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mardi 20 novembre 2012

La croissance de l’église et le travail en équipe

En tant que responsables en Église, la tentation est grande de vouloir tout faire soi-même. Cela peut remplir ses journées et donner l’impression que l’on fait de son mieux pour accomplir la volonté de Dieu. Le pasteur David Yonggi Cho, en Corée du Sud, en est un bon exemple. Animé d’un fort désir missionnaire, il commença une Église à partir d’un petit groupe de chrétien et réussit à multiplier leur nombre jusqu’à 800 000. Au début, il faisait tout lui-même… il était partout et rien ne se faisait sans lui. Mais avec le temps, il finit par appeler cette attitude, cette façon de faire, la clé du désastre. En effet, à force de vouloir tout faire, il tomba gravement malade et s’épuisa. Il fit ce qu’on appelle communément un burnout, c’est-à-dire un épuisement professionnel. Il mit dix ans à s’en remettre.

Dans les souffrances de sa fatigue et le désir de continuer à développer son Église, il en arriva à déléguer la tâche de l’annonce missionnaire aux laïcs. Il changea radicalement sa façon de faire en prenant le temps de former des responsables et en leur confiant des responsabilités. C’est en grande partie grâce à ce travail d’équipe, à cette collaboration avec les laïcs, que sa communauté chrétienne se développa de façon exponentielle.

Mais le travail d’équipe n’est pas simple. Il peut être source d’unité et d’épanouissement ou source de division et de souffrance. Voici quelques pistes afin que celui-ci contribue tant à la croissance de l’Église qu’à la croissance des membres.

1. Laisser les membres de l’équipe prendre part au processus de planification

Les responsables devraient définir les objectifs avec les autres membres de l’équipe et ne pas leur imposer des moyens pour les atteindre. En effet, les membres d’une équipe pastorale débordent souvent de créativité et d’idées qui peuvent considérablement enrichir un projet ou un événement. Comme Pierre et Jean qui coururent tous les deux ensemble (Jn 20:4) vers le tombeau vide, les membres d’une équipe devraient se former et travailler ensemble pour saisir une vision nouvelle et des moyens nouveaux pour réaliser leurs projets.

2. Donner suffisamment d’autonomie

Le rôle des responsables d’équipe est surtout de rappeler la mission et la vision de l’équipe ainsi que les objectifs définis. Ils devraient ensuite, autant que possible, laisser les membres atteindre ces objectifs par eux-mêmes, selon leur expérience propre et leurs compétences particulières. Donner suffisamment d’autonomie aux membres pour atteindre les objectifs fixés leur permet de travailler en fonction de leurs dons, de leurs inspirations et de trouver joie et épanouissement dans leur travail à cause de la confiance qui leur est accordée. Comme l’explique saint Paul dans l’épître aux Romains (12:5), nous ne formons qu'un seul corps dans le Christ, mais nous sommes pourvus de dons différents selon la grâce qui nous a été donnée.

3. Assurer un suivi

Ceci est important, les membres de l’équipe ne sauront pas s’ils sont sur le bon chemin à moins que cela leur soit dit clairement par l’ensemble du groupe. Il est donc nécessaire de réunir l’équipe à intervalles réguliers afin de discuter des progrès accomplis. Les membres peuvent ainsi recevoir des suggestions d’améliorations de la part des autres membres de l’équipe.

4. Encourager les membres

Chaque membre de l’équipe a droit à une reconnaissance sincère, personnelle et publique de la part du responsable. Une fois l’évaluation achevée, tout n’est généralement pas parfait, mais il faut avant tout relever ce qui a été fait de bien afin d’encourager et d’enhardir les membres pour leurs futures implications. Encouragez-vous mutuellement chaque jour, nous exhorte saint Paul (He 3:13)! Mettre trop d’emphase sur les points négatifs peut facilement blesser et décourager les membres dans leur engagement généreux à la suite du Christ.

Conclusion

Le travail en équipe peut réellement être une source d’unité et de fraternité lorsque le responsable aide à bâtir une vision commune, fait confiance, accompagne, motive et laisse chaque membre agir selon ses dons et ses inspirations. Une telle culture d’équipe relève de la maturité spirituelle et démontre le respect que l’on doit à chaque membre du Corps du Christ, appelé à sa manière à participer à la mission de l’Église.

Auteur : Pierre-Alain Giffard

 

NOTE: Certaines idées présentées sont inspirées de l’article « Secrets to Developing a Productive Team » de Juan Cruz.

http://www.churchleaders.com/pastors/pastor-articles/162984-secrets-to-developing-productive-team.html

vendredi 15 juin 2012

La croissance de l’Église du pasteur Rick Warren

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Rick Warren est le pasteur fondateur de l'Église évangélique Saddleback Valley Community Church en Californie. Il est né à San José en Californie et a obtenu une maîtrise au Southwestern Theological Seminary et un doctorat au Fuller Theological Seminary. Son aptitude à faire croître son Église, lui valut le surnom d' « inventeur du renouveau perpétuel »[1]. Son livre le plus connu, The Purpose Driven Church (L'église: une vision, une passion), a été traduit en plus de trente langues et a été vendu à plus d'un million d'exemplaires.


C’est avec son épouse, Kay, qu’il a commencé à évangéliser en rassemblant quelques personnes dans leur maison. C’était en 1979, ils sont maintenant vingt mille à célébrer tous les weekends. Son assemblée chrétienne est la huitième plus grande des États-Unis. En 1995, l’Église de Saddleback a été officiellement reconnue comme l’Église baptiste ayant eu le taux de croissance le plus rapide de toute l'histoire américaine. Cette même année, après quinze ans de réunions dans des écoles, des clubs, des entrepôts, et même dans une tente, la communauté a fait construire une église sur un campus de soixante-dix-neuf hectares.

Comme Dale Galloway, Warren explique que Dieu veut la croissance des Églises et que les brebis égarées doivent être retrouvées. D’après lui, la Bible, particulièrement dans les paraboles du Royaume, affirme une vérité essentielle : Dieu s’attend à ce que les chrétiens s'activent pour faire croître leurs Églises. La croissance n’est pas optionnelle et nous avons le devoir de la poursuivre. Pour grandir, dit-il, ça prend plus que la bonne volonté, la consécration ou la piété; ça prend de la compétence. Il ne s’agit pas tant de travailler plus durement que de travailler plus intelligemment. La croissance est le fruit d’une coopération entre Dieu et les êtres humains. Les méthodes et la planification sont incontournables: c’est la grâce de Dieu qui, passant par nos efforts et notre intelligence, produit la croissance.

Rick Warren estime qu’il n’y a pas de stratégie unique pour assurer la croissance. Après avoir étudié de nombreuses Églises en croissance, il a constaté que plusieurs d'entre elles utilisent des stratégies parfois fort différentes. Ce serait simpliste et inapproprié, dit-il, de penser qu’il n’y a qu’une formule pour assurer la croissance d’une Église. Il y a plusieurs moyens pour croître : les écoles du dimanche, les cellules de maison, l’utilisation de la musique contemporaine ou de la musique traditionnelle, les visites à domicile, etc. On ne retrouve pas tous ces facteurs dans chacune des Églises en croissance; les stratégies, les structures et les styles varient, mais il existe des points communs entre ces différentes communautés et il faut savoir en extraire les principes généraux et les appliquer à son milieu.

Rick Warren a remarqué qu’un des éléments communs aux Églises en croissance est une caractéristique particulière des responsables. Les pasteurs s’attendent à ce que leurs assemblées grandissent, ils croient en l’action de Dieu et en ses promesses. C’est un des secrets de leur réussite, ils s’attendent à voir des miracles et ils se rendent disponibles pour que Dieu les utilise à travers leur foi.
Les communautés en croissance ont aussi une identité claire et précise. Elles savent pourquoi elles existent et quels sont leurs buts. Elles savent précisément à quoi Dieu les appelle. Elles se consacrent à faire des disciples, à faire aimer Dieu et le prochain!

Rick Warren a adopté un style de leadership qui partage pouvoir et responsabilités. Il s’organise et travaille avec les membres non ordonnés en les formant et en leur confiant des responsabilités. Il puise dans les talents, les ressources, l’énergie et la créativité des membres de sa communauté. Dans sa façon de diriger, il essaye d’éviter deux extrêmes : l’un est d’assumer toute la responsabilité pour l’évangélisation et l’autre est de s’en décharger complètement. Il explique que l’équilibre se réalise lorsque le pasteur et les laïcs ne confondent pas leurs rôles : les laïcs n’ont pas à s’approprier le leadership de la communauté et les pasteurs n’ont pas à se donner l’exclusivité des ministères.
Définir la mission, la mettre par écrit, la communiquer par une vision claire et des rêves est, dit-il, le point de départ de l’action du dirigeant. Mais, pour définir ses objectifs, il doit bien connaître les besoins du milieu et rester ouvert aux changements de l’environnement ; lui-même n’a pas hésité à faire un sondage dans son quartier pour découvrir les griefs que les gens avaient contre l’Église en général.

Un autre élément important pour assurer la croissance est la longueur du mandat pastoral. En effet, si un long mandat pastoral ne garantit pas la croissance, un changement fréquent du premier responsable de l'Église empêche la croissance : Une Église qui change de pasteur régulièrement ne connaîtra pas de réelle croissance[2] écrit-il.

L’Église Saddleback a concentré ses efforts d'évangélisation seulement sur une partie de la population. Elle a visé les personnes qui avaient le plus de chance de s’identifier aux autres membres de la communauté. Rick Warren explique qu’il faut aller en priorité vers les personnes qui n’habitent pas trop loin de l'église, celles que l’on comprend, avec qui l’on est déjà en lien, avec qui l’on a des points communs et que l’on peut aider. Pour permettre la croissance, la communauté ne devrait pas chercher à être ce qu’elle n’est pas et atteindre des personnes qui lui sont trop différentes. Il vaut mieux aussi concentrer ses efforts pour rejoindre les personnes réceptives : Les Églises en croissance visent à rejoindre les personnes réceptives, les Églises qui stagnent cherchent à réintégrer les personnes qui les ont quittées[3].

Comme les Églises des pasteurs Cho et Galloway, l’Église de Rick Warren fonctionne avec une structure de groupes de maison. Les membres de sa communauté cherchent à offrir à ceux qui viennent une atmosphère d’accueil et d’amour : Les communautés qui grandissent aiment et les communautés qui aiment grandissent[4]. Ils sont spécialement ouverts et sympathiques aux personnes qui viennent pour la première fois. Warren a cherché à mettre en place un processus d’intégration des nouveaux qui permet à la fois de les fidéliser et de les impliquer dans la mission. Il le fait en offrant une formation sous forme de parcours qui amènent les nouveaux à comprendre l’importance de leur implication dans l’Église. D’autres parcours ont pour but de faire découvrir leurs talents à l’ensemble des membres afin qu’ils les mettent au service du Christ et de son Église. Ce processus est un élément central qui a contribué à sa croissance. Il explique son succès en trois mots : faire des disciples.

L’Église de Rick Warren se fixe comme but de fortifier la communauté en accueillant des nouveaux, en leur proposant de suivre des parcours qui les fidélisent et qui les forment au fur et à mesure; un peu comme un arbre qui fortifie ses propres branches au fur et à mesure qu’il grandit. Les Églises qui se donnent comme priorité d’intégrer les nouveaux et qui planifient leurs activités en fonction de cette nécessité, réussissent le mieux dit-il. Celles qui ne se préoccupent pas des nouvelles personnes ou qui ne se soucient pas de les intégrer à la communauté ne grandissent pas.

Comme Dale Galloway, Rick Warren organise aussi sa communauté afin qu’elle soit toujours plus chaleureuse et réponde aux besoins des personnes du milieu. Pour lui, une communauté ne peut pas grandir au-delà de sa capacité à répondre aux besoins des gens. C’est dans cette optique que son Église accorde une attention toute particulière au style de musique utilisé dans les célébrations. La musique est un des éléments importants qui favorise la croissance. Le genre de musique doit correspondre aux goûts des personnes qu’on cherche à rejoindre. Après le sondage qu’il effectua pour mieux connaître les personnes de son milieu, Warren a changé radicalement son style de chants et de musique. Grâce à cela, explique-t-il, en un an, leur communauté a connut une croissance exceptionnelle.

Mais il ne s’agit pas de viser seulement la croissance numérique : La vérité, dit-il, c’est que vous n’arriverez pas à croître si c’est cela votre seule préoccupation[5]. On n’a pas à s’inquiéter excessivement de la croissance, mais plutôt d’accueillir avec amour les personnes que Dieu nous envoie. Dieu fera croître la communauté au rythme qu’il voudra et aux dimensions qu’il voudra. Warren se soucie plus des personnes que des chiffres. Il est convaincu que la croissance est le résultat d’une organisation saine; si l’organisation est saine, elle va croître. Et la santé d’une organisation est une question d’équilibre.

Dans sa poursuite d'équilibre, Rick Warren développe sa communauté à cinq niveaux : 1. La communion fraternelle (fellowship); 2. La formation des disciples (DISCIPLESHIP)[6]; 3. Les célébrations liturgiques (WORSHIP); 4. Les ministères laïcs (MINISTRIES); 5. L’évangélisation[7] (ÉVANGELISM). Une stratégie est élaborée pour développer chacun de ces niveaux, la structure de l’Église est adaptée et le tout est évalué en fonction de l’excellence.

Cet article se trouve dans le livre : La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.


[1] C’est Peter Drucker, auteur de réputation mondiale en gestion, qui lui a attribué ce surnom.
[2] R. WARREN, The Purpose Driven Church : Growth without compromising your message and mission, Grand Rapids, Michigan, Zondervan Publishing House, 1995, p. 31 (notre traduction).
[3] Ibid., p. 183 (notre traduction).
[4] Ibid., p. 210 (notre traduction).
[5] Ibid., p. 48 (notre traduction).
[6] La formation des disciples se fait à travers des parcours successifs
[7] Il s’agit ici de l’annonce de l’Évangile aux personnes qui ne croient pas au Christ ou qui ne font pas partie d’une communauté chrétienne.

mardi 29 septembre 2009

19 orientations pastorales favorisant la croissance des paroisses

Dans les paraboles du semeur et de la graine, du blé et de l'ivraie, et de la graine de moutarde qui est semée et devient ensuite une grande plante, Jésus nous parle de la croissance de son Royaume. Sur terre, le royaume de Dieu est son Église et la mission de ses membres est de faire des disciples. Selon la volonté divine, le royaume de Dieu sur terre continuera de croître grâce aux efforts apostoliques de ses membres et à la puissance de l'Esprit Saint.

Cet article décrit 19 orientations pastorales qui, selon les théologiens et les pasteurs en lien avec le Mouvement pour la croissance de l'Église, contribuent au développement des églises. Ces orientations se veulent utiles aux pasteurs et leaders laïcs alors qu’ils cherchent à évangéliser et à renouveler leurs communautés chrétiennes.

1. Donner la priorité à l’annonce auprès des sans-églises

Les communautés chrétiennes qui se développent considèrent que leur mission est de "chercher la brebis perdue". (Luc 15:1-7) McGavran, le fondateur du Mouvement pour la croissance de l'Église, définit la mission de l'Église comme suit : Proclamer Jésus-Christ comme Dieu et Sauveur et encourager les hommes et les femmes à devenir ses disciples et des membres responsables de son Église. Les activités des églises qui se développent sont déterminées par cette mission. Elles se donnent comme but d’inviter des personnes qui ne font pas partie d’une communauté chrétienne et de les y intégrer. Bien qu'ils aient des responsabilités administratives, leurs pasteurs consacrent du temps à s'occuper du développement de la communauté chrétienne.

2. Prier et favoriser le renouveau spirituel des membres

Dans les églises qui se développent, la prière et le renouvellement spirituel jouent un rôle essentiel. Les prières d'intercession pour que les hommes et les femmes soient gagnés au Christ précèdent et accompagnent les efforts missionnaires. Les membres de la communauté chrétienne recherchent un renouveau spirituel continu (revival). En conséquence, ils se préoccupent du salut des autres et sont des témoins efficaces du Christ.

3. Développer une vision et un processus missionnaire

Les communautés chrétiennes qui se développent non seulement s’engagent dans l’évangélisation mais elles ont développé un processus pastoral. Ce processus représente leur vision pour faire des disciples. Elles formulent leur vision dans un énoncé simple et compréhensible et motivent leurs paroissiens à la réaliser. Cette vision pousse la communauté chrétienne au-delà du statu quo, invite à des innovations missionnaires et est réaliste afin que les membres puissent y croire et la suivre.

4. Planifier

Les églises qui se développent définissent les étapes qu'elles suivront pour réaliser leur vision et mettre en œuvre leur processus d’évangélisation et de formation de disciples. Par leurs efforts de planification, ces communautés chrétiennes ne se perdent pas dans une vision qui peut être belle, mais qui relève plutôt du rêve que de la réalité. Selon McGavran, la croissance de la communauté chrétienne aurait rarement eu lieu sans un effort de planification.

5. Développer le potentiel des laïcs

Les dirigeants des communautés chrétiennes qui se développent ne font pas tout eux-mêmes ; au contraire, ils délèguent leurs responsabilités et leur autorité. Ils ne renoncent pas à leur leadership, mais permettent aux membres de la communauté chrétienne de s'engager dans des ministères laïcs et de travailler avec eux pour réaliser la vision de la communauté chrétienne. Ensemble, ils définissent et planifient les activités de la communauté chrétienne et stimulent les membres à s’engager. Grâce au leadership et à l'implication des laïcs, la communauté chrétienne est capable de fournir davantage de services aux paroissiens et au milieu environnant.

6. Former les leaders laïcs

Les membres de la communauté chrétienne sont soutenus, accompagnés et formés de manière à remplir efficacement leurs responsabilités. La formation les amène à devenir relationnels, chaleureux et attentifs aux besoins des autres : c'est ce que Dieu veut de son Église et ce qui attirera les gens vers la communauté chrétienne. Les pasteurs développent un système pour identifier et recruter des bénévoles et des leaders parmi les paroissiens

7. Servir les besoins de la communauté

Proclamer la Bonne Nouvelle, c'est montrer l'amour de Dieu en paroles et en actes (proclamer l’Évangile par toute sa vie). Ainsi les communautés chrétiennes doivent développer des activités qui répondent aux besoins de leur milieu (interne et externe). Ce faisant, une bonne connaissance de leur environnement les aide à choisir des activités et à planifier des actions dans le temps. Plus une communauté  chrétienne connaît son environnement (culture, pauvreté, souffrance, etc.), plus elle est en mesure de montrer la compassion de Dieu au monde.

8. Fixer des buts mesurables

Les plus beaux rêves s’incarnent dans des buts mesurables. Par conséquent, les communautés chrétiennes missionnaires élaborent une liste d’objectifs et établissent des priorités en fonction de ce qui est le plus important et le plus urgent. Les objectifs aident les dirigeants et les membres à se concentrer sur l’objectif missionnaire de la communauté chrétienne, à clarifier la vision et à mesurer les progrès. Les objectifs servent également à motiver les membres de la communauté chrétienne à s’impliquer dans la mission de l’Église. Enfin, les objectifs contribuent à créer un sentiment de communauté et de communion fraternelle, car c’est tous ensemble que les membres s’efforcent de faire des disciples.

9. Créer une structure de petits groupes

Les communautés chrétiennes qui se développent mettent en place une structure de petits groupes. Cependant, ces groupes ne sont pas des comités. Leur objectif est (1) d'évangéliser ceux et celles qui n'ont pas encore eu l'occasion de rencontrer Jésus-Christ ou qui se sont éloignés de leur foi et de l'Église., (2) de répondre aux besoins de la communauté environante, (3) de répondre au désir d'appartenance et de socialisation des membres de la communauté, et (4) de les aider à atteindre la maturité spirituelle.

10. Impliquer les membres selon leurs dons et leurs talents

Les membres de la communauté chrétienne sont invités à s'impliquer dans les activités et les pastorales de la communauté chrétienne en fonction de leurs talents, de leurs dons spirituels, de leur formation, de leurs intérêts et de leur disponibilité. Malheureusement, dans de nombreuses communautés chrétiennes, les responsables décident de ce que les membres doivent faire sans leur demander quels sont leurs intérêts et leurs talents. Les responsables paroissiaux doivent aider les membres à découvrir leurs dons et à les impliquer en conséquence.

11. Mobiliser et former les membres de la communauté chrétienne à évangéliser

Les communautés chrétiennes qui se développent se sentent responsables de ceux et celles qui ne connaissent pas le Christ ou qui ne vont pas à l'église. Chaque chrétien est appelé à évangéliser d'une manière ou d'une autre en initiant de nouvelles relations et en invitant ces nouvelles personnes à la communauté chrétienne pour entendre l'Évangile. Les dirigeants rappellent aux paroissiens la mission de l'Église de faire des disciples et leurs fournissent des programmes d’évangélisation pour atteindre les ceux et celles qui n'ont pas encore eu l'occasion de rencontrer Jésus-Christ ou qui se sont éloignés de leur foi et de l'Église.

12. Inviter les chrétiens à témoigner auprès de leurs proches

La proclamation de l'Évangile est plus efficace lorsque les chrétiens témoignent à leurs proches et à ceux et celles qu'ils connaissent déjà. Des études montrent que la majorité des personnes qui sont devenues chrétiennes ou qui sont retournées à l'Église l'ont fait à la suite du témoignage d'une personne qu'elles connaissaient.

13. Se concentrer sur les personnes réceptives

Les communautés chrétiennes qui se développent cherchent dans leur environnement des personnes qui peuvent être plus réceptives à l'Évangile. Des études montrent qu’il y a, entre autres, celles qui visitent la communauté chrétienne pour la deuxième fois, celles qui viennent d'emménager dans un quartier, celles qui veulent se libérer d'une dépendance (alcool, drogue, pornographie, jeu, etc.), ainsi que les parents de nouveaux convertis et les nouveaux parents. Les personnes réceptives sont aussi souvent celles qui vivent les épreuves suivantes :

(a) un divorce ;
b) le chômage ;
c) des problèmes financiers ;
d) de problèmes conjugaux ou familiaux;
e) de la solitude;
f) du ressentiment ;
g) de la culpabilité;
h) un deuil.

Les communautés chrétiennes en croissance élaborent des activités pour aider ces personnes et leur annoncer comment Dieu peut les aider dans leur situation.

14. Concevoir des célébrations dynamiques

Les églises qui se développent ont des célébrations dynamiques. Un équilibre est trouvé entre l'exultation et l’adoration intérieure. Une équipe de laïcs et de ministres ordonnés prépare ces célébrations avec grand soin. Les célébrations sont vécues comme des expériences édifiantes qui apportent joie, allégresse et une compréhension plus profonde de la Parole.

15. Mettre sur pied des célébrations et des groupes d’accueil pour les personnes en recherche

Les célébrations de la fin de semaine et les groupes d'accueil sont spécialement conçus pour accueillir les visiteurs et les personnes en recherche. Cela motive les chrétiens à inviter des personnes nouvelles à la communauté chrétienne, car ils savent que les visiteurs seront bien accueillis et seront plus intéressés par les célébrations. Les pasteurs expliquent comment accepter Jésus comme Seigneur et Sauveur et amènent les personnes nouvelles à poser un acte de foi. Des prières sont offertes pour la guérison des malades.

16. Augmenter la capacité d’accueil des membres de la communauté chrétienne

Les communautés chrétiennes qui se développent forment leurs membres à accueillir les nouveaux venus à bras ouverts. Leur accueil chaleureux est au moins aussi plus éloquent qu’une bonne homélie. Les paroissiens sont particulièrement attentifs envers ceux et celles qui visitent leur église pour la première fois. Pour "retenir" les nouveaux venus, les pasteurs les invitent à faire partie d’un petit groupe et à découvrir les autres activités de la communauté chrétienne.

17. Accroître l'enthousiasme et la ferveur des membres

Des chrétiens passionnés et dynamiques attirent les autres à l'église. En vivant leur foi, non pas comme un code moral à suivre, mais comme une grâce unique de connaître et aimer Jésus, les chrétiens rayonnent d'amour et la communauté chrétienne se développe.

18. Adapter le bâtiment de la communauté chrétienne

Il est préférable pour une église d'être aussi visible et accessible que possible (par exemple, près des autoroutes ou des voies rapides) et de disposer d'un grand stationnement (parking). Afin de bien communiquer et de prêcher efficacement, les communautés chrétiennes qui grandissent utilisent les nouvelles technologies. Elles projettent parfois leurs célébrations simultanément dans différents lieux de culte à l'aide de systèmes multimédias modernes.

19. Diriger d'une manière efficace et engageante

Pour favoriser l’implication des paroissiens il est nécessaire d’exercer un leadership efficace et engageant. Dans les communautés chrétiennes qui se développent, le pasteur habilite et équipe les laïcs pour le travail d'évangélisation, de formation de disciples, d'éducation, etc. Son rôle est avant tout celui d'un formateur et d'un coach (Éphésiens 4:13). Les dirigeants recherchent une certaine “efficacité pastorale” et visent le développement de la communauté chrétienne. Ils considèrent chaque paroissien comme un missionnaire et les aident à trouver et à développer leurs dons pour la mission de faire des disciples.

Conclusion

Le renouveau et le développement d'une paroisse ne sont ni simples ni faciles et doivent être enracinés dans l'amour. Les pasteurs et les responsables laïcs trouveront utile de visiter d'autres communautés chrétiennes qui ont grandi au fil du temps, quelles que soient leur confessions.

Enfin, nous devons nous rappeler que le mandat du pasteur doit être suffisamment long. Les communautés chrétiennes qui ont connu la croissance et qui ont changé de pasteur après seulement quelques années ont eu tendance à stagner ou à perdre des membres.

Notre espoir est que les orientations pastorales présentées dans cet article seront utiles pour les pasteurs et les conseils pastoraux afin de renouveler et de faire grandir leur communautés chrétiennes !

Auteur : Pierre-Alain Giffard
 

 

dimanche 27 septembre 2009

Développer la vision de l’évangélisation parmi les leaders de l’église

Auteur Bill Bright

Bill Bright (William R. Bright : 1921 - 2003) est un évangéliste américain, fondateur de « Campus pour Christ International,», auteur des « quatre lois spirituelles » et producteur du film « Jésus » (1979). Il a écrit plus de 100 livres et des milliers d'articles et de brochures sur la foi distribués dans le monde entier.

Accomplir le grand ordre de mission est la priorité essentielle de l’Église. Développer cette vision parmi ses leaders est donc une nécessité vitale.

À cette nécessité devrait s’ajouter la prise de conscience du fait que nous vivons des temps bien particuliers. Au bout de près de deux mille ans, nous sommes pratiquement en mesure d’accomplir cette mission dans une seule génération. Nombre de leaders chrétiens sont en fait convaincus que cela pourrait être réalisé d’ici quelques années seulement.

L’intervention de Dieu dans ce sens est déjà tout à fait évidente. Les occasions de témoigner sont sans précédent. Actuellement, nous avons par exemple une fenêtre exceptionnelle parmi des peuples jusque-là hors d’atteinte tels que dans les anciens pays communistes. Aux États-Unis et dans bien d’autres nations, nous jouissons d’une grande liberté et d’une tranquillité générale qui sont propices à l’évangélisation. Combien de temps cette fenêtre restera-t-elle ouverte ? De nombreux nuages menaçants s’amoncellent partout dans le monde, et nous ne savons pas combien de temps Dieu les retiendra encore. Nous devons donc faire vite et agir avec détermination face à l’urgence du temps présent.

Le Seigneur a pourvu à de formidables ressources pour que nous puissions achever la tâche. Cela inclut des instruments technologiques tels que la radio, la télévision, les films et les vidéos, qui n’étaient pas accessibles aux générations précédentes. Le film Jésus, par exemple, basé intégralement sur la vie de Christ telle que nous la décrit l’évangile de Luc, est vu chaque jour dans des centaines de villes et de villages retirés. Il est souvent projeté sur des écrans de fortune faits avec un drap, devant des foules venues du village à la tombée de la nuit dans les régions les plus lointaines de notre monde. En janvier 1998, on estimait qu’il avait été vu par plus d’un milliard trois cent mille personnes en 440 langues et 222 pays. Des millions ont ainsi témoigné avoir décidé de placer leur con fiance en Christ.

Le but de notre projet de saturation par le film Jésus est de tout mettre en oeuvre pour que l’histoire de notre Seigneur et l’Évangile soient disponibles dans tous les foyers de l’Amérique. Ce même film est distribué gratuitement par nos équipes dans les foyers. L’utilisation d’un programme de suivi remarquable a permis d’enregistrer un nombre remarquable de réponses favorables. De nombreuses églises à travers l’Amérique et outre-mer ont recours à ce projet vidéo économique et en ont fait une stratégie permettant de couvrir leurs quartiers et leurs villes de la connaissance du Seigneur.

Notre but n’est pas seulement d’atteindre les peuples éloignés des extrémités de la terre, mais aussi nos voisins et nos proches qui en ont tout autant besoin.

Ces réalités font ressortir clairement deux qualités des plus importantes à cultiver parmi les leaders des églises, à savoir la vision et le sentiment d’urgence.

LA VISION

Il nous faut communiquer la vision à ceux qui dirigent les églises dans l’évangélisation. Là où il n’y a pas de vision pour l’évangélisation, l’église se meurt spirituellement, ainsi que la population qu’elle aurait pu atteindre. Un conducteur spirituel devrait être consumé par la vision de l’urgence impérative du grand ordre de mission de notre Seigneur. Le leader ne devrait pas penser petit mais avoir une grande vision, comptant sur Dieu pour l’aider à avoir de grands projets et objectifs en vue d’atteindre les perdus pour sa gloire. Notre vision doit être si grande qu’il nous sera impossible de la réaliser sans l’intervention de Dieu. Élaborer une vision que nous sommes capables d’accomplir par nos seules ressources humaines nous empêchera de faire pleinement confiance à Dieu, avec qui toutes choses sont possibles.

L’URGENCE

Le leader doit aussi être animé d’un sentiment d’urgence. Cela ne signifie pas que nous voulions précéder le Saint-Esprit, car lui seul est capable d’attirer les gens à Christ. Mais nous voulons avancer à son rythme et suivre l’oeuvre puissante qu’il accomplit aujourd’hui dans le monde. Le leader doit être conscient du temps dans lequel il vit, motivé et prompt à agir pour saisir les occasions d’évangéliser que le Seigneur peut lui ouvrir, comme des moyens efficaces de communiquer.

La qualité la plus importante qu’un leader qui oeuvre dans l’évangélisation doit développer est sans aucun doute d’être une personne qui s’applique à la prière. Les victoires spirituelles sont remportées et les âmes sont sauvées dans la prière secrète. L’armée de Dieu est la seule à combattre à genoux. Un effort d’évangélisation, qu’il soit collectif ou individuel, ne devrait jamais être entrepris sans être enraciné et plongé dans la prière intense. J’ajouterai à cela que le jeûne biblique est une discipline qui a toute sa valeur quand il accompagne la prière, parce qu’il nous aide à fixer notre attention sur le Seigneur. Faire taire nos appétits charnels nous aide à nous humilier et à remplir les conditions décrites dans 2 Chroniques 7:14.

Bien d’autres qualités qui ont besoin d’être développées dans l’évangélisation sont les mêmes que l’on doit pouvoir trouver chez tout chrétien. Je mettrai cependant l’accent sur les suivantes pour ce qui est du responsable :

• Être rempli de l’Esprit et sous son contrôle, en marchant dans l’obéissance.

• Avoir un amour pour les âmes semblable à celui de Christ.

• Aimer la Parole de Dieu et être un étudiant studieux de la Bible.

• Avoir une bonne compréhension des vérités fondamentales de la foi chrétienne.

• Être formé pour amener des personnes à recevoir Christ et capable d’en former d’autres.

• Avoir un coeur de serviteur.

Être animé d’un coeur de serviteur. L’apôtre Paul se considérait comme un esclave (serviteur) du Seigneur Jésus- Christ (Romains 1:1), qui s’est humilié et s’est fait le serviteur de tous (Philippiens 2:7). Nous devons suivre l’exemple de notre Maître et être ses esclaves ainsi que celui des autres.

Notre Seigneur Jésus a donné un critère essentiel pour être un leader : être un serviteur. « Il n’en sera pas de même parmi nous. Mais quiconque veut être grand parmi vous sera votre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Matthieu 20 : 26-28).

Notre motivation devrait toujours être de servir et non d’être servi. Dans l’évangélisation, nous devons toujours nous voir nous-mêmes comme serviteurs des autres ainsi que des villes que nous voulons atteindre, répandant nos vies et notre énergie en leur faveur comme notre Seigneur Jésus l’a fait pour nous.

Les églises qui développent des leaders pour l’évangélisation qui sont animés par cette vision, conscients de l’urgence de leur mission, aiment les âmes et la Parole de Dieu, ont un coeur de serviteur, savent combattre dans la prière, sont remplis de l’Esprit et bien formés seront les plus efficaces pour contribuer à l’accomplissement du grand ordre de mission. Ces ouvriers au coeur de serviteur sont en ce moment même en train de bâtir le royaume de Dieu ; ils entendront un jour notre Seigneur leur dire ces mots si précieux : « Tu as bien fait, bon et fidèle serviteur ».

Publié dans le journal “Ressources spirituelles” n.16, Automne 2008.

mercredi 23 septembre 2009

La prière avec le jeûne : clé de l’évangélisation


Auteur : Bill Bright

Bill Bright (William R. Bright : 1921 - 2003) est un évangéliste américain, fondateur de « Campus pour Christ International,», auteur des « quatre lois spirituelles » et producteur du film « Jésus » (1979). Il a écrit plus de 100 livres et des milliers d'articles et de brochures sur la foi distribués dans le monde entier. 

La prière accompagnée du jeûne à un impact comparable à celui d’une bombe atomique ; elle constitue l’élément le plus significatif de l’évangélisation et de l’accomplissement du grand ordre de mission.

Les églises et les responsables évangéliques qui ont une vie de prière et de jeûne disciplinée verront de nouvelles avancées enthousiasmantes dans leurs efforts d’évangélisation et dans le climat spirituel de leurs églises. Ma prière est que deux millions de personnes prient et jeûnent, se contentant d’aliments liquides, pendant 40 jours pour un réveil national et mondial, et pour l’accomplissement du grand ordre de mission. Leur intercession pourra aussi être centrée sur leur propre ville.

Pourquoi le jeûne ? C’est une pratique biblique : en refusant de satisfaire nos appétits charnels, le jeûne nous aide à nous humilier et à répondre aux critères de 2 Chroniques 7 :14.

Pourquoi 40 jours ? Le Seigneur Jésus nous en a donné l’exemple au tout début de son ministère. De plus, quand il nous a confi é le grand ordre de mission, il nous a ordonné d’enseigner ce qu’il nous avait enseigné. Cela inclut dont le fait de jeûner 40 jours avant d’entreprendre un ministère particulier.

C’est en 1994 que, pour la première fois, j’ai jeûné pour cette durée ; ce fut l’expérience la plus mémorable de ma vie. Je n’ai jamais vécu une telle intimité avec le Seigneur à aucun autre moment.

Si quelqu’un ne se sent pas conduit à prier et jeûner pendant 40 jours, qu’il fasse ce qu’il ressent que l’Esprit lui demande. C’est aussi en 1994 que des responsables chrétiens ont commencé à se réunir pour trois jours de prière et de jeûne pour le réveil. Immédiatement après cette rencontre qui eut lieu à Orlando, les médias chrétiens ont rapporté plusieurs percées majeures du réveil dans diverses églises et universités aux États-Unis. Depuis, nous nous sommes réunis en 1995, 1996 et 1997 avec une participation croissante. Un nouveau rassemblement est prévu chaque année. En 1997, l’événement fut relayé par satellite sur au moins 3 000 sites : églises, universités, prisons, et autres lieux.

Peut-être un des plus grands résultats de ce jeûne et prière initié par ces leaders fut Mission America, un partenariat incluant la plupart des dénominations et groupes para-églises représentant des millions de chrétiens dans environ 200 000 églises : un événement sans précédent depuis le premier siècle.

J’exhorte chaque membre d’église, en particulier les responsables d’évangélisation, à entrer dans cette discipline biblique. 

Publié dans le journal Ressources spirituelles n.16, Automne 2008.



lundi 14 septembre 2009

L’évangélisation : une composante majeure de la croissance de l’Église

Adapté d’une étude nationale sur l’évangélisation réalisée par Mary Ellen Knapka (Carol Stream, Ill., CTi, juin 1995) 32-36.

Les résultats d’une enquête nationale sur l’évangélisation ont révélé des différences importantes dans l’attitude et le comportement des pasteurs et des membres des églises selon que celles-ci sont en phase de croissance ou de déclin.

Dans les églises en croissance :

Le pasteur fait de l’évangélisation une priorité. Les pasteurs des églises en croissance sont plus enclins à considérer l’évangélisation comme une de leurs trois priorités que dans les églises qui stagnent ou déclinent (42% contre 29%).

Les pasteurs sont personnellement impliqués dans l’évangélisation et plus attentifs aux programmes d’évangélisation. Les pasteurs d’églises en croissance ont contribué deux fois plus à conduire une âme à Christ dans le dernier mois que dans celles qui stagnent ou déclinent (46% contre 30%).

Le prédicateur prêche plus souvent sur le salut. Selon les participants, il y a plus de prédications sur le thème du salut dans les églises en croissance (65% contre 51%).

Les efforts d’évangélisation sont davantage une priorité et mieux organisés. Les membres des églises en croissance sont deux foisplus nombreux à considérer que l’organisation des efforts d’évangélisation récents de leur église était excellente (30% contre 15%).

Les croyants se considèrent comme étant eux-mêmes partie prenante de l’équipe d’évangélisation. Dans les églises en croissance, ils ne sont généralement pas d’accord avec l’idée selon laquelle : « Le pasteur est le principal responsable de l’évangélisation » (83% contre 72%). Ils ont aussi davantage tendance à considérer que toute l’église fait partie de l’équipe d’évangélisation.

Dans les églises qui stagnent ou déclinent :

Les pasteurs sont moins en contact avec les non-croyants. Les pasteurs des églises qui ne grandissent pas ne se frottent pas aux incroyants dans la vie de tous les jours (13% contre 6%).

Les pasteurs considèrent que les chrétiens ne les soutiennent pas. Les pasteurs d’églises qui ne grandissent pas sont deux fois plus nombreux à considérer que les chrétiens montrent peu d’intérêt pour les programmes d’évangélisation (37% contre 17%).

Les pasteurs et les chrétiens se sentent coupables, ou tout au moins faibles dans ce domaine. Les pasteurs d’églises qui ne grandissent pas sont plus nombreux à être d’accord pour dire : « Je me sens coupable de ne pas amener quelqu’un à Christ plus régulièrement » (47% contre 33%).

Article publié dans le journal Ressources spirituelles n.16, Automne 2008.

vendredi 24 avril 2009

Six valeurs organisationelles essentielles pour la croissance

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Six valeurs organisationnelles devraient accompagner tout projet de croissance ecclésial. Ces valeurs sont représentées dans le schéma ci-dessous :


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La recherche de l’efficacité

Rechercher l’efficacité, c’est chercher à arriver aux buts fixés. D’après Yves Saint-Arnaud, la poursuite de l’efficacité aide l’être humain à s’actualiser. Rechercher l’efficacité, c’est aussi chercher à être plus compétent pour faire croître la communauté chrétienne. C’est laisser l’Esprit Saint prendre plus de place car c’est Lui qui donne puissance et fécondité aux activités de l’Église.

La recherche de la santé

Certains problèmes pourraient surgir si l’on accorde trop d’importance à la poursuite de l’efficacité. En effet, les membres de la communauté chrétienne peuvent progres-sivement être considérés, non plus comme des personnes, mais comme des outils au service de la croissance. Il peut s’en suivre une atmosphère malsaine, due aux pressions et aux manipulations faites sur les membres. Prendre en compte la valeur de la santé veut dire respecter les membres, consi-dérer leurs autres responsabilités (obligations familiales, associatives, professionnelles, sociales, etc.) et accroître leur satisfaction et leur bien-être dans leur engagement au service de l’Église.

La recherche de l’équilibre

Rechercher seulement l’efficacité au nom de la croissance présente aussi le risque de tronquer l’Église d’une ou de plusieurs de ses fonctions essentielles. Par exemple, les activités sociales d’aide aux pauvres et aux démunis à l’inté-rieur et à l’extérieur de la communauté chrétienne peuvent être mises de côté au profit des activités d’évangélisation des sans-Églises. La poursuite d’efficacité devrait donc non seulement être au service des personnes, mais aussi au service du développement intégral de l’Église.

La recherche de santé et d’équilibre vise entre autres : 

✓ que les pasteurs ne négligent pas leur vie familiale ni leur santé au nom du développement de la commu-nauté chrétienne ;
✓ que les différentes fonctions de l’Église soient déve-loppées de façon égale ;
✓ que la formation des disciplines amène les membres de la communauté chrétienne à la santé intégrale (spirituelle, psychologique et physique) ;
✓ que les membres ne soient pas considérés comme des moyens et utilisés pour développer l’Église.

La recherche de la justice

Pratiquer la justice, c’est être équitable ; c’est respecter le droit de chacun ; c’est payer un juste salaire à ses employés et leur offrir une assurance médicale et une pension de vieil-lesse. C’est chercher à résoudre les problèmes qui peuvent se présenter de manière à ce que tout le monde gagne. C’est aussi admettre ses fautes et chercher à les réparer. La règle d’or de la justice : traiter les autres comme on voudrait être traité soi-même.

La recherche de l’intégrité

Être intègre au niveau organisationnel, c’est, entre autres, respecter les droits d’auteurs, payer ses impôts et organiser la vérification indépendante des états financiers de l’organi-sation (audit externe). C’est aussi éviter toute corruption et n’importe quelle autre fraude.

La recherche de la qualité


Le Père a donné à l’humanité, pour son salut, ce qu’il avait de meilleur, à savoir son Fils. De même, les chrétiens, dans leur désir de plaire à Dieu, devraient tout faire de leur mieux. Viser la qualité, c’est tout faire avec amour comme si c’était pour Jésus. C’est aussi rechercher la satisfaction de l’assemblée vis-à-vis des activités de l’Église (célébrations, garde d’enfants, enseignements, accueil, etc.). Par ailleurs, la recherche de la vérité est inséparable de la recherche de la qualité.

La recherche de l’innovation


L’Esprit Saint, qui « fait toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5), est la source du renouvellement perpétuel de l’Église. Ce renouvellement devrait s’étendre à toutes les dimensions de l’Église (activités, structure, musique, culture, etc.). L’innovation est un synonyme d’adaptation. En tenant compte du milieu dans lequel elle est implantée (ou sur lequel elle est greffée), la communauté chrétienne peut améliorer ses activités afin de mieux rejoindre les sans-Églises qui s’y trouvent ; elle peut ajuster les prédications, les célébrations et les services aux besoins et à la culture des sans-Églises.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.

jeudi 2 avril 2009

Pour une recherche de croissance saine et équilibrée

Auteur: Pierre-Alain Giffard

La foi et le cheminement en Église devraient être sources d’épanouissement et de joie, et non pas de traumatismes et de douleurs ; sources de libération et de paix, et non pas d’asservissement et d’angoisse. Il arrive pourtant que des chrétiens soient profondément blessés par leur expérience en Église… Voici donc une liste d’erreurs à éviter afin que la poursuite de croissance ecclésiale soit saine et respectueuse envers les membres de la communauté chrétienne.

Avoir toujours l’air assoiffé d’argent


Certains pasteurs ou certaines Églises réclament sans arrêt des dons et des contributions. Pour récolter plus d’argent, de fortes pressions sont exercées sur les membres (exhortations répétées, culpabilisation, menaces de rétributions divines, réprimandes, etc.) sans tenir compte des besoins personnels des chrétiens et du peu de moyens dont ils disposent parfois (Mc 7, 10-13). Dans certaines communautés, l’idée est explicitement répandue que plus l’on donne, plus on recevra en retour, tendant ainsi à créer une spirale immorale d’enrichissement des pasteurs et d’appauvrissement des membres, ainsi que la pensée illusoire et égoïste que l’on peut s’enrichir dans ce monde en donnant de l’argent à l’Église.

En tant que pasteur, avoir un niveau de vie nettement supérieur aux membres de son Église


Quoi de plus déplorable que des pasteurs roulant en voiture de luxe, habitant de grandes maisons et s’habillant à la dernière mode alors que les membres de leurs Églises, qui versent leurs salaires, ont du mal à rejoindre les deux bouts (1 Tm 6, 5-9 ; 1 Tm 6, 10-11 ; Pr 22, 22). L’Église n’est pas une entreprise d’exploitation des membres et encore moins une machine à « traire » les pauvres.

Isoler les membres

Volontairement ou involontairement, certaines Églises isolent leurs membres, particulièrement de leurs familles et de leurs proches, sous prétexte de les protéger de mauvaises influences. Cet isolement peut aussi simplement résulter de ce qu’il est exigé des membres une trop grande participation aux réunions et activités d’Églises. Parfois, hélas, pour assurer une plus grande implication des membres, des pasteurs communiquent l’idée, implicitement ou explicitement, que le temps consacré aux activités d’Église est plus important que celui passé avec sa propre famille ou celui nécessaire aux études…

Contrôler les membres

Il y a un niveau de contrôle que l’on trouve dans certaines Églises qui nuit à la dignité des personnes et qui infantilise les membres. Par exemple, il peut être interdit de regarder la télévision, il est demandé aux femmes de ne pas se maquiller, de ne pas porter de bijoux, de garder les cheveux longs. On y trouve un code d’habillement excessivement strict. Les responsables n’hésitent pas à poser des questions indiscrètes sur la vie personnelle des membres et ceux-ci sont encouragés à se dénoncer mutuellement. Les peurs de l’enfer et de la rétribution divine ou simplement celle de ne pas être accepté par la communauté sont utilisées pour soumettre les membres aux règlements et aux coutumes en place.

Éviter d’avoir des comptes à rendre au niveau pastoral et au niveau financier

Pour éviter les abus, une communauté chrétienne devrait avoir un système interne dans lequel il est possible pour les membres de faire connaître leurs opinions et si nécessaire de faire rapporter des abus à des autorités religieuses externes à la communauté chrétienne. Les membres devraient aussi avoir l’assurance que leurs plaintes seront sérieusement prises en considération et que, si effectivement il y a eu abus, des mesures disciplinaires adéquates seront prises.

Encourager l’« idolâtrie » et un « amour » excessif envers le pasteur fondateur ou le pasteur principal

Il y a un danger pour une Église lorsque son leader se complaît excessivement dans l’affection des membres à son égard. Il peut même chercher à l’entretenir et la faire grandir. Le culte de la personnalité du leader peut entraîner ce dernier vers l’exaltation, la mégalomanie et la paranoïa et entraîner toute la communauté vers la dérive.

Faire ressentir aux membres qu’ils ne sont pas pleinement acceptés dans la communauté chrétienne, qu’ils ne sont pas « spirituels » ou leur dire carrément qu’ils sont en état de péché…


✓ s’ils ne donnent pas assez d’argent ;

✓ s’ils ne s’impliquent pas suffisamment dans les activités de la communauté chrétienne ;

✓ s’ils n’assistent pas aux réunions ;

✓ s’ils n’exercent pas tel ou tel don spirituel (le don des langues, par exemple) ;

✓ s’ils ne croient pas à tel ou tel point secondaire de doctrine ;

✓ s’ils ne s’habillent pas selon la norme ;

✓ s’ils fréquentent occasionnellement une autre Église.

Entretenir une telle culture dans la communauté ou employer une telle tactique de contrôle relève de la manipulation et n’a rien à voir avec l’esprit de l’Évangile.

Perpétrer d’autres abus tels que…

✓ Demander aux membres de confesser leurs péchés devant toute l’assemblée ;

✓ Menacer les membres en leur disant qu’ils iront en enfer s’ils quittent la communauté chrétienne ;

✓ Utiliser les humiliations publiques ou/et avoir recours aux violences physiques pour corriger les membres.


Texte extrait du livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.

LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE