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dimanche 23 janvier 2022

Quelques étapes pour devenir une paroisse missionnaire

Par Pierre-Alain Giffard


Missionnaire ici, missionnaire là, le mot semble être utilisé partout de nos jours. Mais où devrait-il être vraiment utilisé ? Eh bien, dans au moins deux expressions: les disciples missionnaires et les paroisses missionnaires. L’Église est missionnaire par nature c’est pourquoi les paroisses devraient assumer leur identité et devenir plus évangélisatrices. 

Mais avouons-le, le changement est difficile. En tant qu’êtres humains, nous sommes souvent attachés à certaines façons de faire. Depuis des siècles, on a enseigné aux fidèles à se rendre à l’église, à mener une bonne vie sans leur demander d’évangéliser. Aujourd’hui encore, nous partageons rarement notre foi avec les autres et nos paroisses ne ressemblent pas vraiment à des avant-postes missionnaires. Alors, comment pouvons-nous changer ? 

Commencer avec de bonnes raisons : De bonnes raisons sont nécessaires pour changer. Il ne fait aucun doute que nos paroisses perdent des membres, mais ce n’est peut-être pas une raison suffisante. Il est bon de dresser une liste des raisons qui peuvent renforcer notre décision de tendre davantage la main aux autres et de faire des disciples. Cela peut être simplement de vouloir obéir au commandement de Jésus ou de vouloir partager la paix, la joie et l’amour que l’on trouve en Dieu. Dans tous les cas, nous devons avoir des raisons profondes et suffisantes pour surmonter la tentation de rester les mêmes. 

Fixer une date: Au niveau pratique, la première étape consiste à choisir la date à laquelle nous voulons commencer notre transformation missionnaire. Oui, fixer une date, même si nous ne disposons pas de toutes les informations ou ressources nécessaires. En fixant une date nous sommes incités à nous préparer. Et se préparer conduit à plus de confiance et à plus de connaissances. Choisir une date ne doit pas être repoussée trop longtemps, et la date de début ne doit pas être trop éloignée. Lorsque l’échéance est lointaine, la motivation peut faiblir ou nous pouvons être tentés de changer d’avis. 

Créer un plan :  Un plan aide à rester bien aligné, résolu et motivé pour changer. Même si la transformation missionnaire a déjà commencé, la planification peut aider à rester sur la bonne voie et à se préparer pour les moments difficiles. Certaines paroisses ont peut-être essayé d’évangéliser dans le passé mais les résultats n’ont pas été ceux escomptés, mais cela ne doit pas les décourager. Les leçons apprises dans le passé doivent contribuer à guider ses actions futures.

Ne pas tout changer d’un coup : Il peut être tentant de jeter aux orties la façon dont on fait Église et de déclarer soudainement une toute nouvelle direction. Mais un changement radical et soudain peut créer beaucoup de tensions dans la communauté. Les habitudes créent une sorte de dépendance. Notre vie chrétienne est habituée à certaines façons de faire. En leur absence, l’insatisfaction et la frustration surgissent avec des conséquences néfastes.

Être conscient que l’on ne peut pas le faire seul : Nous devrions partager notre désir de changement avec d’autres personnes comme nos amis ou notre famille. Leurs encouragements pourraient faire une grande différence. Pourquoi ne pas embarquer dans cette transformation missionnaire avec un confrère qui aurait également décidé de suivre cette voie? Il est possible également de rejoindre un groupe d’autres pasteurs et fidèles dans d’autres paroisses ou diocèses qui ont pris la même décision.  Certains sont peut-être plus avancés que nous, et nous pouvons apprendre d’eux en lisant leurs livres ou en visitant leurs paroisses.

Gérer le stress : L’une des raisons pour lesquelles nous maintenons le statu quo est qu’il nous permet de gérer notre vie en mode pilote automatique et de ne pas avoir à trop réfléchir. Si nous nous disons que tout va bien ou que nous ne pouvons rien changer, nous n’avons pas besoin d’y penser.  Cependant, lorsque nous décidons de changer, il est bon de réfléchir à la manière de gérer le stress qui ne manquera pas de s’ensuivre. Il peut s’agir tout simplement de passer plus de temps avec des amis, en prière ou de faire plus d’exercice.

Éviter les confrontations et autres déclencheurs : Notre désir de changement peut être freiné par certaines situations. La confrontation avec les autres est l’un des déclencheurs les plus courants. Nous devons faire preuve de sagesse et de douceur.  Si la fatigue est le déclencheur, nous avons besoin de plus de sommeil. Malheureusement, l’opposition ne manquera pas de venir des ténèbres et de ceux et celles qui rejettent de nouvelles initiatives pastorales. Cela ne devrait pas nous décourager car Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde (1 Jean 4:4).

Essayer et réessayer : Lorsque nous essayons de nouvelles façons de faire les choses, il peut arriver que les nouvelles initiatives n’atteignent pas rapidement les objectifs escomptés. Certaines initiatives fonctionnent, d’autres non. La mise en œuvre nécessite souvent plusieurs tentatives. Une fois que nous avons décidé d’aller de l’avant avec une transformation missionnaire, il est prudent de penser que le succès ne sera pas instantané. Gardons  à l’esprit les raisons importantes pour lesquelles nous avons pris la décision de changer…


jeudi 6 janvier 2022

L’évangélisation : ce qu’elle est et comment elle fonctionne

Par Pierre-Alain Giffard

Le père Bod Bedard, fondateur des Compagnons de la Croix, a écrit un très bon livre intitulé L’évangélisation, un défi pour l’Eglise catholique. Il commence par rappeler que la tâche de proclamer le salut est la responsabilité première de l’Église. Elle devrait primer sur tout le reste. Tout chrétien, tout catholique, est appelé par le Seigneur à être un évangélisateur. Malheureusement, nous avons oublié comment faire. Nous avons à réapprendre ce qu’est l’évangélisation et comment elle fonctionne.

L'évangélisation est un processus par lequel une personne entend l’Évangile, l'embrasse pleinement, fait de Jésus le Seigneur de sa vie et s'engage dans une relation vivante, intime et continue avec Lui. Les gens ont besoin d’une rencontre authentique avec le Seigneur, une rencontre qui les touche profondément et qui transforme leur vie. La foi est un don de Dieu, mais elle exige notre réponse, la décision de suivre le Christ. 

Le père Bédard voit l'évangélisation comme un processus en trois étapes.

  1. Une proclamation de l'Évangile par laquelle la personne évangélisée comprend clairement qu'elle est appelée à remettre sa vie totalement au Seigneur.
  2. La personne évangélisée est ensuite invitée à prendre la décision personnelle et consciente d'embrasser l'Évangile, de choisir Jésus comme Seigneur, d'accepter le salut et le dessein du Seigneur pour sa vie.
  3. Une fois que la personne a pris la décision de se placer sous la seigneurie du Christ, Dieu met en oeuvre sa puissance.  La réponse de la personne Lui ouvre la porte et Lui permet d’agir en elle pour la transformer de l’intérieure. La personne commence une expérience spirituelle et religieuse authentique. C’est seulement alors qu’on peut dire que cette personne a vraiment été évangélisée.

C'est la participation à un séminaire de la vie dans l’Esprit qui changea l'approche de ce prêtre en matière d'évangélisation. Il comprit alors que l’Évangile devrait  clairement être présenté comme une invitation à laquelle il faut répondre de manière à ce que les gens puissent faire l'expérience de la puissance de Dieu. l’Esprit Saint pourra alors les transformer, les rendre plus vivants dans la foi et les amener à une relation intime avec le Seigneur lui-même.

Comme il était enseignant, il commença à présenter a ses élèves l'idée que Dieu voulait vraiment intervenir dans leur vie et qu'il le ferait si seulement ils voulaient bien Lui permettre d'agir en eux. Il leur citait le pape Jean-Paul II: “allez à la rencontre du Christ. Lui seul est la solution de tous vos problèmes ; lui seul est le chemin, la vérité et la vie ; lui seul est le vrai salut du monde ; lui seul est l’espérance de l’humanité.” Puis il continuait en disant que Dieu était fatigué d'être le spectateur de leur existence et qu'il voulait plutôt être un participant. Il leur suggérait de donner au Seigneur la chance de se révéler à eux: Allez à lui et remettez Lui vos vies. C'était une invitation à un abandon total.

Après avoir enseigné et expliqué la nécessité de dire "oui" à l'invitation divine, il leur remettait une prière de consécration par laquelle ils pouvaient exprimer leur engagement personnel envers le Christ. Ceux qui avaient choisi de le faire (et il leur disait d'y réfléchir longuement et de prier) étaient invités à une célébration Eucharistique durant laquelle, juste avant la communion, ils s'avançaient, s'agenouillaient et lisaient la prière. Vers la fin de l'année scolaire, il y avait aussi une autre Eucharistie spéciale pour tous ceux et celles qui avaient donné leur vie au Seigneur.

Voici deux exemples de prières qu'il utilisait. Le premier est plus simple.

Seigneur, je te reconnais comme le Dieu du ciel et de la terre et comme notre Père tout aimant. Merci de nous appeler à la vie éternelle avec toi, cette vie qui nous est offerte par la mort de Jésus ton divin Fils, que tu as fait Roi et Seigneur de toute la création.

Seigneur Jésus, je veux te suivre entièrement. Je veux me détourner de tous mes péchés. Aide-moi. Je te choisis comme le seul Seigneur et Sauveur de ma vie et je te remets tout - mon corps et mon âme, mon esprit et ma volonté, mon passé, mon présent et mon futur, mes priorités et mes projets, et tous ce qui m’appartient. Fait de moi ce que tu souhaites. Viens Esprit Saint, rends ferme ma décision. Gloire au Père...

La deuxième est un peu plus longue et permet de mieux réfléchir sur certaines des implications de remettre sa vie à Dieu.

Père, je me place maintenant en ta présence alors que je prends cet engagement que je crois que ton Fils, Jésus, m'appelle à prendre. Envoie-moi ton Esprit Saint  pour m'aider à prier. Je t'adore comme Créateur, Dieu du ciel et de la terre, et je veux te rendre toute la louange qui t’est due.

Seigneur Jésus, je veux suivre ton appel. Tu as accompli mon salut, et celui du monde entier, par l'effusion de ton sang sur ta Croix. J'accepte ce salut. Tu es mort pour enlever les péchés du monde. Sur ta croix, tu as porté tous mes péchés, et ton pardon est à ma disposition. Je confesse mon état de pécheur. J’accueille ce pardon et je pardonne à tous ceux qui m'ont offensé.

Jésus, c'est par amour pour nous tous que tu as donné ta vie. Et tu l'aurais donnée par amour pour moi seul. J'accepte maintenant cet amour. Je veux que tu sois le Seigneur de ma vie à tous les niveaux.

Je te donne mon intelligence, ma volonté, mon esprit, mon corps, mes possessions, mes désirs et mes plans. Je m'abandonne à toi complètement. Je désire une relation personnelle avec toi en tant que Seigneur et Sauveur. Je te donne mes soucis, mes inquiétudes, mes peurs, mes blocages, toutes mes difcultés et je te demande de me libérer.

Père, ma foi est faible. Je veux croire, mais les doutes me font hésiter. Accorde-moi, je te prie, par Jésus, ton Fils, le don de la foi. Balaie tous mes doutes et donne-moi cette assurance que seul le don de la foi peut donner. Père, ton Fils, Jésus, a dit que si nous te demandions quelque chose en son nom, tu nous l'accorderais. Je te demande maintenant au nom de Jésus d'exaucer ma prière.

À toi toute gloire et toute louange, Père, toute l'adoration et l'honneur, l'hommage et la bénédiction, et au Fils, et au Saint-Esprit, régnant avec toi, un seul Dieu, maintenant et pour toujours. Amen.

L'évangélisation fonctionne, sa dynamique est simple. Notre tâche n'est rien d'autre que de diffuser la Parole et de laisser le Seigneur agir. C'est lui qui touche la vie des gens et les transforme. C'est vrai, c'est puissant et ça dure.

Pour le père Bédard, nos prêtres et diacres devraient devenir des évangélistes en chaire qui appellent les auditeurs à ouvrir leur cœur au Seigneur et à lui permettre d’agir en eux que comme lui seul le peut. Chaque homélie devrait être un appel à dire "oui" à la volonté du Seigneur. Tant que nous ne ferons pas cela, nos catholiques auront tendance à ne pas être évangélisés et à être des pratiquants occasionnels ou, au mieux, des spectateurs religieux.

Selon l'expérience de ce pasteur, ce n'est que lorsqu'il a commencé à évangéliser de cette façon qu'il vit certains de ses élèves touchés par le Seigneur. Avant cela, la réalité était que beaucoup, beaucoup, d'entre eux cessaient complètement de pratiquer leur foi lorsqu'ils quittaient l'école. 

Un mot de prudence pour finir : Le père Bédard explique que lorsque nous évangélisons, nous avons besoin de tact. Toutes les personnes ne sont pas prêtes à tout moment à entendre la parole du Seigneur. Toutes les situations ne sont pas forcément faites pour l'évangélisation. Nous devons discerner le moment propice. Le moment du Seigneur et le nôtre ne sont pas souvent les mêmes. Ne commettons pas l'erreur de nous imposer et de forcer la porte des cœurs, nous devons plutôt prier pour qu'elle s'ouvre...

mercredi 5 janvier 2022

Évangéliser en chassant les esprits impurs (Mat 10,1-8)

Par Pierre-Alain Giffard

La Bonne Nouvelle de l'Évangile est que Dieu nous sauve en Jésus-Christ. Jésus est venu pour nous libérer du péché et pour nous guérir. Dans le Nouveau Testament, la prédication de l'Évangile est toujours associée à des actes de libération et de guérison. Et Jésus a envoyé ses disciples faire ce qu'il faisait lui-même : guérir les malades et chasser les esprits impurs (Mat 10,1-8).  Saint Paul écrit : "mon message et ma prédication n'étaient pas des paroles persuasives de sagesse, mais une démonstration d'Esprit et de puissance" (1Cor 2,4). Les signes surnaturels fait par Jésus manifestent la venue du Royaume de Dieu, c’est-à-dire sa victoire sur le monde (Jean 16,33). La Bible explique que ces mêmes signes accompagneront ceux et celles qui croient :  En vérité, dit Jésus : "Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes encore, parce que je vais au Père." (Jean 14,12) 

Alors que nous nous engageons dans l'évangélisation, nous devrions le faire de la manière dont Jésus a envoyé ses disciples. Le livre Unbound de Neal Lozano peux nous aider à faire cela. Il présente un guide facile à suivre pour recevoir et offrir la délivrance au nom de Jésus. Son livre met l'accent sur les personnes et la compassion, plutôt que sur des manifestations surnaturelles. En utilisant son modèle, nous pouvons trouver plus de liberté spirituelle pour nous-mêmes et aider les personnes qui nous entourent à appliquer le pouvoir libérateur de l'Évangile dans leur vie.  

Qu'est-ce que la délivrance ?

La délivrance, explique Neal Lozano, fait partie de l'œuvre de l’Esprit qui transforme nos vies à la ressemblance du Fils de Dieu (Romains 8,29). Elle est le résultat de la grâce divine qui détruit les œuvres du diable afin que nous puissions recevoir l'héritage et les bénédictions que nous avons dans le Christ. Jésus a vaincu Satan et a annulé nos dettes. Nous sommes libérés lorsque nous nous soumettons au Christ comme notre Sauveur et que nous choisissons son autorité sur nos vies. Par un acte de foi, nous sommes délivrés de la puissance des ténèbres et transportés dans le Royaume du Fils (Colossiens 1,13).

Neal Lozano estime que la délivrance devrait faire partie de la vie chrétienne ordinaire et ne pas être réservée à ceux et celles qui font l’expérience de manifestations diaboliques. Dieu désir que nous recevions tout ce qu'il a acquis pour nous dans le Christ. Les attaques de Satan sont des tentatives de nous priver de notre identité de fils et de filles libérés par le Christ et de notre destinée éternelle. Mais heureusement, Jésus nous a donné toutes les clés dont nous avons besoin pour nous débarrasser de son influence et de son esclavage. La délivrance est l'action de la grâce divine. Notre but est simplement de permettre à Dieu de faire son œuvre en nous. 

Points d'entrée

Dans l'un des chapitres de son livre, Neal Lozano parle des points d'entrée. Il s'agit de portes que l'ennemi utilise pour agir dans la vie de quelqu'un. L'auteur les voit comme des fondations défectueuses ou des mensonges sur lesquels une personne base sa pensée. Il encourage les gens à demander à Dieu : "Seigneur, montre-moi les endroits où des mauvais esprits ont eu accès à ma vie." Parmi les points d'entrée les plus courants, il cite les suivants : 

  • Réponse à un traumatisme : Lorsqu'une personne subit un traumatisme, elle cherche un moyen d'y faire face, de se protéger et de se sentir en sécurité. Cela peut se traduire par le déni, la peur, la haine, la honte ou d'autres effets.

  • Participation des séances occultes : Table Ouija, pactes avec le diable, sorcellerie, divination, magie noire, vaudou, etc. 

  • Circonstances à la naissance : Les enfants de parents divorcés ou les enfants adoptés peuvent être tourmentés par des esprits de rejet et d'abandon.

  • Les associations et l'environnement : La porte d'entrée peut être les amis que nous choisissons, les formes de divertissement auxquelles nous nous livrons ou les péchés que nous entretenons dans nos pensées.

  • Péchés volontaires répétés : Les péchés nés de la luxure par exemple, peuvent conduire à la dépendance sexuelle. 

  • Le péché familial : L'environnement dans lequel nous avons été élevés peut nous rendre vulnérables à l'influence des mauvais esprits. Par exemple, nous apprendrons probablement à répondre aux frustrations de la vie par la colère et la violence si nous sommes élevés dans une atmosphère de colère et de violence. Ces comportements appris peuvent ouvrir la porte au Malin.

Le modèle Unbound vise à libérer la puissance de l'Évangile dans nos cœurs. Il offre cinq clés pour recevoir la grâce de Dieu et obternir la libération spirituelle. Ces clés sont : 

Le repentir : Le repentir est la première clé pour briser les liens avec le diable. En admettant nos péchés, nous prenons la responsabilité de nos actions. L'auteur nous encourage à nommer nos mauvaises pensées et nos comportement douteux, tels que la cupidité, l'orgueil, la haine et l'amertume et tout ce qui en résulte dans nos action. Lorsque nous nommons nos fautes, nous acquérons de l'autorité sur elles. 

Le pardon : La deuxième clé pour briser nos liens avec le mal est de nous pardonner à nous-mêmes et aux autres. La plupart d'entre nous ont du mal à pardonner. Presque tout le monde peut se souvenir de quelqu'un à qui il doit pardonner du fond du coeur. Jésus nous enseigne que lorsque nous demandons à Dieu de nous pardonner, nous devons être prêts à pardonner aux autres. Refuser de pardonner est un péché pour lequel nous devons nous repentir et demander pardon à Dieu.

Le renoncement : Renoncer, c'est déclarer que nous ne voulons plus nous associer aux œuvres du diable, qu'il s'agisse de contrôle, de manipulations, de désespoir, de peur, etc.... Nous le faisons en disant : "Au nom de Jésus, je renonce". Nous tenons tête à l'ennemi en disant : "C'est terminé. J'en ai assez. Je sais où tu te caches et tu ne peux plus t'y dissimuler." 

La prise d’autorité : L'acte de prendre autorité sur les mauvais esprits est nécessaire au processus de délivrance. Il faut affirmer à l'esprit occulte qu'il n'est plus le bienvenu et qu'il doit partir. Jésus nous a donné l'autorité sur tous les mauvais esprits. L’autorité s’exerce en disant à haute voix et d'une voix ferme : "Au nom de Jésus, je brise le pouvoir de tous les esprits mauvais auxquels j'ai renoncé et je leur ordonne de partir maintenant". Si nous avons des domaines de faiblesse en particulier, nous devrions dire : "Je brise le pouvoir de (nommer la faiblesse) et je lui ordonne de partir maintenant". 

L’accueil de la grâce : La libération de l'esclavage spirituel nous permet de recevoir les grâces et les bénédictions que Dieu nous a données en son Fils. Dieu désire se révéler à nous comme notre Père. Il veut affirmer notre identité de fils et de fille de Dieu, bénis du Père, destinés à la vie éternelle. Le processus de délivrance consiste à combler tout vide en nous par l'amour et la grâce de Dieu.

Le livre de Neal Lozano explique comment recevoir soi-même la délivrance et comment aider les autres à l’accueillir. Il est plein d'exemples concrets qui font ressortir le pouvoir et l'autorité que les croyants ont en Jésus. L'accent est mis sur la création d'une atmosphère d'amour et d'acceptation, où renoncer aux œuvres du diable est une expression normale de la vie chrétienne.

Le chemin de délivrance décrit ci-dessus a aidé d'innombrables personnes à trouver la liberté spirituelle, l'espérance et la paix. Les cinq clés proposées ouvrent à la vie abondante promise par le Christ et ferment les points d'accès des mauvais esprits. Finalement l'auteur invite à lorsque nous aidons des personnes qui ne connaissent pas personnellement le Christ à se servir des 5 clés, l'auteur exhorte à leur présenter aussi la Bonne Nouvelle afin qu'elles puissent le recevoir comme Seigneur et Sauveur.

mercredi 15 juillet 2020

Qu’est-ce que l’évangélisation et dans quel esprit la pratiquer?

Auteur: Pierre-Alain Giffard 


Introduction 

Dans le monde occidental, on peut constater qu’un grand nombre de chrétiens ne partagent pas leur foi avec les autres. Beaucoup perçoivent ceal comme du prosélytisme et ne veulent pas s’y engager.

Pourtant la mission de l'Église est d'évangéliser. Le Christ lui-même a été envoyé par le Père "pour évangéliser les pauvres... guérir les cœurs brisés" (Lc 4, 18), "chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 10).

L’annonce de la foi révèle à l'humanité sa fin transcendante et le sens ultime de la vie. Et dès les premiers temps du christianisme, la diffusion de la foi apparaît clairement comme l’action de 
tous les chrétiens.

Aujourd'hui, on se retrouve devant un dilemme : on est bien d’accord qu’il faut évangéliser pour transmettre la foi mais on ne sait pas bien ce que cela signifie, ni comment s’y prendre.


1. Évangéliser : Qu’est-ce que cela signifie? 

Commençons par dire que l'essence du christianisme est le Christ - non pas une doctrine, mais une personne. Évangéliser, c'est conduire à l'amitié avec le Christ, à la communion d'amour avec Celui qui veut être accueilli pour ce qu’il est : Sauveur et Seigneur.

Évangéliser, explique Robert Schreiter, c’est vivre avec les autres, dialoguer, et dans cette vie ensemble donner ce que l’on est et ce que l’on a… et même la Parole de Dieu [1].

Évangéliser, c’est porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux, la proposer par différents moyens et par son effet, transformer du dedans, rendre neuve, l’humanité elle-même [2].

Évangéliser, c'est annoncer à tous et à toutes la bonne nouvelle du salut, c’est engendrer par le baptême de nouvelles créatures dans le Christ et les éduquer à vivre en fils de Dieu [3].

L’évangélisation est la raison pour laquelle l’Église existe. Quand elle « a conscience de ce que le Seigneur veut qu’elle soit, il surgit en elle une singulière plénitude et un besoin d’expansion, avec la claire conscience d’une mission qui la dépasse et d’une nouvelle à répandre [4] ».

En fait, annoncer l’Évangile est plus que l’annonce d’une bonne nouvelle, c’est une puissance de salut (Rom 1,16) qui transforme et qui conduit l’humanité à la vie éternelle. Dieu veut « que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1Tim 2,4). Il veut que les hommes et les femmes profitent de son amour sachant que leur bien ultime se trouve en Lui. Il n’a pas donné son Fils pour le plaisir de faire un spectacle à la création, c'était pour sauver l’humanité. En lui se trouve une seule volonté de miséricorde pour tous ses enfants, enfants qu’il appelle par amour.

Proclamer la Parole, l’annoncer ou la partager avec d’autres, c’est semer des graines d’espérance, de paix, de justice et d’amour qui germeront dans les cœurs des personnes qui écoutent et qui produiront des fruits de justice pour l’humanité. L’évangélisation combat le désespoir, la haine et les maladies du monde. En continuant la mission du Christ nous sommes une bénédiction pour les personnes qui nous entourent et nous créons aussi un monde meilleur.

Enfin, évangéliser c’est ramener à l’Église les brebis égarées et blessées car il n'est pas une seule plaie que ne puisse soigner l'Église, elle qui possède le témoignage des Écritures, de l'Ancien et du Nouveau Testament. C’est l’Église qui engendre à la foi. Par elle, nous pouvons nous unir au Christ à l’aide des sacrements que Dieu a mis à notre disposition, pour nous réconcilier avec Lui et nous communiquer la Vie.


2. Dans quel esprit évangéliser ? 

Annonce, témoignages, enseignements, liturgies, amour du prochain sont tous des chemins et des moyens pour la transmission de l’Évangile. Le décret Ad Gentes du Concile Vatican II explique clairement le processus d'évangélisation : témoignage chrétien, dialogue et présence de la charité, annonce de l'Évangile et appel à la conversion, catéchuménat et initiation chrétienne, formation de la communauté chrétienne par le moyen des sacrements et des ministères. 

Mais rappelons-nous que si Dieu nous appelle à annoncer sa Parole, il n’est pas un Dieu qui cherche à s'imposer; il poursuit plutôt toute l'humanité par son amour. Il ne cherche pas à endoctriner, il n’est pas un théologien qui vient sauver. À son image, nous ne devrions donc pas chercher à évangéliser par la connaissance d’une doctrine mais plutôt en mettant en pratique cette doctrine… c’est-à-dire en aimant… tout simplement… 

La vérité ne s'impose pas, mais elle se propose par la foi; elle ne s'impose pas par le nombre, car ils n'étaient que deux au pied de la croix; elle ne s'impose pas par la grandeur, mais par le service; elle ne s'impose pas par la science, mais par le respect de ceux qui ont une foi moins éclairée. La charité est bien plus forte que la science. 

Oui, le Seigneur a besoin de nous, mais sa bannière c'est l'amour. C'est par l'amour que le monde est sanctifié, c'est par l'amour et le respect que les hommes et les femmes sont arrachés de leur vaines habitudes, et par un intérêt sincère aux personnes que l’Esprit se fait connaitre à eux. 

Si nous voulons montrer que nous connaissons Dieu alors montrons que nous aimons nos frères et sœur comme nous-mêmes. Hâtons-nous de nous réconcilier avec les autres. Servons la présence du Christ dans les autres. Nous n’avons pas à juger : la justice, Dieu la remettra à son fils lors du jugement, il ne nous appartient pas de juger.

Comme le Christ, nous avons plutôt à avoir pitié de la multitude et à chercher la paix en toutes choses. Nous voyons des besoins…allons et semons; semons sur la pierre, semons, semons sur le bord du chemin, semons, semons, il y a un petit coin de terre qui attend de recevoir la Parole. La semence va pousser et le Royaume va se révéler; mais il est là! Marchons avec foi… le Royaume est là. 

L’évangélisation n’est pas une œuvre humaine, c’est une œuvre divine. Nous ne sommes que les serviteurs de cette œuvre que nous ne pouvons réaliser qu’unis à l’Esprit (Jn 15,5). En cherchant à partager la Parole, nous devrions donc recourir à la prière en toute circonstance pour savoir où est l’action de Sa grâce. Dieu désire que vous œuvrions près de lui, mais surtout que vous œuvrions avec lui, avec son Esprit : l'Esprit et la Parole témoigneront comme il nous a été promis. En priant avec foi, il peut nous répondre sur le champ, écoutons ce que dit notre cœur… 

Allons, marchons, faisons naître Jésus dans les cœurs par la vertu de l’Esprit Saint; des grains vont mourir, mais des arbres vont pousser. A l'imminence de l'irruption du Royaume de Dieu dans la vie d’une personne que nous côtoyons, demandons l'impossible, demandons la Vie. Le Royaume est au milieu de nous, il n’attend de nous qu’un peu de foi afin de se manifester davantage.


3. Conclusion 

Nous voyons donc que l’évangélisation, pratiquée dans l'esprit ci-dessus, n’a rien avoir avec du prosélytisme. En effet, il ne s’agit pas de déployer des efforts pour recruter de nouveaux adeptes. Il ne s’agit pas non plus d’imposer ses idées ou d’endoctriner qui que ce soit. Il s’agit plutôt d’avoir du zèle et de la charité pour faire connaître l’amour de Dieu par toute notre vie. Oui, l'Esprit nous pousse à agir, il nous pousse à répandre sa paix, il nous pousse à répandre la Parole. 

Dieu nous demande de l’aimer et de nous aimer les uns les autres. Et cet amour nous conduit à partager aussi ce que nous avons de plus précieux, c’est-à-dire notre foi et notre relation avec le Christ. Loin de nous la crainte du jugement des hommes et la volonté d'adopter des comportements conformistes par crainte de choquer, de déplaire, du qu'en-dira-t-on. 

Pour être les messagers de la Parole, nous devons assurer nos propres fondations en étant nous-mêmes unis au Christ de toutes les manières, de toutes les façons, à l’aide des sacrements qu’il a mis à notre disposition, pour nous réconcilier avec lui et nous communiquer la Vie. Nous ne devons plus être sourds aux souffrances que nous voyons autour de nous.

Et plus nous sommes démunis face à la mission spirituelle qui est celle de tout baptisé; mission qui est de répandre vie et paix au nom du Christ Jésus; et bien toutes ces détresses, ces angoisses, toutes ces blessures que nous remarquerons et que nous épouserons alors que vous nous nous approchons de celui qui souffre, de notre frère, de celui qui dans le moment de Dieu, qui est le moment présent…. plus nous sommes démunis, plus Dieu agira avec puissance. C’est la loi de la mort de la résurrection. 

N’ayons donc plus peur. Dans une attitude de service, approchons-nous de ceux et celles qui souffrent, prenons la dernière place et que notre seule munition soit l'héritage que nous espérons recevoir. Que notre seule munition soit l'impératif de cette mission que par la foi nous pouvons accomplir, mission de répandre vie partout où nous voyons la mort. 



[1] Cf. « Partager les charismes et les spiritualités ». Conférence du P. Robert Schreiter dans La documentation catholique, 16 janvier 2000, N° 2218, p. 75.
[2] Cf. Pape Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, # 18.
[3] Sacrée Congrégation pour l'Éducation Catholique, L’école catholique, 1977, # 7.
[4] Pape Paul VI, Lettre Encyclique Ecclesiam Suam, # 66.

LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE