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dimanche 23 janvier 2022

Quelques étapes pour devenir une paroisse missionnaire

Par Pierre-Alain Giffard


Missionnaire ici, missionnaire là, le mot semble être utilisé partout de nos jours. Mais où devrait-il être vraiment utilisé ? Eh bien, dans au moins deux expressions: les disciples missionnaires et les paroisses missionnaires. L’Église est missionnaire par nature c’est pourquoi les paroisses devraient assumer leur identité et devenir plus évangélisatrices. 

Mais avouons-le, le changement est difficile. En tant qu’êtres humains, nous sommes souvent attachés à certaines façons de faire. Depuis des siècles, on a enseigné aux fidèles à se rendre à l’église, à mener une bonne vie sans leur demander d’évangéliser. Aujourd’hui encore, nous partageons rarement notre foi avec les autres et nos paroisses ne ressemblent pas vraiment à des avant-postes missionnaires. Alors, comment pouvons-nous changer ? 

Commencer avec de bonnes raisons : De bonnes raisons sont nécessaires pour changer. Il ne fait aucun doute que nos paroisses perdent des membres, mais ce n’est peut-être pas une raison suffisante. Il est bon de dresser une liste des raisons qui peuvent renforcer notre décision de tendre davantage la main aux autres et de faire des disciples. Cela peut être simplement de vouloir obéir au commandement de Jésus ou de vouloir partager la paix, la joie et l’amour que l’on trouve en Dieu. Dans tous les cas, nous devons avoir des raisons profondes et suffisantes pour surmonter la tentation de rester les mêmes. 

Fixer une date: Au niveau pratique, la première étape consiste à choisir la date à laquelle nous voulons commencer notre transformation missionnaire. Oui, fixer une date, même si nous ne disposons pas de toutes les informations ou ressources nécessaires. En fixant une date nous sommes incités à nous préparer. Et se préparer conduit à plus de confiance et à plus de connaissances. Choisir une date ne doit pas être repoussée trop longtemps, et la date de début ne doit pas être trop éloignée. Lorsque l’échéance est lointaine, la motivation peut faiblir ou nous pouvons être tentés de changer d’avis. 

Créer un plan :  Un plan aide à rester bien aligné, résolu et motivé pour changer. Même si la transformation missionnaire a déjà commencé, la planification peut aider à rester sur la bonne voie et à se préparer pour les moments difficiles. Certaines paroisses ont peut-être essayé d’évangéliser dans le passé mais les résultats n’ont pas été ceux escomptés, mais cela ne doit pas les décourager. Les leçons apprises dans le passé doivent contribuer à guider ses actions futures.

Ne pas tout changer d’un coup : Il peut être tentant de jeter aux orties la façon dont on fait Église et de déclarer soudainement une toute nouvelle direction. Mais un changement radical et soudain peut créer beaucoup de tensions dans la communauté. Les habitudes créent une sorte de dépendance. Notre vie chrétienne est habituée à certaines façons de faire. En leur absence, l’insatisfaction et la frustration surgissent avec des conséquences néfastes.

Être conscient que l’on ne peut pas le faire seul : Nous devrions partager notre désir de changement avec d’autres personnes comme nos amis ou notre famille. Leurs encouragements pourraient faire une grande différence. Pourquoi ne pas embarquer dans cette transformation missionnaire avec un confrère qui aurait également décidé de suivre cette voie? Il est possible également de rejoindre un groupe d’autres pasteurs et fidèles dans d’autres paroisses ou diocèses qui ont pris la même décision.  Certains sont peut-être plus avancés que nous, et nous pouvons apprendre d’eux en lisant leurs livres ou en visitant leurs paroisses.

Gérer le stress : L’une des raisons pour lesquelles nous maintenons le statu quo est qu’il nous permet de gérer notre vie en mode pilote automatique et de ne pas avoir à trop réfléchir. Si nous nous disons que tout va bien ou que nous ne pouvons rien changer, nous n’avons pas besoin d’y penser.  Cependant, lorsque nous décidons de changer, il est bon de réfléchir à la manière de gérer le stress qui ne manquera pas de s’ensuivre. Il peut s’agir tout simplement de passer plus de temps avec des amis, en prière ou de faire plus d’exercice.

Éviter les confrontations et autres déclencheurs : Notre désir de changement peut être freiné par certaines situations. La confrontation avec les autres est l’un des déclencheurs les plus courants. Nous devons faire preuve de sagesse et de douceur.  Si la fatigue est le déclencheur, nous avons besoin de plus de sommeil. Malheureusement, l’opposition ne manquera pas de venir des ténèbres et de ceux et celles qui rejettent de nouvelles initiatives pastorales. Cela ne devrait pas nous décourager car Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde (1 Jean 4:4).

Essayer et réessayer : Lorsque nous essayons de nouvelles façons de faire les choses, il peut arriver que les nouvelles initiatives n’atteignent pas rapidement les objectifs escomptés. Certaines initiatives fonctionnent, d’autres non. La mise en œuvre nécessite souvent plusieurs tentatives. Une fois que nous avons décidé d’aller de l’avant avec une transformation missionnaire, il est prudent de penser que le succès ne sera pas instantané. Gardons  à l’esprit les raisons importantes pour lesquelles nous avons pris la décision de changer…


vendredi 31 décembre 2021

Un exemple de paroisse missionnaire: Phoenix First Assembly of God

Par Pierre-Alain Giffard

Tommy Barnett a été le pasteur principal de Phoenix First Assembly of God, en Arizona pendant de nombreuses années. Cette église a été familièrement appelée « L’église avec un cœur”, en raison de ses plus de 260 ministères de proximité. Au fil des ans et grâce aux efforts missionnaires de son pasteur et de ses fidèles, elle a connu une croissance remarquable.

Le pasteur Barnett explique que le développement de son église a commencé le jour où il prêcha sur la prière. Dans une homélie, il invita ses fidèles à organiser des réunions de prière dans leurs foyers. Il mit aussi sur pied une réunion d’intercession dans l’église tous les lundis à six heures du matin. De nombreux fidèles se sont mis à jeûner, à prier et à chercher Dieu avec ardeur. Quand nous avons commencé à prier, dit-il, des choses se sont mises à bouger, de nombreuses personnes se sont converties.

Tommy Barnett est aussi convaincu que la clé pour bâtir le Royaume de Dieu sur terre est aussi d’amener des personnes non chrétiennes aux célébrations du dimanche: « Le réveil cessera dès que nous arrêterons d’amener de nouvelles personnes à l’église. La prière seule ne suffit pas. La prière sans les œuvres est morte (…). Nous sommes parfois tentés d’être soit une église qui prie, soit une église qui agit, mais il faut être les deux… ».

Les membres de cette église vont même dans les rues rendre témoignage à l’Évangile et un pasteur est disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre afin que les fidèles puissent lui amener, à n’importe quelle heure, ceux et celles qui sentent le besoin d’une conversion.

Le rôle des pasteurs, selon lui, est non seulement de faire prier la communauté chrétienne mais aussi de former les fidèles à exercer des ministères d’entraide et d’évangélisation. Tout ce dont un pasteur a besoin se trouve dans les bancs de l’église.

Un jour il posa une question à ses fidèles: « Pourquoi ne pas commencer un service auprès des personnes en chaise roulante ? » Et une femme l’a fait. À présent, elle amène aux célébrations dominicales dix personnes en chaise roulante. Quelqu’un d’autre a débuté un service auprès des malades du sida. Un autre a commencé un groupe pour les motards. Formez les gens, explique le pasteur, et demandez-leur de s’impliquer dans un ministère auprès des autres: « Dites-leur : Discernez l’endroit où Dieu vous a appelé et allez vers ces personnes, puis amenez-les à l’église chaque dimanche matin ».

mercredi 15 juillet 2020

Qu’est-ce que l’évangélisation et dans quel esprit la pratiquer?

Auteur: Pierre-Alain Giffard 


Introduction 

Dans le monde occidental, on peut constater qu’un grand nombre de chrétiens ne partagent pas leur foi avec les autres. Beaucoup perçoivent ceal comme du prosélytisme et ne veulent pas s’y engager.

Pourtant la mission de l'Église est d'évangéliser. Le Christ lui-même a été envoyé par le Père "pour évangéliser les pauvres... guérir les cœurs brisés" (Lc 4, 18), "chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 10).

L’annonce de la foi révèle à l'humanité sa fin transcendante et le sens ultime de la vie. Et dès les premiers temps du christianisme, la diffusion de la foi apparaît clairement comme l’action de 
tous les chrétiens.

Aujourd'hui, on se retrouve devant un dilemme : on est bien d’accord qu’il faut évangéliser pour transmettre la foi mais on ne sait pas bien ce que cela signifie, ni comment s’y prendre.


1. Évangéliser : Qu’est-ce que cela signifie? 

Commençons par dire que l'essence du christianisme est le Christ - non pas une doctrine, mais une personne. Évangéliser, c'est conduire à l'amitié avec le Christ, à la communion d'amour avec Celui qui veut être accueilli pour ce qu’il est : Sauveur et Seigneur.

Évangéliser, explique Robert Schreiter, c’est vivre avec les autres, dialoguer, et dans cette vie ensemble donner ce que l’on est et ce que l’on a… et même la Parole de Dieu [1].

Évangéliser, c’est porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux, la proposer par différents moyens et par son effet, transformer du dedans, rendre neuve, l’humanité elle-même [2].

Évangéliser, c'est annoncer à tous et à toutes la bonne nouvelle du salut, c’est engendrer par le baptême de nouvelles créatures dans le Christ et les éduquer à vivre en fils de Dieu [3].

L’évangélisation est la raison pour laquelle l’Église existe. Quand elle « a conscience de ce que le Seigneur veut qu’elle soit, il surgit en elle une singulière plénitude et un besoin d’expansion, avec la claire conscience d’une mission qui la dépasse et d’une nouvelle à répandre [4] ».

En fait, annoncer l’Évangile est plus que l’annonce d’une bonne nouvelle, c’est une puissance de salut (Rom 1,16) qui transforme et qui conduit l’humanité à la vie éternelle. Dieu veut « que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1Tim 2,4). Il veut que les hommes et les femmes profitent de son amour sachant que leur bien ultime se trouve en Lui. Il n’a pas donné son Fils pour le plaisir de faire un spectacle à la création, c'était pour sauver l’humanité. En lui se trouve une seule volonté de miséricorde pour tous ses enfants, enfants qu’il appelle par amour.

Proclamer la Parole, l’annoncer ou la partager avec d’autres, c’est semer des graines d’espérance, de paix, de justice et d’amour qui germeront dans les cœurs des personnes qui écoutent et qui produiront des fruits de justice pour l’humanité. L’évangélisation combat le désespoir, la haine et les maladies du monde. En continuant la mission du Christ nous sommes une bénédiction pour les personnes qui nous entourent et nous créons aussi un monde meilleur.

Enfin, évangéliser c’est ramener à l’Église les brebis égarées et blessées car il n'est pas une seule plaie que ne puisse soigner l'Église, elle qui possède le témoignage des Écritures, de l'Ancien et du Nouveau Testament. C’est l’Église qui engendre à la foi. Par elle, nous pouvons nous unir au Christ à l’aide des sacrements que Dieu a mis à notre disposition, pour nous réconcilier avec Lui et nous communiquer la Vie.


2. Dans quel esprit évangéliser ? 

Annonce, témoignages, enseignements, liturgies, amour du prochain sont tous des chemins et des moyens pour la transmission de l’Évangile. Le décret Ad Gentes du Concile Vatican II explique clairement le processus d'évangélisation : témoignage chrétien, dialogue et présence de la charité, annonce de l'Évangile et appel à la conversion, catéchuménat et initiation chrétienne, formation de la communauté chrétienne par le moyen des sacrements et des ministères. 

Mais rappelons-nous que si Dieu nous appelle à annoncer sa Parole, il n’est pas un Dieu qui cherche à s'imposer; il poursuit plutôt toute l'humanité par son amour. Il ne cherche pas à endoctriner, il n’est pas un théologien qui vient sauver. À son image, nous ne devrions donc pas chercher à évangéliser par la connaissance d’une doctrine mais plutôt en mettant en pratique cette doctrine… c’est-à-dire en aimant… tout simplement… 

La vérité ne s'impose pas, mais elle se propose par la foi; elle ne s'impose pas par le nombre, car ils n'étaient que deux au pied de la croix; elle ne s'impose pas par la grandeur, mais par le service; elle ne s'impose pas par la science, mais par le respect de ceux qui ont une foi moins éclairée. La charité est bien plus forte que la science. 

Oui, le Seigneur a besoin de nous, mais sa bannière c'est l'amour. C'est par l'amour que le monde est sanctifié, c'est par l'amour et le respect que les hommes et les femmes sont arrachés de leur vaines habitudes, et par un intérêt sincère aux personnes que l’Esprit se fait connaitre à eux. 

Si nous voulons montrer que nous connaissons Dieu alors montrons que nous aimons nos frères et sœur comme nous-mêmes. Hâtons-nous de nous réconcilier avec les autres. Servons la présence du Christ dans les autres. Nous n’avons pas à juger : la justice, Dieu la remettra à son fils lors du jugement, il ne nous appartient pas de juger.

Comme le Christ, nous avons plutôt à avoir pitié de la multitude et à chercher la paix en toutes choses. Nous voyons des besoins…allons et semons; semons sur la pierre, semons, semons sur le bord du chemin, semons, semons, il y a un petit coin de terre qui attend de recevoir la Parole. La semence va pousser et le Royaume va se révéler; mais il est là! Marchons avec foi… le Royaume est là. 

L’évangélisation n’est pas une œuvre humaine, c’est une œuvre divine. Nous ne sommes que les serviteurs de cette œuvre que nous ne pouvons réaliser qu’unis à l’Esprit (Jn 15,5). En cherchant à partager la Parole, nous devrions donc recourir à la prière en toute circonstance pour savoir où est l’action de Sa grâce. Dieu désire que vous œuvrions près de lui, mais surtout que vous œuvrions avec lui, avec son Esprit : l'Esprit et la Parole témoigneront comme il nous a été promis. En priant avec foi, il peut nous répondre sur le champ, écoutons ce que dit notre cœur… 

Allons, marchons, faisons naître Jésus dans les cœurs par la vertu de l’Esprit Saint; des grains vont mourir, mais des arbres vont pousser. A l'imminence de l'irruption du Royaume de Dieu dans la vie d’une personne que nous côtoyons, demandons l'impossible, demandons la Vie. Le Royaume est au milieu de nous, il n’attend de nous qu’un peu de foi afin de se manifester davantage.


3. Conclusion 

Nous voyons donc que l’évangélisation, pratiquée dans l'esprit ci-dessus, n’a rien avoir avec du prosélytisme. En effet, il ne s’agit pas de déployer des efforts pour recruter de nouveaux adeptes. Il ne s’agit pas non plus d’imposer ses idées ou d’endoctriner qui que ce soit. Il s’agit plutôt d’avoir du zèle et de la charité pour faire connaître l’amour de Dieu par toute notre vie. Oui, l'Esprit nous pousse à agir, il nous pousse à répandre sa paix, il nous pousse à répandre la Parole. 

Dieu nous demande de l’aimer et de nous aimer les uns les autres. Et cet amour nous conduit à partager aussi ce que nous avons de plus précieux, c’est-à-dire notre foi et notre relation avec le Christ. Loin de nous la crainte du jugement des hommes et la volonté d'adopter des comportements conformistes par crainte de choquer, de déplaire, du qu'en-dira-t-on. 

Pour être les messagers de la Parole, nous devons assurer nos propres fondations en étant nous-mêmes unis au Christ de toutes les manières, de toutes les façons, à l’aide des sacrements qu’il a mis à notre disposition, pour nous réconcilier avec lui et nous communiquer la Vie. Nous ne devons plus être sourds aux souffrances que nous voyons autour de nous.

Et plus nous sommes démunis face à la mission spirituelle qui est celle de tout baptisé; mission qui est de répandre vie et paix au nom du Christ Jésus; et bien toutes ces détresses, ces angoisses, toutes ces blessures que nous remarquerons et que nous épouserons alors que vous nous nous approchons de celui qui souffre, de notre frère, de celui qui dans le moment de Dieu, qui est le moment présent…. plus nous sommes démunis, plus Dieu agira avec puissance. C’est la loi de la mort de la résurrection. 

N’ayons donc plus peur. Dans une attitude de service, approchons-nous de ceux et celles qui souffrent, prenons la dernière place et que notre seule munition soit l'héritage que nous espérons recevoir. Que notre seule munition soit l'impératif de cette mission que par la foi nous pouvons accomplir, mission de répandre vie partout où nous voyons la mort. 



[1] Cf. « Partager les charismes et les spiritualités ». Conférence du P. Robert Schreiter dans La documentation catholique, 16 janvier 2000, N° 2218, p. 75.
[2] Cf. Pape Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, # 18.
[3] Sacrée Congrégation pour l'Éducation Catholique, L’école catholique, 1977, # 7.
[4] Pape Paul VI, Lettre Encyclique Ecclesiam Suam, # 66.

dimanche 31 mai 2020

Basés sur l’observation de nombreuses Églises en croissance dans le monde, les articles ci-dessous traitent des facteurs qui favorisent le développement des Églises. Ils visent à aider les missionnaires, les pasteurs et les responsables d’Églises à faire des disciples.


ARTICLES RÉCENTS

TABLE DES MATIÈRES
  1. Les pratiques d'évangélisation des Églises en croissance
  2. L'annonce missionnaire et la prière du pécheur
  3. 4 disciplines de croissance paroissiale
  4. 35 facteurs qui favorisent la croissance des Églises locales
  5. Questionnaire pour discerner la présence ou l’absence des facteurs de croissance
  6. Guide pour planifier la croissance d'une église
  7. Comment rédiger un plan de croissance ecclésiale
  8. Comment écrire un énoncé de mission pour l'Église locale
  9. Excès et dérapages possibles dans la gestion des églises
  10. Leadership et croissance des Églises
  11. Recevoir et mettre en oeuvre une vision
  12. Comment vivre la transition vers les petits groupes
  13. Six habitudes d’un leader visionnaire
  14. La source de la croissance: le réveil
  15. Aider les membres de son Église à évangéliser de personne à personne
  16. Comment équiper les autres en vue de leur confier des ministères
  17. Équiper les autres pour le ministère : Le modèle de Jésus
  18. Les fondations de la croissance des Églises
  19. Erreurs à éviter dans la poursuite de croissance
  20. La croissance des Églises par la musique et les chants
  21. Valeurs à promouvoir pour déclencher la croissance
  22. Pour une recherche de croissance saine et équilibrée
  23. Six valeurs organisationnelles essentielles pour la croissance
  24. Croissance des Églises et maturité spirituelle
  25. Donald McGavran, le fondateur du Mouvement pour la croissance des Églises
  26. Conseils pour favoriser la croissance des Églises locales (en bref)
  27. Le but de la croissance ecclésiale
  28. Le secret pour bâtir une église qui gagne des âmes 
  29. L’évangélisation : une composante majeure de la croissance de l’Église
  30. Articles sur la croissance des Églises écrits par Rick Warren 
  31. La prière avec le jeûne : clé de l’évangélisation
  32. Développer la vision de l’évangélisation parmi les leaders de l’Église 
  33. 19 orientations pastorales favorisant la croissance des Églises
  34. La croissance de l’Église du pasteur David Yonggi Cho
  35. Processus d’évangélisation et de formation des disciples
  36. La croissance de l’Église du pasteur Dale Galloway
  37. Développer l'Église par des groupes de croissance (Neil Cole)
  38. Les orientations pastorales et missionnaires des Églises en croissance
  39. La croissance de l’Église du pasteur Rick Warren
  40. T4T : une méthode efficace pour la croissance de l’Église
  41. Dix obstacles courants à la croissance
  42. La croissance de l’Église et le travail en équipe
  43. L’accueil et la croissance de l’Église
  44. Célébrations et croissance de l’Église
  45. Programme d'évangélisation par cellules de maison
  46. La croissance de l’Église "Crossroads"
  47. Vision et croissance de l’Église
  48. Des Église “en sortie”
  49. Four Disciplines for Parish Growth Defined
  50. 拓展教会
  51. Leadership and Church Growth: The Case of Chuck Smith
  52. La croissance de la paroisse Sant'Eustorgio 

SITES DU MÊME AUTEUR

vendredi 22 mai 2020

La croissance de la paroisse Sant'Eustorgio


Auteur: Pierre-Alain Giffard

Don Pigi Perini est un prêtre italien, curé de la paroisse Sant'Eustorgio près de Milan. Lorsqu’il fut nommé dans sa paroisse, la proportion de ceux qui fréquentaient les célébrations du dimanche était de douze pour cent. Formé au séminaire, on l’avait préparé au manque d'efficacité pastorale. Il avait théorisé l’échec : « L'un sème, l'autre récolte… » ; « pourvu que Jésus-Christ soit annoncé… » ;  beaucoup de petites phrases de la Bible, utilisées à contresens, venaient renforcer une mentalité de renoncement ascétique, le manque d'ambition pastorale était justifié par la pauvreté, l'humilité et les autres vertus évangéliques[1]!

Dans l’église paroissiale voisine, c'était la même chose. Et bien que jeune et plein de vigueur, son enthousiasme s’est éteint petit à petit et la routine l'a consumé. Il se réfugia dans la culture, les homélies savantes et il ne voyait plus, dit-il, que cette culture, dans laquelle il vivait, était païenne. Cela dura un certain temps jusqu’à ce qu’il se trouve devant un choix intérieur : ou bien renoncer à sa vocation de prêtre ou retrouver une nouvelle vitalité et être à la suite de Jésus « pêcheur d’hommes ».

C’est alors qu’un prêtre d'origine canadienne, le Père Valeriano Gaudet, est venu chez lui. Il lui a montré un article d'une revue américaine, intitulé: « Paroisse en flammes ». Il s'agissait d'une paroisse de Floride, Saint-Boniface, où le curé, Michel Eivers, animait une communauté particulièrement vivante. Alors il s’est dit : « Allons voir si c'est vrai… ». Il y a trouvé des cellules de maison et une église paroissiale qu’il n'osait rêver rencontrer, une église paroissiale en croissance. Il y trouva une orientation fondamentale pour l'évangélisation, une hospitalité chaleureuse, l'adoration eucharistique de six heures à vingt-quatre heures et un grand nombre de ministères laïcs gérés par une structure organique. Le pasteur était à la tête de la communauté, mais il déléguait son autorité avec un grand respect des autres membres.

Dans cette paroisse de Floride, les laïcs avaient une très bonne connaissance des Écritures saintes, ils ouvraient la Bible comme un livre qu'on connaît et qu'on a toujours sous la main. La majorité (90%) verse la dîme. On y vit le baptême de l’Esprit et une louange vibrante. La paroisse Saint-Boniface est fondée sur l'expérience charismatique. Mais ce n'est pas la chose la plus importante, dit-il, l'important c'est le renouvellement paroissial que les cellules apportent.

Les orientations de base de la paroisse sont les suivantes :

·       Les pasteurs de Saint-Boniface ont choisi l'évangélisation comme premier but.
·       Ils ont mis sur pied une structure de cellules de maison.
·       Ils ont mis l’accent sur la maison, le foyer, l'atmosphère.
·       Ils ont élaboré un système pouvant gérer la multiplication des cellules.

Don Pigi a compris qu’il devait prêter une plus grande attention à ceux qui étaient étrangers, éloignés, indifférents à l’église paroissiale. Le moment était venu pour lui de poser son regard pastoral sur ceux qui étaient en dehors de l’Église. Tant d’années il avait concentré toutes ses énergies et ses efforts sur les mêmes « habitués », toujours fidèles, toujours plus « choyés » et toujours plus réduits en nombre. Sa vision n'allait pas plus loin, elle ne percevait pas ceux qui n’étaient pas là! Pourtant, c'est précisément dans ceux qui sont loin, dans ceux que l’on considère perdus, difficiles à rejoindre, indifférents que réside le potentiel de croissance d’une communauté chrétienne. Communiquer sa foi, annoncer Jésus, proclamer la Bonne Nouvelle, voilà les fruits de l’église paroissiale, la clé de sa croissance et de son avenir!

Mais Don Pigi s’est également rendu compte que ses seules forces ne suffiraient pas. En tant que prêtre, il lui était impossible de rejoindre tout le monde et il lui était surtout difficile de rejoindre les personnes là où elles vivent, au travail, à l'école, en famille ou dans les maisons. Il devait compter sur une église moins cléricale, se fier à l'œuvre de l'Esprit Saint et compter, comme dans la communauté de Floride, sur les dons de tous les chrétiens. Il avait besoin de les encourager et de les motiver afin d'en faire des évangélisateurs, que ce soit au travail, à la maison, entre amis ou dans leurs immeubles. C'est là l'intuition de base des cellules de maison qu’il appelle cellules paroissiales d’évangélisation. On y invite les membres à témoigner dans leur propre milieu de vie (Oïkos).

Quand Don Pigi est revenu dans sa paroisse, il a présenté à sa communauté l’expérience de Saint-Boniface et proposé dans son église paroissiale une formation à partir d'Evangelii nuntiandi[2]. Puis il a choisi des laïcs et leur a proposé une formation de responsables de cellule paroissiales d’évangélisation. Cette formation dura six semaines. Petit à petit, ils sont passés de quatre cellules provisoires à quatorze et leur nombre a progressivement augmenté. Mais, précise-t-il, la communauté n’est pas seulement « cellulaire », elle est aussi eucharistique, tous sont invités à vivre la célébration de la Messe.

Comme dans l’église du pasteur Cho, les cellules sont composées de dix à quinze personnes qui se réunissent chaque semaine dans une maison privée. Jésus y est présenté comme Seigneur, c’est-à-dire qu’il est appelé à devenir la personne la plus importante de notre vie, le maître de notre existence, qui devrait être servi d’esprit, de cœur, dans sa famille et dans son travail, dans ses vacances et dans ses temps libres. Durant la rencontre, un temps est réservé pour l’enseignement hebdomadaire du curé qui est diffusé dans toutes les cellules sous formes de notes ou de cassettes. Ainsi, chaque cellule écoute le même enseignement, suit le même cheminement et se nourrit de la même Parole.

Les membres apprennent à prier en s’ouvrant à l'action de l'Esprit Saint. Ils cherchent à reconnaître la présence de Jésus dans leur vie en devenant attentifs aux signes concrets de son amour. Ils apprennent à écouter leurs frères, à faire silence en eux-mêmes pour l'accueillir. Ils font l'expérience de l'amour fraternel, ils partagent leurs difficultés, ils se soutiennent pour surmonter leurs doutes. Pour de nombreux frères et sœurs, une cellule est une première expérience de vie communautaire qui les prépare à s'insérer pleinement dans la communauté paroissiale. Les responsables des cellules sont choisis avec soin par le curé et formés afin de bien remplir leur tâche. Les différentes étapes des rencontres de cellules sont les suivantes : Prières spontanées de louange, échange informel sur ce qui a été vécu dans la semaine, enseignement, réactions des participants, informations sur la vie paroissiale, prières d’intercessions et prières de guérison par imposition des mains.

De la connaissance personnelle du Christ vivant surgit, chez les membres de la cellule, le désir de partager et de proclamer leur expérience aux personnes qui leur sont les plus proches, à celles qu'ils rencontrent habituellement et qui, d'une manière bien concrète, font partie de leur vie. C’est pourquoi les cellules grandissent, leurs membres sont « pêcheurs », au sens évangélique. Ils parlent de Jésus dans leur milieu de vie, ils témoignent de lui par un changement de leurs goûts et de leurs priorités, ils partagent l'expérience de l'amour gratuit, fidèle, miséricordieux, personnel, de Dieu. Ils témoignent dans la famille, au travail ou à l'école, aux amis, à leurs voisins, en un mot : dans leur oïkos, le milieu dans lequel se déroule leur vie quotidienne. De cette façon, l'autre n'est plus appelé à rester un étranger : des vies se rencontrent et de nouveaux liens s'établissent.

Les cellules sont profondément insérées dans le contexte paroissial et en lien avec le pasteur. Elles coexistent avec toutes les autres réalités présentes dans la paroisse qui continuent à fonctionner, même si, indubitablement, ces dernières ont trouvé de nouvelles bases, de nouvelles énergies et un nouvel enthousiasme. À travers une structure précise : leaders de cellule, leaders de section, leaders territoriaux, cellule exécutive, le curé est capable de connaître ce qui arrive dans chacune des rencontres de cellules. Il est au courant des principaux problèmes qui peuvent surgir, de l'arrivée de nouvelles personnes, des merveilles que le Seigneur accomplit, de l'orientation et du cheminement des membres, de sorte que, même s'il n'est pas physiquement présent, il peut suivre le déroulement de l’évangélisation.

Grâce aux cellules, dit-il, sa paroisse est devenue une vraie famille, une maison fraternelle et accueillante où chacun trouve sa place. Sa communauté chrétienne est devenue un lieu où tous peuvent faire l'expérience de l'amour et se rendre compte combien ils sont capables de donner et de recevoir. On peut y partager ses joies, ses souffrances, ses doutes et ses découvertes, dans l’assurance d'y trouver de la compréhension, un accueil et même des réponses. Elle est devenue le lieu de la rencontre avec Dieu où l’on apprend à prier, à louer et à communiquer son expérience de Jésus. Le Seigneur y accomplit des merveilles, et il renouvelle continuellement son alliance avec son peuple.

Même s’il met beaucoup l’emphase sur les cellules pour l’œuvre de l’évangélisation, ce prêtre italien, parle aussi de l’importance de former les chrétiens de sa communauté. Les former d’abord à la prière; une prière ardente, qui ne soit pas formaliste, mais qui prenne vie dans la parole de Dieu, la liturgie et la contemplation : Nous exhortons les évangélisateurs quels qu'ils soient à prier sans cesse l'Esprit Saint avec foi et ferveur et à se laisser prudemment guider par lui comme l'inspirateur décisif de leurs plans, de leurs initiatives, de leur activité évangélisatrice[3].

Il explique à ses paroissiens qu’on ne peut assurer une transmission authentique de la foi que si on en fait l’expérience personnelle. La foi doit être accueillie comme une réalité vécue qui soit transformante. Il souhaite faire naître dans le cœur des chrétiens le désir de grandir dans une relation personnelle avec Dieu dans la prière, l'écoute personnelle de la Parole, la participation aux sacrements, l'accompagnement spirituel, la catéchèse et l’implication communautaire : Dieu donnera certainement le don de la foi à qui le cherche de tout son cœur : de ce don reçu le croyant pourra et saura en témoigner[4].

Don Pigi souhaite aussi donner aux membres de sa communauté le souci de ceux qui ne sont pas là, le désir de se faire proches, de créer des liens et de rendre service. Avant d'être une annonce dans l'Esprit, une manifestation de puissance, le mystère du salut annoncé aux êtres humains a été amour et service : Celui qui pratique le service au nom de Jésus doit rechercher les exigences et les problèmes du frère que le Seigneur appelle à évangéliser. « Cherche la plaie et soulage-la ! » est une devise qui semble bien exprimer cette méthode[5]. Voir les blessures intérieures, les attentes et les aspirations de notre prochain et essayer d’y répondre. Créer des liens, entrer en relation, donner de son temps, de son sommeil, de sa tranquillité, et parfois même de son argent, afin que celui qui reçoit se rende compte à quel point on est prêt à s'engager pour lui et ceci d’une manière gratuite et désintéressée. Il sera alors profondément interpellé et disposé à écouter notre témoignage et à y croire.





[1] G. Macchioni, Évangéliser en paroisse : L’expérience des Cellules Paroissiales d’Évangélisation, 2e édition, Nouan-le-Fuselier, Editions Pneumathèque, 1996, p. 8.
[2] Evangelii Nuntiandi est l’exhortation apostolique L’évangélisation dans le monde moderne de Paul VI (1975).
[3] Paul VI, Evangelii Nuntiandi (exhortation apostolique, l’évangélisation dans le monde moderne), Coll. L’Église aux quatre vents, Montréal, Fides, 1975, § 75.
[4] G. Macchioni, op. cit. p. 78.
[5] Ibid., p. 84.

dimanche 17 mai 2020

La croissance de l’Église selon Chuck Smith

Auteur: Pierre-Alain Giffard

En 1965, Chuck Smith est devenu le pasteur d’une petite Église de 25 personnes appelée Calvary Chapel Costa Mesa. Au fil des ans, son ministère a engendré un mouvement international composé de 1800 églises et attirant hebdomadairement plus de 24000 personnes. Les célébrations dans ces églises étaient connues pour leur code vestimentaire décontracté (« venez comme vous êtes ») et pour leur style de musique contemporain. Elles rassemblaient et attiraient particulièrement les hippies, les toxicomanes et les jeunes adultes.

Chuck Smith explique en ses mots la croissance étonnante de ce mouvement : « Lorsque nous permettons à l’Esprit de nous diriger, l’Église grandit et s’épanouit, tout comme elle l’a fait au premier siècle. Si nous L’écoutons l’expérience glorieuse de l’Église primitive peut être aussi la nôtre »[1].

Dans son livre Living Waters[2] (Eaux vives), il explique que l’Église existe grâce à l’Esprit saint; c’est Lui qui a donné naissance au Corps du Christ le jour de la Pentecôte. L’Esprit saint s’est déversé sur les disciples et continue d’être aujourd’hui à l’œuvre avec puissance. Sans Lui, dit-il, l’Église ne serait rien qu’un club social ou une organisation charitable. Mais quand les chrétiens donnent à l’Esprit saint sa juste place, le corps du Christ devient une force dynamique de changement.

Pendant que Jésus était sur terre, il dirigeait lui-même le ministère des apôtres : il leur disant quoi faire, où aller et quoi croire. Mais quand il monta au ciel, il dirigea son Église par l’Esprit saint. Dans le livre des Actes des Apôtres, nous pouvons lire comment l’Esprit saint dirigeait l’Église. Il y a, entre autres, le passage dans lequel l’apôtre Pierre reçut par l’Esprit une vision et des paroles divines. Ceci lui fit comprendre qu’il pouvait aussi annoncer la Bonne Nouvelle aux non-juifs (Actes 10 : 9-16).

Pierre, de retour à Jérusalem, fut pris à partie par les chrétiens issus du judaïsme : « Tu es entré chez des hommes qui ne sont pas circoncis, et tu as mangé avec eux ! » (Actes 11-2-3). Alors Pierre leur décrit son expérience : « L’Esprit me dit d’aller avec eux ». En d’autres termes, Pierre est allé un endroit bien précis, Césarée, sous la direction de l’Esprit saint. C’est l’Esprit qui lui dit quoi faire et Pierre obéit même si cela s’écartait entièrement de ses pratiques habituelles.

L’expérience de Pierre racontée dans les Actes des apôtres n’est qu’un exemple parmi d’autres qui montre que l’Église primitive savait se laisser guider par l’Esprit saint. Nous y lisons aussi comment l’Esprit, par le don de prophétie, dit à l’Église d’Antioche : « maintenant, séparez-moi Barnabas et Saul, pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés ». ... (Actes 13 : 2).

Il y avait des prophètes et des docteurs dans cette Église : Barnabé, Syméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaèn et Saul. Ils cherchaient la direction de l’Esprit : Ils jeûnaient, attendaient que l’Esprit saint leur parle. C’est par le don de prophétie que le ministère de Paul et de Barnabas était dirigé. Grâce à lui, les deux apôtres pouvaient être envoyés à des endroits bien spécifiques.

Plus loin dans le livre des Actes, on peut lire : « Ils parcoururent la Phrygie et le territoire galate, le Saint-Esprit les ayant empêchés d'annoncer la parole en Asie ». (Actes 16 :6). L’Esprit saint ne leur permit pas de visiter un endroit où ils avaient prévu d’aller. L’Esprit peut aussi conduire en mettant des obstacles sur notre chemin, il fait surgir des circonstances qui nous empêchent de faire ce que nous avions prévu.

Chuck Smith raconte l’histoire du Dr. Edwards qui était président d’une banque à San Jose. Il donna sa vie à Jésus-Christ et se sentit appelé par Dieu à être pasteur. Il étudia la parole de Dieu et entra au séminaire. Une nuit, il eut une vision, celle d’un vieil homme aux cheveux gris labourant un champ avec une charrue. Alors que celui-ci n’avait travaillé que sur la moitié de son champ, il s’adressa au Dr. Edwards en disant : « Viens m’aider ». Ce fut tout, et à ce moment-là, la vision resta pour lui  un mystère.

Peu de temps après, Dieu mis dans son cœur d’aller commencer une église au Panama. Il quitta l’Amérique et démarra en fait plusieurs communautés chrétiennes. Un jour, il reçu un appel d’un hôpital : « Dr Edwards, nous avons un vieil homme ici qui est en agonie. Personne ne semble le connaître, mais ce serait bien qu’il voit un pasteur car il va mourir bientôt ». Le Dr Edwards parti donc lui rendre visite et prier pour lui. À son arrivée, et à son grand étonnement, il se rendit compte que l’homme qui était devant lui était celui de sa vision. Dr Edwards découvrit ensuite que cet homme avait été missionnaire pendant une trentaine d’années avant lui et compris qu’il avait pu bâtir ses Églises seulement grâce à la fondation pastorale et spirituelle posée par cet homme.

Dans son livre Living Waters, Chuck Smith fait aussi part d’une de ses expériences personnelles[3]. Une nuit, il eut une forte impression intérieure; il ne savait pas d’où elle venait mais comprit que c’était une parole du Seigneur. Le Seigneur lui dit : « Il y a des Églises qui conduisent les gens vers une plus grande complaisance en eux-mêmes et à un plus grand amour d’eux-mêmes. Pour vous, menez les gens vers une plus grande appréciation et un plus grand amour envers moi ».

Alors qu’il était encore jeune, il reçut aussi une prophétie dans laquelle le Seigneur lui donnait un nom nouveau « berger ». Le Seigneur lui dit qu’il ferait de lui le berger de nombreux troupeaux et son église ne serait pas assez grande pour contenir toutes les personnes qui allaient affluer pour entendre la Parole de Dieu.

Smith estime que l’Église ne peut pas bien accomplir sa mission si elle n’est pas dirigée par l’Esprit saint. Lorsque qu’elle est conduite par le soi-disant génie des hommes et leurs comités, elle devient rapidement incapable et inefficace. Ceux qui sont appelés à diriger l’Église devraient s’efforcer d’être en tout dirigés par l’Esprit saint. C’est ce que l’Église du premier siècle avait su faire.


[1] Smith, Chuck. Living Water. Word for Today, 2007. p.75
[2] Smith, Chuck. Living Water. Word for Today, 2007, pp. 75-84
[3] Smith, Chuck. Living Water. Word for Today, 2007, p.83

dimanche 19 avril 2020

Comment évangélisent les Églises qui grandissent?


Auteur: Pierre-Alain Giffard

Les Églises qui font des disciples donnent la priorité à l'évangélisation. Elles comprennent l'évangélisation comme une invitation à recevoir le Christ comme Seigneur et Sauveur et à devenir membres de son Corps, l'Église.

Les Églises en croissance évangélisent de différentes manières 

1. Par l’annonce missionnaire : Les Églises en croissance invitent les personnes évangélisées à faire un choix, à prendre une décision libre et éclairée en réponse au Christ qui les appelle à la conversion et au salut : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai, chez lui » (Ap 3,20). S’engager dans l’annonce missionnaire, c’est chercher à susciter une réponse de foi chez les personnes évangélisées et à les faire cheminer vers une relation d’amour et de confiance avec le Christ. L’annonce missionnaire se réalise lorsque des hommes et des femmes accueillent Jésus comme Sauveur et Seigneur et se font baptiser (2Pi 3,18 ; Jn 3, 5).

2. Par des relations existantes : Cette manière d’évangéliser met les gens en contact avec l’Église et le message du Christ grâce aux réseaux relationnels des chrétiens (famille, amis, collègues de travail, voisins, etc.). À l’image de l’apôtre André qui conduit son frère, Simon Pierre, à Jésus (Jn, 1,42), les chrétiens invitent les personnes qu’elles connaissent déjà à mieux connaître le Christ et à répondre à son appel. Ceux et celles qui sont rejoint ainsi ont tendance à être plus ouverts à une invitation car elle vient de personnes qu’elles connaissent et en qui elles ont confiance.

3. Par le service et l’amitié : « Dieu ne croit pas un mot de ce que nous disons mais croit ce que nous faisons ». Et de la même manière, « les gens ne se soucient pas de ce que nous savons tant qu’ils ne voient à quel point nous nous soucions d’eux ». Il s’agit d’évangéliser avec amour et pour l’amour. Par l’entraide et le service des personnes qui les entourent, les chrétiens créent de nouveaux liens d’amitié et prouvent ainsi leur souci des autres. Ils se greffent dans leur environnement par la charité et deviennent des personnes significatives dans la vie des personnes qu’ils fréquentent. Mais le service en soit ne suffit pas, les gens ont aussi besoin d’entendre l’Évangile pour pouvoir y répondre.

4. Par des petits groupes d’évangélisation : Pour évangéliser, il est certes important de garder les portes d’entrée de l’église grandes ouvertes mais aussi de créer de nombreuses portes latérales. Les portes d’entrée des Églises missionnaires sont les célébrations dominicales et les portes latérales sont des petits groupes d’évangélisation. Ce genre de petit rassemblement est particulièrement adapté pour témoigner de sa foi envers les personnes présentes. Le but premier de ces groupes n’est pas tant la fraternité, la prière ou l’étude de la Bible mais plutôt d’y inviter et d’y accueillir de nouvelles personnes pour leur faire entendre la bonne nouvelle.

5. Par les charismes (Mc 11,24) : Cette forme d’évangélisation s’appuie sur la puissance de l’Esprit qui confirme la Parole par des signes et des prodiges (Mc 16,20). Les évangélisateurs cherchent à répondre aux besoins de guérison et de libération des personnes évangélisées en priant pour elles avec foi (Lc 17,6). Comme dans le livre des Actes des Apôtres et tel qu’expliqué dans l’épître aux Corinthiens, la manifestation des charismes est au service de l’évangélisation (1 Corinthiens 14).

6. Par priorité : L’une des raisons qui explique la croissance des Églises se trouve dans leurs efforts à répondre en priorité aux besoins des personnes de leur entourage qui passent par des étapes importantes ou difficiles dans leur vie : que ce soit le mariage, la naissance d’un enfant, un changement d’emploi, un congédiement ou une faillite, la maladie, un décès d’un membre de sa famille ou d’un ami, un déménagement, l’emprisonnement. Ce faisant, ces Églises mettent en pratique l’Évangile de Matthieu au chapitre 25 (versets 31 à 46). Les personnes qui vivent ce genre de transitions ou d’épreuves sont plus réceptives à l’Évangile. Les personnes réceptives sont aussi souvent celles qui nous sont proches et avec qui nous avons des relations de confiance: nos amis, parents, collègues et voisins.

7. Par l’expérience dominicale : Lorsqu’une personne est invitée pour la première fois à l’église, il est important que sa première impression soit bonne… particulièrement si on souhaite que celle-ci revienne ! Pour une personne nouvelle, une bonne expérience dominicale se fait principalement à quatre niveaux : la chaleur de l’accueil, la qualité et la beauté des chants et de la musique, des homélies inspirées qui montrent le chemin du salut et qui font le lien avec la vie de tous les jours et enfin une présence tangible de l’Esprit Saint.

8. Par le suivi : Les églises sont trop souvent comme des sachets de thé. À l’image de l’eau qui traverse le sachet, les visiteurs entrent par la porte d’entrée et sortent par la porte arrière comme si rien n’était. Une église devrait plutôt être comme une éponge qui absorbe et retient les visiteurs et les personnes invitées. Le suivi devrait se faire sans tarder après une première visite par l’envoi de courriels ou d’un coup de téléphone par la secrétaire de la paroisse, par le pasteur ou un paroissien.

9. Par intégration : Le processus d’intégration des nouveaux dans l’Église peut être vu comme faisant partie d’une étape après la conversion. Mais en fait, il est impératif d’intégrer rapidement à l'Église les personnes que l’on évangélise dans les relations d’amitié des paroissiens. En effet la vie chrétienne n'est pas une vie solitaire et les personnes qui viennent depuis peu à l’Église cherchent aussi à créer des liens. Lorsqu’une Église n'arrive pas à intégrer des personnes nouvelles en favorisant la création de liens d’amitiés, son développement est compromis.

10. Par des activités et des évènements pour les personnes en recherche : Les Église en croissance mettent sur pied des évènements et des célébrations pour personnes en recherche où les personnes invitées ont l’occasion d’entendre le kérygme et de faire un acte de foi en Jésus sauveur. Ces événements peuvent avoir lieu durant les temps forts de l’année, à Noël ou à Pâques. Ils comprennent en général les éléments classiques d’une célébration (homélie, chant, prière, offrande) mais sont façonnés en un style contemporain et informel : Les personnes peuvent venir, écouter et partir sans se demander quand s’asseoir, se tenir debout, s’agenouiller ou donner de leur argent. On leur donne le temps de permettre à l’Esprit de travailler en elles et de décider sans pressions si elles veulent devenir des disciples de Jésus.

11. Par étapes : Cette forme d’évangélisation cherche à comprendre où en est chaque personne dans son cheminement de conversion et à la faire progresser vers la prochaine étape. De la foi en l’existence de Dieu jusqu’à la conversion, il y a souvent toute une série de marche à franchir.


12. Par une approche intégrale : Cette approche adopte une vision intégrale de l’évangélisation. Elle implique l’ensemble des ministères paroissiaux et des activités de l’Église dans le but de rejoindre ceux et celles qui ne connaissent pas le Christ : de la prière, à l’accueil, au suivi, à l’intégration dans l’Église, aux homélies, au genre de musique, au baptême, au discernement des dons, à l’implication dans des ministères et à la formation au leadership.

Il y a d’autres approches utilisées par les Églises qui grandissent. Celles-ci ne sont pas forcément pour tout le monde, mais il est quand même important de les mentionner :

13. Par les médias : Les moyens modernes de communication et de publicité permettent d’annoncer la Bonne Nouvelle. Ils comprennent a) les bus, b) vidéos, c) mp3, d) blogues (e) journaux, (f) bulletins d’information, g) annonces radio, h) télévision, (i) panneaux d’affichage (j) appels téléphoniques et (k) Facebook / Twitter / Instagram / TikTok.

14. Par invitation : Cette approche consiste simplement à inviter des personnes à la porte de l’église pour qu’elles y entrent et entendent l’Évangile.

15. Par un service de bus : Cette pratique demande de mettre sur pied un service de bus pour inviter les gens le long de la route à venir à une école du dimanche. C’est plus qu’un service de bus pour conduire les chrétiens à l’église, c’est une évangélisation intentionnelle en vue d’inviter de nouvelles personnes à connaitre le Christ.

16. Par du porte-à-porte : Ce n’est ni une méthode pour tout le monde ni une approche qui fait l’unanimité dans l’Église. Pourtant ceux et celles qui la défendent disent qu’elle permet aux chrétiens de rencontrer des gens dans le confort de leur maison et les prédispose ainsi à accepter la parole de Dieu.

Les Églises en croissance se servent de différentes approches d’évangélisation. Cette liste n’est pas exhaustive et il n’y pas de chemin unique. Les Églises qui souhaitent effectuer un virage missionnaire peuvent s’inspirer des différentes pratiques décrites ci-dessus. Elles peuvent choisir celles qui leur convient le mieux et qui portent du fruit dans leur contexte.

jeudi 16 avril 2020

Basés sur l’observation de nombreuses Églises en croissance dans le monde, les articles ci-dessous traitent des facteurs qui favorisent le développement des Églises. Ils visent à aider les missionnaires, les pasteurs et les responsables d’Églises à s'organiser pour faire des disciples (Mat 18:19).


ARTICLES RÉCENTS

TABLE DES MATIÈRES
  1. L'annonce missionnaire et la prière du pécheur
  2. 4 disciplines de croissance paroissiale
  3. 35 facteurs qui favorisent la croissance des Églises locales
  4. Questionnaire pour discerner la présence ou l’absence des facteurs de croissance
  5. Guide pour planifier la croissance d'une église
  6. Comment rédiger un plan de croissance ecclésiale
  7. Comment écrire un énoncé de mission pour l'Église locale
  8. Excès et dérapages possibles dans la gestion des églises
  9. Leadership et croissance des Églises
  10. Recevoir et mettre en oeuvre une vision
  11. Comment vivre la transition vers les petits groupes
  12. Six habitudes d’un leader visionnaire
  13. La source de la croissance: le réveil
  14. Aider les membres de son Église à évangéliser de personne à personne
  15. Comment équiper les autres en vue de leur confier des ministères
  16. Équiper les autres pour le ministère : Le modèle de Jésus
  17. Les fondations de la croissance des Églises
  18. Erreurs à éviter dans la poursuite de croissance
  19. La croissance des Églises par la musique et les chants
  20. Valeurs à promouvoir pour déclencher la croissance
  21. Pour une recherche de croissance saine et équilibrée
  22. Six valeurs organisationnelles essentielles pour la croissance
  23. Croissance des Églises et maturité spirituelle
  24. Donald McGavran, le fondateur du Mouvement pour la croissance des Églises
  25. Pourquoi rechercher la croissance des Églises ?
  26. Conseils pour favoriser la croissance des Églises locales (en bref)
  27. Le but de la croissance ecclésiale
  28. Le secret pour bâtir une église qui gagne des âmes 
  29. L’évangélisation : une composante majeure de la croissance de l’Église
  30. Articles sur la croissance des Églises écrits par Rick Warren 
  31. La prière avec le jeûne : clé de l’évangélisation
  32. Développer la vision de l’évangélisation parmi les leaders de l’Église 
  33. 19 orientations pastorales favorisant la croissance des Églises
  34. La croissance de l’Église du pasteur David Yonggi Cho
  35. Processus d’évangélisation et de formation des disciples
  36. La croissance de l’Église du pasteur Dale Galloway
  37. Développer l'Église par des groupes de croissance (Neil Cole)
  38. Les orientations pastorales et missionnaires des Églises en croissance
  39. La croissance de l’Église du pasteur Rick Warren
  40. T4T : une méthode efficace pour la croissance de l’Église
  41. Dix obstacles courants à la croissance
  42. La croissance de l’Église et le travail en équipe
  43. L’accueil et la croissance de l’Église
  44. Célébrations et croissance de l’Église
  45. Programme d'évangélisation par cellules de maison
  46. La croissance de l’Église "Crossroads"
  47. Vision et croissance de l’Église
  48. Des Église “en sortie”
  49. Four Disciplines for Parish Growth Defined
  50. 拓展教会

SITES DU MÊME AUTEUR


LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE