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dimanche 19 avril 2020

Comment évangélisent les Églises qui grandissent?


Auteur: Pierre-Alain Giffard

Les Églises qui font des disciples donnent la priorité à l'évangélisation. Elles comprennent l'évangélisation comme une invitation à recevoir le Christ comme Seigneur et Sauveur et à devenir membres de son Corps, l'Église.

Les Églises en croissance évangélisent de différentes manières 

1. Par l’annonce missionnaire : Les Églises en croissance invitent les personnes évangélisées à faire un choix, à prendre une décision libre et éclairée en réponse au Christ qui les appelle à la conversion et au salut : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai, chez lui » (Ap 3,20). S’engager dans l’annonce missionnaire, c’est chercher à susciter une réponse de foi chez les personnes évangélisées et à les faire cheminer vers une relation d’amour et de confiance avec le Christ. L’annonce missionnaire se réalise lorsque des hommes et des femmes accueillent Jésus comme Sauveur et Seigneur et se font baptiser (2Pi 3,18 ; Jn 3, 5).

2. Par des relations existantes : Cette manière d’évangéliser met les gens en contact avec l’Église et le message du Christ grâce aux réseaux relationnels des chrétiens (famille, amis, collègues de travail, voisins, etc.). À l’image de l’apôtre André qui conduit son frère, Simon Pierre, à Jésus (Jn, 1,42), les chrétiens invitent les personnes qu’elles connaissent déjà à mieux connaître le Christ et à répondre à son appel. Ceux et celles qui sont rejoint ainsi ont tendance à être plus ouverts à une invitation car elle vient de personnes qu’elles connaissent et en qui elles ont confiance.

3. Par le service et l’amitié : « Dieu ne croit pas un mot de ce que nous disons mais croit ce que nous faisons ». Et de la même manière, « les gens ne se soucient pas de ce que nous savons tant qu’ils ne voient à quel point nous nous soucions d’eux ». Il s’agit d’évangéliser avec amour et pour l’amour. Par l’entraide et le service des personnes qui les entourent, les chrétiens créent de nouveaux liens d’amitié et prouvent ainsi leur souci des autres. Ils se greffent dans leur environnement par la charité et deviennent des personnes significatives dans la vie des personnes qu’ils fréquentent. Mais le service en soit ne suffit pas, les gens ont aussi besoin d’entendre l’Évangile pour pouvoir y répondre.

4. Par des petits groupes d’évangélisation : Pour évangéliser, il est certes important de garder les portes d’entrée de l’église grandes ouvertes mais aussi de créer de nombreuses portes latérales. Les portes d’entrée des Églises missionnaires sont les célébrations dominicales et les portes latérales sont des petits groupes d’évangélisation. Ce genre de petit rassemblement est particulièrement adapté pour témoigner de sa foi envers les personnes présentes. Le but premier de ces groupes n’est pas tant la fraternité, la prière ou l’étude de la Bible mais plutôt d’y inviter et d’y accueillir de nouvelles personnes pour leur faire entendre la bonne nouvelle.

5. Par les charismes (Mc 11,24) : Cette forme d’évangélisation s’appuie sur la puissance de l’Esprit qui confirme la Parole par des signes et des prodiges (Mc 16,20). Les évangélisateurs cherchent à répondre aux besoins de guérison et de libération des personnes évangélisées en priant pour elles avec foi (Lc 17,6). Comme dans le livre des Actes des Apôtres et tel qu’expliqué dans l’épître aux Corinthiens, la manifestation des charismes est au service de l’évangélisation (1 Corinthiens 14).

6. Par priorité : L’une des raisons qui explique la croissance des Églises se trouve dans leurs efforts à répondre en priorité aux besoins des personnes de leur entourage qui passent par des étapes importantes ou difficiles dans leur vie : que ce soit le mariage, la naissance d’un enfant, un changement d’emploi, un congédiement ou une faillite, la maladie, un décès d’un membre de sa famille ou d’un ami, un déménagement, l’emprisonnement. Ce faisant, ces Églises mettent en pratique l’Évangile de Matthieu au chapitre 25 (versets 31 à 46). Les personnes qui vivent ce genre de transitions ou d’épreuves sont plus réceptives à l’Évangile. Les personnes réceptives sont aussi souvent celles qui nous sont proches et avec qui nous avons des relations de confiance: nos amis, parents, collègues et voisins.

7. Par l’expérience dominicale : Lorsqu’une personne est invitée pour la première fois à l’église, il est important que sa première impression soit bonne… particulièrement si on souhaite que celle-ci revienne ! Pour une personne nouvelle, une bonne expérience dominicale se fait principalement à quatre niveaux : la chaleur de l’accueil, la qualité et la beauté des chants et de la musique, des homélies inspirées qui montrent le chemin du salut et qui font le lien avec la vie de tous les jours et enfin une présence tangible de l’Esprit Saint.

8. Par le suivi : Les églises sont trop souvent comme des sachets de thé. À l’image de l’eau qui traverse le sachet, les visiteurs entrent par la porte d’entrée et sortent par la porte arrière comme si rien n’était. Une église devrait plutôt être comme une éponge qui absorbe et retient les visiteurs et les personnes invitées. Le suivi devrait se faire sans tarder après une première visite par l’envoi de courriels ou d’un coup de téléphone par la secrétaire de la paroisse, par le pasteur ou un paroissien.

9. Par intégration : Le processus d’intégration des nouveaux dans l’Église peut être vu comme faisant partie d’une étape après la conversion. Mais en fait, il est impératif d’intégrer rapidement à l'Église les personnes que l’on évangélise dans les relations d’amitié des paroissiens. En effet la vie chrétienne n'est pas une vie solitaire et les personnes qui viennent depuis peu à l’Église cherchent aussi à créer des liens. Lorsqu’une Église n'arrive pas à intégrer des personnes nouvelles en favorisant la création de liens d’amitiés, son développement est compromis.

10. Par des activités et des évènements pour les personnes en recherche : Les Église en croissance mettent sur pied des évènements et des célébrations pour personnes en recherche où les personnes invitées ont l’occasion d’entendre le kérygme et de faire un acte de foi en Jésus sauveur. Ces événements peuvent avoir lieu durant les temps forts de l’année, à Noël ou à Pâques. Ils comprennent en général les éléments classiques d’une célébration (homélie, chant, prière, offrande) mais sont façonnés en un style contemporain et informel : Les personnes peuvent venir, écouter et partir sans se demander quand s’asseoir, se tenir debout, s’agenouiller ou donner de leur argent. On leur donne le temps de permettre à l’Esprit de travailler en elles et de décider sans pressions si elles veulent devenir des disciples de Jésus.

11. Par étapes : Cette forme d’évangélisation cherche à comprendre où en est chaque personne dans son cheminement de conversion et à la faire progresser vers la prochaine étape. De la foi en l’existence de Dieu jusqu’à la conversion, il y a souvent toute une série de marche à franchir.


12. Par une approche intégrale : Cette approche adopte une vision intégrale de l’évangélisation. Elle implique l’ensemble des ministères paroissiaux et des activités de l’Église dans le but de rejoindre ceux et celles qui ne connaissent pas le Christ : de la prière, à l’accueil, au suivi, à l’intégration dans l’Église, aux homélies, au genre de musique, au baptême, au discernement des dons, à l’implication dans des ministères et à la formation au leadership.

Il y a d’autres approches utilisées par les Églises qui grandissent. Celles-ci ne sont pas forcément pour tout le monde, mais il est quand même important de les mentionner :

13. Par les médias : Les moyens modernes de communication et de publicité permettent d’annoncer la Bonne Nouvelle. Ils comprennent a) les bus, b) vidéos, c) mp3, d) blogues (e) journaux, (f) bulletins d’information, g) annonces radio, h) télévision, (i) panneaux d’affichage (j) appels téléphoniques et (k) Facebook / Twitter / Instagram / TikTok.

14. Par invitation : Cette approche consiste simplement à inviter des personnes à la porte de l’église pour qu’elles y entrent et entendent l’Évangile.

15. Par un service de bus : Cette pratique demande de mettre sur pied un service de bus pour inviter les gens le long de la route à venir à une école du dimanche. C’est plus qu’un service de bus pour conduire les chrétiens à l’église, c’est une évangélisation intentionnelle en vue d’inviter de nouvelles personnes à connaitre le Christ.

16. Par du porte-à-porte : Ce n’est ni une méthode pour tout le monde ni une approche qui fait l’unanimité dans l’Église. Pourtant ceux et celles qui la défendent disent qu’elle permet aux chrétiens de rencontrer des gens dans le confort de leur maison et les prédispose ainsi à accepter la parole de Dieu.

Les Églises en croissance se servent de différentes approches d’évangélisation. Cette liste n’est pas exhaustive et il n’y pas de chemin unique. Les Églises qui souhaitent effectuer un virage missionnaire peuvent s’inspirer des différentes pratiques décrites ci-dessus. Elles peuvent choisir celles qui leur convient le mieux et qui portent du fruit dans leur contexte.

vendredi 27 mars 2020

L'annonce missionnaire et la prière du pécheur: une perspective catholique

Auteur: Pierre-Alain Giffard

(Article publié dans Theoforum 48 (2018), pp. 309-319 doi: 10.2143/TF.48.1.3286640)

RÉSUMÉ  : Cet article traite de l’annonce missionnaire et se penche sur une pratique des Églises évangéliques qui invite les non-croyants et les personnes qui vivent dans l’indifférence religieuse à accepter Jésus comme Seigneur et Sauveur. La première partie explique ce qu’est l’annonce mis-sionnaire et comment une invocation appelée la prière du pécheur est utilisée dans les Églises évangéliques pour aider les nouveaux croyants à exprimer leur foi et leur désir de salut. La deuxième partie met en lumière l’importance du repentir dans cette démarche de conversion. La troisième partie explore ce que devrait être le contenu de l’annonce kérygmatique pour conduire à une conversion authentique. À la suite de ces réflexions, il est alors proposé une nouvelle version de la prière du pécheur. Il est aussi rappelé l’importance de voir la conversion initiale comme une première étape sur le chemin de la conversion continue. Et finalement l’article conclut en disant que la proclamation missionnaire devrait être vue et pratiquée selon 4 composantes essentielles.


Introduction

Le concile Vatican II a été l’occasion, pour l’Église catholique, de réfléchir sur sa théologie missionnaire et a permis, entre autres, la promulgation du décret conciliaire Ad gentes. Depuis le concile, les responsables ecclésiaux exhortent continuellement l’ensemble des catholiques à annoncer l’Évangile1. Le pape Jean-Paul II, dans l’encyclique Redemptoris missio, proclame «  l’urgence de l’annonce missionnaire  » disant qu’elle constitue dans le monde actuel «  le premier service que l’Église peut rendre à tout homme et à l’humanité entière  »2. Il exhorte tous les membres de l’Église à engager toutes leurs forces dans la nouvelle évangélisation  : «  Aucun de ceux qui croient au Christ, aucune institution de l’Église ne peut se soustraire à ce devoir suprême  : annoncer le Christ à tous les peuples  »3. La tâche d’évangéliser, écrit-il, «  concerne tous les chrétiens, tous les diocèses et toutes les paroisses, toutes les institutions et toutes les associations ecclésiales  »4.

Les deux papes qui ont continué d’inciter les fidèles dans le même sens  : L’Église dans son ensemble, écrivait le pape Benoît XVI, doit «  se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude  »5. Le pape François, pour sa part, s’exprime ainsi  : «  Chaque baptisé est ‘un christophore’, c’est-à-dire porteur du Christ, comme disaient les Pères anciens. Celui qui a rencontré le Christ, comme la Samaritaine du puits, ne peut pas garder pour lui cette expérience  »6.

De fait, la plupart des catholiques perçoivent l’importance de transmettre leur foi mais, dans la pratique, ils ne savent pas comment le faire  : comment proclamer l’amour de Dieu révélé dans les Évangiles  ? Comment inviter quelqu’un à devenir disciple du Christ  ? Pour plusieurs paroissiens, l’invitation à évangéliser suscite des questions et des inquiétudes  : qu’est-ce que cela veut dire  ? Va-t-on nous demander de faire du porte-à-porte  ?

C’est au cœur de ces interrogations que cet article réfléchit sur l’annonce missionnaire et particulièrement sur une pratique des Églises évangéliques qui invite les personnes évangélisées à accepter Jésus comme Seigneur et Sauveur. La première partie explique ce qu’est l’annonce missionnaire, notamment dans sa dimension d’annonce kérygmatique et comment une invocation appelée la prière du pécheur peut être utilisée pour aider les nouveaux croyants à exprimer leur foi et leur désir de salut. La deuxième partie met en lumière l’importance du repentir dans cette démarche de conversion et la troisième partie explore ce que devrait contenir le message de l’annonce missionnaire pour que celui-ci conduise à une conversion authentique. À la suite de ces réflexions, il est alors proposé une nouvelle version de la prière du pécheur. Il est aussi rappelé l’importance de voir la conversion initiale comme une première étape sur le chemin de la conversion continue. Et finalement l’article conclut en disant que la proclamation missionnaire devrait être vue et pratiquée selon 4 composantes essentielles.


1.  L’annonce missionnaire et la prière du pécheur

L’annonce missionnaire, parfois appelée première annonce, est cette partie de l’évangélisation qui vise à conduire des personnes au Christ. Elle s’exerce par le témoignage et la proclamation kérygmatique7. Elle invite à la conversion initiale, c’est à dire à la repentance et à la confession du salut en Jésus Christ8. Elle est un appel aux non-croyants et à ceux et celles qui vivent dans l’indifférence religieuse9.

S’engager dans l’annonce missionnaire, c’est chercher à susciter une réponse de foi chez des non-croyants et à les faire cheminer vers une relation d’amour et de confiance avec le Christ. L’annonce missionnaire se réalise lorsque des hommes et des femmes accueillent Jésus comme Sauveur et Seigneur (2Pi 3,18)10

C’est dans cette perspective théologique d’accueillir Jésus dans la foi que certaines églises protestantes invitent les personnes qu’elles évangélisent à réciter une prière couramment appelée la prière du pécheur ou la prière du salut.  Cette prière est proposée à la fin d’un sermon, d’un enseignement ou d’un témoignage personnel. Le prédicateur ou la personne qui évangélise invite les personnes qui décident de se convertir à la répéter après lui. Par exemple, dans l’église du pasteur coréen David Yonggi Cho11, l’appel à réciter une telle prière est le sommet de la célébration.
The culmination of a worship service comes at the conclusion of Dr. Cho’s sermon when he invites all who want to receive Jesus Christ as their Lord and Savior to stand and repeat a sinner’s prayer after him12.
Il y a de nombreuses versions de cette prière mais la plupart ressemblent à celle-ci  :
Lord Jesus, I want to know You personally. Thank You for dying on the cross for my sins. I open the door of my life and receive You as my Savior and Lord. Thank You for forgiving me my sins and giving me eternal life. Take control of the throne of my life. Make me the kind of person You want me to be13.
On la retrouve dans des dépliants distribués lors de campagnes d’évangélisation et dans de nombreux sites internet et blogues à caractère missionnaire. Les premières traces de cette prière remontent aux grands réveils protestants (Revivals) du 19ème siècle aux États-Unis et en Grande-Bretagne. William Taylor (1821-1902) l’utilisait dans ses enseignements et Dwight L. Moody (1837-1899) dans ses prédications. Avec le temps, elle est devenue de plus en plus populaire. Depuis le 20 ème siècle et jusqu’à aujourd’hui, de grandes organisations comme celles de Billy Graham (Billy Graham Evangelistic Association) et CRU (anciennement Campus Crusade for Christ) s’en servent dans leurs campagnes d’évangélisation14.

La récitation de cette prière est une réponse à Dieu qui, par l’action de l’Esprit Saint communique la foi au Christ, incite au repentir et à l’accueil du salut15. Sa récitation témoigne d’une conversion initiale et montre que l’annonce missionnaire a atteint son but: «  que les non-chrétiens, le Saint-Esprit ouvrant leur cœur (cf. Act. 16, 14), croient et se convertissent librement au Seigneur et s’attachent loyalement à Lui  »16. Le nouveau converti s’engage dans un rapport personnel avec Dieu dans le Christ  : «  communiant déjà par la foi au mystère de la mort et de la résurrection, il passe du vieil homme au nouvel homme qui a sa perfection dans le Christ  »17. 


2.  Recentrage de son existence

Nous souhaitons toutefois affirmer ici qu’une telle prière dite du bout des lèvres ou répétée sans en saisir le sens ne pourrait pas être considérée comme un signe authentique de conversion. En effet, la conversion est un acte libre qui jaillit de la componction et du repentir  : 
Donnez-moi, en effet, une âme animée des sentiments d’une vraie componction, la voilà tout à coup remplie de force, d’une force semblable à celle du feu au milieu des épines; et quand même cette âme se trouverait en proie à mille maux, chargée des liens de l’iniquité, toute consumée par le feu des mauvaises passions, étourdie par le tumulte et le fracas des affaires séculières, n’importe, la componction aura bientôt, comme d’un violent coup de fouet, chassé loin de cette âme tous ces ennemis, tous ces maux. De même qu’une légère poussière ne tiendra jamais devant un vent impétueux; de même aussi, quand une vive componction aura pénétré dans une âme, jamais les mauvaises passions, si nombreuses qu’elles soient, ne pourront tenir devant la force de cette vertu, elles disparaîtront et se dissiperont plus vite qu’une vile poussière, qu’un peu de fumée18.
Mgr Kallistos Ware affirme que «  sans repentir, il ne peut y avoir de vie nouvelle, de salut, d’entrée dans le Royaume des cieux19  ». Le «  Groupe des Dombes  » pour sa part décrit bien le lien entre la conversion et le repentir: «  La conversion s’appuie sur le repentir. La repentance indique la décision, et la conversion sa mise en œuvre  »20.

Mais qu’entend-on par repentir  ? Il ne s’agit pas seulement du regret d’avoir péché, du sentiment de culpabilité, du sentiment de peine face aux blessures que nous avons infligées à notre prochain et à nous-mêmes, mais aussi d’une transformation fondamentale de notre perspective, d’une nouvelle manière de voir Dieu, autrui et nous-même21. «  Le repentir n’est pas un excès de remords et d’apitoiement sur soi-même  »22, mais le regret d’avoir offensé Dieu qui conduit à la conversion, c’est-à-dire « au recentrage de notre vie sur la Sainte Trinité »23. Se convertir, c’est s’engager dans une relation d’amour et de confiance avec le Christ qui devient le guide et le point de repère de notre existence.

Pour illustrer ceci, les Églises évangéliques utilisent le diagramme suivant.



À gauche, le schéma montre une vie sans la foi au Christ, dans laquelle un individu vit sans référence à l’Évangile. Son «  moi  » siège au centre de son existence et il tend à voir ce qui l’entoure en fonction de ses intérêts personnels ou de sa subjectivité. À droite, le schéma montre une personne qui a accueilli le Christ comme son Seigneur; tout ce qui l’entoure est alors vu en fonction de Dieu et de sa volonté. L’ego est «  détrôné  » et le Christ, placé au centre de son existence, règne dans son cœur.

Cette vision de la conversion s’accorde bien avec le Directoire général pour la catéchèse pour lequel se convertir, c’est choisir l’option fondamentale de s’en remettre tout entier et librement à Dieu et d’accepter de se laisser conduire à une nouvelle manière d’être et de vivre. Dans une prière sincère de conversion, Jésus est appelé et accueilli avec le désir intérieur de marcher à sa suite, de devenir son disciple et de vivre comme il a vécu25.


3.  Dans la pratique

Viser à faire accueillir Jésus comme Sauveur et Seigneur par la récitation de la prière du pécheur aide à saisir ce à quoi doit aboutir l’annonce missionnaire. Mais quel message devrait être annoncé à la personne évangélisée avant de la conduire à réciter cette prière  ?

Celui-ci devrait se trouver en bonne partie dans la prière elle-même  : le fait que Dieu est bon et que nous avons été créés par amour pour une vie éternelle. Le fait que Jésus, le Fils de Dieu, est venu nous révéler, nous faire connaître Dieu. En prenant chair de la Vierge Marie, en prenant sur lui tous nos péchés, il a obtenu pour nous le salut. Si nous avons foi en lui, nous lui donnerons nos péchés, et lui les écartera de nous, aussi loin que l’orient de l’occident. Délivrés de nos fautes, nous pouvons connaître Dieu, grâce à ce don merveilleux qu’est le pardon qu’a obtenu le Fils pour nous. Et il est possible de croire à une si merveilleuse nouvelle grâce au gage de la résurrection attestée par les apôtres et à l’Esprit-Saint, envoyé par le Fils du haut de sa croix de souffrance et de douleurs.

L’annonce kérygmatique proclame la mort et la résurrection du Christ, le pardon des offenses, sans oublier le jugement à venir pour ceux qui négligeraient un pareil salut. Jésus n’a pas craint de dire: «  vous mourrez dans vos péchés  » (Jn 8,24). Et dans la lettre aux Hébreux (10,28-29) il est écrit: «  si ceux qui s’étaient trouvés coupables sous la loi de Moïse ont reçu sanction immédiate de leur faute, combien plus ceux qui négligeront pareil salut, obtenu sous le ministère du Fils de Dieu  ». L’évangélisateur devrait donc exhorter ainsi  : «  ne manquez pas cette grâce qui vous est faite de vous reconnaître pécheurs, cette grâce qui vous est faite de vous savoir sauvés, libérés  ».

Si le terme «  annonce missionnaire  » pourrait laisser entendre qu’il suffit à l’évangélisateur d’annoncer l’Évangile il s’agit dans les faits de plus que cela. L’annonce missionnaire, avec le témoignage de vie qu’elle requiert et le kérygme qu’elle proclame, doit aller jusqu’à inviter la personne évangélisée à faire un choix, à prendre une décision libre et éclairée en réponse au Christ qui l’appelle à la conversion et au salut26  : «  Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai, chez lui  » (Ap 3,20). La récitation de cette prière exprime ce choix, sa foi en Jésus-Christ et son désir de salut.

Inviter quelqu’un à réciter cette prière c’est lui proposer de s’abandonner entre les mains toutes aimantes de Dieu, de mettre sa confiance en lui et de consentir à ce que l’Esprit le conduise. Par cette prière, une personne accepte que Dieu agisse dans sa vie pour être libéré de ce qui la tient captive et la sépare de lui. Elle lui donne ainsi son cœur pour qu’il le remplisse de son Esprit et la conduise dans son Royaume.

Derrière la notion de conversion il y a aussi la notion de renoncement ainsi qu’il est expliqué dans la doctrine des deux chemins27 : «  l’un de la vie, l’autre de la mort (cf. Jérémie, 21, 8  ; Deut., 30, 15, 19)  »28. Le premier est un chemin de renonciation, l’autre un chemin de promesses. Le pape Benoît XVI explique qu’au début de l’Église, on employait l’expression  : «  Renoncez-vous au diable et à ses pompes  ?  » pour parler du renoncement à un type de culture qui est contre le Christ et contre Dieu et qui, dans l’Évangile de saint Jean, est appelée «  kosmos houtos  », «  ce monde  ».

La conversion, dans la tradition chrétienne, inclut encore l’acte de renoncer à Satan, à ses œuvres et à ses séductions29. Lorsque nous renonçons à Satan et disons oui à Dieu, nous nous soustrayons au pouvoir du Malin qui coordonne les activités destructrices du monde (Jn 10, 10) et qui veut être le dieu de ce monde (2Co 4, 4) et nous participons à la victoire du Christ (1Jn 3, 8).

Se convertir, signifie donc renoncer à ce qui va en sens inverse de la vie chrétienne et de l’observance des commandements de Dieu  : «  Convertis-toi au Seigneur et renonce à tes péchés, implore-le bien en face, cesse de l’offenser  » (Ecc 17, 25). En renonçant au péché, nous entrons dans la liberté des enfants de Dieu pour nous préoccuper de ne pas blesser l’amour de Dieu et de ne rien faire contre son amour30.
Ayant accepté de renoncer au péché et de donner votre foi au Christ, avec Marie, relevez la tête et reconnaissez avec elle la prédilection de Dieu pour les humbles, les affamés, pour ceux qui pratiquent l’amour (cf. Lc 1, 46-55)31.
La renonciation concerne aussi celle de ne vivre que pour soi-même. Par un acte d’abandon, nous renonçons à notre volonté propre et nous la donnons avec confiance à Dieu. Par la conversion, nous «  mourrons à nous-même  », à un certain type de vie, pour renaître à une vie nouvelle en Dieu.

Tenant compte de notre réflexion nous proposons maintenant une autre version de la prière du pécheur  :
Père céleste, je crois que tu es bon, que tu m’as créé par amour et pour une vie éternelle. Je crois que ton Fils Jésus, qui est mort et ressuscité pour moi, a pris sur lui tous mes péchés et qu’il m’a obtenu le salut. Jésus, je te demande pardon et je te donne toutes mes fautes afin que tu les écartes de moi aussi loin que l’orient de l’occident. Je renonce au péché, je renonce à Satan, je renonce à l’iniquité qui souille mon âme; libère-moi de tout ce qui est contre Ta sainteté et qui blesse ton amour. Sois mon Seigneur et Sauveur. Entre dans mon cœur et conduis-moi. Je m’abandonne entre tes mains et je te donne ma volonté. Amen.

Conclusion

Concevoir l’annonce missionnaire comme une activité qui vise à amener des personnes à accepter Jésus comme Seigneur et Sauveur permet de mieux comprendre comment accompagner et évangéliser des personnes en recherche. Si l’expression première annonce pourrait laisser entendre qu’il s’agit  simplement d’annoncer verbalement l’Évangile, il est tout aussi essentiel pour l’évangélisateur de témoigner par ses actes de l’amour de Dieu et aussi d’inviter les personnes évangélisées à répondre à l’appel de l’Évangile. La réponse à cet appel se fait par la récitation de la prière du pécheur qui fait du Christ son Seigneur et Sauveur et scelle sa décision personnelle de se convertir. Lorsqu’elle est dite sincèrement et en toute connaissance de cause, cette prière représente un signe de conversion initiale et démontre qu’une personne est prête à entrer en catéchuménat32. Elle marque un premier jalon dans un parcours de conversion qui ne fait que commencer. 

Mgr Kallistos Ware explique que le repentir initial n’est que le début d’un cheminement continu  : «  Ce repentir n’est pas une simple étape, un préliminaire  ; il se poursuit pendant toute la vie  »33. À ce sujet, il rappelle l’histoire du moine Abba Sisoès qui, gisant sur son lit de mort et entouré de ses disciples, dit: «  En vérité, je ne suis pas sûr d’avoir commencé à me repentir  »34. 

Le processus d’évangélisation doit se poursuivre après la conversion initiale par la catéchèse afin de renforcer et d’éclairer la foi reçue. La catéchèse permettra d’initier le nouveau converti aux mystères de la foi et de «  former l’homme de foi, pleinement cohérent avec le choix de l’Évangile du Christ  »35. Elle exposera le message chrétien en toute sa vérité et en toutes ses exigences de vie36. Elle visera aussi à intégrer les nouveaux convertis dans la communauté chrétienne afin qu’ils y vivent une croissance spirituelle et l’implication missionnaire. La conversion initiale n’est donc bien qu’une étape vers l’initiation chrétienne, une foi ecclésiale37 et l’engagement dans la mission.

Enfin, mettons en lumière une quatrième composante de l’annonce missionnaire car il y a plus que le témoignage de vie, la présentation du kérygme et l’invitation à faire une prière de salut. L’annonce missionnaire requiert aussi l’invocation de l’Esprit Saint qui donne la grâce nécessaire à la conversion. En effet, le Saint-Esprit est la puissance intérieure de l’Église et ce n’est que par sa lumière que la révélation peut être comprise et accueillie. Il touche le cœur et le tourne vers Dieu, Il ouvre les yeux de l’esprit et donne la douceur de consentir et de croire38  : «  Il n’y aura jamais d’évangélisation possible sans l’action de l’Esprit Saint  »39, explique le pape Paul VI  :
C’est grâce à l’appui du Saint-Esprit que l’Église s’accroît.… Il est celui qui, aujourd’hui comme aux débuts de l’Église, agit en chaque évangélisateur qui se laisse posséder et conduire par lui, et met dans sa bouche les mots que seul il ne pourrait trouver, tout en prédisposant aussi l’âme de celui qui écoute pour le rendre ouvert et accueillant à la Bonne Nouvelle et au Règne annoncé. (…) On peut dire que l’Esprit Saint est l’agent principal de l’évangélisation40.
Dans le livre des Actes des apôtres, il est décrit comment l’Esprit Saint tombait sur ceux qui écoutaient la Parole (Ac 10,44-48; 11,11-18). Dans sa pratique d’annonce missionnaire, l’évangélisateur a donc besoin d’entretenir et d’approfondir sa vie de prière et d’intercession. Il prie pour que l’Esprit Saint l’inspire et soit donné aux personnes qu’il évangélise. Il cherche à être, comme Jésus, une personne trouvant dans la prière le visage et la volonté de Dieu. Le pape Jean Paul II écrit  : «  la mission découle non seulement du précepte formel du Seigneur, mais aussi de l’exigence profonde de la vie de Dieu en nous41  ». Et comme le dit si gracieusement Anne Lécu, religieuse dominicaine et médecin en prison  : «  Parler de Dieu, ce n’est pas parler d’un concept, c’est parler de quelqu’un42  »; quelqu’un avec qui nous entretenons une relation d’amour et de confiance, quelqu’un qui a besoin de notre amour et qui nous appelle à l’aimer et à le connaître toujours plus.

À la suite de notre réflexion, nous pouvons affirmer que l’annonce missionnaire devrait être vue et pratiquée selon quatre composantes essentielles  : le témoignage de vie, la prière pour les personnes évangélisées, la proclamation du kérygme et l’invitation à accueillir Jésus comme Seigneur et Sau-veur dans un acte sincère de repentir et de confiance.


Notes

Déjà, dans le décret du Concile Vatican II sur l’apostolat des laïcs, il était écrit  : «  Par son apostolat l’Église et tous ses membres doivent donc d’abord annoncer au monde le message du Christ par leurs paroles et leurs actes et lui communiquer sa grâce  » (n. 6).
Jean-Paul II, Redemptoris missio, 7 décembre 1990, n. 2.
 Cf. Jean-Paul II, Redemptoris missio, n. 3.
 Cf. Jean-Paul II, Redemptoris missio, n. 2.
Benoît XVI, Porta Fidei, 11 octobre 2011, n. 2.
François, Discours du pape François aux participants à l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, le 14 octobre 2013.
Cf. Assemblée des évêques du Québec, Jésus-Christ chemin d’humanisation - Orienta-tions pour la formation à la vie chrétienne, Montréal, Médiaspaul, 2004, p. 45.

Ac 3,19  : «  Repentez-vous donc et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés  » et Rm 10,9-10  : «  En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car la foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut  ».
Congrégation pour le clergé, Directoire général pour la catéchèse, 15 août 1997, n. 6.
10 Jésus devient notre Sauveur lorsque nous lui demandons de pardonner nos fautes; Jésus devient notre Seigneur lorsque nous nous abandonnons à lui pour qu’il ordonne notre vie à son service et au service de son Royaume.
11 Le pasteur David Yonggi Cho fit grandir son église de quelques personnes à environ 800000 en l’espace d’une cinquantaine d’années.
12 Karen Hurston, Growing the World’s Largest Church, Gospel Publishing House, 1994, p. 164.

13 The Four Spiritual Laws-English-knowing God Personally. 4 Spiritual Laws, www.4laws. com/laws/englishkgp/default.htm, Consultée le 27 décembre 2018. 

14 David Bennett, The Sinner’s Prayer: Its Origins and Dangers, Capalaba, Queensland: Even Before Publishing, 2011, p. 150.
15 Ac 3,19  : «  Repentez-vous et tournez-vous vers Dieu, afin que vos péchés soient effacés  ».
16 Concile Vatican II, Ad Gentes, Décret sur l’activité missionnaire de l’Église, n. 13.
17 Concile Vatican II, Ad Gentes, n. 13.
18 Saint Jean Chrysostome, Traité de la componction I, Œuvres complètes, http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/chrysostome/traites/componction1.htm, Consultée le 4 janvier 2019.

19 Kallistos Ware, Le royaume intérieur, Cerf, Paris, 1996, p. 48.
20 Groupe des Dombes, Pour la conversion des Églises, Centurion, Paris, 1991, p. 84.
21 Cf. Kallistos Ware, Le royaume intérieur, p. 49-50.

22 Kallistos Ware, Le royaume intérieur, p. 50.
23 Kallistos Ware, Le royaume intérieur, p. 50.
24 Schéma extrait de la page suivante http://com-jesus.com/connaitre-dieu/, consultée le 04 Janvier 2019.
25 Église catholique, Congrégation pour le clergé, Directoire général pour la catéchèse, n. 48, 53-56, http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cclergy/documents/rc_con_ ccatheduc_doc_17041998_directory-for-catechesis_fr.html, Consulté le 27 février 2019.
26 Ma 4,17 - Dès lors Jésus se mit à prêcher et à dire  : «  Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche  ».
27 Il s’agit de la Didachè (ou doctrine des Apôtres) rédigée vers la fin du 1er siècle ou au début du 2ème siècle.

28 La Didachè, I1, http://coptipedia.com/index.php/livre-4-foi-structure-et-rite/spiritualite/ 578-la-didache-la-doctrine-des-douze-apotres.html, Consultée le 27 février 2019.

29 Cf. Centre National de Pastorale Liturgique, Service national du catéchuménat des adultes, Rituel de l’initiation chrétienne des adultes, n. 217.
30 Cf. Benoît XVI, S’immerger dans le Père, dans le Fils, dans le Saint-Esprit, le 11 juin 2012, http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/135027075af.html?fr=y, Accédée le 4 Janvier 2019.
31 Jean-Paul II, «  Il faut que quelque chose change ici  », La documentation catholique, 17 avril 1983, N° 1850, p. 434.
32 Centre National de Pastorale Liturgique, Service national du catéchuménat des adultes,
Rituel de l’initiation chrétienne des adultes, n. 72.

33 Kallistos Ware, Le royaume intérieur, p. 48.
34 Lucien Regnault, Abba, dis-moi une parole, Solesmes, 1984, p. 164-165.
35 Jean-Paul II, Discours à l’occasion de la visite des évêques de Lituanie en visite «  ad limina  », 17 septembre 1999, https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/travels/1999/ documents/hf_jp-ii_spe_19990917_Lituanie-ad-limina.html, Accédée le 4 janvier 2019.

36 Cf. Catéchèses du pape Jean-Paul II lors des audiences générales du mercredi, 9 janvier 1985, Transmettre la foi dans son Intégrité, n. 3.
37 Cf. Synode des Évêques, L’Eucharistie  : source et sommet de la vie et de la mission de l’Église, Instrumentum laboris, 2005, n. 32.

38 Cf. Concile Vatican II, Dei Verbum, n. 5.
39 Paul VI, Evangelii nuntiandi, n. 75.
40 Paul VI, Evangelii nuntiandi, n. 75.
41 Jean-Paul II, Redemptoris missio, n. 11.
42 Croire.com. «  Comment parler de Dieu à ceux qui n’y croient pas?  » La Croix, 19 Oct. 2017, croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Evangelisation/Comment-parler-de-Dieu-a-ceux-qui-n-y-croient-pas, Accédée le 4 janvier 2019.

lundi 10 juillet 2017

Four Disciplines for Parish Growth Defined

By Pierre-Alain Giffard (Ph.D.)

According to Jim Rohn, entrepreneur and personal development coach, success is nothing more than a few simple disciplines, practiced every day.

In the context of our local Church, a question arises: Which disciplines should we practice to successfully accomplish the mission that Christ has given us?There are of course personal spiritual disciplines, such as forgiveness (Luke 6:37) and charity toward the poor (Matthew 25:40), but at the parish level, towards the mission to make disciples and grow the Church (Matthew 28:19), what should these disciplines be?

Prayer. Church growth is first a spiritual matter. The Word of God tells us that it’s God who ensures growth (1 Corinthians 3:7); without him, we can do nothing (John 15:5). To begin a journey toward growth, a parish should start praying for its renewal and development: ask, and it will be given to you; search, and you will find; knock, and the door will be opened to you (Matthew 7:7). These activities of prayer need to be planned and organized by parish leaders.

Spiritual Renewal. The Church began to grow right after Pentecost, and what growth! This phenomenal expansion can be attributed in large part to: 1) the action of the Holy Spirit, which was poured out on the disciples (following their prayers in the upper room); 2) the disciples’ life testimony; 3) the supernatural power that accompanied their preaching.

But Pentecost was not meant to be just a one-time event; outpourings of the Holy Spirit occur each time Christians seek to be renewed by sacraments, by personal and community prayer, by the reading and studying of the Word, by seminars like Life in the Spirit, by Eucharistic adoration, by spiritual retreats, by participation in small faith-sharing groups, by occasional fasting, and by other spiritual disciplines. Renewal will occur if activities like these are planned and organized by parish leaders.

Evangelization. For the last 40 decades, Christians from older established churches, have put more emphasis on social justice than on evangelization.  Now they are encouraged by their leaders to reach out to those who do not know or do not follow Christ. But how can this be done at the parish level? Fortunately, there are programs and methods, like the Alpha Course, Parish Evangelizing Cells and others. Running such programs greatly contributes to the renewal and growth of a parish.

The Sunday Experience. Invited guests and visitors will most likely come back to church after a first visit if their Sunday experience is positive. This Sunday experience depends on how they are welcomed, preaching that is divinely inspired and connects truth to life, the quality and playfulness of worship, if children’s services are offered, the cleanliness of the facility, opportunities to get involved in volunteer activities and opportunities to create friendships.

To grow, parishes need to think in terms of integrating visitors and find a strategy to help newcomers experience fellowship and get involved in parish activities. As is the case of prayer, spiritual renewal, and evangelization, the Sunday experience has to be planned and organized by the parish leaders and supported financially by the board of administration.

These four pastoral disciplines come from the solid experience of growing parishes. They can become a reality in our parishes if our pastors, parish pastoral councils and our boards of administration make them a priority.

Parish leaders, like Jesus, should be driven by a God-given desire to make disciples. They need to move from maintenance to mission and encourage new pastoral initiatives that enable the parish and all its members to seek, welcome and integrate new people into the Church.

Without this desire, parishes will continue to decline and eventually die because their pastors and members will not have fulfilled the fundamental divine mandate of the Church: to go forth and bring God’s love to all and integrate into the Body of Christ those whom God invites to forgiveness, peace, love and eternal life through an authentic loving relationship with Jesus.

vendredi 25 juillet 2014

Des Églises “en sortie”

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Pour réaliser la mission de l’Église, les communautés chrétiennes ont à devenir des Églises en sortie, à savoir des communautés missionnaires  tournées vers l’extérieur qui comprennent que leur mission est de rejoindre,  accueillir et faire cheminer les personnes qui ne connaissent pas le Christ ou qui ne le suivent pas.

Plusieurs éléments caractérisent les Églises missionnaires :

• La croissance de la communauté est recherchée et considérée comme la volonté de Dieu (I Tim 2:4).

• Des activités de prière sont organisées pour soutenir les activités et la croissance de la communauté (Jean 15: 2-8).

• Les membres de la communauté chrétienne sont formés pour évangéliser.

• Les responsables de la communauté, avec la participation de tous les autres membres,  visent à faire du passage dans l’Église une expérience mémorable, particulièrement pour les visiteurs et les personnes invitées.

• Des parcours sont offerts pour permettre la croissance dans la foi et la croissance spirituelle des membres de l’Église.

• Différentes dimensions de la mission sont déployées :

1. L’accueil et la fraternité (unité)

2. L’adoration, les prières et la louange

3. La charité (bonnes oeuvres)

4. Les prières pour la guérison

5. L’évangélisation

6. L’éducation de la foi et croissance spirituelle

7. La formation des leaders (animation, direction et planification)

• La mission est vécue en coresponsabilité avec les membres ordonnés. Des membres non ordonnés (laïcs) sont appelés et formés pour devenir des leaders qui participent à l’animation de la communauté chrétienne.

Les Églises missionnaires …

· se soucient des personnes qui ne sont pas là;

· s’organisent pour les rejoindre et les accueillir;

· les font cheminer vers la maturité spirituelle;

· discernent leurs dons;

· les impliquent dans la mission et enfin;

· les forment pour devenir des leaders dans l’Église et le monde.

Cliquer sur le schéma ci-dessous pour voir la vision d’une Église en sortie.

1. Une Église en sortie 2

Les efforts de témoignage et d’évangélisation (première annonce) de la communauté chrétienne sont à la base de son existence. Ils constituent la fondation de l’édifice et précèdent les efforts pour initier à la foi. Ils doivent donc constituer la priorité numéro un avec les activités de prières.

Fondations pour la croissance (Pyramide) 2017

Comme la sève circule et donne vie à un arbre, les personnes évangélisées seront progressivement amenées à cheminer vers la croissance spirituelle et l’engagement dans la mission l’Église. Il est crucial de planifier et de coordonner des actions pour faire passer les personnes d’une étape à l’autre.

Dynamique de croissance 2017

En cheminant d’une étape à l’autre (de gauche à droite du schéma), de l’accueil jusqu’à l’implication missionnaire, les personnes évangélisées renouvellent la communauté chrétienne et donnent santé et croissance à l’Église.

Dans une Église en sortie, à l’image de l’Église primitive, les membres de la communauté chrétienne ont d’abord cherché à être remplis de l’Esprit Saint pour être  animés d’un zèle missionnaire. Les premières activités à mettre en œuvre pour être une Église missionnaire sont des activités de prière et de renouvellement spirituel  ainsi que la formation de toute la communauté chrétienne au témoignage et à l’accueil des personnes évangélisées; puis viennent l’initiation chrétienne des nouveaux, leur croissance spirituelle, leur insertion progressive dans la mission de l’Église et l’attribution de responsabilités pour les personnes qui sont en accord avec la vision de l’Église et qui ont les talents nécessaires.

dimanche 13 septembre 2009

Le secret pour bâtir une église qui gage des âmes

Le désir de gagner des âmes

L’église qui veut gagner des âmes doit commencer par en cultiver le désir avant de s’interroger sur la manière d’y parvenir. Vous pourriez réprimander mon ami qui ne pêche pas, lui apprendre de force comment pêcher et quel équipement utiliser : cela ne servirait à rien. Il faut que le désir de pêcher naisse dans son coeur.

Il faut que la pêche devienne partie prenante de sa vie et qu’il veuille aller à la pêche. Comment arriverai-je à faire de mon ami qui n’aime pas la pêche un vrai pêcheur? Comment puis-je motiver les croyants à devenir des gagneurs d’âmes? Comment les responsables pourraient-ils amener l’église à gagner des âmes s’ils ne sont pas eux-mêmes animés par la passion d’atteindre les perdus?

Tout commence par la naissance ou le renouvellement du désir. Il est vital que nous puissions considérer le fait de gagner des âmes comme une joie et non une corvée, une passion et non un devoir, un privilège et non un fardeau.

La motivation pour gagner des âmes

Il est bon que nous nous souvenions que la joie du Seigneur sera notre force. Ce principe est au coeur même de la motivation à vouloir gagner des âmes.

Quand Jésus a dit : « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes », il offrait à ses disciples une formidable perspective d’avenir. Avant sa venue, ils se contentaient de pêcher une certaine sorte de poisson. Leurs vies étaient centrées sur tout ce qui a trait à la pêche afin de subsister. Mais Jésus est venu leur présenter une autre façon de vivre : une existence centrée sur le fait d’apporter la vie aux autres.

Aucun pasteur ou leader spirituel ne pourra jamais motiver les croyants au témoignage en les culpabilisant, en leur mettant de la pression, ou en les contraignant. Pour que des chrétiens deviennent des gagneurs d’âmes, il faut qu’ils goûtent à la joie et la satisfaction que l’on ne connaît qu’en amenant quelqu’un au Seigneur.

Seuls des gagneurs d’âmes pourront motiver les croyants à devenir des gagneurs d’âmes. Mon ami qui ne s’intéresse pas à la pêche ne s’y mettra jamais de lui-même. Il ne tendra l’oreille que lorsque quelqu’un qu’il estime lui parlera du frisson et de la satisfaction qu’il éprouve en attrapant du poisson. Il ne s’aventurera jamais sur le lac avec l’attirail du pêcheur si c’est quelqu’un qui ne va pas lui-même à la pêche qui l’y encourage. Il n’aura aucune envie de s’acheter un bateau s’il n’entend que des histoires d’horreur : « J’ai péché huit heures sans rien prendre !... J’ai perdu le poisson !... Le bateau a chaviré !... Tout le monde est rentré malade ! ».

Si nous manquons de gagneurs d’âmes, c’est parce que :

1. Nous n’avons pas assez de pasteurs et de leaders qui sont eux-mêmes des gagneurs d’âmes. Si ceux qui dirigent ne sont pas animés par la passion et la joie de gagner des âmes, comment voulez-vous qu’il en soit autrement pour ceux qui les suivent ? Les gens ne s’intéressent pas à des vérités purement théoriques.

2. Nous motivons plus les gens par la culpabilité que par un exemple enthousiaste et efficace. Bien des gens décrochent quand les prédicateurs et autres évangélistes les sermonnent plutôt que de partager avec eux les promesses de Dieu à cet égard.

3. Les gagneurs d’âmes parlent trop de leurs échecs plutôt que de leurs réussites. Comment voulez-vous que les jeunes croyants soient motivés quand on leur raconte qu’on s’est fait claquer la porte au nez en allant témoigner, et que certaines statistiques montrent que bien peu de gens deviennent d’authentiques croyants après avoir fait la prière de repentance ? Cela me rappelle l’histoire bien connue du marchand de balais qui faisait du porte-à-porte en posant la question : « Vous ne voulez sûrement pas de balai, n’est-ce pas ? ».

Apprendre à gagner des âmes par l’exemple

Pour qu’une église gagne des âmes, tout commence par un gagneur d’âmes enthousiaste et efficace. Nul n’a plus d’influence dans l’église que le pasteur. Pour qu’un pasteur amène son église à gagner des âmes, il faut qu’il le fasse lui-même – quand il prêche comme dans la vie de chaque jour.

Les croyants sont fatigués de se faire dire ce qu’ils doivent faire. Il faut qu’on leur montre comment être des témoins efficaces et des gagneurs d’âmes dans la vie de tous les jours. Il y aura un réveil dans l’Église pour le salut des âmes quand les leaders spirituels deviendront des pêcheurs d’hommes en dehors des réunions et partageront dans leur prédication la joie et la satisfaction que de telles expériences apportent dans leur vie.

La motivation la plus efficace pour susciter des gagneurs d’âmes n’est pas dans le fait de prêcher sur ce thème autant que de raconter ce que vous avez vécu à cet égard. J’ai observé cela tant et tant de fois dans mon propre ministère. Quand j’étais pasteur, je prêchais souvent sur l’importance d’amener des âmes à Christ, mais je n’étais jamais aussi efficace que lorsque je pouvais raconter à l’assemblée comment j’avais pu amener une âme au Seigneur dans la semaine. Quelle joie d’entendre des gens me remercier lors de leur baptême de les avoir conduits à Christ sur leur lieu de travail ou dans leur foyer ! Dans de tels moments, mon assemblée pouvait voir en moi un témoin de Christ autant qu’un pasteur. Comme sous-berger, je pouvais dès lors leur dire avec autorité : « Suivez-moi comme je suis le Seigneur, et je vous aiderai à devenir des pêcheurs d’hommes ».

Les clés pour une église qui gagne des âmes

1. Une église qui gagne des âmes est dirigée par des responsables qui gagnent des âmes. Ils suscitent une soif chez les autres et un désir profond de devenir des témoins efficaces.

2. Une église qui gagne des âmes fait de la place à ceux qui gagnent des âmes afin qu’ils partagent leur joie et leur témoignage avec l’assemblée. Les pasteurs feraient bien de garder quelques instants dans le culte pour permettre à quelqu’un de partager sa joie d’être un pêcheur d’hommes.

3. Un pasteur qui gagne des âmes donnera l’occasion aux perdus de venir à Christ dans toutes les réunions. Le temps de l’appel doit rester une priorité dans toute réunion pentecôtiste. Si personne ne répond, ce n’en est pas moins une victoire, car cela constitue un rappel de la raison d’être de l’église. Bien sûr, quand quelqu’un répond à l’appel, la joie sur terre devient aussi la joie dans le ciel !

4. L’église qui gagne des âmes a une équipe de croyants formés pour accompagner les nouveaux. Former une telle équipe revient à former des gagneurs d’âmes. Si les gens apprennent ainsi à conduire quelqu’un à Christ au moment de l’appel, ils pourront tout aussi bien le faire dans une voiture, un restaurant, ou dans un endroit discret au bureau.

Il y a quelque temps, je prêchais dans une église qui gagne beaucoup d’âmes au Seigneur et qui a une superbe chorale. J’ai appris que ceux qui désirent s’intégrer à la chorale doivent passer une audition musicale et assister à trois sessions de formation pour encadrer les gens dans les temps d’appel avant de pouvoir y participer. Quand j’ai fait l’appel ce jour-là, tous les membres de la chorale sont descendus pour entourer ceux qui s’approchaient de Christ. Il n’y a rien d’étonnant à ce que cette église soit florissante.

Un de mes petits-fils est récemment venu nous voir. Il avait à peine franchi le seuil de la maison qu’il me suppliait de l’amener à la pêche. Nous y étions allés lors de sa dernière visite et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y avait pris goût. Ce jour-là, je ne pouvais pas y aller ; pensez-vous que cela l’a arrêté ? Certainement pas ! Lui et sa grand-mère sont partis avec deux cannes et quelques vers. Ils n’ont pas pris grand-chose, mais en tout cas plus que moi. Et c’est LUI qui a pris les poissons ! Un simple garçon de six ans avec une canne, un hameçon et un vers… Peut-être avez-vous entrepris la lecture de cet article en espérant y trouver quelques idées ou autres techniques pour bâtir une église de gagneurs d’âmes. J’espère que l’Esprit de Dieu vous aura saisi et vous aura ouvert les yeux sur le secret d’une église qui gagne des âmes : l’amour des âmes ainsi qu’une invitation à aller à la pêche avec le Maître !

Auteur : Charles Crabtree

Charles Crabtree a longtemps été pasteur puis assistant au surintendant général des Assemblées de Dieu des États-Unis pendant quatorze ans avant de prendre récemment sa retraite.

Article publié dans le journal Ressources spirituelles n.16, Automne 2008.

lundi 8 juin 2009

Pourquoi rechercher la croissance de l'Église ?

Auteur : Pierre-Alain Giffard


Lorsque l'on parle de rechercher la croissance de l'Église, c'est en fait chercher à accomplir la mission donnée par Jésus de faire des disciples (Mat 28,19), c'est à dire à faire entrer des personnes dans l’espérance du salut (Rm 8, 24) et les faire cheminer vers la maturité spirituelle (Rm 8, 29 ; Ép 4, 13 ; Jn 15, 8).

Rechercher la croissance de l'Église, c’est chercher à multiplier les hommes et les femmes qui se savent aimées de Dieu et qui profitent de son amour; c'est les aider à trouver en Jésus le Chemin de la réconciliation, de la guérison, de la paix, de l’amour et de la vie éternelle. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1Tm 2,4), pas juste quelques-uns. Le Christ lui-même a dit à Pierre qu'il veut bâtir son Église (Mat 16,18). Ils souhaitent le faire en se servant des chrétiens comme pierres vivante pour construire un édifice spirituel (1 Pierre 2.5) qui rendra gloire à Dieu par les bonnes œuvres de ses membres (Mat 5 ,6).  La croissance numérique d'une église est un des résultats visibles de l'action missionnaire de l'Église mais elle n'est pas le but ultime ni le critère de réussite ultime pour la mission.

Lorsque l'action missionnaire amène de nouvelles personnes à cheminer dans la communauté chrétienne, celles-ci peuvent y recevoir la grâce de se réconcilier avec Dieu et avec les autres. Elles peuvent croître spirituellement grâce aux sacrements (entre autres) et se convertir pour porter de bons fruits (Jn 15,16), comme par exemple retrouver la paix et l’unité dans leurs foyers, soutenir et accompagner des personnes en détresse, s'engager en faveur d'un monde meilleur. 

Lorsqu'il y a plus de personnes en cheminement dans la communauté chrétienne, il y a alors plus de personnes qui peuvent recevoir la grâce de comprendre le sens ultime de la vie et qui peuvent apprendre à agir avec amour et pour l’Amour. 

Donc, si l’activité missionnaire de l'Église et l'action de l'Esprit Saint qui l'initie et la féconde, engendre une augmentation des disciples comme on le voit dans les Actes des apôtres, ce n'est qu'un passage vers un but plus élevé : des personnes qui vivent de l’espérance du salut (1 P 1, 3-12) et qui croissent dans la charité.
Ce qui est recherché, ce n'est pas plus de fidèles sur les bancs des églises mais bien d'engendrer des personnes à la vie de Dieu. Dieu ne veut qu’aucune personne ne se perde (Mat 18,14) et que tous profitent de sa miséricorde et de son amour dans le Christ et par l'Esprit. Il ne s'agit pas du privilège de seulement quelques-uns, comme le pensaient les juifs avec l'Alliance ou même les premiers chrétiens au tout début de l'Église.
Une fois que les hommes et les femmes en arrivent à connaître la vérité, c’est-à-dire que Jésus est le Chemin (le Sauveur, le Messie, source de la Paix et de l'Amour), ils naissent de nouveau et leur cheminement spirituel est appelé à continuer. Et c'est la responsabilité de la communauté chrétienne de les aider à cheminer pour embrasser la vie en Dieu jusqu'à devenir eux-mêmes des disciples missionnaires, annonceurs de l'amour de Dieu par toute leur vie.
Si l'Église ne se soucie que de la catéchèse et de la formation des baptisés, elle risque alors d'être centrée sur elle-même et d'imploser. Une authentique croissance spirituelle devrait nécessairement amener à se soucier du salut des autres.   Poussé par l'amour de Dieu et dans l'élan de la mission du Christ de l'Esprit, l'Église (avec tous ses membres) devrait inviter au salut et à la communion avec l'Esprit ceux et celles qui n'ont pas encore eu la chance de connaître l'amour de Dieu révélé en Jésus-Christ.

LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE