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vendredi 15 juin 2012

La croissance de l’Église du pasteur Rick Warren

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Rick Warren est le pasteur fondateur de l'Église évangélique Saddleback Valley Community Church en Californie. Il est né à San José en Californie et a obtenu une maîtrise au Southwestern Theological Seminary et un doctorat au Fuller Theological Seminary. Son aptitude à faire croître son Église, lui valut le surnom d' « inventeur du renouveau perpétuel »[1]. Son livre le plus connu, The Purpose Driven Church (L'église: une vision, une passion), a été traduit en plus de trente langues et a été vendu à plus d'un million d'exemplaires.


C’est avec son épouse, Kay, qu’il a commencé à évangéliser en rassemblant quelques personnes dans leur maison. C’était en 1979, ils sont maintenant vingt mille à célébrer tous les weekends. Son assemblée chrétienne est la huitième plus grande des États-Unis. En 1995, l’Église de Saddleback a été officiellement reconnue comme l’Église baptiste ayant eu le taux de croissance le plus rapide de toute l'histoire américaine. Cette même année, après quinze ans de réunions dans des écoles, des clubs, des entrepôts, et même dans une tente, la communauté a fait construire une église sur un campus de soixante-dix-neuf hectares.

Comme Dale Galloway, Warren explique que Dieu veut la croissance des Églises et que les brebis égarées doivent être retrouvées. D’après lui, la Bible, particulièrement dans les paraboles du Royaume, affirme une vérité essentielle : Dieu s’attend à ce que les chrétiens s'activent pour faire croître leurs Églises. La croissance n’est pas optionnelle et nous avons le devoir de la poursuivre. Pour grandir, dit-il, ça prend plus que la bonne volonté, la consécration ou la piété; ça prend de la compétence. Il ne s’agit pas tant de travailler plus durement que de travailler plus intelligemment. La croissance est le fruit d’une coopération entre Dieu et les êtres humains. Les méthodes et la planification sont incontournables: c’est la grâce de Dieu qui, passant par nos efforts et notre intelligence, produit la croissance.

Rick Warren estime qu’il n’y a pas de stratégie unique pour assurer la croissance. Après avoir étudié de nombreuses Églises en croissance, il a constaté que plusieurs d'entre elles utilisent des stratégies parfois fort différentes. Ce serait simpliste et inapproprié, dit-il, de penser qu’il n’y a qu’une formule pour assurer la croissance d’une Église. Il y a plusieurs moyens pour croître : les écoles du dimanche, les cellules de maison, l’utilisation de la musique contemporaine ou de la musique traditionnelle, les visites à domicile, etc. On ne retrouve pas tous ces facteurs dans chacune des Églises en croissance; les stratégies, les structures et les styles varient, mais il existe des points communs entre ces différentes communautés et il faut savoir en extraire les principes généraux et les appliquer à son milieu.

Rick Warren a remarqué qu’un des éléments communs aux Églises en croissance est une caractéristique particulière des responsables. Les pasteurs s’attendent à ce que leurs assemblées grandissent, ils croient en l’action de Dieu et en ses promesses. C’est un des secrets de leur réussite, ils s’attendent à voir des miracles et ils se rendent disponibles pour que Dieu les utilise à travers leur foi.
Les communautés en croissance ont aussi une identité claire et précise. Elles savent pourquoi elles existent et quels sont leurs buts. Elles savent précisément à quoi Dieu les appelle. Elles se consacrent à faire des disciples, à faire aimer Dieu et le prochain!

Rick Warren a adopté un style de leadership qui partage pouvoir et responsabilités. Il s’organise et travaille avec les membres non ordonnés en les formant et en leur confiant des responsabilités. Il puise dans les talents, les ressources, l’énergie et la créativité des membres de sa communauté. Dans sa façon de diriger, il essaye d’éviter deux extrêmes : l’un est d’assumer toute la responsabilité pour l’évangélisation et l’autre est de s’en décharger complètement. Il explique que l’équilibre se réalise lorsque le pasteur et les laïcs ne confondent pas leurs rôles : les laïcs n’ont pas à s’approprier le leadership de la communauté et les pasteurs n’ont pas à se donner l’exclusivité des ministères.
Définir la mission, la mettre par écrit, la communiquer par une vision claire et des rêves est, dit-il, le point de départ de l’action du dirigeant. Mais, pour définir ses objectifs, il doit bien connaître les besoins du milieu et rester ouvert aux changements de l’environnement ; lui-même n’a pas hésité à faire un sondage dans son quartier pour découvrir les griefs que les gens avaient contre l’Église en général.

Un autre élément important pour assurer la croissance est la longueur du mandat pastoral. En effet, si un long mandat pastoral ne garantit pas la croissance, un changement fréquent du premier responsable de l'Église empêche la croissance : Une Église qui change de pasteur régulièrement ne connaîtra pas de réelle croissance[2] écrit-il.

L’Église Saddleback a concentré ses efforts d'évangélisation seulement sur une partie de la population. Elle a visé les personnes qui avaient le plus de chance de s’identifier aux autres membres de la communauté. Rick Warren explique qu’il faut aller en priorité vers les personnes qui n’habitent pas trop loin de l'église, celles que l’on comprend, avec qui l’on est déjà en lien, avec qui l’on a des points communs et que l’on peut aider. Pour permettre la croissance, la communauté ne devrait pas chercher à être ce qu’elle n’est pas et atteindre des personnes qui lui sont trop différentes. Il vaut mieux aussi concentrer ses efforts pour rejoindre les personnes réceptives : Les Églises en croissance visent à rejoindre les personnes réceptives, les Églises qui stagnent cherchent à réintégrer les personnes qui les ont quittées[3].

Comme les Églises des pasteurs Cho et Galloway, l’Église de Rick Warren fonctionne avec une structure de groupes de maison. Les membres de sa communauté cherchent à offrir à ceux qui viennent une atmosphère d’accueil et d’amour : Les communautés qui grandissent aiment et les communautés qui aiment grandissent[4]. Ils sont spécialement ouverts et sympathiques aux personnes qui viennent pour la première fois. Warren a cherché à mettre en place un processus d’intégration des nouveaux qui permet à la fois de les fidéliser et de les impliquer dans la mission. Il le fait en offrant une formation sous forme de parcours qui amènent les nouveaux à comprendre l’importance de leur implication dans l’Église. D’autres parcours ont pour but de faire découvrir leurs talents à l’ensemble des membres afin qu’ils les mettent au service du Christ et de son Église. Ce processus est un élément central qui a contribué à sa croissance. Il explique son succès en trois mots : faire des disciples.

L’Église de Rick Warren se fixe comme but de fortifier la communauté en accueillant des nouveaux, en leur proposant de suivre des parcours qui les fidélisent et qui les forment au fur et à mesure; un peu comme un arbre qui fortifie ses propres branches au fur et à mesure qu’il grandit. Les Églises qui se donnent comme priorité d’intégrer les nouveaux et qui planifient leurs activités en fonction de cette nécessité, réussissent le mieux dit-il. Celles qui ne se préoccupent pas des nouvelles personnes ou qui ne se soucient pas de les intégrer à la communauté ne grandissent pas.

Comme Dale Galloway, Rick Warren organise aussi sa communauté afin qu’elle soit toujours plus chaleureuse et réponde aux besoins des personnes du milieu. Pour lui, une communauté ne peut pas grandir au-delà de sa capacité à répondre aux besoins des gens. C’est dans cette optique que son Église accorde une attention toute particulière au style de musique utilisé dans les célébrations. La musique est un des éléments importants qui favorise la croissance. Le genre de musique doit correspondre aux goûts des personnes qu’on cherche à rejoindre. Après le sondage qu’il effectua pour mieux connaître les personnes de son milieu, Warren a changé radicalement son style de chants et de musique. Grâce à cela, explique-t-il, en un an, leur communauté a connut une croissance exceptionnelle.

Mais il ne s’agit pas de viser seulement la croissance numérique : La vérité, dit-il, c’est que vous n’arriverez pas à croître si c’est cela votre seule préoccupation[5]. On n’a pas à s’inquiéter excessivement de la croissance, mais plutôt d’accueillir avec amour les personnes que Dieu nous envoie. Dieu fera croître la communauté au rythme qu’il voudra et aux dimensions qu’il voudra. Warren se soucie plus des personnes que des chiffres. Il est convaincu que la croissance est le résultat d’une organisation saine; si l’organisation est saine, elle va croître. Et la santé d’une organisation est une question d’équilibre.

Dans sa poursuite d'équilibre, Rick Warren développe sa communauté à cinq niveaux : 1. La communion fraternelle (fellowship); 2. La formation des disciples (DISCIPLESHIP)[6]; 3. Les célébrations liturgiques (WORSHIP); 4. Les ministères laïcs (MINISTRIES); 5. L’évangélisation[7] (ÉVANGELISM). Une stratégie est élaborée pour développer chacun de ces niveaux, la structure de l’Église est adaptée et le tout est évalué en fonction de l’excellence.

Cet article se trouve dans le livre : La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.


[1] C’est Peter Drucker, auteur de réputation mondiale en gestion, qui lui a attribué ce surnom.
[2] R. WARREN, The Purpose Driven Church : Growth without compromising your message and mission, Grand Rapids, Michigan, Zondervan Publishing House, 1995, p. 31 (notre traduction).
[3] Ibid., p. 183 (notre traduction).
[4] Ibid., p. 210 (notre traduction).
[5] Ibid., p. 48 (notre traduction).
[6] La formation des disciples se fait à travers des parcours successifs
[7] Il s’agit ici de l’annonce de l’Évangile aux personnes qui ne croient pas au Christ ou qui ne font pas partie d’une communauté chrétienne.

mardi 11 mai 2010

La croissance de l’église du pasteur Dale Galloway

Auteur: Pierre-Alain Giffard

L’église New Hope Community Church est un autre exemple de croissance ecclésiale remarquable. Son fondateur, le pasteur américain Dale Galloway, est un expert dans les groupes de maison et la formation de leaders laïcs. C’est en faisant de la prédication dans un cinéma ‘drive-in’ qu'il a démarré son église New Hope Community Church. Entre 1972 et 1995, il fit grandir le nombre de ses membres jusqu’à plus de 6000. Son église a reçu le prix du Guidepost Magazine : Meilleure église de l’année. Il est un pionnier de ce que les anglophones appellent need-meeting ministries, c’est-à-dire des pastorales d’églises dont les responsables sont des laïcs et qui fonctionnent en général sous forme de petits groupes pour rejoindre les besoins de leur milieu. Prédicateur très connu aux États-Unis, il a animé des séminaires et donné des conférences à des milliers de laïcs et ministres ordonnés. Des pasteurs du monde entier sont venus à son Institut pour la croissance des églises afin d’apprendre comment créer et animer des ministères laïcs. Quand il quitta sa fonction de pasteur en 1995, il y avait cinq cents pasteurs laïcs dans son église exerçant leur ministère dans cinq cents petits groupes de maison. Il a écrit treize livres, dont un des plus connus est 20/20 Vision (1986).

Dans son livre 20/20 Vision, Dale Galloway parle des orientations pastorales et missionnaires de sa communauté qui ont contribué à sa croissance. Dès les premières pages, il insiste, pour dire que Dieu veut la croissance numérique des églises :

Dieu veut la croissance de votre église et c’est sa volonté que vous appreniez personnellement, ainsi que vos frères chrétiens, à coopérer avec le Saint-Esprit pour que cela devienne réalité[1].

Comme le pasteur Cho, il parle aussi de l’importance de la vision. Pour lui, la vision aide à savoir pourquoi l’on agit et dans quelle direction l’on va. Il la définit comme la capacité de voir des choses alors qu’elles n’ont pas encore été réalisées[2]. Plus la vision est grande, plus l’église va devenir grande explique-t-il : Parlez-moi de votre vision et je vous prédirai votre avenir[3]. Elle est intiment reliée à la foi car, dit-il, la vision c’est voir les choses bien avant qu’elles ne se réalisent[4]. La vision vient de la capacité à visualiser les éléments de sa foi et c’est dans la communion avec l’Esprit Saint, dans la prière, que les pasteurs peuvent recevoir la vision que Dieu veut leur donner. La vision est très importante, dit-il, car avant de voir les choses se réaliser, il faut en avoir une image dans son esprit[5]. Elle demande maturation et prière, mais aussi qu’on la communique à la communauté avant même qu’elle ne soit réalisée.

Dale Galloway souhaite que la prière ait la première place dans son église. Pour lui, il est impossible qu’il y ait croissance sans prière. La vie et le développement de l’Église dépendent de l’Esprit Saint. Galloway fait donc de la prière sa priorité numéro un et souhaite que tous les membres de sa communauté aient une relation intime avec l’Esprit Saint. C’est aussi par l’amour vécu dans la communauté qu’il explique sa croissance : Le secret de notre croissance est l’amour[6]. L’amour motive, il unifie et crée une synergie. Quand les bénévoles se sentent aimés, ils veulent aider et travailler. L’amour crée l’unité, ainsi tous travaillent de concert et arrivent au succès.

Galloway estime que le pasteur doit être une personne qui montre la direction à prendre, qui sait voir les obstacles avant qu’ils n’arrivent, qui écoute les conseils et prend les décisions au bon moment. Il est un homme rempli de l’Esprit Saint qui communique le projet et l’identité de l’église. Rempli d’enthousiasme, il donne envie d’agir. Dale Galloway aime les gens, il se veut un homme de relations humaines qui dirige par l’amour et qui se mérite le droit de diriger des personnes dont il a la charge. Son rôle est de fixer des objectifs qui ont du sens et qui sont mesurables, mais il ne fait pas tout lui-même, il délègue ses responsabilités et ses tâches et s’appuie sur la motivation et les compétences de chacun. Il choisit ses employés, si possible parmi les personnes de sa communauté chrétienne car ils sont plus aptes à en saisir la vision. Il les rémunère autant que pour un emploi similaire qu’ils exerceraient ailleurs.

Dans son église, le plus grand nombre possible de membres reçoivent une formation afin d’exercer un ministère laïc. Rien n’est plus gratifiant pour les chrétiens, dit-il, que de se savoir instruments de Dieu. Comme le pasteur Cho, il a mis sur pied une structure de petits groupes qui permet l’implication active de la plupart des membres de sa communauté. Il aide les laïcs à réussir dans leur ministère, il les motive, il leur montre de l’amour et les récompense. Plus ils sont impliqués, plus ils sont récompensés.

Dale Galloway pratique aussi une évangélisation par objectifs de croissance numérique, et il insiste sur les notions de qualité et d’excellence. La poursuite de l’excellence dans la qualité des services proposés par l’église apporte le respect des non-célébrants (unchurched) et donne aux membres de l’église le sens de leur dignité. Les employés ont à être les premiers à en donner l’exemple afin que les personnes en contact avec l’église rendent gloire à Dieu. L’excellence devrait être recherchée dans toutes les activités de l’église: que ce soit la prédication, le décor, l’accueil, le système de son et d’éclairage. Elle doit aussi être poursuivie au niveau de la fraternité et de l’amour. Comme dans la grande majorité des églises évangéliques, on fait en chaire, pour les visiteurs ou les nouveaux, un appel à la conversion, à savoir une invitation à confier publiquement sa vie à Jésus et à accepter le salut[7]. Pour les personnes qui ont posé ce geste, une formation est donnée en vue du baptême et d’une alliance ou d’un engagement envers l’église.

Le pasteur accorde une grande importance aux célébrations: la musique, la prédication et même l’ambiance qu’il souhaite être celle de la fraternité et de l’amour inconditionnel : faites de toutes les célébrations un temps de réjouissance, conseille-t-il. Les célébrations visent à faire rencontrer Jésus et à faire advenir des miracles. Le pasteur estime que la chorale, la musique, les chants, la prédication, la prière, la fraternité aident à élever le cœur et font aimer Dieu. Il souhaite que les gens qui viennent à l’église aient l’impression « qu’il va se passer quelque chose » et que de fait cela se réalise. On pratique l’imposition des mains pour les besoins des membres.

Dans la mise sur pied des activités locales, un de ses principes est de répondre aux besoins du milieu, de soulager et de guérir les souffrances qui s’y trouvent : Trouvez un besoin et répondez-y, trouvez une blessure et guérissez là[8]. Il dit que les pasteurs devraient avoir un cœur de pionnier et d’entrepreneur. Il faut construire peu à peu, c’est-à-dire ajouter de nouvelles activités selon les capacités de la communauté. La communauté doit construire sur ses forces, mais aussi avoir le courage de regarder ses points faibles afin d’y remédier.

La stratégie idéale est l’innovation dans les activités ecclésiales et l’adaptation au milieu. Il souhaite ne jamais se laisser emprisonner dans une culture d’église ou des façons de faire qui ne sont plus pertinentes dans le temps présent et la culture actuelle. Il utilise le potentiel humain et matériel de l'église au maximum. Il assure une bonne accessibilité à l'édifice avec suffisamment d’espace de parking. Lorsque le lieu de culte est trop rempli, il préfère multiplier les services religieux que de se lancer trop tôt dans une nouvelle construction.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.






[1] D. GALLOWAY, 20/20Vision, Portland, Scott Publishing, 1986, p.9 (notre traduction).


[2] Ibid., p.24 (notre traduction).


[3] Ibid., p.32 (notre traduction).


[4] Ibid., p.29 (notre traduction).


[5] Ibid., p.34 (notre traduction).


[6] Ibid., p. 74 (notre traduction).


[7] Dans les églises évangéliques, cette démarche pastorale est courante, on peut même dire qu’elle fait partie du rituel. Les prédicateurs, après leur enseignement, exhortent les auditeurs qui s’y sentent interpellés à s’avancer face à l’autel et à répéter une prière de repentir. C’est une démarche de conversion initiale ou de renouvellement pour « recevoir Jésus » et accepter son salut.

mercredi 19 août 2009

Conseils pour favoriser la croissance des églises locales (en bref)

Auteur : Pierre-Alain Giffard


Cet article résume différentes caractéristiques de plusieurs Églises en croissance observées par George G. Hunter III. 


En résumé, ces Églises se consacrent 1) à l’évangélisation des non-croyants et non-pratiquants ; 2) à la prière et au renouvellement spirituel des membres ; 3) à la croissance, à la formation et à l’implication des membres ; 4) à répondre aux besoins de leur milieu ; 5) à discerner les dons des membres et à stimuler leur créativité ; 6) à créer une structure de petits groupes ; 7) à faire correspondre leurs célébrations et leurs activités aux attentes du milieu ; 8) à bâtir des célébrations pour personnes en recherche. 


Ces caractéristiques donnent à ces Églises une allure particulière au sein même de leur propre dénomination, mais elles sont souvent plus dynamiques et connaissent une croissance souvent remarquable. Grâce à leur structure de petits groupes, elles peuvent se développer tout en conservant la chaleur de la communion fraternelle.

L’organisation particulière de ces Églises leur permet de pratiquer une évangélisation efficace dont le processus peut se décrire comme suit :

✓ Dans un premier temps, les membres de la communauté chrétienne sont encouragés à créer des liens d’amitié avec les sans-Églises (les non-croyants et non-pratiquants) ;
✓ Les membres de la communauté chrétienne prient pour que Dieu leur donne l’occasion de témoigner de leur foi ;
✓ Les chrétiens saisissent les occasions qui se présentent pour partager la Bonne Nouvelle ;
✓ Les sans-Églises qui reçoivent un témoignage sont invités à une célébration pour personnes en recherche ou à des petits groupes auxquels ils reviendront pendant quelques mois ;
✓ S’ils ne sont pas baptisés, les sans-Églises sont alors invités à une formation pour recevoir le baptême ;
✓ Les personnes nouvellement baptisées, ou les baptisés qui assistent depuis un certain temps aux célébrations pour personnes en recherche, sont invités aux assemblées du dimanche et grandissent dans leur foi en participant à des parcours ou à des séminaires de croissance ;
✓ Les nouveaux chrétiens découvrent leurs dons et deviennent à leur tour missionnaires.

Dans leur désir de rejoindre les personnes non-croyantes ou non-pratiquantes, ces Églises se donnent certains critères d’action :

✓ Les besoins des sans-Églises déterminent (ou façonnent) les pastorales et les activités de la communauté chrétienne ;
✓ Les désillusions des sans-Églises face à l’Église déterminent les « stratégies » d’évangélisation ;
✓ La culture des sans-Églises détermine le style des célébrations ;
✓ La population des sans-Églises détermine les objectifs de croissance.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.



LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE