Basés sur l’observation de nombreuses Églises en croissance dans le monde, les articles ci-dessous traitent des facteurs qui favorisent le développement des Églises. Ils visent à aider les missionnaires, les pasteurs et les responsables d’Églises à s'organiser pour faire croître leurs communautés chrétiennes.

**ARTICLES RÉCENTS**

TABLE DES MATIÈRES
  1. 4 disciplines de croissance paroissiale
  2. 35 facteurs qui favorisent la croissance des Églises locales
  3. Questionnaire pour discerner la présence ou l’absence des facteurs de croissance
  4. Comment gérer l'Église locale pour favoriser sa croissance
  5. Comment planifier la croissance des églises
  6. Comment rédiger un plan de croissance ecclésiale
  7. Comment écrire un énoncé de mission pour l'Église locale
  8. Excès et dérapages possibles dans la gestion des églises
  9. Leadership et croissance des Églises
  10. Recevoir et mettre en oeuvre une vision
  11. Comment vivre la transition vers les petits groupes
  12. Six habitudes d’un leader visionnaire
  13. La source de la croissance: le réveil
  14. Aider les membres de son Église à évangéliser de personne à personne
  15. Comment équiper les autres en vue de leur confier des ministères
  16. Équiper les autres pour le ministère : Le modèle de Jésus
  17. Les fondations de la croissance des Églises
  18. Erreurs à éviter dans la poursuite de croissance
  19. La croissance des Églises par la musique et les chants
  20. Valeurs à promouvoir pour déclencher la croissance
  21. Pour une recherche de croissance saine et équilibrée
  22. Six valeurs organisationnelles essentielles pour la croissance
  23. Croissance des Églises et maturité spirituelle
  24. Donald McGavran, le fondateur du Mouvement pour la croissance des Églises
  25. Pourquoi rechercher la croissance des Églises ?
  26. Conseils pour favoriser la croissance des Églises locales (en bref)
  27. Le but de la croissance ecclésiale
  28. Le secret pour bâtir une église qui gagne des âmes 
  29. L’évangélisation : une composante majeure de la croissance de l’Église
  30. Articles sur la croissance des Églises écrits par Rick Warren 
  31. La prière avec le jeûne : clé de l’évangélisation
  32. Développer la vision de l’évangélisation parmi les leaders de l’Église 
  33. 19 orientations pastorales favorisant la croissance des Églises
  34. La croissance de l’Église du pasteur David Yonggi Cho
  35. Processus d’évangélisation et de formation des disciples
  36. La croissance de l’Église du pasteur Dale Galloway
  37. Développper l'Église par des groupes de croissance (Neil Cole)
  38. Les orientations pastorales et missionnaires des Églises en croissance
  39. La croissance de l’Église du pasteur Rick Warren
  40. T4T : une méthode efficace pour la croissance de l’Église
  41. Dix obstacles courants à la croissance
  42. La croissance de l’Église et le travail en équipe
  43. L’accueil et la croissance de l’Église
  44. Célébrations et croissance de l’Église
  45. Les cellules d’évangélisation et la croissance de l’Église
  46. La croissance de l’Église "Crossroads"
  47. Vision et croissance de l’Église
  48. Des Église “en sortie”

SITES DU MÊME AUTEUR


4 disciplines de croissance paroissiale

Par Pierre-Alain Giffard 
La réussite n’est rien de plus que quelques disciplines pratiquées chaque jour disait Jim Rohn, un entrepreneur et coach en développement personnel. Dans notre vie chrétienne et particulièrement notre vie paroissiale, la question émerge: quelles disciplines pratiquer pour réussir la mission que le Christ nous a confiée ? Il y a certes des pratiques personnelles comme le pardon (Luc 6,37) et la charité envers les démunis (Mat 25,40), mais au niveau de notre mission d’évangéliser et de faire des disciples (Mat 28,19), quelles seraient ces disciplines? Dans cet article nous en énumérons quatre.
La prière : Faire des disciples est d’abord une affaire spirituelle. La parole de Dieu dit que c’est Dieu qui assure la croissance (1 Corinthiens 3,7), sans lui nous ne pouvons rien faire (Jean 15,5).  Pour que nos paroisses engendrent de nouveaux chrétiens,  il nous faut d’abord le Lui demander: Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira (Luc 11,9). Des temps et des activités de prières pour cette intention devraient être planifiées et organisées de façons régulières par les responsables de la paroisse.
Le renouveau spirituel : L’Église a commencé à se développer juste après la Pentecôte et le nombre des disciples s’est rapidement multiplié. Cette croissance est due en grande partie à l’action de l’Esprit-Saint qui a été répandu sur les disciples, à leur témoignage de vie et à la puissance qui accompagnait leur prédication. Mais la Pentecôte n’est pas un évènement unique, elle se répète chaque fois que des chrétiens se laissent transformer et renouveler spirituellement par une plus grande fréquentation des sacrements, par la lecture assidue de la Parole, par la participation à des Séminaires de la vie dans l’Esprit, par l’adoration eucharistique, par des retraites spirituelles, par l’engagement dans des petits groupes de foi, par la pratique occasionnelle du jeûne et d’autres disciplines spirituelles. Ce renouveau spirituel devrait d’abord être vécu par les responsables paroissiaux (pasteurs, membres des Conseils paroissiaux de pastorale et des Conseils des affaires économiques) et ensuite être proposés aux autres paroissiens.
L’évangélisation : C’est la responsabilité commune des baptisés de communiquer aux autres l’amour de Dieu et de les inviter à suivre le Christ (Canon 211). Mais comment faire ce travail d’évangélisation dans le cadre paroissial ? Heureusement, il existe plusieurs méthodes comme par exemple le programme Alpha, Kékako et les cellules paroissiales d’évangélisation. La mise en place de tels programmes est des éléments incontournables pour renouveler et faire croître nos paroisses. À nous de les demander à nos pasteurs!
L’expérience du dimanche : Les personnes invitées et les visiteurs occasionnels du dimanche reviendront à l’église et désireront y cheminer si leur expérience dominicale est positive. Cette expérience passe par la qualité de l’accueil, des homélies, par la beauté de la musique et des chants, par la propreté des lieux, par les services offerts aux enfants pendant la célébration, par les petits groupes de partage de la foi; par la possibilité de s’impliquer dans des activités bénévoles et de créer des liens d’amitiés, etc. Pour renouveler et faire croître leur paroisse, les paroissiens doivent penser beaucoup plus en termes d’accueil des personnes nouvelles et viser à leur faire vivre une expérience spirituelle et humaine positive et mémorable. Une telle expérience est aussi à planifier et à organiser par les responsables de la pastorale avec le soutien du Conseil des affaires économiques.
Les quatre disciplines pastorales présentées dans cet article sont issues de paroisses qui ont réussies à se renouveler spirituellement et à grandir. Elles pourront voir le jour dans nos églises si elles deviennent une priorité pour nos pasteurs, pour les membres des Conseils paroissiaux de pastorale et pour les membres des Conseils des affaires économiques.
Il s’agit de passer d’une gestion paroissiale qui répète le statu quo pastoral d’une Église de chrétienté à un leadership qui cherche à faire des disciples (Mat 28,19). Sans ce virage pastoral, nos paroisses continuerons de décliner et d’autres fermeront hélas leur portes … Il est donc temps de se réveiller spirituellement et de s’adapter culturellement et pastoralement en mettant en place des orientations pastorales qui favorisent la croissance, la vitalité et le rayonnement de nos paroisses (Mat 5,16).

Des Églises “en sortie”

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Pour réaliser la mission de l’Église, les communautés chrétiennes ont à devenir des Églises en sortie, à savoir des communautés missionnaires  tournées vers l’extérieur qui comprennent que leur mission est de rejoindre,  accueillir et faire cheminer les personnes qui ne connaissent pas le Christ ou qui ne le suivent pas.

Plusieurs éléments caractérisent les Églises missionnaires :

• La croissance de la communauté est recherchée et considérée comme la volonté de Dieu (I Tim 2:4).

• Des activités de prière sont organisées pour soutenir les activités de la communauté (Jean 15: 2-8).

• Les membres de la communauté chrétienne sont formés pour évangéliser.

• Les responsables de la communauté, avec la participation de tous les autres membres,  visent à faire du passage dans l’Église une expérience mémorable, particulièrement pour les visiteurs et les personnes invitées.

• Des parcours sont offerts pour permettre la croissance dans la foi et la croissance spirituelle des membres de l’Église.

• Différentes dimensions de la mission sont déployées :

1. L’accueil et la fraternité (unité)

2. L’adoration, les prières et la louange

3. La charité (bonnes oeuvres)

4. Les prières pour la guérison

5. L’évangélisation

6. L’éducation de la foi et croissance spirituelle

7. La formation des leaders (animation, direction et planification)

• La mission est vécue en coresponsabilité avec les membres ordonnés. Des membres non ordonnés (laïcs) sont appelés et formés pour devenir des leaders qui participent à l’animation de la communauté chrétienne.

Les Églises missionnaires …

· se soucient des personnes qui ne sont pas là;

· s’organisent pour les rejoindre et les accueillir;

· les font cheminer vers la maturité spirituelle;

· discernent leurs dons;

· les impliquent dans la mission et enfin;

· les forment pour devenir des leaders dans l’Église et le monde.

Cliquer sur le schéma ci-dessous pour voir la vision d’une Église en sortie.

Église en sortie Schéma image

Les efforts de témoignage et d’évangélisation (première annonce) de la communauté chrétienne sont à la base de son existence. Ils constituent la fondation de l’édifice et précèdent les efforts pour initier à la foi. Ils doivent donc constituer La priorité des Églises.

Schéma Fondation de la croissance Image

Comme la sève circule et donne vie à un arbre, les personnes évangélisées seront progressivement amenées à cheminer vers la croissance spirituelle et l’engagement dans la mission l’Église. Il est crucial de planifier et de coordonner des actions pour faire passer les personnes d’une étape à l’autre.

Schéma Dynamique communauté chrétienne  missionnaire Image

En cheminant d’une étape à l’autre, de l’accueil jusqu’à l’implication missionnaire, les personnes évangélisées donnent santé et croissance à l’Église.

Dans une Église en sortie, à l’image de l’Église primitive, les membres de la communauté chrétienne devraient être remplis de l’Esprit et animés d’un zèle missionnaire. C’est pourquoi les premières activités à mettre en œuvre pour réaliser la vision sont des activités de prière et de renouvellement spirituel  ainsi que la formation de toute la communauté chrétienne au témoignage et à l’accueil des personnes évangélisées; puis viennent l’initiation chrétienne des nouveaux et leur insertion progressive dans la mission et la réalisation de la vision.

Vision et croissance de l’Église

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Depuis des décennies, la réalité ecclésiale et sociale en Occident n’a cessé de changer : l’Église est passée d’un contexte de chrétienté à un contexte missionnaire.

Pour les Églises locales, cela signifie qu’il est nécessaire de s’engager dans la mission et particulièrement dans la première annonce[1].

Cet effort d’évangélisation demande tout d’abord d’élaborer et de communiquer une vision qui permette de motiver tous les chrétiens (odonnés et laïcs) à participer à la mission.

1. Qu’est-ce qu’une vision?
Une vision est une image, un rêve réalisable que l’on souhaite vivre dans un avenir rapproché. Elle pointe vers une destination, elle motive et donne du sens. Elle permet à une organisation d’avoir une direction commune et de faire des choix stratégiques et organisationnels. Une vision n’est toutefois pas un plan d’action, ni une série d’objectifs à réaliser.

D'une certaine façon, une vision agit comme un phare qui guide un navire vers le port recherché en indiquant à l'équipage la direction à suivre. Pour être efficace et servir son but, elle doit être inspirée, formulée de manière à engendrer l’espérance et inciter à l’action.

Quand les pasteurs d’une Église ont une vision qui a du sens et qu’ils la communiquent efficacement, les fidèles sont prêts à consacrer plus de leurs énergies, de leur temps, de leurs talents et de leur argent au service du Christ et de son Église. Un sentiment d’appartenance et de motivation les saisi amenant même des instances non-chrétiennes à vouloir collaborer avec l’Église.

2. L’Église : une vocation à la croissance
Avant de monter au ciel, Jésus a dit à son Église naissante : « Allez, de toutes les nations, faites des disciples[2] ». Dans son Évangile il a souvent expliqué l’importance d’aller au-devant de ceux et celles qui ne le connaissent pas ou qui se sont éloignés de lui[3].

L’Église continue la mission de Jésus. L’Église est convocation, convocation de l’humanité au salut. Au niveau local, celle-ci s’implante ou se greffe dans un lieu donné et est appelée à croître. Plusieurs paraboles bibliques présentent d’ailleurs l’Église comme un « organisme » qui se développe[4].

Cette croissance est d’abord l’œuvre de Dieu, l’œuvre de l’Esprit répandu à la Pentecôte. Elle est un signe de l’action de la grâce et la manifestation extérieure d’une croissance intérieure. Elle est aussi l’œuvre de la foi, l’œuvre de chrétiens qui prient et qui adhèrent à la volonté de Dieu de voir son Église se développer.
Dans ce sens, une vision missionnaire devrait d’abord inciter les croyants à désirer ce que Dieu veut (la croissance de l’Église), à se renouveler dans la foi et la charité[5] et à s’engager dans la mission.

Les Église ont à sortir d’une conception pastorale selon laquelle il suffit de « faire comme on a toujours fait ». Il s’agit de devenir inventif et de se consacrer, avec les énergies et les ressources qui restent, à l’annonce missionnaire[6].

L’annonce missionnaire n’est toutefois pas la seule fonction de l’Église. L’Église doit aussi chercher à renouveler ses célébrations, ses efforts pour être plus accueillante et fraternelle, ses formations envers ses membres et son engagement dans le monde afin de devenir toujours plus signe et sacrement de l’amour de Dieu (Luc 10:25-37; 25:31-36).

3. L’énoncé de vision
À la lumière de ce qui a été dit plus haut, il est possible de formuler un exemple d’énoncé de vision :

Être, sous la mouvance de l’Esprit, une Église au cœur du monde qui engendre et forme de nouveaux[7] disciples qui cheminent en Église et s’impliquent dans sa mission.

Certaines priorités pastorales découlent de cette vision :

1) aider les chrétiens à prendre conscience de leur identité et de leur responsabilité missionnaire[8] : la mission ne concerne pas seulement les membres ordonnés, mais elle est confiée par Dieu lui-même à tous les baptisés (Luc 10:1-12.17-20);

2) mettre sur pied des activités de prières afin d’implorer Dieu pour le renouvellement spirituel et missionnaire de l’Église;

3) former les responsables dans l’Église au sujet des facteurs qui favorisent la croissance de l’Église[9];

4) former les fidèles au témoignage et à l’annonce de l’Évangile;

5) inventer de nouveaux chemins et de nouvelles activités qui permettront d’inviter les absents à fréquenter hebdomadairement leur communauté chrétienne;

6) mettre sur pied des cellules d’évangélisation dont la mission première est l’annonce missionnaire et la formation de disciples qui osent témoigner de leur foi et l’annoncer sans détour;

7) organiser un service d’accueil et de suivi des personnes nouvelles;

8) créer des parcours de discernement des dons et de formation qui permettront d’impliquer les personnes nouvelles dans des pastorales qui visent la réalisation de la vision;

9) former des leaders laïcs.

4. L’énoncé de mission
Certains préfèreront un énoncé de vision plutôt qu'un énoncé de vision. Celui-ci pourrait se formuler comme suit:

Engendrer et former de nouveaux disciples qui cheminent en Église et s’impliquent dans sa mission.

Bien communiqué, cet énoncé de mission devient celui de tous les membres de l'Église. On ne saurait sous-estimer l’importance de cette communication qui permet de centrer les efforts de la communauté chrétienne sur l'essentiel de la mission évangélique.

Pour ne pas rester lettre morte, il faudra donc qu’il soit, comme la vision et les priorités pastorales qui en découlent, communiqué par différents moyens. Il permettra de formuler des objectifs pour l’Église et de déterminer des activités la rendront missionnaire et féconde.

5. Croire à la croissance et la poursuivre
Basé sur l’expérience de communautés chrétiennes en croissance dans le monde, il est possible de croire que des communautés chrétiennes stagnantes ou en décroissance peuvent redevenir fécondes.

De nombreux ouvrages existent aujourd’hui sur la croissance de l’Église[10]. Ces ouvrages expliquent comment faire de la croissance une réalité. Ils expliquent quels sont les facteurs qui contribuent au développement des Églises.
Parmi les facteurs les plus importants il y a :

1. la communication d’une vision et d’une culture missionnaire dans l’Église;
2. la mise en place d’activités de renouvellement spirituel des croyants (réveil);
3. la mise en place d’activités de prière pour intercéder en faveur des efforts d’évangélisation et en faveur des personnes que l’on cherche à rejoindre;
4. la formation des responsables ecclésiaux concernant les facteurs qui contribuent à la croissance de l’Église;
5. la rédaction d’un plan d’action (planification) pour mettre en place les facteurs de croissance ;
6. la mise en place de cellules d’évangélisation;
7. la formation des croyants au témoignage et à l’annonce de l’Évangile;
8. l’accueil et le suivi des personnes évangélisées, notamment par un système d’accompagnement par parrainage/« coaching » afin de les intégrer à la communauté;
9. des célébrations vivantes avec de la musique contemporaine;
10. des homélies qui, à partir de la parole de Dieu, aident et éclairent les membres de la communauté chrétienne vis-à-vis des défis spirituels et humains qu’ils rencontrent quotidiennement;
11. la mise en place d’activités de compassion pour répondre aux besoins internes et externes des communautés chrétiennes;
12. l’effusion de l’Esprit et l’exercice des charismes (dons de l’Esprit : 1Cor 14:1-25);
13. les efforts de formation des laïcs pour qu’ils dirigent et animent des pastorales missionnaires visant la croissance de l’Église;

Mais il y en a d’autres :

1. la consécration des responsables à la mission de faire de nouveaux disciples;
2. la volonté des membres ordonnés et des laïcs de vivre une authentique coresponsabilité;
3. la priorité pastorale donnée au témoignage de la foi et à la première annonce;
4. la mise en place dans l’Église d’une structure organisationnelle qui veille à déployer de façon équilibrée la triple fonction prophétique, sacerdotale et royale du Christ;
5. la mise en place d’un processus de formation de disciples qui fait cheminer les nouveaux convertis vers l’implication missionnaire;
6. la mise sur pied de célébrations pour personnes en recherche[11];
7. la mise en place d’un réseau de petites communautés de base ou de petits groupes qui répondent aux besoins des croyants (couple, jeunes familles, jeunes adultes, etc.) et du milieu;
8. les activités de fraternisation qui contribuent au témoignage d’unité et de communion entre les membres des communautés chrétiennes;
9. la recherche de qualité et d’excellence dans les services offerts;
10. les activités d'évaluation et d'amélioration continue;
11. la cohérence entre le message proclamé et la vie des chrétiens.
Ces facteurs, ou ces orientations pastorales, offrent des pistes et des idées pour réaliser une la vision de croissance. Il ne s’agit pas de tout faire en même temps, mais de faire les choses petit à petit en fixant annuellement des priorités et des objectifs réalisables.

6. La vision et l’équipe de direction
Le premier responsable de l’Église et l’équipe de directions devront manifester par différents moyens leur volonté de voir se réaliser la vision. Ils auront à mettre en œuvre différentes modalités de communication pour la transmettre afin que les membres de la communauté chrétienne se l’approprient et y adhèrent. Les membres de l’équipe de direction jouent donc un rôle de communicateurs et de motivateurs. Ils communiquent la vision, partagent les responsabilités et mobilisent les croyants pour que la vision s’actualise dans leur milieu.

7. Conclusion
La mission de l’Église s’inscrit dans la volonté de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1Tm 2:4). Cette mission se réalise concrètement sous différentes formes, toutes complémentaires: première annonce, parcours de croissance dans la foi, prières et célébrations, compassion envers les personnes défavorisées, transformation du monde, fraternité, organisation et planification de la mission, gestion des biens matériels en vue de la mission.

Une vision missionnaire doit inciter les responsables de l’Église à choisir des orientations pastorales qui favorisent la croissance ecclésiale. Les communautés chrétiennes ne doivent pas être de simples lieux de distribution de services humanitaires ou religieux, elles doivent devenir des communautés missionnaires qui témoignent de leur foi, qui invitent au Salut, qui engendrent et accueillent des nouveaux chrétiens et enfin qui les forment afin qu’eux aussi cheminent en Église et s’impliquent dans sa mission.

Mais cette vision ne pourra se réaliser si elle n’est pas suivie d’un plan d'action comprenant des phases de réalisation avec des objectifs, des moyens de mis en œuvre et des méthodes d’évaluation. Ce travail de planification revient à l’équipe dirigeante et devrait commencer à se faire dès le début d’une année pastorale afin de préparer l’année pastorale suivante. À la fin de chaque année pastorale, le travail accompli devrait être évalué afin de constater les progrès accomplis et quel chemin il reste à parcourir.


[1] La première annonce (ou l'annonce missionnaire) vise à faire naître dans le cœur du non-croyant, de l'indifférent ou du membre d'une autre religion, un intérêt pour l'Évangile puis elle l’aide à faire un choix, à accueillir le Christ comme Maître et Seigneur de sa vie. Cette option pour la foi se fait par l'action de l'Esprit Saint et l'annonce du kérygme. La première annonce conduit à la conversion initiale qui est adhésion à Jésus-Christ et désir de marcher à sa suite. Cette « option fondamentale » fonde la vie du disciple.
[2] Matthieu 28:19
[3] Il y a notamment les paraboles de la brebis et de la drachme perdues (Luc 15 et Mat 18).
[4] Dans les Évangiles, on trouve les paraboles du lis des champs (Mat 6:28), de la semence qui croît d'elle-même (Mc 4:27), de la graine de moutarde (Mat 13:32), du semeur (Mat 13:4ss), de l'arbre et de ses fruits (Lc 6:43).
[5] Ce renouveau spirituel peut se faire concrètement par une instance sur la vie de prière et la conversion. Parmi les moyens qui peuvent être pris, il y a : les séminaires dans la vie de l’Esprit, l’adoration, la confession des péchés, la lecture assidue de la Parole de Dieu, le jeûne, etc.
[6] Les termes « annonce missionnaire » et « première annonce » expriment la même réalité.
[7] Le terme « nouveau » a deux sens : le premier étant d’amener des non-chrétiens et des personnes indifférentes à la vie ecclésiale à devenir des disciples et le second étant de faire des chrétiens actuels des disciples renouvelés dans leur foi et dans leur ardeur missionnaire.
[8] Cela peut se faire par des formations et d’autres moyens comme les contacts personnels des responsables avec les fidèles, les prédications et le site Internet de l'Église
[9] Une présentation exhaustive des orientations pastorales permettant de favoriser la croissance de l'Église se trouve dans le livre : La croissance de l'Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses (Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012), de Pierre-Alain Giffard.
[10] Parmi les livres en français sur le sujet il y a :
Rick Warren, L’Église une passion une vision. La croissance sans compromettre le message et la mission, Varennes, Eternity Publishing House, 2005.
Peter Wagner, Conduire votre Église vers la croissance, Nyon, France, Carrefour, et Rouen, Menor, 1992, 224 p., la traduction de son livre Leading Your Church to Growth, 1984.
Paul Yonggi Cho, Au-delà des chiffres, Miami, Éditions Vida, 1986.
Paul Yonggi Cho, Les cellules de maison et la vie de l’église, Miami, Éditions Vida, 1989.
Christian Schwarz, Le développement de l'Église: Une approche originale et réaliste, Paris, Empreinte Temps Présent, 1996.
Don Giuseppe Macchioni (Don Pigi Perini), Évangéliser en paroisse, l'expérience des cellules paroissiales d'évangélisation, Nouan-le-Fuzelier, Pneumathèque, 1994.
[11] Les célébrations pour personnes en recherche sont conçues pour les personnes qui ne croient pas en Jésus ou qui ne viennent pas (souvent) à l’Église. Leur but est de leur permettre d’accepter Jésus comme Sauveur et Seigneur. Tout y est fait pour enlever les barrières de type culturel qui pourraient empêcher les participants d’accueillir la Salut et de revenir la semaine suivante. Les chants et la musique sont adaptés à la culture de la tranche d'âge ou du groupe particulier que l’on cherche à rejoindre. Si ce sont les jeunes que l’on vise à évangéliser, des instruments de musique contemporains sont utilisés : batterie et guitares électriques font partie des accompagnements musicaux. Les airs sont inspirés de chansons populaires que l'on entend couramment à la radio et les paroles sont adaptées pour la louange.

La croissance de l’Église “Crossroads”

Auteur: Pierre-Alain Giffard

De 1987 à 2005, Mark Fuller a été le pasteur de l’Église évangélique Crossroads Church (l’Église Croisée des chemins) qui est passée de 300 membres à plus de 1300 en 18 ans. Sa croissance a été constante et n’a jamais stagné.

Mark Fuller explique ainsi sa croissance[1] :

· un leadership visionnaire;

· une bonne compréhension du combat spirituel (spiritual authority);

· une communauté chrétienne prête à suivre son leader;

· une communauté chrétienne qui accepte de changer et de faire les sacrifices nécessaires et;

· une vision pour les perdus, c'est-à-dire une priorité pastorale pour rejoindre et incorporer au Corps du Christ des personnes qui ne connaissent pas Jésus ou qui ne le suivent pas.

Un jour Mark Fuller posa une question à John Maxwell[2], un expert mondial en leadership : « quelle est la clé pour faire croître une église de 500 membres ? » Ce dernier pointa son doigt vers lui et lui dit : « vous ». Réalisant que pour développer sa communauté chrétienne et il lui fallait aussi permette à Dieu de le faire grandir, il se mit à genoux, pria et médita la Bible. C’est alors qu’un passage du livre de l'Exode le toucha profondément, celui dans lequel Jéthro donne des conseils à Moïse (Exode 18,13-27).

En relisant ces versets, il comprit à quel point le ministère de Moïse était prophétique et cela l’encouragea à mettre plus d’emphase sur son propre ministère de prédication. Il remarqua aussi combien Moïse était visionnaire: il allait donc adopter un style de leadership visionnaire en passant désormais une bonne partie de son temps à communiquer une vision pour son Église. Finalement, il lut comment Moïse délégua l’œuvre de son ministère. Il décida donc de passer aussi une grande partie de son temps à former des leaders.

Ces trois éléments sont devenus les piliers de sa vie et de son ministère : prêcher, projeter une vision et développer des leaders. Il lui fallut plusieurs années pour les intégrer dans son pastorat, mais aujourd'hui il y consacre 95 pour cent de son temps. Ce fut à la fois difficile et libérateur, mais il considère que John Maxwell avait bien raison de dire qu’une communauté chrétienne ne peut pas grandir si le pasteur ne grandit pas lui-même.

Au cours de ses 18 années à la tête de l’Église Crossroads, Mark Fuller, il vit beaucoup de nouveautés dans la manière dont les Églises s’organisent et célèbrent, y compris l’émergence des petits groupes (cellules d’évangélisation et autres petites communautés de base). Pour lui, un des changements les plus importants et les plus bénéfiques pour son Église fut au niveau de la gouvernance.

Pour assurer la croissance, il fit passer sa communauté d’une Église dirigée par un conseil de bénévoles à une Église dirigée par du personnel professionnel rémunéré. Cette transition ne fut pas facile, mais Mark Fuller estime qu’il ne faut pas chercher à engager des personnes simplement pour remplir des fonctions pastorales; il faut plutôt chercher à engager des personnes qui ont un réel sens du leadership. Si on met en place les bonnes personnes, explique-t-il, alors le reste suit : la vision, la direction et les activités pastorales (programmes) pertinentes. Pour qu’une Église dépasse les 500 membres, il est, d’après lui, nécessaire de faire cette transition[3].

Un autre changement important qu’il opéra fut d’adopter un style de musique contemporaine pour les célébrations. Comme dans la plupart des communautés chrétiennes qui font ce choix, cela engendra des tensions, mais il eut la sagesse d’introduire ces changements en douceur. Cela fait partie, dit-il, des talents d’un leader : savoir quand mette un peu de pression pour faire avancer les choses et savoir quand donner du mou pour insister ailleurs. Mark Fuller souhaite que le style de musique de son Église soit en constante mouvance, car si celui-ci se fige, estime-t-il, il est très difficile de changer par la suite.

Pour ce pasteur, la louange et l’adoration ne sont pas tant une question de style qu’une question de cœur. Il s’agit avant tout de créer une atmosphère qui permette aux personnes présentes de communier avec Dieu et d’être réceptifs à la parole de Dieu. Les animateurs et les musiciens ne sont pas des vedettes, mais des signes qui pointent vers Dieu[4].

Dans son Église, ce sont les célébrations des weekends, et non pas les grands événements extérieurs, qui constituent les portes d’entrée, qui attirent des nouvelles personnes. Les gens viennent à l'Église parce que leur cœur est vide; ils ont des problèmes financiers, de couple ou avec leurs enfants, et tout ceci provoque une faim de Dieu.

Mark Fuller est convaincu que pour faire croitre une Église, il faut s’occuper en priorité des personnes qui ne sont pas là ainsi que des personnes qui ne viennent pas régulièrement aux célébrations afin de les rejoindre et de les incorporer à la communauté chrétienne[5]. Tout ce que l'Église fait, elle devait le faire pour amener au Christ les personnes qui ne le connaissent pas. Il n’a toutefois pas de public cible : une génération, un groupe d'âge ou une culture particulière. Il fait tout pour créer, durant les célébrations, une atmosphère  qui permette aux personnes qui ont soif de Dieu de le rencontrer personnellement.

Son style de prédication est « conversationnel ». Il prêche, en s’imaginant assis autour d'un café avec l’auditoire et vise à répondre aux questions que des non-chrétiens peuvent se poser face à la Parole annoncée. L’auditoire est toujours libre de réagir et de répondre à son message.

Mark Fuller est enfin un fervent partisan des petits groupes. Il y en a trois sortes dans son Église: des petits groupes d’évangélisation, des groupes qui se réunissent autour d’une pastorale (ministère) particulière et des groupes d’enseignements. Ils sont tous de différentes tailles et appelés des groupes de connexion. La moitié des membres de son Église actuelle en font partie. Leur point commun? Vivre la sollicitude fraternelle, l’apprentissage et le service[6].


[1] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.143-144.

[2] John Maxwell est depuis plus de vingt ans un leader et un communicateur efficace et passionné. Il est le fondateur d'INJOY, une organisation qui se consacre à aider les gens à développer leur potentiel personnel et leur potentiel de leadership. Il est l'auteur de « Les 21 lois irréfutables du leadership », « les 17 lois infaillibles du travail en équipe » et « Devenez ce que vous devriez être », entre autres. (Source : goo.gl/LBwLw).

[3] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.144-145.

[4] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.145-146.

[5] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.146-147.

[6] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.148.

Les cellules d’évangélisation et la croissance de l’Église


Auteur: Pierre-Alain Giffard
 
 
« L’annonce et le témoignage de l’Évangile sont le premier service que les chrétiens peuvent rendre à toute personne et au genre humain entier, comme ils sont appelés à communiquer à tous l’amour de Dieu » (Message du Pape Benoît XVI à l'occasion des 40 ans du décret "Ad gentes", 13 mars 2006).
 

Les cellules d’évangélisation contribuent grandement à renouveler et à faire croitre une paroisse. Mais que sont les cellules d’évangélisation ? Qu'est-ce qui les distingue des autres petits groupes en Église? Ce document, sous forme de « foire aux questions », répond à ces questions et explique comment les mettre en place.

1) Qu’est-ce qu’une cellule d’évangélisation ?

Une cellule d’évangélisation est un groupe de 2 à 15 personnes qui se rassemblent idéalement en dehors de l’église[1] dans le but d’évangéliser[2], de fraterniser et de croître spirituellement[3]. L’objectif du groupe est de grandir et de se multiplier. Sa mission se déploie à différents niveaux :

1. L’évangélisation : Les membres d’une cellule cherchent à rejoindre et à créer des liens avec des personnes qui sont non chrétiennes, indifférentes à la foi ou qui se sont éloignées de l’Église. Ils les portent dans la prière quotidiennement, répondent à leurs besoins et saisissent des occasions pour leur parler du Christ et de l’Église. Le moment opportun, ils les invitent dans une cellule qui les accompagnera sur le chemin de la rencontre avec Jésus et du baptême s’il y a lieu.

2. La sanctification : En même temps qu’ils cherchent à faire connaître et aimer le Christ dans leur milieu, les membres d’une cellule travaillent à leur propre croissance spirituelle par une lecture quotidienne de la parole de Dieu, par la prière personnelle, le jeune et la participation aux sacrements.

3. L’implication : Les membres d’une cellule discernent les dons des personnes qui se joignent au groupe et leur proposent de s’engager dans des activités pastorales, que ce soit dans la paroisse, un mouvement, une organisation caritative, etc. Les personnes nouvellement arrivées sont elles-mêmes invitées à être des témoins dans leurs milieux.

4. La multiplication: L’animateur[4] d’une cellule d’évangélisation encourage chaque membre du groupe à constituer sa propre cellule et les forme dans ce sens. Lorsqu’une cellule grandit, celle-ci se multiplie pour former un nouveau groupe.

2) Avec qui constituer une première cellule d’évangélisation ?

Une première cellule d’évangélisation devrait être constituée avec des personnes qui ont déjà à cœur de faire connaître le Christ. Il faut adjoindre à une première cellule des nouveaux convertis qui, par leur zèle et leur enthousiasme, sont efficaces dans l’œuvre de l’évangélisation.

3) À quel rythme ont lieu les rencontres ?

Les membres d’une cellule d’évangélisation se rencontrent en général une fois par semaine, mais ils peuvent décider de se rencontrer seulement une ou deux fois par mois.

4) Comment se déroule une rencontre de cellule?

Bien qu’il n’y ait pas de schéma unique, voici un exemple d’une rencontre de cellule d’évangélisation :

· Accueil;

· Chants et prière de louange;

· Témoignages des membres sur la présence vivante du Seigneur telle que perçue durant la semaine et sur son action dans l’évangélisation;

· Enseignement du responsable de la paroisse basé sur la parole de Dieu et transmis aux membres de la cellule sous forme de notes ou de support audio/vidéo;

· Échange et approfondissement entre les membres de l’enseignement reçu;

· Annonces (informations);

· Prières d’intercession;

· Prière d’imposition des mains[5] à la demande éventuelle d’un des membres de la cellule.

Une rencontre dure en général de 1h00 à 1h30.

5) Que font les membres des cellules en dehors des rencontres?

Les membres des cellules s’engagent à lire la parole de Dieu tous les jours et prient pour les personnes avec qui ils souhaitent partager la Bonne Nouvelle. Ils font des efforts pour créer de nouveaux liens d’amitié, rendre service, donner leur témoignage et inviter des personnes nouvelles dans la cellule ou l’église au moment opportun[6]. L’idéal est que chaque membre créer sa propre cellule dont les membres seront appelés eux-mêmes à créer leurs propres cellules.

6) Quel est le principe de base qui permet la multiplication des cellules?

Le principe de base des cellules d’évangélisation est de former des animateurs qui en forment d’autres. L’animateur non seulement aide les membres de sa cellule à croître spirituellement, à témoigner du Christ et à annoncer le kérygme[7]mais il leur demande de former eux-mêmes leur propre cellule dont les membres seront à leur tour formés de la même manière.

7) Quelle est la part du curé ou du responsable de la paroisse?

Le responsable de la paroisse encourage et aide les paroissiens à former des cellules d’évangélisation. Il les aide et les forme à évangéliser. À l’image de Jésus avec ses apôtres, il travaille avec des personnes qui n’ont pas forcément de formation théologique et qui n’ont pas encore toutes les qualités humaines pour accomplir leurs tâches.

Le responsable de la paroisse ne présente pas les cellules comme un groupe, parmi d’autres, chargé de l’évangélisation dans la paroisse, mais comme une façon de transformer toute la paroisse en une communauté évangélisatrice.  Le succès des cellules dépendent en grande partie de la motivation et de l’engagement du responsable.

Le responsable de la paroisse sert de lien entre les différentes cellules grâce à l’enseignement qu’il prépare et qu’il distribue et à toutes les cellules. Il participe à la formation des animateurs et félicite publiquement les animateurs et animatrices pour leurs efforts.

8) L’animateur de cellule doit-il avoir une formation particulière?

Oui, pour qu’une personne devienne animatrice de cellule, elle devra avoir cheminé un certain temps dans une cellule et avoir reçu une formation initiale donnée par le responsable de la paroisse ou une équipe de formation. Pour qu’une personne non chrétienne devienne responsable de cellule, il lui faudra passer par les eaux du baptême. Les animateurs reçoivent aussi une formation continue de la part du responsable de la communauté chrétienne ou du responsable de secteur[8].

9) Quelle formation est donnée aux membres des cellules?

Les membres d’une cellule sont formés pour être disciple et à faire des disciples. Ils sont formés à la fois dans la cellule et en dehors de la cellule[9], pour annoncer le kérygme, donner leur témoignage et inviter à l’Église. Ils sont encouragés à créer des liens avec des personnes nouvelles particulièrement des personnes qui ne sont pas chrétiennes ou qui sont indifférentes à la foi chrétienne.

Les membres sont exhortés à la prière pour les personnes évangélisées et à leur rendre des services afin de témoigner par toute leur vie. Même si ce ne sont pas tous les membres qui finiront par constituer et animer une cellule, tous devraient être formés dans ce sens afin de donner à chacun l’opportunité de le faire. L’enseignement donné lors des rencontres de cellule se fait par lecture de la parole de Dieu, son explication et son application concrète dans la vie de tous les jours.

10) Quel est le rôle de l’animateur de cellules ?

Outre l’animation de la rencontre, l’animateur effectue des visites pastorales auprès des membres de la cellule, spécialement quand ceux-ci vivent des épreuves difficiles (deuil, maladie, solitude, etc.). Il s’assure que les membres sont formés à l’annonce et au témoignage. Il les encourage à évangéliser et fixe des objectifs de croissance pour la cellule. Par exemple, il peut dire: « Cette année nous viserons à adjoindre deux personnes nouvelles à la cellule » ou « cette année nous tâcherons de former deux nouvelles cellules[10] ». Le rôle principal de l’animateur est de former d’autres animateurs qui en formeront d’autres à leur tour.

11) Qu’est-ce qui distingue les cellules d’évangélisation des autres petits groupes en Église ?

Les cellules d'évangélisation ont la particularité d'avoir pour objectif de croître et de se multiplier. Bien qu’elles aient certains éléments communs avec d’autres petits groupes en église comme les groupes de réflexion biblique, les groupes de prières, les groupes que l’on trouve dans certains mouvements, les communautés chrétiennes de base, les petits groupes avec une mission particulière (aide auprès des familles monoparentales, soutien des conjoints de personnes alcooliques, etc.). Les cellules d’évangélisation sont faites pour évangéliser, accueillir des nouveaux membres et former des nouveaux animateurs qui constitueront eux-mêmes d'autres groupes. Ses membres cherchent à discerner des personnes réceptives[11] à l’Évangile dans leur milieu, à leur faire connaître et accueillir l’Évangile et à les inviter dans une cellule, un programme ou une célébration conçue pour les personnes évangélisées[12].

12) Comment accueillir des nouveaux dans la cellule?

Les personnes à invités dans la cellule sont souvent des personnes qui connaissent peu l’Évangile. Ce sont aussi des personnes qui peuvent être méfiantes par rapport à l’Église. Elles pourront mettre un certain temps avant de donner leur vie au Christ. Il ne faut pas qu’elles se sentent jugées, mais au contraire accueillies et aimées telles qu’elles sont. Aussi, il n’y a pas à exiger qu’elles participent aux célébrations dominicales ni à s’attendre qu’elles suivent sur le champ toutes les prescriptions de l’Église. La patience et la douceur sont de mise; l’Esprit Sait ferra son travail…. Il se peut aussi qu’au départ les nouveaux aient du mal à être présents chaque semaine. Les membres de cellules éviteront toute forme de pression qui peut générer de la culpabilité. La bonne formule est de dire : « Venez quand vous pouvez, nous sommes toujours contents de vous voir ».

13) Que peuvent faire les membres des cellules pour mieux intégrer les personnes évangélisées à la communauté chrétienne ?

Les cellules doivent favoriser la création de liens d’amitié entre les membres. Les recherches montrent que si une personne évangélisée se lie d’amitié avec un des membres de l’Église, celle-ci il aura beaucoup plus de chance de se joindre à la communauté chrétienne. Jésus a lui-même fait de ses disciples ses amis (Jean 15,15[13]). L’amitié, avec un ou plusieurs membres de l’Église, est une des raisons importantes qui explique pourquoi une personne se joint à une communauté chrétienne.

14) Y a-t-il différentes formes de cellules d’évangélisation ?

Oui, il y a entre autres, les groupes de croissance[14] dont l’animation est moins exigeante pour les animateurs, car le déroulement est plus simple. Les membres se rencontrent pendant une heure toutes les semaines et pratiquent trois disciplines de base : la lecture assidue et quotidienne de la Parole, un partage autour de quelques questions prédéfinies et la prière pour les personnes évangélisées. Les groupes sont petits : deux ou trois personnes maximum et quand une quatrième personne s’ajoute, deux nouvelles cellules sont formées à partir de la première.

Il peut y avoir différentes questions posées durant les rencontres, par exemple :

· Comment Dieu s’est-il révélé à toi cette semaine ?

· Que t’apprend-il en ce moment ?

· Comment réagis-tu ?

· As-tu été respectueux, compréhensif et généreux à l’égard de tes proches ?

· Ressens-tu le besoin de partager le Christ avec quelqu’un cette semaine ?

Au fond, l’important n’est pas tant de suivre tel ou tel programme, mais plutôt de trouver une formule d’animation qui permet à la cellule d’accomplir sa mission d’évangélisation et de croissance. Il s’agit de faire vivre aux participants une rencontre d’amitié authentique et une rencontre avec le Christ autour de sa Parole. Ils sont ensuite invités à accueillir Jésus comme Seigneur et Sauveur[15]. La cellule d’évangélisation devrait faire vivre une expérience de rencontre avec le Christ.

15) Où se déroulent les rencontres des cellules d’évangélisation ?

Idéalement les rencontres se déroulent dans la maison d’un des membres, mais pas nécessairement. Elles peuvent aussi se dérouler dans un café, dans une salle de réunion au travail, dans un parc à l’extérieur, etc[16].

16) Quel est l’avantage de mettre en place des cellules d’évangélisation dans une paroisse ou dans un mouvement ?

Les cellules d’évangélisation ont plus d’un avantage : elles permettent de mettre en œuvre la mission première de l’Église de faire des disciples, elle permet aussi aux chrétiens de vivre une plus grande fraternité et d’approfondir leur foi autour de la parole de Dieu. Et parce qu’elles sont bâties pour se multiplier et former des animateurs, il y a moins de risque d’une diminution d’effectif et d’un essoufflement des responsables.

17) Quelles sont les étapes pour mettre en place des cellules ?

Pour mettre en place des cellules d’évangélisation dans une communauté chrétienne, il y a quelques étapes à suivre :

1) La première étape est d’avoir un responsable de communauté chrétienne convaincu de l’importance des cellules d’évangélisation. C’est en effet lui qui doit encourager et piloter le démarrage des cellules;

2) Dans la deuxième étape, le responsable de la paroisse prie et fait prier la communauté pour le renouvellement et la croissance de la paroisse;

3) Dans la troisième étape, qui est vécue en même temps que la deuxième, le responsable de la communauté chrétienne fait grandir une culture missionnaire dans la paroisse par différents enseignements appropriés et en utilisant différents supports (homélies, enseignements de groupe, feuillets paroissiaux, etc.);

4) Dans la quatrième étape, un premier noyau de personnes intéressées est rassemblé pour constituer une ou deux cellules de départ;

5) Dans la cinquième étape, les membres des cellules commencent à être formés au témoignage et à l’évangélisation, ils peuvent étudier des passages de livres comme « Évangéliser en paroisses[17] »  ou « La croissance de l’Église[18] »;

6) Dans la sixième étape, les membres des cellules sont formés afin de savoir animer leur propre cellule et former leurs propres animateurs;

7) Dans la septième étape, les premières cellules ouvrent leurs portes à tous les paroissiens, désireux de venir ce qui s’y vit (sans engagement). Cette étape doit être précédée d’une « campagne » de sensibilisation de toute la communauté. Les inscriptions peuvent être organisées lors des messes de fin de semaine. Les responsables et membres d’autres groupes sont spécialement encouragés et invités.

8) Dans la huitième étape, les personnes évangélisées sont ajoutées à la cellule ou de nouvelles cellules sont commencées par les membres.

La première année, il est important que le responsable de la communauté chrétienne prenne le temps nécessaire de créer des liens forts avec les membres des cellules et de leur montrer son engagement personnel dans l’œuvre de l’évangélisation.

Un autre point à mentionner : ne pas oublier que le travail d’évangélisation pour faire grandir les cellules, une fois terminée l’étape de mise en place, ne doit pas se faire auprès de chrétiens, mais auprès de personnes non croyantes, indifférentes à la foi ou qui ont pris leurs distances par rapport à l’Église.

18) Est-ce que la mise en place de cellules d’évangélisation est le seul facteur qui favorise la croissance de l’Église ?

Les cellules d’évangélisation sont seulement un des facteurs qui favorisent la croissance de l’Église. Il y en a d’autres, par exemple :

1. La priorité pastorale mise sur l’évangélisation;

2. La communication, par les responsables en Église, d’une vision paroissiale qui permette de faire des disciples et d’une culture d’évangélisation dans la communauté chrétienne;

3. La mise en place d’activités de prière pour le renouvellement spirituel de la communauté chrétienne spécialement dans le but de prier pour les évangélisateurs et les personnes évangélisées;

4. La formation de la communauté chrétienne sur les facteurs de croissance;

5. La rédaction d’un plan de développement (la planification) par les responsables de l’Église;

6. La formation des membres de la communauté chrétienne à l’annonce de l’Évangile;

7. Un service d’accueil bien organisé pour accueillir dans l’Église les personnes évangélisées;

8. Les activités pour rejoindre les besoins du milieu (tant internes qu’externes à la communauté chrétienne);

9. Des célébrations vivantes avec de la musique contemporaine et une proclamation du kérygme qui invite les participants à accueillir le Christ comme Sauveur et Seigneur;

10. L’effusion de l’Esprit Saint et l’exercice des charismes (prière pour la guérison des malades, prophéties, etc.);

11. Le travail des membres ordonnés avec des responsables laïcs (formation-délégation).

19) Et après?

Le responsable de la communauté chrétienne, avec le bassin de nouveaux croyants rassemblés par les cellules, pourra renouveler ses responsables et créer de nouvelles activités pastorales permettant ainsi d’accomplir plus intégralement la mission de l’Église et de mieux répondre aux besoins du milieu.

 


[1] L’église-bâtiment.

[2] Évangéliser dans le sens d’aller à la rencontre de personnes qui ne sont pas chrétienne ou pas célébrantes et de les inviter à suivre le Christ en Église.

[3] Cette définition est en partie reprise de Joel Comiskey, un spécialiste des cellules d’évangélisation.

[4] Il y a différents noms utilisés pour désigner la personne responsable du groupe que ce soit animateur, leader, responsable, berger, etc. Les cellules elles-mêmes peuvent porter différents noms : cellules paroissiales d'évangélisation, groupes de maisons, fraternités, Églises de maison, etc.

[5] La prière d'imposition des mains n'a pas besoin de faire partie de toutes les rencontres de cellule, par contre elle permet de prier pour une effusion de l’Esprit et mettre en pratique le précepte de Jésus de prier pour les malades (Matthieu 10,7-8) et ainsi apporter la guérison à ceux et celles qui en ont besoin.

[6] Les membres des cellules sont encouragés à créer des liens d’amitié et de service avec des personnes non chrétiennes ou non célébrantes. À travers ces liens d’amitié et de service, des occasions se présentent pour échanger de manière naturelle sur des questions concernant la foi, l’Église et le Christ lui-même.

[7] Annoncer le kérygme, c'est annoncer la personne de Jésus, son œuvre de salut et la nécessité de se convertir ; c’est présenter la Bonne nouvelle de manière à inciter les hommes et les femmes à accepter et accueillir le Christ comme Sauveur et Seigneur. Frédéric Manns explique bien le lien qui existe entre le kérygme et la catéchèse : Le kérygme est à la catéchèse ce que la naissance est à la croissance : il la précède, il lui est préalable, il en est la condition pour que fructifie la catéchèse.

[8] Dépendant du nombre de cellules dans une communauté chrétienne, un certain nombre de cellules peuvent être sous la responsabilité d'un responsable de secteur plutôt que sous la responsabilité directe du responsable de la communauté chrétienne.

[9] Par des formations spécifiques.

[10] Il faut se rappeler qu'une cellule peut démarrer avec seulement 2 personnes.

[11] Les recherches du Mouvement pour la croissance de l'Église font ressortir que certaines personnes sont plus réceptives à l'Évangile que d'autres. Parmi les personnes réceptives il y a :

les personnes de sa famille, ses amis, les personnes sur qui l’on exerce une influence positive, les nouveaux venus dans un quartier, les nouveaux parents, les personnes qui souffrent d’une dépendance destructrice (alcool, drogue, jeux, etc.), les personnes qui visitent une église pour la deuxième fois, les personnes qui souffrent des épreuves suivantes: divorce, chômage, problèmes financiers, problèmes conjugaux ou familiaux, solitude, ressentiment, culpabilité et deuil.

[12] Une célébration pour les personnes évangélisées est, comme une cellule, une porte d’entrée dans la grande communauté des croyants. Elle comprend des chants de louange animés avec des instruments de musique contemporains, un accueil particulièrement soigné, une annonce du kérygme et une invitation à accueillir Jésus dans son cœur. Cette célébration peut être précédée ou suivie d’activités sportives ou sociales. Un suivi est ensuite fait pour inviter les personnes qui se sont présentées à une autre célébration ou une autre activité de l'Église.

[13] Jean 15, 15 : Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître.

[14] Neil Cole décrit le fonctionnement des groupes de croissances dans son livre Une Bible, du café… des disciples aux éditions CLE.

[15] Inviter quelqu’un à accueillir Jésus comme Seigneur et Sauveur c’est lui proposer de faire une prière comme celle-ci : Seigneur Jésus, je comprends que tu m’aimes et tu es venu pour me donner ton pardon et la vie éternelle. Merci d'être mort sur la croix pour prendre sur toi les conséquences de mes fautes et me réconcilier avec Dieu. Je t'ouvre la porte de mon cœur et je te reçois maintenant comme mon Sauveur. Je t’offre ma volonté et je m’abandonne entre tes mains. Entre dans mon cœur, pardonne-moi, guéris-moi et conduis-moi. Amen. La prière est dite lentement, d'abord par l’évangélisateur, qui laisse à la personne qui écoute le temps de la répéter après lui phrase par phrase. Après cette prière, la personne qui vient d'accueillir Jésus comme son Sauveur est invitée à lire la Bible tous les jours, à prier tous les jours, à se joindre à une communauté chrétienne et à témoigner de sa foi par toute sa vie.

[16] Notons qu’un sous-sol d’église n’est pas un lieu conseillé pour les rencontres, car l’ambiance n’est pas toujours des plus chaleureuses et certaines personnes évangélisées ne sont pas encore prêtes à aller à l’église.

[17] Don Giuseppe Macchioni (Don Pigi Perini), Évangéliser en paroisse, l'expérience des cellules paroissiales d'évangélisation, Nouan-le-Fuzelier, Pneumathèque, 1994.

[18] GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l'Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.

Célébrations et croissance de l’Église

Pierre-Alain Giffard © tous droits réservés

Les recherches du Mouvement pour la croissance de l’Église font ressortir qu’un certain style de célébration est un facteur très important pour faire croître une communauté chrétienne. Il y a des façons de célébrer qui permettent à l’Église de mieux rejoindre les personnes qui ne sont pas croyantes ou qui ne cheminent pas en Église. De quel style de célébration s’agit-il? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

La musique et les chants

Les communautés chrétiennes qui se sont développées ces dernières années en Amérique du Nord ont, pour la plupart, adopté un style de musique chrétienne contemporain. Deux exemples de ce style de musique peuvent être écoutés ici :

Tree63 - Blessed Be Your Name

Saddleback Church Worship

Ce style de musique est apprécié par presque toutes les générations et permet de ne pas mettre d’obstacles culturels à l’annonce de l’Évangile.

Donald McGavran, missionnaire et fondateur du Mouvement pour la croissance de l’Église, insiste pour dire que les hommes et les femmes préfèrent devenir chrétiens sans avoir à traverser des barrières culturelles.

Les Églises en croissance utilisent des instruments et des airs de musique contemporains mais cela ne les empêche pas d’avoir des célébrations empreintes de beauté et de profondeur. Ce style de musique apporte aussi beaucoup de vitalité et d’allégresse.

Notons toutefois, qu’il y a aussi des communautés chrétiennes, moins nombreuses, qui se développent avec un style de musique plus traditionnel. C’est le cas de la communauté de Taizé dont les chants sont profonds, méditatifs et facile à apprendre.

L’environnement / l’ambiance

L’environnement dans lequel se déroulent les célébrations est aussi important que la célébration elle-même. L’ambiance devrait être informelle, accueillante, sans jugements, vivante et vibrante. Et pour aider les participants à communier au sacré, une célébration doit être révérencieuse et profonde en évitant toute superficialité et tendance au spectacle.

Il y a aussi la question d’intensité et de rythme. Avec le peu de temps que les gens sont disposés aujourd’hui à accorder à une célébration, avons-nous le souci de bien utiliser le temps qu’ils nous offrent ? Mieux vaut penser en termes de qualité et d’intensité plutôt que de quantité et de longueur.

L’annonce de la Parole (la célébration de la Parole)

Le style de la prédication va souvent déterminer s’il y aura de la croissance ou non explique le pasteur Yonggi Cho[1].

Pour contribuer à la croissance de l’Église, l’annonce de la Parole doit être inspirée et permettre aux auditeurs de trouver, par l’Évangile, des solutions aux défis et aux difficultés de leur vie quotidienne.Le pasteur Cho estime que l’annonce de la Parole devrait toujours avoir un objectif. Dans ses prédications, il se donne pour objectif d’aider les gens 1) à rencontrer personnellement Jésus-Christ; 2) à mieux servir Dieu et le prochain et; 3) à réussir dans leur vie.

Ce pasteur commence toujours en parlant de la bonté de Dieu et il essaye de construire ses enseignements afin qu’ils répondent aux besoins des auditeurs.

Pour lui, une relation intime avec le Saint-Esprit est un élément primordial. C’est au contact de sa Présence qu’on reçoit, dit-il, l’inspiration et l’onction pour le message dont l’assemblée a besoin : Si je n’ai pas l’onction de l’Esprit, mon message n’engendrera aucun résultat, quel que soit le temps consacré à la préparation du sermon[2].

Dans une optique charismatique, une prédication inspirée déclenche une effusion de l’Esprit-Saint sur les auditeurs. C’est ce que l’on retrouve, à plusieurs reprises, dans les Actes des Apôtres : Pierre parlait encore quand l'Esprit Saint tomba sur tous ceux qui écoutaient la parole (…). Il les entendait en effet parler en langues et magnifier Dieu (Actes 10,44-46, voir aussi Actes 11,15).

La prédication est donc plus une question spirituelle qu’intellectuelle. C’est en effet l’Esprit de Dieu qui permet aux auditeurs de percevoir sa présence et qui dispose à accueillir la foi. L’annonce de la Parole devrait être préparée dans la prière et être soutenu par une équipe d’intercession. En demandant humblement à Dieu l’inspiration et l’effusion de l’Esprit, le prédicateur sera guidé pour savoir quoi dire et quoi enseigner. En effet, seul Dieu connaît les besoins des auditeurs et Lui seul peut toucher leurs cœurs et les conduire au salut!

Conclusion

Il y a un style de musique, de chant, de prédication ainsi qu’un environnement spécifique, qui favorise la croissance de l’Église. Ces différents aspects des célébrations ont une fonction de première annonce qui devraient conduire à rencontrer le Christ et à l’accueillir comme Sauveur et Seigneur (Ap 3, 20).

Une célébration aura avantage à être bien préparée et animée pour être vivante et vibrante. Comme le dit Christian Schwarz[3], les célébrations devraient être édifiantes, donner de la joie, de l’allégresse et une meilleure compréhension de la Parole.

Enfin, dans une célébration, il ne faudrait pas non plus oublier l’accueil, particulièrement celui envers les visiteurs ainsi que la prière pour les malades : Jésus envoya en effet ses disciples prêcher la bonne nouvelle de la conversion, chasser les démons et guérir les malades (Luc 9,2)!


[1] Le pasteur David Yonggi Cho est le fondateur de l'Église pentecôtiste Yoido Full Gospel Church. En 1958, il commença un ministère d’évangélisation dans un quartier très pauvre de Séoul et en l’espace de quarante ans, son Église atteint le nombre de 800.000 fidèles. Cf. Paul Yonggi Cho, Les cellules de maison et la vie de l’Église, p. 145.

[2] Paul Yonggi Cho, Les cellules de maison et la vie de l’Église, p. 120.

[3] Christian Schwartz est le directeur de l’Institut de Recherche pour le développement de l’Église. Il a écrit plusieurs livres sur la théorie et la pratique du développement de l’Église.

L’ACCUEIL ET LA CROISSANCE DE L’ÉGLISE

Par Pierre-Alain Giffard © tous droits réservés

Les recherches du Mouvement pour la croissance de l’Église[1] font ressortir que l'accueil est un des facteurs favorisant le plus la croissance ecclésiale. Pourtant, l'accueil est souvent oublié dans les efforts d'évangélisation. Aussi, les communautés chrétiennes ne savent pas toujours comment s’y prendre pour organiser un service d’accueil. Cet article présente donc plusieurs principes qui permettent de réaliser un accueil qui manifeste réellement l’amour de Dieu et Son désir de salut pour le genre humain.

1er.principe : Viser à faire rencontrer le Christ

Le but de l'accueil, comme la plupart des activités de l'Église, doit être de faire rencontrer le Christ aux visiteurs. Et faire rencontrer le Christ, c’est commencer par accueillir comme il le ferait, en allant au-devant des personnes qui viennent à l’Église pour la première fois.

2e.principe : Voir les visiteurs comme personnellement invités par Dieu

Les visiteurs devraient être vus comme des personnes qui se sont laissés guidé par Dieu jusqu’aux portes de l’Eglise. Ils ont répondu à l'appel de l'Esprit. C'est Dieu lui-même qui les a invités. Ils sont les invités de Dieu.

3e.principe : Considérer les visiteurs comme des « VIP » (personnes très importantes)

Les visiteurs sont des personnes importantes non seulement parce qu’ils ont été invités par l’Esprit lui-même, mais aussi parce que Dieu veut leur salut. Il y a une raison pourquoi Dieu les conduit à l’Église : le Père a jugé bon de leur donner son Fils unique afin qu'en croyant en lui, ils puissent avoir la vie éternelle (Jean 3,16). Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (1Tim 2,4). Mais les personnes qui ne sont pas chrétiennes devraient ressentir, par notre accueil, qu’ils sont importants pour nous avant de comprendre, par la proclamation de l’Évangile, à quel point elles sont importantes pour Dieu.

4e.principe: Faire une bonne première impression…rapidement…

La plupart des visiteurs sauront déjà, au bout de 10 minutes, s’ils reviendront ou non dans l’Église qu’ils visitent. Il n'y a pas beaucoup de temps, ni deux chances de faire une bonne première impression.

5e. principe : Engager une conversation

Il s’agit, dès l’entrée de l’église, de parler aux visiteurs. Le but n’est pas d’entrer dans une grande conversation, mais au moins de leur adresser la parole et d’interagir avec eux. Une recherche de l’Institut pour la croissance de l’Église (Church Growth Institute) montre que l’élément le plus important de l’accueil est la convivialité et la chaleur qui se dégagent de la communauté chrétienne. Un visiteur va juger de la convivialité de l’Église principalement sur le fait que quelqu’un lui ait parlé ou qu’il ait tout simplement été ignoré.

6e.principe : Permettre que des relations se bâtissent

S’il est important d’engager rapidement une conversation avec un visiteur, il est tout aussi crucial de permettre que des relations se bâtissent avec les autres membres de l’Église. L’Institut pour la croissance de l’Église a posé une question à 40,000 chrétiens en 11 ans : qu'est-ce qui a amené votre adhésion à telle ou telle communauté chrétienne? Plus de 75 % des personnes ont répondu: grâce à l’influence d’un ami ou d’un proche. Aider les visiteurs à bâtir des relations avec les membres de l'Église peut se faire, entre autres, à travers des invitations à se joindre à un petit groupe de partage, à une session d'information sur la communauté chrétienne, à une activité sportive, à une sortie communautaire au restaurant, etc. C’est toute la dimension de la communion fraternelle qui est à bâtir avec les nouveaux venus.

7e.principe : Organiser une rencontre pour les visiteurs

Organiser une rencontre d'information sur la communauté chrétienne destinée aux personnes qui viennent pour la première fois, ou depuis peu, à l’église est une excellente façon de « fidéliser » les nouveaux venus. Invités dès leur première visite, et par la suite par courriel/courrier et téléphone, les visiteurs peuvent y découvrir la mission et la vision de la communauté chrétienne, ses services et ses activités. C’est aussi un lieu idéal pour les inviter à accueillir Jésus dans leur cœur[2]. Une étude montre que 85% des visiteurs qui participent à une telle rencontre décident par la suite de se joindre à l’Église.

8e.principe : Effectuer un travail de suivi après la première visite

Un suivi devrait être fait un jour ou deux après la première visite : par téléphone, par courriel, et par courrier. Ainsi, on peut dire aux visiteurs à quel point leur visite fut apprécié et on les réinvite à venir à l’Église, à participer à un petit groupe ou à une rencontre d'information sur l’Église. Pour avoir les coordonnées des visiteurs, il est nécessaire trouver le moyen de leur demander dès leur première visite. Le travail de suivi peut être confié personnellement aux soins d’un responsable de petit groupe.

9e. principe : Bâtir des petits groupes qui répondent aux besoins des visiteurs

Il y a différentes sortes de petits groupes : des groupes d'actions (groupes à caractère caritatif, groupes d'évangélisations), des groupes de prières, des groupes d'études bibliques et théologiques, des groupes de convalescences (AA NA...), etc. Lorsque les visiteurs acceptent d’y participer suite à une invitation personnelle, ils peuvent y créer plus facilement des liens avec d’autres membres de la communauté chrétienne. Les petits groupes sont des portes d’entrées dans la grande communauté et des lieux de communion fraternelle. Quels que soit le type de groupe, les membres doivent bien comprendre leur mission d’inviter de personnes nouvelles et d’accueillir chaleureusement les personnes qui se joignent au groupe.

10e. principe : Organiser l’accueil

L’accueil ne se fera pas tout seul et ne devrait pas reposer sur les seules épaules du pasteur principal. Il s’agit donc de bâtir une équipe avec des bénévoles qui ont le sens de l’hospitalité et qui peuvent être assignés à différents postes: au parking (stationnement), à l’entrée de l’église, à un kiosque d’accueil, comme placiers, etc.

Les enfants ne devraient pas être laissés pour compte dans l’organisation de l’acceuil. Pendant la célébration, les enfants peuvent être invités à part afin de recevoir un enseignement adapté à leur âge. Cet accueil et ces activités spéciales permettent aux parents de mieux participer à la célébration et de constater avec joie qu’une attention particulière est accordée à leurs enfants.

11e.principe : Travailler autant sur l'évangélisation que sur l'accueil

Les efforts d'accueil n'auront de sens que s'il y a d'abord des visiteurs. Les membres de la communauté chrétienne devraient être continuellement encouragés à créer des liens avec les sans-églises[3] et à les inviter à l’Église. L'Église devrait aussi travailler sur sa visibilité et former ses membres à mieux témoigner et annoncer le kérygme. La première annonce et l’accueil forment un binôme complémentaire.

12e. principe : Voir l'accueil comme le début d'un processus d'assimilation

Dans une église, il y a une porte d'entrée, mais il y a aussi des portes de sortie. Il ne faut pas seulement s'occuper des visiteurs, mais aussi des membres de la communauté chrétienne. Faire une bonne première impression c’est bien, mais il est tout aussi important de s’occuper des fidèles afin de les aider à cheminer vers la maturité spirituelle et à s’impliquer dans la mission de bâtir une Église qui engendre des disciples.

13e.principe : Concevoir les célébrations en fonction des visiteurs

Les visiteurs qui ne sont pas croyants ou qui sont indifférents à la foi chrétienne connaissent peu, sinon pas du tout, notre langage théologique. Les célébrations devraient donc utiliser un vocabulaire accessible et les homélies chercher à rejoindre les aspirations spirituelles des personnes éloignées de Dieu : la paix, l’amour, le pardon, le sens de la vie, etc. Les homélies devraient aussi contenir une annonce claire de la Bonne nouvelle et inviter les personnes présentes à un acte de foi pour accueillir Jésus dans leur cœur.

14e. principe : Penser aux aspects matériels de l'accueil

Il y a d'autres aspects de l'accueil à ne pas oublier : l'éclairage, les odeurs, la sécurité, la propreté des lieux (notamment des toilettes) et la signalisation (extérieure et intérieure).

15e.principe : Se donner comme objectif d'avoir un taux de rétention équivalent à au moins 2/10

Les Églises qui ne connaissent pas de croissance ont un taux de rétention des visiteurs de 1/10. Les Églises qui ont un taux de rétention de 2/10, et plus, sont des communautés en croissance.

Conclusion

Pourquoi un visiteur reviendrait-il après une première visite ? Cela dépend en bonne partie de la qualité de l’accueil qu’il aura reçu. Une Église pourrait prêcher le plus beau des messages d’amour et avoir une foi qui déplace des montagnes, si cet amour n’est pas incarné dans un service d’accueil bien organisé, les visiteurs ne reviendront pas pour l’entendre.

L’accueil a plus d’importance qu’on le pense : il est le signe d’une vie spirituelle authentique et d’une foi mature. Pour le monde, et les visiteurs en particulier, il est tout simplement l’expression de la présence de Dieu dans une communauté.


[1] Ce Mouvement, composé d'un ensemble de praticiens et de théologiens appartenant à différentes confessions chrétiennes, étudie les éléments qui favorisent le développement des Églises.

[2]  Accueillir Jésus dans son cœur, c'est simplement faire une prière personnelle au Christ afin qu'il vienne demeurer en soi. C’est lui demander sa miséricorde et le don de la vie éternelle. Une telle prière peut ressembler à ceci : Seigneur Jésus, je comprends que tu m’aimes et que tu es venu pour me donner le pardon et la vie éternelle. Merci d’être mort sur la croix pour me réconcilier avec Dieu. J’admets que je ne vis pas toujours selon ta loi de sainteté et d’amour. Je t’ouvre la porte de mon cœur et je te reçois maintenant comme mon Seigneur et Sauveur. Je désire faire ta volonté et je m’abandonne entre tes mains. Entre dans mon cœur, pardonne-moi, guéris-moi et conduis-moi jusqu’à la vie éternelle. Amen.

[3] Les sans-églises sont des personnes qui ne croient pas en Jésus ou qui ne cheminent pas dans une communauté chrétienne.