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dimanche 21 janvier 2024

La croissance de la paroisse de l’abbé James Mallon, Saint-Benedict

James Mallon est un prêtre catholique canadien d’origine écossaise, qui a été le curé de la paroisse Saint-Benedict dans l’archidiocèse de Halifax au Canada. Grâce à son leadership, sa paroisse est passée d'une communauté vieillissante et en déclin à une communauté jeune et en croissante, qui attire de nombreuses personnes en recherche de Dieu. Cette paroisse a vu le nombre de ses paroissiens doubler en cinq ans, passant de 1 500 à 3 000 personnes, dont 40 % ont moins de 40 ans. Elle est devenue une référence pour le renouvellement paroissial, une véritable maison de prière, une communauté de disciples, et une force missionnaire.

Dans son livre Manuel de survie des paroisse (Divine Renovation, en anglais), Mallon souligne que l’Église existe pour évangéliser, c’est-à-dire pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à tous les hommes. Il identifie plusieurs facteurs qui empêchent l’Église de remplir sa mission, tels que le cléricalisme, le consumérisme, le sécularisme, le relativisme, le manque de formation et de leadership, et la résistance au changement. 

Mallon suggère que les paroisses adoptent une attitude de conversion pastorale, qui implique de changer les mentalités, leurs priorités, leurs structures et leurs méthodes. Il faut admettre que l'Église est en déclin et qu’elle a besoin de changement.  Il propose donc de redéfinir la mission de la paroisse comme étant celle de faire des disciples de Jésus-Christ, et se concentrer sur l’évangélisation et la formation des fidèles plus que sur la gestion des biens ou des services. 

Mallon critique l’attitude passive et routinière de nombreuses paroisses qui se contentent de maintenir le statu quo sans chercher à évangéliser ou à se renouveler. Il souligne la résistance au changement de certains fidèles qui s’accrochent à des traditions, des habitudes ou des structures qui ne sont plus adaptées à la mission de l’Église aujourd'hui.

D’après lui, il  à plusieurs éléments qui permettent de revitaliser et de faire croître une paroisse.

  • Changer de paradigme : passer d’une vision de maintenance à une vision de mission, en se concentrant sur l’évangélisation et la formation des disciples.
  • Définir une vision claire et partagée de ce que signifie être une paroisse missionnaire, qui cherche à atteindre les personnes éloignées de l’Église et à les former comme disciples de Jésus.
  • Changer de mentalité : être ouvert au renouveau de l’Esprit Saint, à la créativité et à l’innovation, et à la collaboration avec d’autres paroisses et mouvements ecclésiaux.
  • Mettre en place un leadership efficace qui soutient la vision, qui délègue les responsabilités, qui forme des leaders et qui favorise la collaboration entre les différents ministères.
  • Changer de structure : mettre en place des équipes de leadership efficaces, des ministères adaptés aux besoins des fidèles, et des processus clairs pour accompagner les gens dans leur cheminement de foi.
  • Changer de culture : créer une communauté accueillante, joyeuse, priante et engagée, où les gens se sentent aimés et appartenant à une famille spirituelle.
  • Créer un environnement accueillant et hospitalier pour les nouveaux venus, les visiteurs et les membres de la paroisse, en leur offrant des opportunités de se connecter, de s’impliquer et de se sentir chez eux.
  • Développer une culture de la prière et de l’adoration qui nourrit la relation personnelle avec Dieu, qui encourage la participation active à la liturgie et aux sacrements, et qui stimule le désir de partager la foi avec les autres.
  • Changer la pastorale sacramentelle : l’auteur propose de considérer la préparation aux sacrements comme des occasions de nouvelle évangélisation et non pas comme une préparation à des rites de passage ou des obligations.
  • Accueillir les personnes non pratiquantes : l’auteur suggère de créer des espaces d’accueil et de dialogue pour les personnes qui se présentent aux sacrements sans être engagées dans la vie de l’église, en leur offrant une expérience de la grâce et une invitation à la conversion.
  • Former des disciples missionnaires : l’auteur insiste sur la nécessité de former et accompagner les personnes qui reçoivent les sacrements, en les aidant à approfondir leur relation avec le Christ et à devenir des témoins de l’Évangile dans le monde.
  • Renouveler la liturgie : l’auteur appelle à revitaliser la célébration de l’eucharistie, en la rendant plus belle, plus participative et plus missionnaire, en mettant l’accent sur la louange, la prédication et l’envoi.

Mallon estime que le pasteur de la communauté chrétienne a un rôle essentiel à jouer. Voici quelques éléments qui le concernent:

  • Le rôle du leader: Le leader doit être un visionnaire, un communicateur, un formateur et un modèle pour les autres membres de l'église. Il doit avoir une vision claire et partagée de la mission de la paroisse, la communiquer efficacement, former des disciples et des leaders, et vivre selon les valeurs de l’Évangile.
  • Les qualités du leader: Le leader doit être passionné, courageux, humble, authentique et collaboratif. Il doit avoir une passion pour Dieu et pour les gens, un courage pour affronter les défis et les changements, une humilité pour reconnaître ses limites et ses erreurs, une authenticité pour être vrai et transparent, et une capacité à travailler en équipe et à déléguer.
  • Les outils du leader: Le leader doit utiliser des outils efficaces pour planifier, organiser, évaluer et améliorer son leadership et celui de son église. Il doit avoir un plan stratégique, une structure organisationnelle, un système d’évaluation et un processus d’amélioration continue.
  • Les défis du leader: Le leader doit faire face à des défis tels que la résistance au changement, la fatigue, la solitude et la tentation. Il doit savoir comment gérer ces difficultés, en s’appuyant sur Dieu, sur son équipe et sur sa communauté

Pour renouveler et faire croître sa paroisse, James Mallon  a mis en place une vision missionnaire et un plan pour transformer sa communauté chrétienne. Il a développé des programmes d’évangélisation et d’accompagnement pour rejoindre les personnes éloignées ou en recherche de Dieu. Il a renouvelé la liturgie du week-end en la rendant plus vivante, joyeuse et accueillante. Il a créé des petits groupes de partage et de prière pour favoriser la croissance spirituelle et la fraternité des paroissiens. Et il a formé des leaders laïcs qui assument des responsabilités dans les différents domaines de la vie paroissiale.

Dans son livre Manuel de survie des paroisse,  il propose des pistes concrètes pour transformer la culture, la structure et la mentalité de nos paroisses. Il invite les prêtres à être des leaders passionnés, courageux, humbles, authentiques et collaboratifs, qui communiquent une vision claire et partagée de la mission de l’Église. Il les invite à créer des communautés accueillantes, joyeuses, priantes et engagées, qui annoncent la joie de l’Évangile à tous et à toutes. 

Pierre-Alain Giffard


dimanche 23 janvier 2022

Quelques étapes pour devenir une paroisse missionnaire

Par Pierre-Alain Giffard


Missionnaire ici, missionnaire là, le mot semble être utilisé partout de nos jours. Mais où devrait-il être vraiment utilisé ? Eh bien, dans au moins deux expressions: les disciples missionnaires et les paroisses missionnaires. L’Église est missionnaire par nature c’est pourquoi les paroisses devraient assumer leur identité et devenir plus évangélisatrices. 

Mais avouons-le, le changement est difficile. En tant qu’êtres humains, nous sommes souvent attachés à certaines façons de faire. Depuis des siècles, on a enseigné aux fidèles à se rendre à l’église, à mener une bonne vie sans leur demander d’évangéliser. Aujourd’hui encore, nous partageons rarement notre foi avec les autres et nos paroisses ne ressemblent pas vraiment à des avant-postes missionnaires. Alors, comment pouvons-nous changer ? 

Commencer avec de bonnes raisons : De bonnes raisons sont nécessaires pour changer. Il ne fait aucun doute que nos paroisses perdent des membres, mais ce n’est peut-être pas une raison suffisante. Il est bon de dresser une liste des raisons qui peuvent renforcer notre décision de tendre davantage la main aux autres et de faire des disciples. Cela peut être simplement de vouloir obéir au commandement de Jésus ou de vouloir partager la paix, la joie et l’amour que l’on trouve en Dieu. Dans tous les cas, nous devons avoir des raisons profondes et suffisantes pour surmonter la tentation de rester les mêmes. 

Fixer une date: Au niveau pratique, la première étape consiste à choisir la date à laquelle nous voulons commencer notre transformation missionnaire. Oui, fixer une date, même si nous ne disposons pas de toutes les informations ou ressources nécessaires. En fixant une date nous sommes incités à nous préparer. Et se préparer conduit à plus de confiance et à plus de connaissances. Choisir une date ne doit pas être repoussée trop longtemps, et la date de début ne doit pas être trop éloignée. Lorsque l’échéance est lointaine, la motivation peut faiblir ou nous pouvons être tentés de changer d’avis. 

Créer un plan :  Un plan aide à rester bien aligné, résolu et motivé pour changer. Même si la transformation missionnaire a déjà commencé, la planification peut aider à rester sur la bonne voie et à se préparer pour les moments difficiles. Certaines paroisses ont peut-être essayé d’évangéliser dans le passé mais les résultats n’ont pas été ceux escomptés, mais cela ne doit pas les décourager. Les leçons apprises dans le passé doivent contribuer à guider ses actions futures.

Ne pas tout changer d’un coup : Il peut être tentant de jeter aux orties la façon dont on fait Église et de déclarer soudainement une toute nouvelle direction. Mais un changement radical et soudain peut créer beaucoup de tensions dans la communauté. Les habitudes créent une sorte de dépendance. Notre vie chrétienne est habituée à certaines façons de faire. En leur absence, l’insatisfaction et la frustration surgissent avec des conséquences néfastes.

Être conscient que l’on ne peut pas le faire seul : Nous devrions partager notre désir de changement avec d’autres personnes comme nos amis ou notre famille. Leurs encouragements pourraient faire une grande différence. Pourquoi ne pas embarquer dans cette transformation missionnaire avec un confrère qui aurait également décidé de suivre cette voie? Il est possible également de rejoindre un groupe d’autres pasteurs et fidèles dans d’autres paroisses ou diocèses qui ont pris la même décision.  Certains sont peut-être plus avancés que nous, et nous pouvons apprendre d’eux en lisant leurs livres ou en visitant leurs paroisses.

Gérer le stress : L’une des raisons pour lesquelles nous maintenons le statu quo est qu’il nous permet de gérer notre vie en mode pilote automatique et de ne pas avoir à trop réfléchir. Si nous nous disons que tout va bien ou que nous ne pouvons rien changer, nous n’avons pas besoin d’y penser.  Cependant, lorsque nous décidons de changer, il est bon de réfléchir à la manière de gérer le stress qui ne manquera pas de s’ensuivre. Il peut s’agir tout simplement de passer plus de temps avec des amis, en prière ou de faire plus d’exercice.

Éviter les confrontations et autres déclencheurs : Notre désir de changement peut être freiné par certaines situations. La confrontation avec les autres est l’un des déclencheurs les plus courants. Nous devons faire preuve de sagesse et de douceur.  Si la fatigue est le déclencheur, nous avons besoin de plus de sommeil. Malheureusement, l’opposition ne manquera pas de venir des ténèbres et de ceux et celles qui rejettent de nouvelles initiatives pastorales. Cela ne devrait pas nous décourager car Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde (1 Jean 4:4).

Essayer et réessayer : Lorsque nous essayons de nouvelles façons de faire les choses, il peut arriver que les nouvelles initiatives n’atteignent pas rapidement les objectifs escomptés. Certaines initiatives fonctionnent, d’autres non. La mise en œuvre nécessite souvent plusieurs tentatives. Une fois que nous avons décidé d’aller de l’avant avec une transformation missionnaire, il est prudent de penser que le succès ne sera pas instantané. Gardons  à l’esprit les raisons importantes pour lesquelles nous avons pris la décision de changer…


vendredi 22 mai 2020

La croissance de la paroisse Sant'Eustorgio


Auteur: Pierre-Alain Giffard

Don Pigi Perini est un prêtre italien, curé de la paroisse Sant'Eustorgio près de Milan. Lorsqu’il fut nommé dans sa paroisse, la proportion de ceux qui fréquentaient les célébrations du dimanche était de douze pour cent. Formé au séminaire, on l’avait préparé au manque d'efficacité pastorale. Il avait théorisé l’échec : « L'un sème, l'autre récolte… » ; « pourvu que Jésus-Christ soit annoncé… » ;  beaucoup de petites phrases de la Bible, utilisées à contresens, venaient renforcer une mentalité de renoncement ascétique, le manque d'ambition pastorale était justifié par la pauvreté, l'humilité et les autres vertus évangéliques[1]!

Dans l’église paroissiale voisine, c'était la même chose. Et bien que jeune et plein de vigueur, son enthousiasme s’est éteint petit à petit et la routine l'a consumé. Il se réfugia dans la culture, les homélies savantes et il ne voyait plus, dit-il, que cette culture, dans laquelle il vivait, était païenne. Cela dura un certain temps jusqu’à ce qu’il se trouve devant un choix intérieur : ou bien renoncer à sa vocation de prêtre ou retrouver une nouvelle vitalité et être à la suite de Jésus « pêcheur d’hommes ».

C’est alors qu’un prêtre d'origine canadienne, le Père Valeriano Gaudet, est venu chez lui. Il lui a montré un article d'une revue américaine, intitulé: « Paroisse en flammes ». Il s'agissait d'une paroisse de Floride, Saint-Boniface, où le curé, Michel Eivers, animait une communauté particulièrement vivante. Alors il s’est dit : « Allons voir si c'est vrai… ». Il y a trouvé des cellules de maison et une église paroissiale qu’il n'osait rêver rencontrer, une église paroissiale en croissance. Il y trouva une orientation fondamentale pour l'évangélisation, une hospitalité chaleureuse, l'adoration eucharistique de six heures à vingt-quatre heures et un grand nombre de ministères laïcs gérés par une structure organique. Le pasteur était à la tête de la communauté, mais il déléguait son autorité avec un grand respect des autres membres.

Dans cette paroisse de Floride, les laïcs avaient une très bonne connaissance des Écritures saintes, ils ouvraient la Bible comme un livre qu'on connaît et qu'on a toujours sous la main. La majorité (90%) verse la dîme. On y vit le baptême de l’Esprit et une louange vibrante. La paroisse Saint-Boniface est fondée sur l'expérience charismatique. Mais ce n'est pas la chose la plus importante, dit-il, l'important c'est le renouvellement paroissial que les cellules apportent.

Les orientations de base de la paroisse sont les suivantes :

·       Les pasteurs de Saint-Boniface ont choisi l'évangélisation comme premier but.
·       Ils ont mis sur pied une structure de cellules de maison.
·       Ils ont mis l’accent sur la maison, le foyer, l'atmosphère.
·       Ils ont élaboré un système pouvant gérer la multiplication des cellules.

Don Pigi a compris qu’il devait prêter une plus grande attention à ceux qui étaient étrangers, éloignés, indifférents à l’église paroissiale. Le moment était venu pour lui de poser son regard pastoral sur ceux qui étaient en dehors de l’Église. Tant d’années il avait concentré toutes ses énergies et ses efforts sur les mêmes « habitués », toujours fidèles, toujours plus « choyés » et toujours plus réduits en nombre. Sa vision n'allait pas plus loin, elle ne percevait pas ceux qui n’étaient pas là! Pourtant, c'est précisément dans ceux qui sont loin, dans ceux que l’on considère perdus, difficiles à rejoindre, indifférents que réside le potentiel de croissance d’une communauté chrétienne. Communiquer sa foi, annoncer Jésus, proclamer la Bonne Nouvelle, voilà les fruits de l’église paroissiale, la clé de sa croissance et de son avenir!

Mais Don Pigi s’est également rendu compte que ses seules forces ne suffiraient pas. En tant que prêtre, il lui était impossible de rejoindre tout le monde et il lui était surtout difficile de rejoindre les personnes là où elles vivent, au travail, à l'école, en famille ou dans les maisons. Il devait compter sur une église moins cléricale, se fier à l'œuvre de l'Esprit Saint et compter, comme dans la communauté de Floride, sur les dons de tous les chrétiens. Il avait besoin de les encourager et de les motiver afin d'en faire des évangélisateurs, que ce soit au travail, à la maison, entre amis ou dans leurs immeubles. C'est là l'intuition de base des cellules de maison qu’il appelle cellules paroissiales d’évangélisation. On y invite les membres à témoigner dans leur propre milieu de vie (Oïkos).

Quand Don Pigi est revenu dans sa paroisse, il a présenté à sa communauté l’expérience de Saint-Boniface et proposé dans son église paroissiale une formation à partir d'Evangelii nuntiandi[2]. Puis il a choisi des laïcs et leur a proposé une formation de responsables de cellule paroissiales d’évangélisation. Cette formation dura six semaines. Petit à petit, ils sont passés de quatre cellules provisoires à quatorze et leur nombre a progressivement augmenté. Mais, précise-t-il, la communauté n’est pas seulement « cellulaire », elle est aussi eucharistique, tous sont invités à vivre la célébration de la Messe.

Comme dans l’église du pasteur Cho, les cellules sont composées de dix à quinze personnes qui se réunissent chaque semaine dans une maison privée. Jésus y est présenté comme Seigneur, c’est-à-dire qu’il est appelé à devenir la personne la plus importante de notre vie, le maître de notre existence, qui devrait être servi d’esprit, de cœur, dans sa famille et dans son travail, dans ses vacances et dans ses temps libres. Durant la rencontre, un temps est réservé pour l’enseignement hebdomadaire du curé qui est diffusé dans toutes les cellules sous formes de notes ou de cassettes. Ainsi, chaque cellule écoute le même enseignement, suit le même cheminement et se nourrit de la même Parole.

Les membres apprennent à prier en s’ouvrant à l'action de l'Esprit Saint. Ils cherchent à reconnaître la présence de Jésus dans leur vie en devenant attentifs aux signes concrets de son amour. Ils apprennent à écouter leurs frères, à faire silence en eux-mêmes pour l'accueillir. Ils font l'expérience de l'amour fraternel, ils partagent leurs difficultés, ils se soutiennent pour surmonter leurs doutes. Pour de nombreux frères et sœurs, une cellule est une première expérience de vie communautaire qui les prépare à s'insérer pleinement dans la communauté paroissiale. Les responsables des cellules sont choisis avec soin par le curé et formés afin de bien remplir leur tâche. Les différentes étapes des rencontres de cellules sont les suivantes : Prières spontanées de louange, échange informel sur ce qui a été vécu dans la semaine, enseignement, réactions des participants, informations sur la vie paroissiale, prières d’intercessions et prières de guérison par imposition des mains.

De la connaissance personnelle du Christ vivant surgit, chez les membres de la cellule, le désir de partager et de proclamer leur expérience aux personnes qui leur sont les plus proches, à celles qu'ils rencontrent habituellement et qui, d'une manière bien concrète, font partie de leur vie. C’est pourquoi les cellules grandissent, leurs membres sont « pêcheurs », au sens évangélique. Ils parlent de Jésus dans leur milieu de vie, ils témoignent de lui par un changement de leurs goûts et de leurs priorités, ils partagent l'expérience de l'amour gratuit, fidèle, miséricordieux, personnel, de Dieu. Ils témoignent dans la famille, au travail ou à l'école, aux amis, à leurs voisins, en un mot : dans leur oïkos, le milieu dans lequel se déroule leur vie quotidienne. De cette façon, l'autre n'est plus appelé à rester un étranger : des vies se rencontrent et de nouveaux liens s'établissent.

Les cellules sont profondément insérées dans le contexte paroissial et en lien avec le pasteur. Elles coexistent avec toutes les autres réalités présentes dans la paroisse qui continuent à fonctionner, même si, indubitablement, ces dernières ont trouvé de nouvelles bases, de nouvelles énergies et un nouvel enthousiasme. À travers une structure précise : leaders de cellule, leaders de section, leaders territoriaux, cellule exécutive, le curé est capable de connaître ce qui arrive dans chacune des rencontres de cellules. Il est au courant des principaux problèmes qui peuvent surgir, de l'arrivée de nouvelles personnes, des merveilles que le Seigneur accomplit, de l'orientation et du cheminement des membres, de sorte que, même s'il n'est pas physiquement présent, il peut suivre le déroulement de l’évangélisation.

Grâce aux cellules, dit-il, sa paroisse est devenue une vraie famille, une maison fraternelle et accueillante où chacun trouve sa place. Sa communauté chrétienne est devenue un lieu où tous peuvent faire l'expérience de l'amour et se rendre compte combien ils sont capables de donner et de recevoir. On peut y partager ses joies, ses souffrances, ses doutes et ses découvertes, dans l’assurance d'y trouver de la compréhension, un accueil et même des réponses. Elle est devenue le lieu de la rencontre avec Dieu où l’on apprend à prier, à louer et à communiquer son expérience de Jésus. Le Seigneur y accomplit des merveilles, et il renouvelle continuellement son alliance avec son peuple.

Même s’il met beaucoup l’emphase sur les cellules pour l’œuvre de l’évangélisation, ce prêtre italien, parle aussi de l’importance de former les chrétiens de sa communauté. Les former d’abord à la prière; une prière ardente, qui ne soit pas formaliste, mais qui prenne vie dans la parole de Dieu, la liturgie et la contemplation : Nous exhortons les évangélisateurs quels qu'ils soient à prier sans cesse l'Esprit Saint avec foi et ferveur et à se laisser prudemment guider par lui comme l'inspirateur décisif de leurs plans, de leurs initiatives, de leur activité évangélisatrice[3].

Il explique à ses paroissiens qu’on ne peut assurer une transmission authentique de la foi que si on en fait l’expérience personnelle. La foi doit être accueillie comme une réalité vécue qui soit transformante. Il souhaite faire naître dans le cœur des chrétiens le désir de grandir dans une relation personnelle avec Dieu dans la prière, l'écoute personnelle de la Parole, la participation aux sacrements, l'accompagnement spirituel, la catéchèse et l’implication communautaire : Dieu donnera certainement le don de la foi à qui le cherche de tout son cœur : de ce don reçu le croyant pourra et saura en témoigner[4].

Don Pigi souhaite aussi donner aux membres de sa communauté le souci de ceux qui ne sont pas là, le désir de se faire proches, de créer des liens et de rendre service. Avant d'être une annonce dans l'Esprit, une manifestation de puissance, le mystère du salut annoncé aux êtres humains a été amour et service : Celui qui pratique le service au nom de Jésus doit rechercher les exigences et les problèmes du frère que le Seigneur appelle à évangéliser. « Cherche la plaie et soulage-la ! » est une devise qui semble bien exprimer cette méthode[5]. Voir les blessures intérieures, les attentes et les aspirations de notre prochain et essayer d’y répondre. Créer des liens, entrer en relation, donner de son temps, de son sommeil, de sa tranquillité, et parfois même de son argent, afin que celui qui reçoit se rende compte à quel point on est prêt à s'engager pour lui et ceci d’une manière gratuite et désintéressée. Il sera alors profondément interpellé et disposé à écouter notre témoignage et à y croire.





[1] G. Macchioni, Évangéliser en paroisse : L’expérience des Cellules Paroissiales d’Évangélisation, 2e édition, Nouan-le-Fuselier, Editions Pneumathèque, 1996, p. 8.
[2] Evangelii Nuntiandi est l’exhortation apostolique L’évangélisation dans le monde moderne de Paul VI (1975).
[3] Paul VI, Evangelii Nuntiandi (exhortation apostolique, l’évangélisation dans le monde moderne), Coll. L’Église aux quatre vents, Montréal, Fides, 1975, § 75.
[4] G. Macchioni, op. cit. p. 78.
[5] Ibid., p. 84.

vendredi 25 juillet 2014

Des Églises “en sortie”

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Pour réaliser la mission de l’Église, les communautés chrétiennes ont à devenir des Églises en sortie, à savoir des communautés missionnaires  tournées vers l’extérieur qui comprennent que leur mission est de rejoindre,  accueillir et faire cheminer les personnes qui ne connaissent pas le Christ ou qui ne le suivent pas.

Plusieurs éléments caractérisent les Églises missionnaires :

• La croissance de la communauté est recherchée et considérée comme la volonté de Dieu (I Tim 2:4).

• Des activités de prière sont organisées pour soutenir les activités et la croissance de la communauté (Jean 15: 2-8).

• Les membres de la communauté chrétienne sont formés pour évangéliser.

• Les responsables de la communauté, avec la participation de tous les autres membres,  visent à faire du passage dans l’Église une expérience mémorable, particulièrement pour les visiteurs et les personnes invitées.

• Des parcours sont offerts pour permettre la croissance dans la foi et la croissance spirituelle des membres de l’Église.

• Différentes dimensions de la mission sont déployées :

1. L’accueil et la fraternité (unité)

2. L’adoration, les prières et la louange

3. La charité (bonnes oeuvres)

4. Les prières pour la guérison

5. L’évangélisation

6. L’éducation de la foi et croissance spirituelle

7. La formation des leaders (animation, direction et planification)

• La mission est vécue en coresponsabilité avec les membres ordonnés. Des membres non ordonnés (laïcs) sont appelés et formés pour devenir des leaders qui participent à l’animation de la communauté chrétienne.

Les Églises missionnaires …

· se soucient des personnes qui ne sont pas là;

· s’organisent pour les rejoindre et les accueillir;

· les font cheminer vers la maturité spirituelle;

· discernent leurs dons;

· les impliquent dans la mission et enfin;

· les forment pour devenir des leaders dans l’Église et le monde.

Cliquer sur le schéma ci-dessous pour voir la vision d’une Église en sortie.

1. Une Église en sortie 2

Les efforts de témoignage et d’évangélisation (première annonce) de la communauté chrétienne sont à la base de son existence. Ils constituent la fondation de l’édifice et précèdent les efforts pour initier à la foi. Ils doivent donc constituer la priorité numéro un avec les activités de prières.

Fondations pour la croissance (Pyramide) 2017

Comme la sève circule et donne vie à un arbre, les personnes évangélisées seront progressivement amenées à cheminer vers la croissance spirituelle et l’engagement dans la mission l’Église. Il est crucial de planifier et de coordonner des actions pour faire passer les personnes d’une étape à l’autre.

Dynamique de croissance 2017

En cheminant d’une étape à l’autre (de gauche à droite du schéma), de l’accueil jusqu’à l’implication missionnaire, les personnes évangélisées renouvellent la communauté chrétienne et donnent santé et croissance à l’Église.

Dans une Église en sortie, à l’image de l’Église primitive, les membres de la communauté chrétienne ont d’abord cherché à être remplis de l’Esprit Saint pour être  animés d’un zèle missionnaire. Les premières activités à mettre en œuvre pour être une Église missionnaire sont des activités de prière et de renouvellement spirituel  ainsi que la formation de toute la communauté chrétienne au témoignage et à l’accueil des personnes évangélisées; puis viennent l’initiation chrétienne des nouveaux, leur croissance spirituelle, leur insertion progressive dans la mission de l’Église et l’attribution de responsabilités pour les personnes qui sont en accord avec la vision de l’Église et qui ont les talents nécessaires.

vendredi 12 juillet 2013

Vision et croissance de l’Église

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Depuis des décennies, la réalité ecclésiale et sociale en Occident n’a cessé de changer : l’Église est passée d’un contexte de chrétienté à un contexte missionnaire.

Pour les Églises locales, cela signifie qu’il est temps de s’engager dans la mission et particulièrement dans la première annonce[1].

Cet effort d’évangélisation demande d’élaborer et de communiquer une vision dans la paroisse qui aura pour avantage de motiver les chrétiens à participer à la mission de faire des disciples.

1. Qu’est-ce qu’une vision ?

Une vision est une image, un rêve réalisable que l’on souhaite vivre dans un avenir rapproché. Elle pointe vers une destination, elle motive et donne du sens. Elle permet à une organisation d’avoir une direction commune et de faire des choix stratégiques et organisationnels. Une vision n’est toutefois pas un plan d’action, ni une série d’objectifs à réaliser.

D'une certaine façon, une vision agit comme un phare qui guide un navire vers le port recherché en indiquant à l'équipage la direction à suivre. Pour être efficace et servir son but, elle doit être inspirée, formulée de manière à engendrer l’espérance et inciter à l’action.

Quand les pasteurs d’une Église ont une vision qui a du sens et qu’ils la communiquent efficacement, les fidèles sont prêts à consacrer plus de leurs énergies, de leur temps, de leurs talents et de leur argent au service du Christ et de son Église. Un sentiment d’appartenance et de motivation les saisi amenant même des instances non-chrétiennes à vouloir collaborer avec l’Église.

2. L’Église : une vocation à la croissance

Avant de monter au ciel, Jésus a dit à son Église naissante : « Allez, de toutes les nations, faites des disciples[2] ». Dans son Évangile il a souvent expliqué l’importance d’aller au-devant de ceux et celles qui ne le connaissent pas ou qui se sont éloignés de lui[3].

L’Église continue la mission de Jésus. L’Église est convocation, convocation de l’humanité au salut. Au niveau local, celle-ci s’implante ou se greffe dans un lieu donné et est appelée à croître. Plusieurs paraboles bibliques présentent d’ailleurs l’Église comme un « organisme » qui se développe[4].

Cette croissance est d’abord l’œuvre de Dieu, l’œuvre de l’Esprit répandu à la Pentecôte. Elle est un signe de l’action de la grâce et la manifestation extérieure d’une croissance intérieure. Elle est aussi l’œuvre de la foi, l’œuvre de chrétiens qui prient et qui adhèrent à la volonté de Dieu de voir son Église se développer.

Dans ce sens, une vision missionnaire devrait d’abord inciter les croyants à désirer ce que Dieu veut (la croissance de l’Église), à se renouveler dans la foi et la charité[5] et à s’engager dans la mission.

Les Église ont à sortir d’une conception pastorale selon laquelle il suffit de « faire comme on a toujours fait ». Il s’agit de devenir inventif et de se consacrer, avec les énergies et les ressources qui restent, à l’annonce missionnaire[6].

L’annonce missionnaire n’est toutefois pas la seule fonction de l’Église. L’Église doit aussi chercher à renouveler ses célébrations, ses efforts pour être plus accueillante et fraternelle, ses formations envers ses membres et son engagement dans le monde afin de devenir toujours plus signe et sacrement de l’amour de Dieu (Luc 10:25-37; 25:31-36).

3. L’énoncé de vision

À la lumière de ce qui a été dit plus haut, il est possible de formuler un exemple d’énoncé de vision :

Être, sous la mouvance de l’Esprit, une Église au cœur du monde qui engendre et forme de nouveaux[7] disciples qui cheminent en Église et s’impliquent dans sa mission.

Certaines priorités pastorales découlent de cette vision :

1) Aider les chrétiens à prendre conscience de leur identité et de leur responsabilité missionnaire[8] : la mission ne concerne pas seulement les membres ordonnés, mais elle est confiée par Dieu lui-même à tous les baptisés (Luc 10:1-12.17-20);

2) Mettre sur pied des activités de prières afin d’implorer Dieu pour le renouvellement spirituel et missionnaire de l’Église;

3) Former les responsables dans l’Église au sujet des facteurs qui favorisent la croissance de l’Église[9];

4) Former les fidèles au témoignage et à l’annonce de l’Évangile;

5) Inventer de nouveaux chemins et de nouvelles activités qui permettront d’inviter les absents à fréquenter hebdomadairement leur communauté chrétienne;

6) mettre sur pied des cellules d’évangélisation dont la mission première est l’annonce missionnaire et la formation de disciples qui osent témoigner de leur foi et l’annoncer sans détour;

7) Organiser un service d’accueil et de suivi des personnes nouvelles;

8) Créer des parcours de discernement des dons et de formation qui permettront d’impliquer les personnes nouvelles dans des pastorales qui visent la réalisation de la vision;

9) Former des leaders laïcs.

4. L’énoncé de mission

Certains préfèreront un énoncé de mission plutôt qu'un énoncé de vision. Celui-ci pourrait se formuler comme suit:

Engendrer et former de nouveaux disciples qui cheminent en Église vers la maturité spirituelle et s’impliquent dans sa mission.

Bien communiqué, cet énoncé de mission devient celui de tous les membres de l'Église. On ne saurait sous-estimer l’importance de cette communication qui permet de centrer les efforts de la communauté chrétienne sur l'essentiel de la mission évangélique.

Pour ne pas rester lettre morte, il faudra donc qu’il soit, comme la vision et les priorités pastorales qui en découlent, communiqué par différents moyens. Il permettra de formuler des objectifs pour l’Église et de déterminer des activités la rendront missionnaire et féconde.

5. Croire à la croissance et la poursuivre

Basé sur l’expérience de communautés chrétiennes en croissance dans le monde, il est possible de croire que des communautés chrétiennes stagnantes ou en décroissance peuvent redevenir fécondes.

De nombreux ouvrages existent aujourd’hui sur la croissance de l’Église[10]. Ces ouvrages expliquent comment faire de la croissance une réalité. Ils expliquent quels sont les facteurs qui contribuent au développement des Églises.
Parmi les facteurs les plus importants il y a :

1. La communication d’une vision et d’une culture missionnaire dans l’Église;
2. La mise en place d’activités de renouvellement spirituel des croyants (réveil);
3. La mise en place d’activités de prière pour intercéder en faveur des efforts d’évangélisation et en faveur des personnes que l’on cherche à rejoindre;
4. La formation des responsables ecclésiaux concernant les facteurs qui contribuent à la croissance de l’Église;
5. La rédaction d’un plan d’action (planification) pour mettre en place des facteurs de croissance ;
6. La mise en place de cellules d’évangélisation;
7. La formation des croyants au témoignage et à l’annonce de l’Évangile;
8. L’accueil et le suivi des personnes évangélisées, notamment par un système d’accompagnement par parrainage/« coaching » afin de les intégrer à la communauté;
9. Des célébrations vivantes avec de la musique contemporaine;
10. Des homélies qui, à partir de la parole de Dieu, aident et éclairent les membres de la communauté chrétienne vis-à-vis des défis spirituels et humains qu’ils rencontrent quotidiennement;
11. La mise en place d’activités de compassion pour répondre aux besoins internes et externes des communautés chrétiennes;
12. L’effusion de l’Esprit et l’exercice des charismes (dons de l’Esprit : 1Cor 14:1-25);
13. Les efforts de formation des laïcs pour qu’ils dirigent et animent des pastorales missionnaires visant la croissance de l’Église;

Mais il y en a d’autres :

1. La consécration des responsables à la mission de faire de nouveaux disciples;
2. La volonté des membres ordonnés et des laïcs de vivre une authentique coresponsabilité;
3. La priorité pastorale donnée au témoignage de la foi et à la première annonce;
4. La mise en place dans l’Église d’une structure organisationnelle qui veille à déployer de façon équilibrée la triple fonction prophétique, sacerdotale et royale du Christ;
5. La mise en place d’un processus de formation de disciples qui fait cheminer les nouveaux convertis vers la maturité spirituelle et l’implication missionnaire;
6. La mise sur pied de célébrations pour personnes en recherche[11];
7. La mise en place d’un réseau de petites communautés de base ou de petits groupes qui répondent aux besoins des croyants (couple, jeunes familles, jeunes adultes, etc.) et du milieu;
8. Les activités de fraternisation qui contribuent au témoignage d’unité et de communion entre les membres des communautés chrétiennes;
9. La recherche de qualité et d’excellence dans les services offerts;
10. Les activités d'évaluation et d'amélioration continue;
11. La cohérence entre le message proclamé et la vie des chrétiens.

Ces facteurs, ou ces orientations pastorales, offrent des pistes et des idées pour réaliser une vision de croissance. Il ne s’agit pas de tout faire en même temps, mais de faire les choses petit à petit en se fixant des priorités et des objectifs réalisables.

6. La vision et l’équipe de direction

Le premier responsable de l’Église et l’équipe de directions devront manifester par différents moyens leur volonté de voir se réaliser la vision. Ils auront à mettre en œuvre différentes modalités de communication pour la transmettre afin que les membres de la communauté chrétienne se l’approprient et y adhèrent. Les membres de l’équipe de direction jouent donc un rôle de communicateurs et de motivateurs. Ils communiquent la vision, partagent les responsabilités et mobilisent les croyants pour que la vision s’actualise dans leur milieu.

7. Conclusion

La mission de l’Église s’inscrit dans la volonté de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1Tm 2:4). Cette mission se réalise concrètement sous différentes formes, toutes complémentaires: première annonce, parcours de croissance dans la foi, prières et célébrations, compassion envers les personnes défavorisées, transformation du monde, fraternité, organisation et planification de la mission, gestion des biens matériels en vue de la mission.

Une vision à caractère missionnaire incitera les responsables d’Églises à choisir des orientations pastorales qui favorisent la croissance ecclésiale. Les communautés chrétiennes ne doivent pas être de simples lieux de distribution de services humanitaires ou religieux, elles devraient être des communautés qui témoignent de leur foi en paroles et en actes, qui invitent au salut, qui engendrent et accueillent des nouveaux chrétiens et enfin qui forment les noueaux afin qu’eux aussi cheminent en Église et s’impliquent dans sa mission.

Mais cette vision ne pourra se réaliser si elle n’est pas suivie d’un plan d'action comprenant des phases de réalisation avec des objectifs, des moyens de mis en œuvre et des méthodes d’évaluation. Ce travail de planification revient à l’équipe dirigeante et devrait commencer à se faire dès le début d’une année pastorale afin de préparer l’année pastorale suivante. À la fin de chaque année pastorale, le travail accompli devrait être évalué afin de constater les progrès accomplis et quel chemin il reste à parcourir.


[1] La première annonce (ou l'annonce missionnaire) vise à faire naître dans le cœur du non-croyant, de l'indifférent ou du membre d'une autre religion, un intérêt pour l'Évangile puis elle l’aide à faire un choix, à accueillir le Christ comme Maître et Seigneur de sa vie. Cette option pour la foi se fait par l'action de l'Esprit Saint et l'annonce du kérygme. La première annonce conduit à la conversion initiale qui est adhésion à Jésus-Christ et désir de marcher à sa suite. Cette « option fondamentale » fonde la vie du disciple.
[2] Matthieu 28:19
[3] Il y a notamment les paraboles de la brebis et de la drachme perdues (Luc 15 et Mat 18).
[4] Dans les Évangiles, on trouve les paraboles du lis des champs (Mat 6:28), de la semence qui croît d'elle-même (Mc 4:27), de la graine de moutarde (Mat 13:32), du semeur (Mat 13:4ss), de l'arbre et de ses fruits (Lc 6:43).
[5] Ce renouveau spirituel peut se faire concrètement par une instance sur la vie de prière et la conversion. Parmi les moyens qui peuvent être pris, il y a : les séminaires dans la vie de l’Esprit, l’adoration, la confession des péchés, la lecture assidue de la Parole de Dieu, le jeûne, etc.
[6] Les termes « annonce missionnaire » et « première annonce » expriment la même réalité.
[7] Le terme « nouveau » a deux sens : le premier étant d’amener des non-chrétiens et des personnes indifférentes à la vie ecclésiale à devenir des disciples et le second étant de faire des chrétiens actuels des disciples renouvelés dans leur foi et dans leur ardeur missionnaire.
[8] Cela peut se faire par des formations et d’autres moyens comme les contacts personnels des responsables avec les fidèles, les prédications et le site Internet de l'Église
[9] Une présentation exhaustive des orientations pastorales permettant de favoriser la croissance de l'Église se trouve dans le livre : La croissance de l'Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses (Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012), de Pierre-Alain Giffard.
[10] Parmi les livres en français sur le sujet il y a :
Rick Warren, L’Église une passion une vision. La croissance sans compromettre le message et la mission, Varennes, Eternity Publishing House, 2005.
Peter Wagner, Conduire votre Église vers la croissance, Nyon, France, Carrefour, et Rouen, Menor, 1992, 224 p., la traduction de son livre Leading Your Church to Growth, 1984.
Paul Yonggi Cho, Au-delà des chiffres, Miami, Éditions Vida, 1986.
Paul Yonggi Cho, Les cellules de maison et la vie de l’église, Miami, Éditions Vida, 1989.
Christian Schwarz, Le développement de l'Église: Une approche originale et réaliste, Paris, Empreinte Temps Présent, 1996.
Don Giuseppe Macchioni (Don Pigi Perini), Évangéliser en paroisse, l'expérience des cellules paroissiales d'évangélisation, Nouan-le-Fuzelier, Pneumathèque, 1994.
[11] Les célébrations pour personnes en recherche sont conçues pour les personnes qui ne croient pas en Jésus ou qui ne viennent pas (souvent) à l’Église. Leur but est de leur permettre d’accepter Jésus comme Sauveur et Seigneur. Tout y est fait pour enlever les barrières de type culturel qui pourraient empêcher les participants d’accueillir la Salut et de revenir la semaine suivante. Les chants et la musique sont adaptés à la culture de la tranche d'âge ou du groupe particulier que l’on cherche à rejoindre. Si ce sont les jeunes que l’on vise à évangéliser, des instruments de musique contemporains sont utilisés : batterie et guitares électriques font partie des accompagnements musicaux. Les airs sont inspirés de chansons populaires que l'on entend couramment à la radio et les paroles sont adaptées pour la louange.

vendredi 15 juin 2012

La croissance de l’Église du pasteur Rick Warren

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Rick Warren est le pasteur fondateur de l'Église évangélique Saddleback Valley Community Church en Californie. Il est né à San José en Californie et a obtenu une maîtrise au Southwestern Theological Seminary et un doctorat au Fuller Theological Seminary. Son aptitude à faire croître son Église, lui valut le surnom d' « inventeur du renouveau perpétuel »[1]. Son livre le plus connu, The Purpose Driven Church (L'église: une vision, une passion), a été traduit en plus de trente langues et a été vendu à plus d'un million d'exemplaires.


C’est avec son épouse, Kay, qu’il a commencé à évangéliser en rassemblant quelques personnes dans leur maison. C’était en 1979, ils sont maintenant vingt mille à célébrer tous les weekends. Son assemblée chrétienne est la huitième plus grande des États-Unis. En 1995, l’Église de Saddleback a été officiellement reconnue comme l’Église baptiste ayant eu le taux de croissance le plus rapide de toute l'histoire américaine. Cette même année, après quinze ans de réunions dans des écoles, des clubs, des entrepôts, et même dans une tente, la communauté a fait construire une église sur un campus de soixante-dix-neuf hectares.

Comme Dale Galloway, Warren explique que Dieu veut la croissance des Églises et que les brebis égarées doivent être retrouvées. D’après lui, la Bible, particulièrement dans les paraboles du Royaume, affirme une vérité essentielle : Dieu s’attend à ce que les chrétiens s'activent pour faire croître leurs Églises. La croissance n’est pas optionnelle et nous avons le devoir de la poursuivre. Pour grandir, dit-il, ça prend plus que la bonne volonté, la consécration ou la piété; ça prend de la compétence. Il ne s’agit pas tant de travailler plus durement que de travailler plus intelligemment. La croissance est le fruit d’une coopération entre Dieu et les êtres humains. Les méthodes et la planification sont incontournables: c’est la grâce de Dieu qui, passant par nos efforts et notre intelligence, produit la croissance.

Rick Warren estime qu’il n’y a pas de stratégie unique pour assurer la croissance. Après avoir étudié de nombreuses Églises en croissance, il a constaté que plusieurs d'entre elles utilisent des stratégies parfois fort différentes. Ce serait simpliste et inapproprié, dit-il, de penser qu’il n’y a qu’une formule pour assurer la croissance d’une Église. Il y a plusieurs moyens pour croître : les écoles du dimanche, les cellules de maison, l’utilisation de la musique contemporaine ou de la musique traditionnelle, les visites à domicile, etc. On ne retrouve pas tous ces facteurs dans chacune des Églises en croissance; les stratégies, les structures et les styles varient, mais il existe des points communs entre ces différentes communautés et il faut savoir en extraire les principes généraux et les appliquer à son milieu.

Rick Warren a remarqué qu’un des éléments communs aux Églises en croissance est une caractéristique particulière des responsables. Les pasteurs s’attendent à ce que leurs assemblées grandissent, ils croient en l’action de Dieu et en ses promesses. C’est un des secrets de leur réussite, ils s’attendent à voir des miracles et ils se rendent disponibles pour que Dieu les utilise à travers leur foi.
Les communautés en croissance ont aussi une identité claire et précise. Elles savent pourquoi elles existent et quels sont leurs buts. Elles savent précisément à quoi Dieu les appelle. Elles se consacrent à faire des disciples, à faire aimer Dieu et le prochain!

Rick Warren a adopté un style de leadership qui partage pouvoir et responsabilités. Il s’organise et travaille avec les membres non ordonnés en les formant et en leur confiant des responsabilités. Il puise dans les talents, les ressources, l’énergie et la créativité des membres de sa communauté. Dans sa façon de diriger, il essaye d’éviter deux extrêmes : l’un est d’assumer toute la responsabilité pour l’évangélisation et l’autre est de s’en décharger complètement. Il explique que l’équilibre se réalise lorsque le pasteur et les laïcs ne confondent pas leurs rôles : les laïcs n’ont pas à s’approprier le leadership de la communauté et les pasteurs n’ont pas à se donner l’exclusivité des ministères.
Définir la mission, la mettre par écrit, la communiquer par une vision claire et des rêves est, dit-il, le point de départ de l’action du dirigeant. Mais, pour définir ses objectifs, il doit bien connaître les besoins du milieu et rester ouvert aux changements de l’environnement ; lui-même n’a pas hésité à faire un sondage dans son quartier pour découvrir les griefs que les gens avaient contre l’Église en général.

Un autre élément important pour assurer la croissance est la longueur du mandat pastoral. En effet, si un long mandat pastoral ne garantit pas la croissance, un changement fréquent du premier responsable de l'Église empêche la croissance : Une Église qui change de pasteur régulièrement ne connaîtra pas de réelle croissance[2] écrit-il.

L’Église Saddleback a concentré ses efforts d'évangélisation seulement sur une partie de la population. Elle a visé les personnes qui avaient le plus de chance de s’identifier aux autres membres de la communauté. Rick Warren explique qu’il faut aller en priorité vers les personnes qui n’habitent pas trop loin de l'église, celles que l’on comprend, avec qui l’on est déjà en lien, avec qui l’on a des points communs et que l’on peut aider. Pour permettre la croissance, la communauté ne devrait pas chercher à être ce qu’elle n’est pas et atteindre des personnes qui lui sont trop différentes. Il vaut mieux aussi concentrer ses efforts pour rejoindre les personnes réceptives : Les Églises en croissance visent à rejoindre les personnes réceptives, les Églises qui stagnent cherchent à réintégrer les personnes qui les ont quittées[3].

Comme les Églises des pasteurs Cho et Galloway, l’Église de Rick Warren fonctionne avec une structure de groupes de maison. Les membres de sa communauté cherchent à offrir à ceux qui viennent une atmosphère d’accueil et d’amour : Les communautés qui grandissent aiment et les communautés qui aiment grandissent[4]. Ils sont spécialement ouverts et sympathiques aux personnes qui viennent pour la première fois. Warren a cherché à mettre en place un processus d’intégration des nouveaux qui permet à la fois de les fidéliser et de les impliquer dans la mission. Il le fait en offrant une formation sous forme de parcours qui amènent les nouveaux à comprendre l’importance de leur implication dans l’Église. D’autres parcours ont pour but de faire découvrir leurs talents à l’ensemble des membres afin qu’ils les mettent au service du Christ et de son Église. Ce processus est un élément central qui a contribué à sa croissance. Il explique son succès en trois mots : faire des disciples.

L’Église de Rick Warren se fixe comme but de fortifier la communauté en accueillant des nouveaux, en leur proposant de suivre des parcours qui les fidélisent et qui les forment au fur et à mesure; un peu comme un arbre qui fortifie ses propres branches au fur et à mesure qu’il grandit. Les Églises qui se donnent comme priorité d’intégrer les nouveaux et qui planifient leurs activités en fonction de cette nécessité, réussissent le mieux dit-il. Celles qui ne se préoccupent pas des nouvelles personnes ou qui ne se soucient pas de les intégrer à la communauté ne grandissent pas.

Comme Dale Galloway, Rick Warren organise aussi sa communauté afin qu’elle soit toujours plus chaleureuse et réponde aux besoins des personnes du milieu. Pour lui, une communauté ne peut pas grandir au-delà de sa capacité à répondre aux besoins des gens. C’est dans cette optique que son Église accorde une attention toute particulière au style de musique utilisé dans les célébrations. La musique est un des éléments importants qui favorise la croissance. Le genre de musique doit correspondre aux goûts des personnes qu’on cherche à rejoindre. Après le sondage qu’il effectua pour mieux connaître les personnes de son milieu, Warren a changé radicalement son style de chants et de musique. Grâce à cela, explique-t-il, en un an, leur communauté a connut une croissance exceptionnelle.

Mais il ne s’agit pas de viser seulement la croissance numérique : La vérité, dit-il, c’est que vous n’arriverez pas à croître si c’est cela votre seule préoccupation[5]. On n’a pas à s’inquiéter excessivement de la croissance, mais plutôt d’accueillir avec amour les personnes que Dieu nous envoie. Dieu fera croître la communauté au rythme qu’il voudra et aux dimensions qu’il voudra. Warren se soucie plus des personnes que des chiffres. Il est convaincu que la croissance est le résultat d’une organisation saine; si l’organisation est saine, elle va croître. Et la santé d’une organisation est une question d’équilibre.

Dans sa poursuite d'équilibre, Rick Warren développe sa communauté à cinq niveaux : 1. La communion fraternelle (fellowship); 2. La formation des disciples (DISCIPLESHIP)[6]; 3. Les célébrations liturgiques (WORSHIP); 4. Les ministères laïcs (MINISTRIES); 5. L’évangélisation[7] (ÉVANGELISM). Une stratégie est élaborée pour développer chacun de ces niveaux, la structure de l’Église est adaptée et le tout est évalué en fonction de l’excellence.

Cet article se trouve dans le livre : La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.


[1] C’est Peter Drucker, auteur de réputation mondiale en gestion, qui lui a attribué ce surnom.
[2] R. WARREN, The Purpose Driven Church : Growth without compromising your message and mission, Grand Rapids, Michigan, Zondervan Publishing House, 1995, p. 31 (notre traduction).
[3] Ibid., p. 183 (notre traduction).
[4] Ibid., p. 210 (notre traduction).
[5] Ibid., p. 48 (notre traduction).
[6] La formation des disciples se fait à travers des parcours successifs
[7] Il s’agit ici de l’annonce de l’Évangile aux personnes qui ne croient pas au Christ ou qui ne font pas partie d’une communauté chrétienne.

mardi 11 mai 2010

La croissance de l’église du pasteur Dale Galloway

Auteur: Pierre-Alain Giffard

L’église New Hope Community Church est un autre exemple de croissance ecclésiale remarquable. Son fondateur, le pasteur américain Dale Galloway, est un expert dans les groupes de maison et la formation de leaders laïcs. C’est en faisant de la prédication dans un cinéma ‘drive-in’ qu'il a démarré son église New Hope Community Church. Entre 1972 et 1995, il fit grandir le nombre de ses membres jusqu’à plus de 6000. Son église a reçu le prix du Guidepost Magazine : Meilleure église de l’année. Il est un pionnier de ce que les anglophones appellent need-meeting ministries, c’est-à-dire des pastorales d’églises dont les responsables sont des laïcs et qui fonctionnent en général sous forme de petits groupes pour rejoindre les besoins de leur milieu. Prédicateur très connu aux États-Unis, il a animé des séminaires et donné des conférences à des milliers de laïcs et ministres ordonnés. Des pasteurs du monde entier sont venus à son Institut pour la croissance des églises afin d’apprendre comment créer et animer des ministères laïcs. Quand il quitta sa fonction de pasteur en 1995, il y avait cinq cents pasteurs laïcs dans son église exerçant leur ministère dans cinq cents petits groupes de maison. Il a écrit treize livres, dont un des plus connus est 20/20 Vision (1986).

Dans son livre 20/20 Vision, Dale Galloway parle des orientations pastorales et missionnaires de sa communauté qui ont contribué à sa croissance. Dès les premières pages, il insiste, pour dire que Dieu veut la croissance numérique des églises :

Dieu veut la croissance de votre église et c’est sa volonté que vous appreniez personnellement, ainsi que vos frères chrétiens, à coopérer avec le Saint-Esprit pour que cela devienne réalité[1].

Comme le pasteur Cho, il parle aussi de l’importance de la vision. Pour lui, la vision aide à savoir pourquoi l’on agit et dans quelle direction l’on va. Il la définit comme la capacité de voir des choses alors qu’elles n’ont pas encore été réalisées[2]. Plus la vision est grande, plus l’église va devenir grande explique-t-il : Parlez-moi de votre vision et je vous prédirai votre avenir[3]. Elle est intiment reliée à la foi car, dit-il, la vision c’est voir les choses bien avant qu’elles ne se réalisent[4]. La vision vient de la capacité à visualiser les éléments de sa foi et c’est dans la communion avec l’Esprit Saint, dans la prière, que les pasteurs peuvent recevoir la vision que Dieu veut leur donner. La vision est très importante, dit-il, car avant de voir les choses se réaliser, il faut en avoir une image dans son esprit[5]. Elle demande maturation et prière, mais aussi qu’on la communique à la communauté avant même qu’elle ne soit réalisée.

Dale Galloway souhaite que la prière ait la première place dans son église. Pour lui, il est impossible qu’il y ait croissance sans prière. La vie et le développement de l’Église dépendent de l’Esprit Saint. Galloway fait donc de la prière sa priorité numéro un et souhaite que tous les membres de sa communauté aient une relation intime avec l’Esprit Saint. C’est aussi par l’amour vécu dans la communauté qu’il explique sa croissance : Le secret de notre croissance est l’amour[6]. L’amour motive, il unifie et crée une synergie. Quand les bénévoles se sentent aimés, ils veulent aider et travailler. L’amour crée l’unité, ainsi tous travaillent de concert et arrivent au succès.

Galloway estime que le pasteur doit être une personne qui montre la direction à prendre, qui sait voir les obstacles avant qu’ils n’arrivent, qui écoute les conseils et prend les décisions au bon moment. Il est un homme rempli de l’Esprit Saint qui communique le projet et l’identité de l’église. Rempli d’enthousiasme, il donne envie d’agir. Dale Galloway aime les gens, il se veut un homme de relations humaines qui dirige par l’amour et qui se mérite le droit de diriger des personnes dont il a la charge. Son rôle est de fixer des objectifs qui ont du sens et qui sont mesurables, mais il ne fait pas tout lui-même, il délègue ses responsabilités et ses tâches et s’appuie sur la motivation et les compétences de chacun. Il choisit ses employés, si possible parmi les personnes de sa communauté chrétienne car ils sont plus aptes à en saisir la vision. Il les rémunère autant que pour un emploi similaire qu’ils exerceraient ailleurs.

Dans son église, le plus grand nombre possible de membres reçoivent une formation afin d’exercer un ministère laïc. Rien n’est plus gratifiant pour les chrétiens, dit-il, que de se savoir instruments de Dieu. Comme le pasteur Cho, il a mis sur pied une structure de petits groupes qui permet l’implication active de la plupart des membres de sa communauté. Il aide les laïcs à réussir dans leur ministère, il les motive, il leur montre de l’amour et les récompense. Plus ils sont impliqués, plus ils sont récompensés.

Dale Galloway pratique aussi une évangélisation par objectifs de croissance numérique, et il insiste sur les notions de qualité et d’excellence. La poursuite de l’excellence dans la qualité des services proposés par l’église apporte le respect des non-célébrants (unchurched) et donne aux membres de l’église le sens de leur dignité. Les employés ont à être les premiers à en donner l’exemple afin que les personnes en contact avec l’église rendent gloire à Dieu. L’excellence devrait être recherchée dans toutes les activités de l’église: que ce soit la prédication, le décor, l’accueil, le système de son et d’éclairage. Elle doit aussi être poursuivie au niveau de la fraternité et de l’amour. Comme dans la grande majorité des églises évangéliques, on fait en chaire, pour les visiteurs ou les nouveaux, un appel à la conversion, à savoir une invitation à confier publiquement sa vie à Jésus et à accepter le salut[7]. Pour les personnes qui ont posé ce geste, une formation est donnée en vue du baptême et d’une alliance ou d’un engagement envers l’église.

Le pasteur accorde une grande importance aux célébrations: la musique, la prédication et même l’ambiance qu’il souhaite être celle de la fraternité et de l’amour inconditionnel : faites de toutes les célébrations un temps de réjouissance, conseille-t-il. Les célébrations visent à faire rencontrer Jésus et à faire advenir des miracles. Le pasteur estime que la chorale, la musique, les chants, la prédication, la prière, la fraternité aident à élever le cœur et font aimer Dieu. Il souhaite que les gens qui viennent à l’église aient l’impression « qu’il va se passer quelque chose » et que de fait cela se réalise. On pratique l’imposition des mains pour les besoins des membres.

Dans la mise sur pied des activités locales, un de ses principes est de répondre aux besoins du milieu, de soulager et de guérir les souffrances qui s’y trouvent : Trouvez un besoin et répondez-y, trouvez une blessure et guérissez là[8]. Il dit que les pasteurs devraient avoir un cœur de pionnier et d’entrepreneur. Il faut construire peu à peu, c’est-à-dire ajouter de nouvelles activités selon les capacités de la communauté. La communauté doit construire sur ses forces, mais aussi avoir le courage de regarder ses points faibles afin d’y remédier.

La stratégie idéale est l’innovation dans les activités ecclésiales et l’adaptation au milieu. Il souhaite ne jamais se laisser emprisonner dans une culture d’église ou des façons de faire qui ne sont plus pertinentes dans le temps présent et la culture actuelle. Il utilise le potentiel humain et matériel de l'église au maximum. Il assure une bonne accessibilité à l'édifice avec suffisamment d’espace de parking. Lorsque le lieu de culte est trop rempli, il préfère multiplier les services religieux que de se lancer trop tôt dans une nouvelle construction.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.






[1] D. GALLOWAY, 20/20Vision, Portland, Scott Publishing, 1986, p.9 (notre traduction).


[2] Ibid., p.24 (notre traduction).


[3] Ibid., p.32 (notre traduction).


[4] Ibid., p.29 (notre traduction).


[5] Ibid., p.34 (notre traduction).


[6] Ibid., p. 74 (notre traduction).


[7] Dans les églises évangéliques, cette démarche pastorale est courante, on peut même dire qu’elle fait partie du rituel. Les prédicateurs, après leur enseignement, exhortent les auditeurs qui s’y sentent interpellés à s’avancer face à l’autel et à répéter une prière de repentir. C’est une démarche de conversion initiale ou de renouvellement pour « recevoir Jésus » et accepter son salut.

LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE