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dimanche 17 mai 2020

La croissance de l’Église selon Chuck Smith

Auteur: Pierre-Alain Giffard

En 1965, Chuck Smith est devenu le pasteur d’une petite Église de 25 personnes appelée Calvary Chapel Costa Mesa. Au fil des ans, son ministère a engendré un mouvement international composé de 1800 églises et attirant hebdomadairement plus de 24000 personnes. Les célébrations dans ces églises étaient connues pour leur code vestimentaire décontracté (« venez comme vous êtes ») et pour leur style de musique contemporain. Elles rassemblaient et attiraient particulièrement les hippies, les toxicomanes et les jeunes adultes.

Chuck Smith explique en ses mots la croissance étonnante de ce mouvement : « Lorsque nous permettons à l’Esprit de nous diriger, l’Église grandit et s’épanouit, tout comme elle l’a fait au premier siècle. Si nous L’écoutons l’expérience glorieuse de l’Église primitive peut être aussi la nôtre »[1].

Dans son livre Living Waters[2] (Eaux vives), il explique que l’Église existe grâce à l’Esprit saint; c’est Lui qui a donné naissance au Corps du Christ le jour de la Pentecôte. L’Esprit saint s’est déversé sur les disciples et continue d’être aujourd’hui à l’œuvre avec puissance. Sans Lui, dit-il, l’Église ne serait rien qu’un club social ou une organisation charitable. Mais quand les chrétiens donnent à l’Esprit saint sa juste place, le corps du Christ devient une force dynamique de changement.

Pendant que Jésus était sur terre, il dirigeait lui-même le ministère des apôtres : il leur disant quoi faire, où aller et quoi croire. Mais quand il monta au ciel, il dirigea son Église par l’Esprit saint. Dans le livre des Actes des Apôtres, nous pouvons lire comment l’Esprit saint dirigeait l’Église. Il y a, entre autres, le passage dans lequel l’apôtre Pierre reçut par l’Esprit une vision et des paroles divines. Ceci lui fit comprendre qu’il pouvait aussi annoncer la Bonne Nouvelle aux non-juifs (Actes 10 : 9-16).

Pierre, de retour à Jérusalem, fut pris à partie par les chrétiens issus du judaïsme : « Tu es entré chez des hommes qui ne sont pas circoncis, et tu as mangé avec eux ! » (Actes 11-2-3). Alors Pierre leur décrit son expérience : « L’Esprit me dit d’aller avec eux ». En d’autres termes, Pierre est allé un endroit bien précis, Césarée, sous la direction de l’Esprit saint. C’est l’Esprit qui lui dit quoi faire et Pierre obéit même si cela s’écartait entièrement de ses pratiques habituelles.

L’expérience de Pierre racontée dans les Actes des apôtres n’est qu’un exemple parmi d’autres qui montre que l’Église primitive savait se laisser guider par l’Esprit saint. Nous y lisons aussi comment l’Esprit, par le don de prophétie, dit à l’Église d’Antioche : « maintenant, séparez-moi Barnabas et Saul, pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés ». ... (Actes 13 : 2).

Il y avait des prophètes et des docteurs dans cette Église : Barnabé, Syméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaèn et Saul. Ils cherchaient la direction de l’Esprit : Ils jeûnaient, attendaient que l’Esprit saint leur parle. C’est par le don de prophétie que le ministère de Paul et de Barnabas était dirigé. Grâce à lui, les deux apôtres pouvaient être envoyés à des endroits bien spécifiques.

Plus loin dans le livre des Actes, on peut lire : « Ils parcoururent la Phrygie et le territoire galate, le Saint-Esprit les ayant empêchés d'annoncer la parole en Asie ». (Actes 16 :6). L’Esprit saint ne leur permit pas de visiter un endroit où ils avaient prévu d’aller. L’Esprit peut aussi conduire en mettant des obstacles sur notre chemin, il fait surgir des circonstances qui nous empêchent de faire ce que nous avions prévu.

Chuck Smith raconte l’histoire du Dr. Edwards qui était président d’une banque à San Jose. Il donna sa vie à Jésus-Christ et se sentit appelé par Dieu à être pasteur. Il étudia la parole de Dieu et entra au séminaire. Une nuit, il eut une vision, celle d’un vieil homme aux cheveux gris labourant un champ avec une charrue. Alors que celui-ci n’avait travaillé que sur la moitié de son champ, il s’adressa au Dr. Edwards en disant : « Viens m’aider ». Ce fut tout, et à ce moment-là, la vision resta pour lui  un mystère.

Peu de temps après, Dieu mis dans son cœur d’aller commencer une église au Panama. Il quitta l’Amérique et démarra en fait plusieurs communautés chrétiennes. Un jour, il reçu un appel d’un hôpital : « Dr Edwards, nous avons un vieil homme ici qui est en agonie. Personne ne semble le connaître, mais ce serait bien qu’il voit un pasteur car il va mourir bientôt ». Le Dr Edwards parti donc lui rendre visite et prier pour lui. À son arrivée, et à son grand étonnement, il se rendit compte que l’homme qui était devant lui était celui de sa vision. Dr Edwards découvrit ensuite que cet homme avait été missionnaire pendant une trentaine d’années avant lui et compris qu’il avait pu bâtir ses Églises seulement grâce à la fondation pastorale et spirituelle posée par cet homme.

Dans son livre Living Waters, Chuck Smith fait aussi part d’une de ses expériences personnelles[3]. Une nuit, il eut une forte impression intérieure; il ne savait pas d’où elle venait mais comprit que c’était une parole du Seigneur. Le Seigneur lui dit : « Il y a des Églises qui conduisent les gens vers une plus grande complaisance en eux-mêmes et à un plus grand amour d’eux-mêmes. Pour vous, menez les gens vers une plus grande appréciation et un plus grand amour envers moi ».

Alors qu’il était encore jeune, il reçut aussi une prophétie dans laquelle le Seigneur lui donnait un nom nouveau « berger ». Le Seigneur lui dit qu’il ferait de lui le berger de nombreux troupeaux et son église ne serait pas assez grande pour contenir toutes les personnes qui allaient affluer pour entendre la Parole de Dieu.

Smith estime que l’Église ne peut pas bien accomplir sa mission si elle n’est pas dirigée par l’Esprit saint. Lorsque qu’elle est conduite par le soi-disant génie des hommes et leurs comités, elle devient rapidement incapable et inefficace. Ceux qui sont appelés à diriger l’Église devraient s’efforcer d’être en tout dirigés par l’Esprit saint. C’est ce que l’Église du premier siècle avait su faire.


[1] Smith, Chuck. Living Water. Word for Today, 2007. p.75
[2] Smith, Chuck. Living Water. Word for Today, 2007, pp. 75-84
[3] Smith, Chuck. Living Water. Word for Today, 2007, p.83

dimanche 19 avril 2020

Comment évangélisent les Églises qui grandissent?


Auteur: Pierre-Alain Giffard

Les Églises qui font des disciples donnent la priorité à l'évangélisation. Elles comprennent l'évangélisation comme une invitation à recevoir le Christ comme Seigneur et Sauveur et à devenir membres de son Corps, l'Église.

Les Églises en croissance évangélisent de différentes manières 

1. Par l’annonce missionnaire : Les Églises en croissance invitent les personnes évangélisées à faire un choix, à prendre une décision libre et éclairée en réponse au Christ qui les appelle à la conversion et au salut : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai, chez lui » (Ap 3,20). S’engager dans l’annonce missionnaire, c’est chercher à susciter une réponse de foi chez les personnes évangélisées et à les faire cheminer vers une relation d’amour et de confiance avec le Christ. L’annonce missionnaire se réalise lorsque des hommes et des femmes accueillent Jésus comme Sauveur et Seigneur et se font baptiser (2Pi 3,18 ; Jn 3, 5).

2. Par des relations existantes : Cette manière d’évangéliser met les gens en contact avec l’Église et le message du Christ grâce aux réseaux relationnels des chrétiens (famille, amis, collègues de travail, voisins, etc.). À l’image de l’apôtre André qui conduit son frère, Simon Pierre, à Jésus (Jn, 1,42), les chrétiens invitent les personnes qu’elles connaissent déjà à mieux connaître le Christ et à répondre à son appel. Ceux et celles qui sont rejoint ainsi ont tendance à être plus ouverts à une invitation car elle vient de personnes qu’elles connaissent et en qui elles ont confiance.

3. Par le service et l’amitié : « Dieu ne croit pas un mot de ce que nous disons mais croit ce que nous faisons ». Et de la même manière, « les gens ne se soucient pas de ce que nous savons tant qu’ils ne voient à quel point nous nous soucions d’eux ». Il s’agit d’évangéliser avec amour et pour l’amour. Par l’entraide et le service des personnes qui les entourent, les chrétiens créent de nouveaux liens d’amitié et prouvent ainsi leur souci des autres. Ils se greffent dans leur environnement par la charité et deviennent des personnes significatives dans la vie des personnes qu’ils fréquentent. Mais le service en soit ne suffit pas, les gens ont aussi besoin d’entendre l’Évangile pour pouvoir y répondre.

4. Par des petits groupes d’évangélisation : Pour évangéliser, il est certes important de garder les portes d’entrée de l’église grandes ouvertes mais aussi de créer de nombreuses portes latérales. Les portes d’entrée des Églises missionnaires sont les célébrations dominicales et les portes latérales sont des petits groupes d’évangélisation. Ce genre de petit rassemblement est particulièrement adapté pour témoigner de sa foi envers les personnes présentes. Le but premier de ces groupes n’est pas tant la fraternité, la prière ou l’étude de la Bible mais plutôt d’y inviter et d’y accueillir de nouvelles personnes pour leur faire entendre la bonne nouvelle.

5. Par les charismes (Mc 11,24) : Cette forme d’évangélisation s’appuie sur la puissance de l’Esprit qui confirme la Parole par des signes et des prodiges (Mc 16,20). Les évangélisateurs cherchent à répondre aux besoins de guérison et de libération des personnes évangélisées en priant pour elles avec foi (Lc 17,6). Comme dans le livre des Actes des Apôtres et tel qu’expliqué dans l’épître aux Corinthiens, la manifestation des charismes est au service de l’évangélisation (1 Corinthiens 14).

6. Par priorité : L’une des raisons qui explique la croissance des Églises se trouve dans leurs efforts à répondre en priorité aux besoins des personnes de leur entourage qui passent par des étapes importantes ou difficiles dans leur vie : que ce soit le mariage, la naissance d’un enfant, un changement d’emploi, un congédiement ou une faillite, la maladie, un décès d’un membre de sa famille ou d’un ami, un déménagement, l’emprisonnement. Ce faisant, ces Églises mettent en pratique l’Évangile de Matthieu au chapitre 25 (versets 31 à 46). Les personnes qui vivent ce genre de transitions ou d’épreuves sont plus réceptives à l’Évangile. Les personnes réceptives sont aussi souvent celles qui nous sont proches et avec qui nous avons des relations de confiance: nos amis, parents, collègues et voisins.

7. Par l’expérience dominicale : Lorsqu’une personne est invitée pour la première fois à l’église, il est important que sa première impression soit bonne… particulièrement si on souhaite que celle-ci revienne ! Pour une personne nouvelle, une bonne expérience dominicale se fait principalement à quatre niveaux : la chaleur de l’accueil, la qualité et la beauté des chants et de la musique, des homélies inspirées qui montrent le chemin du salut et qui font le lien avec la vie de tous les jours et enfin une présence tangible de l’Esprit Saint.

8. Par le suivi : Les églises sont trop souvent comme des sachets de thé. À l’image de l’eau qui traverse le sachet, les visiteurs entrent par la porte d’entrée et sortent par la porte arrière comme si rien n’était. Une église devrait plutôt être comme une éponge qui absorbe et retient les visiteurs et les personnes invitées. Le suivi devrait se faire sans tarder après une première visite par l’envoi de courriels ou d’un coup de téléphone par la secrétaire de la paroisse, par le pasteur ou un paroissien.

9. Par intégration : Le processus d’intégration des nouveaux dans l’Église peut être vu comme faisant partie d’une étape après la conversion. Mais en fait, il est impératif d’intégrer rapidement à l'Église les personnes que l’on évangélise dans les relations d’amitié des paroissiens. En effet la vie chrétienne n'est pas une vie solitaire et les personnes qui viennent depuis peu à l’Église cherchent aussi à créer des liens. Lorsqu’une Église n'arrive pas à intégrer des personnes nouvelles en favorisant la création de liens d’amitiés, son développement est compromis.

10. Par des activités et des évènements pour les personnes en recherche : Les Église en croissance mettent sur pied des évènements et des célébrations pour personnes en recherche où les personnes invitées ont l’occasion d’entendre le kérygme et de faire un acte de foi en Jésus sauveur. Ces événements peuvent avoir lieu durant les temps forts de l’année, à Noël ou à Pâques. Ils comprennent en général les éléments classiques d’une célébration (homélie, chant, prière, offrande) mais sont façonnés en un style contemporain et informel : Les personnes peuvent venir, écouter et partir sans se demander quand s’asseoir, se tenir debout, s’agenouiller ou donner de leur argent. On leur donne le temps de permettre à l’Esprit de travailler en elles et de décider sans pressions si elles veulent devenir des disciples de Jésus.

11. Par étapes : Cette forme d’évangélisation cherche à comprendre où en est chaque personne dans son cheminement de conversion et à la faire progresser vers la prochaine étape. De la foi en l’existence de Dieu jusqu’à la conversion, il y a souvent toute une série de marche à franchir.


12. Par une approche intégrale : Cette approche adopte une vision intégrale de l’évangélisation. Elle implique l’ensemble des ministères paroissiaux et des activités de l’Église dans le but de rejoindre ceux et celles qui ne connaissent pas le Christ : de la prière, à l’accueil, au suivi, à l’intégration dans l’Église, aux homélies, au genre de musique, au baptême, au discernement des dons, à l’implication dans des ministères et à la formation au leadership.

Il y a d’autres approches utilisées par les Églises qui grandissent. Celles-ci ne sont pas forcément pour tout le monde, mais il est quand même important de les mentionner :

13. Par les médias : Les moyens modernes de communication et de publicité permettent d’annoncer la Bonne Nouvelle. Ils comprennent a) les bus, b) vidéos, c) mp3, d) blogues (e) journaux, (f) bulletins d’information, g) annonces radio, h) télévision, (i) panneaux d’affichage (j) appels téléphoniques et (k) Facebook / Twitter / Instagram / TikTok.

14. Par invitation : Cette approche consiste simplement à inviter des personnes à la porte de l’église pour qu’elles y entrent et entendent l’Évangile.

15. Par un service de bus : Cette pratique demande de mettre sur pied un service de bus pour inviter les gens le long de la route à venir à une école du dimanche. C’est plus qu’un service de bus pour conduire les chrétiens à l’église, c’est une évangélisation intentionnelle en vue d’inviter de nouvelles personnes à connaitre le Christ.

16. Par du porte-à-porte : Ce n’est ni une méthode pour tout le monde ni une approche qui fait l’unanimité dans l’Église. Pourtant ceux et celles qui la défendent disent qu’elle permet aux chrétiens de rencontrer des gens dans le confort de leur maison et les prédispose ainsi à accepter la parole de Dieu.

Les Églises en croissance se servent de différentes approches d’évangélisation. Cette liste n’est pas exhaustive et il n’y pas de chemin unique. Les Églises qui souhaitent effectuer un virage missionnaire peuvent s’inspirer des différentes pratiques décrites ci-dessus. Elles peuvent choisir celles qui leur convient le mieux et qui portent du fruit dans leur contexte.

mardi 20 novembre 2012

La croissance de l’église et le travail en équipe

En tant que responsables en Église, la tentation est grande de vouloir tout faire soi-même. Cela peut remplir ses journées et donner l’impression que l’on fait de son mieux pour accomplir la volonté de Dieu. Le pasteur David Yonggi Cho, en Corée du Sud, en est un bon exemple. Animé d’un fort désir missionnaire, il commença une Église à partir d’un petit groupe de chrétien et réussit à multiplier leur nombre jusqu’à 800 000. Au début, il faisait tout lui-même… il était partout et rien ne se faisait sans lui. Mais avec le temps, il finit par appeler cette attitude, cette façon de faire, la clé du désastre. En effet, à force de vouloir tout faire, il tomba gravement malade et s’épuisa. Il fit ce qu’on appelle communément un burnout, c’est-à-dire un épuisement professionnel. Il mit dix ans à s’en remettre.

Dans les souffrances de sa fatigue et le désir de continuer à développer son Église, il en arriva à déléguer la tâche de l’annonce missionnaire aux laïcs. Il changea radicalement sa façon de faire en prenant le temps de former des responsables et en leur confiant des responsabilités. C’est en grande partie grâce à ce travail d’équipe, à cette collaboration avec les laïcs, que sa communauté chrétienne se développa de façon exponentielle.

Mais le travail d’équipe n’est pas simple. Il peut être source d’unité et d’épanouissement ou source de division et de souffrance. Voici quelques pistes afin que celui-ci contribue tant à la croissance de l’Église qu’à la croissance des membres.

1. Laisser les membres de l’équipe prendre part au processus de planification

Les responsables devraient définir les objectifs avec les autres membres de l’équipe et ne pas leur imposer des moyens pour les atteindre. En effet, les membres d’une équipe pastorale débordent souvent de créativité et d’idées qui peuvent considérablement enrichir un projet ou un événement. Comme Pierre et Jean qui coururent tous les deux ensemble (Jn 20:4) vers le tombeau vide, les membres d’une équipe devraient se former et travailler ensemble pour saisir une vision nouvelle et des moyens nouveaux pour réaliser leurs projets.

2. Donner suffisamment d’autonomie

Le rôle des responsables d’équipe est surtout de rappeler la mission et la vision de l’équipe ainsi que les objectifs définis. Ils devraient ensuite, autant que possible, laisser les membres atteindre ces objectifs par eux-mêmes, selon leur expérience propre et leurs compétences particulières. Donner suffisamment d’autonomie aux membres pour atteindre les objectifs fixés leur permet de travailler en fonction de leurs dons, de leurs inspirations et de trouver joie et épanouissement dans leur travail à cause de la confiance qui leur est accordée. Comme l’explique saint Paul dans l’épître aux Romains (12:5), nous ne formons qu'un seul corps dans le Christ, mais nous sommes pourvus de dons différents selon la grâce qui nous a été donnée.

3. Assurer un suivi

Ceci est important, les membres de l’équipe ne sauront pas s’ils sont sur le bon chemin à moins que cela leur soit dit clairement par l’ensemble du groupe. Il est donc nécessaire de réunir l’équipe à intervalles réguliers afin de discuter des progrès accomplis. Les membres peuvent ainsi recevoir des suggestions d’améliorations de la part des autres membres de l’équipe.

4. Encourager les membres

Chaque membre de l’équipe a droit à une reconnaissance sincère, personnelle et publique de la part du responsable. Une fois l’évaluation achevée, tout n’est généralement pas parfait, mais il faut avant tout relever ce qui a été fait de bien afin d’encourager et d’enhardir les membres pour leurs futures implications. Encouragez-vous mutuellement chaque jour, nous exhorte saint Paul (He 3:13)! Mettre trop d’emphase sur les points négatifs peut facilement blesser et décourager les membres dans leur engagement généreux à la suite du Christ.

Conclusion

Le travail en équipe peut réellement être une source d’unité et de fraternité lorsque le responsable aide à bâtir une vision commune, fait confiance, accompagne, motive et laisse chaque membre agir selon ses dons et ses inspirations. Une telle culture d’équipe relève de la maturité spirituelle et démontre le respect que l’on doit à chaque membre du Corps du Christ, appelé à sa manière à participer à la mission de l’Église.

Auteur : Pierre-Alain Giffard

 

NOTE: Certaines idées présentées sont inspirées de l’article « Secrets to Developing a Productive Team » de Juan Cruz.

http://www.churchleaders.com/pastors/pastor-articles/162984-secrets-to-developing-productive-team.html

lundi 2 juillet 2012

La croissance de l’église par la méthode T4T

Ying Kai est un missionnaire évangélique sino-américain qui accepta l’appel d’annoncer l’Évangile aux milliards de personnes en Asie qui ne connaissent pas le Christ. Sachant qu’il ne pouvait pas se servir des approches traditionnelles d’évangélisation pour rejoindre tant de monde, il mit au point la méthode T4T. Celle-ci vise à faire de chaque croyant un évangélisateur capable d’engendrer des disciples qui en engendrent d’autres[1]. Depuis sa création, et en l’espace de 10 ans, elle amena la création de 150 000 petits groupes de nouveaux convertis (églises de maison) et le baptême de 1.7 million de personnes[2].
Cette méthode commence par une série de rencontres, étendue sur une période d’environ 9 à 18 mois. Elle débute en formant des chrétiens à témoigner de leur foi et de leur conversion auprès des non-croyants. Les non-croyants, qui accueillent Jésus comme leur Sauveur et Seigneur (2Pi 3:18) sont à leur tour instruits par l’évangélisateur pour 1) témoigner eux-mêmes de leur foi (ou de leur conversion) dans leur milieu de vie; 2) annoncer la Bonne Nouvelle et; 3) former eux-mêmes les personnes qu’ils auront gagnées au Christ afin qu’elles deviennent à leur tour des formateurs de formateurs[3]. Cette méthode est conçue pour se transmettre de génération en génération, de nouveaux convertis en nouveaux convertis, de petits groupes en petits groupes.
Selon Steve Smith, l’auteur du livre T4T: A Discipleship Re-Revolution (Une Re-Révolution pour la formation des disciples), il s’agit d’un retour à la formation des disciples dans les premiers temps de l’Église. Ce processus d’évangélisation déclenche la multiplication des nouveaux groupes de convertis qui deviennent à leur tour des facteurs de multiplication.
La méthode T4T fait appel à l’obéissance des croyants vis-à-vis de la Parole de Dieu. Les croyants sont d’abord invités à dire « oui » à l’appel de devenir des pêcheurs d’hommes et les personnes évangélisées sont ensuite appelées à dire des « oui » successifs : « oui » pour accueillir Jésus comme Sauveur et Seigneur (l’acte de foi), « oui » au baptême, « oui » à l’évangélisation des non-croyants, « oui » à la formation de petits groupes de convertis avec les personnes évangélisées et « oui » à la formation des membres des nouveaux groupes afin qu’ils reproduisent eux-mêmes ce processus de multiplication[4].
L'idée de base est que tout chrétien est appelé à suivre Jésus et agir comme lui… Jésus ayant accompli la volonté de Dieu en appelant et en formant des disciples appelés eux-mêmes à en former d’autres[5] (Mat 28:19-20).
Dans la méthode T4T, la personne évangélisée est tout de suite interpelée à devenir missionnaire en témoignant de sa conversion (ou de sa foi) aux personnes qu’elle connaît et en démarrant un nouveau groupe avec les personnes évangélisées. Il les formera ensuite à faire ce qu’il fait lui-même : évangéliser, rassembler et diriger un petit groupe, former à évangéliser, à rassembler et à diriger un petit groupe.
Les réponses à 3 questions servent de base à la formation des nouveaux convertis[6] : « Pourquoi? Qui? Comment? »
Pourquoi ? : Pourquoi évangéliser ?
Il est dit aux nouveaux convertis que chaque croyant est fondamentalement appelé à être membre d’une église ET à transmettre la foi qu’il a reçue.
Qui ? : Qui évangéliser ?
En petit groupe[7], les nouveaux convertis sont invités à faire la liste des personnes de leur « oikos » (les membres de leur famille, leurs amis, leurs voisins, leurs collègues de travail, les personnes qu’ils côtoient régulièrement et les personnes sur qui ils ont une certaine influence). Une fois la liste composée, ils prient afin de savoir vers qui aller en premier : cinq noms de la liste sont alors retenus. Les membres prient à nouveau pour ces cinq personnes afin que le Père céleste les attire à Jésus, afin que l’Esprit les « travaille » (Jn 16:8-9) et afin qu’ils puissent donner leur témoignage et annoncer la Bonne Nouvelle avec assurance. Notons qu’il ne s’agit pas de limiter le témoignage et l’annonce aux cinq personnes de la liste.
Comment ? : Comment donner son témoignage et annoncer la Bonne Nouvelle?
La troisième étape est d’aider les membres du groupe à formuler leur témoignage et à annoncer la Bonne Nouvelle. Ceci se fait en deux temps : mettre à la fois son témoignage et l’annonce du kérygme par écrit, et s’exercer à les partager.
Un témoignage peut être soit celui de sa conversion : 1) ma vie avant de connaître Jésus; 2) comment j’ai connu Jésus; 3) ma vie depuis que j’ai connu Jésus, soit celui de l’intervention de Dieu dans sa vie pour résoudre un problème particulier : 1) le problème; 2) comment Dieu a changé le problème; 3.) ma victoire sur le problème (libération de l’alcoolisme, de la colère, de la rancune, etc.).
Au niveau du kérygme, il existe différentes façons de présenter la Bonne Nouvelle. Il s’agit d’en choisir une qui soit le plus adaptée à son contexte et avec laquelle on est à l’aise afin qu’elle mène la personne évangélisée à faire un acte de foi (accueillir Jésus comme Sauveur et Seigneur).
Après s’être exercé à donner leur témoignage et à annoncer la Bonne Nouvelle, les membres prient pour le besoin des uns et des autres (Luc 10:9). Ils sont ensuite envoyés pour évangéliser dans leur oïkos, former leur propre groupe[8] et se servir des leçons qu’ils ont reçues avec les personnes qu’elles ont rassemblées.
Cette formation, à partir des trois questions (Pourquoi ? Qui ? Comment ?) est la première d’une série qui se donne dans un petit groupe[9]. Les rencontres qui suivent ont lieu toutes les deux semaines ou aux deux semaines. Elles contiennent en général 7 parties[10] :
  1. Le soin pastoral
  2. La louange
  3. Le suivi
  4. La projection de la vision
  5. L’étude biblique
  6. La pratique
  7. Les objectifs et la prière
Les quatre parties les plus importantes, celles qui ne sont pas à enlever sont : le suivi, la vision, la pratique, les objectifs et la prière[11]. Lorsque les rencontres sont animées selon ces différentes parties, il n’y a pas de carence de nouveaux évangélisateurs qui formeront des groupes avec des nouveaux convertis et dont les membres formeront à leur tour leurs propres groupes en vue d’une multiplication continue.
Une série de 6 à 10 rencontres suivent la première formation. Elle contient des leçons sur les fondements de la vie chrétienne : l’assurance du salut, la vie de prière, le baptême, la Parole de Dieu, la confession des péchés, l’Église, l’appel à la sainteté, etc.[12].
Dans la partie du soin pastoral, la personne qui a constitué le groupe demande simplement aux membres comment ils vont et elle se met à leur écoute. Dans la partie de la louange, les participants glorifient Dieu et font des prières d’action de grâce. Dans la partie du suivi, il est demandé aux membres comment ils ont mis en pratique la leçon précédente et ce qu’ils ont fait pour évangéliser. Dans la partie de l’étude biblique, les membres sont nourris et guidés par la Parole de Dieu sur un sujet donné. Dans la partie pratique, les membres s’exercent à transmettre la leçon qu’ils viennent d’apprendre et se fixent des objectifs : Quelles personnes évangéliser? Qui former ? Enfin avant de se quitter, les membres prient 1) les uns pour les autres et 2) pour demander à Dieu de leur inspirer qui former et qui évangéliser.
À chaque rencontre, les membres sont donc formés afin de communiquer ce qu’ils ont reçu aux membres de leur propre groupe. Il y a toujours un temps de pratique durant lequel ils s’exercent à donner la leçon qu’ils viennent de recevoir. Conséquemment, les leçons doivent être particulièrement simples et transmissibles. Après la première série de leçons, la formation a une visée a plus long terme : l’approfondissement da la foi.
Le but ultime de ceux qui en arrivent à former des nouveaux groupes de convertis est celui de former des formateurs. Les membres des nouveaux groupes seront appelés non seulement à témoigner, non seulement à créer leurs propres groupes, ni même de former les personnes de leurs groupes à témoigner et à constituer d’autres groupes; pour que des petites communautés de croyants se multiplient, pour que naisse un mouvement d’implantation d’Églises de maison, le formateur doit se rappeler que son but est de former des formateurs et de concentrer ses énergies sur les personnes de son groupe qui répondront le mieux à cet appel (en moyenne 20% des membres deviennent des formateurs de formateurs) [13].
Steve Smith encourage les formateurs à libérer le plus de temps possible dans leur semaine afin de former le plus de groupes possible. Une formation dure deux heures. En libérant 2 heures pas semaine, il est possible d’animer au moins deux groupes aux quinze jours. Plus les formateurs formeront de groupes, plus une croissance de type exponentielle aura la chance de se réaliser.
La méthode d’évangélisation T4T est donc différente de la méthode utilisée traditionnellement dans les petits groupes[14]. Dans les cellules d’évangélisation (ou les petits groupes d’évangélisation) classiques, les membres amènent les personnes évangélisées dans leur propre groupe jusqu’à ce que le groupe soit assez grand pour se diviser (ou multiplier) en deux. Le principe est de croître puis de se multiplier.
Avec la méthode T4T, la croissance du groupe d’origine n’est pas recherchée avant de se multiplier. Les membres des groupes T4T n’amènent pas les personnes évangélisées dans leur propre groupe. Plutôt, ils forment un nouveau groupe avec les personnes qu’ils évangélisent. Là, celles-ci sont formées pour répéter le processus d’évangélisation et de création de nouveaux groupes (les membres sont formés pour évangéliser, rassembler et former un nouveau groupe dans lequel les membres sont formés à évangéliser, rassembler et former un nouveau groupe, etc.). Le processus se reproduit indéfiniment permettant une croissance exponentielle. Avec le temps, les groupes formés peuvent devenir de véritables Églises de type paroissial alors que d’autres restent des petits groupes reliés à une Église existante.
Dans la méthode T4T, chaque nouveau croyant est donc vu comme un groupe potentiel. Si tous les nouveaux convertis ne démarrent pas un nouveau groupe, tous sont formés et encouragés à le faire. Ceux qui démarrent des groupes projettent continuellement la vision que Dieu peut faire naître une réaction en chaîne de croissance à travers chaque membre. Le but pour un évangélisateur est d’en arriver à engendrer plus de quatre générations successives de formateurs et de groupes (ou d’églises de maison)[15]. Pour y arriver, il lui est en général nécessaire de rester avec son groupe de 9 à 18 mois[16].
La multiplication de petits groupes (ou d’églises de maison) commence donc par une 1ère étape : la projection d’une vision mobilise un plus grand nombre de chrétiens possible à s’engager dans l’évangélisation et la croissance de l’Église. Durant une 2e étape, les chrétiens mobilisés sont aidés à repérer les personnes qu’ils peuvent évangéliser. La 3e étape est celle de l’évangélisation (l’annonce missionnaire) proprement dite. La 4e étape est celle où les membres sont instruits pour former des nouveaux groupes. Enfin, la 5e et dernière étape est celle où les membres sont instruits pour former les personnes de leurs propres groupes à reproduire le processus de multiplication. Toutefois, la projection de la vision n‘est pas un évènement ponctuel qui ne se produirait qu’au début du processus. Comme nous l’avons vu dans les différentes parties qui composent une rencontre, il est aussi nécessaire de projeter une vision spécifique durant chaque formation afin d’aider les membres à franchir les différentes étapes du processus[17].
Aussi, ce serait une erreur de voir la méthode T4T comme une simple série de leçons. Cette méthode est beaucoup plus qu’une formation intellectuelle, elle vise à ce qu’un nouveau converti, ou une personne déjà croyante, soit rendue capable, dans un très court laps de temps, de témoigner de sa foi et de démarrer de nouveaux groupes dont les membres seront formés pour reproduire le même schéma processus de multiplication. La méthode T4T est un outil presque idéal pour engendrer et former de nouveaux disciples formateurs qui engendreront et formeront de nouveaux disciples formateurs….qui engendreront et formeront de nouveaux disciples formateur...etc.[18] C’est par ce processus de formation, à travers les 7 étapes habituelles d’une rencontre, qu’une réaction en chaîne de conversions et de croissance peut se produire.
Lorsqu’ils se trouvent dans un contexte culturel particulier, il est conseillé aux évangélisateurs/formateurs de faire certaines adaptations. Mais cela doit être fait sans en éliminer les principes fondamentaux de la méthode.
Un des éléments à ne pas changer, selon Steve Smith, est le déroulement des rencontres. Il doit sans faute contenir au moins quatre des sept parties d’une rencontre habituelle : le suivi, la vision, la pratique, les buts et la prière. La vision de former des formateurs qui forment des formateurs doit aussi demeurer ainsi que celle de concevoir l’appel de tout chrétien comme étant celui de suivre Jésus et de devenir des pêcheurs d’hommes. Les leçons ont à rester simples et transmissibles et le parcours être conçu pour aider les membres à passer d’une étape de cheminement (ou de croissance) à une autre[19]. Enfin, le processus de formation doit être centré sur la Parole de Dieu, efficace et reproductible par les nouveaux convertis.
S’il est nécessaire d’avoir des leçons facilement transmissibles, ce sont aussi les visons pour chaque formation (4e partie de la formation) qu’il est important de rendre simples et transférables ainsi qu’une façon efficace et adaptée au contexte de présenter la bonne nouvelle du salut. Cette présentation doit amener ceux qui l’entendent à accueillir Jésus comme Sauveur et Seigneur (faire un acte de foi).
Un autre élément incontournable dans la méthode : les questions de suivi lors des rencontres (3e partie de la formation). Il devrait y en avoir pour chaque niveau d’engagement : Les évangélisateurs : « À qui avez-vous témoigné? Ont-ils fait un acte de foi? ». Les  initiateurs : « Avez-vous commencé à les former dans le même processus? ». Les formateurs : « Est-ce que les personnes évangélisées évangélisent? ». Les formateurs de formateurs : « Est-ce les personnes évangélisées forment les personnes qu’elles ont elle-même évangélisées? ».
Enfin, selon les auteurs, la méthode T4T peut être efficace dans n’importe quel contexte culturel même s’il faut parfois compter sur un temps d’adaptation. Steve Smith invite les lecteurs, et ceux qui entendent parler de la méthode T4T, à relever le défi de la croissance et en répondant aux questions suivantes : Durant les trois prochains mois, combien prévoyez-vous former de personnes à la méthode T4T? Et à combien de personnes allez-vous donner votre témoignage? Devenez, dit-il, une personne qui ne se contente pas d’écouter mais qui en arrive à mettre en pratique ce qu’il entend. Dieu a un cœur pour sauver l’humanité et il veut travailler par vous pour arriver à ses fins[20].
Auteur: Pierre-Alain Giffard
Les informations qui ont servi à écrire cet article sont tirées du livre de Steve Smith et de Ying Kai: T4T: A Discipleship Re-Revolution (WIGTake Resources, LLC. Kindle Edition 2011) et du site internet « Church Planting Mouvements : Best Practices from Across the Globe » (http://www.churchplantingmovements.com/).


[1] Cf. Smith, Steve; Kai Ying (2011-09-21). T4T: A Discipleship Re-Revolution (Kindle Location 436). WIGTake Resources, LLC. Kindle Edition.
[2] En 2001, lorsqu’il commença son apostolat avec cette nouvelle méthode, 20 groupes de maison (églises de maison) virent le jour en deux mois; dans les six prochains mois, 327 groupes furent formés et 4 mille personnes furent baptisées. En 2002, 908 groupes de maison furent créés et il y eut 12 000 baptêmes. 2003 vit la création de 3 535 nouveaux groupes et les baptêmes de plus de 53 430 personnes. En 2004, la méthode engendra 9 320 nouveaux groupes et 104 542 personnes se firent baptiser. En 2005, la méthode permit de former 9 307 nouveaux groupes de maison et 90 648 personnes se firent baptiser. Les année qui suivent furent remarquable: 2006 - 121,859 baptêmes et 12,548 églises de maison; 2007 - 153,625 baptêmes et 15,193 églises de maison; 2008-  204,055 baptêmes et 18,194églises de maison; 2009 210,951 baptêmes et 19,921 églises de maison; 2010  313,598 baptêmes et 28,602 églises de maison; 2011  279,231 baptêmes et 24,005 églises de maison; Les 9 premiers mois de 2012 - 206,204 baptêmes et 18,368 églises de maison; TOTAL 1,738,143 baptêmes et 158,993 églises de maison.
[3] En anglais : “Trainers for Trainers”.
[4] Cf. Steve Smith et Ying Kai, op. cit., Kindle Location 1053-1054.
[5] Cf. Ibid., Kindle Location 1290-1292.
[6] Le nouveau converti est une personne qui vient tout juste de faire un acte de foi pour accueillir Jésus comme son Sauveur et Seigneur (2Pi 3 :18) après avoir entendu le témoignage et l’annonce du kérygme par un chrétien.
[7] Un petit groupe peut contenir seulement deux ou trois personnes.
[8] Il arrive parfois que les membres amènent les nouveaux convertis dans leur propre groupe, mais ils sont alors invités et accompagnés pour commencer, dans les semaines qui suivent, un nouveau groupe avec ces nouveaux croyants.
[9] La formation peut se donner aussi comme un cours particulier s’il n’y a que deux personnes dans un groupe.
[10] Pour des détails sur chacune des parties, voir le livre de Steve Smith et Ying Kai,T4T: A Discipleship Re-Revolution. WIGTake Resources, LLC. Kindle Edition, 2011.
[11] La première, deuxième, troisième et quatrième partie forment le premier tiers de la rencontre et durent en tout 40 minutes. La cinquième partie constitue le deuxième tiers et dure aussi 40 minutes. La sixième et septième partie forme le troisième tiers de la rencontre et dure de même 40 minutes. Steve Smith explique que dans le premier tiers (pastoral) le groupe regarde en arrière, dans le deuxième tiers (la leçon), il regarde en haut et dans troisième tiers (la pratique), il regarde en avant.
[12] Il est a noté que dans les pays de mission qui utilisent la méthode T4T les nouveaux convertis se font e n général baptiser seulement quelques jours, quelques semaines ou quelques mois après leur premier acte de foi. Il y a donc des baptêmes qui ont lieu lors des formations. Cela ne va pas sans rappeler la pratique baptismale des premiers temps de l’Église relatée dans les Actes des Apôtres (Actes 2:41; 8:6-13; 8:36-38; 9:18-19; 10:47-48).
[13] Il est à noter que les personnes qui deviennent des formateurs de formateurs ne sont en général pas celles que nous soupçonnons. Les chrétiens de longue date sont souvent moins efficaces que des nouveaux convertis. Ceci s’explique parce les chrétiens de longue date connaissent moins de personnes éloignées de Dieu et qu’ils sont occupés dans d’autres tâches d’Église. Et puisque seulement un petit pourcentage des personnes évangélisées devient des formateurs, il est important de viser à former le plus de personnes possible afin de trouver le plus de formateurs possible.
[14] Cf. Steve Smith et Ying Kai, op. cit., 2307-2313.
[15] Cf. Ibid., Kindle Location 2572-2573.
[16] Cf. Ibid., Kindle Location 2578-2579.
[17] Cf. Ibid., Kindle Location 2922.
[18] Cf. Ibid., Kindle Location 1302-1303.
[19] C’est-à-dire de l’accueil de Jésus comme Sauveur et Seigneur (l’acte de foi), à l’évangélisation de l’oïkos, à l’enseignement des leçons reçues, à la formation d’un nouveau groupe, et à la formation de nouveaux évangélisateurs pour qu’ils puissent reproduire le même processus.
[20] Cf. Steve Smith et Ying Kai, op. cit., Kindle Location 4646.

vendredi 4 juin 2010

Développer l’église par des groupes de croissance (Neil Cole)

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Dans cet article, nous parlons d’une forme de petits groupes particulièrement efficace pour annoncer Jésus-Christ auprès des sans-églises et pour faire croître spirituellement les chrétiens. Il s’agit des groupes de croissances développés par Neil Cole.

Neil Cole est le cofondateur et le directeur de Church Multiplication Associates, une organisation qui a collaboré à l’implantation de centaines d’églises dans le monde. Il est aussi un des fondateurs du mouvement des églises dites « organiques ». Il exerce son ministère depuis 21 ans et possède une forte expérience d’implantation d’églises.

Selon lui, la plupart des systèmes de petits groupes existants ont un défaut majeur. Leurs leaders portent un fardeau trop lourd; ils sont débordés par leurs différentes tâches : animer le groupe, s’occuper des personnes en recherche, essayer de régler les problèmes des membres, répondre aux questions théologiques qui leurs sont posées, former les participants à l’évangélisation et trouver un nouveau responsable. Ils finissent par s’épuiser et n’ont pas le temps de se ressourcer spirituellement.

La solution, selon Neil Cole, est de former des groupes plus petits, de deux ou trois personnes maximum, qui se rencontrent pendant une heure toutes les semaines et qui se donnent trois disciplines de base : la lecture assidue de la Parole, la confession des péchés et la prière pour les perdus. Quand une quatrième personne s’ajoute, la cellule est partagée en deux.

Ces groupes permettent la transformation (croissance) des membres et la multiplication des disciples. La lecture assidue de la Parole de Dieu et la confession des péchés libèrent la puissance de l’Esprit-Saint dans la vie des participants et produit en eux une transformation salutaire (de l’alcoolisme à la sobriété, de la colère à la maîtrise de soi, du mensonge à la vérité, etc.). Les membres offrent ainsi un témoignage éloquent au monde et attirent ainsi d’autres personnes dans le groupe.

Les participants lisent un minimum de 25 à 30 chapitres bibliques par semaine. Et lorsqu’ils se rencontrent, ils échangent à partir de dix questions :

  1. As-tu été cette semaine un témoignage de la gloire de Dieu dans tes paroles et tes actes ?
  2. As-tu été tenté sexuellement ou as-tu commis un adultère dans tes pensées ?
  3. As-tu manqué d’honnêteté sur le plan financier ou convoité ce qui ne t’appartenait pas ?
  4. As-tu été respectueux, compréhensif et généreux à l’égard de tes proches ?
  5. As-tu blessé quelqu’un ouvertement ou non par tes paroles ?
  6. As-tu cédé à une dépendance ? Explique-toi.
  7. As-tu entretenu de la colère contre quelqu’un ?
  8. As-tu secrètement souhaité le malheur de quelqu’un pour ton intérêt personnel ?
  9. As-tu terminé ta lecture de la semaine et t’es-tu mis à l’écoute de Dieu ? Comment est-ce que tu peux réagir ?
  10. As-tu été parfaitement honnête avec moi ?[2]

Ces questions sont de l’ordre de la redevabilité personnelle. Elles invitent les participants à discuter de ce qu’ils ont vécu durant la semaine. Elles leurs font aussi prendre conscience, avec la prière pour les perdus, que le mandat missionnaire de faire des disciples fait partie de la mission de chaque baptisé. Cette formule de petit groupe permet de former des disciples qui en formeront d’autres créant ainsi une synergie de multiplication et de croissance spirituelle.

Si l’un des participants n’a pas lu les 25 ou 30 chapitres durant la semaine, tous les membres doivent reprendre la lecture des mêmes textes la semaine suivante. Le groupe continue ainsi jusqu’à ce que chaque membre ait terminé l’ensemble des chapitres à lire pour la semaine (Ces 25 à 30 chapitres correspondent environ à une demi-heure de lecture par jour).

Les questions, explique Neil Cole, peuvent être changées en fonction des besoins des membres. Un pasteur qu’il connait à opté les questions suivantes :

  1. Comment s’est-il révélé à toi cette semaine ?
  2. Que t’apprend-il en ce moment ?
  3. Comment réagis-tu ?
  4. Ressens-tu le besoin de partager Christ avec quelqu’un cette semaine ?
  5. As-tu besoin de confesser un péché ?[3]

Ces questions sont inscrites sur un carton dont les membres se servent comme marque-page pour leur Bible. Au verso, sont inscrits le nom des personnes pour qui les membres du groupe s’engagent à prier chaque fois qu’ils ouvrent la Parole de Dieu. Ce sont les personnes qu’ils ont à cœur d’évangéliser.

Chaque participant choisit en effet de prier pour deux ou trois personnes qu’il connaît. Il partage leurs noms avec les autres membres du groupe afin que tous les participants prient pour eux. C’est ainsi que deux ou trois personnes prient chaque semaine pour chacun des noms inscrits[4].

Neil Cole propose de prier ainsi pour les personnes que l’on cherche à rejoindre :

Seigneur, je prie que tu attires__________ à toi (Jean 6.44).

Je prie que __________ cherchent à te connaître (Actes 17.27).

Je prie que__________ entende et crois la Parole de Dieu ( 1 Thessaloniciens 2.:13)

Je te demande d’empêcher Satan de cacher la vérité à__________ (2 Corinthiens 4.4; 2 Timothée 2.25-26)

Esprit Saint, et je te demande de convaincre__________ de son péché et de son besoin de la rédemption de Christ (Jean 16.8)

Je te demande d’envoyer quelqu’un partager l’Évangile avec__________ (Matthieu 9.37-38)

Je te demande aussi de me donner (ou de donner à mon frère ou ma sœur) l’occasion, le courage et les mots justes pour partager la vérité avec __________ (Colossien 4.3-6; Éphésiens 6.19-20).

Seigneur, je prie que__________ se détourne de son péché (Actes 17.30-31; Thessaloniciens 1.9-10).

Seigneur, je prie que __________ place toute sa confiance en Christ (Jean1.12; 5.24).

La lecture de la Parole, la confession des péchés et la prière pour les perdus déclenchent la conversion des membres du groupe. Ils offrent ainsi un témoignage éloquent au monde. Selon Neil Cole, le témoignage d’une vie changée est l’arme la plus persuasive et la plus efficace pour remplir le manda missionnaire confié par Jésus à son Église.

C’est cette puissance que l’Église doit afficher. Ce ne sont pas de discussions rationnelles, le nouveau bâtiment, les émissions de télévision élaborées ou nos vaillants caractères qui gagneront ce monde à Christ. Mais c’est notre témoignage simple d’une vie changée à jamais grâce à la puissance de Christ venu du ciel pour chercher les sauver les perdus : voilà ce qui touchera réellement le monde[5].

Les gens ne sont pas sensibles à des arguments purement intellectuels, mais ils sont touchés par des êtres passionnés qui témoignent des changements que Christ a opéré dans leur vie[6].

Quelles personnes choisir pour  démarrer un groupe? Neil Cole suggère fortement de choisir un nouveau converti, quelqu’un en recherche ou un chrétien désemparé: Si nous commençons avec des responsables chrétiens déjà engagés, nous verrons moins de changements que si nous commençons avec des pêcheurs désespérés[7].

Il explique aussi que le système des groupes de croissance fonctionne beaucoup mieux si les relations s’établissent spontanément. Le choix des personnes dans un groupe ne devrait pas être imposés par les responsables. Ainsi, chacun se sentira plus à l’aise et plus en confiance pour s’exprimer avec honnêteté et transparence.

Avec un tel système de petits groupes, explique Neil Cole, on a rarement besoin de parler de la croissance de l’Église. Il est certes bon d’en proposer la vision, mais quand nous sommes déterminés à former des disciples qui en formeront d’autres, les églises se multiplieront naturellement[8]

Les informations contenues dans cet article ont été puisées dans le livre de Neil Cole : Une bible, du café, des disciples: Vers une multiplication de disciples, aux éditions Clé (2009). Le lecteur y trouvera des explications détaillées sur les groupes de croissance et la pensée missionnaire de son auteur.



[1] Les sans-églises sont les personnes qui ne croient pas en Jésus ou qui ne cheminent pas dans une communauté chrétienne.

[2] COLE, N., Une bible, du café, des disciples: Vers une multiplication de disciples, Éditions Clé, 2009, p. 117.

[3] Ibid., p. 118.

[4] Ibid., p. 122.

[5] Ibid., p. 24.

[6] Ibid., p. 34.

[7] Ibid., p. 176.

[8] Cf. ibid., p. 153.

LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE