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vendredi 5 juillet 2013

La croissance de l’Église “Crossroads”

Auteur: Pierre-Alain Giffard

De 1987 à 2005, Mark Fuller a été le pasteur de l’Église évangélique Crossroads Church (l’Église Croisée des chemins) qui est passée de 300 membres à plus de 1300 en 18 ans. Sa croissance a été constante et n’a jamais stagné.

Mark Fuller explique ainsi sa croissance[1] :

· un leadership visionnaire;

· une bonne compréhension du combat spirituel (spiritual authority);

· une communauté chrétienne prête à suivre son leader;

· une communauté chrétienne qui accepte de changer et de faire les sacrifices nécessaires et;

· une vision pour les perdus, c'est-à-dire une priorité pastorale pour rejoindre et incorporer au Corps du Christ des personnes qui ne connaissent pas Jésus ou qui ne le suivent pas.

Un jour Mark Fuller posa une question à John Maxwell[2], un expert mondial en leadership : « quelle est la clé pour faire croître une église de 500 membres ? » Ce dernier pointa son doigt vers lui et lui dit : « vous ». Réalisant que pour développer sa communauté chrétienne et il lui fallait aussi permette à Dieu de le faire grandir, il se mit à genoux, pria et médita la Bible. C’est alors qu’un passage du livre de l'Exode le toucha profondément, celui dans lequel Jéthro donne des conseils à Moïse (Exode 18,13-27).

En relisant ces versets, il comprit à quel point le ministère de Moïse était prophétique et cela l’encouragea à mettre plus d’emphase sur son propre ministère de prédication. Il remarqua aussi combien Moïse était visionnaire: il allait donc adopter un style de leadership visionnaire en passant désormais une bonne partie de son temps à communiquer une vision pour son Église. Finalement, il lut comment Moïse délégua l’œuvre de son ministère. Il décida donc de passer aussi une grande partie de son temps à former des leaders.

Ces trois éléments sont devenus les piliers de sa vie et de son ministère : prêcher, projeter une vision et développer des leaders. Il lui fallut plusieurs années pour les intégrer dans son pastorat, mais aujourd'hui il y consacre 95 pour cent de son temps. Ce fut à la fois difficile et libérateur, mais il considère que John Maxwell avait bien raison de dire qu’une communauté chrétienne ne peut pas grandir si le pasteur ne grandit pas lui-même.

Au cours de ses 18 années à la tête de l’Église Crossroads, Mark Fuller, il vit beaucoup de nouveautés dans la manière dont les Églises s’organisent et célèbrent, y compris l’émergence des petits groupes (cellules d’évangélisation et autres petites communautés de base). Pour lui, un des changements les plus importants et les plus bénéfiques pour son Église fut au niveau de la gouvernance.

Pour assurer la croissance, il fit passer sa communauté d’une Église dirigée par un conseil de bénévoles à une Église dirigée par du personnel professionnel rémunéré. Cette transition ne fut pas facile, mais Mark Fuller estime qu’il ne faut pas chercher à engager des personnes simplement pour remplir des fonctions pastorales; il faut plutôt chercher à engager des personnes qui ont un réel sens du leadership. Si on met en place les bonnes personnes, explique-t-il, alors le reste suit : la vision, la direction et les activités pastorales (programmes) pertinentes. Pour qu’une Église dépasse les 500 membres, il est, d’après lui, nécessaire de faire cette transition[3].

Un autre changement important qu’il opéra fut d’adopter un style de musique contemporaine pour les célébrations. Comme dans la plupart des communautés chrétiennes qui font ce choix, cela engendra des tensions, mais il eut la sagesse d’introduire ces changements en douceur. Cela fait partie, dit-il, des talents d’un leader : savoir quand mette un peu de pression pour faire avancer les choses et savoir quand donner du mou pour insister ailleurs. Mark Fuller souhaite que le style de musique de son Église soit en constante mouvance, car si celui-ci se fige, estime-t-il, il est très difficile de changer par la suite.

Pour ce pasteur, la louange et l’adoration ne sont pas tant une question de style qu’une question de cœur. Il s’agit avant tout de créer une atmosphère qui permette aux personnes présentes de communier avec Dieu et d’être réceptifs à la parole de Dieu. Les animateurs et les musiciens ne sont pas des vedettes, mais des signes qui pointent vers Dieu[4].

Dans son Église, ce sont les célébrations des weekends, et non pas les grands événements extérieurs, qui constituent les portes d’entrée, qui attirent des nouvelles personnes. Les gens viennent à l'Église parce que leur cœur est vide; ils ont des problèmes financiers, de couple ou avec leurs enfants, et tout ceci provoque une faim de Dieu.

Mark Fuller est convaincu que pour faire croitre une Église, il faut s’occuper en priorité des personnes qui ne sont pas là ainsi que des personnes qui ne viennent pas régulièrement aux célébrations afin de les rejoindre et de les incorporer à la communauté chrétienne[5]. Tout ce que l'Église fait, elle devait le faire pour amener au Christ les personnes qui ne le connaissent pas. Il n’a toutefois pas de public cible : une génération, un groupe d'âge ou une culture particulière. Il fait tout pour créer, durant les célébrations, une atmosphère  qui permette aux personnes qui ont soif de Dieu de le rencontrer personnellement.

Son style de prédication est « conversationnel ». Il prêche, en s’imaginant assis autour d'un café avec l’auditoire et vise à répondre aux questions que des non-chrétiens peuvent se poser face à la Parole annoncée. L’auditoire est toujours libre de réagir et de répondre à son message.

Mark Fuller est enfin un fervent partisan des petits groupes. Il y en a trois sortes dans son Église: des petits groupes d’évangélisation, des groupes qui se réunissent autour d’une pastorale (ministère) particulière et des groupes d’enseignements. Ils sont tous de différentes tailles et appelés des groupes de connexion. La moitié des membres de son Église actuelle en font partie. Leur point commun? Vivre la sollicitude fraternelle, l’apprentissage et le service[6].


[1] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.143-144.

[2] John Maxwell est depuis plus de vingt ans un leader et un communicateur efficace et passionné. Il est le fondateur d'INJOY, une organisation qui se consacre à aider les gens à développer leur potentiel personnel et leur potentiel de leadership. Il est l'auteur de « Les 21 lois irréfutables du leadership », « les 17 lois infaillibles du travail en équipe » et « Devenez ce que vous devriez être », entre autres. (Source : goo.gl/LBwLw).

[3] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.144-145.

[4] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.145-146.

[5] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.146-147.

[6] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.148.

mardi 11 mai 2010

La croissance de l’église du pasteur Dale Galloway

Auteur: Pierre-Alain Giffard

L’église New Hope Community Church est un autre exemple de croissance ecclésiale remarquable. Son fondateur, le pasteur américain Dale Galloway, est un expert dans les groupes de maison et la formation de leaders laïcs. C’est en faisant de la prédication dans un cinéma ‘drive-in’ qu'il a démarré son église New Hope Community Church. Entre 1972 et 1995, il fit grandir le nombre de ses membres jusqu’à plus de 6000. Son église a reçu le prix du Guidepost Magazine : Meilleure église de l’année. Il est un pionnier de ce que les anglophones appellent need-meeting ministries, c’est-à-dire des pastorales d’églises dont les responsables sont des laïcs et qui fonctionnent en général sous forme de petits groupes pour rejoindre les besoins de leur milieu. Prédicateur très connu aux États-Unis, il a animé des séminaires et donné des conférences à des milliers de laïcs et ministres ordonnés. Des pasteurs du monde entier sont venus à son Institut pour la croissance des églises afin d’apprendre comment créer et animer des ministères laïcs. Quand il quitta sa fonction de pasteur en 1995, il y avait cinq cents pasteurs laïcs dans son église exerçant leur ministère dans cinq cents petits groupes de maison. Il a écrit treize livres, dont un des plus connus est 20/20 Vision (1986).

Dans son livre 20/20 Vision, Dale Galloway parle des orientations pastorales et missionnaires de sa communauté qui ont contribué à sa croissance. Dès les premières pages, il insiste, pour dire que Dieu veut la croissance numérique des églises :

Dieu veut la croissance de votre église et c’est sa volonté que vous appreniez personnellement, ainsi que vos frères chrétiens, à coopérer avec le Saint-Esprit pour que cela devienne réalité[1].

Comme le pasteur Cho, il parle aussi de l’importance de la vision. Pour lui, la vision aide à savoir pourquoi l’on agit et dans quelle direction l’on va. Il la définit comme la capacité de voir des choses alors qu’elles n’ont pas encore été réalisées[2]. Plus la vision est grande, plus l’église va devenir grande explique-t-il : Parlez-moi de votre vision et je vous prédirai votre avenir[3]. Elle est intiment reliée à la foi car, dit-il, la vision c’est voir les choses bien avant qu’elles ne se réalisent[4]. La vision vient de la capacité à visualiser les éléments de sa foi et c’est dans la communion avec l’Esprit Saint, dans la prière, que les pasteurs peuvent recevoir la vision que Dieu veut leur donner. La vision est très importante, dit-il, car avant de voir les choses se réaliser, il faut en avoir une image dans son esprit[5]. Elle demande maturation et prière, mais aussi qu’on la communique à la communauté avant même qu’elle ne soit réalisée.

Dale Galloway souhaite que la prière ait la première place dans son église. Pour lui, il est impossible qu’il y ait croissance sans prière. La vie et le développement de l’Église dépendent de l’Esprit Saint. Galloway fait donc de la prière sa priorité numéro un et souhaite que tous les membres de sa communauté aient une relation intime avec l’Esprit Saint. C’est aussi par l’amour vécu dans la communauté qu’il explique sa croissance : Le secret de notre croissance est l’amour[6]. L’amour motive, il unifie et crée une synergie. Quand les bénévoles se sentent aimés, ils veulent aider et travailler. L’amour crée l’unité, ainsi tous travaillent de concert et arrivent au succès.

Galloway estime que le pasteur doit être une personne qui montre la direction à prendre, qui sait voir les obstacles avant qu’ils n’arrivent, qui écoute les conseils et prend les décisions au bon moment. Il est un homme rempli de l’Esprit Saint qui communique le projet et l’identité de l’église. Rempli d’enthousiasme, il donne envie d’agir. Dale Galloway aime les gens, il se veut un homme de relations humaines qui dirige par l’amour et qui se mérite le droit de diriger des personnes dont il a la charge. Son rôle est de fixer des objectifs qui ont du sens et qui sont mesurables, mais il ne fait pas tout lui-même, il délègue ses responsabilités et ses tâches et s’appuie sur la motivation et les compétences de chacun. Il choisit ses employés, si possible parmi les personnes de sa communauté chrétienne car ils sont plus aptes à en saisir la vision. Il les rémunère autant que pour un emploi similaire qu’ils exerceraient ailleurs.

Dans son église, le plus grand nombre possible de membres reçoivent une formation afin d’exercer un ministère laïc. Rien n’est plus gratifiant pour les chrétiens, dit-il, que de se savoir instruments de Dieu. Comme le pasteur Cho, il a mis sur pied une structure de petits groupes qui permet l’implication active de la plupart des membres de sa communauté. Il aide les laïcs à réussir dans leur ministère, il les motive, il leur montre de l’amour et les récompense. Plus ils sont impliqués, plus ils sont récompensés.

Dale Galloway pratique aussi une évangélisation par objectifs de croissance numérique, et il insiste sur les notions de qualité et d’excellence. La poursuite de l’excellence dans la qualité des services proposés par l’église apporte le respect des non-célébrants (unchurched) et donne aux membres de l’église le sens de leur dignité. Les employés ont à être les premiers à en donner l’exemple afin que les personnes en contact avec l’église rendent gloire à Dieu. L’excellence devrait être recherchée dans toutes les activités de l’église: que ce soit la prédication, le décor, l’accueil, le système de son et d’éclairage. Elle doit aussi être poursuivie au niveau de la fraternité et de l’amour. Comme dans la grande majorité des églises évangéliques, on fait en chaire, pour les visiteurs ou les nouveaux, un appel à la conversion, à savoir une invitation à confier publiquement sa vie à Jésus et à accepter le salut[7]. Pour les personnes qui ont posé ce geste, une formation est donnée en vue du baptême et d’une alliance ou d’un engagement envers l’église.

Le pasteur accorde une grande importance aux célébrations: la musique, la prédication et même l’ambiance qu’il souhaite être celle de la fraternité et de l’amour inconditionnel : faites de toutes les célébrations un temps de réjouissance, conseille-t-il. Les célébrations visent à faire rencontrer Jésus et à faire advenir des miracles. Le pasteur estime que la chorale, la musique, les chants, la prédication, la prière, la fraternité aident à élever le cœur et font aimer Dieu. Il souhaite que les gens qui viennent à l’église aient l’impression « qu’il va se passer quelque chose » et que de fait cela se réalise. On pratique l’imposition des mains pour les besoins des membres.

Dans la mise sur pied des activités locales, un de ses principes est de répondre aux besoins du milieu, de soulager et de guérir les souffrances qui s’y trouvent : Trouvez un besoin et répondez-y, trouvez une blessure et guérissez là[8]. Il dit que les pasteurs devraient avoir un cœur de pionnier et d’entrepreneur. Il faut construire peu à peu, c’est-à-dire ajouter de nouvelles activités selon les capacités de la communauté. La communauté doit construire sur ses forces, mais aussi avoir le courage de regarder ses points faibles afin d’y remédier.

La stratégie idéale est l’innovation dans les activités ecclésiales et l’adaptation au milieu. Il souhaite ne jamais se laisser emprisonner dans une culture d’église ou des façons de faire qui ne sont plus pertinentes dans le temps présent et la culture actuelle. Il utilise le potentiel humain et matériel de l'église au maximum. Il assure une bonne accessibilité à l'édifice avec suffisamment d’espace de parking. Lorsque le lieu de culte est trop rempli, il préfère multiplier les services religieux que de se lancer trop tôt dans une nouvelle construction.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.






[1] D. GALLOWAY, 20/20Vision, Portland, Scott Publishing, 1986, p.9 (notre traduction).


[2] Ibid., p.24 (notre traduction).


[3] Ibid., p.32 (notre traduction).


[4] Ibid., p.29 (notre traduction).


[5] Ibid., p.34 (notre traduction).


[6] Ibid., p. 74 (notre traduction).


[7] Dans les églises évangéliques, cette démarche pastorale est courante, on peut même dire qu’elle fait partie du rituel. Les prédicateurs, après leur enseignement, exhortent les auditeurs qui s’y sentent interpellés à s’avancer face à l’autel et à répéter une prière de repentir. C’est une démarche de conversion initiale ou de renouvellement pour « recevoir Jésus » et accepter son salut.

mercredi 30 décembre 2009

Processus d’évangélisation et de formation des disciples

Auteur : Pierre-Alain Giffard


 La plupart des églises en croissance ont conçu des parcours d’évangélisation et de croissance destinés à faire accepter Jésus comme Sauveur et Seigneur, à faire croître spirituellement les membres de la communauté chrétienne, à les impliquer dans la mission et à former des leaders.  Il s’agit d’un processus de formation en plusieurs étapes. À titre d’exemple, nous en avons schématisé un à la page suivante.

Ce processus de formation peut être commencé et animé par une seule personne ou un petit groupe dans la mesure où ses membres sont formés et dotés d'un esprit missionnaire. 



Dans une première étape, la personne responsable du petit groupe forme quelques membres à l’évangélisation auprès des non-chrétiens et des non-pratiquants (voir le huitième chapitre de la quatrième partie : Aider les membres de son église à évangéliser de personne à personne).

Les personnes ainsi évangélisées sont invitées dans un premier parcours. Celui-ci consiste en une (petite) série d'enseignements dans lequel est proclamé le kérygme; à savoir 1) L'amour de Dieu; 2) Les conséquences du péché; 3) Le salut en Jésus-Christ, mort et ressuscité; 4) L'appel à la conversion et au baptême; 5) L'accueil du Saint Esprit; 6) Le cheminement en église.

Le but de ce premier parcours est de faire faire un acte de foi aux personnes présentes. Il y est aussi proposé une discipline de base pour croître spirituellement (lecture quotidienne de la Bible, prières, association avec d'autres chrétiens, persévérance dans les parcours de formation proposés par la communauté chrétienne). Il peut aussi être demandé aux membres de participer en groupe à des activités de renouvellement spirituel ainsi qu’à des activités pour aider les démunis et les malades. Ce parcours incitera aussi les participants à recevoir le baptême et/ou d'autres sacrements selon les pratiques particulières des églises.

Le deuxième parcours présente différentes approches d'évangélisation des sans-églises. À la fin de celui-ci, les participants s'engagent à évangéliser et à mieux témoigner du Christ par toute leur vie.

Le troisième parcours permet aux participants d’approfondir leur foi car ils y reçoivent un enseignement systématique et approfondi des différents aspects de la foi et de la vie chrétienne.  Pour les églises à caractère charismatique, il peut y avoir un enseignement sur la pratique des dons spirituels.

Le quatrième parcours vise à aider les participants à découvrir leurs dons, leurs intérêts et leurs disponibilités afin de pouvoir éventuellement s'engager dans l’une ou l’autre des activités de la communauté chrétienne. À la fin de ce parcours, il est proposé aux membres de s'engager pour un an dans une ou l’autre des activités de l’église.

Le cinquième parcours est plus pratique que théorique car les personnes s’impliquent dans une des activités missionnaires.  Ils y sont  formés dans l’action.  Son but est de faire faire l’expérience de Dieu dans l’engagement, de porter du fruit et d’évangéliser à travers une des activités de la communauté chrétienne.

Le sixième parcours vise à former au leadership des personnes qui semblent en avoir l'aptitude. Le contenu de ce parcours peut être à la fois théorique et pratique. Ceux qui l'on suivi avec succès peuvent s'engager durant un an comme leaders dans une des activités de l’église.

Les activités inscrites sur le schéma ne sont pas exhaustives, mais il est important qu’elles se diversifient selon les quatre grandes fonctions de l'église:
  1. La fonction  cultuelle: Activités de célébrations et de prières  qui correspondent à la figure et à la mission du Christ Prêtre dans l'Évangile.
  2. La fonction prophétique: Activités d’évangélisation et d’enseignements qui correspondent à la figure et à la mission du Christ Prophète.
  3. La fonction  hodégétique: Activités de direction et de leadership dans la communauté chrétienne qui correspondent à la figure et à la mission du Christ Roi.
  4. La fonction  socioculturelle: Activités d’entre-aide et de solidarité envers les pauvres, de visite et de guérison des malades, qui correspondent à la figure et à la mission du Christ Sauveur.
L’équilibre et la diversification des activités de l’église autour de ces quatre pôles permettent de ne pas tronquer la mission d'une de ses composantes essentielles.

Toutes les activités de la communauté chrétienne devraient voir un but  missionnaire, c'est-à-dire que ceux et celles qui les réalisent devraient viser à évangéliser et à faire croître l'église à travers leur engagement particulier. Si par exemple des personnes se sont engagées à servir Dieu dans le ministère de la musique ou de la chorale, celles-ci devraient essayer de toucher les cœurs et d'amener au salut les personnes qui les écoutent. Il en est de même pour celles qui pourraient s’occuper de l’accueil, de l’aide auprès des pauvres, etc.

La personne qui démarre le processus de formation devra être capable d’animer et de coordonner l’ensemble des parcours. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’elle pourra déléguer à d’autres l’animation des parcours après avoir découvert et formé des leaders/animateurs.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.

lundi 12 octobre 2009

La croissance de l’Église du pasteur David Yonggi Cho

La croissance de l’Église Yoido Full Gospel Church et l’histoire de son pasteur coréen David Yonggi Cho sont tout à fait uniques et remarquables à bien des égards.

David Yonggi Cho commença son ministère d’évangélisation en rassemblant quelques personnes dans la maison de sa belle-mère. Ce petit groupe de chrétiens se multiplia si vite qu’il dû rapidement faire construire une première église (Seo-Dae-Mun). Et en seulement trois ans, celle-ci passa de cinq cents à deux mille six cents membres.

Peu de temps après, cherchant à tout faire lui-même, le pasteur s’épuisa et tomba gravement malade. Souhaitant malgré tout voir son Église continuer à se développer, il conçu une structure ecclésiale par groupes de maison qu’il appela cellules de maison. Ces cellules sont animées par des laïcs et tous les membres de l’Église sont appelés à y participer. Grâce à elles, les membres se sont multipliés et il lui fallut construire une nouvelle église qui fut nommée Yoido Full Gospel Church. Quarante ans plus tard, elle comptait huit cent mille membres.

Les cellules de maison sont des rassemblements de six à douze personnes qui se retrouvent une fois par semaine chez l’un des membres de l’Église. La mission de ceux qui y participent est d’évangéliser leur quartier. Les cellules n’existent pas pour elles-mêmes, mais spécifiquement pour annoncer l’Évangile, pour aller vers les autres. Elles fournissent un endroit où amener amis et voisins pour les conduire à Jésus-Christ. Un des passages bibliques qui parle de cette structure ecclésiale se trouve dans les Actes des Apôtres: Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés (Actes 2:46-47). Les premiers chrétiens avaient donc deux sortes de convocations ecclésiales; celles qui se déroulaient dans le temple et celles qui se déroulaient dans les foyers.

Pour accomplir leur mission de partager la Bonne Nouvelle les membres des cellules ne font pas de porte à porte : l’évangélisation par le porte à porte s’avère frustrante pour les chrétiens, parce que les résultats sont maigres[1] explique David Yonggi Cho. Le pasteur fixe des objectifs de croissance pour chacune des cellules et pour chaque district composé de plusieurs cellules. Les animateurs de cellules invitent les participants à être attentifs aux besoins des personnes de leur milieu. Tout ce qu’il y a à faire pour les membres des cellules, c’est de découvrir ces besoins, de rendre service pour y répondre, d'aimer les gens et de les aider, et très vite la cellule grandira. Les chrétiens de cette Église font donc des efforts importants pour créer des liens avec les personnes de leur entourage et les invitent ensuite dans les groupes de maison : lorsque les gens voient ce qui se passe dans nos cellules de maison, lorsqu’ils voient comment les croyants manifestent leur amour envers autrui, ils sont attirés vers ces cellules[2].

Une rencontre de cellule commence avec des prières et des chants, suivis d’une prière faite par une ou plusieurs personnes désignées, puis il y a une prédication de la Parole de Dieu en utilisant les notes du pasteur, et enfin une offrande (quête). La rencontre s’achève par des témoignages, la prière pour les malades et pour le baptême du Saint Esprit et une prière de clôture[3]. Un secrétaire est désigné ainsi qu’un trésorier pour chaque cellule. Au moment de la collecte hebdomadaire, le secrétaire a la responsabilité de compter la somme reçue et de tenir un registre. Le trésorier du groupe garde l’argent et le remet le dimanche suivant à la personne responsable.

Les cellules fonctionnent avec les laïcs. Moyennant une formation, ceux-ci, d’après le pasteur Cho, sont la ressource la plus efficace pour annoncer l’Évangile. Les responsables peuvent aussi mieux pourvoir aux besoins des membres de la communauté chrétienne. Au fur et à mesure que les cellules grandissent, les groupes sont divisés afin qu’il n’y ait pas plus de quinze familles par cellule. Les personnes sont rassemblées par groupes homogènes : jeunes avec jeunes, professions libérales avec professions libérales, étudiants avec étudiants, etc., plutôt que par répartition géographique.

Un élément essentiel : monsieur Cho précise que l’évangélisation des non-chrétiens doit être le but principal de l'Église et des cellules. Si les membres se rassemblent sans avoir comme premier objectif l’annonce de l’Évangile, les cellules n’engendreront pas de croissance. Le danger encouru est qu’elles ne visent qu’à la satisfaction des membres[4]. Une cellule de maison n’est pas une organisation charitable, bien qu’elle puisse accomplir des œuvres de charité. Une cellule de maison n’est pas non plus une veillée de prière[5]. Une cellule de maison a pour mission l’évangélisation des non-chrétiens, et est appelée à croître puis à se scinder en deux lorsqu’il y a eu une croissance suffisante.

C’est un passage du live de l’Exode, au chapitre 18, qui inspira au pasteur de déléguer ses fonctions à des membres non ordonnés : (...) Jéthro vit que c’était trop pour Moïse et il lui montra comment déléguer son autorité afin qu’il ne s’épuise plus à essayer de satisfaire les besoins de tous les gens dont il avait la charge[6]. Il a appris à déléguer ses responsabilités et son autorité en nommant des responsables de cellules. La délégation est, d’après lui, une clé indispensable pour réussir l’évangélisation. Le rôle principal du pasteur devient celui de former les responsables de cellules et de les motiver : Je motive et offre sans cesse ma reconnaissance aux responsables de cellules explique-t-il. Il insiste sur le fait que si on manifeste de la reconnaissance aux autres, qu’on les encourage, qu’on les aime d’un amour sincère, ils se sentiront motivés pour accomplir de grandes choses: (…) toute organisation, quel que soit son raffinement, ne fonctionnera pas correctement si les gens qui la composent ne sont pas correctement motivés pour accomplir le travail[7].

Le pasteur Cho nomme principalement les femmes comme responsables de cellule car, en Corée, nombreuses sont celles qui restent encore au foyer et sont ainsi plus disponibles pour remplir cette tâche. Chaque mercredi, il réunit tous les responsables des cellules leur distribue ses notes qu'il commente pour indiquer ce qui doit être enseigné. Il a lui-même établi le programme pour les réunions de maisons et deux fois par an, il anime un séminaire de formation.

Le pasteur doit être la personne responsable du projet d’évangélisation par cellules de maison dit-il. Il doit s'impliquer activement pour le mettre en place et motiver les membres. Il insiste pour dire qu’il connaît de nombreuses Églises qui ont tenté d'établir des cellules de maison sans l'engagement personnel de leur pasteur. Elles ont toutes lutté mais sans succès. Aux États-Unis, il existe une assemblée chrétienne importante dont le pasteur assista au séminaire sur la croissance donné à Séoul. Il comprit la valeur des cellules de maison, cependant au lieu de promouvoir lui-même les cellules de maison dans son Église, il en remit la responsabilité à un associé. Ce dernier s'occupa de toute l'organisation et les cellules de maison se constituèrent. Après deux années d'efforts, ces cellules stagnèrent; peu de personnes y assistaient et les membres n'étaient pas motivés pour annoncer l’Évangile. Pourquoi ? Les cellules de maison furent considérées comme un simple programme, parmi tant d'autres. Elles ne furent pas considérées comme la clé du réveil ou de la croissance ; après tout, tant d'autres programmes visent ces mêmes buts. Le pasteur n’étant pas activement impliqué, les membres ne prirent pas conscience de l’importance des cellules. Pour que les cellules de maison réussissent, le pasteur doit être convaincu de leur nécessité, au point de les considérer comme étant une question de vie ou de mort pour son assemblée[8].

Monsieur Cho est convaincu que le grand obstacle à la croissance des Églises est le manque de vision. La vision est un but à atteindre et lorsque nous nous mettons à rêver à ce but, ce rêve devient créatif[9]. Si nous n’avons pas de vision dit-il, nous ne produirons rien. En parlant constamment de nos buts et de nos visions, nous engendrons l’enthousiasme des personnes qui nous entourent. Mais il est important qu’il n’y ait pas plus d’une seule vision au sein de l’assemblée.

Cette vision doit venir du pasteur. Il la partage avec les diacres et les diaconesses et ils fixent ensemble des objectifs à atteindre afin de la réaliser. C’est, d’après lui, la condition préliminaire pour obtenir une véritable croissance; Dieu répond en fonction de la mesure de foi par laquelle nous lui donnons l’occasion d’agir et il est nécessaire que nous agissions comme si nous avions déjà reçu cette croissance: Votre croissance dépend de la mesure de vos rêves[10]. Une de leurs missionnaires se rendit au Japon avec un objectif de deux cents membres pour la première année. Elle organisa sa première cellule et se mit en quête de personnes dans le besoin. Au bout d’un an elle dépassa son objectif et atteint deux cent cinquante membres.

Pour recevoir une vision et des rêves nouveaux, le pasteur Cho demande aux responsables de son Église d’apprendre à entrer dans une communion authentique avec le Saint-Esprit : Pour réussir dans les affaires du Roi, il est nécessaire d’avoir une collaboration très étroite avec le Saint-Esprit[11]. C’est pourquoi leur assemblée est une assemblée qui prie. Une fois par semaine les chrétiens de leur Église prient toute la nuit et au moins 10.000 personnes participent. La prière est considérée comme une autre clé de leur réveil. De nombreux responsables de cellules passent aussi beaucoup de temps dans le jeûne et dans la prière pour le salut des personnes qu’ils évangélisent. En général, ils jeûnent d'un à trois jours par semaine.

Le style de la prédication faite par les animateurs des réunions va souvent déterminer si les cellules produisent une assemblée qui croît[12]. Dans sa pratique personnelle de prédication, le pasteur Cho se donne l’objectif principal d’aider les gens à rencontrer personnellement Jésus-Christ. Son second objectif est d’aider les gens à réussir dans tous les domaines de leur vie : spirituel, physique, professionnel et intellectuel. Finalement, le but de sa prédication est d’aider les gens à mieux servir Dieu et leur prochain. D’après lui, une relation intime avec le Saint-Esprit est un élément primordial pour réussir une prédication. C’est au contact de Sa présence intime qu’on reçoit l’inspiration et l’onction pour le message dont l’assemblée a besoin : Si je n’ai pas l’onction de l’Esprit, mon message n’engendrera aucun résultat, quel que soit le temps consacré à la préparation du sermon[13]. Il s’appuie peu sur la philosophie et sur l’histoire de l’Église apprise à son école biblique... Après vingt-trois ans de prédication, il est convaincu que c’est seulement la Parole de Dieu qui donne vie à l’assemblée. Il commence toujours sa prédication en parlant de la bonté de Dieu et il essaye d’orienter ses sermons pour répondre aux besoins de ses auditeurs.

En résumé, la croissance est possible si l’Église s’engage pleinement dans l’annonce de l’Évangile aux non-chrétiens en les invitant à accueillir Jésus comme leur Sauveur et Seigneur: Si elle ne le fait pas, soit elle stagnera, soit elle mourra[14]. C’est aussi grâce à l'engagement inconditionnel du pasteur, à la communication d'une vison, aux buts fixés, à la prière, aux jeûnes, à une prédication inspirée, à l’implantation de cellules de maison et à la motivation des responsables de cellules que la croissance a lieu. Les membres des cellules ont à témoigner du Christ dans leurs milieux de vie : famille, amis, travail, activités sociales, voisins, etc. Ils entrent en contact avec leur entourage en rendant service selon les besoins rencontrés puis invitent les personnes aux réunions de cellules. C’est là qu’elles entendront la parole de Dieu prêchée en vue de leur faire connaître le Christ. Jésus est présenté comme celui qui peut répondre à leurs attentes et à leurs aspirations : miséricorde, salut, paix, guérisons, etc. Quand ils acceptent Jésus comme « Sauveur et Seigneur », ils sont invités dans la grande assemblée et à participer à l’annonce de l’Évangile avec les autres membres des cellules. Leur expérience et leur zèle de nouveaux convertis seront alors mis à profit pour témoigner auprès des personnes nouvelles.

Malgré le développement foudroyant qu’a connu cette communauté, sa croissance n’a été ni facile, ni de tout repos. Le pasteur Cho explique qu'il est nécessaire d’investir temps et argent pour mettre en place le système des cellules d'évangélisation, mais qu'une fois en place, celui-ci permettra une croissance efficace et durable.

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.


[1] P. Y. CHO, Les cellules de maison et la vie de l’église, Miami, Ed Vida, 1989, p. 62.
[2] Ibid., p. 88.
[3] Ibid., p. 40.
[4] Ibid., p. 117.
[5] Id, Au-delà des chiffres, Miami, Ed Vida, 1986, p. 47.
[6] Ibid., p. 42.
[7] Id, Les cellules de maison et la vie de l’Église, p. 142.
[8] Ibid., p. 109.
[9] Ibid., p. 168.
[10] Ibid., p. 169.
[11] Ibid., p. 123.
[12] Ibid., p. 145.
[13] Ibid., p. 120.
[14] Ibid., p. 61.

dimanche 27 septembre 2009

Développer la vision de l’évangélisation parmi les leaders de l’église

Auteur Bill Bright

Bill Bright (William R. Bright : 1921 - 2003) est un évangéliste américain, fondateur de « Campus pour Christ International,», auteur des « quatre lois spirituelles » et producteur du film « Jésus » (1979). Il a écrit plus de 100 livres et des milliers d'articles et de brochures sur la foi distribués dans le monde entier.

Accomplir le grand ordre de mission est la priorité essentielle de l’Église. Développer cette vision parmi ses leaders est donc une nécessité vitale.

À cette nécessité devrait s’ajouter la prise de conscience du fait que nous vivons des temps bien particuliers. Au bout de près de deux mille ans, nous sommes pratiquement en mesure d’accomplir cette mission dans une seule génération. Nombre de leaders chrétiens sont en fait convaincus que cela pourrait être réalisé d’ici quelques années seulement.

L’intervention de Dieu dans ce sens est déjà tout à fait évidente. Les occasions de témoigner sont sans précédent. Actuellement, nous avons par exemple une fenêtre exceptionnelle parmi des peuples jusque-là hors d’atteinte tels que dans les anciens pays communistes. Aux États-Unis et dans bien d’autres nations, nous jouissons d’une grande liberté et d’une tranquillité générale qui sont propices à l’évangélisation. Combien de temps cette fenêtre restera-t-elle ouverte ? De nombreux nuages menaçants s’amoncellent partout dans le monde, et nous ne savons pas combien de temps Dieu les retiendra encore. Nous devons donc faire vite et agir avec détermination face à l’urgence du temps présent.

Le Seigneur a pourvu à de formidables ressources pour que nous puissions achever la tâche. Cela inclut des instruments technologiques tels que la radio, la télévision, les films et les vidéos, qui n’étaient pas accessibles aux générations précédentes. Le film Jésus, par exemple, basé intégralement sur la vie de Christ telle que nous la décrit l’évangile de Luc, est vu chaque jour dans des centaines de villes et de villages retirés. Il est souvent projeté sur des écrans de fortune faits avec un drap, devant des foules venues du village à la tombée de la nuit dans les régions les plus lointaines de notre monde. En janvier 1998, on estimait qu’il avait été vu par plus d’un milliard trois cent mille personnes en 440 langues et 222 pays. Des millions ont ainsi témoigné avoir décidé de placer leur con fiance en Christ.

Le but de notre projet de saturation par le film Jésus est de tout mettre en oeuvre pour que l’histoire de notre Seigneur et l’Évangile soient disponibles dans tous les foyers de l’Amérique. Ce même film est distribué gratuitement par nos équipes dans les foyers. L’utilisation d’un programme de suivi remarquable a permis d’enregistrer un nombre remarquable de réponses favorables. De nombreuses églises à travers l’Amérique et outre-mer ont recours à ce projet vidéo économique et en ont fait une stratégie permettant de couvrir leurs quartiers et leurs villes de la connaissance du Seigneur.

Notre but n’est pas seulement d’atteindre les peuples éloignés des extrémités de la terre, mais aussi nos voisins et nos proches qui en ont tout autant besoin.

Ces réalités font ressortir clairement deux qualités des plus importantes à cultiver parmi les leaders des églises, à savoir la vision et le sentiment d’urgence.

LA VISION

Il nous faut communiquer la vision à ceux qui dirigent les églises dans l’évangélisation. Là où il n’y a pas de vision pour l’évangélisation, l’église se meurt spirituellement, ainsi que la population qu’elle aurait pu atteindre. Un conducteur spirituel devrait être consumé par la vision de l’urgence impérative du grand ordre de mission de notre Seigneur. Le leader ne devrait pas penser petit mais avoir une grande vision, comptant sur Dieu pour l’aider à avoir de grands projets et objectifs en vue d’atteindre les perdus pour sa gloire. Notre vision doit être si grande qu’il nous sera impossible de la réaliser sans l’intervention de Dieu. Élaborer une vision que nous sommes capables d’accomplir par nos seules ressources humaines nous empêchera de faire pleinement confiance à Dieu, avec qui toutes choses sont possibles.

L’URGENCE

Le leader doit aussi être animé d’un sentiment d’urgence. Cela ne signifie pas que nous voulions précéder le Saint-Esprit, car lui seul est capable d’attirer les gens à Christ. Mais nous voulons avancer à son rythme et suivre l’oeuvre puissante qu’il accomplit aujourd’hui dans le monde. Le leader doit être conscient du temps dans lequel il vit, motivé et prompt à agir pour saisir les occasions d’évangéliser que le Seigneur peut lui ouvrir, comme des moyens efficaces de communiquer.

La qualité la plus importante qu’un leader qui oeuvre dans l’évangélisation doit développer est sans aucun doute d’être une personne qui s’applique à la prière. Les victoires spirituelles sont remportées et les âmes sont sauvées dans la prière secrète. L’armée de Dieu est la seule à combattre à genoux. Un effort d’évangélisation, qu’il soit collectif ou individuel, ne devrait jamais être entrepris sans être enraciné et plongé dans la prière intense. J’ajouterai à cela que le jeûne biblique est une discipline qui a toute sa valeur quand il accompagne la prière, parce qu’il nous aide à fixer notre attention sur le Seigneur. Faire taire nos appétits charnels nous aide à nous humilier et à remplir les conditions décrites dans 2 Chroniques 7:14.

Bien d’autres qualités qui ont besoin d’être développées dans l’évangélisation sont les mêmes que l’on doit pouvoir trouver chez tout chrétien. Je mettrai cependant l’accent sur les suivantes pour ce qui est du responsable :

• Être rempli de l’Esprit et sous son contrôle, en marchant dans l’obéissance.

• Avoir un amour pour les âmes semblable à celui de Christ.

• Aimer la Parole de Dieu et être un étudiant studieux de la Bible.

• Avoir une bonne compréhension des vérités fondamentales de la foi chrétienne.

• Être formé pour amener des personnes à recevoir Christ et capable d’en former d’autres.

• Avoir un coeur de serviteur.

Être animé d’un coeur de serviteur. L’apôtre Paul se considérait comme un esclave (serviteur) du Seigneur Jésus- Christ (Romains 1:1), qui s’est humilié et s’est fait le serviteur de tous (Philippiens 2:7). Nous devons suivre l’exemple de notre Maître et être ses esclaves ainsi que celui des autres.

Notre Seigneur Jésus a donné un critère essentiel pour être un leader : être un serviteur. « Il n’en sera pas de même parmi nous. Mais quiconque veut être grand parmi vous sera votre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Matthieu 20 : 26-28).

Notre motivation devrait toujours être de servir et non d’être servi. Dans l’évangélisation, nous devons toujours nous voir nous-mêmes comme serviteurs des autres ainsi que des villes que nous voulons atteindre, répandant nos vies et notre énergie en leur faveur comme notre Seigneur Jésus l’a fait pour nous.

Les églises qui développent des leaders pour l’évangélisation qui sont animés par cette vision, conscients de l’urgence de leur mission, aiment les âmes et la Parole de Dieu, ont un coeur de serviteur, savent combattre dans la prière, sont remplis de l’Esprit et bien formés seront les plus efficaces pour contribuer à l’accomplissement du grand ordre de mission. Ces ouvriers au coeur de serviteur sont en ce moment même en train de bâtir le royaume de Dieu ; ils entendront un jour notre Seigneur leur dire ces mots si précieux : « Tu as bien fait, bon et fidèle serviteur ».

Publié dans le journal “Ressources spirituelles” n.16, Automne 2008.

samedi 11 octobre 2008

Leadership et croissance des églises

Auteur: Pierre-Alain Giffard

D’après John Maxwell, l’auteur du bestseller « Les 21 lois irréfutables du leadership », le succès d’une organisation dépend du leadership de ses responsables. Il estime qu'une grande partie des leaders appliquent des principes de leadership communs qui ne dépendent ni de l’époque, ni du lieu. Ces principes pourraient être appris par toute personne désireuse de maîtriser l’art du leadership.

Don Hellriegel et John W. Slocum, auteurs de nombreux livres sur le management, définissent le leadership comme étant la capacité d’influencer, de motiver et d’orienter les autres pour atteindre des objectifs définis. John Quincy Adams, le sixième président des États-Unis, écrit : Si vos actions inspirent les autres à rêver plus, à apprendre plus et à devenir plus, vous êtes un leader.

Certes, certaines personnes semblent plus prédisposées à diriger que d’autres. John Maxwell précise toutefois que s’il existe un leadership naturel chez certaines personnes, le leadership se développe plus qu’il ne se découvre. Le leadership peut s’acquérir. Nous présentons ci-dessous plusieurs caractéristiques des leaders afin d’aider les pasteurs et les responsables d’églises à améliorer leur capacité de diriger leurs églises vers la croissance.

Les leaders possèdent un état d’esprit positif : « Notre état d’esprit est notre meilleur ami ou notre pire ennemi. (…) Il attire les gens ou les repousse. Il est le prophète de notre futur » explique John Maxwell. Quand notre état d’esprit est positif, il nous conduit vers la croissance personnelle et organisationnelle. Mais un état d’esprit négatif est comparable à une maladie. Il ferme l’esprit et compromet notre futur. Une personne avec un état d’esprit positif a ce qu’on appelle une pensée visionnaire et optimiste. Les leaders ont foi en leur capacité de « changer les choses pour le mieux » (en anglais : make a difference).

Les leaders ont un sens missionnaire aigu : Les leaders sont consacrés à la cause de leur organisation. Leurs actions sont orientées pour accomplir leur mission; leurs objectifs sont clairs et leurs priorités bien établies.

Les leaders dépassent le statu quo : Les leaders n’ont pas un caractère d’administrateur ou de gestionnaire passif. Ils osent dépasser le statu quo, expérimenter, développer de nouvelles structures pour faire croître leur organisation et mieux accomplir sa mission.

Les leaders ont une vison pour l’avenir : Les leaders comprennent comment motiver les membres de leur organisation en leur communiquant une vision claire de ce qui est à accomplir. La vision des leaders est en général simple mais vibrante. Elle est une image projetée de l'église dans le futur et peut comprendre la place et le rôle souhaité par la communauté chrétienne dans son environnement ainsi que le type de structure nécessaire pour y parvenir. Elle agit comme un pont entre le présent et le futur. Elle est réaliste et apparait suffisamment désirable pour motiver les membres de l’organisation.

Les leaders sont prêts à « payer le prix » : Lorsque nous tentons de traverser la frontière de nos propres limites, cela s’accompagne d’une certaine souffrance. Il y a un prix physique et émotionnel à payer lorsque nous allons au-delà de nos limites pour actualiser notre potentiel. Les leaders sont prêts à faire des sacrifices et oublier leurs intérêts personnels pour accomplir la mission de leur organisation.

Les leaders cherchent à développer leurs compétences : La bible dit : « C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit » (Proverbes 24: 3). Avant de commencer son ministère, le pasteur Rick Warren a lu tous les livres qu’il a pu trouver sur la croissance des églises. Les leaders cherchent continuellement à améliorer leurs méthodes et leur efficacité.

Les leaders savent s'entendre avec les autres : L’ingrédient le plus important dans la formule du succès, explique Theodore Roosevelt, est d’apprendre à bien s’entendre avec les autres. Diriger c’est d’abord toucher les cœurs avant de demander un coup de main. Par ailleurs, les membres d'une organisation adoptent en général le leader, avant d'adopter sa vision.

Les leaders savent travailler avec les autres : « Cela ne fait pas beaucoup de différence combien un directeur possède de connaissances ou d’expérience, s’il est incapable d’atteindre ses résultat à travers les autres, il ne vaut rien en tant que directeur » (J. Paul Getty). Les leaders gardent les gens avec qui ils travaillent informés et savent inspirer confiance. Ils expriment clairement ce qu’ils attendent d’eux et offrent des feedback réguliers sur les progrès accomplis. Ils impliquent les autres et demandent leur avis. Ils savent aussi accepter les différences entre les personnes et reconnaitre la contribution de chacun.

Les leaders savent gérer par objectifs et planifier : Les leaders définissent des objectifs mesurables pour réaliser leur vision. Leur talent comprend l’habileté de résoudre des problèmes, de se fixer des priorités, de planifier, d’organiser, de coordonner le travail en vue d’obtenir des résultats. Le but de la planification est de continuellement améliorer l’organisation en vue d’atteindre les objectifs fixés.

Les bons leaders savent créer du momentum : Les leaders créent une synergie et une ambiance de réussite par l’addition répétée de petits succès.

Les leaders possèdent une bonne maitrise d’eux-mêmes : Face aux crises et aux problèmes qui surgissent inévitablement, les leaders ne réagissent pas sur des émotions négatives. Ils évitent de prendre des décisions hâtives ou de poser des gestes précipités.

Les leaders savent travailler avec les autres leaders en place : Les leaders ne sont pas des héros solitaires. Ils prennent le temps de partager leur vision avec les autres responsables, de répondre à leurs questions, de les laisser exercer leur influence à leur niveau de leadership avant d’annoncer de nouvelles orientations à l’ensemble de la communauté. Il n’y a pas de leadership si la confiance n’est pas établie avec les autres responsables et qu’on agit en passant par-dessus les autres.

Les leaders développent d’autres leaders : La priorité des leaders est non seulement de développer et de communiquer une vision mais aussi de développer d’autres leaders. Ils permettent à leur organisation de croître parce qu’ils s’entourent d’autres leaders. Ils n’ont pas peur du leadership des autres. Ils s’organisent pour que leur organisation puissent fonctionner après leur départ.

Les leaders prennent conseil : La bible dit « Le chemin du fou est droit à ses propres yeux, mais le sage écoute le conseil » (Proverbes 12:15). Et « Dans le conseil s'affermissent les projets : par de sages calculs conduis la guerre » (Proverbes 20:18 ).

Les leaders sont cohérents : Les leaders dirigent par l’exemple. Ils connaissent les valeurs de leur organisation et les suivent rigoureusement pour être cohérents aux yeux des membres.

Pour faire croître leurs communautés chrétiennes, les pasteurs ont la responsabilité d'exercer leur leadership de façon responsable, c'est-à-dire d'exercer leur influence d'une manière qui n'offense pas la dignité humaine. Les leaders ecclésiaux ont aussi la responsabilité de promouvoir une vision d'église qui a du sens à la lumière de l'Évangile. Une vision qui n'est pas seulement celle de faire croître numériquement la communauté chrétienne mais aussi et surtout celle de faire croître l’amour de Dieu et du prochain chez les membres et de les former pour les impliquer dans des ministères qui réaliseront la mission de l'église.


LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE