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vendredi 15 janvier 2016

4 disciplines de croissance paroissiale

Par Pierre-Alain Giffard 
La réussite n’est rien de plus que quelques disciplines pratiquées chaque jour disait Jim Rohn, un entrepreneur et coach en développement personnel. Dans notre vie chrétienne et particulièrement notre vie paroissiale, la question émerge: quelles disciplines pratiquer pour réussir la mission que le Christ nous a confiée ? Il y a certes des pratiques personnelles comme le pardon (Luc 6,37) et la charité envers les démunis (Mat 25,40), mais au niveau de notre mission d’évangéliser et de faire des disciples (Mat 28,19), quelles seraient ces disciplines? Dans cet article nous en énumérons quatre.
La prière : Faire des disciples est d’abord une affaire spirituelle. La parole de Dieu dit que c’est Dieu qui assure la croissance (1 Corinthiens 3,7), sans lui nous ne pouvons rien faire (Jean 15,5).  Pour que nos paroisses engendrent de nouveaux chrétiens,  il nous faut d’abord le Lui demander: Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira (Luc 11,9). Des temps et des activités de prières pour cette intention devraient être planifiées et organisées de façons régulières par les responsables de la paroisse.
Le renouveau spirituel : L’Église a commencé à se développer juste après la Pentecôte et le nombre des disciples s’est rapidement multiplié. Cette croissance est due en grande partie à l’action de l’Esprit-Saint qui a été répandu sur les disciples, à leur témoignage de vie et à la puissance qui accompagnait leur prédication. Mais la Pentecôte n’est pas un événement unique, elle se répète chaque fois que des chrétiens se laissent transformer et renouveler spirituellement par une plus grande fréquentation des sacrements, par la lecture assidue de la Parole, par la participation à des Séminaires de la vie dans l’Esprit, par l’adoration eucharistique, par des retraites spirituelles, par l’engagement dans des petits groupes de foi, par la pratique occasionnelle du jeûne et d’autres disciplines spirituelles. Ce renouveau spirituel devrait d’abord être vécu par les responsables paroissiaux (pasteurs, membres des Conseils paroissiaux de pastorale et des Conseils des affaires économiques) et ensuite être proposés aux autres paroissiens.
L’évangélisation : C’est la responsabilité commune des baptisés de communiquer aux autres l’amour de Dieu et de les inviter à suivre le Christ (Canon 211). Mais comment faire ce travail d’évangélisation dans le cadre paroissial ? Heureusement, il existe plusieurs méthodes comme par exemple le programme Alpha, Kékako et les cellules paroissiales d’évangélisation. La mise en place de tels programmes est un des éléments incontournables pour renouveler et faire croître nos paroisses. À nous de les demander à nos pasteurs!
L’expérience du dimanche : Les personnes invitées et les visiteurs occasionnels du dimanche reviendront à l’église et désireront y cheminer si leur expérience dominicale est positive. Cette expérience passe par la qualité de l’accueil, des homélies, par la beauté de la musique et des chants, par le contact avec le divin, par la propreté des lieux, par les services offerts aux enfants pendant la célébration, par les petits groupes de partage de la foi; par la possibilité de s’impliquer dans des activités bénévoles et de créer des liens d’amitiés, etc. Pour renouveler et faire croître leur paroisse, les paroissiens doivent penser en termes d’accueil des personnes nouvelles et viser à leur faire vivre une expérience spirituelle et humaine positive et mémorable. Une telle expérience est aussi à planifier et à organiser par les responsables de la pastorale avec le soutien du Conseil des affaires économiques.
Les quatre disciplines pastorales présentées dans cet article sont issues de paroisses qui ont réussies à se renouveler spirituellement et à grandir. Elles pourront voir le jour dans nos églises si elles deviennent une priorité pour nos pasteurs, pour les membres des Conseils paroissiaux de pastorale et pour les membres des Conseils des affaires économiques.
Il s’agit de passer d’une gestion paroissiale qui répète le statu quo pastoral d’une Église de chrétienté à un leadership qui cherche à faire des disciples (Mat 28,19). Sans ce virage pastoral, nos paroisses continuerons de décliner et d’autres fermeront hélas leur portes … Il est donc temps de remplir notre devoir missionnaire et de s’adapter culturellement et pastoralement en mettant en place des orientations pastorales qui favorisent la croissance, la vitalité et le rayonnement de nos paroisses (Mat 5,16).

vendredi 15 juin 2012

La croissance de l’Église du pasteur Rick Warren

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Rick Warren est le pasteur fondateur de l'Église évangélique Saddleback Valley Community Church en Californie. Il est né à San José en Californie et a obtenu une maîtrise au Southwestern Theological Seminary et un doctorat au Fuller Theological Seminary. Son aptitude à faire croître son Église, lui valut le surnom d' « inventeur du renouveau perpétuel »[1]. Son livre le plus connu, The Purpose Driven Church (L'église: une vision, une passion), a été traduit en plus de trente langues et a été vendu à plus d'un million d'exemplaires.


C’est avec son épouse, Kay, qu’il a commencé à évangéliser en rassemblant quelques personnes dans leur maison. C’était en 1979, ils sont maintenant vingt mille à célébrer tous les weekends. Son assemblée chrétienne est la huitième plus grande des États-Unis. En 1995, l’Église de Saddleback a été officiellement reconnue comme l’Église baptiste ayant eu le taux de croissance le plus rapide de toute l'histoire américaine. Cette même année, après quinze ans de réunions dans des écoles, des clubs, des entrepôts, et même dans une tente, la communauté a fait construire une église sur un campus de soixante-dix-neuf hectares.

Comme Dale Galloway, Warren explique que Dieu veut la croissance des Églises et que les brebis égarées doivent être retrouvées. D’après lui, la Bible, particulièrement dans les paraboles du Royaume, affirme une vérité essentielle : Dieu s’attend à ce que les chrétiens s'activent pour faire croître leurs Églises. La croissance n’est pas optionnelle et nous avons le devoir de la poursuivre. Pour grandir, dit-il, ça prend plus que la bonne volonté, la consécration ou la piété; ça prend de la compétence. Il ne s’agit pas tant de travailler plus durement que de travailler plus intelligemment. La croissance est le fruit d’une coopération entre Dieu et les êtres humains. Les méthodes et la planification sont incontournables: c’est la grâce de Dieu qui, passant par nos efforts et notre intelligence, produit la croissance.

Rick Warren estime qu’il n’y a pas de stratégie unique pour assurer la croissance. Après avoir étudié de nombreuses Églises en croissance, il a constaté que plusieurs d'entre elles utilisent des stratégies parfois fort différentes. Ce serait simpliste et inapproprié, dit-il, de penser qu’il n’y a qu’une formule pour assurer la croissance d’une Église. Il y a plusieurs moyens pour croître : les écoles du dimanche, les cellules de maison, l’utilisation de la musique contemporaine ou de la musique traditionnelle, les visites à domicile, etc. On ne retrouve pas tous ces facteurs dans chacune des Églises en croissance; les stratégies, les structures et les styles varient, mais il existe des points communs entre ces différentes communautés et il faut savoir en extraire les principes généraux et les appliquer à son milieu.

Rick Warren a remarqué qu’un des éléments communs aux Églises en croissance est une caractéristique particulière des responsables. Les pasteurs s’attendent à ce que leurs assemblées grandissent, ils croient en l’action de Dieu et en ses promesses. C’est un des secrets de leur réussite, ils s’attendent à voir des miracles et ils se rendent disponibles pour que Dieu les utilise à travers leur foi.
Les communautés en croissance ont aussi une identité claire et précise. Elles savent pourquoi elles existent et quels sont leurs buts. Elles savent précisément à quoi Dieu les appelle. Elles se consacrent à faire des disciples, à faire aimer Dieu et le prochain!

Rick Warren a adopté un style de leadership qui partage pouvoir et responsabilités. Il s’organise et travaille avec les membres non ordonnés en les formant et en leur confiant des responsabilités. Il puise dans les talents, les ressources, l’énergie et la créativité des membres de sa communauté. Dans sa façon de diriger, il essaye d’éviter deux extrêmes : l’un est d’assumer toute la responsabilité pour l’évangélisation et l’autre est de s’en décharger complètement. Il explique que l’équilibre se réalise lorsque le pasteur et les laïcs ne confondent pas leurs rôles : les laïcs n’ont pas à s’approprier le leadership de la communauté et les pasteurs n’ont pas à se donner l’exclusivité des ministères.
Définir la mission, la mettre par écrit, la communiquer par une vision claire et des rêves est, dit-il, le point de départ de l’action du dirigeant. Mais, pour définir ses objectifs, il doit bien connaître les besoins du milieu et rester ouvert aux changements de l’environnement ; lui-même n’a pas hésité à faire un sondage dans son quartier pour découvrir les griefs que les gens avaient contre l’Église en général.

Un autre élément important pour assurer la croissance est la longueur du mandat pastoral. En effet, si un long mandat pastoral ne garantit pas la croissance, un changement fréquent du premier responsable de l'Église empêche la croissance : Une Église qui change de pasteur régulièrement ne connaîtra pas de réelle croissance[2] écrit-il.

L’Église Saddleback a concentré ses efforts d'évangélisation seulement sur une partie de la population. Elle a visé les personnes qui avaient le plus de chance de s’identifier aux autres membres de la communauté. Rick Warren explique qu’il faut aller en priorité vers les personnes qui n’habitent pas trop loin de l'église, celles que l’on comprend, avec qui l’on est déjà en lien, avec qui l’on a des points communs et que l’on peut aider. Pour permettre la croissance, la communauté ne devrait pas chercher à être ce qu’elle n’est pas et atteindre des personnes qui lui sont trop différentes. Il vaut mieux aussi concentrer ses efforts pour rejoindre les personnes réceptives : Les Églises en croissance visent à rejoindre les personnes réceptives, les Églises qui stagnent cherchent à réintégrer les personnes qui les ont quittées[3].

Comme les Églises des pasteurs Cho et Galloway, l’Église de Rick Warren fonctionne avec une structure de groupes de maison. Les membres de sa communauté cherchent à offrir à ceux qui viennent une atmosphère d’accueil et d’amour : Les communautés qui grandissent aiment et les communautés qui aiment grandissent[4]. Ils sont spécialement ouverts et sympathiques aux personnes qui viennent pour la première fois. Warren a cherché à mettre en place un processus d’intégration des nouveaux qui permet à la fois de les fidéliser et de les impliquer dans la mission. Il le fait en offrant une formation sous forme de parcours qui amènent les nouveaux à comprendre l’importance de leur implication dans l’Église. D’autres parcours ont pour but de faire découvrir leurs talents à l’ensemble des membres afin qu’ils les mettent au service du Christ et de son Église. Ce processus est un élément central qui a contribué à sa croissance. Il explique son succès en trois mots : faire des disciples.

L’Église de Rick Warren se fixe comme but de fortifier la communauté en accueillant des nouveaux, en leur proposant de suivre des parcours qui les fidélisent et qui les forment au fur et à mesure; un peu comme un arbre qui fortifie ses propres branches au fur et à mesure qu’il grandit. Les Églises qui se donnent comme priorité d’intégrer les nouveaux et qui planifient leurs activités en fonction de cette nécessité, réussissent le mieux dit-il. Celles qui ne se préoccupent pas des nouvelles personnes ou qui ne se soucient pas de les intégrer à la communauté ne grandissent pas.

Comme Dale Galloway, Rick Warren organise aussi sa communauté afin qu’elle soit toujours plus chaleureuse et réponde aux besoins des personnes du milieu. Pour lui, une communauté ne peut pas grandir au-delà de sa capacité à répondre aux besoins des gens. C’est dans cette optique que son Église accorde une attention toute particulière au style de musique utilisé dans les célébrations. La musique est un des éléments importants qui favorise la croissance. Le genre de musique doit correspondre aux goûts des personnes qu’on cherche à rejoindre. Après le sondage qu’il effectua pour mieux connaître les personnes de son milieu, Warren a changé radicalement son style de chants et de musique. Grâce à cela, explique-t-il, en un an, leur communauté a connut une croissance exceptionnelle.

Mais il ne s’agit pas de viser seulement la croissance numérique : La vérité, dit-il, c’est que vous n’arriverez pas à croître si c’est cela votre seule préoccupation[5]. On n’a pas à s’inquiéter excessivement de la croissance, mais plutôt d’accueillir avec amour les personnes que Dieu nous envoie. Dieu fera croître la communauté au rythme qu’il voudra et aux dimensions qu’il voudra. Warren se soucie plus des personnes que des chiffres. Il est convaincu que la croissance est le résultat d’une organisation saine; si l’organisation est saine, elle va croître. Et la santé d’une organisation est une question d’équilibre.

Dans sa poursuite d'équilibre, Rick Warren développe sa communauté à cinq niveaux : 1. La communion fraternelle (fellowship); 2. La formation des disciples (DISCIPLESHIP)[6]; 3. Les célébrations liturgiques (WORSHIP); 4. Les ministères laïcs (MINISTRIES); 5. L’évangélisation[7] (ÉVANGELISM). Une stratégie est élaborée pour développer chacun de ces niveaux, la structure de l’Église est adaptée et le tout est évalué en fonction de l’excellence.

Cet article se trouve dans le livre : La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.


[1] C’est Peter Drucker, auteur de réputation mondiale en gestion, qui lui a attribué ce surnom.
[2] R. WARREN, The Purpose Driven Church : Growth without compromising your message and mission, Grand Rapids, Michigan, Zondervan Publishing House, 1995, p. 31 (notre traduction).
[3] Ibid., p. 183 (notre traduction).
[4] Ibid., p. 210 (notre traduction).
[5] Ibid., p. 48 (notre traduction).
[6] La formation des disciples se fait à travers des parcours successifs
[7] Il s’agit ici de l’annonce de l’Évangile aux personnes qui ne croient pas au Christ ou qui ne font pas partie d’une communauté chrétienne.

mercredi 19 août 2009

Conseils pour favoriser la croissance des églises locales (en bref)

Auteur : Pierre-Alain Giffard


Cet article résume différentes caractéristiques de plusieurs Églises en croissance observées par George G. Hunter III. 


En résumé, ces Églises se consacrent 1) à l’évangélisation des non-croyants et non-pratiquants ; 2) à la prière et au renouvellement spirituel des membres ; 3) à la croissance, à la formation et à l’implication des membres ; 4) à répondre aux besoins de leur milieu ; 5) à discerner les dons des membres et à stimuler leur créativité ; 6) à créer une structure de petits groupes ; 7) à faire correspondre leurs célébrations et leurs activités aux attentes du milieu ; 8) à bâtir des célébrations pour personnes en recherche. 


Ces caractéristiques donnent à ces Églises une allure particulière au sein même de leur propre dénomination, mais elles sont souvent plus dynamiques et connaissent une croissance souvent remarquable. Grâce à leur structure de petits groupes, elles peuvent se développer tout en conservant la chaleur de la communion fraternelle.

L’organisation particulière de ces Églises leur permet de pratiquer une évangélisation efficace dont le processus peut se décrire comme suit :

✓ Dans un premier temps, les membres de la communauté chrétienne sont encouragés à créer des liens d’amitié avec les sans-Églises (les non-croyants et non-pratiquants) ;
✓ Les membres de la communauté chrétienne prient pour que Dieu leur donne l’occasion de témoigner de leur foi ;
✓ Les chrétiens saisissent les occasions qui se présentent pour partager la Bonne Nouvelle ;
✓ Les sans-Églises qui reçoivent un témoignage sont invités à une célébration pour personnes en recherche ou à des petits groupes auxquels ils reviendront pendant quelques mois ;
✓ S’ils ne sont pas baptisés, les sans-Églises sont alors invités à une formation pour recevoir le baptême ;
✓ Les personnes nouvellement baptisées, ou les baptisés qui assistent depuis un certain temps aux célébrations pour personnes en recherche, sont invités aux assemblées du dimanche et grandissent dans leur foi en participant à des parcours ou à des séminaires de croissance ;
✓ Les nouveaux chrétiens découvrent leurs dons et deviennent à leur tour missionnaires.

Dans leur désir de rejoindre les personnes non-croyantes ou non-pratiquantes, ces Églises se donnent certains critères d’action :

✓ Les besoins des sans-Églises déterminent (ou façonnent) les pastorales et les activités de la communauté chrétienne ;
✓ Les désillusions des sans-Églises face à l’Église déterminent les « stratégies » d’évangélisation ;
✓ La culture des sans-Églises détermine le style des célébrations ;
✓ La population des sans-Églises détermine les objectifs de croissance.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.



mercredi 24 juin 2009

Comment rédiger un plan de croissance ecclésiale


Si vous êtes un pasteur ou un responsable d'église et que vous souhaitez voir votre communauté chrétienne se développer, une première étape importante est de saisir les facteurs qui favorisent la croissance des Églises. La deuxième étape est de rédiger un plan de croissance.

Un plan de croissance ecclésiale décrit la manière dont les responsables souhaitent réaliser leur projet de développement. C'est une explication des actions et des moyens qu'ils comptent mettre en œuvre.

Le plan de croissance est rédigé tant pour un usage interne que pour un usage externe. En effet, sa rédaction est l'occasion de mettre ses idées au clair en les formalisant.  
Il permet au pasteur et à son équipe de s'unir autour d'une vision commune et de garder le cap. 

Le plan de croissance permet aussi de communiquer le projet en dehors de la communauté chrétienne afin d'attirer des personnes de talent et aussi de convaincre des bienfaiteurs. Sa rédaction ne devrait pas être trop longue et aboutir à un document léger (10 à 20 pages maximum).  Voici les différentes parties d'un plan de croissance: 
  • Le sommaire 
  • L'énoncé de mission
  • L'analyse de l’environnement
  • L'énoncé de vision 
  • L'énoncé de valeurs
  • La gestion des risques
  • Les buts, les objectifs et les activités
  • L'échéancier
  • La structure de gouvernance
  • Les mesures d'évaluation
  • Les ressources et les prévisions financières
  • Les appendices
Les étapes pour rédiger un plan de croissance sont les suivantes:

1. Formuler un énoncé de mission

La première étape est de formuler un énoncé de mission. Celui-ci définit, de manière succincte, ce qu’est la communauté chrétienne et sa raison d’être. Il doit être court, facile à comprendre et à mémoriser et répondre aux questions suivantes :

· Qui sommes‑nous et à qui offrons‑nous nos services ?
· Pourquoi sommes-nous là ?
· Qu’avons-nous à accomplir ?
· En quoi notre mission s’inscrit-elle dans le mandat ou les programmes de l’institution ecclésiale à laquelle nous appartenons ?

Voici un modèle utile pour aider à formuler un énoncé de mission :

La mission de notre Église est de _______________________ (ce que nous sommes appelés à faire) à l’aide de _________________________ (comment nous le faisons) pour _______________________________ (pour qui) afin qu’ils _______________________________ (ce pourquoi nous le faisons).

Pour plus de détails sur la manière de formuler un énoncé de mission voir: Comment écrire un énoncé de mission.

2. Analyser l'environnement

La deuxième étape 
pour rédiger un plan de croissance est l'observation et l’analyse de son environnement. Celle-ci à pour but de découvrir les Forces et les Faiblesses de l'Église dans son état actuel (= facteurs internes), et les Possibilités et les Menaces de son milieu (= facteurs externes), tout autant d’éléments qui ont une influence sur la capacité de la communauté chrétienne à poursuivre sa mission. Une telle analyse donne des informations importantes pour la suite de la planification.

Parmi les facteurs internes, citons les possibilités financières, la gouvernance (leadership et structure de leadership), le personnel, les systèmes opérationnels (ses façons de fonctionner). Les facteurs externes peuvent être entre autres la conjoncture économique, les déplacements de population, les avancées technologiques, les changements géographiques et les changements législatifs.

3. Formuler un énoncé de vision

La troisième étape est la formulation d’un énoncé de vision à la lumière de l'analyse de l'environnement. L'énoncé décrit la situation d’avenir souhaitée pour la communauté chrétienne. C’est l’image, inspirante et idéale, de sa situation future. 

L’énoncé de vision répond généralement aux questions suivantes : Que souhaite être la communauté chrétienne et à quoi aspire‑t‑elle ? Quelle image veut-elle véhiculer auprès de ses membres et de son milieu ?

À titre d'exemple : Notre vision est d’être une communauté chrétienne qui fait de nouveaux disciples et qui conduit ses membres vers la maturité spirituelle et l'engagement missionnaire.

4. Définir ses valeurs

La quatrième étape est la formulation d’un énoncé de valeurs. Il exprime les croyances et les convictions qui guident la réalisation de la vision et de la mission. 
Ce sont des principes directeurs qui répondent généralement aux questions suivantes : Quelles attitudes et comportements allons-nous favoriser pour l’accomplissement de notre mission et la concrétisation de notre vision ? Quelles sont nos valeurs et nos croyances ecclésiales ?

5. Prévoir les risques

Une cinquième étape possible est de vérifier les risques associés au projet et de proposer des solutions.

À titre d'exemple :

- Dans la poursuite de développement de la communauté chrétienne certains problèmes pourraient surgir si une trop grande importance est accordée à la poursuite de la croissance. Les responsables pourraient en arriver à se servir des membres de l'Église (de les instrumentaliser) afin de réaliser leurs objectifs. Pour éviter ce problème, nous poursuivrons notre mission en tenant compte des pôles suivants:  l'épanouissement, le respect et la santé des membres. La poursuite de notre mission sera saine en demeurant au service des membres et elle sera équilibrée en développant toutes les différentes fonctions de l’Église à savoir:  annonce première de l’Évangile auprès des non-chrétiens ou des non-pratiquants, célébrations, fraternité, charité envers les démunis, croissance des membres dans la foi, formation des chrétiens pour la mission dans la communauté chrétienne et formation de responsables laïcs.

- La recherche de santé et d’équilibre permettra entre autres : 1) à ce que les membres de la direction et les autres responsables ne méprisent pas leur vie familiale ou leur santé au nom de leur engagement dans l'église; 2) à ce que la formation des disciples amène les membres de la communauté chrétienne à la santé intégrale (spirituelle, psychologique et physique) et à l'épanouissement.

Il est sage de bien penser aux aspects matériels liés au démarrage du projet en identifiant les risques potentiels (date limite non rencontrée, difficultés de financement, dépenses plus grandes que prévues, bris des véhicules, problèmes d’ordinateur, etc.) et de proposer des solutions pour éviter ces problèmes.

6. Formuler des buts

La sixième étape est la formulation des buts.  Il s'agit des choix 
que la communauté chrétienne entend prendre pour accomplir sa mission et concrétiser sa vision: Quels facteurs de développement allons-nous mettre en place dans notre Église? Quels changements allons-nous apporter pour en arriver à faire des disciples?

Les question suivantes peuvent aider à bien formuler des buts: 

· Les buts s’harmonisent‑ils avec l’énoncé de mission et des valeurs de la communauté chrétienne?
· Les buts contribueront-ils à la réalisation de la vision?
· Les buts tiennent-ils compte de l’analyse de l’environnement interne et externe ?
· Les buts donnent-ils à la communauté chrétienne une orientation claire sur ce qu’elle doit faire?

Exemples de buts :

· Mettre en place dans la communauté chrétienne un système de cellules de maison
· Concevoir des assemblés pour personnes en recherche

La formulation des buts peut tenir compte des améliorations à apporter au local pour le rendre plus opérationnel et fournir, si nécessaire, un plan d’aménagement. Il inclut les preuves que cet emplacement, ainsi que les édifices, sont conformes aux lois municipales, lois sur la santé, sur la sécurité, etc.

7. Fixer des objectifs mesurables

La septième étape est de déterminer des objectifs mesurables (les résultats escomptés). Les objectifs énoncent clairement les résultats que la communauté chrétienne s’efforcera d’atteindre dans un temps donné pour réaliser ses buts. À chaque but doit correspondre au moins un objectif cependant, une organisation se fixe souvent plus d’un objectif par un but.

Les objectifs doivent être SMART :

· Spécifiques : pour éviter différentes interprétations ;
· Mesurables : pour permettre l’évaluation ;
· Accessibles : que l’on peut atteindre ;
· Réalisables : doivent constituer un défi mais à la portée de l'église;
· Temporaires : programmés dans le temps avec des échéances de réalisation.

À titre d'exemple :

- Augmenter par trois le nombre des cellules de maison avant telle date.
- Avoir 30% de plus de jeunes parmi les membres de l’église, avant telle date.

8. Déterminer les activités

La huitième étape pour planifier est de choisir les activités à accomplir pour atteindre les objectifs fixés. Les objectifs désignent les facteurs de croissance que l'église souhaite mettre en place tandis que les activités traduisent de quelle manière elle compte atteindre les résultats escomptés.

Voici des éléments de réflexion utiles pour bien choisir ses activités:

· Les activités reflètent‑elles le mandat, la vision, la mission et les valeurs de la communauté chrétienne?
· L'activité choisie se rattache‑t‑elle clairement à l’achèvement d’un but et d’un objectif précis?
· L’activité 
choisie est‑elle réaliste face aux moyens, aux risques et aux coûts?

9. Déterminer les ressources

La neuvième étape est de déterminer les ressources nécessaires à la réalisation des activités. Celles-ci peuvent se répartir en au moins quatre catégories:

· Les ressources humaines ;
· Les ressources matérielles ;
· Le ressources financières ;
· Les ressources en temps.

Les ressources sont donc exprimées en coûts, en salaires, en temps et en personnes. Combien de temps cela va prendre pour réaliser les activités et combien cela va coûter ? Qui a les compétences nécessaires pour accomplir les activités choisies ? 

Une analyse judicieuse permettra de distinguer celles qui sont nécessaires et celles qui sont disponibles; le solde indiquera celles qu'il reste à acquérir. 

10. Créer un échéancier 

La dixième étape consiste à planifier la manière dont les activités seront réalisées dans le temps. L'échéancier est construit en divisant le projet de développement en étapes simples. On travaille à rebours à partir de l'objectif final pour déterminer la séquence des activités qui doivent être réalisées. 

Les estimations de temps doivent être basées en consultant les personnes qui seront impliquées dans chaque étape. Une fois le temps des étapes établi, les étapes peuvent être présentées dans un diagramme de Gantt.

11. Choisir sa structure de gouvernance

La onzième étape de la planification est d'expliquer le choix et la structure de gouvernance. La gouvernance peut se définir comme étant l’ensemble des processus et des structures permettant au pouvoir décisionnel de s’exercer. Elle a pour conditions essentielles 1) la cohérence interne autour d’une mission bien définie; 2) la discipline organisationnelle et; 3) l’harmonisation en fonction des résultats.

Une structure de gouvernance efficace permet aux personnes (ou aux groupes de personnes) en poste de responsabilité de mettre en place les orientations pastorales et les priorités de la communauté chrétienne. Elle existe pour appuyer le premier responsable et obtenir des résultats. Elle comprend l’autorité de prendre des décisions en matière de placement de personnel, de réaffections des ressources et de conception de programmes.

12. Se donner des mesures d'évaluation

La douzième étape est de se donner des mesures (des indicateurs de progrès) pour vérifier les progrès accomplis dans le temps, repérer les activités qui sont efficaces et celles qui ne le sont pas. Ce suivi est effectué au moins sur une base annuelle.

Les mesures permettent de visualiser le changement ou la variation dans la réalisation progressive des objectifs.  
Il est recommandé de faire un tableau présentant les résultats des différentes mesures et contenant l’ensemble des objectifs.

· La mesure de chaque objectif est exprimée en données chiffrées et indique dans quelle mesure les objectifs ont été atteints par la communauté chrétienne.

· Les mesures sont rattachées à l’objectif à mesurer. Il en faut au moins une par objectif.

Voici des questions utiles pour bien formuler une mesure :

- La mesure est‑elle pertinente ? 
- A-t-elle un lien direct et logique avec le but ou l’objectif ? 
- La mesure est‑elle fiable ? 
- Produit-elle une information juste et vérifiable pour la période de réalisation de l’objectif?
- La mesure est‑elle valable? 
- Capte-t-elle ce que l'église tente de mesurer?

13. Les prévisions financières

Cette avant-dernière étape joint tous les aspects du projet et permet de le traduire en terme monétaire. Elle évalue son coût sur deux ou trois ans et en suggère le mode de financement. L'aide d'un comptable sera précieuse sinon indispensable.

Coûts requis au démarrage: Qu’y a-t-il à acheter, à rénover, à débourser entre maintenant et la date du départ du projet ? Établir la liste des frais de démarrage en détaillant les postes suivants : Terrain; Bâtisse; Matériel roulant; Équipements; Mobilier; Rénovations; Brevets; Frais d’incorporation; etc.

14. Le sommaire

La dernière étape est de rédiger le sommaire qui est un texte placé au début du plan de développement. D'une à deux pages maximum, il fait la synthèse de ce que l’on retrouve dans l’ensemble du document. Il devrait être rédigé en dernier et contient les informations suivantes:
  • Nom du projet : _______________________
  • Pasteur : ________________________
  • Équipe de direction: ____________________
  • Adresse: _______________________________
  • Téléphone : ______________________
  • Courriel : _________________________

A/ Activité principale : (À titre d'exemple : Annonce première auprès des sans-églises et formation de disciples)

B/ But principal : (À titre d'exemple : Être une la communauté chrétienne qui fait des disciples et qui les impliquent dans la mission de l'Église)

C/ Points forts : (À titre d'exemple... Formation et expérience du pasteur; Qualifications des membres de l’équipe de direction; Connaissance des facteurs qui engendrent la croissance des églises locales; Appui du responsable local de la dénomination chrétienne; etc.)

D/ Historique du projet

E/ Groupe cible

F/ Grandes lignes pastorales

G/ Avantages du projet : Avantages par rapport au mode usuel de fonctionnement des églises

H/ Besoins financiers : Expliquer sommairement combien d’argent a été investi à ce jour; quelles sont les montants nécessaires pour la suite, à quoi servira les montants reçus: salaires, location de locaux, achats de matériel, etc.; et quelles sont les ressources financières.

Conclusion

Un plan de développement n'a pas besoin d'être compliqué. Il devrait toutefois comporter des objectifs et des tâche
s suffisamment exigeantes, mais raisonnables, déléguées avec suffisamment de pouvoirs pour qu'elles puissent être réalisées de manière autonome par les membres. Mais attention, la planification n’est pas une activité ponctuelle achevée lorsqu'une première version du plan est terminée. C’est un travail continu qui vise à toujours mieux saisir et réaliser la mission de l'Église dans un environnement en constante évolution.

LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE