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vendredi 5 avril 2013

Célébrations et croissance de l’Église

Pierre-Alain Giffard © tous droits réservés

Les recherches du Mouvement pour la croissance de l’Église font ressortir qu’un certain style de célébration est un facteur très important pour faire croître une communauté chrétienne. Il y a des façons de célébrer qui permettent à l’Église de mieux rejoindre les personnes qui ne sont pas croyantes ou qui ne cheminent pas en Église. De quel style de célébration s’agit-il? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

La musique et les chants

Les communautés chrétiennes qui se sont développées ces dernières années en Amérique du Nord ont, pour la plupart, adopté un style de musique chrétienne contemporain. Deux exemples de ce style de musique peuvent être écoutés ici :


Ce style de musique est apprécié par presque toutes les générations et permet de ne pas mettre d’obstacles culturels à l’annonce de l’Évangile.

Donald McGavran, missionnaire et fondateur du Mouvement pour la croissance de l’Église, insiste pour dire que les hommes et les femmes préfèrent devenir chrétiens sans avoir à traverser des barrières culturelles.
Les Églises en croissance utilisent des instruments et des airs de musique contemporains mais cela ne les empêche pas d’avoir des célébrations empreintes de beauté et de profondeur. Ce style de musique apporte aussi beaucoup de vitalité et d’allégresse.

Notons toutefois, qu’il y a aussi des communautés chrétiennes, moins nombreuses, qui se développent avec un style de musique plus traditionnel. C’est le cas de la communauté de Taizé dont les chants sont profonds, méditatifs et facile à apprendre.


L’environnement / l’ambiance

L’environnement dans lequel se déroulent les célébrations est aussi important que la célébration elle-même. L’ambiance devrait être informelle, accueillante, sans jugements, vivante et vibrante. Et pour aider les participants à communier au sacré, une célébration doit être révérencieuse et profonde en évitant toute superficialité et tendance au spectacle.
Il y a aussi la question d’intensité et de rythme. Avec le peu de temps que les gens sont disposés aujourd’hui à accorder à une célébration, avons-nous le souci de bien utiliser le temps qu’ils nous offrent ? Mieux vaut penser en termes de qualité et d’intensité plutôt que de quantité et de longueur.


L’annonce de la Parole (la célébration de la Parole)

Le style de la prédication va souvent déterminer s’il y aura de la croissance ou non explique le pasteur Yonggi Cho[1].

Pour contribuer à la croissance de l’Église, l’annonce de la Parole doit être inspirée et permettre aux auditeurs de trouver, par l’Évangile, des solutions aux défis et aux difficultés de leur vie quotidienne. Le pasteur Cho estime que l’annonce de la Parole devrait toujours avoir un objectif. Dans ses prédications, il se donne pour objectif d’aider les gens 1) à rencontrer personnellement Jésus-Christ; 2) à mieux servir Dieu et le prochain et; 3) à réussir dans leur vie.

Ce pasteur commence toujours en parlant de la bonté de Dieu et il essaye de construire ses enseignements afin qu’ils répondent aux besoins des auditeurs.

Pour lui, une relation intime avec le Saint-Esprit est un élément primordial. C’est au contact de sa Présence qu’on reçoit, dit-il, l’inspiration et l’onction pour le message dont l’assemblée a besoin : Si je n’ai pas l’onction de l’Esprit, mon message n’engendrera aucun résultat, quel que soit le temps consacré à la préparation du sermon[2].

Dans une optique charismatique, une prédication inspirée déclenche une effusion de l’Esprit-Saint sur les auditeurs. C’est ce que l’on retrouve, à plusieurs reprises, dans les Actes des Apôtres : Pierre parlait encore quand l'Esprit Saint tomba sur tous ceux qui écoutaient la parole (…). Il les entendait en effet parler en langues et magnifier Dieu (Actes 10,44-46, voir aussi Actes 11,15).

La prédication est donc plus une question spirituelle qu’intellectuelle. C’est en effet l’Esprit de Dieu qui permet aux auditeurs de percevoir sa présence et qui dispose à accueillir la foi. L’annonce de la Parole devrait être préparée dans la prière et être soutenu par une équipe d’intercession. En demandant humblement à Dieu l’inspiration et l’effusion de l’Esprit, le prédicateur sera guidé pour savoir quoi dire et quoi enseigner. En effet, seul Dieu connaît les besoins des auditeurs et Lui seul peut toucher leurs cœurs et les conduire au salut!

Conclusion

Il y a un style de musique, de chant, de prédication ainsi qu’un environnement spécifique, qui favorise la croissance de l’Église. Ces différents aspects des célébrations ont une fonction de première annonce qui devraient conduire à rencontrer le Christ et à l’accueillir comme Sauveur et Seigneur (Ap 3, 20).

Une célébration aura avantage à être bien préparée et animée pour être vivante et vibrante. Comme le dit Christian Schwarz[3], les célébrations devraient être édifiantes, donner de la joie, de l’allégresse et une meilleure compréhension de la Parole.

Enfin, dans une célébration, il ne faudrait pas non plus oublier l’accueil, particulièrement celui envers les visiteurs ainsi que la prière pour les malades : Jésus envoya en effet ses disciples prêcher la bonne nouvelle de la conversion, chasser les démons et guérir les malades (Luc 9,2)!


[1] Le pasteur David Yonggi Cho est le fondateur de l'Église pentecôtiste Yoido Full Gospel Church. En 1958, il commença un ministère d’évangélisation dans un quartier très pauvre de Séoul et en l’espace de quarante ans, son Église atteint le nombre de 800.000 fidèles. Cf. Paul Yonggi Cho, Les cellules de maison et la vie de l’Église, p. 145.
[2] Paul Yonggi Cho, Les cellules de maison et la vie de l’Église, p. 120.
[3] Christian Schwartz est le directeur de l’Institut de Recherche pour le développement de l’Église. Il a écrit plusieurs livres sur la théorie et la pratique du développement de l’Église.

mardi 11 mai 2010

La croissance de l’église du pasteur Dale Galloway

Auteur: Pierre-Alain Giffard

L’église New Hope Community Church est un autre exemple de croissance ecclésiale remarquable. Son fondateur, le pasteur américain Dale Galloway, est un expert dans les groupes de maison et la formation de leaders laïcs. C’est en faisant de la prédication dans un cinéma ‘drive-in’ qu'il a démarré son église New Hope Community Church. Entre 1972 et 1995, il fit grandir le nombre de ses membres jusqu’à plus de 6000. Son église a reçu le prix du Guidepost Magazine : Meilleure église de l’année. Il est un pionnier de ce que les anglophones appellent need-meeting ministries, c’est-à-dire des pastorales d’églises dont les responsables sont des laïcs et qui fonctionnent en général sous forme de petits groupes pour rejoindre les besoins de leur milieu. Prédicateur très connu aux États-Unis, il a animé des séminaires et donné des conférences à des milliers de laïcs et ministres ordonnés. Des pasteurs du monde entier sont venus à son Institut pour la croissance des églises afin d’apprendre comment créer et animer des ministères laïcs. Quand il quitta sa fonction de pasteur en 1995, il y avait cinq cents pasteurs laïcs dans son église exerçant leur ministère dans cinq cents petits groupes de maison. Il a écrit treize livres, dont un des plus connus est 20/20 Vision (1986).

Dans son livre 20/20 Vision, Dale Galloway parle des orientations pastorales et missionnaires de sa communauté qui ont contribué à sa croissance. Dès les premières pages, il insiste, pour dire que Dieu veut la croissance numérique des églises :

Dieu veut la croissance de votre église et c’est sa volonté que vous appreniez personnellement, ainsi que vos frères chrétiens, à coopérer avec le Saint-Esprit pour que cela devienne réalité[1].

Comme le pasteur Cho, il parle aussi de l’importance de la vision. Pour lui, la vision aide à savoir pourquoi l’on agit et dans quelle direction l’on va. Il la définit comme la capacité de voir des choses alors qu’elles n’ont pas encore été réalisées[2]. Plus la vision est grande, plus l’église va devenir grande explique-t-il : Parlez-moi de votre vision et je vous prédirai votre avenir[3]. Elle est intiment reliée à la foi car, dit-il, la vision c’est voir les choses bien avant qu’elles ne se réalisent[4]. La vision vient de la capacité à visualiser les éléments de sa foi et c’est dans la communion avec l’Esprit Saint, dans la prière, que les pasteurs peuvent recevoir la vision que Dieu veut leur donner. La vision est très importante, dit-il, car avant de voir les choses se réaliser, il faut en avoir une image dans son esprit[5]. Elle demande maturation et prière, mais aussi qu’on la communique à la communauté avant même qu’elle ne soit réalisée.

Dale Galloway souhaite que la prière ait la première place dans son église. Pour lui, il est impossible qu’il y ait croissance sans prière. La vie et le développement de l’Église dépendent de l’Esprit Saint. Galloway fait donc de la prière sa priorité numéro un et souhaite que tous les membres de sa communauté aient une relation intime avec l’Esprit Saint. C’est aussi par l’amour vécu dans la communauté qu’il explique sa croissance : Le secret de notre croissance est l’amour[6]. L’amour motive, il unifie et crée une synergie. Quand les bénévoles se sentent aimés, ils veulent aider et travailler. L’amour crée l’unité, ainsi tous travaillent de concert et arrivent au succès.

Galloway estime que le pasteur doit être une personne qui montre la direction à prendre, qui sait voir les obstacles avant qu’ils n’arrivent, qui écoute les conseils et prend les décisions au bon moment. Il est un homme rempli de l’Esprit Saint qui communique le projet et l’identité de l’église. Rempli d’enthousiasme, il donne envie d’agir. Dale Galloway aime les gens, il se veut un homme de relations humaines qui dirige par l’amour et qui se mérite le droit de diriger des personnes dont il a la charge. Son rôle est de fixer des objectifs qui ont du sens et qui sont mesurables, mais il ne fait pas tout lui-même, il délègue ses responsabilités et ses tâches et s’appuie sur la motivation et les compétences de chacun. Il choisit ses employés, si possible parmi les personnes de sa communauté chrétienne car ils sont plus aptes à en saisir la vision. Il les rémunère autant que pour un emploi similaire qu’ils exerceraient ailleurs.

Dans son église, le plus grand nombre possible de membres reçoivent une formation afin d’exercer un ministère laïc. Rien n’est plus gratifiant pour les chrétiens, dit-il, que de se savoir instruments de Dieu. Comme le pasteur Cho, il a mis sur pied une structure de petits groupes qui permet l’implication active de la plupart des membres de sa communauté. Il aide les laïcs à réussir dans leur ministère, il les motive, il leur montre de l’amour et les récompense. Plus ils sont impliqués, plus ils sont récompensés.

Dale Galloway pratique aussi une évangélisation par objectifs de croissance numérique, et il insiste sur les notions de qualité et d’excellence. La poursuite de l’excellence dans la qualité des services proposés par l’église apporte le respect des non-célébrants (unchurched) et donne aux membres de l’église le sens de leur dignité. Les employés ont à être les premiers à en donner l’exemple afin que les personnes en contact avec l’église rendent gloire à Dieu. L’excellence devrait être recherchée dans toutes les activités de l’église: que ce soit la prédication, le décor, l’accueil, le système de son et d’éclairage. Elle doit aussi être poursuivie au niveau de la fraternité et de l’amour. Comme dans la grande majorité des églises évangéliques, on fait en chaire, pour les visiteurs ou les nouveaux, un appel à la conversion, à savoir une invitation à confier publiquement sa vie à Jésus et à accepter le salut[7]. Pour les personnes qui ont posé ce geste, une formation est donnée en vue du baptême et d’une alliance ou d’un engagement envers l’église.

Le pasteur accorde une grande importance aux célébrations: la musique, la prédication et même l’ambiance qu’il souhaite être celle de la fraternité et de l’amour inconditionnel : faites de toutes les célébrations un temps de réjouissance, conseille-t-il. Les célébrations visent à faire rencontrer Jésus et à faire advenir des miracles. Le pasteur estime que la chorale, la musique, les chants, la prédication, la prière, la fraternité aident à élever le cœur et font aimer Dieu. Il souhaite que les gens qui viennent à l’église aient l’impression « qu’il va se passer quelque chose » et que de fait cela se réalise. On pratique l’imposition des mains pour les besoins des membres.

Dans la mise sur pied des activités locales, un de ses principes est de répondre aux besoins du milieu, de soulager et de guérir les souffrances qui s’y trouvent : Trouvez un besoin et répondez-y, trouvez une blessure et guérissez là[8]. Il dit que les pasteurs devraient avoir un cœur de pionnier et d’entrepreneur. Il faut construire peu à peu, c’est-à-dire ajouter de nouvelles activités selon les capacités de la communauté. La communauté doit construire sur ses forces, mais aussi avoir le courage de regarder ses points faibles afin d’y remédier.

La stratégie idéale est l’innovation dans les activités ecclésiales et l’adaptation au milieu. Il souhaite ne jamais se laisser emprisonner dans une culture d’église ou des façons de faire qui ne sont plus pertinentes dans le temps présent et la culture actuelle. Il utilise le potentiel humain et matériel de l'église au maximum. Il assure une bonne accessibilité à l'édifice avec suffisamment d’espace de parking. Lorsque le lieu de culte est trop rempli, il préfère multiplier les services religieux que de se lancer trop tôt dans une nouvelle construction.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.






[1] D. GALLOWAY, 20/20Vision, Portland, Scott Publishing, 1986, p.9 (notre traduction).


[2] Ibid., p.24 (notre traduction).


[3] Ibid., p.32 (notre traduction).


[4] Ibid., p.29 (notre traduction).


[5] Ibid., p.34 (notre traduction).


[6] Ibid., p. 74 (notre traduction).


[7] Dans les églises évangéliques, cette démarche pastorale est courante, on peut même dire qu’elle fait partie du rituel. Les prédicateurs, après leur enseignement, exhortent les auditeurs qui s’y sentent interpellés à s’avancer face à l’autel et à répéter une prière de repentir. C’est une démarche de conversion initiale ou de renouvellement pour « recevoir Jésus » et accepter son salut.

vendredi 2 avril 2010

Projet de petites communautés consacrées à la croissance


Auteur: Pierre-Alain Giffard

La croissance d’une église commence souvent par une petite communauté de croyants dédiés à l’évangélisation des sans-églises. Nous présentons ici un exemple de projet pour ce type de petites communautés.


1. DESCRIPTION DU PROJET

a) Nature et but
Le projet de ces petites communautés est de nature missionnaire. Il vise à instaurer progressivement, dans un lieu donné, de nouvelles communautés fraternelles et missionnaires qui ont pour vocation l’évangélisation des sans-églises, la formation de disciples et la mise sur pied d’activités qui répondent aux besoins du milieu.

b) Vision
La vision d’un tel projet est la multiplication de communautés de foi structurées pour impliquer les laïcs dans la mission et pour témoigner de l’amour de Dieu. Elles peuvent constituer, dans la mesure de leur développement, la base de nouvelles communautés paroissiales.

c) Culture
Les mots clefs qui résument la culture de ce projet sont les suivants : Mission – formation – compassion – maturité spirituelle – multiplication. La diffusion de ces valeurs doit faire partie d’un processus continue au sein des petites communautés afin d’y développer une culture missionnaire et une synergie d’engagement.

d) Originalité du projet
L’originalité de ces communautés vient du fait qu’elles font de l’évangélisation auprès des sans-églises une priorité et qu’il leur est proposé aux nouveaux convertis une série de parcours qui les conduits par étapes sur la voie de la maturité spirituelle. Ils seront aussi formés progressivement pour pouvoir utiliser leurs dons dans des activités missionnaires de l’église.

2. DÉMARRAGE DU PROJET ET CONTENU DES PARCOURS

Dans une première étape, un petit groupe de chrétien, doté d'un esprit missionnaire est formé à la vision de ces petites communautés et aux méthodes d’évangélisation des sans-églises (voir l’article Aider les membres de son église à évangéliser de personne à personne).

Les personnes qu’il évangélise sont invitées dans un premier parcours. Le premier parcours consiste en une (petite) série d'enseignements dans lequel est proclamé le kérygme; à savoir 1) L'amour de Dieu; 2) Les conséquences du péché; 3) Le salut en Jésus-Christ, mort et ressuscité; 4) L'appel à la conversion et au baptême; 5) L'accueil du Saint Esprit; 6) Le cheminement en église.

Le but de ce premier parcours est de faire faire un acte de foi aux personnes présentes. Il y est aussi proposé une discipline de base pour croître spirituellement (lecture quotidienne de la Bible, prières, association avec d'autres chrétiens, persévérance dans les parcours de formation proposés par la communauté). Il peut aussi être demandé aux membres de participer en groupe à des activités de renouvellement spirituel ainsi qu’à des activités pour aider les démunis et les malades. Ce parcours incitera aussi les participants à recevoir le baptême et/ou d'autres sacrements selon les pratiques particulières des églises.

Le deuxième parcours présente différentes approches d'évangélisation des sans-églises. Les participants peuvent être appelées à témoigner de leur conversion dans des activités du premier parcours. À la fin de ce deuxième parcours, ils s'engagent à évangéliser et à mieux témoigner du Christ par toute leur vie.

Le troisième parcours permet aux participants d’approfondir leur foi car ils y reçoivent un enseignement plus systématique et approfondi des différents aspects de leur foi. Pour les églises à caractère charismatique, il peut y avoir un enseignement sur les dons spirituels.

Le quatrième parcours vise à aider les participants à découvrir leurs dons, leurs intérêts et leurs disponibilités afin de pouvoir éventuellement s'engager dans une des activités de l'église à laquelle est reliée la petite communauté missionnaire. À la fin de ce parcours, il est proposé aux membres de s'engager pour un an dans une ou l’autre des activités de l’église.

Le cinquième parcours est plus pratique que théorique car les personnes s’impliquent dans une des activités missionnaires.  Ils y sont  formés dans l’action.  Son but est de faire faire l’expérience de Dieu dans l’engagement, de porter du fruit et d’évangéliser à travers une des activités de l’église.

Le sixième parcours vise à former au leadership des personnes qui semblent en avoir l'aptitude. Le contenu de ce parcours peut être à la fois théorique et pratique. Ceux qui l'on suivi avec succès peuvent s'engager durant un an comme leaders dans une des activités de l’église.

Le cheminement proposé aux nouveaux convertis comprend donc plusieurs parcours en séquence qui contribuent à la maturité spirituelle. La progression des parcours est présentée ci-dessous.

Toutes les activités de l’église devraient avoir un but  missionnaire, c'est-à-dire que ceux et celles qui les réalisent devraient viser à évangéliser et à faire croître l'église à travers leur engagement particulier. Si par exemple des personnes se sont engagées à servir Dieu dans le ministère de la musique ou de la chorale, celles-ci devraient essayer de toucher les cœurs et d'amener au salut les personnes qui les écoutent. Il en est de même pour celles qui pourraient s’occuper de l’accueil, de l’aide auprès des pauvres, etc.

La personne qui démarre le processus de formation devra être capable d’animer et de coordonner l’ensemble des parcours. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’elle pourra déléguer à d’autres l’animation des parcours après avoir découvert et formé des leaders/animateurs.

3. AUTRES ACTIVITÉS À METTRE EN PLACE


Outre les parcours de croissance les petites communautés mettront en place d’autres activités. Nous en décrivons ci-dessous quelques-unes :

· Formation et suivi des responsables.
· Activités de renouvellement et de croissance spirituelles des membres (prières, célébrations, adoration, retraites, etc.).
· Activités d’évangélisation.
· Activité de fraternisation.
· Accueil et suivi des nouveaux.
· Célébrations pour personnes en recherche.
· Parrainage / « coaching ».
· Activité de découverte des aspirations et des besoins du milieu.
· Catéchèses pour enfants.
· Rencontres en petits groupes (églises domestiques/églises de maison).
· Activités pour connaître les besoins et les aspirations du milieu (interne et externe).
· Activités de compassion pour répondre aux besoins de la communauté.
· Activités de compassion pour répondre aux besoins du milieu.
· Réalisation d’un site Internet de qualité.
· Activités d'évaluation et d'amélioration continue.

4. OREINTATIONS PASTORALE ET MISSIONNAIRES PARTICULIÈRES

Afin de favoriser leur développement les communautés adopteront certaines orientations pastorales et missionnaires :

· Constituer un réseau d'intercesseurs pour soutenir le projet.
· Rédiger un énoncé de mission clair et mémorisable qui fasse ressortir la vocation à l'évangélisation et à la croissance de la communauté.
· Choisir les activités en fonction de l’énoncé de mission.
· Communiquer la conviction que Dieu souhaite non seulement la croissance des membres (leur maturité spirituelle) mais aussi la croissance visible des communautés.
· Planifier, fixer des objectifs mesurables, suivre les progrès accomplis, évaluer et ajuster.
· Tenir compte des capacités et des disponibilités de chacun avant de lancer des activités.
· Approfondir la connaissance du milieu pour adapter les services aux besoins et aux aspirations des personnes qui s'y trouvent.
· Créer des célébrations vivantes et de qualité qui adaptent le style de louange aux différents groupes que l’on cherche à rejoindre et à interpeller.
· Mettre l’emphase sur l’accueil du Saint-Esprit et la pratique des dons spirituels (charismes).
· Créer des petits groupes par affinités spirituelles ou missionnaires.
· Garder l’équilibre entre les différentes fonctions de l’église : évangélisation, fraternisation, célébration, formation de disciples, engagement social.
· Concentrer ses efforts d’évangélisation sur les groupes les plus réceptifs.
· Fonctionner par petits groupes de maison.
· Utiliser un vocabulaire compréhensible par tous.
· Continuer à rechercher et à enseigner les facteurs qui favorisent la croissance des églises.
· Se donner des points de repère (mesurables) pour une culture de croissance équilibrée et saine.

5. PRÉVOIR CERTAINS RISQUES

La prévision des risques vise à mieux faire ressortir certains écueils possibles associés à un projet afin d’éviter certaines difficultés en cours de route. Dans le développement d’un projet, comme dans toute entreprise, certains risques peuvent particulièrement être associés à la recherche d’efficacité. Ainsi, dans la gestion et l’animation du projet des petites communautés missionnaires, il faudra veiller à ce que les membres ne soient jamais considérés comme de simples « outils » au service de la croissance mais bien comme des personnes. Certes, le souci de la croissance n’est pas mauvais en soi, au contraire, mais à celui-ci doit s’ajouter ceux de l'équilibre et de la santé.

Le développement du projet sera équilibré si l’on prend soin de mettre en œuvre les différentes fonctions de l’église (évangélisation, mais aussi célébration, fraternité, charité, formation des membres et des responsables et développement des ministères laïcs).

Le développement sera sain si les responsables sont en premier lieu au service des personnes plutôt qu’au service de la croissance organisationnelle proprement dite. Les responsables et les personnes impliquées dans les activités des communautés  missionnaires auront aussi à veiller à ne pas négliger leur santé ou leur vie familiale. Il leur faudra enfin s’assurer que la formation proposé dans les communautés amène bien les membres à une santé intégrale : spirituelle, psychologique et physique.


6. PLAN DE DEVELOPPEMENT


Cette dernière partie présente une ébauche de plan d'action pour le démarrage des petites communautés missionnaires. La partie des tâches sera complétée au fur et à mesure avec l’aide de l’équipe de démarrage.

Étapes Objectifs Tâches
1. Trouver des chrétiens qui feront partie d’une équipe de démarrage · Présenter le projet des petites communautés dans son ou ses églises locales et demander s’il y a des personnes intéressées à participer à une équipe de démarrage. Prendre leurs noms et leurs numéros de téléphone.
· Choisir parmi les personnes intéressées celles qui feront partie de cette première équipe
2. Présenter plus en détail la vision du projet · Réunir l’équipe de démarrage et lui présenter le projet en détail et recevoir des commentaires.
· Ajuster le projet et le plan d’action
· Commencé à définir les tâches avec l’équipe de pilotage pour, petit à petit réaliser les objectifs.
3. Faire participer l’équipe de démarrage à des activités de renouvellement spirituel (Séminaire dans l’Esprit, prières d’intercessions et de confessions, etc.)
4. Constituer un réseau d’intercesseurs
5. Constituer un premier site web sommaire permettant de diffuser les progrès du projet et de mieux communiquer avec l’équipe de démarrage
6. Concevoir et rédiger un énoncé de mission mémorisable pour l’ensemble des petites communautés
7. Former des membres de la première communauté à l’évangélisation des sans-églises
8. Préparer le lancement officiel du projet · Choix d’un nom peut-être différent pour le projet
· Logo
· Plaquette (ou dépliant) de présentation
· Affichettes
· Publications d’articles
· Réalisation d'une vidéo pour présenter le projet
9. Lancer le projet
10. Commencer les efforts d’évangélisation auprès des sans-églises
11. Insérer les personnes évangélisées dans les parcours dans les communautés · Création de célébrations pour personnes en recherche
12. Étudier continuellement le milieu · Tâcher de discerner les besoins et la réceptivité des sans-églises.
· Définir un groupe cible.
· Faire un sondage auprès des personnes du milieu notamment pour découvrir leurs objections face à la pratique religieuse.
13. Choisir des critères et des mesures pour évaluer les activités
14. Choisir de critères pour mesurer la maturité spirituelle des membres des communautés missionnaires
15. Multiplier les communautés
16. Évaluer les progrès accomplis
17. Ajuster les activités selon les résultats de l’évaluation

ANNEXE : Orientations pastorales qui favorisent la croissance des communautés chrétiennes


1. Faire de la première annonce (l’évangélisation des sans-églises) la priorité pastorale;
2. Favoriser le renouveau spirituel des membres;
3. Former et impliquer les laïcs;
4. Formuler et communiquer une vision;
5. Définir des objectifs mesurables;
6. Planifier;
7. Acquérir une bonne connaissance du milieu;
8. Former des leaders laïcs;
9. Tâcher de répondre aux besoins du milieu;
10. Mettre sur pied une structure de petits groupes;
11. Impliquer les membres selon leurs dons et leurs talents;
12. Mobiliser et former l’ensemble des membres de l’église pour évangéliser;
13. Inviter les chrétiens à témoigner auprès de leurs proches;
14. Concentrer ses efforts sur les personnes réceptives;
15. Concevoir des célébrations dynamiques avec un style de musique contemporain;
16. Mettre sur pied des célébrations ou des groupes d’accueil pour les personnes en recherche;
17. Augmenter la capacité d’accueil et de parrainage des membres de l’église;
18. Augmenter l’enthousiasme et la ferveur des membres;
19. Adapter les structures matérielles de l’église à la mission;
20. Rechercher de façon continue ce qui contribue à la croissance des églises et former les responsables.

vendredi 24 avril 2009

Six valeurs organisationelles essentielles pour la croissance

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Six valeurs organisationnelles devraient accompagner tout projet de croissance ecclésial. Ces valeurs sont représentées dans le schéma ci-dessous :


Cliquer sur l'image pour l'agrandir


La recherche de l’efficacité

Rechercher l’efficacité, c’est chercher à arriver aux buts fixés. D’après Yves Saint-Arnaud, la poursuite de l’efficacité aide l’être humain à s’actualiser. Rechercher l’efficacité, c’est aussi chercher à être plus compétent pour faire croître la communauté chrétienne. C’est laisser l’Esprit Saint prendre plus de place car c’est Lui qui donne puissance et fécondité aux activités de l’Église.

La recherche de la santé

Certains problèmes pourraient surgir si l’on accorde trop d’importance à la poursuite de l’efficacité. En effet, les membres de la communauté chrétienne peuvent progres-sivement être considérés, non plus comme des personnes, mais comme des outils au service de la croissance. Il peut s’en suivre une atmosphère malsaine, due aux pressions et aux manipulations faites sur les membres. Prendre en compte la valeur de la santé veut dire respecter les membres, consi-dérer leurs autres responsabilités (obligations familiales, associatives, professionnelles, sociales, etc.) et accroître leur satisfaction et leur bien-être dans leur engagement au service de l’Église.

La recherche de l’équilibre

Rechercher seulement l’efficacité au nom de la croissance présente aussi le risque de tronquer l’Église d’une ou de plusieurs de ses fonctions essentielles. Par exemple, les activités sociales d’aide aux pauvres et aux démunis à l’inté-rieur et à l’extérieur de la communauté chrétienne peuvent être mises de côté au profit des activités d’évangélisation des sans-Églises. La poursuite d’efficacité devrait donc non seulement être au service des personnes, mais aussi au service du développement intégral de l’Église.

La recherche de santé et d’équilibre vise entre autres : 

✓ que les pasteurs ne négligent pas leur vie familiale ni leur santé au nom du développement de la commu-nauté chrétienne ;
✓ que les différentes fonctions de l’Église soient déve-loppées de façon égale ;
✓ que la formation des disciplines amène les membres de la communauté chrétienne à la santé intégrale (spirituelle, psychologique et physique) ;
✓ que les membres ne soient pas considérés comme des moyens et utilisés pour développer l’Église.

La recherche de la justice

Pratiquer la justice, c’est être équitable ; c’est respecter le droit de chacun ; c’est payer un juste salaire à ses employés et leur offrir une assurance médicale et une pension de vieil-lesse. C’est chercher à résoudre les problèmes qui peuvent se présenter de manière à ce que tout le monde gagne. C’est aussi admettre ses fautes et chercher à les réparer. La règle d’or de la justice : traiter les autres comme on voudrait être traité soi-même.

La recherche de l’intégrité

Être intègre au niveau organisationnel, c’est, entre autres, respecter les droits d’auteurs, payer ses impôts et organiser la vérification indépendante des états financiers de l’organi-sation (audit externe). C’est aussi éviter toute corruption et n’importe quelle autre fraude.

La recherche de la qualité


Le Père a donné à l’humanité, pour son salut, ce qu’il avait de meilleur, à savoir son Fils. De même, les chrétiens, dans leur désir de plaire à Dieu, devraient tout faire de leur mieux. Viser la qualité, c’est tout faire avec amour comme si c’était pour Jésus. C’est aussi rechercher la satisfaction de l’assemblée vis-à-vis des activités de l’Église (célébrations, garde d’enfants, enseignements, accueil, etc.). Par ailleurs, la recherche de la vérité est inséparable de la recherche de la qualité.

La recherche de l’innovation


L’Esprit Saint, qui « fait toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5), est la source du renouvellement perpétuel de l’Église. Ce renouvellement devrait s’étendre à toutes les dimensions de l’Église (activités, structure, musique, culture, etc.). L’innovation est un synonyme d’adaptation. En tenant compte du milieu dans lequel elle est implantée (ou sur lequel elle est greffée), la communauté chrétienne peut améliorer ses activités afin de mieux rejoindre les sans-Églises qui s’y trouvent ; elle peut ajuster les prédications, les célébrations et les services aux besoins et à la culture des sans-Églises.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.

LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE