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vendredi 5 juillet 2013

La croissance de l’Église “Crossroads”

Auteur: Pierre-Alain Giffard

De 1987 à 2005, Mark Fuller a été le pasteur de l’Église évangélique Crossroads Church (l’Église Croisée des chemins) qui est passée de 300 membres à plus de 1300 en 18 ans. Sa croissance a été constante et n’a jamais stagné.

Mark Fuller explique ainsi sa croissance[1] :

· un leadership visionnaire;

· une bonne compréhension du combat spirituel (spiritual authority);

· une communauté chrétienne prête à suivre son leader;

· une communauté chrétienne qui accepte de changer et de faire les sacrifices nécessaires et;

· une vision pour les perdus, c'est-à-dire une priorité pastorale pour rejoindre et incorporer au Corps du Christ des personnes qui ne connaissent pas Jésus ou qui ne le suivent pas.

Un jour Mark Fuller posa une question à John Maxwell[2], un expert mondial en leadership : « quelle est la clé pour faire croître une église de 500 membres ? » Ce dernier pointa son doigt vers lui et lui dit : « vous ». Réalisant que pour développer sa communauté chrétienne et il lui fallait aussi permette à Dieu de le faire grandir, il se mit à genoux, pria et médita la Bible. C’est alors qu’un passage du livre de l'Exode le toucha profondément, celui dans lequel Jéthro donne des conseils à Moïse (Exode 18,13-27).

En relisant ces versets, il comprit à quel point le ministère de Moïse était prophétique et cela l’encouragea à mettre plus d’emphase sur son propre ministère de prédication. Il remarqua aussi combien Moïse était visionnaire: il allait donc adopter un style de leadership visionnaire en passant désormais une bonne partie de son temps à communiquer une vision pour son Église. Finalement, il lut comment Moïse délégua l’œuvre de son ministère. Il décida donc de passer aussi une grande partie de son temps à former des leaders.

Ces trois éléments sont devenus les piliers de sa vie et de son ministère : prêcher, projeter une vision et développer des leaders. Il lui fallut plusieurs années pour les intégrer dans son pastorat, mais aujourd'hui il y consacre 95 pour cent de son temps. Ce fut à la fois difficile et libérateur, mais il considère que John Maxwell avait bien raison de dire qu’une communauté chrétienne ne peut pas grandir si le pasteur ne grandit pas lui-même.

Au cours de ses 18 années à la tête de l’Église Crossroads, Mark Fuller, il vit beaucoup de nouveautés dans la manière dont les Églises s’organisent et célèbrent, y compris l’émergence des petits groupes (cellules d’évangélisation et autres petites communautés de base). Pour lui, un des changements les plus importants et les plus bénéfiques pour son Église fut au niveau de la gouvernance.

Pour assurer la croissance, il fit passer sa communauté d’une Église dirigée par un conseil de bénévoles à une Église dirigée par du personnel professionnel rémunéré. Cette transition ne fut pas facile, mais Mark Fuller estime qu’il ne faut pas chercher à engager des personnes simplement pour remplir des fonctions pastorales; il faut plutôt chercher à engager des personnes qui ont un réel sens du leadership. Si on met en place les bonnes personnes, explique-t-il, alors le reste suit : la vision, la direction et les activités pastorales (programmes) pertinentes. Pour qu’une Église dépasse les 500 membres, il est, d’après lui, nécessaire de faire cette transition[3].

Un autre changement important qu’il opéra fut d’adopter un style de musique contemporaine pour les célébrations. Comme dans la plupart des communautés chrétiennes qui font ce choix, cela engendra des tensions, mais il eut la sagesse d’introduire ces changements en douceur. Cela fait partie, dit-il, des talents d’un leader : savoir quand mette un peu de pression pour faire avancer les choses et savoir quand donner du mou pour insister ailleurs. Mark Fuller souhaite que le style de musique de son Église soit en constante mouvance, car si celui-ci se fige, estime-t-il, il est très difficile de changer par la suite.

Pour ce pasteur, la louange et l’adoration ne sont pas tant une question de style qu’une question de cœur. Il s’agit avant tout de créer une atmosphère qui permette aux personnes présentes de communier avec Dieu et d’être réceptifs à la parole de Dieu. Les animateurs et les musiciens ne sont pas des vedettes, mais des signes qui pointent vers Dieu[4].

Dans son Église, ce sont les célébrations des weekends, et non pas les grands événements extérieurs, qui constituent les portes d’entrée, qui attirent des nouvelles personnes. Les gens viennent à l'Église parce que leur cœur est vide; ils ont des problèmes financiers, de couple ou avec leurs enfants, et tout ceci provoque une faim de Dieu.

Mark Fuller est convaincu que pour faire croitre une Église, il faut s’occuper en priorité des personnes qui ne sont pas là ainsi que des personnes qui ne viennent pas régulièrement aux célébrations afin de les rejoindre et de les incorporer à la communauté chrétienne[5]. Tout ce que l'Église fait, elle devait le faire pour amener au Christ les personnes qui ne le connaissent pas. Il n’a toutefois pas de public cible : une génération, un groupe d'âge ou une culture particulière. Il fait tout pour créer, durant les célébrations, une atmosphère  qui permette aux personnes qui ont soif de Dieu de le rencontrer personnellement.

Son style de prédication est « conversationnel ». Il prêche, en s’imaginant assis autour d'un café avec l’auditoire et vise à répondre aux questions que des non-chrétiens peuvent se poser face à la Parole annoncée. L’auditoire est toujours libre de réagir et de répondre à son message.

Mark Fuller est enfin un fervent partisan des petits groupes. Il y en a trois sortes dans son Église: des petits groupes d’évangélisation, des groupes qui se réunissent autour d’une pastorale (ministère) particulière et des groupes d’enseignements. Ils sont tous de différentes tailles et appelés des groupes de connexion. La moitié des membres de son Église actuelle en font partie. Leur point commun? Vivre la sollicitude fraternelle, l’apprentissage et le service[6].


[1] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.143-144.

[2] John Maxwell est depuis plus de vingt ans un leader et un communicateur efficace et passionné. Il est le fondateur d'INJOY, une organisation qui se consacre à aider les gens à développer leur potentiel personnel et leur potentiel de leadership. Il est l'auteur de « Les 21 lois irréfutables du leadership », « les 17 lois infaillibles du travail en équipe » et « Devenez ce que vous devriez être », entre autres. (Source : goo.gl/LBwLw).

[3] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.144-145.

[4] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.145-146.

[5] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.146-147.

[6] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.148.

vendredi 2 avril 2010

Projet de petites communautés consacrées à la croissance


Auteur: Pierre-Alain Giffard

La croissance d’une église commence souvent par une petite communauté de croyants dédiés à l’évangélisation des sans-églises. Nous présentons ici un exemple de projet pour ce type de petites communautés.


1. DESCRIPTION DU PROJET

a) Nature et but
Le projet de ces petites communautés est de nature missionnaire. Il vise à instaurer progressivement, dans un lieu donné, de nouvelles communautés fraternelles et missionnaires qui ont pour vocation l’évangélisation des sans-églises, la formation de disciples et la mise sur pied d’activités qui répondent aux besoins du milieu.

b) Vision
La vision d’un tel projet est la multiplication de communautés de foi structurées pour impliquer les laïcs dans la mission et pour témoigner de l’amour de Dieu. Elles peuvent constituer, dans la mesure de leur développement, la base de nouvelles communautés paroissiales.

c) Culture
Les mots clefs qui résument la culture de ce projet sont les suivants : Mission – formation – compassion – maturité spirituelle – multiplication. La diffusion de ces valeurs doit faire partie d’un processus continue au sein des petites communautés afin d’y développer une culture missionnaire et une synergie d’engagement.

d) Originalité du projet
L’originalité de ces communautés vient du fait qu’elles font de l’évangélisation auprès des sans-églises une priorité et qu’il leur est proposé aux nouveaux convertis une série de parcours qui les conduits par étapes sur la voie de la maturité spirituelle. Ils seront aussi formés progressivement pour pouvoir utiliser leurs dons dans des activités missionnaires de l’église.

2. DÉMARRAGE DU PROJET ET CONTENU DES PARCOURS

Dans une première étape, un petit groupe de chrétien, doté d'un esprit missionnaire est formé à la vision de ces petites communautés et aux méthodes d’évangélisation des sans-églises (voir l’article Aider les membres de son église à évangéliser de personne à personne).

Les personnes qu’il évangélise sont invitées dans un premier parcours. Le premier parcours consiste en une (petite) série d'enseignements dans lequel est proclamé le kérygme; à savoir 1) L'amour de Dieu; 2) Les conséquences du péché; 3) Le salut en Jésus-Christ, mort et ressuscité; 4) L'appel à la conversion et au baptême; 5) L'accueil du Saint Esprit; 6) Le cheminement en église.

Le but de ce premier parcours est de faire faire un acte de foi aux personnes présentes. Il y est aussi proposé une discipline de base pour croître spirituellement (lecture quotidienne de la Bible, prières, association avec d'autres chrétiens, persévérance dans les parcours de formation proposés par la communauté). Il peut aussi être demandé aux membres de participer en groupe à des activités de renouvellement spirituel ainsi qu’à des activités pour aider les démunis et les malades. Ce parcours incitera aussi les participants à recevoir le baptême et/ou d'autres sacrements selon les pratiques particulières des églises.

Le deuxième parcours présente différentes approches d'évangélisation des sans-églises. Les participants peuvent être appelées à témoigner de leur conversion dans des activités du premier parcours. À la fin de ce deuxième parcours, ils s'engagent à évangéliser et à mieux témoigner du Christ par toute leur vie.

Le troisième parcours permet aux participants d’approfondir leur foi car ils y reçoivent un enseignement plus systématique et approfondi des différents aspects de leur foi. Pour les églises à caractère charismatique, il peut y avoir un enseignement sur les dons spirituels.

Le quatrième parcours vise à aider les participants à découvrir leurs dons, leurs intérêts et leurs disponibilités afin de pouvoir éventuellement s'engager dans une des activités de l'église à laquelle est reliée la petite communauté missionnaire. À la fin de ce parcours, il est proposé aux membres de s'engager pour un an dans une ou l’autre des activités de l’église.

Le cinquième parcours est plus pratique que théorique car les personnes s’impliquent dans une des activités missionnaires.  Ils y sont  formés dans l’action.  Son but est de faire faire l’expérience de Dieu dans l’engagement, de porter du fruit et d’évangéliser à travers une des activités de l’église.

Le sixième parcours vise à former au leadership des personnes qui semblent en avoir l'aptitude. Le contenu de ce parcours peut être à la fois théorique et pratique. Ceux qui l'on suivi avec succès peuvent s'engager durant un an comme leaders dans une des activités de l’église.

Le cheminement proposé aux nouveaux convertis comprend donc plusieurs parcours en séquence qui contribuent à la maturité spirituelle. La progression des parcours est présentée ci-dessous.

Toutes les activités de l’église devraient avoir un but  missionnaire, c'est-à-dire que ceux et celles qui les réalisent devraient viser à évangéliser et à faire croître l'église à travers leur engagement particulier. Si par exemple des personnes se sont engagées à servir Dieu dans le ministère de la musique ou de la chorale, celles-ci devraient essayer de toucher les cœurs et d'amener au salut les personnes qui les écoutent. Il en est de même pour celles qui pourraient s’occuper de l’accueil, de l’aide auprès des pauvres, etc.

La personne qui démarre le processus de formation devra être capable d’animer et de coordonner l’ensemble des parcours. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’elle pourra déléguer à d’autres l’animation des parcours après avoir découvert et formé des leaders/animateurs.

3. AUTRES ACTIVITÉS À METTRE EN PLACE


Outre les parcours de croissance les petites communautés mettront en place d’autres activités. Nous en décrivons ci-dessous quelques-unes :

· Formation et suivi des responsables.
· Activités de renouvellement et de croissance spirituelles des membres (prières, célébrations, adoration, retraites, etc.).
· Activités d’évangélisation.
· Activité de fraternisation.
· Accueil et suivi des nouveaux.
· Célébrations pour personnes en recherche.
· Parrainage / « coaching ».
· Activité de découverte des aspirations et des besoins du milieu.
· Catéchèses pour enfants.
· Rencontres en petits groupes (églises domestiques/églises de maison).
· Activités pour connaître les besoins et les aspirations du milieu (interne et externe).
· Activités de compassion pour répondre aux besoins de la communauté.
· Activités de compassion pour répondre aux besoins du milieu.
· Réalisation d’un site Internet de qualité.
· Activités d'évaluation et d'amélioration continue.

4. OREINTATIONS PASTORALE ET MISSIONNAIRES PARTICULIÈRES

Afin de favoriser leur développement les communautés adopteront certaines orientations pastorales et missionnaires :

· Constituer un réseau d'intercesseurs pour soutenir le projet.
· Rédiger un énoncé de mission clair et mémorisable qui fasse ressortir la vocation à l'évangélisation et à la croissance de la communauté.
· Choisir les activités en fonction de l’énoncé de mission.
· Communiquer la conviction que Dieu souhaite non seulement la croissance des membres (leur maturité spirituelle) mais aussi la croissance visible des communautés.
· Planifier, fixer des objectifs mesurables, suivre les progrès accomplis, évaluer et ajuster.
· Tenir compte des capacités et des disponibilités de chacun avant de lancer des activités.
· Approfondir la connaissance du milieu pour adapter les services aux besoins et aux aspirations des personnes qui s'y trouvent.
· Créer des célébrations vivantes et de qualité qui adaptent le style de louange aux différents groupes que l’on cherche à rejoindre et à interpeller.
· Mettre l’emphase sur l’accueil du Saint-Esprit et la pratique des dons spirituels (charismes).
· Créer des petits groupes par affinités spirituelles ou missionnaires.
· Garder l’équilibre entre les différentes fonctions de l’église : évangélisation, fraternisation, célébration, formation de disciples, engagement social.
· Concentrer ses efforts d’évangélisation sur les groupes les plus réceptifs.
· Fonctionner par petits groupes de maison.
· Utiliser un vocabulaire compréhensible par tous.
· Continuer à rechercher et à enseigner les facteurs qui favorisent la croissance des églises.
· Se donner des points de repère (mesurables) pour une culture de croissance équilibrée et saine.

5. PRÉVOIR CERTAINS RISQUES

La prévision des risques vise à mieux faire ressortir certains écueils possibles associés à un projet afin d’éviter certaines difficultés en cours de route. Dans le développement d’un projet, comme dans toute entreprise, certains risques peuvent particulièrement être associés à la recherche d’efficacité. Ainsi, dans la gestion et l’animation du projet des petites communautés missionnaires, il faudra veiller à ce que les membres ne soient jamais considérés comme de simples « outils » au service de la croissance mais bien comme des personnes. Certes, le souci de la croissance n’est pas mauvais en soi, au contraire, mais à celui-ci doit s’ajouter ceux de l'équilibre et de la santé.

Le développement du projet sera équilibré si l’on prend soin de mettre en œuvre les différentes fonctions de l’église (évangélisation, mais aussi célébration, fraternité, charité, formation des membres et des responsables et développement des ministères laïcs).

Le développement sera sain si les responsables sont en premier lieu au service des personnes plutôt qu’au service de la croissance organisationnelle proprement dite. Les responsables et les personnes impliquées dans les activités des communautés  missionnaires auront aussi à veiller à ne pas négliger leur santé ou leur vie familiale. Il leur faudra enfin s’assurer que la formation proposé dans les communautés amène bien les membres à une santé intégrale : spirituelle, psychologique et physique.


6. PLAN DE DEVELOPPEMENT


Cette dernière partie présente une ébauche de plan d'action pour le démarrage des petites communautés missionnaires. La partie des tâches sera complétée au fur et à mesure avec l’aide de l’équipe de démarrage.

Étapes Objectifs Tâches
1. Trouver des chrétiens qui feront partie d’une équipe de démarrage · Présenter le projet des petites communautés dans son ou ses églises locales et demander s’il y a des personnes intéressées à participer à une équipe de démarrage. Prendre leurs noms et leurs numéros de téléphone.
· Choisir parmi les personnes intéressées celles qui feront partie de cette première équipe
2. Présenter plus en détail la vision du projet · Réunir l’équipe de démarrage et lui présenter le projet en détail et recevoir des commentaires.
· Ajuster le projet et le plan d’action
· Commencé à définir les tâches avec l’équipe de pilotage pour, petit à petit réaliser les objectifs.
3. Faire participer l’équipe de démarrage à des activités de renouvellement spirituel (Séminaire dans l’Esprit, prières d’intercessions et de confessions, etc.)
4. Constituer un réseau d’intercesseurs
5. Constituer un premier site web sommaire permettant de diffuser les progrès du projet et de mieux communiquer avec l’équipe de démarrage
6. Concevoir et rédiger un énoncé de mission mémorisable pour l’ensemble des petites communautés
7. Former des membres de la première communauté à l’évangélisation des sans-églises
8. Préparer le lancement officiel du projet · Choix d’un nom peut-être différent pour le projet
· Logo
· Plaquette (ou dépliant) de présentation
· Affichettes
· Publications d’articles
· Réalisation d'une vidéo pour présenter le projet
9. Lancer le projet
10. Commencer les efforts d’évangélisation auprès des sans-églises
11. Insérer les personnes évangélisées dans les parcours dans les communautés · Création de célébrations pour personnes en recherche
12. Étudier continuellement le milieu · Tâcher de discerner les besoins et la réceptivité des sans-églises.
· Définir un groupe cible.
· Faire un sondage auprès des personnes du milieu notamment pour découvrir leurs objections face à la pratique religieuse.
13. Choisir des critères et des mesures pour évaluer les activités
14. Choisir de critères pour mesurer la maturité spirituelle des membres des communautés missionnaires
15. Multiplier les communautés
16. Évaluer les progrès accomplis
17. Ajuster les activités selon les résultats de l’évaluation

ANNEXE : Orientations pastorales qui favorisent la croissance des communautés chrétiennes


1. Faire de la première annonce (l’évangélisation des sans-églises) la priorité pastorale;
2. Favoriser le renouveau spirituel des membres;
3. Former et impliquer les laïcs;
4. Formuler et communiquer une vision;
5. Définir des objectifs mesurables;
6. Planifier;
7. Acquérir une bonne connaissance du milieu;
8. Former des leaders laïcs;
9. Tâcher de répondre aux besoins du milieu;
10. Mettre sur pied une structure de petits groupes;
11. Impliquer les membres selon leurs dons et leurs talents;
12. Mobiliser et former l’ensemble des membres de l’église pour évangéliser;
13. Inviter les chrétiens à témoigner auprès de leurs proches;
14. Concentrer ses efforts sur les personnes réceptives;
15. Concevoir des célébrations dynamiques avec un style de musique contemporain;
16. Mettre sur pied des célébrations ou des groupes d’accueil pour les personnes en recherche;
17. Augmenter la capacité d’accueil et de parrainage des membres de l’église;
18. Augmenter l’enthousiasme et la ferveur des membres;
19. Adapter les structures matérielles de l’église à la mission;
20. Rechercher de façon continue ce qui contribue à la croissance des églises et former les responsables.

mercredi 19 août 2009

Conseils pour favoriser la croissance des églises locales (en bref)

Auteur : Pierre-Alain Giffard


Cet article résume différentes caractéristiques de plusieurs Églises en croissance observées par George G. Hunter III. 


En résumé, ces Églises se consacrent 1) à l’évangélisation des non-croyants et non-pratiquants ; 2) à la prière et au renouvellement spirituel des membres ; 3) à la croissance, à la formation et à l’implication des membres ; 4) à répondre aux besoins de leur milieu ; 5) à discerner les dons des membres et à stimuler leur créativité ; 6) à créer une structure de petits groupes ; 7) à faire correspondre leurs célébrations et leurs activités aux attentes du milieu ; 8) à bâtir des célébrations pour personnes en recherche. 


Ces caractéristiques donnent à ces Églises une allure particulière au sein même de leur propre dénomination, mais elles sont souvent plus dynamiques et connaissent une croissance souvent remarquable. Grâce à leur structure de petits groupes, elles peuvent se développer tout en conservant la chaleur de la communion fraternelle.

L’organisation particulière de ces Églises leur permet de pratiquer une évangélisation efficace dont le processus peut se décrire comme suit :

✓ Dans un premier temps, les membres de la communauté chrétienne sont encouragés à créer des liens d’amitié avec les sans-Églises (les non-croyants et non-pratiquants) ;
✓ Les membres de la communauté chrétienne prient pour que Dieu leur donne l’occasion de témoigner de leur foi ;
✓ Les chrétiens saisissent les occasions qui se présentent pour partager la Bonne Nouvelle ;
✓ Les sans-Églises qui reçoivent un témoignage sont invités à une célébration pour personnes en recherche ou à des petits groupes auxquels ils reviendront pendant quelques mois ;
✓ S’ils ne sont pas baptisés, les sans-Églises sont alors invités à une formation pour recevoir le baptême ;
✓ Les personnes nouvellement baptisées, ou les baptisés qui assistent depuis un certain temps aux célébrations pour personnes en recherche, sont invités aux assemblées du dimanche et grandissent dans leur foi en participant à des parcours ou à des séminaires de croissance ;
✓ Les nouveaux chrétiens découvrent leurs dons et deviennent à leur tour missionnaires.

Dans leur désir de rejoindre les personnes non-croyantes ou non-pratiquantes, ces Églises se donnent certains critères d’action :

✓ Les besoins des sans-Églises déterminent (ou façonnent) les pastorales et les activités de la communauté chrétienne ;
✓ Les désillusions des sans-Églises face à l’Église déterminent les « stratégies » d’évangélisation ;
✓ La culture des sans-Églises détermine le style des célébrations ;
✓ La population des sans-Églises détermine les objectifs de croissance.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.



mercredi 24 juin 2009

Comment rédiger un plan de croissance ecclésiale


Si vous êtes un pasteur ou un responsable d'église et que vous souhaitez voir votre communauté chrétienne se développer, une première étape importante est de saisir les facteurs qui favorisent la croissance des Églises. La deuxième étape est de rédiger un plan de croissance.

Un plan de croissance ecclésiale décrit la manière dont les responsables souhaitent réaliser leur projet de développement. C'est une explication des actions et des moyens qu'ils comptent mettre en œuvre.

Le plan de croissance est rédigé tant pour un usage interne que pour un usage externe. En effet, sa rédaction est l'occasion de mettre ses idées au clair en les formalisant.  
Il permet au pasteur et à son équipe de s'unir autour d'une vision commune et de garder le cap. 

Le plan de croissance permet aussi de communiquer le projet en dehors de la communauté chrétienne afin d'attirer des personnes de talent et aussi de convaincre des bienfaiteurs. Sa rédaction ne devrait pas être trop longue et aboutir à un document léger (10 à 20 pages maximum).  Voici les différentes parties d'un plan de croissance: 
  • Le sommaire 
  • L'énoncé de mission
  • L'analyse de l’environnement
  • L'énoncé de vision 
  • L'énoncé de valeurs
  • La gestion des risques
  • Les buts, les objectifs et les activités
  • L'échéancier
  • La structure de gouvernance
  • Les mesures d'évaluation
  • Les ressources et les prévisions financières
  • Les appendices
Les étapes pour rédiger un plan de croissance sont les suivantes:

1. Formuler un énoncé de mission

La première étape est de formuler un énoncé de mission. Celui-ci définit, de manière succincte, ce qu’est la communauté chrétienne et sa raison d’être. Il doit être court, facile à comprendre et à mémoriser et répondre aux questions suivantes :

· Qui sommes‑nous et à qui offrons‑nous nos services ?
· Pourquoi sommes-nous là ?
· Qu’avons-nous à accomplir ?
· En quoi notre mission s’inscrit-elle dans le mandat ou les programmes de l’institution ecclésiale à laquelle nous appartenons ?

Voici un modèle utile pour aider à formuler un énoncé de mission :

La mission de notre Église est de _______________________ (ce que nous sommes appelés à faire) à l’aide de _________________________ (comment nous le faisons) pour _______________________________ (pour qui) afin qu’ils _______________________________ (ce pourquoi nous le faisons).

Pour plus de détails sur la manière de formuler un énoncé de mission voir: Comment écrire un énoncé de mission.

2. Analyser l'environnement

La deuxième étape 
pour rédiger un plan de croissance est l'observation et l’analyse de son environnement. Celle-ci à pour but de découvrir les Forces et les Faiblesses de l'Église dans son état actuel (= facteurs internes), et les Possibilités et les Menaces de son milieu (= facteurs externes), tout autant d’éléments qui ont une influence sur la capacité de la communauté chrétienne à poursuivre sa mission. Une telle analyse donne des informations importantes pour la suite de la planification.

Parmi les facteurs internes, citons les possibilités financières, la gouvernance (leadership et structure de leadership), le personnel, les systèmes opérationnels (ses façons de fonctionner). Les facteurs externes peuvent être entre autres la conjoncture économique, les déplacements de population, les avancées technologiques, les changements géographiques et les changements législatifs.

3. Formuler un énoncé de vision

La troisième étape est la formulation d’un énoncé de vision à la lumière de l'analyse de l'environnement. L'énoncé décrit la situation d’avenir souhaitée pour la communauté chrétienne. C’est l’image, inspirante et idéale, de sa situation future. 

L’énoncé de vision répond généralement aux questions suivantes : Que souhaite être la communauté chrétienne et à quoi aspire‑t‑elle ? Quelle image veut-elle véhiculer auprès de ses membres et de son milieu ?

À titre d'exemple : Notre vision est d’être une communauté chrétienne qui fait de nouveaux disciples et qui conduit ses membres vers la maturité spirituelle et l'engagement missionnaire.

4. Définir ses valeurs

La quatrième étape est la formulation d’un énoncé de valeurs. Il exprime les croyances et les convictions qui guident la réalisation de la vision et de la mission. 
Ce sont des principes directeurs qui répondent généralement aux questions suivantes : Quelles attitudes et comportements allons-nous favoriser pour l’accomplissement de notre mission et la concrétisation de notre vision ? Quelles sont nos valeurs et nos croyances ecclésiales ?

5. Prévoir les risques

Une cinquième étape possible est de vérifier les risques associés au projet et de proposer des solutions.

À titre d'exemple :

- Dans la poursuite de développement de la communauté chrétienne certains problèmes pourraient surgir si une trop grande importance est accordée à la poursuite de la croissance. Les responsables pourraient en arriver à se servir des membres de l'Église (de les instrumentaliser) afin de réaliser leurs objectifs. Pour éviter ce problème, nous poursuivrons notre mission en tenant compte des pôles suivants:  l'épanouissement, le respect et la santé des membres. La poursuite de notre mission sera saine en demeurant au service des membres et elle sera équilibrée en développant toutes les différentes fonctions de l’Église à savoir:  annonce première de l’Évangile auprès des non-chrétiens ou des non-pratiquants, célébrations, fraternité, charité envers les démunis, croissance des membres dans la foi, formation des chrétiens pour la mission dans la communauté chrétienne et formation de responsables laïcs.

- La recherche de santé et d’équilibre permettra entre autres : 1) à ce que les membres de la direction et les autres responsables ne méprisent pas leur vie familiale ou leur santé au nom de leur engagement dans l'église; 2) à ce que la formation des disciples amène les membres de la communauté chrétienne à la santé intégrale (spirituelle, psychologique et physique) et à l'épanouissement.

Il est sage de bien penser aux aspects matériels liés au démarrage du projet en identifiant les risques potentiels (date limite non rencontrée, difficultés de financement, dépenses plus grandes que prévues, bris des véhicules, problèmes d’ordinateur, etc.) et de proposer des solutions pour éviter ces problèmes.

6. Formuler des buts

La sixième étape est la formulation des buts.  Il s'agit des choix 
que la communauté chrétienne entend prendre pour accomplir sa mission et concrétiser sa vision: Quels facteurs de développement allons-nous mettre en place dans notre Église? Quels changements allons-nous apporter pour en arriver à faire des disciples?

Les question suivantes peuvent aider à bien formuler des buts: 

· Les buts s’harmonisent‑ils avec l’énoncé de mission et des valeurs de la communauté chrétienne?
· Les buts contribueront-ils à la réalisation de la vision?
· Les buts tiennent-ils compte de l’analyse de l’environnement interne et externe ?
· Les buts donnent-ils à la communauté chrétienne une orientation claire sur ce qu’elle doit faire?

Exemples de buts :

· Mettre en place dans la communauté chrétienne un système de cellules de maison
· Concevoir des assemblés pour personnes en recherche

La formulation des buts peut tenir compte des améliorations à apporter au local pour le rendre plus opérationnel et fournir, si nécessaire, un plan d’aménagement. Il inclut les preuves que cet emplacement, ainsi que les édifices, sont conformes aux lois municipales, lois sur la santé, sur la sécurité, etc.

7. Fixer des objectifs mesurables

La septième étape est de déterminer des objectifs mesurables (les résultats escomptés). Les objectifs énoncent clairement les résultats que la communauté chrétienne s’efforcera d’atteindre dans un temps donné pour réaliser ses buts. À chaque but doit correspondre au moins un objectif cependant, une organisation se fixe souvent plus d’un objectif par un but.

Les objectifs doivent être SMART :

· Spécifiques : pour éviter différentes interprétations ;
· Mesurables : pour permettre l’évaluation ;
· Accessibles : que l’on peut atteindre ;
· Réalisables : doivent constituer un défi mais à la portée de l'église;
· Temporaires : programmés dans le temps avec des échéances de réalisation.

À titre d'exemple :

- Augmenter par trois le nombre des cellules de maison avant telle date.
- Avoir 30% de plus de jeunes parmi les membres de l’église, avant telle date.

8. Déterminer les activités

La huitième étape pour planifier est de choisir les activités à accomplir pour atteindre les objectifs fixés. Les objectifs désignent les facteurs de croissance que l'église souhaite mettre en place tandis que les activités traduisent de quelle manière elle compte atteindre les résultats escomptés.

Voici des éléments de réflexion utiles pour bien choisir ses activités:

· Les activités reflètent‑elles le mandat, la vision, la mission et les valeurs de la communauté chrétienne?
· L'activité choisie se rattache‑t‑elle clairement à l’achèvement d’un but et d’un objectif précis?
· L’activité 
choisie est‑elle réaliste face aux moyens, aux risques et aux coûts?

9. Déterminer les ressources

La neuvième étape est de déterminer les ressources nécessaires à la réalisation des activités. Celles-ci peuvent se répartir en au moins quatre catégories:

· Les ressources humaines ;
· Les ressources matérielles ;
· Le ressources financières ;
· Les ressources en temps.

Les ressources sont donc exprimées en coûts, en salaires, en temps et en personnes. Combien de temps cela va prendre pour réaliser les activités et combien cela va coûter ? Qui a les compétences nécessaires pour accomplir les activités choisies ? 

Une analyse judicieuse permettra de distinguer celles qui sont nécessaires et celles qui sont disponibles; le solde indiquera celles qu'il reste à acquérir. 

10. Créer un échéancier 

La dixième étape consiste à planifier la manière dont les activités seront réalisées dans le temps. L'échéancier est construit en divisant le projet de développement en étapes simples. On travaille à rebours à partir de l'objectif final pour déterminer la séquence des activités qui doivent être réalisées. 

Les estimations de temps doivent être basées en consultant les personnes qui seront impliquées dans chaque étape. Une fois le temps des étapes établi, les étapes peuvent être présentées dans un diagramme de Gantt.

11. Choisir sa structure de gouvernance

La onzième étape de la planification est d'expliquer le choix et la structure de gouvernance. La gouvernance peut se définir comme étant l’ensemble des processus et des structures permettant au pouvoir décisionnel de s’exercer. Elle a pour conditions essentielles 1) la cohérence interne autour d’une mission bien définie; 2) la discipline organisationnelle et; 3) l’harmonisation en fonction des résultats.

Une structure de gouvernance efficace permet aux personnes (ou aux groupes de personnes) en poste de responsabilité de mettre en place les orientations pastorales et les priorités de la communauté chrétienne. Elle existe pour appuyer le premier responsable et obtenir des résultats. Elle comprend l’autorité de prendre des décisions en matière de placement de personnel, de réaffections des ressources et de conception de programmes.

12. Se donner des mesures d'évaluation

La douzième étape est de se donner des mesures (des indicateurs de progrès) pour vérifier les progrès accomplis dans le temps, repérer les activités qui sont efficaces et celles qui ne le sont pas. Ce suivi est effectué au moins sur une base annuelle.

Les mesures permettent de visualiser le changement ou la variation dans la réalisation progressive des objectifs.  
Il est recommandé de faire un tableau présentant les résultats des différentes mesures et contenant l’ensemble des objectifs.

· La mesure de chaque objectif est exprimée en données chiffrées et indique dans quelle mesure les objectifs ont été atteints par la communauté chrétienne.

· Les mesures sont rattachées à l’objectif à mesurer. Il en faut au moins une par objectif.

Voici des questions utiles pour bien formuler une mesure :

- La mesure est‑elle pertinente ? 
- A-t-elle un lien direct et logique avec le but ou l’objectif ? 
- La mesure est‑elle fiable ? 
- Produit-elle une information juste et vérifiable pour la période de réalisation de l’objectif?
- La mesure est‑elle valable? 
- Capte-t-elle ce que l'église tente de mesurer?

13. Les prévisions financières

Cette avant-dernière étape joint tous les aspects du projet et permet de le traduire en terme monétaire. Elle évalue son coût sur deux ou trois ans et en suggère le mode de financement. L'aide d'un comptable sera précieuse sinon indispensable.

Coûts requis au démarrage: Qu’y a-t-il à acheter, à rénover, à débourser entre maintenant et la date du départ du projet ? Établir la liste des frais de démarrage en détaillant les postes suivants : Terrain; Bâtisse; Matériel roulant; Équipements; Mobilier; Rénovations; Brevets; Frais d’incorporation; etc.

14. Le sommaire

La dernière étape est de rédiger le sommaire qui est un texte placé au début du plan de développement. D'une à deux pages maximum, il fait la synthèse de ce que l’on retrouve dans l’ensemble du document. Il devrait être rédigé en dernier et contient les informations suivantes:
  • Nom du projet : _______________________
  • Pasteur : ________________________
  • Équipe de direction: ____________________
  • Adresse: _______________________________
  • Téléphone : ______________________
  • Courriel : _________________________

A/ Activité principale : (À titre d'exemple : Annonce première auprès des sans-églises et formation de disciples)

B/ But principal : (À titre d'exemple : Être une la communauté chrétienne qui fait des disciples et qui les impliquent dans la mission de l'Église)

C/ Points forts : (À titre d'exemple... Formation et expérience du pasteur; Qualifications des membres de l’équipe de direction; Connaissance des facteurs qui engendrent la croissance des églises locales; Appui du responsable local de la dénomination chrétienne; etc.)

D/ Historique du projet

E/ Groupe cible

F/ Grandes lignes pastorales

G/ Avantages du projet : Avantages par rapport au mode usuel de fonctionnement des églises

H/ Besoins financiers : Expliquer sommairement combien d’argent a été investi à ce jour; quelles sont les montants nécessaires pour la suite, à quoi servira les montants reçus: salaires, location de locaux, achats de matériel, etc.; et quelles sont les ressources financières.

Conclusion

Un plan de développement n'a pas besoin d'être compliqué. Il devrait toutefois comporter des objectifs et des tâche
s suffisamment exigeantes, mais raisonnables, déléguées avec suffisamment de pouvoirs pour qu'elles puissent être réalisées de manière autonome par les membres. Mais attention, la planification n’est pas une activité ponctuelle achevée lorsqu'une première version du plan est terminée. C’est un travail continu qui vise à toujours mieux saisir et réaliser la mission de l'Église dans un environnement en constante évolution.

LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE