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mercredi 15 juillet 2020

Qu’est-ce que l’évangélisation et dans quel esprit la pratiquer?

Auteur: Pierre-Alain Giffard 


Introduction 

Dans le monde occidental, on peut constater qu’un grand nombre de chrétiens ne partagent pas leur foi avec les autres. Beaucoup perçoivent ceal comme du prosélytisme et ne veulent pas s’y engager.

Pourtant la mission de l'Église est d'évangéliser. Le Christ lui-même a été envoyé par le Père "pour évangéliser les pauvres... guérir les cœurs brisés" (Lc 4, 18), "chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 10).

L’annonce de la foi révèle à l'humanité sa fin transcendante et le sens ultime de la vie. Et dès les premiers temps du christianisme, la diffusion de la foi apparaît clairement comme l’action de 
tous les chrétiens.

Aujourd'hui, on se retrouve devant un dilemme : on est bien d’accord qu’il faut évangéliser pour transmettre la foi mais on ne sait pas bien ce que cela signifie, ni comment s’y prendre.


1. Évangéliser : Qu’est-ce que cela signifie? 

Commençons par dire que l'essence du christianisme est le Christ - non pas une doctrine, mais une personne. Évangéliser, c'est conduire à l'amitié avec le Christ, à la communion d'amour avec Celui qui veut être accueilli pour ce qu’il est : Sauveur et Seigneur.

Évangéliser, explique Robert Schreiter, c’est vivre avec les autres, dialoguer, et dans cette vie ensemble donner ce que l’on est et ce que l’on a… et même la Parole de Dieu [1].

Évangéliser, c’est porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux, la proposer par différents moyens et par son effet, transformer du dedans, rendre neuve, l’humanité elle-même [2].

Évangéliser, c'est annoncer à tous et à toutes la bonne nouvelle du salut, c’est engendrer par le baptême de nouvelles créatures dans le Christ et les éduquer à vivre en fils de Dieu [3].

L’évangélisation est la raison pour laquelle l’Église existe. Quand elle « a conscience de ce que le Seigneur veut qu’elle soit, il surgit en elle une singulière plénitude et un besoin d’expansion, avec la claire conscience d’une mission qui la dépasse et d’une nouvelle à répandre [4] ».

En fait, annoncer l’Évangile est plus que l’annonce d’une bonne nouvelle, c’est une puissance de salut (Rom 1,16) qui transforme et qui conduit l’humanité à la vie éternelle. Dieu veut « que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1Tim 2,4). Il veut que les hommes et les femmes profitent de son amour sachant que leur bien ultime se trouve en Lui. Il n’a pas donné son Fils pour le plaisir de faire un spectacle à la création, c'était pour sauver l’humanité. En lui se trouve une seule volonté de miséricorde pour tous ses enfants, enfants qu’il appelle par amour.

Proclamer la Parole, l’annoncer ou la partager avec d’autres, c’est semer des graines d’espérance, de paix, de justice et d’amour qui germeront dans les cœurs des personnes qui écoutent et qui produiront des fruits de justice pour l’humanité. L’évangélisation combat le désespoir, la haine et les maladies du monde. En continuant la mission du Christ nous sommes une bénédiction pour les personnes qui nous entourent et nous créons aussi un monde meilleur.

Enfin, évangéliser c’est ramener à l’Église les brebis égarées et blessées car il n'est pas une seule plaie que ne puisse soigner l'Église, elle qui possède le témoignage des Écritures, de l'Ancien et du Nouveau Testament. C’est l’Église qui engendre à la foi. Par elle, nous pouvons nous unir au Christ à l’aide des sacrements que Dieu a mis à notre disposition, pour nous réconcilier avec Lui et nous communiquer la Vie.


2. Dans quel esprit évangéliser ? 

Annonce, témoignages, enseignements, liturgies, amour du prochain sont tous des chemins et des moyens pour la transmission de l’Évangile. Le décret Ad Gentes du Concile Vatican II explique clairement le processus d'évangélisation : témoignage chrétien, dialogue et présence de la charité, annonce de l'Évangile et appel à la conversion, catéchuménat et initiation chrétienne, formation de la communauté chrétienne par le moyen des sacrements et des ministères. 

Mais rappelons-nous que si Dieu nous appelle à annoncer sa Parole, il n’est pas un Dieu qui cherche à s'imposer; il poursuit plutôt toute l'humanité par son amour. Il ne cherche pas à endoctriner, il n’est pas un théologien qui vient sauver. À son image, nous ne devrions donc pas chercher à évangéliser par la connaissance d’une doctrine mais plutôt en mettant en pratique cette doctrine… c’est-à-dire en aimant… tout simplement… 

La vérité ne s'impose pas, mais elle se propose par la foi; elle ne s'impose pas par le nombre, car ils n'étaient que deux au pied de la croix; elle ne s'impose pas par la grandeur, mais par le service; elle ne s'impose pas par la science, mais par le respect de ceux qui ont une foi moins éclairée. La charité est bien plus forte que la science. 

Oui, le Seigneur a besoin de nous, mais sa bannière c'est l'amour. C'est par l'amour que le monde est sanctifié, c'est par l'amour et le respect que les hommes et les femmes sont arrachés de leur vaines habitudes, et par un intérêt sincère aux personnes que l’Esprit se fait connaitre à eux. 

Si nous voulons montrer que nous connaissons Dieu alors montrons que nous aimons nos frères et sœur comme nous-mêmes. Hâtons-nous de nous réconcilier avec les autres. Servons la présence du Christ dans les autres. Nous n’avons pas à juger : la justice, Dieu la remettra à son fils lors du jugement, il ne nous appartient pas de juger.

Comme le Christ, nous avons plutôt à avoir pitié de la multitude et à chercher la paix en toutes choses. Nous voyons des besoins…allons et semons; semons sur la pierre, semons, semons sur le bord du chemin, semons, semons, il y a un petit coin de terre qui attend de recevoir la Parole. La semence va pousser et le Royaume va se révéler; mais il est là! Marchons avec foi… le Royaume est là. 

L’évangélisation n’est pas une œuvre humaine, c’est une œuvre divine. Nous ne sommes que les serviteurs de cette œuvre que nous ne pouvons réaliser qu’unis à l’Esprit (Jn 15,5). En cherchant à partager la Parole, nous devrions donc recourir à la prière en toute circonstance pour savoir où est l’action de Sa grâce. Dieu désire que vous œuvrions près de lui, mais surtout que vous œuvrions avec lui, avec son Esprit : l'Esprit et la Parole témoigneront comme il nous a été promis. En priant avec foi, il peut nous répondre sur le champ, écoutons ce que dit notre cœur… 

Allons, marchons, faisons naître Jésus dans les cœurs par la vertu de l’Esprit Saint; des grains vont mourir, mais des arbres vont pousser. A l'imminence de l'irruption du Royaume de Dieu dans la vie d’une personne que nous côtoyons, demandons l'impossible, demandons la Vie. Le Royaume est au milieu de nous, il n’attend de nous qu’un peu de foi afin de se manifester davantage.


3. Conclusion 

Nous voyons donc que l’évangélisation, pratiquée dans l'esprit ci-dessus, n’a rien avoir avec du prosélytisme. En effet, il ne s’agit pas de déployer des efforts pour recruter de nouveaux adeptes. Il ne s’agit pas non plus d’imposer ses idées ou d’endoctriner qui que ce soit. Il s’agit plutôt d’avoir du zèle et de la charité pour faire connaître l’amour de Dieu par toute notre vie. Oui, l'Esprit nous pousse à agir, il nous pousse à répandre sa paix, il nous pousse à répandre la Parole. 

Dieu nous demande de l’aimer et de nous aimer les uns les autres. Et cet amour nous conduit à partager aussi ce que nous avons de plus précieux, c’est-à-dire notre foi et notre relation avec le Christ. Loin de nous la crainte du jugement des hommes et la volonté d'adopter des comportements conformistes par crainte de choquer, de déplaire, du qu'en-dira-t-on. 

Pour être les messagers de la Parole, nous devons assurer nos propres fondations en étant nous-mêmes unis au Christ de toutes les manières, de toutes les façons, à l’aide des sacrements qu’il a mis à notre disposition, pour nous réconcilier avec lui et nous communiquer la Vie. Nous ne devons plus être sourds aux souffrances que nous voyons autour de nous.

Et plus nous sommes démunis face à la mission spirituelle qui est celle de tout baptisé; mission qui est de répandre vie et paix au nom du Christ Jésus; et bien toutes ces détresses, ces angoisses, toutes ces blessures que nous remarquerons et que nous épouserons alors que vous nous nous approchons de celui qui souffre, de notre frère, de celui qui dans le moment de Dieu, qui est le moment présent…. plus nous sommes démunis, plus Dieu agira avec puissance. C’est la loi de la mort de la résurrection. 

N’ayons donc plus peur. Dans une attitude de service, approchons-nous de ceux et celles qui souffrent, prenons la dernière place et que notre seule munition soit l'héritage que nous espérons recevoir. Que notre seule munition soit l'impératif de cette mission que par la foi nous pouvons accomplir, mission de répandre vie partout où nous voyons la mort. 



[1] Cf. « Partager les charismes et les spiritualités ». Conférence du P. Robert Schreiter dans La documentation catholique, 16 janvier 2000, N° 2218, p. 75.
[2] Cf. Pape Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, # 18.
[3] Sacrée Congrégation pour l'Éducation Catholique, L’école catholique, 1977, # 7.
[4] Pape Paul VI, Lettre Encyclique Ecclesiam Suam, # 66.

lundi 20 octobre 2008

Comment vivre la transition vers les petits groupes


Cet article du pasteur Dale Galloway a été traduit et publié dans le journal Ressources spirituelles, n.14, Hiver 2006. Dale Galloway est le pasteur fondateur de l’Église "New Hope Community Church". À sa retraite, il y avait 500 groupes de maison dans son Église, tous animés par des laïcs. Prédicateur très connu, il a donné des centaines de conférences sur la formation des leaders laïcs et la croissance de l’Église. Il est titulaire d’un doctorat en théologie et fut aussi le doyen du Beeson International Center for Biblical Preaching and Church Leadership au Séminaire théologique de Asbury à Wilmore aux États-Unis. J’ai édité et parfois largement paraphrasé le texte pour en améliorer la traduction et la lecture.

Pendant trente ans, j’ai observé la puissance de l’Esprit Saint à l’œuvre dans des petits groupes où les membres prennent soin des uns des autres et sont ouverts sur le monde. Dans l’église New Hope Community située dans la ville de Portland dans l’Oregon, nous avions un réseau de 500 petits groupes, tous animés par des laïcs.

Une structure de petits groupes permet en quelque sorte un retour à l’Église primitive. Les groupes peuvent prendre bien des formes : il y en a dont les membres se rassemblent autour d’un thème particulier, d’autres sont des groupes de travail ou des groupes de suivi d’évènements ou encore des groupes qui se réunissent selon le principe d’homogénéité (jeunes avec jeunes, hommes avec homme, etc.). (…) Les petits groupes ne sauraient être une option si l’on souhaite que les membres de son Église soient accompagnés, nourris et formés en vue de la mission.

Je présente ci-dessous 14 principes qui permettent de vivre la transition vers des petits groupes. Ceux-ci ont été testés avec succès dans des centaines d’Églises.

1. Partagez votre vision avec les responsables-clé

Il s’agit de mettre au clair pourquoi vous voulez créer des petits groupes et ce que vous espérez voir Dieu faire à travers ceux-ci. Pensez à quels besoins ces groupes répondront, dans votre église et dans votre milieu ?

Puis communiquez la vision des petits groupes avec vos responsables. Faites-le par des témoignages ou en faisant référence à des livres que vous avez lus. Vous pouvez aussi leur parler de conférences auxquelles ils pourraient participer.

En communiquant votre vision et en parlant d’abord à vos responsables, vous mettrez de votre côté les membres influents de votre Église. Comme le disait Lyle Schaller, ils deviendront « vos alliés pour introduire un changement planifié ».

2. Respectez et honorez l’histoire et les traditions de votre Église

Peut-être que des petits groupes ont déjà existé dans votre Église. Si tel est le cas, faites le lien entre le nouveau projet de petits groupes et ce qui s’est fait dans le passé. Entrez dans le futur en vous appuyant sur le passé.

Il faudra même peut-être commencer avec un groupe de personnes entièrement nouvelles. C’est ce que j’ai fait quand j’étais pasteur d’une Église plutôt traditionnelle dans le Kansas. Au début, j’avais beaucoup de mal à intéresser les membres de l’église aux petits groupes parce qu’ils avaient vécu depuis si longtemps avec seul modèle : celui de la réunion de prière au milieu de la semaine. J’ai donc opté pour le démarrage d’une étude biblique d’évangélisation avec quelques hommes d’affaires.

Quelques-uns se sont ouverts au Christ et l’ont accueilli dans leur vie. Certains commencèrent alors à venir à l’église. C’est de ce groupe de « nouveaux » qu’a émergé la plupart de mes futurs leaders. Leurs réseaux de contact à amené encore plus de nouveaux et ceux-ci ont permis la création d’un groupe de quartier, d’un groupe de femmes, d’un groupe de couples mariés et d’autres groupes qui se réunissaient autour d’un besoin spécifique ou d’une tranche d’âge particulière. Dans ce processus, j’ai laissé en place la façon de faire des membres plus anciens, tout en permettant une nouvelle croissance autour d’eux un peu comme le tronc d’un arbre qui grandit par couches.

Pour amener des personnes nouvelles à l’Église, pensez à cette analogie de la croissance de l’arbre : commencez avec les personnes qui gravitent autour de l’Église (…).

3. Faites l’inventaire des groupes, des ressources et des opportunités dont vous disposez déjà

Existe-t-il déjà dans votre église des petits groupes, que ce soit des femmes qui se rassemblent pour prier, des jeunes qui se réunissent pour partager et planifier les activités jeunesse, un groupe de maison, un groupe d’étude biblique ? Si tel est le cas, partez de la tout en sachant d’améliorer ces groupes.

Aussi veillez à ne débuter de nouveaux groupes que lorsque vous avez des responsables réellement prêts. Bien des gens ne sont peut-être pas doués pour l’enseignement, mais peuvent être d’excellents animateurs de groupes. Formez-les et ils sauront multiplier des petits groupes.

Ne vous fixez pas pour objectif de créer des groupes qui ressemblent à des salles de classe, c’est-à-dire dont le but est simplement de transmettre du contenu. Pour bien fonctionner, les petits groupes doivent avant tout permettre la communication et la communion entre les membres.

4. Travaillez avec vos membres, là où ils en sont

Les petits groupes se réunissent en général autour d’un intérêt ou d’un besoin commun. Le pasteur doit savoir reconnaître ces derniers et les mettre en lumière. Un pasteur que je connais a patiemment travaillé avec les veufs de son église et leur a tout simplement dit : « Allez trouver des amis. » Un petit groupe est ainsi né et ses emebres considèrent maintenant leur rencontre comme le moment le plus important de la semaine. Il faut savoir adapter la manière de fonctionner du groupe en fonction de qui en fait partie. Les jeunes adultes aiment le côté du partage et le relationnel tandis que les aînés redoutent parfois d’être contraints de partager avec les autres.

5. Planifiez en vue du but que vous voulez voir les petits groupes atteindre d’ici cinq ans

Quel pourcentage des membres de l’Église voulez-vous voir dans des petits groupes ? Combien de nouveaux extérieurs à l’église pensez-vous que ces groupes soient capables d’intégrer chaque année ? De combien de responsables de groupes aurez-vous besoin d’ici six mois ? Combien d’assistants ? Quel genre impact aimeriez-vous avoir auprès des gens du dehors ? Dans la prière, fixez-vous des objectifs qui stimulent votre foi et que seule l’intervention divine permettra d’atteindre.

6. Subdivisez l’atteinte de votre objectif en plusieurs étapes réalisables

Plus vous verrez clairement comment aller d’où vous êtes à l’objectif fixé, plus vous serez en mesure de diriger votre assemblée dans la transition vers des petits groupes

À l’Église New Hope Community, nous parlions constamment de notre désir d’atteindre les milliers d’habitants de notre ville qui ne sont pas chrétiens. Notre vision était certes stimulante, mais elle n’était pas assez spécifique pour que les gens puissent dire : « ça, je peux le faire ! » Vous serez étonné de voir tout ce dont votre Église est capable quand vous donnez les objectifs précis concrets, et réalisables.

7. Mettez par écrit ce que vous allez faire dans les trois mois qui viennent

Soyez spécifique. Quelles étapes devez-vous franchir pour permettre la mise sur pied des petits groupes dans votre Église ? Considérez les pistes suivantes :

• Prêchez sur le thème du Nouveau Testament « les uns les autres ».

• Enseignez vos responsables sur la vie de l’Église.

• Amenez vos responsables-clé à une conférence sur les petits groupes.

• Diffusez des témoignages de vies touchées par les petits groupes à la fois dans le bulletin et les autres moyens de communication de votre église.

8. Allez de l’avant sans crainte

Ne communiquez pas que vous allez vous débarrasser de telle ou telle activité. Évitez la phrase : « Nous allons supprimer… », mieux vaut dire : « Nous allons offrir une nouvelle activité… ».

Après avoir participé à un séminaire, un pasteur californien décida de démarrer des groupes centrés sur la compassion et le soin des autres. Il commença par encourager des groupes d’étude biblique à prendre cette nouvelle direction. La moitié d’entre eux embarquèrent.

9. Commencez par créer un ou plusieurs « groupes pilotes »

C’est peut-être le plus important des 14 principes pour une transition vers des petits groupes. J’ai aidé des centaines d’Églises à démarrer des petits groupes en expliquant qu’il fallait commencer par un groupe pilote. Je recommande un groupe pilote par centaine de membres. Au bout de quatre ou cinq mois, vous pouvez répartir les membres de ce groupe dans les nouveaux groupes que vous lancerez. Mettez en place un groupe pilote qui fonctionne bien avant de parler des groupes de maisons à l’ensemble de la communauté.

Un pasteur au Canada qui avait vingt personnes dans son église m’a demandé s’il pouvait commencer de petits groupes. Je lui ai lancé le défi d’en débuter deux lui-même et de commencer à former des leaders de groupes. En quinze mois, il avait six groupes pour un total de soixante personnes.

10. Prenez le temps d’opérer les changements de façon progressive

J’ai entendu l’histoire d’un pasteur qui, dans les tout premiers mois de son pastorat en Alaska, mit le piano de l’autre côté de l’estrade près de l’orgue. Des membres firent alors remarquer que la plaque commémorative en l’honneur d’un certain grand-père, à qui il semblait que toute l’Église était apparentée, n’était plus visible. Ils lui demandèrent de remettre le piano à sa place initiale, ce qu’il refusa. La friction alla en augmentant, jusqu’au jour où le pasteur dut quitter l’église.

Cinq ans plus tard, il y est retourné pour un mariage. Il remarqua que le piano avait été déplacé et mis près de l’orgue. « Comment as-tu fait pour les convaincre ? » demanda-t-il au pasteur. « Je n’en ai rien fait. Mais chaque semaine, depuis cinq ans, je l’ai déplacé de 2 cm… ».

Ce leader avait compris comment introduire des changements. Faites ce que vous pouvez, avec ce que vous avez, là où vous êtes.

11. Restez flexible dans le fonctionnement de vos petits groupes

Le principe de la flexibilité est la plus grande différence entre les pays orientaux ou africains et les États-Unis. Si vous encouragez la diversité quant à la forme des groupes, aux endroits où ont lieux les rencontres, aux jours et heures où ils se réunissent vous aurez d’autant plus de groupes.

12. Gagnez les gens à la cause des petits groupes par… l’amour

Une de mes histoires préférées est celle d’un garçon handicapé qui renversa un étalage de chaussures dans un grand magasin. Le gérant s’emporta, exigeant qu’il ramasse tout. Le garçon ne bougea pas. Puis sa soeur aînée s’est baissée et a commencé à ranger les chaussures. Le garçon finit par l’aider. Quand toutes les chaussures furent remises en place, elle se tourna vers le gérant et lui dit : « Monsieur, il n’y a que par l’amour que vous pouvez le convaincre ! ».

Plutôt que d’assigner les gens à tel ou tel groupe, aidez-les plutôt à s’y connecter. Encouragez-les à essayer un groupe. Soyez vous-même un exemple en participant avec joie à l’un d’entre eux.

13. Développez une équipe de responsables convaincus de l’utilité des petits groupes


Travaillez à amener toute votre équipe pastorale et vos responsables à se concentrer sur le développement des petits groupes et la formation des leaders. Avec le temps, vous pourrez ainsi constituer une équipe de partenaires qui construiront leur ministère autour des petits groupes.

En 1984, l’Église New Hope avait cinquante groupes. J’ai failli commettre une grosse erreur. Je me suis mis à chercher un pasteur qui serait responsable des petits groupes. Si je l’avais fait, nos petits groupes seraient devenus un autre ministère parmi d’autres. Au lieu de cela, j’ai formé mon équipe en vue de travailler avec ces petits groupes. De cette façon, le suivi et l’évangélisation continuèrent de se développer et les membres de l’église se multiplièrent.

14. Donnez la priorité à la prière et à la personne de l’Esprit Saint

Selon Ralph Neighbour, dix-neuf des vingt plus grandes Églises évangéliques du monde ont des petits groupes se réunissant dans les maisons ou dans les locaux de l’église et qui ont avec une forte emphase sur la prière et l’Esprit Saint.

La croissance de l’Église du pasteur Cho en Corée du Sud, qui a grandi jusqu’à 800 000 membres, n’est pas dû au hasard. L’Église bien plus qu’un système ou une organisation, elle a pour caractéristique une grande dépendance vis-à-vis de l’Esprit Saint et met beaucoup d’emphase sur la prière.

En résumé

J’ai entendu le missionnaire E. Stanley Jones dire un jour : « Dans un petit groupe, chacun devient un enseignant, et chacun est enseigné ». J’oserai dire que le principe qui caractérise les groupes en bonne santé est encore plus dynamique : dans un petit groupe, chacun apprend à prendre soin des autres, et à être à recevoir soutien et aide des autres.

Même les petites Églises peuvent aller au-delà d’un seul petit groupe pour en former plusieurs. Pour les grandes églises les petits groupes aident grandement à accompagner tous les fidèles.

Les petits groupes peuvent aider n’importe quelle église à dépasser les limites que lui imposent l’espace et le temps. À quelle heure du jour pouvez-vous réunir tout le monde ? Aucune. Avec de petits groupes, votre Église peut passer à un tout autre niveau d’évangélisation et de formation des disciples.

Le petit groupe est le lieu par excellence ou le sacerdoce universel des croyants peut le mieux devenir réalité.

LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE