Comment favoriser la croissance de sa communauté chrétienne : réflexions et perspectives. Stratégies de croissance ecclésiale : éléments clés et bonnes pratiques. (© Pierre-Alain Giffard)
samedi 8 juin 2024
LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE
Le Parcours de Revitalisation d’une Église de Campagne - Life Point
Dans une petite ville rurale, une église appelée Life Point agonisait. Jadis animée et forte d’environ 200 membres, elle ne comptait plus que 25 personnes, la majorité âgées. Les installations étaient délabrées, les finances en difficulté, et l’église semblait avoir un pied dans la tombe. Lorsque le nouveau pasteur arriva, « l’église était à son plus bas niveau, financièrement, numériquement et spirituellement ».
Les locaux de l’église étaient usés et démodés. Un mobilier de récupération inesthétique meublait le hall d’entrée. L’édifice dégageait un curieux mélange d’humidité et de papier imbibé, car des piles de vieux magazines étaient entreposées sous un bureau situé dans le hall, censé servir de centre d’accueil pour les visiteurs. Les moquettes pourrissaient et étaient poussiéreuses faute d’entretien. Les salles de bain étaient autrefois claires et accueillantes, mais elles étaient devenues affreuses et malodorantes. Le linoléum était déchiré, le papier peint arraché, la peinture défraîchie et les toilettes défectueuses dégageaient une puanteur insupportable. Malgré les efforts des membres bienveillants pour trouver des solutions d’entretien bon marché, ils ne parvenaient plus à maintenir ces installations dans un état acceptable. (Davis, Danny. Rural Church Turnaround: Real Life Experiences of Rural Pastors and Lay-leaders, Ch.4, notre traduction)
« Notre église est à six enterrements de la mort », commenta sombrement un membre de longue date. Au fil des années, plusieurs pasteurs s’étaient succédé, chacun apportant une nouvelle vision du changement. Cependant, leurs efforts finissaient invariablement par s’essouffler, les conduisant inévitablement à partir. La congrégation avait, en raison de son histoire, adopté l’attitude que « la plupart des initiatives de changement échouent ». Les membres étaient fatigués et profondément sceptiques qu’une réelle transformation puisse se produire. Ils savaient juste qu’ils mouraient.
Puis le pasteur Danny Davis arriva en 2013. Il réalisa rapidement que pour permettre une revitalisation, toute la culture et la mentalité de la congrégation devraient changer. « Ces merveilleuses personnes savaient instinctivement que sans un changement drastique, l’avenir de l’église était en péril », déclara Davis. De simples coups de peinture fraîche ne suffiraient pas.
Élément essentiel, Davis identifia le besoin de rassembler l’équipe de direction de l’église autour d’une vision commune de ce à quoi devrait ressembler une église missionnaire. Il les guida à travers un processus d’un an de discussions et d’études autour des caractéristiques clés d’une église missionnaire: le service, la croissance spirituelle, la fraternité, l’évangélisation et les célébrations.
« Nous devions découvrir la vision de chacun sur le fonctionnement de l’église », expliqua Davis. Ce processus les aida à faire ressortir à la fois les perspectives partagées et les points de tension au sein de l’équipe de direction. Davis crédite l’implication d’un coach tiers expérimenté comme ayant été précieuse pour les aider à acquérir une perspective saine et à fixer des objectifs réalisables alignés avec leur nouvelle vision unifiée.
Le coach nous a également engagés dans un dialogue robuste pour établir nos objectifs et priorités de changement. Grâce à ces processus, nous avons développé une stratégie pour aller de l’avant basée sur une vision partagée de l’église, de sa mission et de notre capacité à opérer la transformation de la dysfonction vers la santé. Il était maintenant temps de faire ce que très peu de dirigeants et d’organisations font : réaliser le plan. (Davis, Danny. Rural Church Turnaround: Real Life Experiences of Rural Pastors and Lay-leaders, Ch.4, notre traduction)
Ils ont demandé aux membres de l’église de regarder leur communauté sous un angle différent. Ils les ont encouragés à abandonner leurs anciennes habitudes et à réfléchir au type d’église qui pourrait attirer de nouveaux membres, plus jeunes. Les membres ont dû considérer ce que signifiait accueillir les « étrangers ». « Ces changements (et d’autres) ont obligé les membres existants à réviser des pratiques qui étaient pour eux une seconde nature, mais étrangères à la communauté que nous voulions rejoindre ».
Les premières tentatives de changement ont rencontré de violentes oppositions. Alors que les efforts de revitalisation devenaient plus tangibles et dérangeants, de nombreux leaders et membres qui avaient participé à la formulation de la vision finirent par quitter l’église. « J’étais tellement concentré sur la vision et le redressement que j’avais oublié les gens », admit Davis. « J’ai poussé le changement à un rythme insoutenable. » Ce fut un revers qui poussa même Davis à vouloir abandonner le navire. « J’ai supplié Dieu de me libérer du pastorat de cette église et de cette ville ‘abandonnées de Dieu' », dit-il. Mais Dieu avait d’autres plans.
L’arrivée d’une douzaine de nouveaux membres d’une église récemment fermée insuffla un nouvel espoir et une nouvelle vitalité dans le travail de revitalisation. « Ce groupe de personnes a repris la vision et l’a fait avancer », se souvint Davis. « Dieu m’a révélé qu’Il aimait Odessa et l’église plus que moi. »
Depuis lors, la transformation de l’Église Life Point a été frappante. Les bâtiments ont fait l’objet de travaux de rénovation. De nouvelles activités pastorales ont été mises en place et une mentalité de croissance et de dynamisme s’est installée. La fréquentation du dimanche a grimpé à environ 60 personnes et la croissance observée a été tout autant qualitative que quantitative. « Les membres développent des relations plus profondes avec Dieu, entre eux et avec la communauté à laquelle ils appartiennent. », a déclaré Davis.
Essentiellement, la revitalisation de Life Point n’a été possible que grâce à la conjonction de plusieurs facteurs : l’adoption d’une vision d’église missionnaire, l’unification du leadership à travers un processus collaboratif, l’obtention de sages conseils d’un tiers, la persévérance dans l’adversité, et par-dessus tout, une attitude de profonde humilité et de dépendance envers la grâce de Dieu.
Ayant été au bord du gouffre, Life Point a été ravivée et transformée en une église débordante de vie et d’énergie. Comme le souligne Davis, « une église autrefois focalisée sur la survie est désormais activement impliquée dans sa communauté ». L’exemple de cette église illustre qu’il est possible pour même les paroisses des campagnes, qui paraissent mourantes, de trouver une nouvelle vitalité. Cela nécessite que les chrétiens qui les composent soient disposés à faire des choix audacieux et à s’engager dans la prière, afin de transformer leur église en une communauté missionnaire capable d’atteindre les personnes éloignées de la foi et de les accueillir.
Le témoignage complet de la revitalisation de l’église rurale Life Point se trouve dans le livre de Danny Davis, Rural Church Turnaround: Real Life Experiences of Rural Pastors and Lay-leaders (CrossLink Publishing, 2020).
dimanche 21 janvier 2024
La croissance de la paroisse de l’abbé James Mallon, Saint-Benedict
James Mallon est un prêtre catholique canadien d’origine écossaise, qui a été le curé de la paroisse Saint-Benedict dans l’archidiocèse de Halifax au Canada. Grâce à son leadership, sa paroisse est passée d'une communauté vieillissante et en déclin à une communauté jeune et en croissante, qui attire de nombreuses personnes en recherche de Dieu. Cette paroisse a vu le nombre de ses paroissiens doubler en cinq ans, passant de 1 500 à 3 000 personnes, dont 40 % ont moins de 40 ans. Elle est devenue une référence pour le renouvellement paroissial, une véritable maison de prière, une communauté de disciples, et une force missionnaire.
Dans son livre Manuel de survie des paroisse (Divine Renovation, en anglais), Mallon souligne que l’Église existe pour évangéliser, c’est-à-dire pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à tous les hommes. Il identifie plusieurs facteurs qui empêchent l’Église de remplir sa mission, tels que le cléricalisme, le consumérisme, le sécularisme, le relativisme, le manque de formation et de leadership, et la résistance au changement.
Mallon suggère que les paroisses adoptent une attitude de conversion pastorale, qui implique de changer les mentalités, leurs priorités, leurs structures et leurs méthodes. Il faut admettre que l'Église est en déclin et qu’elle a besoin de changement. Il propose donc de redéfinir la mission de la paroisse comme étant celle de faire des disciples de Jésus-Christ, et se concentrer sur l’évangélisation et la formation des fidèles plus que sur la gestion des biens ou des services.
Mallon critique l’attitude passive et routinière de nombreuses paroisses qui se contentent de maintenir le statu quo sans chercher à évangéliser ou à se renouveler. Il souligne la résistance au changement de certains fidèles qui s’accrochent à des traditions, des habitudes ou des structures qui ne sont plus adaptées à la mission de l’Église aujourd'hui.
D’après lui, il à plusieurs éléments qui permettent de revitaliser et de faire croître une paroisse.
- Changer de paradigme : passer d’une vision de maintenance à une vision de mission, en se concentrant sur l’évangélisation et la formation des disciples.
- Définir une vision claire et partagée de ce que signifie être une paroisse missionnaire, qui cherche à atteindre les personnes éloignées de l’Église et à les former comme disciples de Jésus.
- Changer de mentalité : être ouvert au renouveau de l’Esprit Saint, à la créativité et à l’innovation, et à la collaboration avec d’autres paroisses et mouvements ecclésiaux.
- Mettre en place un leadership efficace qui soutient la vision, qui délègue les responsabilités, qui forme des leaders et qui favorise la collaboration entre les différents ministères.
- Changer de structure : mettre en place des équipes de leadership efficaces, des ministères adaptés aux besoins des fidèles, et des processus clairs pour accompagner les gens dans leur cheminement de foi.
- Changer de culture : créer une communauté accueillante, joyeuse, priante et engagée, où les gens se sentent aimés et appartenant à une famille spirituelle.
- Créer un environnement accueillant et hospitalier pour les nouveaux venus, les visiteurs et les membres de la paroisse, en leur offrant des opportunités de se connecter, de s’impliquer et de se sentir chez eux.
- Développer une culture de la prière et de l’adoration qui nourrit la relation personnelle avec Dieu, qui encourage la participation active à la liturgie et aux sacrements, et qui stimule le désir de partager la foi avec les autres.
- Changer la pastorale sacramentelle : l’auteur propose de considérer la préparation aux sacrements comme des occasions de nouvelle évangélisation et non pas comme une préparation à des rites de passage ou des obligations.
- Accueillir les personnes non pratiquantes : l’auteur suggère de créer des espaces d’accueil et de dialogue pour les personnes qui se présentent aux sacrements sans être engagées dans la vie de l’église, en leur offrant une expérience de la grâce et une invitation à la conversion.
- Former des disciples missionnaires : l’auteur insiste sur la nécessité de former et accompagner les personnes qui reçoivent les sacrements, en les aidant à approfondir leur relation avec le Christ et à devenir des témoins de l’Évangile dans le monde.
- Renouveler la liturgie : l’auteur appelle à revitaliser la célébration de l’eucharistie, en la rendant plus belle, plus participative et plus missionnaire, en mettant l’accent sur la louange, la prédication et l’envoi.
Mallon estime que le pasteur de la communauté chrétienne a un rôle essentiel à jouer. Voici quelques éléments qui le concernent:
- Le rôle du leader: Le leader doit être un visionnaire, un communicateur, un formateur et un modèle pour les autres membres de l'église. Il doit avoir une vision claire et partagée de la mission de la paroisse, la communiquer efficacement, former des disciples et des leaders, et vivre selon les valeurs de l’Évangile.
- Les qualités du leader: Le leader doit être passionné, courageux, humble, authentique et collaboratif. Il doit avoir une passion pour Dieu et pour les gens, un courage pour affronter les défis et les changements, une humilité pour reconnaître ses limites et ses erreurs, une authenticité pour être vrai et transparent, et une capacité à travailler en équipe et à déléguer.
- Les outils du leader: Le leader doit utiliser des outils efficaces pour planifier, organiser, évaluer et améliorer son leadership et celui de son église. Il doit avoir un plan stratégique, une structure organisationnelle, un système d’évaluation et un processus d’amélioration continue.
- Les défis du leader: Le leader doit faire face à des défis tels que la résistance au changement, la fatigue, la solitude et la tentation. Il doit savoir comment gérer ces difficultés, en s’appuyant sur Dieu, sur son équipe et sur sa communauté
Pour renouveler et faire croître sa paroisse, James Mallon a mis en place une vision missionnaire et un plan pour transformer sa communauté chrétienne. Il a développé des programmes d’évangélisation et d’accompagnement pour rejoindre les personnes éloignées ou en recherche de Dieu. Il a renouvelé la liturgie du week-end en la rendant plus vivante, joyeuse et accueillante. Il a créé des petits groupes de partage et de prière pour favoriser la croissance spirituelle et la fraternité des paroissiens. Et il a formé des leaders laïcs qui assument des responsabilités dans les différents domaines de la vie paroissiale.
Dans son livre Manuel de survie des paroisse, il propose des pistes concrètes pour transformer la culture, la structure et la mentalité de nos paroisses. Il invite les prêtres à être des leaders passionnés, courageux, humbles, authentiques et collaboratifs, qui communiquent une vision claire et partagée de la mission de l’Église. Il les invite à créer des communautés accueillantes, joyeuses, priantes et engagées, qui annoncent la joie de l’Évangile à tous et à toutes.
Pierre-Alain Giffard
mardi 21 juin 2022
Le renouveau de la paroisse de la Nativité à Baltimore
Le père Michael White et son associé Tom Corcoran partagent leur expérience de renouveau paroissial, décrivant comment leur paroisse de la Nativité à Baltimore, en difficulté, a été changée en une paroisse dynamique. Leur chemin de conversion missionnaire est raconté dans deux livres, Rebuilt et sa suite Tools for Rebuilding.
Source: https://www.catholicregister.org/item/25250-parish-renewal-more-disciples-less-pot-luck
Lorsqu’il s’agit de revitaliser les paroisses catholiques, n’ayez pas peur d’emprunter des idées, même aux Églises protestantes, déclare le père Michael White qui a triplé l’assistance à la messe du week-end.
Le père Michael White et son associé Tom Corcoran ont partagé leur expérience de renouveau à un forum sur la nouvelle évangélisation, décrivant comment leur paroisse de la Nativité à Baltimore. Leur chemin de transformation a été documentée dans deux livres, Rebuilt et sa suite Tools for Rebuilding.
White raconte que lorsqu’il est arrivé à Nativité, il a trouvé une « paroisse endormie »: « Nous pensions que le problème était le manque d’énergie, le manque de programmes et de services », a-t-il déclaré. Mais plus le temps et l’énergie que lui et son équipe investissaient dans de nouveaux programmes et services, plus ils contribuaient à une « mentalité de consommateur » chez les paroissiens. Ils considéraient les gens dans les bancs d’église comme des « clients », et « nous étions là pour les aider à consommer ».
Ils ont multiplié les dévotions, organisé des concerts, des voyages en bus, développé des programmes pour les enfants et les jeunes, ainsi que des programmes d’aide aux membres dans le but d’intéresser davantage les gens et « tant de choses étaient une perte de temps », a déclaré White. Les programmes « créaient des consommateurs de plus en plus exigeants ».
Un an plus tard, tout le monde était en proie à un « épuisement total » et ils avaient encore la semaine sainte et Pâques devant eux. « Une dame m’a approché pour se plaindre de la nourriture ! » raconte White. « La nourriture gratuite ! Elle se montrait même méchante». Bientôt, un chœur de “plaignants” l’a rejointe. « Quelque chose a craqué, » dit White: « J’ai su en un instant que je ne pouvais pas continuer comme ça ».
Corcoran explique que la paroisse existe pour faire des disciples, pas pour « aller jouer au bingo, ou aller faire des ptolucks ». Ils ont donc décidé d’aller apprendre des églises saines et en croissance, même si cela « signifiait se tourner vers les protestants », a déclaré White.
Ils ont visité des paroisses telles que la Saddleback Church dont le pasteur est Rick Warren en Californie, Willow Creek en Illinois et North Point Church en Géorgie. M. Corcoran a déclaré que ce qu’ils ont appris n’a donné lieu à « aucun plan spectaculaire mais à une série de petites solutions ».
« Nous devons changer pour que notre centre d’attention soit les personnes qui ne sont pas dans les bancs d’église plutôt que les fidèles qui viennent chaque semaine” a déclaré M. Corcoran.
Ils devaient également faire en sorte que les personnes présentes sur les bancs de l’église soient « mobilisées pour la mission ». Les responsables de la Nativité ont commencé à considérer leur paroisse du point de vue d’une personne non évangélisée. Comment passe-t-il son temps ? A quoi ressemble-t-il ? Comment dépense-t-il son argent ? Que pense-t-il de l’église, de la religion ou de Dieu ?
Ils ont nommé cette « personne fictive non évangélisée : Tim ».
« Tim est une bonne personne » qui a grandi dans la religion catholique, a été confirmée, mais a ensuite cessé d’aller à l’église, explique White: « Ce qu’il sait du catholicisme est un désordre confus ». Aller à l’église n’est pas sur son radar. Lorsqu’ils ont analysé leur paroisse du point de vue de Tim, ils ont réalisé que si des personnes comme lui se présentaient, « il n’y avait rien pour les intéresser ou les engager ».
White exhorte les paroisses à « définir leur ‘Tim’», « puis à apprendre à l’aimer » et à investir en lui: « Si la messe est ennuyeuse, désorganisée et sans rapport avec leur vie, les non-chrétiens penseront que l’église est ennuyeuse et que Dieu n’a aucun rapport avec leur vie ».
La paroisse de la nativité a décidé de se concentrer sur trois domaines : la musique, le message et le ministère (la pastorale). La musique est un domaine qui fait souvent l’objet de plaintes, a déclaré White: « Trouvez des personnes ayant à la fois des compétences et du cœur pour diriger la musique ».
L’homélie est l’occasion pour les gens de voir la pertinence de la Parole de Dieu dans leur vie, explique Corcoran : « S’ils voient que c’est pertinent pour leur vie, ils voudront aller plus loin ».
En ce qui concerne la pastorale, la paroisse s’est concentrée sur deux domaines : le ministère d’accueil – y compris les bénévoles du parking, les hôtes, le bureau d’information et le service de café après la messe pour « créer plusieurs niveau d’accueil »- et la pastorale auprès des enfants.
« Les parents de jeunes enfants sont des fruits à portée de main », déclare M. Corcoran: « Si nous offrons un excellent ministère pour les enfants… les enfants sont des évangélisateurs naturels ». S’ils aiment votre église, ils voudront que leurs parents viennent ».
Les livres de Michael White et de Tom Corcoran peuvent être achetés ici:
dimanche 17 mai 2020
La croissance de l’Église selon Chuck Smith
Chuck Smith explique en ses mots la croissance étonnante de ce mouvement : « Lorsque nous permettons à l’Esprit de nous diriger, l’Église grandit et s’épanouit, tout comme elle l’a fait au premier siècle. Si nous L’écoutons l’expérience glorieuse de l’Église primitive peut être aussi la nôtre »[1].
Dans son livre Living Waters[2] (Eaux vives), il explique que l’Église existe grâce à l’Esprit saint; c’est Lui qui a donné naissance au Corps du Christ le jour de la Pentecôte. L’Esprit saint s’est déversé sur les disciples et continue d’être aujourd’hui à l’œuvre avec puissance. Sans Lui, dit-il, l’Église ne serait rien qu’un club social ou une organisation charitable. Mais quand les chrétiens donnent à l’Esprit saint sa juste place, le corps du Christ devient une force dynamique de changement.
Pendant que Jésus était sur terre, il dirigeait lui-même le ministère des apôtres : il leur disant quoi faire, où aller et quoi croire. Mais quand il monta au ciel, il dirigea son Église par l’Esprit saint. Dans le livre des Actes des Apôtres, nous pouvons lire comment l’Esprit saint dirigeait l’Église. Il y a, entre autres, le passage dans lequel l’apôtre Pierre reçut par l’Esprit une vision et des paroles divines. Ceci lui fit comprendre qu’il pouvait aussi annoncer la Bonne Nouvelle aux non-juifs (Actes 10 : 9-16).
Pierre, de retour à Jérusalem, fut pris à partie par les chrétiens issus du judaïsme : « Tu es entré chez des hommes qui ne sont pas circoncis, et tu as mangé avec eux ! » (Actes 11-2-3). Alors Pierre leur décrit son expérience : « L’Esprit me dit d’aller avec eux ». En d’autres termes, Pierre est allé un endroit bien précis, Césarée, sous la direction de l’Esprit saint. C’est l’Esprit qui lui dit quoi faire et Pierre obéit même si cela s’écartait entièrement de ses pratiques habituelles.
L’expérience de Pierre racontée dans les Actes des apôtres n’est qu’un exemple parmi d’autres qui montre que l’Église primitive savait se laisser guider par l’Esprit saint. Nous y lisons aussi comment l’Esprit, par le don de prophétie, dit à l’Église d’Antioche : « maintenant, séparez-moi Barnabas et Saul, pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés ». ... (Actes 13 : 2).
Il y avait des prophètes et des docteurs dans cette Église : Barnabé, Syméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaèn et Saul. Ils cherchaient la direction de l’Esprit : Ils jeûnaient, attendaient que l’Esprit saint leur parle. C’est par le don de prophétie que le ministère de Paul et de Barnabas était dirigé. Grâce à lui, les deux apôtres pouvaient être envoyés à des endroits bien spécifiques.
Plus loin dans le livre des Actes, on peut lire : « Ils parcoururent la Phrygie et le territoire galate, le Saint-Esprit les ayant empêchés d'annoncer la parole en Asie ». (Actes 16 :6). L’Esprit saint ne leur permit pas de visiter un endroit où ils avaient prévu d’aller. L’Esprit peut aussi conduire en mettant des obstacles sur notre chemin, il fait surgir des circonstances qui nous empêchent de faire ce que nous avions prévu.
Chuck Smith raconte l’histoire du Dr. Edwards qui était président d’une banque à San Jose. Il donna sa vie à Jésus-Christ et se sentit appelé par Dieu à être pasteur. Il étudia la parole de Dieu et entra au séminaire. Une nuit, il eut une vision, celle d’un vieil homme aux cheveux gris labourant un champ avec une charrue. Alors que celui-ci n’avait travaillé que sur la moitié de son champ, il s’adressa au Dr. Edwards en disant : « Viens m’aider ». Ce fut tout, et à ce moment-là, la vision resta pour lui un mystère.
Peu de temps après, Dieu mis dans son cœur d’aller commencer une église au Panama. Il quitta l’Amérique et démarra en fait plusieurs communautés chrétiennes. Un jour, il reçu un appel d’un hôpital : « Dr Edwards, nous avons un vieil homme ici qui est en agonie. Personne ne semble le connaître, mais ce serait bien qu’il voit un pasteur car il va mourir bientôt ». Le Dr Edwards parti donc lui rendre visite et prier pour lui. À son arrivée, et à son grand étonnement, il se rendit compte que l’homme qui était devant lui était celui de sa vision. Dr Edwards découvrit ensuite que cet homme avait été missionnaire pendant une trentaine d’années avant lui et compris qu’il avait pu bâtir ses Églises seulement grâce à la fondation pastorale et spirituelle posée par cet homme.
Dans son livre Living Waters, Chuck Smith fait aussi part d’une de ses expériences personnelles[3]. Une nuit, il eut une forte impression intérieure; il ne savait pas d’où elle venait mais comprit que c’était une parole du Seigneur. Le Seigneur lui dit : « Il y a des Églises qui conduisent les gens vers une plus grande complaisance en eux-mêmes et à un plus grand amour d’eux-mêmes. Pour vous, menez les gens vers une plus grande appréciation et un plus grand amour envers moi ».
Alors qu’il était encore jeune, il reçut aussi une prophétie dans laquelle le Seigneur lui donnait un nom nouveau « berger ». Le Seigneur lui dit qu’il ferait de lui le berger de nombreux troupeaux et son église ne serait pas assez grande pour contenir toutes les personnes qui allaient affluer pour entendre la Parole de Dieu.
Smith estime que l’Église ne peut pas bien accomplir sa mission si elle n’est pas dirigée par l’Esprit saint. Lorsque qu’elle est conduite par le soi-disant génie des hommes et leurs comités, elle devient rapidement incapable et inefficace. Ceux qui sont appelés à diriger l’Église devraient s’efforcer d’être en tout dirigés par l’Esprit saint. C’est ce que l’Église du premier siècle avait su faire.
[1] Smith, Chuck. Living Water. Word for Today, 2007. p.75
[2] Smith, Chuck. Living Water. Word for Today, 2007, pp. 75-84
[3] Smith, Chuck. Living Water. Word for Today, 2007, p.83
mardi 21 avril 2020
Leadership and Church Growth: The Case of Chuck Smith
Article published in Great Commission Research Journal, vol. 11, no. 1: 76-93.
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