Développer l’église par des groupes de croissance (Neil Cole)

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Dans cet article, nous parlons d’une forme de petits groupes particulièrement efficace pour annoncer Jésus-Christ auprès des sans-églises et pour faire croître spirituellement les chrétiens. Il s’agit des groupes de croissances développés par Neil Cole.

Neil Cole est le cofondateur et le directeur de Church Multiplication Associates, une organisation qui a collaboré à l’implantation de centaines d’églises dans le monde. Il est aussi un des fondateurs du mouvement des églises dites « organiques ». Il exerce son ministère depuis 21 ans et possède une forte expérience d’implantation d’églises.

Selon lui, la plupart des systèmes de petits groupes existants ont un défaut majeur. Leurs leaders portent un fardeau trop lourd; ils sont débordés par leurs différentes tâches : animer le groupe, s’occuper des personnes en recherche, essayer de régler les problèmes des membres, répondre aux questions théologiques qui leurs sont posées, former les participants à l’évangélisation et trouver un nouveau responsable. Ils finissent par s’épuiser et n’ont pas le temps de se ressourcer spirituellement.

La solution, selon Neil Cole, est de former des groupes plus petits, de deux ou trois personnes maximum, qui se rencontrent pendant une heure toutes les semaines et qui se donnent trois disciplines de base : la lecture assidue de la Parole, la confession des péchés et la prière pour les perdus. Quand une quatrième personne s’ajoute, la cellule est partagée en deux.

Ces groupes permettent la transformation (croissance) des membres et la multiplication des disciples. La lecture assidue de la Parole de Dieu et la confession des péchés libèrent la puissance de l’Esprit-Saint dans la vie des participants et produit en eux une transformation salutaire (de l’alcoolisme à la sobriété, de la colère à la maîtrise de soi, du mensonge à la vérité, etc.). Les membres offrent ainsi un témoignage éloquent au monde et attirent ainsi d’autres personnes dans le groupe.

Les participants lisent un minimum de 25 à 30 chapitres bibliques par semaine. Et lorsqu’ils se rencontrent, ils échangent à partir de dix questions :

  1. As-tu été cette semaine un témoignage de la gloire de Dieu dans tes paroles et tes actes ?
  2. As-tu été tenté sexuellement ou as-tu commis un adultère dans tes pensées ?
  3. As-tu manqué d’honnêteté sur le plan financier ou convoité ce qui ne t’appartenait pas ?
  4. As-tu été respectueux, compréhensif et généreux à l’égard de tes proches ?
  5. As-tu blessé quelqu’un ouvertement ou non par tes paroles ?
  6. As-tu cédé à une dépendance ? Explique-toi.
  7. As-tu entretenu de la colère contre quelqu’un ?
  8. As-tu secrètement souhaité le malheur de quelqu’un pour ton intérêt personnel ?
  9. As-tu terminé ta lecture de la semaine et t’es-tu mis à l’écoute de Dieu ? Comment est-ce que tu peux réagir ?
  10. As-tu été parfaitement honnête avec moi ?[2]

Ces questions sont de l’ordre de la redevabilité personnelle. Elles invitent les participants à discuter de ce qu’ils ont vécu durant la semaine. Elles leurs font aussi prendre conscience, avec la prière pour les perdus, que le mandat missionnaire de faire des disciples fait partie de la mission de chaque baptisé. Cette formule de petit groupe permet de former des disciples qui en formeront d’autres créant ainsi une synergie de multiplication et de croissance spirituelle.

Si l’un des participants n’a pas lu les 25 ou 30 chapitres durant la semaine, tous les membres doivent reprendre la lecture des mêmes textes la semaine suivante. Le groupe continue ainsi jusqu’à ce que chaque membre ait terminé l’ensemble des chapitres à lire pour la semaine (Ces 25 à 30 chapitres correspondent environ à une demi-heure de lecture par jour).

Les questions, explique Neil Cole, peuvent être changées en fonction des besoins des membres. Un pasteur qu’il connait à opté les questions suivantes :

  1. Comment s’est-il révélé à toi cette semaine ?
  2. Que t’apprend-il en ce moment ?
  3. Comment réagis-tu ?
  4. Ressens-tu le besoin de partager Christ avec quelqu’un cette semaine ?
  5. As-tu besoin de confesser un péché ?[3]

Ces questions sont inscrites sur un carton dont les membres se servent comme marque-page pour leur Bible. Au verso, sont inscrits le nom des personnes pour qui les membres du groupe s’engagent à prier chaque fois qu’ils ouvrent la Parole de Dieu. Ce sont les personnes qu’ils ont à cœur d’évangéliser.

Chaque participant choisit en effet de prier pour deux ou trois personnes qu’il connaît. Il partage leurs noms avec les autres membres du groupe afin que tous les participants prient pour eux. C’est ainsi que deux ou trois personnes prient chaque semaine pour chacun des noms inscrits[4].

Neil Cole propose de prier ainsi pour les personnes que l’on cherche à rejoindre :

Seigneur, je prie que tu attires__________ à toi (Jean 6.44).

Je prie que __________ cherchent à te connaître (Actes 17.27).

Je prie que__________ entende et crois la Parole de Dieu ( 1 Thessaloniciens 2.:13)

Je te demande d’empêcher Satan de cacher la vérité à__________ (2 Corinthiens 4.4; 2 Timothée 2.25-26)

Esprit Saint, et je te demande de convaincre__________ de son péché et de son besoin de la rédemption de Christ (Jean 16.8)

Je te demande d’envoyer quelqu’un partager l’Évangile avec__________ (Matthieu 9.37-38)

Je te demande aussi de me donner (ou de donner à mon frère ou ma sœur) l’occasion, le courage et les mots justes pour partager la vérité avec __________ (Colossien 4.3-6; Éphésiens 6.19-20).

Seigneur, je prie que__________ se détourne de son péché (Actes 17.30-31; Thessaloniciens 1.9-10).

Seigneur, je prie que __________ place toute sa confiance en Christ (Jean1.12; 5.24).

La lecture de la Parole, la confession des péchés et la prière pour les perdus déclenchent la conversion des membres du groupe. Ils offrent ainsi un témoignage éloquent au monde. Selon Neil Cole, le témoignage d’une vie changée est l’arme la plus persuasive et la plus efficace pour remplir le manda missionnaire confié par Jésus à son Église.

C’est cette puissance que l’Église doit afficher. Ce ne sont pas de discussions rationnelles, le nouveau bâtiment, les émissions de télévision élaborées ou nos vaillants caractères qui gagneront ce monde à Christ. Mais c’est notre témoignage simple d’une vie changée à jamais grâce à la puissance de Christ venu du ciel pour chercher les sauver les perdus : voilà ce qui touchera réellement le monde[5].

Les gens ne sont pas sensibles à des arguments purement intellectuels, mais ils sont touchés par des êtres passionnés qui témoignent des changements que Christ a opéré dans leur vie[6].

Quelles personnes choisir pour  démarrer un groupe? Neil Cole suggère fortement de choisir un nouveau converti, quelqu’un en recherche ou un chrétien désemparé: Si nous commençons avec des responsables chrétiens déjà engagés, nous verrons moins de changements que si nous commençons avec des pêcheurs désespérés[7].

Il explique aussi que le système des groupes de croissance fonctionne beaucoup mieux si les relations s’établissent spontanément. Le choix des personnes dans un groupe ne devrait pas être imposés par les responsables. Ainsi, chacun se sentira plus à l’aise et plus en confiance pour s’exprimer avec honnêteté et transparence.

Avec un tel système de petits groupes, explique Neil Cole, on a rarement besoin de parler de la croissance de l’Église. Il est certes bon d’en proposer la vision, mais quand nous sommes déterminés à former des disciples qui en formeront d’autres, les églises se multiplieront naturellement[8]

 

Les informations contenues dans cet article ont été puisées dans le livre de Neil Cole : Une bible, du café, des disciples: Vers une multiplication de disciples, aux éditions Clé (2009). Le lecteur y trouvera des explications détaillées sur les groupes de croissance et la pensée missionnaire de son auteur.


[1] Les sans-églises sont les personnes qui ne croient pas en Jésus ou qui ne cheminent pas dans une communauté chrétienne.

[2] COLE, N., Une bible, du café, des disciples: Vers une multiplication de disciples, Éditions Clé, 2009, p. 117.

[3] Ibid., p. 118.

[4] Ibid., p. 122.

[5] Ibid., p. 24.

[6] Ibid., p. 34.

[7] Ibid., p. 176.

[8] Cf. ibid., p. 153.