’approche.

Quand Jéthro vint visiter Moïse, Dieu avait fait des choses extraordinaires pour les Hébreux. Jéthro s’en était réjoui et avait glorifié Dieu lorsqu’il l’apprit. Mais le lendemain, Jéthro observa Moïse essayant de tout faire par lui-même ; il dit alors immédiatement à son gendre : « Ce que tu fais n’est pas bien. Tu t’épuiseras toi-même, ainsi que ce peuple qui est avec toi ; car la tâche est trop lourde pour toi ; tu ne pourras pas l’exécuter toi seul » Exode 18:17-18.

Jéthro vit le problème et comment Moïse et le peuple en seraient affectés. Jéthro proposa une solution au problème : équiper les autres pour accomplir la tâche.

MOÏSE A DÛ CHANGER SA FAÇON DE PENSER

Avant la visite de Jéthro, Moïse pensait probablement devoir tout faire lui-même. Quel soulagement cela a dû être que d’apprendre une approche de la bouche de son beau-père ! C’est ainsi que Jéthro apprit à Moïse à équiper les autres et à déléguer les tâches du ministère.

Connaissez-vous des gens qui sont pris au piège qui consiste à penser que l’on doit tout faire soi-même ? Il est particulièrement triste de voir des collègues pasteurs vivre sous un tel fardeau. La Bible ne dit pas : « Allez par tout le monde et prêchez la bonne nouvelle à toute la création, mais faites-le sans l’aide de votre équipe ou de votre église. » Une telle idée est seulement humaine et ne peut conduire qu’à la frustration et à l’épuisement.

Équiper les autres est un concept biblique. Dans Éphésiens 4:11-13, Paul écrit : « C’est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints (c’est-à-dire pour préparer le peuple de Dieu à servir). Cela en vue de l’œuvre du service et de l’édification du corps du Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ ».

Le plus grand défi de l’église consiste à produire des leaders spirituels qui puissent à leur tour se reproduire. Le ministère exercé par les membres de l’église contribue non seulement à soulager le fardeau du pasteur, mais aussi à montrer aux gens les bénédictions liées à l’implication dans le service. En tant que leaders, nous devons comprendre que pour que l’église grandisse, les membres doivent être équipés et formés en vue du service.

MOÏSE A DÛ CHANGER SA FAÇON DE FONCTIONNER

Les instructions données à Moïse par Jéthro peuvent être résumées en sept points qui sont tout aussi pertinents au ministère du leader aujourd’hui. En les suivant, vous pourrez vous aussi développer un bon programme de service impliquant les croyants.

Moïse est devenu un homme de prière : Quand Jéthro est allé voir Moïse, ce dernier assumait les fonctions de juge, d’ « encourageur », de guide, et de tout ce dont le peuple pouvait avoir besoin. Jéthro expliqua alors à Moïse qu’il devait changer ses priorités. Moïse devait se concentrer sur son rôle principal. « Tu dois être le représentant du peuple devant Dieu et lui amener leurs disputes, » lui dit Jéthro en substance dans Exode 18 :19. Parce que Moïse s’était laissé accaparer par toutes sortes de choses, il ne pouvait plus se concentrer sur l’essentiel qui était d’être un lien entre Dieu et le peuple.

Vous est-il déjà arrivé d’être tellement embourbé dans toutes sortes d’occupations que vous en êtes devenu incapable de faire l’essentiel ? La plupart des pasteurs sont tiraillés dans une centaine de directions différentes. Mais avant tout, le ministère de pasteur consiste à être un leader spirituel. Il est vital que les pasteurs prennent du temps dans la prière et à l’écoute de la direction et du conseil de Dieu.

Vous accordez certainement déjà une certaine importance à la prière, mais est ce réellement une priorité dans votre vie quotidienne ? Ce qui m’a souvent beaucoup aidé, c’est d’inscrire mon temps de prière sur mon calendrier et de demander à mes partenaires de prière de rendre compte de ma vie de prière. Peut-être faudra-t-il verrouiller la porte de votre bureau, de débrancher le téléphone, ou de réduire les causes de distraction. Prendre du temps à part pour un face-à-face avec Dieu aura forcément un impact positif sur votre ministère. Vous n’en serez que mieux préparé pour diriger les autres.

Moïse a donné un exemple que le peuple pouvait suivre : Jéthro a donné ce conseil à Moïse : « Explique-leur les prescriptions et les lois ; et fais-leur connaître le chemin qu’ils doivent suivre et l’œuvre qu’ils doivent faire » (Exode 18 : 20). Moïse avait la responsabilité de partager avec le peuple ce que Dieu lui avait confié, et d’être un modèle à imiter. Il aurait pu se contenter de leur inculquer les commandements, mais lorsqu’on se contente d’écouter, on a tendance à rester passif. Mais quand on montre ce qui doit être fait et comment le faire, les gens comprennent d’autant mieux nos directives.

L’an dernier, lors de notre « congrès catalyseur », des centaines de pasteurs et de responsables ont pu assister à notre culte pour enfants. Quel intérêt des adultes peuvent-il trouver à passer deux heures dans un culte pour enfants ? L’église qui hébergeait ce congrès a l’un des programmes pour enfants les plus novateurs aux États-Unis. Pendant deux heures, ces pasteurs et leaders ont non seulement entendu parler de méthodes pour améliorer leur ministère auprès des enfants, mais ils ont eux-mêmes vécu ce programme. Ils ont pu s’impliquer, poser des questions, et apprendre en faisant. Il aurait été bien plus facile de faire venir quelqu’un de l’église pour parler de leur ministère parmi les enfants, mais nous savions que cela aurait été bien moins efficace.

Les membres de votre église ont besoin de ce même type de modèle basé sur l’exemple que celui qui fut offert aux enfants d’Israël. Soyez un exemple qui donne envie aux autres de vous suivre. Montrez- leur de façon claire et évidente ce que vous attendez d’eux. Prévoyez des moments que vous consacrerez à leur exposer de nouvelles idées, et permettez aux gens de s’impliquer.

Moïse communiqua la vision : Avec un but tel que le pays promis, qui penserait qu’il faudrait convaincre les gens d’embarquer dans ce projet ? Mais il a bien fallu que Moïse communique constamment la vision que Dieu lui avait donnée et qu’il rappelle au peuple pourquoi ils devaient agir comme il leur avait dit.

Dans la dernière église dont j’étais le pasteur, l’assemblée wesleyenne Skyline à San Diego en Californie, nous avons entrepris un projet de construction et de relocalisation de 23 millions de dollars US. Le moins que l’on puisse dire est que cela plaça l’église devant des défis d’une certaine ampleur. Avez-vous déjà entendu parler du chasseur californien de moustique à queue noir ? Nous non plus jusqu’à ce que nous découvrions que cette espèce en voie de disparition vivait sur les terres où nous avions l’intention de construire. Et la liste des défis qu’il nous fallut affronter alla donc d’une espèce en voie de disparition, à la découverte d’un site archéologique, sans oublier les transformateurs électriques à déplacer. Il y eut de nombreux retards dans les travaux entraînant un surcoût important. Le processus dura treize ans, mais pendant tout ce temps-là, l’équipe de direction de Skyline a continué de communiquer la vision que Dieu leur avait donnée. C’est le dimanche de Pâques 2000, sous la direction de leur nouveau pasteur Jim Garlow, que l’assemblée de Skyline finit par entrer sur sa terre promise.

En tant que dirigeant, vous devez constamment replacer la vision devant l’assemblée. Ce faisant, vous remettez en perspective le passé, le présent et l’avenir. Se souvenir du passé permet de reconnaître les efforts fournis par beaucoup pour amener votre église à ce qu’elle est aujourd’hui. En examinant le présent, vous prenez en compte les besoins immédiats et la bénédiction de Dieu. En considérant l’avenir, vous suscitez l’enthousiasme et l’espoir de voir les promesses de Dieu s’accomplir pour votre église. En tant que dirigeant, vous devez trouver de nouvelles façons de dépeindre votre vision afin que les chrétiens soient impatients de voir comment Dieu va agir et accomplir son œuvre.

Moïse a mis au point un plan : Dans le livre de l’Exode 18:21-22, Jéthro a dévoilé un bon plan à Moïse : « Discerne parmi tout le peuple des hommes de valeur, craignant Dieu, des hommes attachés à la vérité et qui haïssent le gain malhonnête ; établis-les sur eux comme chefs de mille, chefs de cent, chefs de cinquante et chefs de dix. Qu’ils jugent le peuple en tout temps ; qu’ils portent devant toi toute affaire importante, et qu’ils jugent eux-mêmes les affaires secondaires. Allège ta charge, et qu’ils la portent avec toi. »

En tant que dirigeant dans le ministère, vous savez mieux que quiconque que la seule chose dont vous pouvez être sûr, c’est le changement ! Combien de fois avez-vous commencé un projet avec une mesure de succès, pour découvrir soudain un autre besoin pressant ? Si tôt que vous avez trouvé le personnel nécessaire pour faire fonctionner la garderie le dimanche matin, c’est la classe des plus grands qui a besoin d’un moniteur !

Chaque ministère a ses propres besoins, besoins qui changent constamment. Pour déterminer les besoins actuels de votre ministère, répondez aux questions suivantes :

• Évaluation des besoins : Quel aspect de ce ministère souffre actuellement et a particulièrement besoin d’attention ?

• Évaluation des ressources disponibles : Quelles sont les personnes qui assument déjà des responsabilités dans l’église et seraient disponibles pour répondre à ce besoin ?

• Capacités des candidats : Qui a les dons et les talents nécessaires pour remplir ce rôle ?

• Attitude des candidats : Qui est disposé à assumer ce rôle ?

• Efficacité des candidats : Qui est effectivement efficace dans le service ?

Quand vous aurez répondu à ces questions, vous serez prêt à franchir la deuxième étape.

Moïse a choisi et formé des responsables : Exode 18:25 nous dit que Moïse « choisit parmi les Israélites des hommes de valeur et les désigna comme responsables du peuple, à la tête de groupes de mille, de cent, de cinquante ou de dix hommes. »

Une des personnes que j’ai choisies de développer à Skyline est Dan Reiland. En Juillet 1982, Dan entra comme stagiaire dans notre église. Il sortait tout juste de l’école biblique. J’ai su dès que je l’ai rencontré qu’il avait un grand potentiel. Je le rencontrai donc régulièrement, et il me disait comment il pensait pouvoir servir notre assemblée dans le cadre de notre ministère. J’ai alors donné à Dan les ressources dont il avait besoin pour devenir un dirigeant efficace : livres, cassettes, conférences, et une formation en tête-à-tête.

Dans les quelques années qui suivirent, Dan développa ses capacités de leader et devint un des membres les plus appréciés de mon équipe. D’abord stagiaire envisageant de rester une année, il allait devenir membre à plein temps de notre équipe, puis mon pasteur exécutif. L’aspect de son histoire que je trouve le plus intéressant est la façon dont il est devenu un homme capable de favoriser le développement des autres dirigeants. En 1987, Dan a commencé pour les hommes un groupe appelé « Les hommes de Josué », un programme intensif de mentoring – une relation étroite semblable à celle d’un maître avec un apprenti. Après avoir dirigé ce ministère pendant neuf ans, il commença à enseigner les pasteurs d’autres églises sur son approche. Cet investissement de Dan a vraiment beaucoup rapporté. Il est vraiment un leader de leaders, et demeure un des membres les plus précieux de notre équipe.

Pour choisir ceux en qui vous voudrez vous investir, utilisez les critères indiqués par Jéthro à Moïse : des gens pieux et intègres. Recherchez des personnes qui manifestent une bonne attitude et exercent déjà une certaine influence parmi les membres de l’assemblée ; des gens qui entretiennent de bonnes relations avec les autres. Cherchez des gens qui démontrent un coeur de serviteur.

Votre objectif sera de former quelques leaders qui seront capables d’en former d’autres et de porter une part de la responsabilité du ministère. Commencez par un noyau et équipez-les pour le ministère. Vous aurez tout à gagner à investir ainsi dans la vie de ceux qui répondent aux critères mentionnés par Jéthro.

Moïse leur a confié la responsabilité d’exercer le ministère : Après que Moïse eut choisi et formé ces hommes, « Ils devaient siéger chaque jour pour juger les querelles du peuple » (Exode 18:26). Cela a libéré Moïse, qui ne passerait plus tout son temps à régler les différends du peuple.

Apprendre à servir ressemble beaucoup à apprendre à faire de la bicyclette. Si vous êtes parent, vous avez probablement appris à vos enfants. Vous savez donc très bien qu’il va vous falloir tenir le vélo par la selle. La première fois, votre enfant va peut-être rouler seul sans même le savoir pendant quelques secondes. Mais dès qu’il réalisera que vous ne le tenez plus, ce sera la chute. Cependant, plus il se relève et essaie encore et encore, plus il prend de l’assurance et devient capable de rouler par ses propres moyens.

Il en est de même lorsqu’il s’agit d’équiper des gens. Il arrivera que les gens tombent, et il vous faudra les encourager à se relever et se remettre en selle encore et encore. Peut-être devrez-vous même les tenir encore et reprendre le processus à zéro, mais il vous faudra bien finir par lâcher.

Dès lors que vous avez équipé un noyau de responsables, et que vous les avez formés dans un domaine particulier du ministère, lâchez-les. Donnez-leur l’occasion de prendre eux-mêmes les choses en main et d’équiper les autres. Alors qu’ils s’appliquent à équiper les autres et à diriger dans certains domaines, rencontrez-les régulièrement pour les aider, les motiver et les encourager. La fréquence de ces rencontres dépendra :

• De l’importance de la tâche.

• Des efforts demandés par cette tâche.

• De la nouveauté de la tâche.

• De la nouveauté de l’ouvrier.

• Du sens des responsabilités de l’ouvrier.

Votre objectif est de former des dirigeants qui deviendront à leur tour autonomes.

Moïse ne faisait que ce que les autres ne pouvaient pas faire : Exode 18:26 nous décrit cette dernière étape. Il est dit de ceux que Moïse a équipés pour leur tâche : « Ils devaient siéger chaque jour pour juger les querelles du peuple, et ils soumettaient à Moïse les affaires difficiles, mais réglaient eux-mêmes les causes mineures ». En tant que leader, Moïse devait rester prêt et disponible pour assumer les situations les plus ardues que les autres membres de l’équipe n’étaient pas capables de régler.

C’est là un aspect du rôle de leader qui ne m’enthousiasme pas ; il n’en est pas moins une des caractéristiques les plus spécifiques de la tâche de dirigeant. Nous devons être prêts à monter au créneau quand personne d’autre n’est prêt ou en mesure de le faire. Qu’il s’agisse de se défaire de quelqu’un, de réduire le budget, ou même de relocaliser toute l’organisation, chaque dirigeant a son lot de situations difficiles à affronter. En tant que leader, vous êtes responsable du ministère dans son ensemble.

Une de mes citations préférées concernant ces moments difficiles est de Peter Drucker : « Chaque fois que vous voyez un dirigeant qui a réussi, dites-vous bien qu’à un moment ou l’autre, quelqu’un a bien dû prendre une décision courageuse ». Cela est aussi vrai dans le ministère. Les dirigeants sont appelés à prendre les décisions qui visent au bien de l’organisation. Ils assument des situations que personne d’autre ne peut assumer, mais ils ont aussi un grand impact.

Le changement d’approche dans la façon dont Moïse dirigeait lui permit d’être plus fort, et permit au peuple de vivre davantage dans la paix. De même, lorsque vous aurez développé un noyau de base constitué de dirigeants qui commencent à s’investir dans la vie des autres, un cycle commence et vos opportunités dans le ministère iront en grandissant. Cela peut paraître énorme, mais si cela a fonctionné pour Moïse et les millions de gens récalcitrants qu’il a conduit à travers le désert, cela peut bien fonctionner pour vous aussi.

Article publié dans Ressources Spirituelles, N.6, Printemps 2003


dimanche 4 janvier 2009

Équiper les autres pour le ministère : Le modèle de Jésus


Auteur: John C. Maxwell

John C. Maxwell est depuis plus de vingt ans un leader et un communicateur efficace et passionné. Il est le fondateur d'INJOY, une organisation qui se consacre à aider les gens à maximiser leur potentiel.

Quand nous parlons d’équiper les autres, il est bon de se demander ce que ferait Jésus à notre place. Nous trouvons la réponse dans l’évangile de Marc. Cet évangile nous donne une image très claire de la façon dont Jésus a formé et développé douze hommes en vue du ministère.

« C’EST MOI QUI LE FAIS »
Jésus commença par faire lui-même les choses et débuta son ministère en servant les hommes. Dans Marc chapitres 1 et 2, nous le voyons occupé à enseigner, chasser les mauvais esprits, guérir les malades, purifier les gens de leurs péchés, confrontant ceux qui en avaient besoin, et priant. Il a aussi expliqué son but. Jésus a dit : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (Marc 2:17).

« JE LE FAIS, MAIS VOUS ÊTES AVEC MOI »
Quand Jésus appela les douze et les établit comme apôtres, il devint leur mentor (Luc 6:13). Les apôtres étaient avec lui alors qu’il faisait des miracles et enseignait. Ils virent Jésus à l’affût d’endroits retirés où il pouvait passer du temps avec son Père dans la prière. Ils apprirent par son exemple à vivre, travailler et enseigner les autres.

« VOUS LE FAITES, ET JE SUIS AVEC VOUS »
Après que les disciples eurent voyagé avec Jésus pendant un temps, il les envoya seuls, leur laissant des instructions bien précises. Marc 6:12-13 nous dit : « Ils partirent et prêchèrent la repentance. Ils chassaient beaucoup de démons, oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient ». À présent, ils servaient les autres et exerçaient leur ministère avec l’aide et les directives de Jésus.

« VOUS LE FAITES »
Alors que les disciples apprenaient davantage, Jésus leur donna davantage d’occasions de servir les autres. Au moment de sa résurrection et de son ascension, il les encouragea et les envoya poursuivre le ministère et se multiplier. Nous voyons par exemple dans Actes 6:1-7 : « La parole de Dieu se répandait, le nombre des disciples se multipliait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissait à la foi » (verset 7).

« VOUS LE FAITES ET QUELQU’UN VOUS ACCOMPAGNE »
Le véritable test de la formation est de voir si d’autres seront équipés pour continuer le ministère et équiper à leur tour une autre génération. Dans 2 Timothée 2:1-2, Paul rappelle à Timothée : « Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Christ-Jésus. Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres ». Équiper les autres constituent en fait un cycle complet. Nous équipons ceux qui pourront en équiper d’autres afin d’atteindre ce monde pour Christ.

Pour suivre l’exemple de Jésus et équiper les autres, il nous faut commencer par choisir des gens fiables et les amener avec vous visiter les malades, partager votre foi, prier, et accomplir tout ce qui relève du ministère. Une fois qu’ils seront entrés dans cette vision, permettez-leur d’accomplir eux-mêmes ces tâches fondamentales du ministère avec votre aide. Et quand ils seront prêts, laissez-les aller en leur permettant de reproduire ce processus avec d’autres. Si cela a fonctionné pour Jésus, cela fonctionnera pour vous.

Article publié dans Ressources Spirituelles, N.6, Printemps 2003

La source de la croissance: le réveil

Auteur: Pierre-Alain Giffard

McGavran souligne que le renouveau est une source importante de croissance pour les Églises. Renouveau, réveil, baptême dans l’Esprit, effusion de l’Esprit Saint sont des termes fréquemment employés dans les Églises de type charismatique ou pentecôtiste. Dans celles-ci, une place majeure et centrale est accordée à l’Esprit Saint et à la foi qui opère des miracles, « le genre de foi qui met en œuvre la puissance de Dieu et qui déclenche des signes et prodiges » (P. Wagner). La dynamique essentielle de ces Églises repose sur la puissance de l’Esprit Saint, explique Wagner. L’exercice des dons spirituels (charismatiques) fait partie de la vie courante des baptisés. Et les pasteurs considèrent comme partie intégrante de leur ministère les manifestations de puissance de l’Esprit Saint.

La mission est davantage vécue comme une volonté de partager la réalité de la présence et de la puissance de Dieu aujourd’hui que comme la poursuite d’une croissance numérique. Ces Églises rappellent que le Saint-Esprit est le protagoniste de la mission et qu’il guide l’Église dans sa mission. Il est descendu sur la communauté des croyants afin de les équiper des dons qui leur permettront de remplir la mission qui leur a été confiée. Il va à la rencontre des personnes évangélisées et les prépare à accueillir la grâce de la foi. C’est lui qui, avec le Christ, proclame, rend présent et communique le mystère du salut annoncé par l’Église. Il s’agit de collaborer avec l’action et la puissance sensible de l’Esprit pour que le réveil et la croissance suivent.

Le réveil est en quelque sorte un retour au livre des Actes des Apôtres. L’évangéliste américain Dwight Moody disait : « Vous recevrez un réveil à la mesure de votre prière. » L’Église primitive et particulièrement la Pentecôte trouvent leur origine dans une réunion de prière.

(Les informations suivantes, sur les églises des pasteurs Jim Cymbala et Tommy Barnett , sont puisées dans le journal Ressources spirituelles, n° 3, Hiver 2002. )

L’Église Brooklyn Tabernacle, dirigée par Jim Cymbala , est une assemblée de plus de dix mille membres. Elle est située dans l’État de New York, dans un quartier difficile  où règnent la drogue, la violence et tout ce que l’on trouve dans les ghettos. Alors qu’elle ne comptait qu’une centaine de membres, Jim Cymbala tomba gravement malade. Dépourvu de santé et d’argent, il dit à Dieu : « Je ne sais que faire. Les uns disent que pour faire grandir l’Église, il faut avoir une vision, les autres disent qu’il faut des cellules de maisons et d’autres encore qu’il faut organiser une école du dimanche. Mais, Seigneur, si tu n’agis pas rapi-dement, nous n’aurons plus d’église du tout […] ; que dois-je faire au point où nous en sommes ? Je n’ai pas d’argent et c’est si difficile dans ce secteur de la ville. »

Le Seigneur mit alors dans son cœur la conviction suivante : s’il faisait supplier Dieu par les membres de son Église, Celui-ci l’assisterait dans toutes ses prédications, s’occuperait des finances et leur enverrait plus de gens que leur église ne pouvait en contenir. Il présenta cette inspiration aux membres de son Église. Ils organisèrent alors des réunions de prière tous les mardis soir et Dieu commença à accomplir ses promesses.

Son église a été déplacée dans un nouveau bâtiment et désormais, la fin des réunions du dimanche (11 heures, 15 h 30, 19 h 30) est consacrée à la prière. Les réunions du dimanche durent entre deux heures et deux heures et demie. Tous les recoins du bâtiment sont nécessaires pour contenir l’auditoire. De la réunion du mardi soir est né un groupe de personnes qui prient à tour de rôle vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. La prière a pris une telle place dans cette Église que durant les réunions du dimanche, quarante à cinquante personnes prient pour soutenir la prédication du pasteur. Lorsqu’on le supplie, explique le pasteur Jim Cymbala, Dieu ne va pas rester passif et dire : « Non, je ne vous aiderai pas » ! Nous avons trop de gens qui enseignent et pas assez qui prient, dit-il. Il ne nie pas la valeur de l’enseignement, mais il estime que c’est avant tout l’effusion du Saint-Esprit sur les croyants qui est à l’origine du réveil spirituel et de la croissance.

« Quand je considère ce que Dieu a fait au fil des ans, explique le pasteur Cymbala, je constate que le cœur de notre ministère a été la réunion de prière. Quand nous crions vers Dieu, il répond. » Pour lui, les réunions de prière donnent l’énergie et la vitalité nécessaires pour accomplir ce que Dieu demande. « Dieu donne son Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent », dit-il. Être rempli de l’Esprit n’est pas une expérience ponctuelle, mais une réalité durable.
« Le peuple de Dieu peut vivre de nouvelles effusions de l’Esprit qui le revêt alors de force, de joie, de liberté et de passion pour atteindre les égarés. C’est ce que Dieu fait dans nos réunions de prière » (« Le réveil commence par la prière », Ressources Spirituelles, n° 3, Hiver 2002). 
Tommy Barnett est un autre pasteur qui a été témoin du réveil et de la croissance de son Église : la First Assembly of God a connu une des croissances les plus rapides de l’histoire américaine. Elle compte maintenant environ 15 000 membres. Le réveil dans cette Église a commencé le jour où le pasteur a prêché sur le réveil et la prière. C’était un dimanche, il invita alors les personnes de l’assemblée à organiser des réunions de prière chez elles. Plus de mille personnes ont répondu à son invitation. Parmi elles, des centaines s’engagèrent aussi à prier une heure par jour. Puis il organisa une réunion de prière hebdomadaire à six heures du matin tous les lundis. Des centaines et parfois des milliers de personnes y assistent chaque semaine.

Quand nous avons commencé à prier ainsi, dit-il, des choses se sont mises à bouger dans notre Église. Beaucoup de gens se sont convertis. Les chrétiens de cette Église jeûnent, prient et cherchent la face de Dieu avec ardeur et persévérance. Puis ils vont dans les rues rendre témoignage et gagner des hommes et des femmes à Jésus-Christ. Un pasteur est disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre afin que les gens puissent amener à n’importe quelle heure ceux et celles qui ont besoin de se convertir. « Ce réveil ne s’est jamais arrêté. Le réveil est toujours la réponse de Dieu à la prière. »

Tommy Barnett pense que la clé du réveil est non seulement la prière, mais aussi de toujours amener davantage de personnes non converties aux célébrations afin qu’elles soient remplies du Saint-Esprit. Selon lui, c’est ce qui explique leur réveil à Los Angeles. Chaque dimanche soir, ils envoient vingt autobus sillonner la ville pour prendre des gens dans les rues, dans les maisons de convalescence et de retraite. Ils voient ainsi venir à l’église des milliers d’âmes perdues et sans espoir :
« Le réveil cessera dès que nous cesserons d’amener les égarés à l’église. La prière seule ne suffit pas. La prière sans les œuvres est morte […]. Nous sommes parfois tentés d’être soit une église qui prie, soit une église qui agit sur le terrain, mais il nous faut ces deux dimensions. […] J’enseigne à notre église que pour chaque heure de service pour Dieu, nous avons be-soin de deux heures dans la prière ». (« Le réveil commence par la prière », Ressources Spirituelles, n° 3, Hiver 2002)
La part des pasteurs, pour faire advenir le réveil, est non seulement de faire prier la communauté chrétienne pour supplier Dieu, mais aussi de former les chrétiens à accomplir l’œuvre du ministère. Tout le potentiel dont un pasteur a besoin pour atteindre sa ville, quelle qu’en soit la taille, se trouve dans les bancs de son assemblée. Il suffit de les encourager à s’impliquer en leur disant : « Pourquoi n’allez-vous pas trouver un besoin, un vide, et essayer de le combler et d’y répondre ? » Dans son Église, Tommy Barnett posa la question aux personnes présentes : « Pourquoi ne commenceriez-vous pas un ministère envers les handicapés en chaise roulante ? » Et une femme l’a fait. À présent, elle amène aux célébrations dix personnes en chaise roulante toutes les semaines… Quelqu’un d’autre a débuté un ministère auprès de malades du sida. Un autre a commencé une Église pour motards…

Formez les gens, puis libérez-les et envoyez-les s’impliquer dans le service. Dites-leur : « Pourquoi ne chercheriez-vous pas quels sont les besoins ? Découvrez l’endroit où Dieu vous a appelé, et allez à la rencontre de ces personnes ; puis amenez-les chaque dimanche matin. »
« Prêchez-leur l’Évangile et faites de votre mieux pour les conduire au salut. L’ampleur que prendra le réveil dépend de nous, car il nous est donné selon la mesure dans laquelle nous prions et recherchons la face de Dieu (Tommy Barnett) ».

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.

LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE