mardi 1 janvier 2030

OUTILS POUR LA CROISSANCE DES ÉGLISES

Les articles ci-dessous traitent de l'aspect organisationnel des églises locales dans une optique d'évangélisation et de mission. Ils visent à aider les missionnaires, les pasteurs et les responsables ecclésiaux à s'organiser pour faire croître leurs églises.

TABLE DES MATIÈRES

  1. 35 facteurs qui favorisent la croissance des églises locales
  2. Questionnaire pour discerner la présence ou l’absence des facteurs de croissance
  3. Comment gérer l'église locale pour favoriser sa croissance
  4. Comment planifier la croissance des églises
  5. Comment rédiger un plan de croissance ecclésial
  6. Comment écrire un énoncé de mission pour l'église locale
  7. Excès et dérapages possibles dans la gestion des églises
  8. Leadership et croissance des églises
  9. Recevoir et mettre en oeuvre une vision
  10. Comment vivre la transition vers les petits groupes
  11. Six habitudes d’un leader visionnaire
  12. La source de la croissance: le réveil
  13. Aider les membres de son église à évangéliser de personne à personne
  14. Comment équiper les autres en vue de leur confier des ministères
  15. Équiper les autres pour le ministère : Le modèle de Jésus
  16. Les fondations de la croissance des églises
  17. Erreurs à éviter dans la poursuite de croissance
  18. La croissance des églises par la musique et les chants
  19. Valeurs à promouvoir pour déclencher la croissance
  20. Pour une recherche de croissance saine et équilibrée
  21. Six valeurs organisationelles essentielles pour la croissance
  22. Croissance des églises et maturité spirituelle
  23. La croissance des églises selon Donald McGavran
  24. Pourquoi rechercher la croissance des églises ?
  25. Articles sur la croissance des églises écrits par Rick Warren

AUTRES LIENS

.

mercredi 24 juin 2009

COMMENT RÉDIGER UN PLAN DE CROISSANCE ECCLÉSIALE

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Si vous êtes pasteur ou responsable d'église et que vous souhaitez voir votre communauté chrétienne se développer, la première étape est de bien saisir
les facteurs qui favorisent la croissance des églises. La deuxième étape, tout aussi importante, est de rédiger un plan de croissance ecclésiale.

Un plan de croissance ecclésiale décrit la manière dont les responsables souhaitent lancer et développer le projet de développement. C'est un résumé des actions et des moyens qu'ils comptent mettre en oeuvre pour atteindre la croissance.

Le plan de croissance ecclésiale est rédigé tant pour un usage interne que pour un usage externe. En effet, sa rédaction est l'occasion de mettre ses idées au clair en les formalisant. C'est une aide à la conception et à la définition du projet. Il permet à toute l'équipe de partager la même vision et ainsi de garder le focus sur le but à atteindre. Le plan de croissance ecclésiale permet aussi de communiquer le projet à l’extérieur de la communauté chrétienne afin d'attirer des personnes de talent et de convaincre des bienfaiteurs.

Sa rédaction ne devrait pas être trop longue et et aboutir à un document léger (10 à 20 pages maximum).

Voici les différentes parties d'un plan de croissance ecclésiale:

1. Le sommaire exécutif

2. Les fondements du projet
  • Nature et but du projet
  • Vision
  • Buts
  • Valeurs et croyances
  • Structure juridique Le leadership et les ressources humaines
  • Pasteur et équipe de direction
  • Employés
  • Ressources externes
3. Les activités pastorales et missionnaires

4. L'analyse de l’environnement

5. La stratégie pastorale

6. La gestion des risques

7. Le plan d’action

8. Les prévisions financières

9. Les appendices


1. Le sommaire exécutif

Le sommaire exécutif résume le projet en deux pages maximum, pour les partenaires financiers et partenaires stratégiques. Il devrait être rédigé en dernier, puisqu’il doit faire la synthèse de ce que l’on retrouve dans l’ensemble du document.

  • Nom du projet : _______________________
  • Pasteur : ________________________
  • Équipe de direction: ____________________
  • Adresse: _______________________________
  • Téléphone : ______________________
  • Courriel / Mail :_________________________
  • Activité principale : À titre d'exemple : Évangélisation et formation de disciples
  • But principal : À titre d'exemple : Être une église locale en croissance
  • Points forts : À titre d'exemple... Formation et expérience du pasteur; Qualifications des membres de l’équipe de direction; Connaissance approfondie des facteurs qui engendrent la croissance des églises locales; Appui du responsable local de votre dénomination chrétienne; Etc.
  • Historique du projet
  • Groupe cible
  • Grandes lignes stratégiques (facteurs de succès)
  • Avantages du projet : Avantages par rapport au mode usuel de fonctionnement des églises gérées de façon traditionnelle; mode de fonctionnement qui résulte souvent, dans la société et la culture actuelle, en la décroissance de la communauté chrétienne.
  • Besoins financiers : Expliquer sommairement combien d’argent a été investi jusqu’à date; quelles sont les montants nécessaires présentement, à quoi servira les montants reçus: salaires, location de locaux, achats de matériel, etc.; quelles sont les sources financières.

2. Les fondements du projet
  • Nature et but du projet : À titre d'exemple : Ce projet est de nature missionnaire. Il a pour but 1) de découvrir les facteurs qui favorisent la croissance d'une église; 2) d’appliquer ces principes et; 3) de les enseigner.
  • Vision : À titre d'exemple : Notre vision est d’être une église locale en croissance qui conduit ses membres vers la maturité spirituelle, à savoir: l'acquisition des vertus naturelles et surnaturelles, la pratique de l'évangélisation et des dons spirituels, l'engagement dans des parcours de croissance, l'engagement dans des ministères d'église, etc.
  • Valeurs et croyances : À titre d'exemple : Nous croyons aux valeurs suivantes : Esprit missionnaire – Foi – Amour – Intégrité – Compétence. La promotion de ces valeurs sera partie intégrante d’un processus structuré et continu au sein de l'église afin d’y développer une culture missionnaire et une synergie d’engagement. Parmi les autres valeurs essentielles au projet sont : La recherche sans ambiguïté de croissance ecclésiale et d’efficacité pastorale; la recherche de qualité et d’équilibre.
  • Structure juridique : À compléter

3. Le leadership et les ressources humaines
  • Équipe de direction : Inscrire les noms, titres, compétences, points forts et expériences des personnes faisant partie de l'équipe de direction.
  • Employés : Inscrire les noms, titres, compétences, points forts et expériences des employés.
  • Ressources externes : Inscrire les noms, titres, compétences, points forts et expériences des personnes faisant partie des ressources externes (Conseillés, coachs, comptables, alliances , partenariat, réseau)

4. Les activités pastorales et missionnaires

Pour réaliser sa mission l'église aura à mettre en place certaines activités. Nous en décrivons ci-dessous quelques unes à titre d'exemple.
  • Activités de renouvellement et de croissance spirituelles des membres (prières, adoration, confessions, parcours bibliques, louange, intercession, etc.)
  • Formation en évangélisation
  • Activités d’évangélisation
  • Célébrations pour personnes en recherche
  • Activité de fraternisation
  • Accueil et suivi (assimilation) des nouveaux
  • Parrainage
  • Activité de découverte des aspirations et des besoins du milieu
  • Parcours en vue de former des disciples
  • Rencontres en petits groupes (églises domestiques/églises de maison)
  • Recherche et formation continue des responsables sur le sujet de la croissance des églises
  • Activités de compassion ad extra (besoins externes à la communauté)
  • Activités de compassion ad intra (besoins internes à la communauté)
  • Discernement des dons des membres pour les impliquer dans des ministères laïcs
  • Formation de responsables laïcs
  • Activités pour connaître les besoins et les aspirations du milieu (interne et externe)
  • Réalisation d’un site Internet de qualité
  • Planification
  • Activités d'évaluation et d'amélioration continue
  • Formation d’autres responsables ecclésiaux intéressés par le sujet de la croissance des églises.

5. L'analyse de l’environnement


À remplir selon l'environnement spécifique de l'église locale.


6. La stratégie pastorale


Exemples:
  • Gérer les activités par objectifs mesurables.
  • Choisir et concevoir les activités de l'église en fonction de l’énoncé de mission.
  • Former tous les membres de l'église à l’évangélisation.
  • Élaborer des parcours menant les membres à la maturité spirituelle et à l’engagement dans des activités de l'église.
  • Créer des ministères laïcs qui répondent aux besoins socio-spirituels du milieu.
  • Approfondir la connaissance du milieu pour adapter les services de l'église aux besoins et aux aspirations des sans-églises qui s'y trouvent.
  • Concentrer ses efforts sur le/les groupe(s) le(s) plus réceptif(s).
  • Créer une structure de petits groupes aptes à former des disciples.
  • Utiliser le vocabulaire compris par les sans-églises.
  • Adapter le style de musique des célébrations aux aspirations culturelle du groupe cible.
  • Entretenir, au sein de l'église, la conviction que Dieu veut la croissance visible de son église.
  • Former des responsables laïcs pour leur confier la responsabilité de certains ministères laïcs.
  • Recherche la qualité et l’excellence dans les activités de l'église.
  • Encourager la créativité et les idées nouvelles pour multiplier les initiatives missionnaires laïques.
  • Offrir continuellement des activités de renouveau spirituel pour les membres.
  • Mettre en place un processus régulier d’évaluation des activités afin de permettre l’amélioration continue.

7. La gestion des risques

Cette partie démontre que l’on connaît bien les risques pastoraux associés au projet, et que l’on sait comment y répondre.

Exemple :

  • Pour réaliser le développement de l'église, la recherche consciente de la croissance fait partie des orientations pastorale. Mais certains problèmes pourraient surgir si trop d’importance est accordée à la poursuite d’efficacité. En effet, les membres de l’église peuvent progressivement être considérés par les responsables, non plus comme des personnes, mais comme des outils au service de la croissance. Les responsables peuvent en arriver à se servir des personnes pour réaliser leurs objectifs. Pour éviter ce problème, la recherche de croissance tournera autour de deux pôles: l'équilibre et la santé.
  • La recherche de croissance sera saine en demeurant au service des membres et elle sera équilibrée si toutes les différentes fonctions de l’église sont développées : évangélisation, mais aussi célébration, fraternité, charité, formation des membres et des responsables et développement des ministères laïcs.
  • La recherche de santé et d’équilibre permet entre autres : 1) À ce que les membres de la direction et les autres responsables de l’église ne méprisent pas leur vie familiale ou leur santé au nom du développement de l'église; 2) À ce que les différentes fonctions de l'église soient développées de façon égale; 3) À ce que la formation des disciples amène les membres de l'église à la santé intégrale (spirituelle, psychologique et physique) et à l'épanouissement des membres.
  • Autres risques associés au projet : 1) Copier sans discernement et sans adaptation des modèles de croissance trouvés ailleurs; 2) S’enfermer dans son propre modèle; 3) Ne plus permettre de changements une fois que son propre modèle connaît un certain succès.
  • Pour palier à ces risques les dirigeants auront à faire preuve de discernement et de souplesse et demeurer ouverts aux inspirations de l'Esprit ...qui fait toutes choses nouvelles (Ap 21,5).

8. Le plan d’action
  • Planifier les principales activités opérationnelles de l'église dans le temps.
  • Décrire l’emplacement choisi pour l'église. Inclure une carte ou un dessin si c’est approprié. Justifier ce choix. Expliquer les améliorations qui devront être apportées au local pour le rendre opérationnel et fournir, si disponible, un plan d’aménagement de ce local de même qu’un échéancier des étapes de réalisation de l’aménagement. Inclure les preuves que cet emplacement, ainsi que les édifices, sont conformes aux lois municipales, lois sur la santé, sur la sécurité, etc.
  • Il est important de bien penser aux risques liés à la gestion en démarrant le projet: Identifiez les risques potentiels (date limite non rencontrée, difficultés de financement, dépenses plus grandes que prévues, bris des véhicules, problèmes d’ordinateur, difficultés pour augmenter les ventes, etc.) et donner des solutions possibles pour éviter ces problèmes.

9. Les prévisions financières


Cette dernière section joint tous les aspects du projet et permet de le traduire en terme monétaire. Elle évalue son coût sur deux ou trois ans et en suggère le mode de financement. L'aide d'un comptable sera une aide précieuse sinon indispensable.

  • Coûts requis au démarrage: Qu’y a-t-il à acheter, à rénover, à débourser entre maintenant et la date du départ du projet? Établir la liste de tous les frais de démarrage en détaillant chacun des postes suivants : Terrain; Bâtisse; Matériel roulant; Équipements; Mobilier; Améliorations locatives (rénovations); Brevet; Frais d’incorporation; Fonds de roulement; Etc.
  • Bilan d’ouverture
  • Budget de caisse – prédiction budgétaire
  • États financiers prévisionnels
  • Coûts et financement du projet et de ses différentes activités au démarrage

10. Appendices

jeudi 18 juin 2009

Comment gérer l'église locale pour favoriser sa croissance

Auteur: Pierre-Alain Giffard


Donald McGavran, le fondateur du Mouvement pour la croissance des églises, estime que les pasteurs et les responsables d'église ne devraient pas hésiter à utiliser les sciences du management pour accomplir la mission de l’Église : Il est temps de se concentrer sur l’essentiel de la mission chrétienne et d’utiliser efficacement les sciences du management pour atteindre ce divin but [1].

Des pasteurs comme Rick Warren, Bill Hybels ou David Yonggi Cho, qui dirigent des églises en forte croissance numérique, abordent de fait la mission sous l'angle d'une poursuite de développement organisationnel. Une bonne partie des stratégies pastorales qu'ils utilisent sont des principes de développement des organisations; que ce soit la vision, la connaissance du milieu et la réponse à ses besoins, le style de leadership, la délégation et la formation des responsables, la direction par objectifs, la structure de l’organisation.

Taïeb Hafsi, professeur titulaire à l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal, me dit après avoir lu le livre du pasteur Rick Warren L'Église: Une passion, une vision (The Purpose Driven Church) « C’est un livre de gestion ! ». Les paragraphes qui suivent présentent plusieurs des principes de management utilisé dans ces églises pour favoriser la croissance.

1. Gérer par objectifs

La gestion par objectifs, comme son nom l'indique, est une méthode de management qui s'appuie sur des objectifs clairement définis et sur l’évaluation des résultats. Le but peut être considéré comme la raison d'être d'une organisation car le processus de gestion implique une prise de décision qui sélectionne des options et évalue les résultats en fonction de buts définis. C'est l'un des préceptes les plus fondamentaux du management classique et moderne, car sans des objectifs clairs, précis et connus, il est impossible de gérer[2].

Se fixer des objectifs mesurables permet de concentrer ses efforts et de rester « collé » à l’essentiel de la mission d'une organisation. La gestion par objectifs que l’on trouve dans une bon nombre d'églises en croissance est l'un des tout premiers principes établis par les auteurs en gestion : Pour gérer, il faut avoir un but[3].

Le grand spécialiste du management, Peter Drucker, explique qu’une organisation obtiendra des résultats si ses responsables dirigent en fonction d’objectifs. Diriger c’est entreprendre, créer, innover en fonction de ces objectifs ; ce n’est pas simplement administrer ou gérer passivement une affaire[4].

Afin de clarifier ses buts et ses objectifs, le pasteur Rick Warren a mis par écrit un énoncé de mission dans lequel il définit la mission de son église en termes de buts. L’énoncé de mission présente d’une manière claire et concise l’identité, la raison d'être, la vision, la mission, les buts, les objectifs et parfois les stratégies de l’organisation. Chaque organisation, grande ou petite, peut ainsi se diriger, motiver ses forces dans une direction précise.

2. Planifier

La planification est la définition d'objectifs dans le temps en précisant les moyens, la durée et les coûts pour les atteindre. La planification cible certaines personnes que l’on souhaite rejoindre (groupe cible), définit les principaux services et activités à offrir, délimite un domaine géographique, identifie les technologies nécessaires, classe par ordre de priorité les valeurs ou les objectifs, et donne un aperçu de la philosophie que l’on souhaite vivre dans l’organisation.

D’après McGavran, la croissance des églises a rarement lieu sans qu’elle soit planifiée. Et comme la planification demande des ajustements continuels, elle est liée à la connaissance du milieu. Il existe en gestion un modèle appelé SWOT (Strengths-Weaknesses-Opportunities-Threats) qui aide les dirigeants à élaborer leur planification en fonction des forces et des faiblesse de leur environnement interne et externe.

L'utilisation du modèle SWOT s’illustre particulièrement dans l’expérience du pasteur Rick Warren. Le choix de ses objectifs et la planification qu’il a élaborée tiennent compte de son environnement. Au début de son ministère, il a eu le souci de bien connaître le milieu dans lequel il est implanté en faisant un sondage pour connaître les besoins des sans-églises (les personnes qui ne sont pas intégrées à une église particulière) qui s'y trouvaient.

Les résultats de ce sondage lui ont permis d'élaborer sa stratégie pastorale et d'attirer à son église des personnes qui ne fréquentaient aucune autre communauté chrétienne. Cette démarche de planification a été systématique parce qu’il souhaitait s’organiser de manière à faire de son église une réponse aux attentes de son milieu. Toutefois, il est resté souple dans l’application de son plan afin de s’ajuster au fur et à mesure. C’est ce qu’on appelle, en gestion, un modèle de stratégie incrémentale.

3. Adapter sa structure organisationnelle

Les empires industriels américains doivent leur développement spectaculaire aux vertus de structures de type décentralisé. L’apparition de ces structures a été possible grâce à l'initiative des dirigeants et de leur habileté à s'adapter à un monde en changement.

Les sciences de la gestion démontrent qu’un excès de centralisation peut aboutir à une dysfonction bureaucratique. Une organisation devenue rigide par une bureaucratie d’arrière-garde tend à résister à toute transformation empêchant ainsi l’adaptation des structures à l’environnement. Cette résistance bloque la croissance et l’efficacité organisationnelle.

Le pasteur David Yonggi Cho explique qu'une des raisons principales du développement époustouflant de son église est l'adoption d'une structure de type décentralisé. Il l'appelle cette structure "cellules de maison": J’ai expliqué précédemment que la croissance de notre Église est basée sur les buts fixés et sur l’implantation de cellules de maison[5]. Donald McGavran estime que ce type de structure permet aux églises locales de se développer considérablement.

La structure "traditionnelle" des églises locales a tendance à consigner les membres non-ordonnés aux bancs d’église afin qu’ils assistent aux cultes. Une structure de cellules ou de groupes de maison propose une meilleure alternative. Elle permet, non seulement de mieux incarner la réalité de l’Église-communion, mais aussi l’engagement de l’ensemble des membres de la communauté chrétienne dans la mission.

4. Adopter un certain style de leadership et déléguer

Le pasteur David Yonggi Cho estime que la place du leader est essentielle pour permettre la croissance de l'église locale. C’est de lui, explique-t-il, que doit provenir la vision et c’est à lui de la communiquer à l’ensemble de la communauté. C’est aussi lui qui fixe les objectifs, planifie, organise, prévoit un budget. Il motive les membres et les récompense.

D'après les sciences du management, les dirigeants ont en effet à définir la mission de base de l’organisation, à sortir des habitudes, de la routine pour reformuler la vision, et ajuster les relations humaines et les activités pour mieux accomplir cette mission. Exercer un leadership signifie faire réaliser des choses et être l'agent du changement.

Les dirigeants n'ont pas à raisonner pas en termes de « pouvoir sur » mais de « pouvoir avec ». Le pouvoir est partagé plutôt qu’imposé, d’où l’émergence d’un facteur clé en gestion: la délégation. C’est ce que l’on constate dans la plupart des églises en croissance. Le rôle du responsable de la communauté chrétienne est certes central, mais l'efficacité du pasteur ne repose pas seulement sur sa personnalité ni sur ses dons, il délègue.

La délégation est intimement liée à la décentralisation l'organisation afin de permettre le partage du pouvoir. Une volonté de délégation sans l'adoption d'une structure décentralisée ne servirait pas à grand-chose. Délégation et structures décentralisées vont de pair. Moïse a lui-même appris, à cause de sa surcharge de travail, à déléguer ses tâches : ... Jéthro vit que c’était trop pour Moïse et il lui montra comment déléguer son autorité afin qu’il ne s’épuise plus à essayer de satisfaire les besoins de tous les gens dont il avait la charge[6].

5. S’inspirer des projets d’entreprise

Pour faire face à l’incertitude, aux changements et à la nécessité de s’adapter à un monde en transformation, les sciences de la gestion proposent ce que l’on appelle les projets d'entreprise. Ceux-ci sont une méthode permettant aux organisations de s’ajuster à leur environnement, de définir une vision commune et de mobiliser l’ensemble de leurs membres dans l’accomplissement de cette vision.

Le projet d'entreprise commence par une réflexion sur la mission de l’organisation et une affirmation de son système de valeur : possibilités de développement personnel, responsabilité, implication et motivation des membres, transparence de l'entreprise, qualité, service. Il s'avère crucial dans les structures ayant à faire face à des mutations importantes comme des restructurations, des fusions et des acquisitions, et au sein desquelles les membres éprouvent des difficultés à retrouver leurs marques. Il offre donc une méthode pertinente aux églises locales qui vivent ces mêmes bouleversements et ces mêmes incertitudes.

6. Poursuivre l'excellence

Les pasteurs Rick Warren, Dale Galloway et Claude Houde encouragent les responsables d’église à poursuivre l’excellence : Recherchez l’excellence dans le ministère de haut en bas[7].

La gestion de la qualité est une notion en management qui a pour objectif l'obtention d'une très large mobilisation et implication de toute l’organisation pour parvenir à une qualité supérieure au niveau des services ou des produits offerts. C'est au Japon qu’est né le concept de Qualité Totale. Celui-ci a encouragé la floraison des cercles de qualité ou de groupes de progrès participatifs dans les entreprises. Le contrôle de la qualité est continu, partagé par tous les membres de l’organisation.

L'objectif de la qualité ne s’applique pas uniquement à la réalisation d’un projet, mais aussi aux documents, aux études et à l’équipe elle-même. Elle concerne les différentes fonctions de l’organisation, entre autres la stratégie, les ressources humaines, la structure, la maintenance des ressources matérielles (locaux, moyens de communication, moyens de transport...), la communication interne et externe, la planification, la mesure de la satisfaction des bénéficiaires, les audits internes et les processus d’amélioration continue.

Conclusion

L'existence d'églises locales en très forte croissance numérique désinstalle la conviction que la désaffection des communautés chrétiennes est inévitable. Dans ces églises, les pasteurs donnent la priorité à l’évangélisation et se fixent des objectifs numériques. Ils planifient, communiquent la vision et cherchent à répondre aux attentes de leur milieu. Ils adoptent une structure de petits groupes permettant l'exercice du leadership laïc et l'implication de tous les membres dans ministères. Un bon nombre d'outils de management sont mis en oeuvre pour favoriser la croissance.

Les responsables d'églises qui souhaitent s'engager sur le chemin de la mission et de l'évangélisation auront donc avantage à faire de même et à utiliser les sciences de management pour réaliser la mission de l'Église. Certes, un certain discernement est à appliquer (voir les articles : Excès et dérapages possibles dans la gestion des églises et Pour une recherche de croissance saine et équilibrée), mais les pasteurs ne pourront que bénéficier des outils qu'elles contiennent pour leur ministère.


NOTES

[1] D. McGavran , Understanding Church Growth, Revised edition by C. Peter Wagner, Grand Rapids, Wm. B. Eerdmans Publishing Co., 1980, p. 456 (Notre traduction).

[2] J. DUNCAN, Les grandes idées du management : Des classiques aux modernes, Paris, AFNOR, 1990, p. 101.

[3] J. DUNCAN, Les grandes idées du management : Des classiques aux modernes, Paris, AFNOR, 1990, p. 99.

[4] Cf. P. Drucker, The Practice of Management, Harper and Brothers, New York, 1954, Chapitre 5.

[5] P. Y. CHO, Les cellules de maison et la vie de l’Église, p.83.

[6] Cf. P. Y. CHO, Au-delà des chiffres, p. 42 et cf. Ex 18.

[7] D. GALLOWAY, 20/20Vision, p.107.


mercredi 10 juin 2009

À propos de l'auteur


Pierre-Alain Giffard est docteur en théologie ( Ph.D.). Sa spécialisation est la croissance des églises locales. Après son doctorat, il a continué ses recherches à HEC Montréal. Il y a été ensuite recruté par la Chaire de Management Ethique pour le développement d’un projet sur le leadership intégral intitulé : « The 100 book project ».

  • « Après avoir fondé deux compagnies, une au Canada et une en Chine, mon désir est maintenant de trouver un emploi relié à ce qui est ma vocation principale : Mission, évangélisation, théologie, recherche et enseignement. Si mon profil vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gifpa@yahoo.com »
  • « Pierre-Alain est une personne qui combine des qualités rares. Il a des capacités intellectuelles qui sortent de l’ordinaire et il a une sensibilité éthique et interpersonnelle exceptionnelle. Cela lui donne des avantages en matière d’empathie et d’intuition qui sont précieux à la fois dans les enseignements et dans la conduite des organisations. Il est aussi courageux et déterminé. Il n’a pas peur d’entreprendre des activités nouvelles et différentes. Son voyage en Chine et les multiples projets qu’il y accomplit sont des exemples clairs de cet esprit de découverte qui l’anime. Je crois sincèrement qu’il est l’une des rares personnes que je connais qui peut à la fois bien enseigner et bien agir. C’est une personne à laquelle j’aimerais personnellement être associée et c’est pour cela que je n’ai aucune hésitation à le recommander à votre attention » (Taïeb Hafsi, professeur titulaire, service de l’enseignement du management, HEC Montréal).

mardi 9 juin 2009

Pourquoi rechercher la croissance des églises ?

Auteur : Pierre-Alain Giffard

La croissance de l’église est la volonté de Dieu, c’est ce qu’affirme McGavran, le fondateur du Mouvement pour la croissance des églises. Les chrétiens, comme leur maître, sont envoyés pour chercher et sauver les brebis perdues (Mt 18, 12-14). C’est la fidélité à cette mission qui engendre la croissance.

Certes, rechercher la croissance des églises ne signifie pas simplement multiplier le nombre des personnes sur les bancs d’églises. C’est plutôt chercher à multiplier les personnes qui entrent dans l’espérance du salut (Romains 8,24); c’est chercher à multiplier les personnes et qui se savent aimées de Dieu et qui trouvent le chemin de la paix et de la vie éternelle.

Poursuivre la croissance signifie aussi multiplier les personnes en cheminement vers la maturité spirituelle (Romains 8:29, Éphésiens 4,13; Jean 15,8).

Plus il y aura de personnes en cheminement dans l’église, plus il y en aura qui seront encouragées et formées pour se réconcilier avec les autres, pour préserver la paix et l'unité dans leurs foyers, pour soutenir et à accompagner des personnes en situation de détresse, pour faire découvrir à d’autres l’amour de Dieu et le salut en Jésus-Christ, plus il y aura de personnes qui saisiront le sens ultime de la vie et qui apprendront à tout faire avec amour et pour l'Amour.

La recherche de croissance signifie donc que les responsables mettent en place dans leurs églises un processus de cheminement (par exemple des parcours de formation), permettant de faire croître spirituellement les personnes qui fréquentent l'église.

Quand l’objectif est la croissance numérique et spirituelle de la communauté chrétienne, les pasteurs auront avantage à mesurer les progrès accomplis afin de rendre les activités de l'église plus efficaces.

Certaines questions sont à se poser : Quelles activités engendrent la croissance spirituelle ? Quels sont les signes de maturité spirituelle chez les membres ? Comment amener plus de personnes à intégrer les parcours de formation ?

Le but de l’église est donc quadruple : 1) élaborer des activités qui conduisent les membres vers la maturité spirituelle ; 2) trouver des personnes qui ne connaissent pas Jésus-Christ ou qui ne sont pas en cheminement en église et leur proposer de participer à ces activités; 3) mesurer les progrès accomplis et; 4) améliorer les activités de l’église pour mieux atteindre les trois premiers buts.

La poursuite de croissance n’est donc pas une poursuite « charnelle » mais bien une responsabilité pastorale d’évangélisation et d'accompagnement spirituel.

Les pasteurs ont à définir et à choisir des moyens évangéliques qui permettent d'inviter des personnes à découvrir le Christ et à cheminer en église. Et la maturité spirituelle que l’on cherche à faire atteindre aux membres est à définir en termes mesurables de manière à pouvoir vérifier les progrès accomplis et ajuster les parcours et les activités en conséquence.

lundi 1 juin 2009

La croissance des églises selon Donald McGavran

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Le développement quasi exponentiel des églises locales de Rick Warren, de Bill Hybels ou de David Yonggi Cho pose question : qu’est-ce qui a permis une telle croissance ? Pour répondre à cette question, il est important de se référer à un auteur très connu dans les milieux évangéliques : Donald McGavran. Né de parents missionnaires en Inde, il fit des études de théologie aux États-Unis avant de retourner en Inde en 1923. Il y alla pour travailler comme missionnaire avec l’United Missionary Society et fut tracassé par la lente croissance des églises. Pendant dix-sept ans, il chercha à comprendre pourquoi certaines églises croissent numériquement alors que d’autres connaissent la décroissance. Il observa cent quarante-cinq missions et publia en 1955, les résultats de ses recherches dans un livre intitulé The Bridges of God.

McGavran est presque unanimement considéré, dans le milieu protestant évangélique, comme le fondateur du Mouvement de la croissance des églises. Ce mouvement, comme son nom le suggère, s’intéresse aux facteurs qui favorisent la croissance des communautés chrétiennes. Il est composé d’un ensemble de praticiens et de théologiens qui étudient les éléments qui favorisent le développement numérique des églises. En 1960, McGavran fonda l’Institut pour la croissance des églises[1] qui déménagea ensuite au Fuller Theological Seminary (Californie) en 1965. Doyen de la Fuller School of World Mission[2], il écrit en 1970 Understanding Church Growth, livre essentiel pour comprendre sa pensée. Ce dernier permit au Mouvement pour la croissance des églises d’être mieux connu en Amérique du Nord et aboutit à la fondation de deux autres instituts : l’Institute of American Church Growth fondé par Win Arn en 1973 et The Church Growth Center fondé par Kent R. Hunter en 1977.

Le livre de McGavran, Understanding Church Growth, présente une approche de la mission chrétienne qui serait, d’après l’auteur, indispensable pour faire croître les communautés chrétiennes. McGavran y définit la croissance de l’église comme la multiplication des baptisés[3]. Les raisons de la croissance des églises, dit-il, varient d’une communauté à une autre, mais elles proviennent d’une combinaison de différents facteurs que l’on peut identifier. Il n’y a pas une raison unique pour la croissance[4]; elle est le résultat de bien des facteurs qui peuvent se combiner et se recombiner de multiples façons[5]. Ces facteurs ou ces principes sont universels et peuvent s’appliquer dans n’importe quel continent ou culture[6]. Là où il y a croissance, quels que soient la dénomination et le lieu de l’église, il est possible de découvrir les principes qui la favorisent. On peut donc apprendre des autres églises en croissance, même si elles sont de dénominations différentes[7].

1.1 La croissance numérique et la volonté de Dieu

D’après McGavran, la croissance de l’église est la conséquence de la fidélité des chrétiens à proclamer la Parole et à trouver[8] les « brebis perdues », c’est-à-dire à réconcilier les hommes et les femmes avec Dieu par le Christ[9]. Les communautés chrétiennes ont à chercher à faire entrer les brebis perdues dans le bercail et à les nourrir, c’est-à-dire assurer un suivi[10]. C’est la volonté même de Dieu que les hommes et les femmes soient trouvés et que les multitudes soient réconciliées avec Lui dans l’église[11]. Dieu désire la croissance numérique de son église et que les églises locales se multiplient car on ne peut éviter l’aspect visible de l’église constituée de personnes sauvées. L’extension visible de l’église lui est agréable car elle signifie la multiplication des personnes réconciliées avec lui. Sans fidélité à poursuivre cette mission, la croissance ne serait pas possible[12].

1.2 Donner la priorité à l’évangélisation

Pour qu’il y ait croissance, les églises doivent avoir des responsables convaincus qu’accepter le Seigneur Jésus est la chose la plus importante qu’une personne puisse faire. Ainsi les tâches de l’église locale ne sont pas à regarder avec la même importance, des priorités doivent être fixées. D’après l’auteur, les responsables d’églises qui se donnent comme responsabilité première de promouvoir le service social ou qui s’engagent en priorité dans autre chose que l’évangélisation, par exemple le dialogue avec les autres religions, freinent et même empêchent la croissance de l’église[13]. Le service social ne doit pas remplacer l’action pour retrouver les brebis perdues. Un but irremplaçable et principal de la mission, d’après McGavran, est de rechercher la croissance numérique de l’église, c’est-à-dire la multiplication des personnes sauvées, baptisées et incorporées à la communauté chrétienne. À part certaines exceptions[14], l’action pastorale et missionnaire pour retrouver les brebis perdues et pour faire des disciples doit avoir la priorité sur les autres actions ecclésiales. L’auteur justifie sa vision des priorités en disant que plus les chrétiens seront nombreux, plus il en découlera des améliorations sociales. Moins il y aura de chrétiens, moins l’amélioration des conditions sociales sera possible[15]. Il n’est toutefois pas question d’abandonner l’aspect social de la mission

chrétienne mais de lui donner une priorité moins grande que les activités qui visent à inviter les hommes et les femmes au repentir, à la foi en Jésus-Christ, au baptême et à une vie sous la conduite de l’Esprit[16]. Le salut accordé à ceux qui croient en Jésus-Christ est le besoin suprême de l’être humain et tous les autres biens découlent de cette réconciliation première. Même la qualité de la vie chrétienne, entendue comme témoignage de vie, ne devrait pas être une priorité. Il ne peut y avoir de réelle qualité de vie chrétienne aux yeux de Dieu, explique l’auteur, si l’on ne se préoccupe pas de la multiplication des personnes réconciliées avec lui[17]. L’évangélisation et le salut des âmes sont la mission vitale et première de l’église[18].

1.3 Dissiper une certaine brume théologique

Au niveau sotériologique, le Mouvement pour la croissance des églises et McGavran s’appuient sur les versets bibliques : Il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés (Ac 4:12). Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par lui (Cf. Jn 14:6)[19]. Les hommes et les femmes sont perdus et Dieu, comme dans la parabole de la brebis perdue, se donne comme priorité d’aller à leur recherche (Lc 15:3-7)[20]. L’auteur insiste souvent pour dire que le but de la mission n’est pas seulement de chercher, mais aussi de trouver. Dieu veut que ses brebis perdues, c’est-à-dire tous les êtres humains qui ne sont pas réconciliés avec Lui par le Christ soient trouvées[21]. Être trouvé, c’est être réconciliés avec Dieu par le baptême et intégré à une communauté chrétienne[22]. Il est nécessaire de se donner les moyens d’évaluer une telle mission.

Pour assurer la croissance, les chrétiens doivent dissiper la brume causée par les remises en questions sotériologiques. Les relativisations théologiques, quant aux moyens de salut, sont paralysantes pour la mission. Pour éviter une telle paralysie, les choses doivent être claires[23] : le Christ est la révélation complète et finale de Dieu à l’humanité[24]. Malgré les nombreuses richesses des autres religions[25], il n’y a pas d’autres chemins pour aller à Dieu et les êtres humains ne sont pas sauvés par la sincérité avec laquelle ils suivent la lumière qu’ils ont[26]. Jésus étant le vrai Sauveur, persuader les hommes et les femmes à l’accepter et à le suivre ne doit pas être considéré comme du prosélytisme.

McGavran considère que Dieu demande à ses disciples d’agir en priorité pour amener les hommes et les femmes de ce monde dans une relation vivante avec Jésus-Christ. Il définit la mission chrétienne comme suit : une entreprise consacrée à proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et à convaincre les hommes à devenir ses disciples et membres responsables de son église[27].

1.4 Être efficace et se fixer des objectifs numériques

Le but de l’église est de trouver les hommes et les femmes perdus en les réconciliant avec Dieu pour qu’ils soient sauvés. Dans cette perspective la tâche prioritaire de l’église est de concevoir des actions efficaces qui permettent d’amener les hommes et les femmes à concrètement faire une profession de foi[28]. Le but n’est donc pas seulement de proclamer la Bonne Nouvelle. La proclamation est seulement un moyen, la fin de la mission est la réconciliation des êtres humains avec Dieu. Il ne faut pas confondre la fin et les moyens[29]. Il ne s’agit pas seulement de semer la Parole mais aussi de chercher à récolter le fruit de l’apostolat en étant efficace et attentif aux résultats[30]. Les pasteurs ont à évaluer leurs méthodes d’évangélisation pour voir si elles produisent des nouveaux chrétiens impliqués dans l’église locale[31]. Les pasteurs s’aident en se servant de courbes de croissance[32] et en utilisant les sciences de la gestion pour atteindre leur fin[33].

Pour être efficace, il faut se fixer des objectifs numériques. Rien ne permet de mieux concentrer ses efforts que de se fixer des objectifs mesurables. Ainsi on reste « collé » à l’essentiel de la mission chrétienne qui est de faire des disciples et d’accroître le nombre des personnes qui suivent le Christ. Se fixer des buts pour accroître les membres de l’église, c’est fixer, dans la foi, le nombre de convertis que l’on pense pouvoir « gagner » et tracer des courbes pour observer les résultats. Pour insister sur l’importance des objectifs numériques, l’auteur cite Peter Wagner, un autre théologien du Mouvement pour la croissance des églises, qui explique qu’une stratégie d’évangélisation ne peut être planifiée ou évaluée efficacement sans objectifs mesurables. Certes, il n’y a pas d’indication dans la Bible que les apôtres se soient fixés des objectifs numériques, mais là où cela a été fait les églises ont, pour la plupart, connu la croissance. Il faut donc compter les membres de l’église, dit McGavran, se fixer des objectifs pour arriver à accroître leur nombre et allouer les ressources financières nécessaires afin de rejoindre ces objectifs. Concrètement il y a trois étapes pour se fixer des objectifs numériques: 1- Convaincre sa communauté de la nécessité de se fixer des objectifs numériques. 2- Faire un graphique de la croissance. 3- Faire des projections, dans la foi, de la croissance que Dieu veut accorder[34].

1.5 Savoir planifier

La croissance d’une église aurait rarement eu lieu sans qu’elle ait été planifiée. Au début de l’église, Paul et Barnabas, se sont jetés à corps perdus dans un programme audacieux pour implanter des églises. Mais l’implantation, explique l’auteur, n’est qu’une partie de la mission, il faut aussi enseigner aux baptisés tout ce que Jésus a confié à ses apôtres. On doit rejeter l’idée de ne plus vouloir implanter d’églises en cherchant simplement à créer une société plus juste composée de personnes de bonne volonté. Elle doit planifier et implanter des églises adaptées à la population et ne pas attendre que tout aille bien chez soi avant de se lancer[35].

Pour croître, il est nécessaire de faire de l’évangélisation une priorité et d’y faire participer le plus de membres possible. La mission de proclamer le Christ, de persuader les êtres humains à être ses disciples pour qu’ils deviennent des membres responsables de son église, est confiée à tous les chrétiens. Il est donc du devoir de tous de témoigner de leur foi. Les chrétiens ne peuvent être remplacés dans leur rôle d’amener d’autres personnes dans une relation personnelle avec Jésus-Christ[36]. Il faut les aider à réaliser leur mission en leur donnant une formation qui les instruit sur les méthodes d’évangélisation. Il faut les inviter à faire des dons généreux et des prières ferventes pour la cause de l’évangélisation. Pour la planification, une bonne connaissance du milieu sera utile car elle permet de mieux communiquer la Bonne Nouvelle et d’ajuster ses plans au fur et à mesure. Toute adaptation de la stratégie doit se faire en vue de favoriser l’implantation[37] des églises[38].

1.6 Favoriser le renouveau spirituel

Le renouveau appelé revival dans les milieux protestants a souvent été, d’après McGavran, une source de croissance numérique. Le renouveau est un mouvement de l’Esprit qui amène une vie nouvelle à la communauté chrétienne. Il peut se manifester et se répandre tant dans le cœur d’un seul croyant, d’une assemblée et d’une ville que dans un continent et le monde entier. Bien que ses manifestations extérieures chez une personne puissent être de l’ordre des tremblements, de pleurs, de prières émotives et des sentiments de joie et de paix, le phénomène ne serait pas une affaire superficielle; il aboutit à une vie plus sainte et un renforcement de la vie spirituelle. Il est accordé par Dieu à ceux qui, conscients de leur impuissance, prient intensément pour le recevoir. Il est en général précédé de plusieurs années de lecture attentive de la Bible. La confession des péchés et la réparation en sont parfois les éléments déclencheurs, parfois le résultat.

Le renouveau est une effusion de l’Esprit qui amène ceux qui l’ont reçue, à faire du salut de leurs frères et sœurs un but essentiel de leur vie. Une inquiétude divine les anime, ils désirent intensément voir leurs proches goûter la puissance rédemptrice de l’Évangile. L’énergie et la ferveur résultant de cette effusion de l’Esprit permet à ceux et celles qui le reçoivent de témoigner efficacement du Christ. Il en résulte la multiplication des convertis et la croissance de l’église[39].

1.7 Discerner les personnes réceptives

Les chrétiens doivent chercher à témoigner de l’Évangile aux populations réceptives et « gagner » les personnes qui peuvent êtres gagnées au Christ. Si un groupe refuse, alors un autre doit être persuadé[40]. Les chrétiens ont à aller là où l’humanité répond à l’appel à la conversion.

La réceptivité des personnes et des sociétés varie et celle-ci peut changer de manière surprenante avec le temps[41]. C’est Dieu qui donne, à un certain moment, de bonnes dispositions pour être réceptif et accueillir le salut[42]. La bonne stratégie d’évangélisation consiste donc à découvrir les personnes ou les groupes les plus réceptifs de son milieu. Il s’agit de commencer à prier pour que Dieu nous conduise vers ces personnes. Celles qui viennent pour la première fois à un culte par exemple, font partie de ces personnes réceptives ainsi que celles qui vivent une période de transition. On doit élaborer des stratégies pour les rejoindre et créer des activités d’église (ministries) qui rejoignent leurs besoins[43].

L’évangélisation, pour être efficace, devrait inviter les membres de l’église à témoigner auprès des personnes de leur entourage direct. Il est démontré que la majorité des personnes qui viennent ou reviennent à l’église, l’ont fait après avoir été invitées par un ami ou un proche. Par ailleurs, les hommes et les femmes préfèrent devenir chrétiens sans traverser des barrières de race, de langue ou de classe[44]. Ils aiment faire partie d’une église dont les membres leur ressemblent et parlent et agissent comme eux. Il est d’ailleurs plus facile pour les chrétiens de témoigner de leur foi auprès de personnes du même milieu socioculturel. Les « planteurs d’églises » qui utilisent ces méthodes permettant d’amener des personnes à accepter le Christ comme leur Sauveur et leur Seigneur sans traverser des barrières culturelles et sociales seraient plus efficaces que les autres; leurs églises sont bénies de croissance[45].

Pour augmenter l’efficacité de l’évangélisation, il faut non seulement former les chrétiens avec la Bible et les inviter à garder des contacts avec des non-chrétiens mais aussi, à la lumière du principe que l’auteur appelle principe d’homogénéité, les encourager à témoigner spécifiquement auprès de leur propre groupe socioculturels[46]. Le monde est composé d’une mosaïque de différents groupes socioculturels homogènes; le témoignage des chrétiens devrait avoir lieu dans chacun de ces groupes et la multiplication des cellules chrétiennes être favorisée dans toutes ces parties qui constituent l’humanité[47]. L’auteur termine en disant que ce principe d’homogénéité peut perdre de son importance dans des sociétés multiculturelles où il y a déjà une certaine intégration[48].

1.8 Synthèse de différents principes

McGavran a essayé de faire une synthèse des différents facteurs qui seraient source de croissance pour les églises locales. Les voici :

1. Des clercs ou laïcs ont commencé par consacrer leur vie à implanter des églises[49].

2. Les dirigeants des églises ne se sont pas laissés envahir par des tâches administratives de maintenance ou par un travail qui ne serait pas productif en termes de croissance numérique et directement reliés à l’implantation des églises. Ils ont su donner la priorité à l’évangélisation[50].

3. Des mois de prières d’intercession avaient précédé l’action; prières pour que les églises se multiplient et que des hommes et des femmes soient « gagnés » au Christ[51].

4. Une structure de petits groupes de maison a été mise sur pied. Celle-ci aide la communauté chrétienne à grandir et évite de construire des bâtisses coûteuses[52].

5. Tous les chrétiens étaient invités à transmettre leur foi[53] en témoignant auprès de leurs proches particulièrement leurs amis et les membres de leurs familles[54]. Chaque membre de la communauté chrétienne a choisi des individus qui lui semblaient réceptifs, « gagnables » au Christ. Ils ont prié pour eux d’une manière spéciale tout en leur parlant de la Bonne Nouvelle[55]. Cette évangélisation est appelée en anglais befriending[56]. L’Évangile était proclamé à des personnes réceptives au message de la Bonne Nouvelle[57] et issues du même tissu social[58]. On a aussi fait des efforts pour jeter des ponts et créé de nouveaux liens sans se limiter au réseau des personnes les plus proches[59].

6. Une planification a été faite pour créer et multiplier des églises qui soient adaptées à la population[60] c’est-à-dire le plus culturellement proches possible des personnes par la langue, la race, les habitudes de vie, etc.[61] et dont les services et les liturgies étaient adaptés aux intérêts et aux besoins des personnes nouvelles[62].

7. Ce sont les personnes converties issues du tissu social local qui ont été choisies comme responsables dans l’église[63].

1.9 Conclusion : Travailler pour implanter des églises

Pour McGavran, le but premier de la mission chrétienne n’est donc ni la fraternité, ni le dialogue avec les autres religions, ni la recherche d’une société plus juste; il est de réconcilier l’humanité avec Dieu par le Christ. Les chrétiens doivent travailler à l’implantation d’églises, se fixer des objectifs numériques et ne pas être mal à l’aise de la visibilité et des chiffres. L’évangélisation sera plus efficace auprès des sociétés et des groupes réceptifs au message de salut. Dieu demande à son église de faire des disciples. Obéir à ce commandement est le but suprême de l’église. Cette prescription devrait être comme un compas ou une boussole qui guide toute la mission, aide à fixer les priorités communautaires et à coordonner les activités[64].

La pensée de McGavran, sa conception des priorités dans la mission, son pragmatisme, l’importance qu’elle donne aux objectifs numériques, son « principe d’homogénéité », son insistance sur l’implication active des chrétiens dans l'église locale fut la source d’une révolution majeure dans les milieux protestants américains.


[1] Celui-ci se trouvait sur le campus de l'Université Northwest Christian College en Orégon.

[2] Cf. K. Wellum, An Evaluation of the Church Growth Movement, http://www.xcelco.on.ca/~sgcc/cgm.htm, 12 janvier 2000.

[3] Cf. D. McGavran , Understanding Church Growth, Revised edition by C. Peter Wagner, Grand Rapids, Wm. B. Eerdmans Publishing Co., 1980, p. 147.

[4] Cf. ibid., p. 161.

[5] Cf. ibid., p. 8.

[6] Cf. ibid., p. 165.

[7] Cf. ibid., p.184.

[8] Le terme trouver est choisi de préférence à chercher. L’auteur en fait un point essentiel de son approche théologique de la mission. Dieu est un Dieu qui trouve, il ne fait pas que chercher (p. 24).

[9] Cf. D. McGAVRAN , op. cit., p. 5 et p. 24.

[10] Cf. ibid., p. 5-6.

[11] Cf. ibid., p. 38.

[12] Cf. ibid., pp. 5-7.

[13] Cf. ibid., pp. 18-24.

[14] L’auteur précise bien que dans les conditions où les besoins essentiels des personnes ne sont pas rejoints le principe de la priorité à l’évangélisation ne tient plus.

[15] Cf. D. McGAVRAN , op. cit., pp. 24-26.

[16] Cf. ibid., p. 26.

[17] Cf. ibid., pp. 43-44.

[18] Cf. ibid., p. 53.

[19] Cf. ibid., p. 7.

[20] Cf. ibid., p. 24.

[21] Cf. ibid., p. 5.

[22] Cf. ibid., p. 24.

[23] Cf. ibid., p. 88 et p. 92.

[24] Cf. ibid., p. 27.

[25] Cf. ibid., p. 35.

[26] Cf. ibid., p. 28.

[27] Ibid., p. 26 (notre traduction).

[28] Cf. ibid., p. 36.

[29] Cf. ibid., p. 53.

[30] Cf. ibid., p. 27 et p. 265.

[31] Cf. ibid., p. 422.

[32] Cf. ibid., p. 110.

[33] Cf. ibid., p. 456.

[34] Cf. ibid., pp. 413-428.

[35] Cf. ibid., pp. 437-443

[36] Cf. ibid., p. 53.

[37] Le terme plantation est souvent employé par McGavran. Nous y reviendrons plus tard dans la thèse pour réfléchir sur sa pertinence.

[38] Cf. D. McGAVRAN , op. cit., pp. 443-450.

[39] Cf. ibid., pp. 186-195.

[40] Ibid., p. 39 (notre traduction)

[41] Cf. ibid., p. 246.

[42] Cf. ibid., p. 201.

[43] Cf. ibid., p. 259-262.

[44] Ibid., p. 223 (notre traduction).

[45] Cf. ibid., pp. 227-229.

[46] Cf. ibid., p. 202.

[47] Cf. ibid., p. 75.

[48] Cf. ibid., p. 244.

[49] Cf. ibid., p. 162.

[50] Cf. ibid., p. 163.

[51] Cf. ibid., p. 162.

[52] Cf. ibid., p. 217 et p. 322.

[53] Cf. ibid., pp. 329-330.

[54] Cf. ibid., p. 395.

[55] Cf. ibid., p. 410.

[56] Cette approche d’évangélisation invite les chrétiens d’une communauté donnée à jeter des ponts avec les personnes qu’ils fréquentent habituellement. On les encourage à créer des liens avec des personnes non-chrétiennes ou non-célébrantes. À travers ces liens d’amité et de service, des occasions se présentent pour échanger de manière naturelle sur des questions concernant la foi, l’église et le personnage de Jésus. Cf. D. McGAVRAN , op. cit., p. 398.

[57] Cf. D. McGAVRAN , op. cit., p. 162 et pp. 324-326.

[58] Cf. ibid., p. 406.

[59] Cf. ibid., p. 411.

[60] Cf. ibid., p. 163.

[61] Cf. ibid., p. 326 et p. 377.

[62] Cf. ibid., p. 401.

[63] Cf. ibid., p. 163.

[64] Cf. ibid., pp. 28-43.

vendredi 15 mai 2009

Croissance des églises et maturité spirituelle

Par Pierre-Alain Giffard

Plusieurs des églises évangéliques ont connu ces dernières années une croissance remarquable reconnaissent aujourd’hui la nécessité de faire mieux pour conduire les chrétiens vers la maturité spirituelle. Le schéma ci-dessous présente cinq éléments à développer dans une église locale pour faire cheminer les chrétiens vers une plus grande maturité spirituelle.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Amour de Dieu : Le premier but à poursuivre pour croître spirituellement est celle d’acquérir une discipline personnelle qui favorisera la recherche de Dieu (1Chro 16,11; Ps 27,8) et l’union à Dieu (Jn 17,21; Rom 6,23). La seule chose que Dieu souhaite vraiment de nous est l’amour : amour reçu, amour donné. Jésus a soif de notre salut et de notre amour. Il nous souhaite remplis de l’Esprit afin de le connaître et d’avoir la joie de l’aimer en retour.

Charité / Paix / Unité : Un deuxième but à poursuivre est d’aider les membres à devenir des instruments de paix, de charité et d’unité dans leur milieu: Recherchez la paix avec tous, et la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur (Héb 12,14). Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment (1Cor 1,10). Tout autant que la paix, la charité envers les personnes dans le besoins est déterminante pour notre salut (Mat 25,31- 46). L’unité, l’amour et la paix dans les mariages, dans les familles et dans l’église sont des buts à faire poursuivre par les chrétiens car ils sont des signes de maturité spirituelle et manifestent la victoire du Christ dans ce monde.

Exercice des charismes : Le processus de maturité spirituelle devrait amener progressivement le chrétien à se décentrer de lui-même pour se préoccuper des autres et du bien commun. C’est dans ce but que Dieu donne à chacun des manifestations de l’Esprit : À chacun, la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun (1 Co 13). Aspirez aussi aux dons spirituels, surtout à celui de prophétie (1Cor 14,1) explique l’Apôtre Paul. Paul. L’exercice des charismes fait partie du la vie spirituelle et édifie le Corps du Christ (1Cor 14,5).

Implication dans un ministère : Le Christ nous invite à porter du fruit. Et cela est plus facile et plus efficace à travers une structure ecclésiale. Prendre la responsabilité d’un ministère ou en faire partie, est dans certaines églises locales la dernière étape d’un processus de cheminement spirituel. Être impliqué dans un ministère n’est pas le signe ultime de maturité spirituelle mais il démontre un esprit de générosité et de consécration envers la mission de Dieu.

Pratique des vertus : La pratique constante de vertus humaines est un des signes les plus évidents de maturité spirituelle. Acquises par l’éducation, par des actes délibérés et par une persévérance toujours reprise dans l’effort, les vertus humaines sont purifiées et élevées par la grâce divine. Avec l’aide de Dieu, elles forgent le caractère et donnent naissance dans la pratique du bien (Cf. www.fr.wikikto.eu).

La maturité est un processus de transformation progressive qui demande à ceux qui s’y engagent de se laisser enseigner et de mettre en pratique ce qu’ils apprennent. Pour conduire les chrétiens vers une plus grande maturité spirituelle les responsables d’église auront donc à élaborer des activités qui permettent aux membres de la communauté d’atteinte les buts présentés dans cet article.

vendredi 24 avril 2009

Six valeurs organisationelles essentielles pour la croissance

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Six valeurs organisationnelles devraient accompagner tout projet de croissance ecclésial. Ces valeurs sont représentées dans le schéma ci-dessous :


Cliquer sur l'image pour l'agrandir

  • La recherche d’efficacité : Rechercher l'efficacité c'est chercher à arriver aux buts fixés. D’après Yves St-Arnaud, la poursuite de l’efficacité aide l’être humain à s’actualiser. Rechercher l’efficacité c’est aussi chercher à être plus compétent pour faire croître l’église. C’est laisser l’Esprit Saint prendre plus de place dans la communauté chrétienne car c’est Lui qui, avant tout, donne puissance et fécondité aux activités de l’église.
  • La recherche de santé : Certains problèmes peuvent surgir si l’on accorde trop d’importance à la poursuite d’efficacité. En effet, les membres de l’église peuvent progressivement être considérés, non plus comme des personnes, mais comme des outils au service de la croissance. Il peut s’en suive une atmosphère malsaine, due aux pressions et aux manipulations faites sur les membres. Adopter la valeur de la santé veut dire respecter les membres, tenir compte de leurs autres responsabilités (obligations familiales, académiques, professionnelles, sociales, etc.) et accroître leur satisfaction et leur bien-être dans leur engagement au service de l’église.
  • La recherche d’équilibre : Rechercher seulement l’efficacité au nom de la croissance présente aussi le risque de tronquer l’église d’une ou de plusieurs de ses fonctions essentielles. Par exemple, les activités sociales d’aider les pauvres et les démunis à l’intérieur et à l’extérieur de l’église peuvent êtres mise de côté au profit des activités d’évangélisation. La poursuite d’efficacité devrait donc non seulement être au service des personnes mais aussi être au service du développement intégral de l’église.

La recherche de santé et d’équilibre vise entre autres :

  • À ce que les pasteurs ne méprisent pas leur vie familiale ou leur santé au nom du développement de l'église.
  • À ce que les différentes fonctions de l'église soient développées de façon égale.
  • À ce que la formation des disciplines amène les membres de l'église à la santé intégrale (spirituelle, psychologique et physique).
  • À ce que les membres ne soient pas considérés comme des moyens et utilisés pour développer l’église.
  • La recherche de justice : Pratiquer la justice, c’est être équitable; c’est respecter le droit de chacun; c’est payer un juste salaire à ses employés et leur offrir assurance médicales et pensions de vieillesse. C’est chercher à résoudre les problèmes qui peuvent se présenter de manière à ce que tout le monde gagne. C’est aussi admettre ses fautes et chercher à les réparer. La règle d’or de la justice: traiter les autres comme on voudrait être traité soi-même.
  • La recherche d’intégrité : Être intègre au niveau organisationnel c’est, entre autres, respecter les droits d’auteurs, payer ses impôts et organiser la vérification indépendante des états financiers de l’organisation (audit externe). C’est aussi éviter toute corruption et toutes autres fraudes.
  • La recherche de qualité : Le Père a donné à l’humanité, pour son salut, ce qu'il avait de meilleur, à savoir son Fils. De même, les chrétiens, dans leur désir de plaire à Dieu, devraient faire de leur mieux leurs activités qui contribuent à construire le Royaume de Dieu. Viser la qualité, c’est tout faire avec amour comme si c’était pour Jésus. C’est aussi rechercher la satisfaction des chrétiens vis à vis des activités de l’église (célébrations, garde d’enfants, enseignements, accueil, etc.). Par ailleurs, la recherche de vérité est inséparable de la recherche de qualité.
  • La recherche d’innovation : L’Esprit Saint, qui "fait toutes choses nouvelles" (Ap 21, 5), est la source du renouvellement perpétuel de l’Église. Ce renouvellement devrait s’étendre à toutes les dimensions de l’église (activités, structure, culture, etc). L’innovation est synonyme d’adaptation. En tenant compte du milieu dans lequel elle est implantée (ou sur lequel elle est greffée), l’église locale peut améliorer ses activités afin de mieux rejoindre les sans-églises qui s’y trouvent; elle peut ajuster prédications, célébrations et services aux besoins et à la culture des sans-églises.

jeudi 2 avril 2009

Pour une recherche de croissance saine et équilibrée

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Pour réaliser la croissance d’une église locale la recherche consciente et volontaire de la croissance est essentielle. Mais les pasteurs et les responsables d’églises doivent aussi êtres vigilants afin que cette quête ne devienne pas anti évangélique. Il y a en effet un risque de dérapage car les responsables peuvent en arriver, consciemment ou inconsciemment, et au nom d'une cause noble et sacrée, à se servir non seulement de principes de croissance, ce qui est louable, mais aussi à se servir des personnes pour accomplir leurs buts. Les personnes ne doivent en aucun cas devenir des moyens. Elles sont plutôt la fin de l’action pastorale. La croissance de l’église est au service des personnes, particulièrement de leur salut et de leur croissance dans l’amour. Ce n'est pas les personnes qui sont au service de la croissance.

Quelle est la solution pour éviter un tel dérapage ?

La croissance recherchée devrait tourner autour de deux pôles: l'équilibre et la santé.

- Pour être saine, comme nous l’avons mentionné, la croissance doit demeurer au service des membres. Elle ne doit pas mettre les membres (et les ministères laïcs) à son service au risque de les aliéner voir de les blesser (par exemple en leur demandant de s'impliquer et de se sacrifier toujours plus pour l’église locale créant ainsi des tensions au sein des familles et des couples et amenant parfois des personnes à la dépression).

- Pour être équilibrée, tous les aspects de la mission sont à garder en ligne de mire et à développer: évangélisation mais aussi célébration, fraternité, charité, formation des membres et des responsables et développement des ministères laïcs.

La recherche de ce qui produit la croissance des églises locales, l'application des principes de croissance et l'évaluation régulière de ce qui est fait, permet d'éviter les erreurs et l'ajustement des pratiques.

Il y a donc trois dimensions à considérer pour la mission : 1) la recherche des principes de croissance; 2) l'application des principes de croissance sur le terrain; 3) l'évaluation des pratiques mises en place. On pourrait même dire quatre dimensions puisque l'ont peut ajouter l'enseignement.

Il y a aussi trois dimensions au niveau de la recherche: 1) ce qui produit de la croissance; 2) ce qui est sain (et par contraste malsain/antiévangélique) et; 3) ce qui est équilibré (ou intégral).

Pour se rappeler d'une telle vision de la croissance (saine et équilibrée), celle-ci peut être incluse dans l'énoncé de mission de l’église locale. Dans une telle optique, l'énoncé de mission peut ressembler à ceci : la mission de l'église (nom de l’église) est de rechercher ce qui produit une croissance saine et équilibrée, de l'appliquer et d'enseigner ce qui porte du fruit.

La définition de la mission devrait rester simple tout autant que la stratégie à appliquer pour la réaliser. Et une stratégie appropriée est de mettre en place de façon progressive et par un processus de planification, des principes de croissance reconnus par les responsables de l’église.

Parmi les principes (ou facteurs) de croissance connus il y a la structure de cellules de maison, les rassemblements et célébrations pour personnes en recherche, les buts fixés, les célébrations de louanges avec musique contemporaine, l'emplacement stratégique de l'église, la formation à l'évangélisation, le développement de la dimension charismatique de la communauté, le renouveau spirituel des membres, etc. (voir l’article : 35 facteurs qui favorisent la croissance des églises locales).

Tout au long du processus de recherche des principes de croissance et de leur mise en place progressive, il est important de ne pas s'enfermer dans des modèles, dans des techniques ou dans des modes d'emplois même s'ils sont utiles, intéressants est importants à consulter. Les dirigeants doivent rester souples, savoir prendre du recul et demeurer ouverts aux inspirations de l'Esprit. Il s'agit donc d'expérimenter, d'appliquer, d'évaluer et de conserver ce qui est bon.

mercredi 25 mars 2009

Valeurs à promouvoir pour déclencher la croissance

Auteur: Pierre-Alain Giffard

La croissance ecclésiale est activée par le développement d’une culture missionnaire au sein de la communauté chrétienne. Cette culture missionnaire peut voir le jour grâce à la promotion de certaines valeurs dans l’église locale. C’est par un processus de formation des disciples, ainsi que par d’autres modes de communication, que ces valeurs prendront racine et grandiront dans le cœur des membres de la communauté.

La promotion des cinq valeurs du schéma ci-dessous permet de développer une culture missionnaire dans l'église locale :

Cliquer sur l'image pour l'agrandir
Copyright @ Pierre-Alain Giffard
Explications:

Sans amour, sans zèle pour le salut des âmes (esprit missionnaire), sans foi, sans intégrité ni compétence, la croissance de l’église est compromise, voir impossible. À l’inverse chacune des valeurs du schéma contribue à la croissance ecclésiale.

L’esprit missionnaire : Un chrétien en réelle communion avec l’Esprit Saint, devrait être habité, voir « hanté », par le souci du salut eschatologique et temporel de ses frères humains. Le Père a envoyé le Fils prendre la condition humaine pour nous sauver. Dans cette même mouvance, l’Esprit Saint pousse les chrétiens à se consacrer au salut de l’humanité. La mission, c’est le cœur de Dieu.

La foi : La croissance de l’Église n’est pas une œuvre humaine mais une œuvre divine qui ne peut se faire sans la foi. Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu (Hébreux 11,6). Jésus souhaite que ses disciples en soient remplis. Par elle, Dieu agit et permet aux disciples de Jésus d’opérer des miracles (Matthieu 17,17; Actes 3,16). La foi nous fait reconnaître les œuvres de l’Esprit là où elles se manifestent et habilite ainsi les chrétiens à coopérer avec ce que Dieu fait.

L’amour : L’amour et la mission chrétienne sont inséparables puisque Dieu est amour et que la nature de Dieu est missionnaire. Autant que pour la foi, il est possible de dire: sans amour, il est impossible de paire à Dieu. C’est l’amour qui évangélise, c’est l’amour qui touche les cœurs, c’est l’amour qui révèle Dieu et le fait aimer. Sans amour vécu, les évangélisateurs ne sont que des cymbales qui retentissent.

L’intégrité : L’intégrité est une des fondations de la croissance des églises. Sans intégrité, les scandales se manifestent et rendent les efforts missionnaires d’autant plus difficiles. En effet, les gens deviennent méfiants vis-à-vis de l’Évangile et des églises. Les scandales endommagent aussi la confiance des fidèles envers leurs pasteurs et créent des divisions dans les communautés chrétiennes.

La compétence : La compétence permet d’être plus efficace. Jésus souhaite que les activités missionnaires des églises locales soient efficaces (Jean 15,16). Il revient aux pasteurs de se former au niveau organisationnel et de former les membres de la communauté chrétienne. La compétence comprend aussi l'intelligence et le bon sens. Sans eux, le travail missionnaire risque d'être
contre productif, voir anti évangélique (Proverbes 19,2).

Attention, la promotion d’une culture missionnaire au sein d’une église locale doit faire partie d’un processus délibéré, structuré et continu afin que les valeurs qui caractérisent la mission ne restent pas lettre morte.

dimanche 22 mars 2009

5 vérités qui conduisent au salut

Pour aider les évangélisateurs à parler succinctement de la foi chrétienne, nous proposons ci-dessous 5 vérités. La présentation de ces 5 vérités est une façon efficace d'inciter les personnes évangélisées à faire un acte de foi en Jésus Christ.

1. PREMIÈRE VÉRITÉ : Dieu nous aime et veut que nous ayons la vie et la paix

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). « Je suis venu afin qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance » (Jean 10:10).

Si Dieu a des projets de paix et de vie pour les êtres humains, pourquoi tant de gens n'en font-ils pas l'expérience ?


2. DEUXIÈME VÉRITÉ : L'homme est pécheur et séparé de Dieu


Dieu nous a fait à son image pour vivre éternellement et pour communier à sa Vie. Dieu nous a suffisamment aimé et fait confiance qu'il nous a crée libre. Notre problème vient de ce que, des nos premiers parents, nous avons désobéi à Dieu et suivi notre propre volonté. Notre choix à pour conséquence la séparation avec Dieu. L'homme est pécheur : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3:23). L'homme est séparé de Dieu : « Car le salaire du péché, c'est la mort » (Romains 6:23).

3. TROISIÈME VÉRITÉ : Malgré ses efforts, l'homme ne peut se sauver lui-même


Au travers des âges, les hommes ont cherché de nombreux moyens d'aller à Dieu et de construire des ponts pour franchir l'abîme qui nous sépare de lui. La moralité, les philosophies, les bonnes œuvres, etc. Mais malgré nos efforts personnels, nous ne pouvons effacer nos fautes ou payer le prix de notre réconciliation avec Dieu. Ou bien, l’homme présume de ses capacités (espérant pouvoir se sauver sans l’aide d’en Haut), ou bien il présume de la toute-puissance ou de la miséricorde divines (espérant obtenir son pardon sans conversion et la gloire sans mérite).

La quatrième vérité nous donne la seule réponse valable à cette impasse...

4. QUATRIÈME VÉRITÉ : Dieu offre par la croix de Jésus le moyen pour être sauvé, un pont qui traverse l'abîme qui nous sépare de lui.


Jésus-Christ est la seule solution à notre incapacité de nous sauver nous-mêmes. Il est mort sur la croix et il est ressuscité, payant ainsi la peine pour nos péchés. Il est le chemin pour aller à Dieu. « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14:6). « Le Christ Jésus s’est livré pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier un Peuple qui lui appartienne en propre » (Tt 2:14). « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3:16).

Dieu nous offre le chemin, mais il nous faut faire un choix...


5. CINQUIÈME VÉRITÉ : Dieu attend de nous une réponse personnelle : la foi exprimée dans une demande de salut

« Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai, chez lui » (Apocalypse 3:20). « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Actes 2:21). « À tous ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1:12).

Pour accueillir Jésus comme votre Sauveur, il faut :

  • Admettre que vous êtes pécheur et que vous avez besoin de Dieu.
  • Vouloir abandonner le péché.
  • Croire que Jésus est mort sur la croix pour vous sauver et qu'il est ressuscité.
  • Demander à Jésus d'être votre Sauveur et demander à l'Esprit Saint de diriger votre vie.
Exprimer sa foi en Jésus-Christ et en Celui qui l’a envoyé pour notre salut est nécessaire pour obtenir le salut (cf. Mc 16:16 ; Jn 3:36 ; 6:40 e.a.). « sans la foi (...) il est impossible de plaire à Dieu » (He 11:6).

6. PRIÈRE POUR ACCUEILLIR LA SALUT : Après la présentation des 5 vérités il est proposé à la personne ou aux personnes qui écoutent de faire une prière pour accepter Jésus comme leur sauveur: « Seigneur Jésus, j'ai besoin de toi. Merci d'être mort sur la croix pour me réconcilier avec Dieu. Je t'ouvre la porte de mon cœur et je te reçois maintenant comme mon Sauveur. Pardonne mes péchés. Prend le contrôle de ma vie. Je t’offre ma volonté et je m’abandonne entre tes mains. Entre dans mon cœur, guérit-moi et conduit-moi. Amen.»

.

mercredi 11 mars 2009

La croissance des églises par la musique et les chants

CHANGER DES VIES PAR LA MUSIQUE

Auteur: Carol Cymbala

Carol Cymbala est l'épouse de Jim Cymbala, le pasteur de l’église "Brooklyn Tabernacle", une assemblée de 10.000 membres, dans l’État de New-York. Elle dirige une chorale de 300 membres et témoigne comment Dieu peut se servir de la musique pour rejoindre et convertir des foules.

Il est bien connu que la ville de New York grouille toujours de monde. Nuit et jour, les rues sont remplies de passants. C’est à se demander quand les gens dorment. Quand Dieu m’a appelée avec mon mari à établir une église à Brooklyn, nous avons demandé : « Seigneur, comment atteindre tous ces gens avec l’Évangile? »

Au début, quand notre chorale était constituée d’une poignée de chanteurs, nous avons travaillé avec un centre local de Teen-Challenge pour tenir des réunions mensuelles d’évangélisation. Nous avons loué un auditorium qui pouvait contenir plus de monde que notre petite église. Il n’y avait rien d’impressionnant dans ce que nous faisions dans ces premières réunions. Certains des gars de Teen-Challenge ne pouvaient même pas chanter juste. Mais leur coeur était sincère dans leur désir d’atteindre les perdus. Les gens se donnaient au Seigneur, pas parce que nous chantions juste, mais parce que Dieu se manifestait puissamment.

Au fil des ans, Jim et moi avons continué de demander au Seigneur : « Que pouvons- nous faire de mieux pour atteindre cette ville avec l’Évangile? » Nous savions que la musique a un formidable impact pour attirer les gens. Nous avions souvent organisé des concerts dans notre propre église. Nous n’avions pas de mal à remplir les 1 200 places mais nous aspirions à davantage. Entre-temps, Dieu continua de bénir le ministère de notre chorale qui était de plus en plus appréciée et reconnue.

LES PORTES S’OUVRENT POUR LE MINISTÈRE

Carnegie Hall : Nous savions que bien des gens ne voulaient pas venir à nos concerts parce qu’ils auraient été contraints d’entrer dans une église ; c’est alors que nous avons pensé à louer une salle. Peu de temps après, quelqu’un suggéra une idée ridicule. Peut-être devrions-nous louer Carnegie Hall. Mais comment une chorale des quartiers populaires de la ville seraitelle capable d’attirer du monde dans une salle connue pour avoir reçu les plus grands artistes ? Nous n’allions pas tarder à le découvrir. Le soir de notre concert, nous avons été surpris d’apprendre que la police avait été appelée pour gérer la foule. Bien des gens qui n’avaient pas de billet s’étaient rassemblés devant les portes, espérant avoir une place. Il y avait bien plus de personnes que de places, si bien que du monde a malheureusement dû repartir sans avoir pu assister au concert.

Ce soir-là, nous étions tous bien conscients que nous avions là une occasion unique de partager l’amour de Dieu. La chorale chanta de tout son coeur. Personne ne jouait à la vedette. Nous voulions simplement bénir ceux qui étaient venus. L’important n’était pas la chorale, mais bien ces gens qui avaient besoin de connaître Jésus- Christ. Après que nous ayons chanté, Jim lança une invitation et la réponse de l’auditoire fut stupéfiante.

La musique d’une chorale faite de chrétiens remplis de l’Esprit peut avoir un puissant impact dont Dieu se sert pour amener des âmes à Christ.

Radio City Music Hall : L’expérience de Carnegie Hall a fait grandir notre foi, si bien que nous nous attendions à davantage encore de la part de Dieu. Nous avons donc organisé deux concerts consécutifs au Radio City Music Hall. Quoiqu’intimidés à la pensée de chanter dans une autre salle renommée, nous n’avons pas laissé la peur nous empêcher d’atteindre davantage de gens pour le Seigneur. Des membres de notre église, ainsi que d’autres croyants, commencèrent à inviter les membres de leur famille, des collègues de travail et leurs voisins à ces deux concerts. Les deux soirées furent données à guichet fermé. Un membre de notre église y invita un dénommé Bob Adamo. Voici ce dont Bob se souvient :

« J’avais débuté une relation d’amitié avec une collègue de travail qui m’a parlé de Dieu. Elle m’a invité plus d’une fois à visiter l’église Brooklyn Tabernacle, mais je trouvais toujours une excuse. Puis elle m’invita à un concert au Radio City Music Hall et non pas à son église. Par contre, elle ne m’avait pas dit que ce n’était pas un spectacle ordinaire et que quelqu’un se lèverait à la fin pour prêcher. Je n’étais pas préparé à cela. Je ne me souviens pas de ce que le pasteur Cymbala a pu dire ce soir-là, mais après l’avoir entendu, je savais que je devais faire un choix. Je me suis donc levé à l’instant même où il invita ceux qui voulaient recevoir Christ à se lever pour la prière. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé, si ce n’est que Christ m’a délivré. Je suis stupéfait de voir comment je me sens désormais tellement proche de mes amis portoricains, jamaïcains, afro-américains, et de tant d’autres ! Après tout, je suis un italien qui a grandi dans une banlieue où tout le monde est plein de préjugés envers les minorités. Mais il n’y a plus rien de ce poison dans mon coeur depuis que Christ m’a changé. Je fais désormais partie de la famille de Dieu, et j’aime tellement ça ! »

Dieu nous a vraiment aidés lors de ces soirées au Radio City Music Hall. Nous n’y sommes pas allés pour nous offrir en spectacle. Nous n’y sommes pas allés pour pouvoir dire que nous avions chanté sur cette estrade prestigieuse. Dieu nous y a envoyés pour élever le nom de Jésus-Christ et partager avec les gens le don de son salut. Bob Adamo n’est qu’un exemple de ce que le Seigneur est capable de faire. Aujourd’hui, Bob chante dans notre chorale ainsi que son épouse qu’il a rencontrée depuis ces événements. Nous sommes débordants de joie quand nous voyons comment Dieu continue de bénir sa vie.

Madison Square Garden : Depuis ces deux concerts au Radio City Music Hall, nous avons eu une multitude d’ouvertures pour bénir les gens par nos chants dans toute la région de New York, ainsi que dans tout le pays et partout dans le monde. Une de nos plus belles expériences fut lors du lancement de notre album au Madison Square Garden, qui peut accueillir environ 17 000 personnes. Les chrétiens de toute la région ont invité des amis non chrétiens. Mais cette fois-ci, le Seigneur avait mis sur nos coeurs un fardeau tout particulier pour un groupe précis de personnes.

Il est impossible de vivre à New York sans voir des milliers de sans-abri qui se réfugient par grand froid dans les refuges. Beaucoup d’entre eux vivent dans des bâtiments infestés par les cafards et les rats. Ces immeubles sont même tellement dangereux que beaucoup préfèrent dormir dans la rue. Nous croyons vraiment que Dieu nous appelle à atteindre les sans-abri de New York ; notre équipe a donc commencé à contacter les refuges aux quatre coins de la ville, invitant leurs résidents à un concert gratuit au Madison Square Garden. En fin de compte, 3 000 sans-abri répondirent à notre invitation. Nous avons loué des douzaines de bus pour les prendre et les ramener. Nous avons donné à chacun un grand sac rempli de produits d’hygiène. La plupart de ces sans-abri n’avaient jamais mis les pieds au Madison Square Garden, et se demandaient bien pourquoi nous les traitions avec tant d’égards. Après le concert, mon mari a parlé et demandé à ceux qui voulaient recevoir le salut de se lever. Nous avons alors vu des milliers de personnes debout pour répondre à l’appel.

Parmi les sans-abri se trouvait Maria Negron, une mère de quatorze enfants âgés de 1 à 14 ans. Maria et ses enfants donnèrent ce soir-là leur vie au Seigneur. Ensuite, Delores Bonner, qui est membre de notre église, se chargea d’aller chercher cette famille pour l’amener au culte et à l’école du dimanche. Dieu parla au coeur de plusieurs parmi nous afin de bénir Maria et ses enfants d’autres façons. Oscar, l’aîné, nous a le plus émus. Étant le plus grand de la famille, il se sentait responsable de ses treize frères et soeurs. Mais comment un enfant de cet âge peutil porter une telle charge? C’est ainsi que l’église prit Oscar sous son aile.

Parce qu’Oscar avait grandi dans la rue, il lui arrivait encore de se laisser entraîner par certains dans des bagarres avec la police. Mais les chrétiens de l’église ont persévéré, et aujourd’hui, Oscar a vingt-et-un ans et aime Dieu de tout son coeur. L’église sait que la main de Dieu est sur sa vie. Quelqu’un lui demandait récemment ce que Jésus représentait pour lui. Il répondit simplement : « Jésus est celui qui pourvoit à tous mes besoins. Il m’a sauvé de la mort et nous a donné un toit, à moi et ma famille. » Comme d’autres qui ont accepté l’Évangile, Oscar est passé d’un refuge aux bras de Dieu comme son nouveau refuge rempli de l’amour de Dieu. Ce soir-là, au Madison Square Garden, le Seigneur nous a donné l’occasion de révéler son amour à des gens qui n’avait connu que douleur et rejet.

Peut-être vous demandez-vous comment vous pouvez évangéliser par le biais d’une chorale de votre église. Il n’y a pas de méthode toute faite qui fonctionnerait pour tous. L’église Brooklyn Tabernacle est une église qui se trouve dans les quartiers défavorisés de la ville ; la chorale est le reflet de la population de ces quartiers, ce qui nous permet d’atteindre cette population. Les ouvertures que nous avons ne sont pas forcément les vôtres. Mais si Dieu a mis sur votre coeur le fardeau de sortir des murs de votre église, gardez les principes spirituels suivants à l’esprit. Ils ont fonctionné pour nous, et je suis sûre qu’ils fonctionneront pour vous aussi.

POUR ATTEINDRE VOTRE VILLE : Priez, priez… et priez encore.

La prière est l’élément le plus important du ministère de notre chorale. Chaque semaine, la chorale se réunit pour chercher la face de Dieu et pour que nous puissions répandre nos coeurs devant lui. Nous demandons à Dieu de nous utiliser afin que des hommes et des femmes soient sauvés par sa puissance. Ce faisant, il continue de nous ouvrir des portes et de nous donner de nouvelles opportunités.

Romains 8 : 26 nous rappelle que nous ne savons pas comment prier comme nous le devrions, mais que Dieu nous a donné son Saint-Esprit pour nous aider dans notre faiblesse. Nous ne devrions jamais considérer comme acquis le privilège que nous avons de consulter Dieu, de le prier et de rechercher sa face en toute situation. La prière peut vous conduire, vous et votre chorale dans la volonté parfaite de Dieu. Nous ne prions pas parce que Dieu ne serait pas au courant de nos besoins, mais précisément parce qu’il connaît toutes choses et peut donc nous conduire dans la bonne direction : « Voici l’assurance que nous avons auprès de lui : si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous possédons ce que nous lui avons demandé » (1 Jean 5 : 14–15). Quand vous priez, Dieu a promis de vous diriger; la prière est donc d’une importance vitale.

Soyez à l’écoute de la direction de Dieu: Un des bienfaits d’être un enfant de Dieu est que nous sommes conduits par sa main. La Bible dit : « Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Romains 8 : 14). Jésus s’est clairement révélé comme étant le Bon Berger (Jean 10 : 3-4). Quand vous priez, vous recherchez l’aide de Dieu qui a promis de répondre et de vous aider (Ésaïe 30 : 19, 21). Être à l’écoute de Dieu vous amène à dépendre davantage de lui afin de faire ce à quoi il vous appelle. Sans lui, vous ne pouvez rien faire.

Avancez par la foi: La foi chrétienne triomphe du monde. Nous vivons par la foi, travaillons par la foi, proclamons l’Évangile par la foi, combattons le bon combat de la foi, et brandissons le bouclier de la foi. Nous voyons s’accomplir les promesses de Dieu par la foi, nous allons là où il nous veut par la foi. Cette foi n’est pas un consentement mental ou un raisonnement intellectuel. Notre foi est enracinée dans la personne de Jésus-Christ et en sa force souveraine pour accomplir des choses qui sont bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Hébreux 11 : 6 nous dit qu’il est impossible de plaire à Dieu sans la foi.

CONCLUSION

Malgré les portes extraordinaires qui se sont ouvertes pour la chorale Brooklyn Tabernacle Choir, le Seigneur ne m’a jamais permis d’oublier ce que j’ai appris dans les tout débuts de notre ministère. Les campagnes des premiers jours avec Teen-Challenge me rappellent constamment ce que Dieu peut faire quand nos coeurs sont sincères et que notre seule préoccupation est de le glorifier. Ces jeunes gens de Teen-Challenge n’avaient rien de chanteurs expérimentés. Si la puissance de Dieu avait dépendu de la qualité de leurs voix, je suis à peu près sûre qu’il ne se serait rien passé dans ces réunions. Mais Dieu y a fait de grandes choses. Mais je sais que si nos coeurs ne sont pas purs et si nous ne dépendons pas entièrement de Dieu, tout ce que nous ferons sera en vain, même si nous étions invités à chanter dans les salles de concert les plus prestigieuses du monde.

Le plus grand piège dont doit se méfier toute chorale, c’est de céder à la tentation de se donner en spectacle et de faire une belle prestation au lieu de servir et de bénir l’auditoire. Quand une chorale est surtout intéressée pa la présentation d’un bon programme, elle perd des occasions d’avoir un impact spirituel. Si vous voulez voir Dieu toucher des perdus par le chant et la prédication, vous devez continuellement rechercher sa face. Autrement, vous ne ferez que produire un spectacle semblable à bien d’autres. Les gens aimeront sans doute cela, mais leur vie ne sera pas changée.

Une chorale peut être un moyen d’évangélisation en pénétrant toutes sortes de lieux hors de l’église : aux coins des rues, dans les prisons, les écoles ou les salles de spectacles. La vraie question n’est pas tant de savoir où vous irez, mais plutôt qui ira ? Ceux qui répondent à un tel appel seront comblés de pouvoir ainsi accomplir la volonté de Dieu. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son oeuvre. Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson ? Eh bien ! je vous le dis, levez les yeux et regardez les champs qui sont blancs pour la moisson » (Jean 4 : 34–35).

Que vous soyez directeur d’une chorale, choriste, pasteur, ou tout simplement chrétien, votre ministère aura d’autant plus d’impact si vous êtes vidé de tout intérêt personnel et rempli de l’amour de Jésus-Christ. Ma prière est que Dieu nous aide tous constamment à nous voir à travers ses yeux et non les nôtres, car en ce moment même, les champs sont vraiment mûrs. Puissions-nous ne jamais limiter la façon dont il peut nous utiliser pour engranger cette moisson.

Article publié dans le journal Ressources spirituelles n.11, Printemps 2005.

mardi 3 mars 2009

Comment planifier la croissance d’une église

(Guide de planification destiné aux églises locales)

D’abord pourquoi planifier? Robert Schuller, le pasteur d'une des plus grandes églises locales en Amérique du Nord, répond en disant : Celui qui refuse de planifier, planifie son propre échec.

Planifier permet de s’organiser et d’être plus efficace dans l’accomplissement de sa mission. Planifier c’est élaborer un plan, c’est concevoir un ensemble de dispositions pour réaliser efficacement un projet.

Les pasteurs David Yonggi Cho, Rick Warren et Dale Galloway, dont les églises locales ont connu un développement sans précédent, ont tous panifié leur croissance.

Cet article, sous forme de guide, a pour but d’aider les pasteurs et les responsables d’église à planifier le développement de leurs églises en décrivant et en expliquant les différentes étapes de la planification.

1. Qu’est-ce que la planification?

La planification est un processus de réflexion qui amène à répondre à quatre questions de base:

  • Où en sommes‑nous?
  • Où voulons‑nous nous rendre?
  • Comment pouvons‑nous nous y rendre?
  • Comment pouvons‑nous mesurer la progression?

La planification amène à mettre sur papier un document appelé plan stratégique. Celui-ci comprend : 1) l’énoncé de mission de l’église 2) la vision de l’église; 3) l’énoncé des buts, des objectifs et des stratégies qui doivent permettre de réaliser la vision; 4) la description des mesures qui seront utilisées pour évaluer la mise en oeuvre du plan.

2. Où en sommes‑nous?

La toute première étape dans la réalisation d’un plan stratégique est la formulation d’un énoncé de mission. Celui-ci définit, de manière succincte, ce qu’est l’église locale et sa raison d’être. Il doit être facile à comprendre et répondre aux questions suivantes:
  • Qui sommes‑nous et à qui offrons‑nous nos services?
  • Pourquoi sommes-nous là?
  • En quoi sommes-nous uniques?
  • En quoi notre mission s’inscrit-elle dans le mandat ou les programmes de l’institution à laquelle nous appartenons ?

Voici un modèle utile pour aider à formuler un énoncé de mission.

La mission (objectif) de ____________________ (organisation)

est de __________________________________ (ce que nous faisons)

à l’aide de _______________________________ (comment nous le faisons)

pour ___________________________________ (pour qui)

afin qu’ils _______________________________ (ce pourquoi nous le faisons)

La deuxième étape est de faire un énoncé des services offerts. Les services (ou catégories de services) sont les secteurs d’activités de base de l’église nécessaires à la réalisation de sa mission.

Exemples de catégories de services dans les églises locales:

  • Prières et Célébrations
  • Évangélisation
  • Services caritatifs (visite de malades, collecte de vêtements et de nourritures pour les pauvres, etc.)
  • Services auprès membres (garderie; fraternité, activités de jeunesse, etc.)
  • Catéchisation (pour enfants et pour adultes)
  • Formation pour impliquer les membres dans des activités d’église
  • Communication (site internet, audiovisuel, etc.)
  • Etc.

La troisième étape dans la réalisation d’un plan stratégique est l’analyse de l’environnement. L’analyse de l’environnement fait ressortir les Forces et les Faiblesses à l’interne, les Possibilités et les Menaces de l’extérieur (analyse F.F.P.M), tout autant d’éléments déterminants pour la capacité de l’église à poursuivre sa mission. Une telle analyse renseigne sur la situation actuelle de l’église et donne des informations importantes pour la suite de la planification.

Parmi les facteurs internes, citons les limites financières, la gouvernance (leadership et structure de leadership), le personnel, les méthodes et les systèmes opérationnels.

Les facteurs externes peuvent être entre autres la conjoncture économique, les déplacements de population, les avancées technologiques, les changements géographiques et les changements législatifs.

Les résultats de l’analyse de son environnement font partie des données dont on tiendra compte pour éléborer la vision d’avenir de l’église, ses objectifs, ses actions et ses stratégies.

3. Où voulons‑nous nous rendre?

La quatrième étape est la formulation d’un énoncé de vision. Celui-ci décrit la situation d’avenir souhaitée par l’église locale. C’est l’image, inspirante, de la situation future « idéale ».

  • L’énoncé de vision répond généralement aux questions suivantes :
  • Que souhaite l’église locale et à quoi aspire‑t‑elle?
  • Quelle image veut-elle véhiculer auprès de ses membres, de ses employés et de la communauté?
  • Comment améliorera-t-elle la qualité des services offerts?

La cinquième étape dans la réalisation d’un plan stratégique est la formulation d’un énoncé de valeurs. Celui–ci sert de principe directeur en décrivant la manière dont les membres de l’église ont à se comporter dans l’exécution de leurs tâches. Ils traduisent les croyances et les convictions qui impriment et guident la réalisation de la vision et de la mission.

Les principes directeurs répondent généralement aux questions suivantes :

  • Quelle attitude allons-nous favoriser dans l’accomplissement de notre mission et la concrétisation de notre vision?
  • Quelles sont nos valeurs organisationnelles?

La sixième étape est la formulation des buts. Les buts sont les résultats des activités entreprises exprimés en termes qualitatifs. Ils reflètent ce que l’église locale recherche et la direction qu’elle entend suivre pour accomplir sa mission et concrétiser sa vision.

La formulation des buts s’inspire des réponses aux questions suivantes :

  • Les buts s’harmonisent‑ils avec l’énoncé de mission et des valeurs de l’église?
  • La réalisation des buts contribuera-t-elle à l’accomplissement de sa mission?
  • Les buts découlent‑ils aussi de l’analyse de l’environnement interne et externe, et répondent‑ils à des critères déterminés?
  • Les buts sont-ils en lien avec les services et les besoins des groupes ciblés de l’église?
  • Les buts donnent-ils à l’église une orientation claire sur ce qu’elle doit faire? Forment-ils un cadre pratique pour les objectifs et les activités futures?
  • Les buts s’inscrivent-ils dans la durée?
La septième étape est de déterminer les objectifs. Les objectifs sont les résultats que l’église prévoit atteindre par rapport aux buts à long terme.

La liste de points qui suit peut se révéler utile pour élaborer les objectifs:

  • Les objectifs doivent énoncer clairement les résultats particuliers que l’église s’efforce d’atteindre pour réaliser ses buts.
  • Chaque but doit répondre à au moins un objectif; cependant, une organisation se fixe souvent plus d’un objectif en vue d’atteindre un but.
  • La mesure de chaque objectif est exprimée en données chiffrées et indique dans quelle mesure les objectifs ont été atteints par l’église, par rapport à un but.
  • Les mesures sont rattachées à l’objectif à mesurer. Il en faut au moins une par objectif.
  • La mesure illustre le changement ou la variation dans la réalisation progressive d’un objectif. Les objectifs et les mesures utilisées doivent être clairs et faciles à comprendre pour quiconque ne connaît pas bien l’église locale.

Exemple – Buts rattachés à des objectifs et des résultats attendus

Buts Objectifs /résultats visés
... Augmenter par trois le nombre de groupes de maison au plus tard le 30 juin 2012.
... Avoir 30% de plus de jeunes parmi les membres de l’église, avant la fin 2011.

4. Comment pouvons‑nous nous y rendre?

La huitième étape dans la réalisation d’un plan stratégique est de choisir des stratégies (initiatives stratégiques) pour réaliser les buts et les objectifs fixés. Les objectifs traduisent ce que l’organisation désire réaliser tandis que la ou les stratégies traduisent de quelle manière elle compte y arriver.

Voici des éléments de réflexion utiles à l’élaboration d’initiatives stratégiques :

  • Les initiatives reflètent‑elles le mandat, la vision, la mission et les valeurs de l’église locale?
  • L’initiative se rattache‑t‑elle clairement à l’achèvement d’un but et d’un objectif précis?
  • L’initiative est‑elle réaliste face aux moyens, aux risques et aux coûts?

Exemple – Initiatives stratégiques liées aux objectifs

Buts Objectifs/résultats attendu Initiative(s) stratégique(s)
... Augmenter par trois le nombre de groupes de maison au plus tard le 30 juin 2012. Choisir et former 12 nouveaux leaders de cellules
... Avoir 30% de plus de jeunes parmi les membres de l’église, avant la fin 2011. Organiser hebdomadairement des célébrations pour personnes en recherche avec de la musique contemporaine

Pour chaque activité ou initiative stratégique, un responable doit être nommé qui a le le pouvoir de la mener à bonne fin.

La neuvième étape est de déterminer les ressources qui seront alouées à la réalisation des stratégies. Les ressources sont exprimées en coûts, en salaires et en temps. Combien de temps cela va prendre pour atteindre les objectifs et combien va couter la mise en place de la stratégie choisie?

On peut se servir des tableaux qui suivent pour dresser la liste des ressources dans un plan stratégique.

Le premier tableau présente les ressources nécessaires pour la mise en oeuvre des stratégies.

Le deuxième tableau présente les ressources nécessaires pour défrayer les coûts indirects associés aux services de soutien administratif et opérationnel ». Par services de soutien administratif et opérationnel, on entend tous les coûts indirects variables qui peuvent être associés à l'exécution d'activités directement liées à des projets. Ces servicespeuvent inclure par exemple la sélection et l'achat de fournitures et de matériels; les services comptables, les services des ressources humaines,

Le troisième tableau présente le total des données des deux premiers tableaux (initiatives stratégiques et services de soutien administratif et opérationnel).

Exemple – Tableaux d’aide à la préparation de l’aperçu général des ressources

Initiative stratégique $ (coûts) ETP (salaires et charges de travail) Temps
Choisir et former 12 nouveaux leaders de cellules


Organiser hebdomadairement des célébrations pour personnes en recherche avec de la musique contemporaine


Gestion, prestation et soutien des services $ (coûts) ETP (salaires et charges de travail) Temps
Sélection et achat de fournitures et de matériel


Préparation des impôts par un comptable externe


Grand total – Sommaire des perspectives en matière de ressources

Résumé des initiatives et des services $ (coûts) ETP (salaires et charges de travail) Temps
Initiatives stratégiques


Gestion, prestation et soutien des services


Total général


La dixième étape dans la réalisation d’un plan stratégique est d'expliquer le choix de gouvernance. La gouvernance peut se définir comme étant l’ensemble des processus et des structures permettant au pouvoir décisionnel de s’exercer. Elle a pour conditions essentielles 1) la cohérence interne autour d’une mission bien définie; 2) la discipline organisationnelle et; 3) l’harmonisation en fonction des résultats

Une structure de gouvernance efficace permet aux personnes (ou aux groupes de personnes) en poste de responsabilité de mettre en place les orientations stratégiques et les priorités de l’église. Elle existe pour appuyer le premier responsable de l’église et obtenir des résultats. Elle comprend l’autorité de prendre des décisions en matière de placement de personnel, de réaffection des ressources et de conception de programme.

5. Comment pouvons‑nous mesurer notre progression?

La onzième étape est de se donner des mesures (indicateurs de progrès) pour vérifier les progrès accomplis et repérer les stratégies qui sont efficaces et celles qui ne le sont pas. Ce suivit est effectué sur une base trimestrielle.

Les mesures sont déterminées par l’église en fonction du type de résultats qu’elle cherche à obtenir. Elles indiquent le changement ou la variation dans la réalisation progressive des objectifs.

Voici quelques questions utiles pour bien formuler une mesure :

  • La mesure est‑elle pertinente? A-t-elle un lien direct et logique avec le but ou l’objectif?
  • La mesure est‑elle fiable? Produit-elle une information juste et vérifiable pour la période de réalisation de l’objectif?
  • La mesure est‑elle valable? Capte-t-elle ce que l’organisation tente de mesurer?
  • La mesure a-t-elle une valeur qui justifie ce qu’il en coûte pour en produire les données?

Il est recommandé de faire un tableau contenant l’ensemble des objectifs afin de présenter les résultats des différentes mesures.

Conclusion

Pour assurer l'efficacité de la planification iI est important de faire participer l'ensemble des responsables de l'église à son éléboration. Puis, une fois la planification établie, il est encore plus important que les dirigeants s’engagent à respecter le plan établi. Le plan doit comporter des tâches exigeantes mais raisonnables, déléguées avec suffisamment de pouvoir pour qu'elles puissent être réalisées de manière autonome. Pour terminer rappelons que la planification n’est pas une activité ponctuelle, c’est un processus continu qui permet de s’adapter aux changements et de toujour mieux saisir et réaliser la mission d’une organisation quelle qu’elle soit.

samedi 7 février 2009

Erreurs à éviter dans la poursuite de croissance

Auteur: Pierre-Alain Giffard

La foi et le cheminement en église devraient êtres sources d’épanouissement et de joie et non pas de traumatismes et de douleurs; sources de libération et de paix et non pas d’asservissement et d’angoisse. Il arrive pourtant que des chrétiens soient profondément blessés par leur expérience en église... Voici donc une liste d'erreurs à éviter afin que la poursuite de croissance ecclésiale soit saine et respectueuse envers les membres de l'église.

1. Avoir toujours l’air assoiffé d’agent : Certains pasteurs ou certaines églises réclament sans arrêt des dons et des contributions. Pour récolter plus d’argent, de fortes pressions sont exercées sur les membres (exhortations répétées, culpabilisation, menaces de rétributions divines, réprimandes, etc.) sans tenir compte des besoins personnels des chrétiens et du peu de moyens dont ils disposent parfois (Marc 7:10-13). Dans certaines communautés, l’idée est explicitement répandue que plus l’on donne, plus on recevra en retour, tendant ainsi à créer une spirale immorale d’enrichissement des pasteurs et d’appauvrissement des membres et la pensée illusoire et égoïste que l'on peut s'enrichir dans ce monde par ses dons.

2. En tant que pasteur, avoir un niveau de vie nettement supérieur aux membres de son église : Quoi de plus choquant que des pasteurs roulant en voiture de luxe, habitant de grandes maisons et s’habillant à la dernière mode alors que les membres de leurs églises, qui payent leurs salaires, ont du mal à rejoindre les deux bout….(1 Timothée 6:5-9;1 Timothée 6:10-11; Proverbes 22:22. L'église locale n'est pas une entreprise d'exploitation des membres et encore moins une machine à traire les pauvres...

3. Isoler les membres : Volontairement ou involontairement, certaines églises isolent leurs membres, particulièrement de leurs familles et de leurs proches, sous prétexte de les protéger de mauvaises influences. Cet isolement peut aussi simplement résulter de ce qu’il est exigé des membres une trop grande participation aux réunions et activités d’églises. Parfois, pour assurer une plus grande implication des membres, des pasteurs communiquent l'idée, implicitement ou explicitement, que le temps consacré aux activités d’église est plus important que celui passé avec sa propre famille ou celui nécessaire aux études …

4. Contrôler les membres : Il y a un niveau de contrôle que l’on trouve dans certaines églises qui nuit à la dignité des personnes et qui infantilise les membres. Par exemple il est interdit de regarder la télévision, il est demandé aux femmes de ne pas se maquiller, de ne pas porter de bijoux, de garder les cheveux long. On y trouve un code d’habillement excessivement strict. Les responsables n’hésitent pas à poser des questions indiscrètes sur la vie personnelle des membres et ceux-ci sont encouragés à se dénoncer mutuellement. Les peurs de l’enfer et de la rétribution divine ou simplement celle de ne pas être accepté par communauté sont utilisées pour soumettre les membres aux règlements et aux coutumes de l’église locale.

5. Éviter d’avoir des comptes à rendre au niveau pastoral et au niveau financier : Pour éviter les abus, une église locale devrait avoir un système interne dans lequel il est possible pour les membres de faire connaître leurs opinions et si nécessaire de faire connaître des abus à des autorités religieuses externes à l’église locale. Les membres devraient aussi avoir l’assurance que leur plaintes seront sérieusement prises en considération et que, s’il effectivement il y a eu abus, des mesures disciplinaires adéquates seront prise.

6. Encourager l’« idolâtrie » et un « amour » excessif envers le pasteur fondateur ou le pasteur principal : Il y a un danger pour une église lorsque son leader se complait excessivement dans l'affection des membres. Il peut même chercher à l’entretenir et la faire grandir. Le culte de la personnalité du leader peut entraîner ce dernier vers l’exaltation, la mégalomanie et la paranoïa et entrainer toute la communauté vers la dérive.

7. Faire ressentir aux membres qu’ils ne sont pas pleinement acceptés dans l’église, qu'il ne sont pas "spirituels" ou leur dire carrément qu’ils sont en état de péché…

    • … s’ils ne donnent pas assez d’argent.
    • …s’ils ne s’impliquent pas suffisamment dans les activités.
    • …s’ils n’assistent pas aux réunions.
    • …s’ils n’exercent pas tel ou tel don spirituel (le don des langues par exemple)
    • …s’ils ne croient pas à tel ou tel point secondaire de doctrine.
    • …s’ils ne s’habillent pas selon la norme.
    • …s’ils fréquentent une autre église.

Entretenir une telle culture dans la communauté ou employer une telle tactique relève de la manipulation qui n’a rien à voir avec l’esprit de l’Évangile.

8. Perpétrer d’autres abus tels que :

    • Demander aux membres de confesser leurs péchés devant toute l’assemblée.
    • Menacer les membres en leur disant qu’ils iront en enfer s’ils quittent l’église.
    • Utiliser les humiliations publiques ou/et avoir recours aux violences physiques pour corriger les membres.

mercredi 4 février 2009

Les fondations de la croissance des églises

Auteur: Pierre-Alain Giffard

La croissance d'une église locale peut être grandement favorisée par l’application de certaines orientations pastorales (voir l’article: 35 facteurs qui favorisent la croissance des églises locales), mais elle peut aussi être compromise si elle ne repose pas sur de bonnes fondations. Pour permettre une croissance saine, durable et authentique, un projet de développement ecclésial devrait être établit sur les fondations suivantes :

  1. La charité (1Corintiens 13:1): La charité[1] que Dieu nous appelle à vivre est universelle, elle transcende et dicte toute prescription religieuse et embrasse toute l’humanité; c’est à dire qu’elle est destinée à tous les êtres humains quels que soit leur statut social ou économique, leur race, leur langue, leur origine ethnique, leur citoyenneté, leur religion, leur âge, leur genre, leur handicap ou leur situation géographique. Sans démonstration d’une telle charité le message de l’Évangile est creux, une cymbale qui retentit et la croissance de l’église est compromise : Sans doute serais-je chrétien, avait dit Gandhi si les chrétiens l'étaient vingt-quatre heures par jour.

  1. Un zèle apostolique éclairé (Marc 12:29-30; Ap 3:16): Le zèle de ta maison me dévore (Psaumes 68:10). Ce verset biblique exprime bien l’esprit missionnaire qui devrait habiter les chrétiens. Unis à Dieu par leur baptême, les chrétiens ont à être en symbiose avec l’élan missionnaire qui caractérise la Trinité. Mais ce zèle ne doit en rien ressembler, de près ou de loin, au fanatisme ou à l’intégrisme religieux. Un chrétien authentique ne peut pas être offensif, irrespectueux ou blessant au nom de la vérité. Il devrait plutôt être animé d’une soif et d’un ardent désir de faire connaître et aimer Jésus par ses actes et par ses paroles. Le zèle apostolique s’exprime dans l’amour, la paix, la tolérance, la douceur, la patience et le respect des autres.

  1. La compétence: Où manque le savoir, le zèle n'est pas bon, qui presse le pas se fourvoie (Pr 19:2). Dieu nous a donné l’intelligence et c’est à nous de nous en servir. Pour mieux accomplir la mission confié à l’Église, les chrétiens ont la responsabilité de connaître et de comprendre les orientations pastorales qui portent du fruit et qui permettent d’amener plus de personnes à recevoir le Salut. C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit (Pr 24:3). Il existe aujourd’hui de nombreuses églises locales en croissance et l’observation montre qu’elles adoptent des orientations pastorales communes (voir l’article : 35 facteurs qui favorisent la croissance des églises locales). Il revient aux responsables d'églises de les étudier et de retenir ce qui est bon (1 Th 5:21).
  1. L’intégrité: Idéalement, la conduite des chrétiens devrait être exemplaire (1Pierre 1:15). Il va sans dire que les scandales dans l’Église (d’ordre sexuel, financier ou autre) empêchent les gens de s’ouvrir au message de l’Évangile; ils endommagent la confiance des fidèles envers leurs pasteurs et créent des divisions internes. Ceci nuit considérablement à l’œuvre de l’évangélisation et à la croissance des églises locales.

  1. La clarté doctrinale: Pour assurer la croissance, les chrétiens doivent dissiper la certaine brume causée par les remises en questions sotériologiques. Les relativisations théologiques, quant aux moyens de salut, sont paralysantes pour la mission. Le Christ est la révélation complète et finale de Dieu à l’humanité. Malgré les richesses des autres religions, il n’y a pas d’autres chemins pour aller à Dieu (Actes 4:12). Jésus est le seul Sauveur et persuader les hommes et les femmes de le suivre n’est pas du prosélytisme mais un simple retour d'amour envers Celui qui nous a sauvés et qui veut que toute l'humanité le soit également (1Timothée 2:4).

  1. La foi dans les œuvres surnaturelle de l’Esprit Saint: Les Évangiles sont des récits de miracles continus. Jésus opéra un grand nombre de miracles et il partagea ce pouvoir avec ses disciples afin qu’ils préparent sa venue (Marc 16:17-18). Aujourd’hui encore Jésus se manifeste de différentes façons. Ses signes et ses manifestations nous montrent que son amour est toujours présent. Ils sont là, non pas pour faire sensation, mais pour nous encourager et pour contribuer à la croissance de l’Église. L’Esprit Saint, par les signes et les miracles qu’il opère, assiste l’Église dans ses entreprises. C’est lui qui rend présent et communique la Bonne Nouvelle du Royaume. À nous donc de collaborer avec Lui pour activer la croissance de l’Église. Car, je vous le dis en vérité, si vous avez de la foi comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne : Déplace-toi d'ici à là, et elle se déplacera, et rien ne vous sera impossible (Mat 17:20).

  1. La paix: Une église locale qui ne connaît pas la paix a peu de chance d’attirer du monde et risque de perdre ses membres. Les divisions et les disputes dans l’église sont des scandales. Les disciples de Jésus sont appelés à vivre et à annoncer l’Évangile de la paix (Eph 6:15). Jésus a reproché aux Pharisiens de ne pas être entré dans le Royaume de Dieu et d’en fermer la porte à ceux qui souhaitaient y entrer (Mat 3:13). Le règne de Dieu est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint (Rom 14:17). Une église locale doit en connaître le chemin pour pouvoir y guider d’autres personnes.

  1. Le respect du sacré: Les personnes assistent aux cultes cherchent avant tout une communion avec le sacré. Le bon sens veut que Dieu, qui est au dessus de tout et qui est Saint, doit être adoré et respecté. Certaines personnes sont désorientées et choquées lorsqu’elles constatent que leur communauté chrétienne perd le sens du sacré et décident d’aller ailleurs. Parlant par la bouche d’Ézéchiel, Dieu a reproché aux prêtres d’Israël de ne pas faire la différence entre le saint et le profane: Ses prêtres ont violé ma loi et profané mes sanctuaires: entre le saint et le profane, ils n'ont pas fait de différence et ils n'ont pas enseigné à distinguer l'impur et le pur. Ils ont détourné les yeux de mes sabbats et j'ai été déshonoré parmi eux (Ézéchiel 22:26). Le sens du sacré devrait nous amener à conduire les cérémonies avec le plus grand soin et le plus grand respect possible. Dans un monde qui n’a que peu de points de repères à offrir, les chrétiens veulent êtres dirigés dans la voie de la sainteté et de l’adoration.

[1] La charité est une démonstration d’affection envers les autres. Elle se souci du bien des personnes. Elle cherche à répondre à leurs besoins et à les aider dans leurs épreuves et leur cheminement. Elle est inséparable de la solidarité, du sacrifice et de l’effort mais aussi de la chaleur humaine (Luc 10:27-37; Luc 16:20-31, Mat:25 :31-46).

lundi 26 janvier 2009

Orienter les cultes du dimanche vers les inconvertis

Auteur: Rick Warren

Une des raisons de la croissance de Saddleback : nous ciblons notre audience du dimanche. Nous vivons des temps où une église « taille unique » finira par ne plus convenir à personne au lieu de convenir à tout le monde. Nous avons analysé quel était le type de familles qui emménageaient dans notre secteur , et nous avons établi le portrait robot de l’habitant du quartier qu’il nous fallait toucher.

Cela impliquait de réels changements dans nos activités du dimanche. Nous n’avons plus orienté nos cultes vers les membres mais nous les avons orientés vers les visiteurs. Cela impliquait que les membres de l’église fassent des sacrifices, mais cela faisait partie de leur ministère et ils étaient nourris par les enseignements bibliques dispensés pendant la semaine.

Changer notre culte d’adoration pour nous adapter aux visiteurs ne signifie pas que nous ayons compromis l’Evangile.

Raisonnons par analogie : Imaginez un missionnaire allant outremer et disant , « Je suis ici pour vous faire partager la Bonne Nouvelle, mais vous devez d’abord apprendre ma langue, apprendre mes coutumes, et chanter mon style de musique. »Vous voyez tout de suite pourquoi cette stratégie échouerait !

Nous devons donc commencer à penser différemment. Nous avons concentré nos efforts sur les in-convertis. Pour qu’ils se sentent bien ; nous avons chanté des chants à leur portée, nous avons élevé des prières auxquelles ils pouvaient s’identifier, et nous avons prêché des messages qu’ils pouvaient comprendre. Nous avons mis les bases du christianisme à la portée de n’importe quel visiteur du dimanche .

Je crois que nous devrions laisser la culture déterminer le style de louange ( et vous savez bien que je ne parle pas ici de compromettre la vérité). Paul a dit « Je me suis fait tout à tous, afin d’en gagner de toute manière quelques- un. »

Donc si vous vivez en Californie, vous devriez avoir une église de culture californienne. Si vous vivez dans l’Ohio, vous avez une église de culture de l’Ohio. Si vous vivez dans le Mississippi votre église devrait avoir la culture du Mississippi.

Voilà pourquoi il est très important que vous connaissiez votre communauté et que vous visualisiez qui sont vos cibles pour gagner des gens à Christ.

Publié dans Top Chrétien (www.topchretien.com)

lundi 5 janvier 2009

Comment équiper les autres en vue de leur confier des ministères

Auteur: John C. Maxwell

John C. Maxwell est le fondateur de INJOY, Inc. Et de EQUIP, à Atlanta en Géorgie. Il est un orateur très demandé aux États-Unis sur les thèmes du leadership et de la croissance des églises locales.

En devenant leader, un pasteur franchit une ligne importante. Je l’ai franchie quand je suis passé de mon premier pastorat à Hillham dans l’Indiana au second à l’église Faith Memorial de Lancaster dans l’Ohio. Pendant mon temps à Hillham, l’église a grandi régulièrement.

Mais quelques mois après mon départ de l’église comme pasteur, l’auditoire a chuté de moitié. Ce déclin eut lieu parce que je ne m’étais pas comporté en leader. Je n’avais aidé personne à développer leur potentiel si bien que personne ne pouvait prendre le relais dans les domaines où je m’étais investi.

Dans mon deuxième pastorat, j’ai profondément changé la façon d’exercer mon ministère en équipant des personnes afin qu’elles deviennent des leaders. Le premier domaine dans lequel je m’y suis appliqué fut celui de l’évangélisation.

À Hillham déjà, Dieu m’avait appelé à être un gagneur d’âmes. Je m’y appliquais à sortir presque tous les soirs pour partager ma foi avec les autres. Quand je suis parti à Lancaster et que j’ai découvert l’importance d’équiper les autres, je me suis fixé comme priorité d’entraîner avec moi des chrétiens pour en faire des gagneurs d’âmes. Dans les sept années qui suivirent, dix-huit d’entre nous avons amené 1.600 personnes à Christ.

En suivant l’appel de Dieu et les exemples bibliques de leaders efficaces, je n’étais plus un gagneur d’âmes en solo. J’étais devenu un formateur de gagneurs d’âmes. Quand un pasteur décide de devenir leader et d’équiper les autres, il ne se limite plus à ce qu’il peut accomplir lui-même ; la valeur de son ministère se mesure dès lors à la façon dont il s’investit dans le développement et la formation des autres.

JÉTHRO MONTRE LA VOIE AU BERGER…

C’est dans la vie de Moïse au chapitre 18 du livre de l’Exode que se trouve l’un de mes exemples favoris d’un pasteur devenu leader. Dieu avait appelé Moïse à conduire le peuple d’Israël hors d’Égypte. Mais dès le début, il a manifesté l’attitude d’un « je peux me débrouiller tout seul ». Il faudra le conseil avisé de son beau-père Jéthro pour lui faire changer d’approche.

Quand Jéthro vint visiter Moïse, Dieu avait fait des choses extraordinaires pour les Hébreux. Jéthro s’en était réjoui et avait glorifié Dieu lorsqu’il l’apprit. Mais le lendemain, Jéthro observa Moïse essayant de tout faire par lui-même ; il dit alors immédiatement à son gendre : « Ce que tu fais n’est pas bien. Tu t’épuiseras toi-même, ainsi que ce peuple qui est avec toi ; car la tâche est trop lourde pour toi ; tu ne pourras pas l’exécuter toi seul » Exode 18:17-18.

Jéthro vit le problème et comment Moïse et le peuple en seraient affectés. Jéthro proposa une solution au problème : équiper les autres pour accomplir la tâche.

MOÏSE A DÛ CHANGER SA FAÇON DE PENSER

Avant la visite de Jéthro, Moïse pensait probablement devoir tout faire lui-même. Quel soulagement cela a dû être que d’apprendre une approche de la bouche de son beau-père ! C’est ainsi que Jéthro apprit à Moïse à équiper les autres et à déléguer les tâches du ministère.

Connaissez-vous des gens qui sont pris au piège qui consiste à penser que l’on doit tout faire soi-même ? Il est particulièrement triste de voir des collègues pasteurs vivre sous un tel fardeau. La Bible ne dit pas : « Allez par tout le monde et prêchez la bonne nouvelle à toute la création, mais faites-le sans l’aide de votre équipe ou de votre église. » Une telle idée est seulement humaine et ne peut conduire qu’à la frustration et à l’épuisement.

Équiper les autres est un concept biblique. Dans Éphésiens 4:11-13, Paul écrit : « C’est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints (c’est-à-dire pour préparer le peuple de Dieu à servir). Cela en vue de l’œuvre du service et de l’édification du corps du Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ ».

Le plus grand défi de l’église consiste à produire des leaders spirituels qui puissent à leur tour se reproduire. Le ministère exercé par les membres de l’église contribue non seulement à soulager le fardeau du pasteur, mais aussi à montrer aux gens les bénédictions liées à l’implication dans le service. En tant que leaders, nous devons comprendre que pour que l’église grandisse, les membres doivent être équipés et formés en vue du service.

MOÏSE A DÛ CHANGER SA FAÇON DE FONCTIONNER

Les instructions données à Moïse par Jéthro peuvent être résumées en sept points qui sont tout aussi pertinents au ministère du leader aujourd’hui. En les suivant, vous pourrez vous aussi développer un bon programme de service impliquant les croyants.

Moïse est devenu un homme de prière : Quand Jéthro est allé voir Moïse, ce dernier assumait les fonctions de juge, d’ « encourageur », de guide, et de tout ce dont le peuple pouvait avoir besoin. Jéthro expliqua alors à Moïse qu’il devait changer ses priorités. Moïse devait se concentrer sur son rôle principal. « Tu dois être le représentant du peuple devant Dieu et lui amener leurs disputes, » lui dit Jéthro en substance dans Exode 18 :19. Parce que Moïse s’était laissé accaparer par toutes sortes de choses, il ne pouvait plus se concentrer sur l’essentiel qui était d’être un lien entre Dieu et le peuple.

Vous est-il déjà arrivé d’être tellement embourbé dans toutes sortes d’occupations que vous en êtes devenu incapable de faire l’essentiel ? La plupart des pasteurs sont tiraillés dans une centaine de directions différentes. Mais avant tout, le ministère de pasteur consiste à être un leader spirituel. Il est vital que les pasteurs prennent du temps dans la prière et à l’écoute de la direction et du conseil de Dieu.

Vous accordez certainement déjà une certaine importance à la prière, mais est ce réellement une priorité dans votre vie quotidienne ? Ce qui m’a souvent beaucoup aidé, c’est d’inscrire mon temps de prière sur mon calendrier et de demander à mes partenaires de prière de rendre compte de ma vie de prière. Peut-être faudra-t-il verrouiller la porte de votre bureau, de débrancher le téléphone, ou de réduire les causes de distraction. Prendre du temps à part pour un face-à-face avec Dieu aura forcément un impact positif sur votre ministère. Vous n’en serez que mieux préparé pour diriger les autres.

Moïse a donné un exemple que le peuple pouvait suivre : Jéthro a donné ce conseil à Moïse : « Explique-leur les prescriptions et les lois ; et fais-leur connaître le chemin qu’ils doivent suivre et l’œuvre qu’ils doivent faire » (Exode 18 : 20). Moïse avait la responsabilité de partager avec le peuple ce que Dieu lui avait confié, et d’être un modèle à imiter. Il aurait pu se contenter de leur inculquer les commandements, mais lorsqu’on se contente d’écouter, on a tendance à rester passif. Mais quand on montre ce qui doit être fait et comment le faire, les gens comprennent d’autant mieux nos directives.

L’an dernier, lors de notre « congrès catalyseur », des centaines de pasteurs et de responsables ont pu assister à notre culte pour enfants. Quel intérêt des adultes peuvent-il trouver à passer deux heures dans un culte pour enfants ? L’église qui hébergeait ce congrès a l’un des programmes pour enfants les plus novateurs aux États-Unis. Pendant deux heures, ces pasteurs et leaders ont non seulement entendu parler de méthodes pour améliorer leur ministère auprès des enfants, mais ils ont eux-mêmes vécu ce programme. Ils ont pu s’impliquer, poser des questions, et apprendre en faisant. Il aurait été bien plus facile de faire venir quelqu’un de l’église pour parler de leur ministère parmi les enfants, mais nous savions que cela aurait été bien moins efficace.

Les membres de votre église ont besoin de ce même type de modèle basé sur l’exemple que celui qui fut offert aux enfants d’Israël. Soyez un exemple qui donne envie aux autres de vous suivre. Montrez- leur de façon claire et évidente ce que vous attendez d’eux. Prévoyez des moments que vous consacrerez à leur exposer de nouvelles idées, et permettez aux gens de s’impliquer.

Moïse communiqua la vision : Avec un but tel que le pays promis, qui penserait qu’il faudrait convaincre les gens d’embarquer dans ce projet ? Mais il a bien fallu que Moïse communique constamment la vision que Dieu lui avait donnée et qu’il rappelle au peuple pourquoi ils devaient agir comme il leur avait dit.

Dans la dernière église dont j’étais le pasteur, l’assemblée wesleyenne Skyline à San Diego en Californie, nous avons entrepris un projet de construction et de relocalisation de 23 millions de dollars US. Le moins que l’on puisse dire est que cela plaça l’église devant des défis d’une certaine ampleur. Avez-vous déjà entendu parler du chasseur californien de moustique à queue noir ? Nous non plus jusqu’à ce que nous découvrions que cette espèce en voie de disparition vivait sur les terres où nous avions l’intention de construire. Et la liste des défis qu’il nous fallut affronter alla donc d’une espèce en voie de disparition, à la découverte d’un site archéologique, sans oublier les transformateurs électriques à déplacer. Il y eut de nombreux retards dans les travaux entraînant un surcoût important. Le processus dura treize ans, mais pendant tout ce temps-là, l’équipe de direction de Skyline a continué de communiquer la vision que Dieu leur avait donnée. C’est le dimanche de Pâques 2000, sous la direction de leur nouveau pasteur Jim Garlow, que l’assemblée de Skyline finit par entrer sur sa terre promise.

En tant que dirigeant, vous devez constamment replacer la vision devant l’assemblée. Ce faisant, vous remettez en perspective le passé, le présent et l’avenir. Se souvenir du passé permet de reconnaître les efforts fournis par beaucoup pour amener votre église à ce qu’elle est aujourd’hui. En examinant le présent, vous prenez en compte les besoins immédiats et la bénédiction de Dieu. En considérant l’avenir, vous suscitez l’enthousiasme et l’espoir de voir les promesses de Dieu s’accomplir pour votre église. En tant que dirigeant, vous devez trouver de nouvelles façons de dépeindre votre vision afin que les chrétiens soient impatients de voir comment Dieu va agir et accomplir son œuvre.

Moïse a mis au point un plan : Dans le livre de l’Exode 18:21-22, Jéthro a dévoilé un bon plan à Moïse : « Discerne parmi tout le peuple des hommes de valeur, craignant Dieu, des hommes attachés à la vérité et qui haïssent le gain malhonnête ; établis-les sur eux comme chefs de mille, chefs de cent, chefs de cinquante et chefs de dix. Qu’ils jugent le peuple en tout temps ; qu’ils portent devant toi toute affaire importante, et qu’ils jugent eux-mêmes les affaires secondaires. Allège ta charge, et qu’ils la portent avec toi. »

En tant que dirigeant dans le ministère, vous savez mieux que quiconque que la seule chose dont vous pouvez être sûr, c’est le changement ! Combien de fois avez-vous commencé un projet avec une mesure de succès, pour découvrir soudain un autre besoin pressant ? Si tôt que vous avez trouvé le personnel nécessaire pour faire fonctionner la garderie le dimanche matin, c’est la classe des plus grands qui a besoin d’un moniteur !

Chaque ministère a ses propres besoins, besoins qui changent constamment. Pour déterminer les besoins actuels de votre ministère, répondez aux questions suivantes :

• Évaluation des besoins : Quel aspect de ce ministère souffre actuellement et a particulièrement besoin d’attention ?

• Évaluation des ressources disponibles : Quelles sont les personnes qui assument déjà des responsabilités dans l’église et seraient disponibles pour répondre à ce besoin ?

• Capacités des candidats : Qui a les dons et les talents nécessaires pour remplir ce rôle ?

• Attitude des candidats : Qui est disposé à assumer ce rôle ?

• Efficacité des candidats : Qui est effectivement efficace dans le service ?

Quand vous aurez répondu à ces questions, vous serez prêt à franchir la deuxième étape.

Moïse a choisi et formé des responsables : Exode 18:25 nous dit que Moïse « choisit parmi les Israélites des hommes de valeur et les désigna comme responsables du peuple, à la tête de groupes de mille, de cent, de cinquante ou de dix hommes. »

Une des personnes que j’ai choisies de développer à Skyline est Dan Reiland. En Juillet 1982, Dan entra comme stagiaire dans notre église. Il sortait tout juste de l’école biblique. J’ai su dès que je l’ai rencontré qu’il avait un grand potentiel. Je le rencontrai donc régulièrement, et il me disait comment il pensait pouvoir servir notre assemblée dans le cadre de notre ministère. J’ai alors donné à Dan les ressources dont il avait besoin pour devenir un dirigeant efficace : livres, cassettes, conférences, et une formation en tête-à-tête.

Dans les quelques années qui suivirent, Dan développa ses capacités de leader et devint un des membres les plus appréciés de mon équipe. D’abord stagiaire envisageant de rester une année, il allait devenir membre à plein temps de notre équipe, puis mon pasteur exécutif. L’aspect de son histoire que je trouve le plus intéressant est la façon dont il est devenu un homme capable de favoriser le développement des autres dirigeants. En 1987, Dan a commencé pour les hommes un groupe appelé « Les hommes de Josué », un programme intensif de mentoring – une relation étroite semblable à celle d’un maître avec un apprenti. Après avoir dirigé ce ministère pendant neuf ans, il commença à enseigner les pasteurs d’autres églises sur son approche. Cet investissement de Dan a vraiment beaucoup rapporté. Il est vraiment un leader de leaders, et demeure un des membres les plus précieux de notre équipe.

Pour choisir ceux en qui vous voudrez vous investir, utilisez les critères indiqués par Jéthro à Moïse : des gens pieux et intègres. Recherchez des personnes qui manifestent une bonne attitude et exercent déjà une certaine influence parmi les membres de l’assemblée ; des gens qui entretiennent de bonnes relations avec les autres. Cherchez des gens qui démontrent un coeur de serviteur.

Votre objectif sera de former quelques leaders qui seront capables d’en former d’autres et de porter une part de la responsabilité du ministère. Commencez par un noyau et équipez-les pour le ministère. Vous aurez tout à gagner à investir ainsi dans la vie de ceux qui répondent aux critères mentionnés par Jéthro.

Moïse leur a confié la responsabilité d’exercer le ministère : Après que Moïse eut choisi et formé ces hommes, « Ils devaient siéger chaque jour pour juger les querelles du peuple » (Exode 18:26). Cela a libéré Moïse, qui ne passerait plus tout son temps à régler les différends du peuple.

Apprendre à servir ressemble beaucoup à apprendre à faire de la bicyclette. Si vous êtes parent, vous avez probablement appris à vos enfants. Vous savez donc très bien qu’il va vous falloir tenir le vélo par la selle. La première fois, votre enfant va peut-être rouler seul sans même le savoir pendant quelques secondes. Mais dès qu’il réalisera que vous ne le tenez plus, ce sera la chute. Cependant, plus il se relève et essaie encore et encore, plus il prend de l’assurance et devient capable de rouler par ses propres moyens.

Il en est de même lorsqu’il s’agit d’équiper des gens. Il arrivera que les gens tombent, et il vous faudra les encourager à se relever et se remettre en selle encore et encore. Peut-être devrez-vous même les tenir encore et reprendre le processus à zéro, mais il vous faudra bien finir par lâcher.

Dès lors que vous avez équipé un noyau de responsables, et que vous les avez formés dans un domaine particulier du ministère, lâchez-les. Donnez-leur l’occasion de prendre eux-mêmes les choses en main et d’équiper les autres. Alors qu’ils s’appliquent à équiper les autres et à diriger dans certains domaines, rencontrez-les régulièrement pour les aider, les motiver et les encourager. La fréquence de ces rencontres dépendra :

• De l’importance de la tâche.

• Des efforts demandés par cette tâche.

• De la nouveauté de la tâche.

• De la nouveauté de l’ouvrier.

• Du sens des responsabilités de l’ouvrier.

Votre objectif est de former des dirigeants qui deviendront à leur tour autonomes.

Moïse ne faisait que ce que les autres ne pouvaient pas faire : Exode 18:26 nous décrit cette dernière étape. Il est dit de ceux que Moïse a équipés pour leur tâche : « Ils devaient siéger chaque jour pour juger les querelles du peuple, et ils soumettaient à Moïse les affaires difficiles, mais réglaient eux-mêmes les causes mineures ». En tant que leader, Moïse devait rester prêt et disponible pour assumer les situations les plus ardues que les autres membres de l’équipe n’étaient pas capables de régler.

C’est là un aspect du rôle de leader qui ne m’enthousiasme pas ; il n’en est pas moins une des caractéristiques les plus spécifiques de la tâche de dirigeant. Nous devons être prêts à monter au créneau quand personne d’autre n’est prêt ou en mesure de le faire. Qu’il s’agisse de se défaire de quelqu’un, de réduire le budget, ou même de relocaliser toute l’organisation, chaque dirigeant a son lot de situations difficiles à affronter. En tant que leader, vous êtes responsable du ministère dans son ensemble.

Une de mes citations préférées concernant ces moments difficiles est de Peter Drucker : « Chaque fois que vous voyez un dirigeant qui a réussi, dites-vous bien qu’à un moment ou l’autre, quelqu’un a bien dû prendre une décision courageuse ». Cela est aussi vrai dans le ministère. Les dirigeants sont appelés à prendre les décisions qui visent au bien de l’organisation. Ils assument des situations que personne d’autre ne peut assumer, mais ils ont aussi un grand impact.

Le changement d’approche dans la façon dont Moïse dirigeait lui permit d’être plus fort, et permit au peuple de vivre davantage dans la paix. De même, lorsque vous aurez développé un noyau de base constitué de dirigeants qui commencent à s’investir dans la vie des autres, un cycle commence et vos opportunités dans le ministère iront en grandissant. Cela peut paraître énorme, mais si cela a fonctionné pour Moïse et les millions de gens récalcitrants qu’il a conduit à travers le désert, cela peut bien fonctionner pour vous aussi.

Article publié dans Ressources Spirituelles, N.6, Printemps 2003


Équiper les autres pour le ministère : Le modèle de Jésus


Auteur: John C. Maxwell

John C. Maxwell est depuis plus de vingt ans un leader et un communicateur efficace et passionné. Il est le fondateur d'INJOY, une organisation qui se consacre à aider les gens à maximiser leur potentiel.

Quand nous parlons d’équiper les autres, il est bon de se demander ce que ferait Jésus à notre place. Nous trouvons la réponse dans l’évangile de Marc. Cet évangile nous donne une image très claire de la façon dont Jésus a formé et développé douze hommes en vue du ministère.

« C’EST MOI QUI LE FAIS »
Jésus commença par faire lui-même les choses et débuta son ministère en servant les hommes. Dans Marc chapitres 1 et 2, nous le voyons occupé à enseigner, chasser les mauvais esprits, guérir les malades, purifier les gens de leurs péchés, confrontant ceux qui en avaient besoin, et priant. Il a aussi expliqué son but. Jésus a dit : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (Marc 2:17).

« JE LE FAIS, MAIS VOUS ÊTES AVEC MOI »
Quand Jésus appela les douze et les établit comme apôtres, il devint leur mentor (Luc 6:13). Les apôtres étaient avec lui alors qu’il faisait des miracles et enseignait. Ils virent Jésus à l’affût d’endroits retirés où il pouvait passer du temps avec son Père dans la prière. Ils apprirent par son exemple à vivre, travailler et enseigner les autres.

« VOUS LE FAITES, ET JE SUIS AVEC VOUS »
Après que les disciples eurent voyagé avec Jésus pendant un temps, il les envoya seuls, leur laissant des instructions bien précises. Marc 6:12-13 nous dit : « Ils partirent et prêchèrent la repentance. Ils chassaient beaucoup de démons, oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient ». À présent, ils servaient les autres et exerçaient leur ministère avec l’aide et les directives de Jésus.

« VOUS LE FAITES »
Alors que les disciples apprenaient davantage, Jésus leur donna davantage d’occasions de servir les autres. Au moment de sa résurrection et de son ascension, il les encouragea et les envoya poursuivre le ministère et se multiplier. Nous voyons par exemple dans Actes 6:1-7 : « La parole de Dieu se répandait, le nombre des disciples se multipliait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissait à la foi » (verset 7).

« VOUS LE FAITES ET QUELQU’UN VOUS ACCOMPAGNE »
Le véritable test de la formation est de voir si d’autres seront équipés pour continuer le ministère et équiper à leur tour une autre génération. Dans 2 Timothée 2:1-2, Paul rappelle à Timothée : « Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Christ-Jésus. Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres ». Équiper les autres constituent en fait un cycle complet. Nous équipons ceux qui pourront en équiper d’autres afin d’atteindre ce monde pour Christ.

Pour suivre l’exemple de Jésus et équiper les autres, il nous faut commencer par choisir des gens fiables et les amener avec vous visiter les malades, partager votre foi, prier, et accomplir tout ce qui relève du ministère. Une fois qu’ils seront entrés dans cette vision, permettez-leur d’accomplir eux-mêmes ces tâches fondamentales du ministère avec votre aide. Et quand ils seront prêts, laissez-les aller en leur permettant de reproduire ce processus avec d’autres. Si cela a fonctionné pour Jésus, cela fonctionnera pour vous.

Article publié dans Ressources Spirituelles, N.6, Printemps 2003

dimanche 4 janvier 2009

La source de la croissance: le réveil

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Le mot réveil signifie revivre, être renouvelé afin de devenir ce que nous sommes sensés être en Dieu. Le réveil est dû à une effusion du Saint-Esprit qui conduit les gens au repentir et au désir d’une nouvelle vie. Bien qu’il puisse y avoir des manifestations sensibles de l’Esprit comme par exemple une intense joie ou le repos dans l’Esprit, le fruit d’un réveil est la conversion des personnes. Charles Finney, un grand prédicateur protestant, le décrit comme « le début d’une nouvelle obéissance à Dieu. » Le réveil est là quand on voit des multitudes se donner au Seigneur et que des foules sont baptisées. Il y a un renouveau d’amour dans la vie des croyants qui se rassemblent alors dans une véritable communion fraternelle. Les chrétiens aspirent à la sainteté individuelle et collective : c’est en quelque sorte un retour au livre des Actes des Apôtres.

L’origine des réveils

L’évangéliste américain Dwight Moody disait : « Vous recevrez un réveil à la mesure de votre prière » . L’Église primitive et particulièrement la Pentecôte trouve son origine dans une réunion de prière. Jim Cymbala le pasteur de l’église Brooklyn Tabernacle, une assemblée de 10.000 membres, dans l’État de New-York explique : « Nous avons commencé avec 15 à 18 personnes pour arriver à plusieurs milliers. Quand je considère ce que Dieu a fait au fil des ans, je constate que le cœur de notre ministère a été la réunion de prière. Quand nous crions vers Dieu, il répond.» Pour lui les réunions de prière donnent l’énergie et la vitalité nécessaires pour accomplir ce que Dieu nous demande. Dieu donne son Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent dit-il Être rempli de l’Esprit n’est pas une expérience ponctuelle mais une réalité durable. Le peuple de Dieu peut vivre de nouvelles effusions de l’Esprit qui les revêt alors de force, de joie, de liberté, et de passion pour atteindre les perdus. C’est ce que Dieu fait dans nos réunions de prière.

Deux exemples de réveils dans des églises locales

L’église du pasteur Jim Cymbala le Brooklyn Tabernacle est située dans un quartier difficile de New York où règnent la drogue, la violence et tout ce que l’on trouve dans les ghettos. Alors que son église comptait environ cent membres, il tomba gravement malade. Dépourvu de santé, et d’argent, il dit à Dieu : « Je ne sais que faire. Les uns disent que pour faire grandir l’église, il faut avoir une vision, les autres disent qu’il faut des cellules de maison et d’autres qu’il faut organiser une école du dimanche. Mais Seigneur, si tu n’agis pas rapidement, nous n’aurons plus d’église du tout (…) que dois-je faire au point où nous en sommes ? Je n’ai pas d’argent et c’est si difficile dans ce secteur de la ville. »

Le Seigneur mit alors dans son cœur la conviction suivante : s’il faisait supplier Dieu par les membres de son église, celui-ci l’assisterait dans toutes ses prédications, s’occuperait des finances et enverrait plus de gens que l’église ne peut contenir. Il présenta cette conviction aux membres de son église. Ils organisèrent alors des réunions de prière tous les mardi soir et Dieu commença à accomplir ses promesses.

Depuis que son église a été relocalisée dans un nouveau bâtiment, la fin des réunions du dimanche (11h00, 15h30, 19h30) est consacrée à la prière. Les réunions du dimanche durent de 2 heures à 2 heures et demie. Tous les recoins du bâtiment sont nécessaires pour contenir l’auditoire. De la réunion du mardi soir est né un groupe de personnes qui prient à tour de rôles vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. La prière à pris une telle place dans cette église que durant les réunions du dimanche, 40 à 50 personnes prient pour soutenir la prédication du pasteur. Lorsqu'on le supplie explique le pasteur Jim Cymbala Dieu ne va pas rester passif et dire « non, je ne vous aiderai pas ». Nous avons trop de gens qui enseignent et pas assez qui prient dit-il. Il ne nie pas la valeur de l'enseignement mais il estime que c'est avant tout l’effusion du Saint-Esprit dans l'église locale qui est à l'origine du réveil.

Tommy Barnett est le pasteur de l’église First Assembly of God de Phoenix dans l’Arizona. Cette église locale a connu une des croissances les plus rapide de histoire Américaine. Elle compte maintenant environ 15 000 membres. Le réveil dans cette église a commencé le jour où le pasteur a prêché sur le réveil et la prière. C'était un dimanche, il invita alors les personnes de l'assemblée à organiser des réunions de prière chez eux. Plus de mille personnes ont répondu à son invitation. Des centaines s’engagèrent aussi un prier une heure par jour. Puis il organisa une réunion de prière hebdomadaire à six heures du matin tous les lundi. Des centaines et parfois des milliers de personnes y insistent chaque semaine.

Quand nous avons commencé à prier ainsi, dit-il, des choses se sont mises à bouger dans notre église. Beaucoup de gens se sont convertis.

Les chrétiens de cette église jeunent, prient et cherchent la face de Dieu avec ardeur et persévérence. Puis ils vont dans les rues rendre témoignage et gagner des hommes et des femmes à Jésus-Christ. Un pasteur est disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre afin que les gens puissent amener à n’importe quelle heure ceux et celles qui ont besoin de se convertir. Ce réveil ne s’est jamais arrêté. Le réveil est toujours la réponse de Dieu à la prière.

Tommy Barnett pense que la clé du réveil est non seulement la prière mais aussi de toujours amener davantage de personnes non converties aux célébrations afin qu’elles soient rempli du Saint-Esprit. Selon lui, c’est ce qui explique leur réveil à Los Angeles. Chaque dimanche soir, ils envoient 20 autobus sillonner la ville pour prendre des gens dans les rues, dans les maisons de convalescence et de retraite. Ils voient ainsi venir à l'église des milliers d’âmes perdues et sans espoir : Le réveil cessera dès que nous cesserons d’amener les perdus à l’église. La prière seule ne suffit pas. La prière sans les œuvres est morte (…). Nous sommes parfois tentés d’être soit une église qui prie, soit une église qui agit sur le terrain, mais il nous faut ces deux dimensions. (…) J’enseigne à notre église que pour chaque heure de service pour Dieu, nous avons besoin de deux heures dans la prière.

La part des pasteurs pour faire advenir le réveil est non seulement de faire prier l'église pour supplier Dieu, c'est aussi de former les chrétiens à accomplir l’œuvre du ministère. Tout le potentiel dont un pasteur a besoin pour atteindre sa ville, quelle qu’en soit la taille, se trouve dans les bancs de son assemblée. Il suffit de les encourager à s'impliquer en leur disant : « Pourquoi n’allez-vous pas trouver un besoin, un vide, et essayer de le combler et d’y répondre ? » Dans son église, Tommy Barnett posa la question aux personnes présentes : « Pourquoi ne commenceriez-vous pas un ministère envers les handicapés en chaise roulante ? et une femme l’a fait. À présent, elle amène aux célébrations dix personnes en chaise roulante toute les semaines… Quelqu’un d’autre a débuté un ministère auprès de malades du sida. Un autre a commencé une église pour motards…»

Formez les gens, puis libérez-les et envoyez-les s’impliquer dans le service. Dites-leur : « Pourquoi ne chercheriez-vous pas quels sont les besoins ? Découvrez l’endroit où Dieu vous a appelé, et allez à la rencontre de ces personnes ; puis amenez-les chaque dimanche matin. » Prêchez- leur l’Évangile et faites de votre mieux pour les conduire au salut. L’ampleur que prendra le réveil dépend de nous, car il nous est donné selon la mesure dans laquelle nous prions et recherchons la face de Dieu (Tommy Barnett).


La prière qui déclenche le réveil (selon Charles Finney) :

1. Les chrétiens doivent prier avec des objectifs précis.

2. La prière doit être selon la volonté de Dieu.

3. Celui qui combat dans la prière doit être soumis à la volonté de Dieu.

4. La motivation de nos prières doit être la gloire de Dieu.

5. La prière efficace est en fait l’intercession du Saint-Esprit à travers le croyant.

6. La prière efficace est persévérante.

7. La prière doit être offerte à Dieu au nom de Jésus.

8. Le chrétien qui prie doit renoncer à tout péché.

9. La prière doit être offerte à Dieu dans la foi.

La croissance des églises et le modèle pentecôtiste

Le modèle des églises pentecôtistes et charismatiques met en avant la place centrale de l’Esprit Saint dans l'action missionnaire. Il manifeste une vérité essentielle de la parole de Dieu : les disciples de Jésus ont été non seulement envoyés dans le monde pour proclamer la Bonne Nouvelle mais aussi pour guérir les malades et chasser les démons. Il rappelle la dimension surnaturelle de l'évangélisation et présente les miracles opérés par l’Esprit comme un élément constitutif de la mission chrétienne.

Certes, toutes les églises en croissance ne sont pas de spiritualité ou de culture charismatique mais celles qui le sont ont un taux de croissance plus élevé. Peter Wagner, qui succéda à McGavran comme pote parole du Mouvement pour la croissance des églises a cherché les raisons de cette croissance. Il a rencontré les caractéristiques communes aux églises en croissance « non charismatiques » :

  • L’insistance sur l’évangélisation.
  • La planification pour implanter de nouvelles Églises.
  • Le souci des résultats chiffrés.
  • L’utilisation des outils de gestion pour mieux accomplir la mission.
  • Le caractère « indigène » des églises locales.
  • L’intégration et l’implication des nouveaux dans la communauté chrétienne.
  • La prise en compte de la réceptivité de la population.
  • L’implication de tous les membres de l’église dans des ministères laïcs et dans le témoignage de leur foi.
  • Un fort leadership pastoral.

Et il aussi noté des éléments spécifiques à ces églises :

  • L’insistance de faire l’expérience personnelle de Dieu à travers le baptême du Saint Esprit.
  • L’exercice des charismes (dons spirituels) tant dans les célébrations que dans les entreprises missionnaires: les paroles de sagesse, les paroles de connaissance, guérison, prophéties, discernement des esprits, parler en langue et interprétation des langues (1 Corinthiens 12:8-11).
  • Une foi qui opère des miracles : le genre de foi qui engendre des signes et des prodiges par la puissance de Dieu (Peter Wagner).

L’exercice des dons charismatiques fait partie de la vie courante des baptisés et les pasteurs considèrent ces manifestations de l’Esprit Saint comme partie intégrante de la vie de l’église. Les pentecôtistes et les charismatiques exercent leur foi dans ce qu’ils appellent la quatrième dimension: Ceux qui vivent et agissent au niveau de la quatrième dimension (de la foi), et croient aux œuvres surnaturelles de l’Esprit Saint, à ses signes et ses prodiges, ont un net avantage pour gagner les masses au Christ (Peter Wagner).

Mais si Peter Wagner ne cache pas son enthousiasme face aux pratiques pastorales et missionnaires pentecôtistes, il en signale aussi les limites et certaines exagérations. Les églises pentecôtistes ont aussi connu de nombreuses divisions au sein de leur propre dénomination. Elles ont fait preuve d'une tendance à se fragmenter parfois plus grande que celle des autres groupes protestants.

Par ailleurs, le mouvement pentecôtiste s'avérerait plus fort à convertir les gens qu'à promouvoir leur croissance spirituelle après leur conversion : il est plus habile en évangélisation initiale qu'en maturation spirituelle explique Wagner. Les pentecôtistes auraient tendance à être des activistes qui vivraient, certes une expérience spirituelle forte et sensible au début de leur conversion, mais qui, par la suite, ne chercheraient trop souvent qu’à reproduire cette expérience initiale et à la partager avec ceux qui ne l’ont pas connue.

Les églises pentecôtistes accordent beaucoup d’importance à la formation des nouveaux convertis pour les habiliter à évangéliser et « gagner des âmes » au Christ, mais elles sont moins fortes quand il s'agit de prodiguer une nourriture plus substantielle aux chrétiens engagés qui ne se contentent pas d'être actifs au service du Christ mais qui éprouvent une soif plus grande pour le Christ lui-même.

Malgré les exagérations et les limites qui parfois les caractérisent, ces églises n'en conservent pas moins une certaine cohérence. Cette cohérence est présente au niveau de la vie chrétienne organisée autour de l'action de l'Esprit. L’insistance sur la personne du Saint Esprit et sur la nécessité d’être baptisé dans l’Esprit produit un modèle missionnaire distinct qui, même s’il comprend des éléments d’autres églises en croissance, apporte une dimension qui rappelle les actes des apôtres et l’église primitive. La dynamique majeure qui caractérise la croissance des églises charismatiques est la puissance de l’Esprit explique Peter Wagner.

Le modèle missionnaire pentecôtiste a l’avantage de rappeler que la croissance de l’Église est due avant tout à l’action de l’Esprit Saint. C’est lui qui est le protagoniste de la mission; il guide et assiste l’Église dans ses entreprises. Il descend sur les croyants afin de leur permettre de remplir efficacement leur mission. Il guérit les malades, inspire les prédicateurs et touche le cœur des personnes évangélisées pour les inviter à accueillir la grâce de la foi. C’est lui qui, avec le Christ, proclame, rend présent et communique la Bonne Nouvelle du Royaume. C’est donc à lui qu’il faut avant tout attribuer la croissance de l’Église et avec lui qu’il faut collaborer pour la promouvoir.

Aider les membres de son église à évangéliser de personne à personne

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Former les membres d’une église locale à évangéliser et les responsabiliser face à leur mission de témoigner de leur foi est un des facteurs qui permet de faire croître une communauté chrétienne. Jésus-Christ après sa résurrection a confié à l’Église le soin de poursuivre sa mission évangélisatrice : « De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie » (Jn 20:21 ). L'annonce et le témoignage de l'Évangile sont en fait le premier service que les chrétiens ont à rendre au monde. Tous les chrétiens ont la responsabilité de transmettre l'amour de Dieu qui se manifeste en plénitude dans l'unique Sauveur, Jésus-Christ.

Mais que dire aux chrétiens pour les aider à évangéliser? Comment rendre leur témoignage convaincant et persuasif? Comment leur permettre d’amener d’autres personnes à la foi en Jésus-Christ? Ce sont les questions auxquelles cet article tente de répondre en proposant une méthode et des conseils pour évangéliser de personne à personne.

LA DÉMARCHE INITIALE : « ÉCOUTE ISRAËL »

Précisons d’abord qu’évangéliser signifie annoncer Jésus-Christ par la parole et par les actes, c'est-à-dire être instrument de sa présence et de son action dans le monde. Son objectif est d’aider tous les hommes et les femmes à faire un acte de foi envers Jésus-Christ, sauveur du monde.

L’évangélisation contiendra toujours la proclamation claire du salut offert en Jésus-Christ comme don de la miséricorde de Dieu pour effacer les péchés du monde et permettre aux hommes et aux femmes d’obtenir la Vie éternelle.

Mais on n’accède pas au cœur d’autrui sans gratuité, sans charité ni sans dialogue. L’évangélisation de personne à personne nécessite de bâtir une relation authentique avec les autres. Évangéliser c’est d’abord se décentrer et entamer une démarche d’écoute. L’évangélisateur doit faire les premier pas pour engager un dialogue avec autrui, dialogue qui cherche à découvrir et à faire émerger les besoins et les soifs spirituelles de ses interlocuteurs.

Ce dialogue se fait d'une manière amicale. Il n’est pas une interview ou une manœuvre mais une marque sincère d'intérêt pour les personnes. Il est parfois long, parfois bref, de quelques minutes à plusieurs heures et même plusieurs années... Mais cette période de dialogue est essentielle car elle permet de créer des liens, de bâtir la confiance et de poser des actes de charité et de service qui donneront la possibilité, le moment venu, de présenter l’Évangile.

GUIDER LA CONVERSATION

Durant cette période de dialogue, l’évangélisateur aura parfois à guider la conversation de manière à pouvoir aborder le sujet de Dieu. L’évangélisateur pourra par exemple dévoiler ses propres options religieuses et oser poser des questions qui vont impliquer l’interlocuteur. Par exemple: « Pour toi/vous, Dieu est-il important? », ou encore « Connaissez-vous Dieu? » Certains versets de la Bible pourront alors êtres cités.

« La foi vient de la prédication entendue, et la prédication se fait par la parole de Dieu. » Romain 10:17

Mais attention, convaincre quelqu’un n'est pas le marteler de versets bibliques. C'est plutôt lui présenter ceux que l’Esprit Saint inspire sur le moment. C’est aussi chercher à répondre aux besoins de la personne. Il est donc important d’accompagner son dialogue par la prière intérieure et de se poser certaines question: Ce que souhaite dire ou le passage biblique que je vais citer répond-il aux besoins ou aux aspirations de mon interlocuteur ? Qu’est-ce que cela peut lui faire?

L’évangélisateur sera écouté s’il parle de sa foi aux bons moments. Il y a des périodes dans la vie d’une personne durant lesquelles celle-ci est plus réceptive à l’Évangile. C’est le cas par exemple des périodes de transition et d’incertitudes (déménagement, changement de travail, adolescence, etc.) ou lorsque des souffrances particulières sont vécues (divorces, maladie, perte d’un être cher, etc.) ; il y a aussi des temps de Noël ou de Pâques. En général les groupes les plus réceptifs à l’Évangile sont les jeunes familles avec enfants et les étudiants au niveau universitaires.

QUELQUES CONSEILS POUR MIEUX PARLER DE SA FOI

  • Prenez le temps de vous préparer en mémorisant des versets bibliques.
  • Ayez une bonne connaissance des Écritures.
  • Invoquez l’Esprit afin qu’il vous inspire quoi dire.
  • Sachez parler de Dieu aux moments favorables, aux moments où les gens sont le plus réceptifs.
  • Ayez foi en ce que vous dites et assurez-vous d'en être un exemple.
  • Employez un vocabulaire simple que tout le monde comprend.
  • Évitez les « controverses » et les disputes doctrinales.
  • Soyez disponible, chaleureux et attentif.
  • Ayez des documents (Évangiles, dépliants, livres, autres...) à laisser à vos interlocuteurs.
  • Ne jugez pas mais acceptez les personnes telles qu’elles sont.
  • Que vos paroles apportent la paix, le pardon, l'espérance, etc.
  • Sachez parler avec profondeur et sérieux.
  • Ne soyez pas timide ou gêné. Parlez d'égal à égal.
  • Apprenez à guider une conversation, avec tact et courtoisie.
  • Soyez fiers du message que vous présentez. Ne vous excusez pas.
  • Bénissez intérieurement les personnes à qui vous parlez.
  • Souriez !

TROIS QUALITÉS ESSENTIELLES POUR ÉVANGÉLISER

Le courage : Celui-ci s'exprime dans le sacrifice de notre respect humain qui nous empêche bien souvent de témoigner. N’ayez pas peur de parler de votre foi même devant ceux qui nous semblent, à première vue, peu enclins à être d’accord.

L'humilité : Celle-ci nous fait nous rendre compte que nous ne sommes que les porteurs d'une Parole qui n'est pas la nôtre et qui à sa source en Dieu lui-même. Et qu’il s’agit donc d’accompagner notre témoignage par la prière et l’invocation de l’Esprit Saint.

La charité : Celle-ci nous fait supporter de n’être parfois pas écouté et parfois même rejeté ou ridiculisé. La charité nous invite à ne pas nous imposer : Insister, mais sans s'imposer. Elle nous pousse tendrement à rendre service, à intercéder et à jeûner pour les personnes à qui nous voulons présenter la Bonne Nouvelle.

CERTAIN EXCÈS À ÉVITER

  • Le fanatisme : L'évangélisateur s’impose, se force un passage et ne mesure pas ses paroles. Il est blessant et ne respecte pas le temps nécessaire à certaines conversions. Il nie le droit à la liberté de conscience.
  • Le respect humain : L’évangélisateur met beaucoup d’efforts à établir des relations satisfaisantes mais l'objectif final semble lui échapper : Faire accepter Jésus comme Sauveur et Seigneur. Cet évangélisateur cherche plutôt à plaire, il ne veut pas choquer. Il craint le jugement des autres et n'ose pas avoir un message incitatif, il reste sur une position de retrait et d'écoute.
  • Être centré seulement sur le message à transmettre : L’évangélisateur prépare une présentation de la Bonne Nouvelle « standard » derrière laquelle il s'abrite. Il oublie de tenir compte des situations particulières et oublie d’invoquer l’Esprit Saint.
  • Parler de soi : L’évangélisateur ramène tout à lui-même et se cite en exemple. Il parle volontiers de sa conversion et de ses expériences spirituelles mais ne s’intéresse pas sincèrement aux autres.
  • Le prosélytisme : L’évangélisateur évangélise dans la division et/ou dans la concurrence des Églises et des chrétiens. Cette forme d’évangélisation est un contre-témoignage qui décrédibilise l’Évangile.

FACE AUX RÉSISTANCES ET AUX CONTRADICTIONS

« Il faut éviter les querelles de mots, bonnes seulement à perdre ceux qui les écoutent. » 2Timothée 2:14

Parce que vous prenez l'initiative de parler de Dieu et que vous invitez à la foi, les personnes qui vous écoutent chercheront éventuellement à vous contredire. Il pourra arriver que certaines personnes s’opposent à vous de façon agressive. Dans ce cas…

  • Ne vous laissez pas ébranler.
  • Restez en paix, bienveillant, priez intérieurement.
  • Conservez une attitude d’écoute.
  • Ne vous laissez pas entrainer dans des disputes de mots.
  • Pardonnez.
  • Ne vous sentez pas obligé d’avoir toutes les réponses ou de répondre sur le champ.
  • Ménagez la susceptibilité des personnes. Évitez de les contredire.
  • Respectez ce qui est dit même si vous n’êtes pas d’accord ou que cela vous semble injuste.
  • Gardez le silence et confiez votre interlocuteur à l’action de l’Esprit.
  • Évitez toute discussion, toute réponse brutale.
  • Si le dialogue est encoure possible, cherchez à vous faire expliquer les causes des résistances.
  • Laissez parler la personne, ne l'interrompez pas. Plus elle parle, plus elle vous donne des clés pour comprendre ce qui la trouble et la préoccupe.
  • Une personne peut avoir de bonnes raisons d’émettre des réserves, soyez compréhensif.

« L’habileté, pour un homme, c’est d’être patient, sa fierté, c’est de passer sur une offense. » Proverbes 19:11

L'ANNONCE PROPREMENT DITE

Durant vos discussions, par la grâce de l’Esprit, certaines personnes se montreront ouvertes et réceptives. C’est alors le temps d’annoncer clairement le chemin qui conduit au salut et d’inviter les autres à confier leur vie à Jésus-Christ par un acte de foi.

La présentation des 4 lois spirituelles élaborées par Bill Bright est un outil efficace pour en arriver à cette prise de décision.

  • PREMIÈRE LOI : Dieu vous aime et a un plan merveilleux pour votre vie.
  • DEUXIÈME LOI : L'homme est pécheur et séparé de Dieu, ainsi il ne peut connaître ce que sont l'amour et le plan de Dieu pour sa vie.
  • TROISIÈME LOI : Jésus-Christ est la seule solution de Dieu pour le péché de l'homme. Par lui vous pouvez connaître et expérimenter l'amour de Dieu et son plan pour votre vie.
  • QUATRIÈME LOI : Nous devons recevoir personnellement Jésus-Christ comme notre Sauveur et Seigneur; ensuite nous pouvons connaître et expérimenter l'amour et le plan de Dieu pour notre vie.

Après la présentation de ces vérités bibliques l'évangélisateur demande à son interlocuteur s’il veut confier sa vie à Jésus-Christ. Il lui propose de répéter après lui une courte prière qui ressemble à celle-ci : Seigneur Jésus, je te remercie de ton amour et de ce que tu es venu dans le monde pour me sauver. Je reconnais que j'ai dirigé jusqu'à présent ma vie sans tenir compte de ta volonté et qu'ainsi j'ai péché contre toi. Je t‘accepte maintenant dans mon cœur et je te reçois comme mon Sauveur et mon Seigneur. Merci de me pardonner mes péchés. Fais de moi la personne que tu désires que je sois. Merci d'avoir répondu à ma prière. Amen.

(VOIR AUSSI: 5 VÉRITÉS QUI CONDUISENT AU SALUT)

Quand devrait-on présenter les quatre lois spirituelles ou les 5 vérités qui conduisent au salut?

- Quand la personne manifeste par certaines questions ou par son attitude qu'elle est intéressée à aller plus loin : « À quelle église allez-vous? Quels jours et à quelle heure sont les réunions ? Comment puis-je devenir chrétien ? Comment puis-je connaître Dieu ? etc... ».

- Quand la personne répond par l'affirmative de vos propos en disant : « Oui, vous avez raison... ».

Il s’agit donc d’en arriver à ce moment crucial où la personne fait un acte de foi salutaire. L’évangélisateur devrait oser dire: « Il vous est possible de vous savoir sauvée, libérée… Voulez-vous accueillir Jésus dans votre vie ? Voulez recevoir la Vie Éternelle ? » ; et, dans l’affirmative, inviter la personne à faire avec vous la prière citée plus haut.

Et après ?

  • Lorsqu’une personne a fait un acte de foi, il s’agit de ne pas l’abandonner. Si c’est la première fois que vous la rencontrez, échangez vos numéros de téléphone et fixez un rendez-vous pour une rencontre ultérieure. L’étape suivante est de l’introduire à la communauté des croyants afin qu’elle y établisse des liens. C’est aussi le temps de lui expliquer les bases d’une discipline spirituelle qui la conduira à la croissance spirituelle :
    • Prier Dieu chaque jour (Jean 15:7).
    • Lire la Parole de Dieu quotidiennement (Actes 17:11).
    • Témoigner de Jésus-Christ par ses paroles et par ses actes (Matthieu 4:19; Jean 15:8).
    • Fréquenter régulièrement une église et fraterniser avec d’autres chrétiens.

CONCLUSION

Nous avons parlé de l’importance du dialogue, de l’écoute, d’oser parler de sa foi et de proposer aux autres un acte de foi. Mais l'action missionnaire sera plus efficace si elle est précédée par la prière et les sacrifices ainsi que par un effort de formation continue afin de mieux connaître la Bible et les éléments du Kérygme (l’essentiel de la foi).

On pourrait schématiser ainsi les différentes étapes de l’évangélisation :

  1. La prière : Prier pour les personnes que l'on cherche à évangéliser. Prier pour avoir des occasions de témoigner.
  2. La formation : Mémoriser des versets bibliques et bien saisir l'essentiel de sa foi.
  3. La rencontre : Aller vers les autres et créer de nouveaux liens.
  4. L’écoute : S’intéresser aux autres, mieux comprendre leurs besoins et leurs défis, établir des liens de confiance et d'amitié.
  5. L’annonce : Oser parler de sa foi.
  6. L’invitation à faire un acte de foi : Présenter les quatre lois spirituelles.
  7. Le suivi : Être fidèle et conduire les personnes à l’église.

C'est Jésus-Christ lui-même qui précède l'œuvre des évangélisateurs, l'accompagne et la conduit. Sa présence, selon sa promesse, ne fera jamais défaut: « Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Mt 28:20).

Précisons pour terminer qu'en général, la parole et le témoignage de vie vont de pair. Si la Parole est en contradiction avec la conduite, l’annonce de l’Évangile sera compromise. Mais il peut arriver aussi que, dans certaines situations particulières, parler de Jésus ne soit ni nécessaire ni avisé. Il s’agit alors de faire preuve d'intelligence et de parler avec ses actes, de parler avec l’amour et avec les vertus que nous manifestons. Car c’est avant tout, et plus que tout, l’amour qui évangélise, l’amour qui guérit, l’amour qui attire à la Vérité.

A la découverte des principes qui vont diriger mon ministère

Auteur: Rick Warren

En 1974, servant en tant qu’étudiant missionnaire au Japon, je vivais avec un couple missionnaire baptiste, dans leur maison à Nagasaki. Un jour, pendant que je parcourais leur bibliothèque, je suis tombé sur un vieil exemplaire de HIS, un magazine chrétien pour les étudiants, publié par InterVarsity Christian Fellowship.

Alors que j’en parcourais les pages, mon regard s’arrêta sur la photographie d’un vieil homme séduisant avec une barbiche et des yeux étincelants. Le sous-titre de l’article disait à peu près ceci : "Pourquoi cet homme est-il dangereux ?" Alors que je m’asseyais pour lire cet article au sujet de Donald Mc Gavran, j’étais loin d’imaginer que cela aurait un impact énorme sur la direction de mon ministère, comme ce fut le cas également lors d’une rencontre avec W.A. Criswell.

L’article décrivait comment Mc Gavran, un missionnaire né en Inde, avait passé son ministère à étudier comment les églises croissaient. Ses années de recherches l’avaient finalement conduit à écrire les ‘Ponts de Dieu’ en 1955 et une douzaine de livres sur la croissance de l’église, qui sont des classiques aujourd’hui.

Tout autant que Dieu utilisa W.A Criswell pour me conduire au ministère précis de pasteur, Dieu utilisa les écrits de Donald Mc Gavran pour m’amener, non à devenir le pasteur d’une église déjà existante, mais à implanter une église dont je serai le pasteur. Comme Paul le dit dans Romains 15.20 : "Je me suis fait un point d’honneur d’annoncer l’Evangile là où Christ n’avait pas été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui ."

Mc Gavran défia brillamment les conventions de son époque sur la manière de faire grandir une église. Avec un fondement biblique et tout simplement une logique passionnée, Mc Gavran démontra que Dieu veut que son église grandisse. Il veut que l’on aille chercher ses brebis égarées.

Les questions relevées par Mc Gavran m’ont paru très pertinentes, alors que je constatai comment les églises au Japon grandissaient péniblement. Je fis une liste de 8 questions auxquelles je voulais trouver les réponses :

- Quelle est la part de ce que font les églises qui est réellement biblique ?
- Quelle est la part de ce que nous faisons qui est tout simplement culturel ?
- Pourquoi certaines églises grandissent alors que d’autres s’essoufflent ?
- Qu’est-ce qui fait qu’une église grandissante arrête de grandir, stagne puis diminue ?
- Y a-t-il des points communs à chaque église qui grandit ?
- Y a-t-il des principes qui seront valables dans chaque culture ?
- Quels sont les obstacles à la croissance ?
- Quels sont les mythes conventionnels au sujet de la croissance de l’église qui ne sont plus vrais aujourd’hui (ou qui ne l’ont jamais été) ?

Pour mettre en place une stratégie efficace, vous devez répondre aux bonnes questions.

Le jour où j’ai lu l’article de Mc Gavran, j’ai senti que Dieu me conduisait à investir le reste de ma vie dans la découverte des principes (bibliques, culturels, leadership) qui permettraient aux églises de se développer de manière saine.

C’était le début d’une étude de toute une vie.

En 1979, alors que j’achevai ma dernière année au Séminaire baptiste de Forth Worth (Texas), je décidai de réaliser une étude indépendante sur les 100 plus grandes églises des Etats-Unis à cette période. D’abord, je devais identifier ces églises, ce qui ne fut pas une chose simple. Je travaillai alors comme correcteur pour le Dr Roy Fish, professeur d’évangélisation. Mon étude confirma ce que je savais déjà grâce au ministère de Criswell : les grandes églises bien portantes sont dirigées par des pasteurs qui y sont depuis longtemps. J’en découvris d’autres en parcourant les annuaires dénominationnels et les magazines chrétiens.

Ensuite, j’écrivais à chacune de ces églises pour leur poser une série de questions que j’avais préparées. Bien que je découvris que les églises qui grandissaient différaient de beaucoup dans leur stratégie, leur structure et leur style, il y avait des dénominateurs communs. Je trouvais des douzaines d’exemples. Si un long pastorat ne garantit pas qu’une église va se développer, changer de pasteur très régulièrement garantit que l’église ne se développera pas.

La plupart des grandes églises bien portantes sont dirigées par un pasteur qui y est depuis longtemps.

Pouvez-vous imaginer comment seraient les gamins dans une famille où on changerait de papa tous les deux ou trois ans ? Ils rencontreraient très certainement de sérieux problèmes émotionnels. De la même façon, la longévité du leadership est un facteur crucial pour la santé et le développement d’une église. Les longs pastorats font que des relations profondes, véritables et bienveillantes sont possibles. Sans ce type de relations, un pasteur n’accomplira pas grande chose de durable.

Les églises dans lesquelles on change de pasteur tous les certains laps d’années n’expérimenteront jamais une croissance homogène. Je crois que c’est une des raisons du déclin de certaines dénominations. En limitant intentionnellement le temps que passent les pasteurs dans une congrégation locale, on crée des ministères de "canards boiteux". Peu de gens souhaitent suivre un leader qui ne sera plus là dans un an. Le pasteur peut vouloir lancer toutes sortes de projets, mais les membres seront réticents car ils seront ceux-là mêmes qui devront en vivre les conséquences, bien longtemps après que ce pasteur soit parti dans une autre église.

Connaissant l’importance de la longévité dans le développement sain d’une église, je priai : "Père, je veux aller n’importe où dans le monde où tu veux m’envoyer. Mais je te demande le privilège d’investir ma vie entière dans un seul endroit. Je me moque de savoir où tu veux me placer, mais j’aimerais y rester le reste de ma vie."

Publié dans Top Chrétien (www.topchretien.com)

Cinq suggestions pour communiquer votre vision

Auteur: Rick Warren

Communiquer votre vision est essentiel au succès de votre ministère.

1. Par votre exemple personnel
Jésus en est l’exemple suprême. Vous devez être vulnérable. Vous devez laisser les gens vous voir. Les gens doivent voir votre investissement personnel et vous voir comme un modèle à suivre. Vous devez , par de nombreux aspects, personnifier votre ministère. Les valeurs que vous essayez d’inculquer au travers de votre ministère doivent être le reflet de votre vie.

Lee Iacocca en est un exemple. Il personnifiait la vision de Chrysler. Chrysler était en train de chuter quand Lee Iacocca en a pris les rênes et qu’il a commencé à apparaître dans les publicités. Et tout à coup, vous vous êtes dit : "Lee Iacocca est un homme d’investissement, d’intégrité, de vision. Je crois que je vais aller m’acheter une Chrysler." Il a en fait personnifié le changement. C’est comme cet homme qui a dit, en parlant d’un rasoir : "Il m’a tellement plu, que j’ai acheté la compagnie." Vous pensez : "Si ce gars y a autant cru, c’est que ça doit vraiment être un bon rasoir." Nous devons en être le modèle. Quand nous avons fait "Possédons le Pays" et que j’ai prêché le dimanche matin sur ce que nous allions sacrifier et donner, les enfants ont vendu certains de leurs jouets et des choses comme ça.

2. Par des slogans
Je vous suggère de développer des slogans spécifiques qui correspondent à votre ministère. Tout grand leader connaît l’impact d’un slogan. Martin Luther King : Si vous l’avez déjà entendu, vous n’oublierez jamais le fameux discours : "I have a dream."

Il parle de petits enfants, des noirs et des blancs, jouant ensemble dans un monde où la personnalité a plus d’importance que la couleur. "I have a dream" revient sans cesse, et atteint son but.

L’impact d’un slogan a une grande importance. Les gens ne se rappellent pas des discours, ni des sermons. Ils se souviennent de phrases. Vous avez besoin de trouver des phrases qui résument en quelques mots ce que vous essayez de faire pour que les gens y accrochent "Vivre libre ou mourir."

Franklin D. Roosevelt a pratiquement transformé la mentalité de dépression de la population en une mentalité de croissance en disant : "Rien n’est à craindre si ce n’est la crainte."
Kennedy a dit : "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays."

Ces choses demeureront. Personne ne se souviendra de leur discours par contre vous vous souviendrez de ces phrases. Elles sont courtes, simples et sonnent bien. La plus grosse erreur dans le ministère est de sur-verbaliser et de trop en dire aux gens. Sur-verbaliser le but de ce que vous voulez accomplir.

Ici à Saddleback nous avons des dizaines de slogans : "Chaque membre est un ministre." Ces cinq petits mots résument bien ce que nous croyons à propos des ministères laïques. "Les pasteurs sont les administrateurs, les gens sont les ministres…vous ne pouvez pas donner plus que Dieu." Ce sont des slogans efficaces. La mission de Saddleback se résume ainsi : "Le grand investissement dans le commandement et la "grande mission" engendreront une grande église."

Dites succinctement ce que vous voulez établir. Même nos cinq objectifs qui sont : communiquer le message de l’Evangile, partager la communion fraternelle avec d’autres croyants, témoigner l’amour de Dieu, éduquer le peuple de Dieu et célébrer la présence de Dieu. En cinq phrases nous communiquons la raison d’être de Saddleback. Lorsque quelqu'un vient et me demande : "Pourquoi votre église existe-t-elle ?" Je peux répondre en quelques phrases.

3. Par analogie ou métaphore
Si vous voulez communiquer la vision de votre ministère ou celle de Saddleback, vous devez la comparer à quelque chose de familier pour tout le monde. Combien de fois dans le Nouveau Testament, Jésus a-t-Il dit : « Le Royaume des cieux est semblable à… » ? Et ensuite Il donnait une analogie, une parabole ou une métaphore. On appelait Reagan « Le Grand Communicateur. » Il n’y a vraiment rien à envier à sa manière de communiquer. Il maîtrise simplement l’illustration. Il a cette capacité d’expliquer des choses très complexes, par exemple en parlant du déficit budgétaire, pour dire qu’il avait une pile de factures sur son bureau, il a dit, « Un trillion de dollars est une pile aussi haute que l’Empire State Building. » Il a utilisé cette illustration la première fois qu’il parla du budget. Les gens pouvaient comprendre. C’était quelque chose de tangible pour eux.

La stratégie de Saddleback, telle que nous l’enseignons dans nos cours pour les membres, est basée sur le principe du losange du Base-ball. C’est quelque chose que les gens peuvent saisir. Quelle est la première base ? Quelle est la seconde base ? Quelle est la troisième base ? Cette analogie communique une vision à laquelle ils peuvent s’identifier.

4. Par le symbolisme
Le symbolisme touche les gens au niveau émotionnel plutôt qu’au niveau intellectuel. Des expressions, des logos et ce genre de choses sont très importants. Nous avons beaucoup utilisé le symbolisme dans la campagne de « Possédons Notre Pays. »

5. Par le contact personnel
Prenez une par une les personnes clefs, c’est à dire celles qui donnent de la légitimité à votre ministère. Voyez-les individuellement. Partagez la vision avec elles. Communiquez-la leur au cours d’un petit déjeuner, d’un déjeuner, d’un dîner ou quelque chose comme ça. Ils deviendront ensuite vos principaux supporters. En général les gens ne sont pas motivés par les choses dans lesquelles ils ne sont pas impliqués.

Publié dans Top Chrétien (www.topchretien.com)

35 facteurs qui favorisent la croissance des églises locales

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Dans cet article, nous présentons une liste que nous souhaitons la plus complète possible, des différents facteurs qui favorisent la croissance des églises.

Ces facteurs ont été le sujet des recherches du Mouvement pour la croissance des églises durant plusieurs décennies. Mais malgré une littérature anglophone abondante sur le sujet, il est difficile de trouver une synthèse présentant l'ensemble des facteurs. C'est donc ce que nous avons essayé de faire.

1er facteur: Avoir la ferme conviction que la croissance de l’Église est la volonté de Dieu

Les dirigeants des églises devraient êtres convaincus que Dieu veut la croissance de l'Église et que sa croissance est un signe de santé ecclésiale.

2ème facteur: Accepter de se consacrer corps et âme à la croissance de l’Église

Les dirigeants devraient êtres consacrés "corps et âme" à la croissance de leur église et s'engager pendant plusieurs années pour la réaliser malgré les difficultés inévitables.

3ème facteur: Se libérer du « fardeau » de l’administration pour se consacrer à la croissance

Les dirigeants des églises en croissance ne se sont pas laissés envahir par des tâches administratives de maintenance ou par un travail qui ne serait pas productif en termes de croissance et directement reliés à l’implantation d’églises.

4ème facteur: Planifier et s’organiser pour la croissance

La plupart des communautés chrétiennes souhaitent la croissance mais cette dernière prend plus que des bonnes intentions et de bonnes dispositions, elle nécessite de s’organiser et de planifier en conséquence (sur la planification, voir l'article suivant: Comment planifier la croissance des églises). Des recherches montrent que les églises qui ont élaboré un plan pour trouver de nouveaux membres ont grandi plus que celles qui ne l'avaient pas fait .

5ème facteur: Ne pas avoir de doutes quand au moyen de salut

La bible dit: « Il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés (Ac 4:12) et que Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par lui (Cf. Jn 14:6). Jésus étant le seul Sauveur, persuader les hommes et les femmes à l’accepter et à le suivre ne devrait pas être considéré comme du prosélytisme mais plutôt comme la responsabilité de chaque chrétien.

6ème facteur: Avoir une certaine compréhension de la mission

McGavran, le fondateur du Mouvement pour la croissance des églises, définit la mission chrétienne comme une entreprise consacrée à proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et à convaincre les hommes à devenir ses disciples et membres responsables de son Église. Ainsi les tâches de l’église locale ne sont pas à regarder avec la même importance, des priorités doivent être fixées. L’action pastorale et missionnaire pour retrouver les brebis perdues et pour faire des disciples doit être une des priorités les plus importantes.

7ème facteur: Précéder et accompagner l’action missionnaire par la prière

L'observation des églises en croissance démontre que des mois de prières d’intercession avaient précédé leur développement ; prières pour que les églises se multiplient et que des hommes et des femmes soient « gagnés » au Christ (voir l'article: La source de la croissance: le réveil).

8ème facteur: Écrire un énoncé de mission

Écrire un énoncé de mission permet à l'église d’avoir une vision pour l'avenir. Celui-ci devrait être mis sur papier et la vision communiquée aux membres de l'église de différentes façons (voir l’article Comment écrire un énoncé de mission pour l'église locale).

9ème facteur: Aider les membres de l'église à accepter les changements

La mise en place de principe de croissance ne peut pas se faire sans changements. Mais par nature, les êtres humains résistent aux changements, il est donc important de préparer les membres de l'église à les accepter afin d’éviter des tensions inutiles.

10ème facteur: Développer l’identité missionnaire des membres

L’Église est missionnaire par nature. Pourtant, bon nombre de chrétiens n’ont pas la conscience d’être des missionnaires. Les membres de l'église locale devraient donc être conscientisés face à leur identité de missionnaire.

11ème facteur: Développer la ferveur spirituelle des membres

Le renouveau (appelé aussi réveil) est une effusion de l’Esprit qui amène ceux qui l’on reçue, à faire du salut de leurs frères et sœurs un but essentiel de leur vie. Une inquiétude divine les anime, ils désirent intensément voir leurs proches goûter la puissance rédemptrice de l’Évangile. L’énergie et la ferveur résultant de cette effusion permet à ceux et celles qui le reçoivent de témoigner efficacement du Christ. Il en résulte la multiplication des convertis et la croissance de l’Église. De fait, les églises locales qui grandissent le plus sont de type charismatique. L'église aura donc avantage à offrir des activités permettant d’augmenter la ferveur spirituelle des membres; par exemple en organisant des prières pour une nouvelle effusion de l'Esprit Saint, des études Bibliques, des temps d’adoration et de confessions des péchés, etc.) et à accompagner les membres dans l'exercice des charismes si ceux-ci se manifestent.

12ème facteur: Former et impliquer tous les membres de l'église dans l’évangélisation

Pour qu’il y ait croissance, les églises doivent avoir des membres convaincus qu’accepter Jésus comme Sauveur et Seigneur est la chose la plus importante qu’ils puissent faire. Il est nécessaire d’aider les membres de l’église à réaliser leur mission d’évangéliser en leur donnant une formation qui les instruit sur leur responsabilité et sur les différentes d'évangélisation (à ce sujet voir l'article suivant: Aider les membres de son église à évangéliser de personne à personne ).

13ème facteur: Inviter les chrétiens à témoigner auprès de leurs amis de leurs proches

Il est démontré que la majorité des personnes qui viennent ou reviennent à l’Église, l’ont fait après avoir été invitées par un ami ou un proche. L’évangélisation, pour être efficace, aura avantage à inviter les membres de l’église locale à témoigner auprès des personnes de leur entourage direct.

14ème facteur: Se fixer des objectifs numériques

Le but de l’Église est de trouver les hommes et les femmes perdus en les réconciliant avec Dieu pour qu’ils soient sauvés. Dans cette perspective la tâche prioritaire de l’Église est de concevoir des actions efficaces qui permettent d’amener les hommes et les femmes à faire une profession de foi. Les pasteurs des églises en croissance n’hésitent pas à se fixer des objectifs numériques et se servent de courbes de croissance afin d’évaluer l’efficacité de leurs évangélisation. Rien ne permet de mieux concentrer ses efforts que de se fixer des objectifs mesurables. Ainsi on reste « collé » à l’essentiel de la mission chrétienne qui est de faire des disciples et d’accroître le nombre des personnes qui suivent le Christ. Se fixer des buts pour accroître les membres de l’Église, c’est fixer, dans la foi, le nombre de convertis que l’on pense pouvoir « gagner » et tracer des courbes pour observer les résultats.

15ème facteur: Discerner les personnes réceptives

Dieu donne, à un certain moment, de bonnes dispositions pour être réceptif et accueillir le salut. Dans leurs efforts d’évangélisation les chrétiens devraient donc chercher à témoigner de l’Évangile aux populations réceptives. Si un groupe refuse, alors un autre peut être persuadé. Les chrétiens ont à aller là où les personnes répondent à l’appel à la conversion. Une bonne stratégie d’évangélisation consiste donc à découvrir les personnes ou les groupes les plus réceptifs (voir note [1] pour une description de ces groupes) de son milieu et organiser des activités d'église qui rejoignent leurs besoins.

16ème facteur: Tenir compte du principe d'homogénéité

Selon les recherches de McGavran, les hommes et les femmes préfèrent devenir chrétiens sans traverser des barrières de race, de langue ou de classe. Ils aiment faire partie d’une église dont les membres leur ressemblent et parlent et agissent comme eux. Pour augmenter l’efficacité de l’évangélisation, il faudra non seulement former les chrétiens à évangéliser et à garder des contacts avec des non-chrétiens mais aussi, à la lumière de ce principe, les encourager à témoigner spécifiquement auprès de leurs propres groupes socioculturels.

17ème facteur: Accueillir chaleureusement les nouveaux

Lors des célébrations ou des autres activités de l’église, un service d'accueil devrait être organisé afin d'accueillir les personnes qui viennent pour la première fois. Avec le temps, mais sans trop tarder, ces nouvelles personnes devraient être invitées à faire un acte de foi (accueillir Jésus comme Sauveur et Seigneur) et à cheminer dans des parcours de formation.

18ème facteur: Se munir d’une structure de petits groupes

Une structure de petits groupes (appelés aussi cellules d’église ou groupes de maison ou églises de maison) permet d’organiser la formation dans l’église, de favoriser la communion fraternelle et d’impliquer les laïcs dans la mission. Ces petits groupes se rassemblent autour d'un besoin particulier, d'un parcours de foi ou d'une mission. Il est possible par exemple d’organiser 1) des groupes de présentation du kérygme et de la vision de l'église pour les nouveaux, 2) des groupes fraternels de ressourcement, de prière et d'étude des Écritures, 3) des groupes de discernement des dons, 4) des groupes de convalescence et de guérison, 5) des groupes d’évangélisation, 6) des groupes de visites (personnes âgées, personnes hospitalisées, personnes sans-emploi, etc.). Pour plus d’information sur les petits groupes, lire le chapitre Consacrées à créer une structure de petits groupes du document Églises pour sans-Églises.

19ème facteur: Former les membres afin de leur confier des ministères

L'église locale devrait voir en chaque chrétien, non seulement un évangélisateur mais aussi un missionnaire. Les membres de l’église désireront s’impliquer et seront motivés s’ils sont chargés de ministères qui les intéressent et qui correspondent à leurs dons. Il s’agit donc de former les membres en tenant compte de leurs dons et de ce qui les intéressent. Comme première étape, il est donc nécessaire de leur faire suivre un parcours de discernement des dons. Dans une telle vision, ce sont les talents et les intérêts des membres qui déterminent la structure et les activités de l’église. Quand les activités d’église et les petits groupes sont lancés en fonction de ce qui intéresse les membres et sur leurs talents cela engendre la motivation, facilite le travail de groupe et permet de faire un meilleur usage des dons de l’église. Une fois que les membres ont été formés, ils devraient être responsabilisés. Le pasteur ne peut pas faire grandir son église seul. Il doit trouver des personnes de confiance à qui il peut déléguer son autorité puis intervenir selon le principe de subsidiarité, c’est-à-dire seulement en cas de nécessité ou de défaillance de la part des autres responsables.

20ème facteur: Former les membres pour leur croissance spirituelle

La conversion qui engendre la croissance spirituelle est un processus continu. Les membres de l’église ont besoin non seulement de savoir évangéliser par la parole et de s’impliquer dans d’autres activités missionnaires mais avant tout de savoir faire passer l’Évangile dans toute leur vie et ceci est un apprentissage de toute une vie. Cette formation peut se faire, entre autres, dans les petits groupes.

21ème facteur: Offrir des célébrations avec différents styles de musiques et de chants

Les recherches du Mouvement pour la croissance des églises montrent clairement qu’un style de musique contemporain utilisé dans les célébrations permet de rejoindre des personnes qui ne viendraient autrement pas à l’église.

22ème facteur: Être compréhensible (clarté des propos et simplicité du vocabulaire)

Dans une optique d'évangélisation, les prédicateurs devraient utiliser un vocabulaire compréhensible pour des personnes qui n'ont aucune connaissance théologique ou de la foi chrétienne.

23ème facteur: Bâtir un site Internet de qualité

L’église devrait bâtir un site Internet de qualité, facilement repérable par des moteurs de recherche, indiquant clairement, la mission et la vision de l'église ainsi que ses services et précisant distinctement l’emplacement du lieu de culte et les moyens pour s’y rendre. Le site Internet, pour certaines personnes en recherche, peut être la première fenêtre donnant sur l'église qui déterminera si elles décident de venir ou d'aller ailleurs.

24ème facteur: Offrir des services de qualité, poursuivre l’excellence dans les ministères

Nombreux pasteurs d’église en croissance gèrent leur églises selon le principe de qualité : qualité du matériel utilisé, qualité du leadership, qualité de la formation et qualité des activités en général. Les termes « innovation » « satisfaction de membres », « évaluation », « amélioration continue » font partie de leur vocabulaire courant.

25ème facteur: « Inculturer » l’église

Inculturer l’église c’est l’adapter à la population que l'on cherche à rejoindre, c’est-à-dire la rendre le plus culturellement proche possible de ces personnes; par la langue, les habitudes de vie, le style de musique, etc. Ceci comprend l'adaptation des services et des célébrations aux goûts et aux besoins des personnes. Aussi, l’église aura avantage à choisir comme responsables des personnes converties issues du tissu social local.

26ème facteur: Offrir un témoignage d’intégrité

Les membres de l’église locale, particulièrement ses pasteurs, devraient être des modèles d'intégrité personnelle. Cette intégrité concerne la doctrine, le respect des lois sur la propriété intellectuelle, le fait de payer ses impôts et ne pas éviter de verser des taxes au gouvernement, le respect de l'environnement, la transparence au niveau des dépenses de l'église, la confidentialité vis-à-vis des informations personnelles des membres, la justice salariale, etc.

27ème facteur: Offrir un témoignage d’unité et de paix

Les communautés ou les assemblées chrétiennes qui vivent de sérieux conflits ont tendance à perdre leurs membres. La croissance et l’absence de graves rivalités internes sont liées.

28ème facteur: Avoir une église bien située et de la taille qui convient

Les aspects de l'emplacement et de la taille de l'église ont leur importance. L'église est-elle facilement repérable et accessible par la route et par d’autres moyens de transport ? Se trouve-t-elle dans un lieu où la population est en croissance? Se trouve-t-elle à proximité du lieu où vivent les personnes qu’elle cherche à rejoindre ? Sa taille est-elle adaptée (durant les célébrations la bâtisse de l’église locale devrait être remplie entre 40% et 90% de sa capacité) ? Il y a-t-il un nombre suffisant de places de parking (stationnement)? Toutes ces questions, et d'autres, sont à se poser, pour ne pas se mettre dans une situation qui freine la croissance.

29ème facteur: Offrir un témoignage de charité

L'amour et la compassion sont des valeurs essentielles à l’Évangile. L'église locale devrait mettre sur pied des activités permettant de connaître et de rejoindre les besoins de son milieu et de ses membres (visite des malades, prière pour les malades, accompagnement des mourants, accompagnement des personnes en deuil, etc.).

30ème facteur: Ne pas craindre de demander le soutient matériel et spirituel de la communauté

Les pasteurs des églises en croissance n’hésitent pas à demander à leurs membres de faire des dons et des prières ferventes pour la cause de la mission.

31ème facteur: Éviter les dérapages dans la gestion de l'église

Pour arriver à leurs fins certaines églises peuvent en arriver à utiliser des moyens offensant la dignité humaine. Elles entravent ainsi l’actualisation de leurs membres et se donnent finalement des allures de sectes. Une plus grande conscience des dérapages possibles dans la gestion des églises peut permettre aux responsables des églises d'éviter ces erreurs avant qu'elles n'arrivent (Voir les article : Excès et dérapages possibles dans la gestion des communautés chrétiennes et Erreurs à éviter dans la poursuite de croissance).

32ème facteur: Équilibrer les fonctions de l'église pour croitre intégralement

Si l’évangélisation est une des priorités des églises en croissance, elle n’est pas la seule. L’Église a d’autres fonctions. Pour être équilibrée et croître intégralement, une église locale doit chercher non seulement à se développer en nombre mais aussi au niveau spirituel et au niveau de sa compétence à accomplir sa mission. Une importance égale devrait être accordée aux activités d’évangélisation, de formation des membres, d’unité (fraternité), de compassion (actions caritatives à l’intérieur de la communauté et à l’extérieur) et de célébrations.

33ème facteur: Se former pour mieux connaître les principes qui favorisent la croissance des églises

Les dirigeants devraient avoir une très bonne connaissance des principes qui permettent la croissance des églises. Ces principes sont le sujet de ce site et de plusieurs livres.

34ème facteur: Utiliser les sciences de la gestion

Les dirigeants auront avantage à utiliser les sciences de la gestion pour conduire leur projet missionnaire de développement. Celles-ci les aideront, entre autres, à planifier leurs actions, à gérer par objectifs, à préparer un budget et à évaluer les activités de l’église (voir les articles: La gestion par objectif et Comment planifier la croissance des églises)

35ème facteur: Mieux connaitre les éléments ce qui peuvent freiner la croissance des églises

Les chercheurs du Mouvement pour la croissance des églises n'ont pas seulement réfléchi sur ce qui favorise la croissance des églises. Ils se sont aussi penchés sur ce qui freine la croissance : Voir l’article Réflexion sur les principes de croissance par d’autres auteurs du Mouvement de la croissance des églises

Conclusion

Pour croître, une église locale aura avantage à s’inspirer et à mettre en pratique des principes de croissance qui ont fait leur preuve dans d’autres églises. Mais il n’est pas avisé de chercher à clôner ou à faire une relique exacte d’une église qui a connu la croissance. Comme les plantes, qui ont à la fois des caractéristiques communes et des différences, il en est de même avec les églises en croissance, elles ont des points communs, des méthodes et des structures similaires, mais elles ont aussi des caractéristiques propres selon leur contexte. Elles ont su se greffer à leur environnement et s’y adapter pour mieux survivre et se développer.



[1] Parmi les personnes les plus réceptives à l’Évangile on trouve : Les personnes qui reviennent à l’église après une première visite, les amis ou les proches des nouveaux convertis, les couples en instance de divorce, les couples avec des problèmes conjugaux importants, les couples qui ont un premier enfant, les malades en phase terminale et leur famille, les parents avec des enfants à problèmes, les nouveaux chômeurs et ceux qui ont des problèmes financiers, les nouveaux résidents d’une communauté, les personnes qui viennent de changer d'emploi ou de lieu d'étude, les personnes qui ressentent un besoin de délivrance face à une dépendance (alcool, drogues, sexe, etc.), les personnes qui souffrent de solitude, les personnes qui portent un fardeau de culpabilité, les personnes qui viennent de perdre un être cher, les personnes rongées par le ressentiment.

vendredi 24 octobre 2008

Faire de votre assemblée une armée !

Auteur: Rick Warren
Traduit et publié avec permission

Chaque année, notre église organise de nombreux séminaires de formation pour les pasteurs et les leaders d’églises. Ces séminaires durent 5 jours et ont lieu sur notre campus. Ils rassemblent habituellement environ 3500 participants et demandent une préparation logistique énorme. Nos bénévoles y investissent des milliers d’heures de travail. Sans une armée de ministres laïcs, notre église serait incapable d’organiser de tels événements.

Récemment, un groupe de plusieurs centaines de bénévoles enthousiastes s’est réuni pour préparer un séminaire. Certains ont pris ce temps sur leurs congés ; d’autres avaient réorganisé leur horaire de travail pour aider à préparer les dossiers d’accueil, les badges, installer les tables et les chaises, servir les repas et nettoyer. Barbara, une volontaire, résume ainsi l’état d’esprit du groupe : « C’est une façon formidable de rencontrer des gens et de servir le Seigneur. Nous n’en ferons jamais trop pour notre église qui est devenue notre famille ».

Qu’est-ce qui peut motiver ainsi les gens à servir avec un esprit de sacrifice dans leur église ? Que pouvez-vous faire pour les aider à s’impliquer dans des ministères laïcs ? Il ne suffit pas de rêver en espérant que les gens s’impliquent d’eux-mêmes. Votre église a intentionnellement besoin d’élaborer une stratégie qui guidera les membres à s’engager plus profondément et à mieux servir Christ.

Notre église a ainsi confié des ministères à plus de 4 000 laïcs par le moyen d’une stratégie qui inclut la communication, un processus pratique et une structure simple. Votre église peut avoir recours à ces mêmes outils pour mobiliser ses membres en vue de les impliquer dans des ministères.

METTEZ AU POINT UN PROCESSUS POUR IMPLIQUER LES MEMBRES DANS UN MINISTÈRE LAIC

Faire progresser les membres de l’église et les impliquer dans des ministères laïcs devrait être un processus continue qui cherche à aider les personnes à trouver leur place dans un service qui leur convient plutôt qu’à vouloir combler des postes. Nous ne créons jamais des postes pour essayer ensuite de les combler. Cela ne fonctionne pas. Vous aurez bien plus de succès en plaçant les gens dans un service d’église si vous tenez compte de leur caractère unique et des dons que Dieu leur a donné, plutôt qu'en cherchant à combler les besoins de l’institution.

Notre processus pour placer les personnes dans un ministère laïc comprend six étapes :

1ère étape : Assister au cours 301 appelé « Découvrir votre ministère ». Ce cours est l’un des quatre cours que nous donnons chaque mois et qui fait partie de notre processus de développement.

Les 4 différents cours qui forment notre processus de développement sont :

1) Cours 101 : Découvrir ce que cela signifie d’être membre.

2) Cours 201 : Découvrir ce qu’est la maturité spirituelle.

3) Cours 301 : Découvrir mon ministère.

4) Cours 401 : Découvrir ma mission.

Ces enseignements sont donnés simultanément le deuxième dimanche après-midi de chaque mois. Chaque cours vient ajouter au précédent. Nous offrons le dîner et des activités pour les enfants afin de faciliter la participation de chacun.

Dans le cours 301, nous présentons 1) ce que la Bible dit sur le service; 2) les possibilités de service dans notre église et; 3) un concept à cinq dimensions : nos dons spirituels, ce qui nous intéresse et nous tient à cœur, nos compétences, notre personnalité et notre expérience. Ce concept que nous appelons SHAPE est fait pour aider la personne à déterminer quel devrait être son ministère. Chaque individu a été conçu de façon unique par Dieu afin qu’il puisse réaliser certaines choses. En utilisant les cinq dimensions du concept SHAPE nous pouvons découvrir la place unique que Dieu nous réserve dans le service.

2ème étape : S’engager à servir et signer un engagement. Les gens aiment s’impliquer et s’engager pour quelque chose qui donne du sens à leur vie. Ils sont attirés par une vision qui représente un défi.

3ème étape : Tracer son profil à l’aide du concept SHAPE. Nous faisons remplir un formulaire qui aide les gens à découvrir leur profil. Il contient des questions qui couvrent les cinq dimensions du concept SHAPE : Quels dons spirituels pensez-vous avoir reçus ? Qu’avez-vous à coeur ? Qu’est-ce qui vous passionne ? Si vous saviez que vous ne pouvez pas échouer, que feriez-vous pour Dieu ? Quels talents et quelles compétences avez-vous ? Quel est votre type de personnalité ? Quel a été votre parcours spirituel ? Quelles ont été vos expériences à l’école, au travail et dans le ministère ? Quelles expériences douloureuses avez-vous vécues qui pourraient vous aider à encourager quelqu’un d’autre ?

4ème étape : Avoir un entretien avec un responsable des ministères laïcs de l’église. Nous avons formé des bénévoles à qui nous avons confié le ministère d’orienter les personnes dans un service qui leur convient. Leur rôle est d’aider les gens à identifier trois ou quatre possibilités d’engagement dans le ministère. Les gens ont besoin d’une attention individuelle et de conseil personnalisés lorsqu’ils cherchent à trouver leur place dans un service d’église. Pour que quelqu’un porte du fruit dans le service, il faut qu’il soit bien orienté ; le simple fait de participer au cours ne saurait suffire.

5ème étape : Rencontrer le responsable du ministère qui vous intéresse. Chacun des 150 ministères de notre église, choisis quelqu’un pour accueillir les nouvelles personnes et présenter aux bénévoles comment fonctionne le service auquel ils s’intéressent.

6ème étape : Être institué publiquement lors d’une réunion spéciale que je considère comme la plus importante dans la vie de notre église. Nous l’appelons cette réunion « SALT » (Saddleback Advanced Leadership Training traduit par Formation avancée des responsables de Saddleback). Elle est la réunion la plus importante de notre église et la pièce maîtresse de notre programme de formation pour nos ministères laïcs. Cette réunion dure deux heures et inclut la louange, la reconnaissance des divers ministères, des témoignages de personnes impliqués dans des ministères et des nouvelles de notre église. De plus, nous félicitons publiquement et offrons un prix au ministre laïc qui a su résoudre le plus gros problème du mois.

Le discours que je donne durant cette réunion est un enseignement sur les valeurs, la vision, le caractère des leaders ou les compétences requises pour le ministère. Ces messages sont appelés « leçons de leadership » et sont disponibles sur cassette.

Quand nous instituons les nouveaux ministres laïcs, nous leur demandons de se lever, et nous invitons les autres ministres à leur imposer les mains et à prier pour eux.

Après avoir franchi ces six étapes, les gens se mettent immédiatement au travail. Nous ne les surchargeons pas avec toute une formation préalable. Cela a souvent pour effet de fatiguer les gens, avant même qu’ils aient commencé. Nous voulons les voir plonger directement dans l’action pendant qu’ils sont très motivés à apprendre.

La décision de servir dans tel ou tel ministère n’est toutefois pas définitive. Si les gens prennent conscience qu’ils ne sont pas à leur place et qu’ils démissionnent, nous ne les culpabilisons pas. Nous les encourageons plutôt de continuer à chercher leur place. De nombreux livres sur les dons spirituels disent : « Découvrez vos dons spirituels, et vous saurez ensuite quel est votre ministère ». Nous croyons que c’est tout à fait le contraire : « Commencez par vous impliquer dans différents ministères et vous découvrirez vos dons ».

COMMUNIQUEZ LA VISION

Au départ, il faut investir du temps à enseigner à vos membres les raisons pour lesquelles la Bible dit que chacun est appelé à exercer un ministère. Faites-le par des enseignements, des prédications, des séminaires et des études bibliques dans les foyers. Vous ne devriez jamais cessez d’enseigner que chaque chrétien est appelé à servir dans un ministère.

Servir et donner sont les caractéristiques qui définissent un mode de vie à la suite de Christ (cf. Marc 10:45). La Bible déclare qu’il est de la responsabilité de chaque membre de servir et que le travail du pasteur consiste à les équiper en vue du ministère (cf. Romains 12:1–8 ; Éphésiens 4:11–12).

C’est une épiphanie personnelle de réaliser qu’on est un ministre de Jésus-Christ. Tous les croyants, pas seulement les pasteurs, devraient ressentir le bonheur et la satisfaction de voir Dieu les utiliser pour changer des vies. Cela changera toute leur attitude.

Nous avons par exemple un membre de notre service d’accueil qui s’appelle Van : il est très doué pour accueillir les nouveaux venus. Ken était israélite quand il est venu pour la première fois dans notre église avec sa femme. Ils avaient visité plusieurs autres églises dans l’espoir d’en trouver une où Ken se sente à l’aise. Van l’a accueilli à sa première venue. Il lui a serré la main et lui dit en le fixant des yeux : « Je suis vraiment heureux que vous soyez venu ». Des années plus tard, Ken nous a dit : « Personne ne m’avait jamais souhaité la bienvenue dans une église auparavant. D’habitude, nous entrions et sortions dans le silence. »

Aujourd’hui, Ken est chrétien et un leader précieux pour notre église. Il nous a affirmé que c’est grâce au ministère tout simple de Van et sa façon d’accueillir les gens qu’il est revenu semaine après semaine jusqu’au jour où il rencontra Christ. Cet exemple démontre le principe selon lequel nul n’est inutile dans le Corps du Christ et qu’il n’y a pas de services ou de ministères qui soient insignifiants.

MINIMISEZ LA MAINTENANCE ET OPTIMISEZ LE MINISTÈRE

Si vous voulez sérieusement mobiliser vos membres pour servir dans un service d’église, vous devez rechercher la simplicité dans votre structure. Une raison majeure pour laquelle de nombreux membres ne sont pas impliqués dans le service dans certaines église est qu’ils sont tellement occupés à assister à des réunions qu’ils n’ont plus de temps à s’investir dans le service proprement dit.

Le bien le plus précieux que les gens puissent donner à votre église, c’est leur temps. Si un homme ou une femme vient me dire : « Pasteur, j’ai quatre heures par semaine à consacrer au service dans l’église », la dernière chose que je ferai sera de le mettre dans un comité.

Les comités discutent tandis que les ministères agissent. Les comités se chamaillent tandis que les ministères servent. Les comités parlent tandis que les ministères aident et prennent soin des gens. Les comités discutent des besoins tandis que les ministères répondent aux besoins. Il nous faut minimiser la maintenance afin d’optimiser et de maximiser le temps que nous consacrons au ministère.

Certes, la maintenance fait partie du travail de l’église : budgets, bâtiments et multiples questions d’organisation. Mais les ministères sont les œuvres qu’accomplit l’église locale. Plus vous impliquez de gens dans des décisions concernant la maintenance, plus vous les empêcher d’accomplir un service dans un ministère. Dans notre église, il n’y a pas de comités. Nous avons pourtant 150 ministères différents. Le nombre a doublé ces trois dernières années. Notre personnel rémunéré se charge de la maintenance et nos ministres laïcs apprécient de pouvoir consacrer le temps qu’ils ont au ministère qui leur est confié.

Simplifier votre structure signifie aussi qu’il vaut mieux ne pas voter pour élire les personnes qui exercent le ministère. Il y a plusieurs bonnes raisons à cela : 1) Cela évite la compétition et d’attirer des gens qui s’intéressent surtout au prestige et au pouvoir qu’offre telle ou telle position; 2) cela permet à de nouveaux ministères de se développer lentement, loin des spots et des regards du grand public; 3) cela permet à de nouveaux membres de s’impliquer plus rapidement; 4) cela permet aussi d’écarter plus facilement quelqu’un qui n’est pas à la hauteur de sa tâche.

Le fait de ne pas voter pour instituer des gens dans le service vous permet de réagir plus vite à la direction du Saint-Esprit. Un jour, une femme est venue me dire : « Nous avons besoin d’une équipe de prière ». Je lui ai répondu : « Je suis d’accord. Vous en serez responsable. » Elle m’a répliqué : « Mais ne dois-je pas être élue ou passer par un processus d’approbation ? » Elle s’était imaginée qu’il fallait d’abord passer par tout un parcours du combattant. Je lui ai alors dit : « Bien sûr que non. Faites annoncer une réunion de préparation dans le bulletin de l’église et commencez. » C’est ce qu’elle a fait. Vous ne devriez pas avoir à voter pour savoir si quelqu’un a le droit d’exercer les dons que Dieu lui a donnés au sein du corps de Christ. Je suis sûr que vous réalisez à quel point cette approche peut être radicale.

Dans une église classique, les membres s’occupent de la maintenance, c’est-à-dire de l’administration, et le pasteur est censé accomplir tout le ministère. Il n’est pas étonnant qu’une telle église ne puisse pas grandir. Elle fonctionne comme un entonnoir !

Le secret pour motiver les gens à servir durablement est de leur laisser l’autorité et la latitude nécessaires pour opérer leur activité. Laissez-les prendre leurs propres décisions sans que votre conseil d’administration ou conseil d’anciens n’interfère trop. Quand vous donnez l’autorité qui va avec la responsabilité, vous serez surpris de voir combien les gens deviennent créatifs. Les gens sont stimulés par la responsabilité. Attendez le meilleur de vos membres et montrez leur de la confiance en leur confiant des ministères..Lancez-leur un défi, laissez-leur le contrôle et rendez-leur l’honneur qui leur est dû !

CONCLUSION

J’ai utilisé le terme de ministère laïc et de ministre laïc pour que les lecteurs ne pensent pas que je parle du personnel rémunéré de l’église. Pour être franc, je n’aime pas le terme laïc car il peut sous-entendre un chrétien de deuxième classe qui n’est pas qualifié, qui manque de compétence.

L’église selon la bible est uniquement constituée de ministres. Nous devrions traiter ceux qui servent sans être payés avec autant de respect que ceux qui sont rémunérés pour les services qu’ils rendent.

Ne vous lassez pas de communiquer à votre assemblée la vision d’une église qui fonctionne avec des ministères laïcs. Insistez sur l’importance des ministères laïcs. Quand vous recrutez, mettez l’accent sur la valeur éternelle que représente leur implication aux yeux de Dieu. La vision motive les gens. La culpabilité et la pression découragent. Aidez les gens à voir qu’ils investissent ainsi pour l’éternité et qu’il n’est pas de cause plus grande que le royaume de Dieu.

Le secret le mieux gardé de l’église est que les gens veulent contribuer — faire quelque chose qui a du sens avec leurs talents. L’église qui comprends cela et qui donne à chacun de ses membres l’occasion d’exercer son don dans un ministère connaîtra une formidable vitalité, une excellente santé et une croissance impressionnante.

Ci-dessous un exemple de carte d’engagement à faire signer par les ministres laïcs:

Cliquer pour agrandir

Paru dans enrichment journal (http://enrichmentjournal.ag.org) et dans Ressources spirituelles, n.13, été 2006.


mercredi 22 octobre 2008

Sept erreurs fréquentes chez le leader

Auteur : Rick Warren
Publié avec permission

Beaucoup de ministères commencent dans l’enthousiasme et avec une explosion de croissance. Mais après cette croissance initiale, la courbe s’affaisse. J’ai observé cela des milliers de fois dans toutes sortes de ministères : parmi les femmes, les hommes, les petits groupes, les enfants, les célibataires etc. Après cette explosion de croissance initiale, tout s’arrête ou presque.

Cependant, Dieu ne veut pas que notre ministère stagne. Non seulement veut-il que notre ministère prospère, mais il veut que nous réussissions comme leaders. Dans ce but, Dieu nous a donné des exemples d’erreurs à éviter. Le leader peut tomber dans sept pièges différents. Satan se sert souvent de ces pièges pour empêcher notre ministère de devenir ce que Dieu désire qu’il soit.

1. Le leader arrête de grandir

La clé pour ne pas tomber dans ce piège? Continuez à grandir personnellement ! Nous avons besoin de continuer à développer nos aptitudes, notre caractère, notre perspective, notre vision, notre cœur pour Dieu et notre dépendance vis-à-vis de lui. Nous ne devrions jamais arrêter d’apprendre : lire des livres, des magazines, lire et relire la Bible, chercher la communion avec d’autres chrétiens, écouter des cassettes, participer à des séminaires.

2. Le leader perd sa passion

Le leader n’a plus de passion ni pour son ministère, ni pour les gens qu’il est appelé à servir, ni même pour le Seigneur. Voici un des pièges les plus subtils dans le service de Dieu. Extérieurement, on continue à servir le Seigneur comme avant, mais le cœur n’y est plus.

Si vous vous trouvez dans ce piège, il y a de l’espoir. Exactement comme dans un mariage lorsqu’on veut restaurer l’amour, il faut se remettre à faire les choses comme au début. En d’autres termes, commencez à agir comme lorsque vous étiez tombés amoureux. Même si vous ne sentez pas la passion, agissez comme si. Il est plus facile d’agir en vue d’un sentiment que de forcer le sentiment en vue d’une action. Si vous agissez d’une façon qui reflète l’amour, ces sentiment sreviendront au fur et à mesure que vous faites les choses qui vous ont apporté la joie dans le passé.

3. Le leader arrête d’écouter

Il est d’une importance capitale que vous appreniez à écouter et à faire attention aux autres. En fait, il vous faut continuellement encourager les personnes que vous servez à vous parler. Qu’ils vous confient leurs problèmes, leurs soucis, leurs craintes, leurs aspirations, leurs rêves, et leurs maux. Ecoutez leurs suggestions et leurs critiques. Cela vous aidera à voir les choses autrement, et à avoir une autre perspective.

4. Le leader se laisse absorber par d’autres intérêts

Beaucoup de choses peuvent monopoliser votre vie au point de vous détourner du ministère, comme les problèmes personnels ou les questions de santé. Les finances ou même des choses agréables et bonnes qui peuvent totalement vous absorber. Satan se réjouit de vous voir occupé ailleurs plutôt que de faire ce que Dieu veut que vous fassiez.

Dieu veut que nous restions concentrés sur notre mission sans jamais l’oublier. La Bible dit : "Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière, n’est pas bon pour le royaume de Dieu" (Luc 9.62). Ne vous laissez pas monopoliser par d’autres choses au point de délaisser votre ministère.

5. Le leader devient satisfait de lui-même

Voici un outil subtil mais terriblement efficace pour détruire un leader. Comment combattre ce sentiment de suffisance ? Pour commencer, souvenez-vous de votre dépendance totale vis-à-vis de Dieu. Puis osez prendre de risques dans la foi. Ne vous limitez pas à ce que vous savez faire, poussez un peu plus loin. Tentez quelque chose d’impossible humainement. Dites-vous : "Que vais-je entreprendre dans mon ministère pendant l’année qui vient que je ne peux réussir à moins que Dieu vienne à mon secours ?"

Considérez ceci : à moins de travailler sans autre filet que Dieu, vous ne vivrez pas vraiment par la foi. Si Dieu vous dit : "Vas-y", osez ! Dépendez de lui. Comment savoir si vous dépendez de lui ? Si vous essayez d’accomplir quelque chose vous savez impossible sans son aide.

6. Le leader devient arrogant

Malheureusement, j'ai vu cela un peu trop souvent durant mes trente années de ministère. Lorsqu’un leader devient arrogant, le résultat est toujours pareil : sa ruine. Si vous pensez que tout dépend de vous et de vos efforts et que vous croyez que tout va très bien sans l’aide de Dieu, faites attention. La Bible dit que l’orgueil précède la chute.

7. Le leader n’arrive pas à déléguer

Un ministère peut aussi perdre son tranchant parce que vous avez atteint la limite de ce que vous pouvez faire tout seul. Le Seigneur vous dit tout simplement : "Mets d’autres personnes au travail". Il est alors impératif de commencer à déléguer. Ce n’est pas un changement facile, mais vous devez évoluer d’un leader vers un conducteur de leaders. Conduire les autres ainsi est un ministère en soi. D.L.Moody l’a dit un jour ainsi : "Je préfère mettre 10 hommes au travail plutôt que de faire le travail de 10 hommes".

Dieu veut impliquer tout le corps de Christ dans le ministère de votre église. C’est pour cela qu’il faut apprendre à déléguer. Pouvez-vous vous imaginer que la main dise : "Je suis la main du corps, mais je vais tout faire moi-même. Je m’occuperai de la digestion, de la respiration..." Bien sûr, ce serait stupide, mais c’est exactement ce que nous faisons lorsque nous refusons de déléguer.

Je suis convaincu qu'en prenant garde à ces sept erreurs, vous bâtirez un fondement solide pour faire durer votre ministère.

Paru dans sur le site Minister’s Toolbox (www.pastors.com).

mardi 21 octobre 2008

Quelle vision suivez-vous ?

Auteur: Rick Warren
Publié avec permission

Il y a seulement deux sources à la vision : votre ego et le Saint Esprit. Les visions égocentriques ne durent jamais. Elles finissent par s’épuiser parce que l’énergie humaine est limitée. Comment pouvez-vous reconnaître la différence ? Je crois que toute vision donnée par Dieu possède trois caractéristiques :

1. Quand c’est une vision divine, Dieu vous dit ce qu’il va faire

Dieu vous dit le “CE QUE” : vous recevez une vision de ce que Dieu veut faire au travers de vous dans votre ministère particulier. Le problème est qu’habituellement, après qu’il nous ait dit ce qu’il veut faire, nous allons essayer de l’accomplir à notre manière. Vous essayez de le faire à votre manière puis vous tombez sur votre face et vous rampez à Dieu en demandant : “Que s’est-il passé ?”Il répond : “Tu n’as pas attendu la deuxième partie de la vision.”

2. Quand c’est une vision divine, Dieu vous dit comment il va le faire

Après vous avoir dit le “CE QUE”, Il vous dit ensuite le “COMMENT”. Il vous révèle COMMENT il va accomplir la vision. Par exemple, Dieu a donné à Paul Yonghi Cho, de Corée, la vision de l’édification de la plus grande église du monde. Puis, le pasteur Cho a tenté de l’édifier lui-même, avec pour résultat, une dépression nerveuse. Il est resté à l’hôpital pendant des mois et de faible santé pendant presque dix ans. Alors qu’il était à l’hôpital, Dieu a dit à Cho : “Je t’ai donné la vision, mais la deuxième partie est le COMMENT. Maintenant que tu es alité ici, à l’hôpital, et que tu m’écoutes, veux-tu savoir comment nous allons l’accomplir ? Nous allons le faire au travers de réunions de cellules.”C’était une manière bien différente, de celles dont le pasteur Cho n’avait jamais envisagé la possibilité.

3. Quand c’est une vision divine, Dieu travaille selon son temps.

Plus je progresse dans ma vie de chrétien, plus je suis convaincu que le temps de Dieu est absolument parfait. Par exemple, ce n’est que par le résultat du temps parfait de Dieu que nous avons pu rassembler la somme de 3 millions de dollars à Saddleback, en une seule journée, avec le projet de d’acheter le terrain pour construire notre premier bâtiment. Et, trois jours plus tard, le terrain que Dieu voulait que l’on achète était mis en vente !

C’était le temps de Dieu. Je suis convaincu que Dieu avait conservé ce terrain précis hors du marché immobilier pendant toutes ces années, attendant le moment où il voulait que nous l’achetions. Il l’a gardé pour nous, il l’a préservé pour nous.

Puis, après que nous ayons pris notre engagement d’acheter un terrain et donné généreusement pour ce but, Dieu a dit : “Au fait, voici le terrain que j’avais en tête pour votre église, depuis le début.” C’était le temps de Dieu : parfait ! C’est ainsi que Dieu partage sa vision.

Cependant, recevoir la vision de Dieu ne garantit pas automatiquement la réussite. Vous devez déjà savoir qu’à la fin de ma première année à Saddleback, j’ai craqué. Alors ma vision pour la deuxième année de l’église était simple : S’accrocher ! Pas de grands rêves, juste s’accrocher et survivre. Quand je n’en pouvais plus, je prenais un mois de congé et je me réfugiais dans le désert. Alors que j’étais seul avec Dieu, deux doutes envahissaient mes pensées : je ne mérite pas ce succès, et, je ne peux pas l’assumer.

Je ne pensais pas mériter le succès de Saddleback parce que je n’étais pas pleinement l’homme de Dieu que j’aurais dû être, et avec la croissance rapide de l’église, je ne pensais pas que je pourrai assumer une si grande congrégation. (A ce moment-là, nous approchions des 1000 membres - pour ce que j’en savais). Au milieu de ma crise de foi, Dieu a dit : “Tu as raison. Tu ne le mérites pas. Mais je t’utilise par grâce.” La grâce est le fait que Dieu connaît tout ce que je vais faire dans mon ministère, toutes les erreurs que je vais commettre, mais malgré cela, il m’a choisi. Et Dieu connaît toutes les erreurs que vous allez commettre dans votre ministère, mais il vous a choisi.

Dieu a dit : “Je vais construire mon église.” En d’autres mots, ce n’est pas ma responsabilité de le faire. Ma responsabilité est d’être fidèle. Dieu dit : “Tu édifies le peuple et moi, j’édifie l’église.” Je peux honnêtement dire qu’après ce mois de janvier 1981, mes motivations ont changé. Mon ami, Gordon MacDonald, parle de la différence entre être appelé et être poussé. Après ce mois dans le désert, je peux honnêtement dire : Je ne suis plus poussé.

Je suis assez en paix avec moi-même. Mon estime personnelle n’a absolument rien à voir avec le fait que cette église réussisse ou échoue. Je pense qu’il est très important que nous ne soyons pas un peuple poussé, mais que nous soyons appelé. Je suis attiré par Dieu comme un aimant.

Je crois que quand Dieu vous donne une vision, vous devez la présenter à Dieu avec les mains ouvertes. Je fais souvent cette courte prière : “Dieu, si je suis dans le chemin de cette église, je suis prêt à partir.”

En particulier, je pense que ceux d’entre nous qui avons implanté des églises pouvons devenir très protecteurs en ce qui concerne ces églises. Le fait est ce que ce n’est pas “mon bébé”; c’est le “bébé de Dieu”.

Chaque dimanche matin, quand je me rends à l’église, je prie tout le long du chemin. Je mets une cassette de louange dans ma voiture et je prie en écoutant ces chants. Je roule sur une colline qui surplombe Saddleback Valley, et je prie : “Dieu, donne-moi cette vallée. Laisse-moi le privilège de gagner ces âmes pour le Seigneur.” Puis je me rappelle : “Dieu, je suis à toi. Je t’appartiens. Je n’appartiens pas à cette église. Tu as la liberté de me placer là où tu veux que je sois.”

La troisième chose que je prie est : “Seigneur, je veux prêcher comme si c’était la dernière fois. Je ne sais pas si c’est ta volonté, ou si tu veux que je sois encore là la semaine prochaine, mais je sais que c’est ta volonté que je sois ici cette semaine. Je veux prêcher comme si c’était mon dernier sermon, et si tu veux que je démissionne au cours de la semaine prochaine, je serais heureux de le faire pour aller là où tu me conduiras.” Je crois que cette prière m’aide à conserver pures mes motivations et à me concentrer sur la grâce de Dieu.

Et c’est pourquoi je pense que vous devez constamment vous demander : “Pourquoi suis-je dans le ministère ? Pourquoi est-ce que je travaille si dur ? Pourquoi est-ce que je fais ce que je fais ?

Cette vision que vous suivez : est-elle de Dieu ou est-ce la vôtre ? Dieu est bien plus intéressé par le pourquoi de ce que vous faites plutôt que par ce que vous faites.

Paru dans le Minister’s Toolbox [www.pastors.com], traduit par TopChrétien.com

lundi 20 octobre 2008

Comment vivre la transition vers les petits groupes

Auteur: Dale Galloway

Dale Galloway est un expert dans les groupes de maison. En 1972, il fonda l’église "New Hope Community Church" avec une poignée de personnes. En une vingtaine d'années il fit passer le nombre de ses membres à 6000. Prédicateur très connu aux États-Unis, il a donné des centaines de séminaires et de conférences sur la croissance des églises.

Pendant trente ans, j’ai pu observer le miracle de vies profondément changées quand le Saint-Esprit agit par le moyen de petits groupes où les gens prennent soin les uns des autres et sont ouverts sur l’extérieur. Je l’ai vu dans la ville de Portland dans l’Oregon, où plus de 5 000 personnes ont été touchées à travers un réseau de 500 pasteurs laïcs formés efficacement par l’église New Hope Community.

Ce retour à la communauté néotestamentaire a pris bien des visages : groupes d’intérêt autour de thèmes multiples et divers, ou travail de suite après de grandes campagnes, ou rassemblements d’hommes. Que vous les appeliez ou non des « groupes par affinité sociale » comme les décrit Peter Wagner, ce qui importe, c’est que votre église puisse en retirer de nombreux bienfaits. Savez-vous amener votre église à prendre part à ce que Dieu est en train de faire aujourd’hui ? Votre église connaît-elle la transformation positive qui peut se produire quand les gens apprennent à « prendre soin les uns des autres » et que cela fait boule de neige dans le corps de Christ ?

Si l’on veut que les gens soient suivis, nourris, et équipés en vue du service, les petits groupes ne sauraient être considérés comme une option. Si vous abordez bien les transitions qui sont décrites dans les lignes qui suivent, vous serez émerveillé de voir ce que Dieu va faire. Ces 14 principes ont été testés et éprouvés, souvent avec une large mesure de réussite, dans des centaines d’églises charismatiques et pentecôtistes.

1. PARTAGEZ VOTRE VISION AVEC LES RESPONSABLES-CLÉ

Pourquoi voulez-vous amener vos gens à une structure de petits groupes ? Qu’espérez- vous voir Dieu faire ? À quels besoins de votre église et de votre ville des petits groupes de six à dix personnes se réunissant régulièrement répondront-ils ?

Comment communiquer votre vision concernant les petits groupes ? En prenant du temps avec vos responsables. Partagez avec eux vos rêves à travers divers témoignages, en leur parlant des livres que vous citez, des séminaires auxquels vous pourrez les encourager à participer, des sujets que vous abordez dans vos réunions de responsables, et de vos conversations personnelles.

En partageant votre vision, vous entraînerez avec vous les membres les plus influents de votre église. Comme le disait Lyle Schaller, ils deviendront « vos alliés pour introduire un changement planifié ».

2. RESPECTEZ ET HONOREZ L’HISTOIRE ET LES TRADITIONS DE VOTRE ÉGLISE

Quel rôle de petits groupes ont-ils déjà joué pour façonner l’église que vous servez ? Peut-être y a-t-il eu des réunions de prière dans quelque maison ou des petits groupes de quelque sorte qui ont contribué à ce qu’est devenue l’église. Si tel est le cas, mettez l’accent sur le lien entre le présent et ce qui a ainsi été fait dans le passé. Vous pouvez entrer dans le futur en bâtissant sur le passé.

Il est probable que vous devrez suivre le même processus que celui qui fait pousser les arbres. Les cercles sur la coupe d’un arbre indiquent que la poussée de croissance la plus récente se produit toujours juste en dessous de l’écorce.

J’ai appris ce principe quand j’étais pasteur d’une église plutôt traditionnelle dans le Kansas. Au début, j’avais beaucoup de mal à intéresser les membres aux petits groupes parce qu’ils étaient avaient vécu avec comme seul modèle celui de la réunion de prière du milieu de la semaine. J’ai donc opté pour le démarrage d’une étude biblique d’évangélisation avec quelques hommes d’affaires.

Quelques-uns sont venus à Christ, et certains commencèrent à venir à l’église. C’est de ce groupe de « nouveaux » qu’a émergé la plupart de mes futurs leaders. Leurs réseaux de contact ouvrirent la porte à encore plus de nouveaux à travers un groupe de quartier, un groupe de femmes, un groupe de couples mariés, et d’autres groupes ciblés autour de besoins spécifiques et de diverses phases de la vie. Dans ce processus, j’ai laissé les membres traditionnels en place, tout en intégrant la nouvelle croissance autour d’eux, comme le principe de la croissance du tronc d’arbre.

Pour amener des personnes nouvelles à l’église, calquez-vous sur l’analogie de la croissance de l’arbre : commencez par ceux qui gravitent autour de l’église. Ces gens-là sont de toute façon déconnectés pour le moment. Les impliquer demandera seulement de définir un cadre qui les rejoigne.

3. FAITES L’INVENTAIRE DES GROUPES, DES RESSOURCES ET DES OPPORTUNITÉS DONT VOUS DISPOSEZ DÉJÀ

Y a-t-il dans votre église un groupe de femmes qui se rassemblent régulièrement pour prier ? Une équipe de jeunes responsables qui se réunissent pour partager et planifier ? Un groupe de maison bien établi ? Un groupe d’étude biblique ? Essayez de les améliorer ou de démarrer de nouveaux groupes à partir de ce qui existe.

Veillez à ne débuter de nouveaux groupes que lorsque vous avez des responsables réellement prêts. Bien des gens peuvent ne pas être doués pour l’enseignement, mais être d’excellents animateurs ou hôtes. Équipez-les, et ils sauront développer ces ministères.

Ne vous fixez pas pour objectif de constituer des classes d’enseignement basées essentiellement sur un transfert d’informations. Les petits groupes doivent être avant tout centrés sur le relationnel pour être réellement efficaces.

4. TRAVAILLEZ AVEC VOS MEMBRES, LÀ OÙ ILS SONT PARVENUS

Les gens se réunissent en petits groupes sur la base de points d’intérêt ou de besoin qu’ils ont en commun. Le pasteur efficace saura trouver et promouvoir ces points de connexion.

Je parlais récemment avec un pasteur qui connaissait assez bien ses paroissiens pour leur proposer diverses sortes de groupes. Ses jeunes adultes aspiraient au partage privilégiant le relationnel, mais les aînés redoutaient d’être contraints de « partager ». Par exemple, il a patiemment travaillé avec les veufs de son église et leur a tout simplement dit : « Allez trouver des amis. » Depuis que ce groupe s’est ainsi formé, ses membres le considèrent comme le moment le plus important de la semaine.

5. PLANIFIEZ EN VUE DU BUT QUE VOUS VOULEZ VOIR LES PETITS GROUPES ATTEINDRE D’ICI CINQ ANS

Quel pourcentage de l’église voulez-vous voir impliqué dans les petits groupes ? Combien de nouveaux extérieurs à l’église pensez-vous que ces groupes soient capables d’intégrer chaque année ? De combien de responsables de groupes aurez-vous besoin d’ici six mois ? Combien d’assistants ? Quel impact imaginez-vous avoir auprès des gens du dehors ?

Dans la prière, fixez-vous des objectifs qui stimulent votre foi et que seule l’intervention divine permettra d’atteindre.

6. SUBDIVISEZ VOTRE PLAN D’ACTION EN ÉTAPES ACCESSIBLES

Plus vous verrez clairement comment aller d’où vous êtes à l’objectif fixé, mieux vous serez en mesure de diriger votre assemblée dans ce projet.

À l’église New Hope Community, nous parlons constamment de notre désir d’atteindre les milliers d’habitants sans Christ de notre ville de Portland. Notre vision était certes stimulante, mais elle n’était pas assez spécifique pour que les gens puissent dire : « ça, je peux le faire ! » Vous serez étonné de voir tout ce dont votre église est capable quand vous placerez devant elle des objectifs progressifs et accessibles.

7. METTEZ PAR ÉCRIT CE QUE VOUS ALLEZ FAIRE DANS LES TROIS MOIS À VENIR

Soyez spécifique. Quelles étapes pouvez-vous franchir pour atteindre une prochaine étape dans le développement des petits groupes dans votre église ? Considérez les possibilités suivantes :

• Prêcher sur tous les commandements en rapport avec « les uns les autres » dans le Nouveau Testament.

• Apporter un enseignement sur la vie de l’Église à vos divers groupes de responsables.

• Amener vos responsables-clé à une conférence sur les petits groupes.

• Diffuser des témoignages de vies touchées par les petits groupes dans le bulletin de votre église.

8. ALLEZ DE L’AVANT SANS CRAINTE

Ne cherchez pas à vous débarrasser de telle ou telle activité. Ajoutez plutôt de nouvelles options. Évitez la phrase : « Nous allons supprimer… », mieux vaut dire : « Nous allons offrir une nouvelle activité… ».

Après avoir participé à un séminaire sur le thème de la vision, un pasteur de Californie décida de rentrer chez lui et de démarrer des groupes centrés sur le soin des autres et la compassion. Il commença cependant par entourer et encourager les groupes d’étude biblique qui avaient été suspendus, les invitant à prendre cette nouvelle direction. La moitié d’entre eux le suivirent.

Il estima qu’il faudrait quelque temps avant que les groupes inactifs finissent par s’éteindre. Il m’a dit plus tard qu’il fallut trois ans.

9. COMMENCEZ PAR CRÉER UN OU PLUSIEURS « GROUPES PILOTES »

C’est peut-être le plus important de ces 14 principes de transition. J’ai aidé des centaines d’églises de toutes tailles à démarrer des petits groupes en commençant par un groupe pilote. Je recommande un groupe pilote par centaine de membres. Au bout de quatre ou cinq mois, vous pouvez répartir les membres de ce groupe dans les nouveaux groupes que vous ouvrirez. Vous n’en ferez la promotion publique qu’après avoir réussi la mise en place d’un tel groupe.

Un pasteur au Canada qui avait vingt personnes au culte m’a demandé s’il pouvait commencer de petits groupes. Je lui ai lancé le défi d’en débuter deux lui-même et de commencer à former des leaders de groupe. En quinze mois, il avait six groupes pour un total de soixante personnes.

10. PRENEZ LE TEMPS D’OPÉRER LES CHANGEMENTS DE FAÇON PROGRESSIVE

J’ai entendu l’histoire d’un pasteur qui, dans les tout premiers mois de son pastorat en Alaska, mit le piano de l’autre côté de l’estrade près de l’orgue. Des membres firent alors remarquer que la plaque commémorative en l’honneur d’un certain grand-père, à qui il semblait que toute l’église était apparentée, n’était plus visible. Ils lui demandèrent de remettre le piano à sa place initiale, ce qu’il refusa. La friction alla en augmentant, jusqu’au jour où le pasteur dut quitter l’église.

Cinq ans plus tard, il y est retourné pour un mariage. Il remarqua que le piano avait été déplacé et mis près de l’orgue. « Comment as-tu fait pour les convaincre ? » demanda-t-il au pasteur. « Je n’en ai rien fait. Mais chaque semaine, depuis cinq ans, je l’ai déplacé de 2 cm… ».

Ce leader avait en tout cas compris comment introduire des changements. Faites ce que vous pouvez avec ce que vous avez là où vous êtes.

11. RESTEZ FLEXIBLE DANS LE FONCTIONNEMENT DE VOS PETITS GROUPES

Le principe de la flexibilité est la plus grande différence entre les pays orientaux ou africains et les États-Unis. Si vous encouragez la diversité quant à la forme des groupes, aux lieux, jours et heures où ils se réunissent, et même aux options qui s’offrent pour s’occuper des enfants, vous aurez d’autant plus de groupes.

12. GAGNEZ LES GENS À LA CAUSE DES PETITS GROUPES PAR… L’AMOUR

Une des mes histoires préférées concerne un garçon handicapé qui renversa un étalage de chaussures dans un grand magasin. Le gérant cria après lui, exigeant qu’il ramasse tout. Le garçon ne bougea pas. Puis sa soeur aînée s’est baissée et a commencé à ranger les chaussures. Le garçon finit par l’aider. Quand toutes les chaussures furent remises en place, elle se tourna vers le gérant et lui dit : « Monsieur, il n’y a que par l’amour que vous pouvez le convaincre ! ».

Plutôt que d’assigner les gens à tel ou tel groupe, aidez-les plutôt à s’y connecter. Encouragez-les à essayer un groupe. Soyez vous-même un exemple en participant avec joie à l’un d’entre eux.

13. DÉVELOPPEZ UNE ÉQUIPE DE RESPONSABLES CONVAINCUS DE L’UTILITÉ DES PETITS GROUPES

Travaillez à amener toute votre équipe pastorale et vos responsables à se concentrer sur le développement et la formation des leaders. Au fil du temps, vous pourrez ainsi constituer une équipe de partenaires qui construiront leur ministère autour des petits groupes.

En 1984, l’église New Hope avait cinquante groupes. J’ai failli commettre une grosse erreur. Je me suis mis à chercher un pasteur qui serait responsable des petits groupes. Si je l’avais fait, nos petits groupes seraient devenus un autre ministère parmi d’autres. Au lieu de cela, j’ai formé mon équipe en vue de travailler avec ces petits groupes. De cette façon, le suivi et l’évangélisation continuèrent de se développer et de multiplier.

14. DONNEZ LA PRIORITÉ À LA PRIÈRE ET À LA PERSONNE DU SAINT-ESPRIT

Selon Ralph Neighbour, dix-neuf des vingt plus grandes églises au monde ont des systèmes de petits groupes, qu’ils se réunissent dans les maisons ou dans les locaux de l’église, avec une forte emphase sur la prière et le Saint-Esprit.

Le succès de l’église en Corée n’est pas un accident. C’est bien plus qu’un système et une organisation ; il est caractérisé par une dépendance délibérée au Saint-Esprit et par l’emphase qui est mise sur la prière.

EN RÉSUMÉ

J’ai entendu le missionnaire E. Stanley Jones dire un jour : « Dans un petit groupe, chacun devient un enseignant, et chacun est enseigné ». J’oserai dire que le principe qui caractérise les groupes en bonne santé aujourd’hui est encore plus dynamique : dans un petit groupe, chacun apprend à prendre soin des autres, et à être soigné par les autres.

Même les petites églises peuvent aller au-delà d’un seul petit groupe pour en former plusieurs. Les grandes églises peuvent grandement améliorer le suivi des croyants en établissant une structure de petits groupes.

Les petits peuvent aider n’importe quelle église à dépasser les limites que lui imposent souvent l’espace et le temps. À quelle heure du jour pouvez-vous réunir tout le monde ? Aucune. Avec de petits groupes, votre église peut passer à une nouvelle étape et faire des progrès dans l’évangélisation et dans une formation de disciples plus approfondie.

Le petit groupe est le lieu par excellence ou le sacerdoce universel des croyants peut le mieux devenir une réalité.

Dale Galloway est titulaire d’un doctorat en théologie ; il est doyen du Beeson International Center for Biblical Preaching and Church Leadership au Séminaire théologique de Asbury à Wilmore dans le Kentucky

Article publié dans le journal Ressources spirituelles n.14, Hiver 2006.


Recevoir et mettre en oeuvre une vision : Un entretien avec John Maxwell et Ron McManus

Le journal Ressources Spirituelles a demandé à John Maxwell, fondateur de INJOY Inc et de EQUIP, et à Ron MacManus, président de EQUIP, dont le ministère consiste en particulier à former des pasteurs et d’autres leaders, de partager leurs pensées sur le rôle de la vision dans l'église locale. Ils nous laissent des conseils pratiques qui aideront les pasteurs à recevoir et à mettre en œuvre une vision inspirée pour leur église.

POURRIEZ-VOUS DÉFINIR LA VISION ET SON IMPORTANCE DANS LE MINISTÈRE ?

Maxwell : La vision est une image de l’avenir que l’on désire ; une image de quelque chose que je n’ai pas atteint, mais que je veux voir et vivre, et que je désire partager avec ceux que je dirige. Quand le pasteur et son église ont une vision, ils sont prêts à investir leur énergie, leur temps, leur argent et leurs talents à la réaliser.

MOINS DE 5% DES PASTEURS ONT CONCRÉTEMENT DÉFINI UNE VISION. QUEL IMPACT CELA A-T-IL SUR L’ÉGLISE LOCALE ?

McManus : Le verset de l’Écriture qui dit : « Faute de vision, le peuple périt » a deux facettes. Faute de vision, les habitants de nos villes périront sans Christ, mais sans vision, l’église elle même finira par périr.

Les églises dont les membres se querellent ont perdu leur vision de ceux qui meurent sans Christ. Sans vision, les gens et l’église deviennent centrés sur eux-mêmes. Les gens commencent à remarquer les défauts des autres, et l’église s’autodétruit. Les pasteurs et les églises ne peuvent tout simplement pas se passer de la vision.

Maxwell : Chaque fois qu’une église se chipote sur des questions de détail, dites- vous qu’elle a perdu de vue ce qu’elle est appelée à être.

Lors de mes conférences sur le leadership, les pasteurs me demandent : « Avez-vous une vision pour mon église ? » Ils voudraient souvent que je leur dise la direction qu’ils devraient prendre et à quoi devrait ressembler leur église. Cette question a toujours tendance à me gêner.

Sans une vision, ceux qui dirigent dépérissent. Vous ne perdez pas seulement les gens, mais aussi ceux qui sont appelés à diriger; vous perdez tout ! Nous pensons souvent que les gens quittent les églises pour des questions de doctrine, mais la plupart du temps, c’est une question de motivation. La plupart des pasteurs ont du mal à saisir et formuler leur vision. Mais le fait d’être visionnaire est une qualité indispensable du leader. Rien ne rallie les gens autant qu’un leader qui communique l’espérance. Quand l’espéranceest là, le potentiel est énorme.

Tous ceux qui ont une vision ne sont pas forcément des leaders, mais tout leader a une vision. Quand quelqu’un vous dit qu’il ou elle dirige quelque chose, une question légitime serait : « Et quelle est votre vision ? »

Si un leader n’est pas en mesure de vous donner un tableau de ce qu’il ou elle voit dans l’avenir, cette personne n’est pas réellement le leader de cette organisation.

QUEL DANGER Y A-T-IL À AVOIR UNE VISION QUI N’EST PAS NÉE DE LA PRIÈRE ET N’EST PAS LE FRUIT D’UNE DIRECTION DE DIEU ?

Maxwell : Bill Hybels nous donne cette illustration : en moyenne, un pasteur aux États-unis reste environ trois ans et demi dans la même église. Le pasteur Jacques arrive dans telle église, convaincu que la bonne vision consiste à aller vers la droite. Tout le monde dans l’église se met à marcher vers la droite. Au bout de trois ans et demi, le pasteur Jacques s’en va et laisse la place au pasteur Jean-Pierre. Lui veut que tout le monde aille vers la gauche. La plupart vont donc changer leurs habitudes et marcher vers la gauche. Puis le pasteur Jean-Pierre s’en va et arrive le pasteur Lucien qui interpelle les croyants : « Je n’ai jamais vu une église aussi confuse! Certains vont à droite pendant que les autres vont à gauche… Nous devrions tous aller tout droit ! » Après trois pasteurs en moins de dix ans et trois visions différentes, comment voulez-vous que les gens ne soient pas troublés et frustrés ?

McManus : C’est aussi un peu ce qui arrive quand un pasteur assiste à une conférence. Les chrétiens se disent : « Dimanche prochain, il va nous en mettre plein la vue. » Et c’est ce qui arrive. Ils écoutent donc docilement, tout en se disant : « Ça lui passera… ». Et c’est ce qui finit par arriver. Il en résulte que la crédibilité est perdue auprès des assemblées car elles s’habituent à cette même rengaine.

COMMENT LES PASTEURS PEUVENT-ILS DÉVELOPPER UNE VISION POUR LEUR ÉGLISE QUI VIENNE RÉELLEMENT DE DIEU ?

McManus : Pour que les pasteurs reçoivent une vision, ils doivent entendre la voix de Dieu. Ils doivent prier et chercher la face de Dieu. Tout commence là, dans leur coeur. Dieu dépose quelque chose dans leur coeur et leur esprit, qu’ils vont communiquer efficacement à ceux qui les entourent parmi les responsables afin qu’ils puissent s’identifier à la vision et se l’approprier.

Maxwell : Les pasteurs doivent être de ceux qui prennent du temps avec Dieu. Laissez Dieu vous parler et agir en vous, tandis que vous l’écoutez honnêtement et qu’il vous montre ce que vous faites bien, et ce qui a besoin de changer— vos lacunes, vos points forts et vos dons. Nous demandons souvent aux gens de nous suivre alors que nous n’avons pas d’abord permis à Dieu de faire en nous tout un travail intérieur. Les gens ne vous donneront pas de vision, mais Dieu peut le faire. Bien souvent, quand les gens ont une vision, ils pensent que cela doit toujours être en grand : gagner ma ville pour Christ… Mais le problème de bien des pasteurs et de ce type de vision est le suivant : ils n’ont pas développé de stratégie pour y parvenir et voir s’accomplir leur vision. Tel pasteur prêche et communique son rêve et sa vision à son assemblée qui s’enthousiasme pendant une semaine, un mois ou deux, mais il n’y a pas de stratégie, de planification, ni de méthode pour réaliser cette vision.

Une stratégie, c’est bien plus que le simple espoir de voir s’accomplir la vision. L’espoir doit accompagner la vision, mais il nous faut une stratégie et élaborer un processus qui contribuera à faire de notre vision une réalité.

COMMENT LES PASTEURSDOIVENT-ILS COMMUNIQUER LEUR VISION À LEUR ÉGLISE ?

Maxwell : Les grandes visions se communiquent individuellement. Quand je pensais que Dieu me parlait sur tel ou tel point, avant d’en parler à mon église, je prenais le temps de m’asseoir avec ceux qui prennent part aux décisions dans notre église et je partageais ce que je ressentais comme venant de Dieu. Je leur laissais du temps pour partager leurs idées et leurs questions. Bien souvent, ils me posaient des questions qui m’amenaient à répondre : « J’aurais besoin d’encore un peu de temps pour considérer ce point-là. Je ne suis pas sûr d’y voir clair quant à cet aspect. » D’autres fois, ces personnes ajoutaient des pierres à l’édifice et m’aidaient à clarifier ma vision afin qu’elle soit plus claire ou plus accessible à l’ensemble de l’église.

Une des lois du leadership veut que les gens adoptent le leader avant d’adopter sa vision. La communication de la vision commence toujours par le relationnel. Je reçois ma vision dans le cadre de ma relation avec Dieu; je communique ma vision dans le cadre de ma relation avec les autres. Si ces relations ne sont pas ce qu’elles pourraient ou devraient être, de part ou d’autre, lors de l’émission ou de la réception du message, la vision va avorter.

Quand les pasteurs me demandent si leur église adoptera leur vision, je leur pose deux questions : « Vous a-t-elle adopté, vous, en tant que conducteur spirituel ? Si non, n’essayez même pas de leur communiquer votre vision. »

Ensuite : « Avez-vous vous-même digéré et intégré cette vision correctement ? »

Quand je parlais de ma vision à l’ensemble de l’église, cette vision n’était plus au stade de départ comme au moment où je l’ai reçue de Dieu. Elle était plus claire et plus grande. Elle était meilleure parce que le corps de Christ avait complété ce que Dieu m’avait donné. Si bien que, lorsque je la partageais avec l’église, les décideurs l’avaient déjà adoptée. Ainsi, après que j’ai communiqué ce message à l’église, les membres pouvaient en parler librement avec les responsables qui exercent une certaine influence, ces derniers étant déjà mes alliés pour m’aider à communiquer la vision à l’assemblée.

POURQUOI EST-IL SI IMPORTANT QUE L’ASSEMBLÉE ADOPTE LA VISION ?

Maxwell : C’est un grand facteur de réussite qu’un pasteur et une église qui ont développé et adopté une déclaration de mission ! Chacun peut dès lors s’identifier, s’impliquer, et s’investir dans la communauté à travers son église de façon unique et particulière. Quand une église adopte une vision et s’identifie à elle, le pasteur suivant qui envisage d’y venir peut prendre connaissance de sa vision et déterminer si son ministère correspond ou non à cette vision. Si tel n’est pas le cas, il aurait tort de lier son sort à celui de cette église.

DÉCRIVEZ LE TYPE DE VISION DONT L’ÉGLISE A BESOIN POUR AVOIR UN IMPACT SUR LA SOCIÉTÉ DU XXIÈME SIÈCLE.

Maxwell : Pour que l’église puisse faire la différence, elle doit renoncer à vouloir détourner ses regards d’elle-même. Les assemblées devront cesser de se regarder le nombril et répondre aux vrais besoins. La seule façon dont une église peut être pertinente est de sortir de sa zone de confort et se connecter aux incroyants. Il y a une véritable faim pour les choses spirituelles dans la culture d’aujourd’hui; les gens sont en recherche spirituelle, en quête de quelque chose qui les dépasse. Ça, c’est la bonne nouvelle ; la mauvaise est que les gens ne trouvent pas la réponse à leur recherche dans les églises qui se contentent de chanter des cantiques, de prêcher des sermons, de suivre leur programme, et de collecter des offrandes pour leurs propres besoins.

Mais d’autres églises sont prêtes à renoncer à tout pour tout donner et moissonner une récolte abondante. Elles connaîtront un succès tel que l’église n’a jamais connu depuis le livre des Actes.

Bien sûr, d’autres se cramponneront à leurs positions. Ces églises diront : « Nous avons notre pasteur, nous lui payons son salaire, et nous voulons notre culte, nos cantiques, nos bancs et nos emplacements sur le parking. » Mais l’église qui ne se remettrait pas en question sera plus vite dépassée et délaissée qu’elle ne l’imagine.

L’église ne restera pas la même. Soit elle s’épanouira parce que quelqu’un aura compris en quel temps elle vit, soit elle s’étiolera et mourra bien vite.

McManus : Nous devons bâtir des ponts vers le monde. De nombreux croyants ont grandi dans la foi avec une mentalité qui les pousse à garder leurs distances d’avec ce monde. Mais il nous faut changer de mentalité et amener la lumière à un monde enténébré.

L’église qui aura un impact au XXIème siècle est celle dont les rêves sont plus grands que les souvenirs. Vous savez que vos rêves sont plus grands que vos souvenirs lorsque vous entendez les gens de votre église dire : « Nous sommes reconnaissants pour le passé et tout ce que Dieu a fait, mais il tient de grandes choses en réserve pour nous dans l’avenir ! »

QUE DIRIEZ-VOUS AUX PASTEURS QUI ONT UNE VISION MAIS QUI NE LA VOIENT PAS S’ACCOMPLIR ?

Maxwell : Bien des pasteurs ont une vision qu’ils n’ont pas encore vu s’accomplir. N’oublions pas que, lorsque Dieu nous donne une vision, nous n’avons jamais les ressources nécessaires pour l’accomplir. Nous n’avons pas les gens, l’argent, le savoir, ou l’occasion. En fait, pour commencer, on ne dispose que de la vision elle-même. Et c’est précisément là que Dieu attend de nous que nous marchions dans l’obéissance selon le rêve qu’il nous a confié.

Nous avons tous tendance à dire : « Dès que je trouve les gens pour m’aider, je vais… » ou encore « Dès que quelqu’un nous donnera les fonds nécessaires, nous allons… ». Autrement dit, nous attendons souvent d’avoir les ressources avant de passer à l’action.

Jésus nous montre comment il veut que nous agissions par la façon dont il nourrit cinq mille personnes. Quand les disciples vinrent vers Jésus pour lui demander de régler le problème, il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! ». Dieu n’agit qu’après que nous ayons fait le premier pas. Dieu nous donne la vision, puis s’attend à ce que nous marchions dans l’obéissance. Ce faisant, il pourvoira aux ressources nécessaires. Peut-être l’accomplissement de la vision est-il en chemin, si bien que seulement une partie des ressources sont disponibles. Le reste viendra en temps utile.

Pensez-y. Pourquoi Dieu enverrait-il les gens dans notre église si nous n’avons pas une grande vision ? Pourquoi Dieu donnerait-il à une église quelqu’un de riche en finances et en talents si tout ce que vous allez lui confier est de repeindre les toilettes l’année prochaine ? Ceci n’est pas une bonne gestion. Dieu nous accorde donc les ressources en fonction de nos rêves et selon notre obéissance. Et Dieu ne nous accorde ces ressources que lorsqu’on a commencé à marcher dans l’obéissance.

Les pasteurs qui ont un rêve et marchent dans l’obéissance sans avoir encore reçu les ressources nécessaires n’ont pas à s’inquiéter. Dieu n’a encore jamais donné une vision à quelqu’un qu’il n’ait pas l’intention de réaliser par son intermédiaire. Il n’a jamais donné non plus une vision qui serait accomplie du jour au lendemain.

Alors, allez de l’avant, soyez obéissant, et voyez Dieu accomplirla vision dans votre vie !

John Maxwell, D. Min., est un ancien pasteur, fondateur des ministères INJOY Inc. et EQUIP, à Atlanta en Georgie (États-Unis).Ron McManus est un ancien pasteur et membre du bureau exécutif des Assemblées de Dieu des États-Unis. Il est actuellement président du ministère EQUIP à Atlanta, en Georgie (États-Unis).

Six habitudes d’un leader visionnaire

Dans son livre The Effective Executive (Le dirigeant efficace), Peter Drucker, sommité mondiale en management, présente six habitudes des leaders visionnaires :

1. Ayez une vision claire

  • Commencez par développer une vision à long terme. Voyez plus clair, plus loin et plus haut que les autres n’ont su voir.
  • La communication encourage l’engagement. Partagez votre vision lors des réunions de comité, de l’estrade et dans les conversations en particulier.
  • Une vision rend une église attrayante. Quand une église partage une même vision, l’enthousiasme et l’effervescence sont perceptibles partout.
  • La vision amène l’église au-delà de l’entretien et du maintien des acquis en dynamisant ses activités.

2. Influencez ceux qui ont de l’influence

Reconnaissez et utilisez vos points forts en tant que leader. Un leader qui est attaché aux relations dans l’église est un facteur d’unité et contribue à encourager de bons rapports entre les gens. Un leader orienté sur la réalisation de projets saura élaborer des objectifs qui contribueront à la réalisation d’un rêve. Un pasteur avisé saura apprécier ces deux types de personnes d’influence à leur juste valeur.

Un pasteur ou un leader laïc peut exercer une influence de diverses façons :

  • Une vision claire — Elmer Town a dit : « Quand les gens adoptent votre vision, ils adoptent votre leadership ».
  • La crédibilité — Faites ce que vous dites que vous allez faire.
  • L’assurance — Soyez rempli de foi et d’espérance.
  • Le caractère — Enseignez le service par votre propre façon de servir.
  • L’engagement — Soyez le plus engagé et consacré.
  • Le courage — La foi prend des risques.

3. Développez une équipe gagnante

Une équipe est capable d’accomplir bien plus qu’un individu. C’est ce que l’on appelle la synergie : chacun contribue par ses dons uniques à la réalisation de l’oeuvre de Dieu. Le leader visionnaire saura réunir les membres en équipes en les investissant de l’autorité nécessaire pour exercer ensemble leur ministère : les laïcs ne demandent qu’à passer aux actes.

4. Privilégiez toujours la personne

La personne — l’individu — est au coeur de la raison d’être de l’Église. Chérissez les gens ; riez et pleurez avec eux. Écoutez-les vous dire leurs craintes, leurs échecs et leurs sentiments. Acceptez leurs encouragements et réjouissez-vous de leur potentiel. Souvenez-vous que le Sauveur a créé l’Église pour eux.

5. Les attitudes sont vraiment importantes

La plupart des leaders ont un état d’esprit, une attitude qui leur est propre. Appelez-la une attitude positive, la passion, ou la foi ; le fait est qu’ils croient que Dieu veut les aider à accomplir quelque chose d’impossible. Toute église désirant connaître une croissance explosive doit avoir quelqu’un dans l’équipe de ceux qui la dirigent qui croit et communique une attitude qui s’attend à voir et vivre des miracles.

6. N’abandonnez jamais

Quand les temps sont durs, avec l’aide de Christ, ce sont les durs qui… durent ! Les difficultés nous communiquent la force de monter plus haut, de devenir ce pour quoi Dieu nous a créés. Dieu a placé en nous des ressources que nous ne découvrirons qu’à travers les luttes et les combats. La force, tant physique que spirituelle, est le produit d’une lutte et d’un effort. C’est pour cela qu’il est si important de ne jamais abandonner.

Paru dans enrichment journal (http://enrichmentjournal.ag.org) et dans Ressources spirituelles, n.10, Automne 2004.

Adapté de l’article de Dale Galloway, « Six Habits of a Visionary Leader » paru dans Leading With Vision, Beeson Leadeship Series, Beacon Hill Press, Kansas City, Mo © 1998.

samedi 18 octobre 2008

Questionnaire pour discerner la présence ou l’absencer des facteurs de croissance

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Le questionnaire ci-dessous est un outil permettant aux pasteurs et aux responsables des communautés chrétiennes de discerner la présence ou l’absence de critères de croissance dans leurs églises.

1) Critère de motivation des dirigeants (Est-ce que les dirigeants sont motivés ?)

  • Les dirigeants sont-ils convaincus que la croissance de l'Église est la volonté de Dieu ?
  • Les dirigeants sont-ils convaincus que la croissance numérique de l'Église est un signe de sa santé ?
  • Les dirigeants sont-ils consacrés "corps et âme" à cette croissance ?
  • Les dirigeants sont-ils prêts à s'engager pendant plusieurs années pour favoriser la croissance malgré les obstacles et les oppositions ?
2) Critère de compétence organisationnelle (Est-ce que les dirigeants sont compétents ?)
  • Les dirigeants ont-ils une bonne connaissance des critères organisationnels qui permettent la croissance des églises ?
  • Les dirigeants savent-ils comment conduire un projet de développement ?
  • Les dirigeants savent-ils gérer par objectifs ?
  • Les dirigeants recherchent-il des résultats ?
  • Les dirigeants évaluent-ils les activités en fonction de la mission l'église ?
3) Critère de direction (Est-ce que l'église sait où elle va ?)
  • Est-ce que l'église à une vision pour l'avenir ?
  • Est-ce que l'église à un énoncé de mission ?
  • Est-ce que tous les membres connaissent la vision et les objectifs de l'église ?
4) Critère d'ouverture au changement (Est-ce que l'église est prête à changer ?)
  • Les membres de l'église considèrent-ils que le changement soit important ?
  • Les responsables de l’église sont-ils prêts à changer ou transformer les activités qui ne produisent pas de résultats ?
  • Les membres de l'église sont-ils prêts à accepter des changements d'activités ?
  • L'église a-t-elle élaboré un processus pour aider les membres à comprendre et accepter les changements ?
5) Critère de foi et de ferveur spirituelle (Est-ce que l'église est fervente et animée de l'Esprit Saint ?)
  • L'église offre-t-elle des activités pour augmenter la ferveur spirituelle de la communauté chrétienne (prières pour une nouvelle effusion de l'Esprit, lecture la Bible, temps de confessions des péchés, etc.) ?
  • L'église est-elle ouverte à l'exercice des charismes (dons spirituels) ?
  • L'église considère-t-elle comme important l’adoration ?
  • L'église a-t-elle des célébrations joyeuses et enthousiasmantes ?
  • L'église considère-t-elle que les miracles soient possibles aujourd’hui ?
  • L'église forme-t-elle ses membres à l'exercice des charismes ?
6) Critère de compassion (Est-ce que l'église répond aux besoins de son milieu et de ses membres ?)
  • L'église a-t-elle mis sur pied des activités pour connaître et rejoindre les besoins du milieu (visite des malades, prière pour les malades, accompagnement des mourants, accompagnement des personnes en deuil, etc.) ?
  • L'église a-t-elle mis sur pied des activités pour connaître et rejoindre les besoins de ses membres ?
  • L’église partage-t-elle de ses ressources avec les plus déshérités ?
7) Critère d'évangélisation (Est-ce que l'église évangélise ?)
  • Est-ce que l'église considère que les incroyants sont importants aux yeux de Dieu ?
  • Est-ce que l'église s'est fixée des objectifs numériques ?
  • Est-ce que tous les membres sont formés pour témoigner de leur foi ?
  • Est-ce que l'église organise des temps de prière pour la cause de l’évangélisation ?
  • Est-ce que l'église invite ses membres à donner financièrement pour la cause de l’évangélisation ?
  • Est-ce que l'église a mis sur pied des célébrations pour personnes en recherche ?
  • Est-ce que l'église a mis sur pied des petits groupes d'évangélisations pour personnes en recherche dont l'objectif est la multiplication ?
  • Est-ce que l'église donne l'occasion aux visiteurs et aux nouveaux membres de faire un acte de foi ?
  • Est-ce que l'église à des petits groupes dont la mission est d'aller à la recherche des "brebis perdues» ?
  • Est-ce que l'église à un processus de suivi pour les personnes qui visitent la première fois église ?
8) Critère de fraternité (Est-ce que l'église est fraternelle ?)
  • Est-ce que l'église organise des activités pour favoriser la communion fraternelle?
  • Est-ce que église à un service d'accueil lors des célébrations ?
9) Critère de développement des membres (Est-ce que l'église développe ses membres ?)
  • Est-ce que l'église offre des parcours catéchétiques ?
  • Est-ce que l'église considère que chaque chrétien est missionnaire ?
  • Est-ce que l'église offre des parcours pour que les chrétiens discernent leurs dons ?
10) Critère d'implication missionnaire (Est-ce que l'église implique ses membres ?)
  • Est-ce que l'église cherche à impliquer les laïcs selon leurs dons ?
  • Est-ce que chaque chrétien est engagé dans sa mission personnelle ?
  • Est-ce l'église invite ses membres à la créativité au niveau où des activités ?
11) Critère de délégation (Est-ce que l’église développe des responsables laïcs ?)
  • Le pasteur forme-il des laïcs responsables ?
  • Le pasteur donne-t-il des responsabilités aux laïcs ?
  • Les responsables laïcs forment-ils d'autres responsables laïcs ?
  • Les responsables fonctionnent-ils selon le principe de subsidiarité ?
12) Critère d'inculturation (Est-ce que l'église tient compte du langage et des aspirations culturelles de son milieu ?)
  • Est-ce que les prédicateurs utilisent un vocabulaire compréhensible pour des personnes qui n'ont aucune connaissance de la foi chrétienne ?
  • Est-ce que l'église utilise, pour ces célébrations, un style de musique qui correspond aux goûts de la population visée ?
  • Est-ce que les prédications répondent aux recherches et aux soucis des personnes du milieu ?
13) Critère de structure (Est-ce que l'église est structurée pour réaliser sa mission ?)
  • Est-ce que l'organigramme de la communauté chrétienne démontre que l'église fonctionne avec des laïcs responsabilisés ?
  • Est-ce que l'église est munie de petits groupes réalisant les activités de l'église, c'est-à-dire se rassemblant autour d'un besoin particulier, d'un parcours de foi ou d'une mission ?
Par exemple :
  • Groupes de présentation du Kérygme et de la vision de l'église
  • Groupes fraternels de ressourcement, de prière et d'étude des Écritures
  • Groupes de convalescence et de guérison
  • Groupes missionnaires visant à accomplir une activité particulière
  • Groupes d'évangélisation avec objectifs de croissance visant la multiplication
  • Groupes de discernement des dons
  • Est-ce que l'organigramme de la communauté chrétienne démontre que les efforts sont répartis également dans les différentes fonctions de l'église ?

Entre autres :

  • Activités de renouveau spirituel
  • Activités de célébration et de louange
  • Activités de fraternité
  • Activités de d'évangélisation (pastorale de la brebis perdue) et "promotion" des activités de l'église
  • Activités de compassion ad extra (besoins externes à la communauté)
  • Activités de compassion ad intra (besoins internes à la communauté)
  • Parcours de catéchèse
  • Parcours de discernements des dons
  • Activités de sacramentalisation
  • Activités pour connaître les besoins et les aspirations du milieu (interne et externe)
  • Activités d'évaluation et d'amélioration continue
14) Critère d'excellence (Est-ce que l'église offre des services de qualité ?)
  • L'église est-elle équipée de matériels de qualité pour exercer sa mission ?
  • L'église assure-t-elle une formation à ses responsables afin qu'ils exercent un leadership de qualité ?
  • L'église poursuit-elle l'amélioration continue par l'évaluation régulière de ses activités ?
  • Les critères d'évaluation correspondent-ils à la mission de l'église : Amour, développement, qualité, croissance numérique, etc.
  • L'église évalue-t-elle toutes activités, sa structure, sa stratégie et sa mission ?
  • L'église a-t-elle un processus visant à garantir la mise en place des améliorations proposées ?
  • L'église encourage-t-elle l'innovation ?
  • L'église évalue-t-elle la satisfaction des membres ?
  • L'église accepte-t-elle les échecs de manière à en tirer des leçons et à s'améliorer ?
15) Critère d'intégrité (Est-ce que l'église est respectueuse et honnête dans son fonctionnement ?)
  • Les responsables de l’église respectent-t-ils les lois sur la propriété intellectuelle ?
  • L’église paye-t-elle ses impôts sans chercher à éviter illégalement des taxes ?
  • Les gestes et les attitudes des dirigeants de l’église correspondent-ils à leurs paroles ?
  • L’église respecte-t-elle son environnement ?
  • Les revenus et dépenses de l’église sont-ils transparents ?
  • Les dirigeants et les responsables de l’église protégent-ils la confidentialité des informations auxquelles ils ont accès au titre de leurs activités pastorales ?
  • Les dirigeants évitent-ils, à l'égard des salariés et en matière de recrutement, toute discrimination en raison du sexe, de l'âge, de la race, de l'engagement politique ou syndical, de la nationalité ou d'un handicap ?
  • L’église maintient-elle un environnement de travail satisfaisant et sécuritaire ?
  • L’église s’est-elle munie d’un code d’éthique ?
16) Critère du lieu, de la taille et de la solvabilité (Est-ce que l'église est facilement repérable et accessible ?)
  • L'église est-elle facilement repérable et accessible par la route et par d’autres moyens de transport ?
  • L’église se trouve-t-elle à proximité du lieu où vivent les personnes qu’elle cherche à rejoindre ?
  • La taille de l’église est-elle adaptée pour favoriser la croissance (l’église devrait être remplie entre 40% et 90% de sa capacité) ?
  • L’église s’est-elle munie d’un site Internet de qualité, facilement repérable par des moteurs de recherche, indiquant clairement les services de l’église et surtout précisant distinctement l’emplacement du lieu de culte et les moyens pour s’y rendre ?

vendredi 17 octobre 2008

Articles sur la croissance des églises écrits par Rick Warren


Rick Warren est le pasteur fondateur de l'Église Saddleback Valley Community Church en Californie. Il est actuellement une des références majeures en matière de croissance de l'Église. Il a été nommé l’un des « 25 meilleurs leaders d’Amérique » dans un numéro du U.S.News and World Report. Il a aussi été élu l’un des « 15 leaders mondiaux qui ont le plus compté en 2004 », et l’une des « 100 personnes les plus influentes au monde ». Le magazine Newsweek l’a appelé l’une des « 15 personnes qui rendent l’Amérique admirable» (“15 People Who Make America Great”). Plus de 400 000 pasteurs et responsables d’église dans le monde ont assisté à un de ses séminaires ou à une de ses conférences sur la croissance des églises locales.