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vendredi 12 juillet 2013

Vision et croissance de l’Église

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Depuis des décennies, la réalité ecclésiale et sociale en Occident n’a cessé de changer : l’Église est passée d’un contexte de chrétienté à un contexte missionnaire.

Pour les Églises locales, cela signifie qu’il est temps de s’engager dans la mission et particulièrement dans la première annonce[1].

Cet effort d’évangélisation demande d’élaborer et de communiquer une vision dans la paroisse qui aura pour avantage de motiver les chrétiens à participer à la mission de faire des disciples.

1. Qu’est-ce qu’une vision ?

Une vision est une image, un rêve réalisable que l’on souhaite vivre dans un avenir rapproché. Elle pointe vers une destination, elle motive et donne du sens. Elle permet à une organisation d’avoir une direction commune et de faire des choix stratégiques et organisationnels. Une vision n’est toutefois pas un plan d’action, ni une série d’objectifs à réaliser.

D'une certaine façon, une vision agit comme un phare qui guide un navire vers le port recherché en indiquant à l'équipage la direction à suivre. Pour être efficace et servir son but, elle doit être inspirée, formulée de manière à engendrer l’espérance et inciter à l’action.

Quand les pasteurs d’une Église ont une vision qui a du sens et qu’ils la communiquent efficacement, les fidèles sont prêts à consacrer plus de leurs énergies, de leur temps, de leurs talents et de leur argent au service du Christ et de son Église. Un sentiment d’appartenance et de motivation les saisi amenant même des instances non-chrétiennes à vouloir collaborer avec l’Église.

2. L’Église : une vocation à la croissance

Avant de monter au ciel, Jésus a dit à son Église naissante : « Allez, de toutes les nations, faites des disciples[2] ». Dans son Évangile il a souvent expliqué l’importance d’aller au-devant de ceux et celles qui ne le connaissent pas ou qui se sont éloignés de lui[3].

L’Église continue la mission de Jésus. L’Église est convocation, convocation de l’humanité au salut. Au niveau local, celle-ci s’implante ou se greffe dans un lieu donné et est appelée à croître. Plusieurs paraboles bibliques présentent d’ailleurs l’Église comme un « organisme » qui se développe[4].

Cette croissance est d’abord l’œuvre de Dieu, l’œuvre de l’Esprit répandu à la Pentecôte. Elle est un signe de l’action de la grâce et la manifestation extérieure d’une croissance intérieure. Elle est aussi l’œuvre de la foi, l’œuvre de chrétiens qui prient et qui adhèrent à la volonté de Dieu de voir son Église se développer.

Dans ce sens, une vision missionnaire devrait d’abord inciter les croyants à désirer ce que Dieu veut (la croissance de l’Église), à se renouveler dans la foi et la charité[5] et à s’engager dans la mission.

Les Église ont à sortir d’une conception pastorale selon laquelle il suffit de « faire comme on a toujours fait ». Il s’agit de devenir inventif et de se consacrer, avec les énergies et les ressources qui restent, à l’annonce missionnaire[6].

L’annonce missionnaire n’est toutefois pas la seule fonction de l’Église. L’Église doit aussi chercher à renouveler ses célébrations, ses efforts pour être plus accueillante et fraternelle, ses formations envers ses membres et son engagement dans le monde afin de devenir toujours plus signe et sacrement de l’amour de Dieu (Luc 10:25-37; 25:31-36).

3. L’énoncé de vision

À la lumière de ce qui a été dit plus haut, il est possible de formuler un exemple d’énoncé de vision :

Être, sous la mouvance de l’Esprit, une Église au cœur du monde qui engendre et forme de nouveaux[7] disciples qui cheminent en Église et s’impliquent dans sa mission.

Certaines priorités pastorales découlent de cette vision :

1) Aider les chrétiens à prendre conscience de leur identité et de leur responsabilité missionnaire[8] : la mission ne concerne pas seulement les membres ordonnés, mais elle est confiée par Dieu lui-même à tous les baptisés (Luc 10:1-12.17-20);

2) Mettre sur pied des activités de prières afin d’implorer Dieu pour le renouvellement spirituel et missionnaire de l’Église;

3) Former les responsables dans l’Église au sujet des facteurs qui favorisent la croissance de l’Église[9];

4) Former les fidèles au témoignage et à l’annonce de l’Évangile;

5) Inventer de nouveaux chemins et de nouvelles activités qui permettront d’inviter les absents à fréquenter hebdomadairement leur communauté chrétienne;

6) mettre sur pied des cellules d’évangélisation dont la mission première est l’annonce missionnaire et la formation de disciples qui osent témoigner de leur foi et l’annoncer sans détour;

7) Organiser un service d’accueil et de suivi des personnes nouvelles;

8) Créer des parcours de discernement des dons et de formation qui permettront d’impliquer les personnes nouvelles dans des pastorales qui visent la réalisation de la vision;

9) Former des leaders laïcs.

4. L’énoncé de mission

Certains préfèreront un énoncé de mission plutôt qu'un énoncé de vision. Celui-ci pourrait se formuler comme suit:

Engendrer et former de nouveaux disciples qui cheminent en Église vers la maturité spirituelle et s’impliquent dans sa mission.

Bien communiqué, cet énoncé de mission devient celui de tous les membres de l'Église. On ne saurait sous-estimer l’importance de cette communication qui permet de centrer les efforts de la communauté chrétienne sur l'essentiel de la mission évangélique.

Pour ne pas rester lettre morte, il faudra donc qu’il soit, comme la vision et les priorités pastorales qui en découlent, communiqué par différents moyens. Il permettra de formuler des objectifs pour l’Église et de déterminer des activités la rendront missionnaire et féconde.

5. Croire à la croissance et la poursuivre

Basé sur l’expérience de communautés chrétiennes en croissance dans le monde, il est possible de croire que des communautés chrétiennes stagnantes ou en décroissance peuvent redevenir fécondes.

De nombreux ouvrages existent aujourd’hui sur la croissance de l’Église[10]. Ces ouvrages expliquent comment faire de la croissance une réalité. Ils expliquent quels sont les facteurs qui contribuent au développement des Églises.
Parmi les facteurs les plus importants il y a :

1. La communication d’une vision et d’une culture missionnaire dans l’Église;
2. La mise en place d’activités de renouvellement spirituel des croyants (réveil);
3. La mise en place d’activités de prière pour intercéder en faveur des efforts d’évangélisation et en faveur des personnes que l’on cherche à rejoindre;
4. La formation des responsables ecclésiaux concernant les facteurs qui contribuent à la croissance de l’Église;
5. La rédaction d’un plan d’action (planification) pour mettre en place des facteurs de croissance ;
6. La mise en place de cellules d’évangélisation;
7. La formation des croyants au témoignage et à l’annonce de l’Évangile;
8. L’accueil et le suivi des personnes évangélisées, notamment par un système d’accompagnement par parrainage/« coaching » afin de les intégrer à la communauté;
9. Des célébrations vivantes avec de la musique contemporaine;
10. Des homélies qui, à partir de la parole de Dieu, aident et éclairent les membres de la communauté chrétienne vis-à-vis des défis spirituels et humains qu’ils rencontrent quotidiennement;
11. La mise en place d’activités de compassion pour répondre aux besoins internes et externes des communautés chrétiennes;
12. L’effusion de l’Esprit et l’exercice des charismes (dons de l’Esprit : 1Cor 14:1-25);
13. Les efforts de formation des laïcs pour qu’ils dirigent et animent des pastorales missionnaires visant la croissance de l’Église;

Mais il y en a d’autres :

1. La consécration des responsables à la mission de faire de nouveaux disciples;
2. La volonté des membres ordonnés et des laïcs de vivre une authentique coresponsabilité;
3. La priorité pastorale donnée au témoignage de la foi et à la première annonce;
4. La mise en place dans l’Église d’une structure organisationnelle qui veille à déployer de façon équilibrée la triple fonction prophétique, sacerdotale et royale du Christ;
5. La mise en place d’un processus de formation de disciples qui fait cheminer les nouveaux convertis vers la maturité spirituelle et l’implication missionnaire;
6. La mise sur pied de célébrations pour personnes en recherche[11];
7. La mise en place d’un réseau de petites communautés de base ou de petits groupes qui répondent aux besoins des croyants (couple, jeunes familles, jeunes adultes, etc.) et du milieu;
8. Les activités de fraternisation qui contribuent au témoignage d’unité et de communion entre les membres des communautés chrétiennes;
9. La recherche de qualité et d’excellence dans les services offerts;
10. Les activités d'évaluation et d'amélioration continue;
11. La cohérence entre le message proclamé et la vie des chrétiens.

Ces facteurs, ou ces orientations pastorales, offrent des pistes et des idées pour réaliser une vision de croissance. Il ne s’agit pas de tout faire en même temps, mais de faire les choses petit à petit en se fixant des priorités et des objectifs réalisables.

6. La vision et l’équipe de direction

Le premier responsable de l’Église et l’équipe de directions devront manifester par différents moyens leur volonté de voir se réaliser la vision. Ils auront à mettre en œuvre différentes modalités de communication pour la transmettre afin que les membres de la communauté chrétienne se l’approprient et y adhèrent. Les membres de l’équipe de direction jouent donc un rôle de communicateurs et de motivateurs. Ils communiquent la vision, partagent les responsabilités et mobilisent les croyants pour que la vision s’actualise dans leur milieu.

7. Conclusion

La mission de l’Église s’inscrit dans la volonté de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1Tm 2:4). Cette mission se réalise concrètement sous différentes formes, toutes complémentaires: première annonce, parcours de croissance dans la foi, prières et célébrations, compassion envers les personnes défavorisées, transformation du monde, fraternité, organisation et planification de la mission, gestion des biens matériels en vue de la mission.

Une vision à caractère missionnaire incitera les responsables d’Églises à choisir des orientations pastorales qui favorisent la croissance ecclésiale. Les communautés chrétiennes ne doivent pas être de simples lieux de distribution de services humanitaires ou religieux, elles devraient être des communautés qui témoignent de leur foi en paroles et en actes, qui invitent au salut, qui engendrent et accueillent des nouveaux chrétiens et enfin qui forment les noueaux afin qu’eux aussi cheminent en Église et s’impliquent dans sa mission.

Mais cette vision ne pourra se réaliser si elle n’est pas suivie d’un plan d'action comprenant des phases de réalisation avec des objectifs, des moyens de mis en œuvre et des méthodes d’évaluation. Ce travail de planification revient à l’équipe dirigeante et devrait commencer à se faire dès le début d’une année pastorale afin de préparer l’année pastorale suivante. À la fin de chaque année pastorale, le travail accompli devrait être évalué afin de constater les progrès accomplis et quel chemin il reste à parcourir.


[1] La première annonce (ou l'annonce missionnaire) vise à faire naître dans le cœur du non-croyant, de l'indifférent ou du membre d'une autre religion, un intérêt pour l'Évangile puis elle l’aide à faire un choix, à accueillir le Christ comme Maître et Seigneur de sa vie. Cette option pour la foi se fait par l'action de l'Esprit Saint et l'annonce du kérygme. La première annonce conduit à la conversion initiale qui est adhésion à Jésus-Christ et désir de marcher à sa suite. Cette « option fondamentale » fonde la vie du disciple.
[2] Matthieu 28:19
[3] Il y a notamment les paraboles de la brebis et de la drachme perdues (Luc 15 et Mat 18).
[4] Dans les Évangiles, on trouve les paraboles du lis des champs (Mat 6:28), de la semence qui croît d'elle-même (Mc 4:27), de la graine de moutarde (Mat 13:32), du semeur (Mat 13:4ss), de l'arbre et de ses fruits (Lc 6:43).
[5] Ce renouveau spirituel peut se faire concrètement par une instance sur la vie de prière et la conversion. Parmi les moyens qui peuvent être pris, il y a : les séminaires dans la vie de l’Esprit, l’adoration, la confession des péchés, la lecture assidue de la Parole de Dieu, le jeûne, etc.
[6] Les termes « annonce missionnaire » et « première annonce » expriment la même réalité.
[7] Le terme « nouveau » a deux sens : le premier étant d’amener des non-chrétiens et des personnes indifférentes à la vie ecclésiale à devenir des disciples et le second étant de faire des chrétiens actuels des disciples renouvelés dans leur foi et dans leur ardeur missionnaire.
[8] Cela peut se faire par des formations et d’autres moyens comme les contacts personnels des responsables avec les fidèles, les prédications et le site Internet de l'Église
[9] Une présentation exhaustive des orientations pastorales permettant de favoriser la croissance de l'Église se trouve dans le livre : La croissance de l'Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses (Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012), de Pierre-Alain Giffard.
[10] Parmi les livres en français sur le sujet il y a :
Rick Warren, L’Église une passion une vision. La croissance sans compromettre le message et la mission, Varennes, Eternity Publishing House, 2005.
Peter Wagner, Conduire votre Église vers la croissance, Nyon, France, Carrefour, et Rouen, Menor, 1992, 224 p., la traduction de son livre Leading Your Church to Growth, 1984.
Paul Yonggi Cho, Au-delà des chiffres, Miami, Éditions Vida, 1986.
Paul Yonggi Cho, Les cellules de maison et la vie de l’église, Miami, Éditions Vida, 1989.
Christian Schwarz, Le développement de l'Église: Une approche originale et réaliste, Paris, Empreinte Temps Présent, 1996.
Don Giuseppe Macchioni (Don Pigi Perini), Évangéliser en paroisse, l'expérience des cellules paroissiales d'évangélisation, Nouan-le-Fuzelier, Pneumathèque, 1994.
[11] Les célébrations pour personnes en recherche sont conçues pour les personnes qui ne croient pas en Jésus ou qui ne viennent pas (souvent) à l’Église. Leur but est de leur permettre d’accepter Jésus comme Sauveur et Seigneur. Tout y est fait pour enlever les barrières de type culturel qui pourraient empêcher les participants d’accueillir la Salut et de revenir la semaine suivante. Les chants et la musique sont adaptés à la culture de la tranche d'âge ou du groupe particulier que l’on cherche à rejoindre. Si ce sont les jeunes que l’on vise à évangéliser, des instruments de musique contemporains sont utilisés : batterie et guitares électriques font partie des accompagnements musicaux. Les airs sont inspirés de chansons populaires que l'on entend couramment à la radio et les paroles sont adaptées pour la louange.

vendredi 5 juillet 2013

La croissance de l’Église “Crossroads”

Auteur: Pierre-Alain Giffard

De 1987 à 2005, Mark Fuller a été le pasteur de l’Église évangélique Crossroads Church (l’Église Croisée des chemins) qui est passée de 300 membres à plus de 1300 en 18 ans. Sa croissance a été constante et n’a jamais stagné.

Mark Fuller explique ainsi sa croissance[1] :

· un leadership visionnaire;

· une bonne compréhension du combat spirituel (spiritual authority);

· une communauté chrétienne prête à suivre son leader;

· une communauté chrétienne qui accepte de changer et de faire les sacrifices nécessaires et;

· une vision pour les perdus, c'est-à-dire une priorité pastorale pour rejoindre et incorporer au Corps du Christ des personnes qui ne connaissent pas Jésus ou qui ne le suivent pas.

Un jour Mark Fuller posa une question à John Maxwell[2], un expert mondial en leadership : « quelle est la clé pour faire croître une église de 500 membres ? » Ce dernier pointa son doigt vers lui et lui dit : « vous ». Réalisant que pour développer sa communauté chrétienne et il lui fallait aussi permette à Dieu de le faire grandir, il se mit à genoux, pria et médita la Bible. C’est alors qu’un passage du livre de l'Exode le toucha profondément, celui dans lequel Jéthro donne des conseils à Moïse (Exode 18,13-27).

En relisant ces versets, il comprit à quel point le ministère de Moïse était prophétique et cela l’encouragea à mettre plus d’emphase sur son propre ministère de prédication. Il remarqua aussi combien Moïse était visionnaire: il allait donc adopter un style de leadership visionnaire en passant désormais une bonne partie de son temps à communiquer une vision pour son Église. Finalement, il lut comment Moïse délégua l’œuvre de son ministère. Il décida donc de passer aussi une grande partie de son temps à former des leaders.

Ces trois éléments sont devenus les piliers de sa vie et de son ministère : prêcher, projeter une vision et développer des leaders. Il lui fallut plusieurs années pour les intégrer dans son pastorat, mais aujourd'hui il y consacre 95 pour cent de son temps. Ce fut à la fois difficile et libérateur, mais il considère que John Maxwell avait bien raison de dire qu’une communauté chrétienne ne peut pas grandir si le pasteur ne grandit pas lui-même.

Au cours de ses 18 années à la tête de l’Église Crossroads, Mark Fuller, il vit beaucoup de nouveautés dans la manière dont les Églises s’organisent et célèbrent, y compris l’émergence des petits groupes (cellules d’évangélisation et autres petites communautés de base). Pour lui, un des changements les plus importants et les plus bénéfiques pour son Église fut au niveau de la gouvernance.

Pour assurer la croissance, il fit passer sa communauté d’une Église dirigée par un conseil de bénévoles à une Église dirigée par du personnel professionnel rémunéré. Cette transition ne fut pas facile, mais Mark Fuller estime qu’il ne faut pas chercher à engager des personnes simplement pour remplir des fonctions pastorales; il faut plutôt chercher à engager des personnes qui ont un réel sens du leadership. Si on met en place les bonnes personnes, explique-t-il, alors le reste suit : la vision, la direction et les activités pastorales (programmes) pertinentes. Pour qu’une Église dépasse les 500 membres, il est, d’après lui, nécessaire de faire cette transition[3].

Un autre changement important qu’il opéra fut d’adopter un style de musique contemporaine pour les célébrations. Comme dans la plupart des communautés chrétiennes qui font ce choix, cela engendra des tensions, mais il eut la sagesse d’introduire ces changements en douceur. Cela fait partie, dit-il, des talents d’un leader : savoir quand mette un peu de pression pour faire avancer les choses et savoir quand donner du mou pour insister ailleurs. Mark Fuller souhaite que le style de musique de son Église soit en constante mouvance, car si celui-ci se fige, estime-t-il, il est très difficile de changer par la suite.

Pour ce pasteur, la louange et l’adoration ne sont pas tant une question de style qu’une question de cœur. Il s’agit avant tout de créer une atmosphère qui permette aux personnes présentes de communier avec Dieu et d’être réceptifs à la parole de Dieu. Les animateurs et les musiciens ne sont pas des vedettes, mais des signes qui pointent vers Dieu[4].

Dans son Église, ce sont les célébrations des weekends, et non pas les grands événements extérieurs, qui constituent les portes d’entrée, qui attirent des nouvelles personnes. Les gens viennent à l'Église parce que leur cœur est vide; ils ont des problèmes financiers, de couple ou avec leurs enfants, et tout ceci provoque une faim de Dieu.

Mark Fuller est convaincu que pour faire croitre une Église, il faut s’occuper en priorité des personnes qui ne sont pas là ainsi que des personnes qui ne viennent pas régulièrement aux célébrations afin de les rejoindre et de les incorporer à la communauté chrétienne[5]. Tout ce que l'Église fait, elle devait le faire pour amener au Christ les personnes qui ne le connaissent pas. Il n’a toutefois pas de public cible : une génération, un groupe d'âge ou une culture particulière. Il fait tout pour créer, durant les célébrations, une atmosphère  qui permette aux personnes qui ont soif de Dieu de le rencontrer personnellement.

Son style de prédication est « conversationnel ». Il prêche, en s’imaginant assis autour d'un café avec l’auditoire et vise à répondre aux questions que des non-chrétiens peuvent se poser face à la Parole annoncée. L’auditoire est toujours libre de réagir et de répondre à son message.

Mark Fuller est enfin un fervent partisan des petits groupes. Il y en a trois sortes dans son Église: des petits groupes d’évangélisation, des groupes qui se réunissent autour d’une pastorale (ministère) particulière et des groupes d’enseignements. Ils sont tous de différentes tailles et appelés des groupes de connexion. La moitié des membres de son Église actuelle en font partie. Leur point commun? Vivre la sollicitude fraternelle, l’apprentissage et le service[6].


[1] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.143-144.

[2] John Maxwell est depuis plus de vingt ans un leader et un communicateur efficace et passionné. Il est le fondateur d'INJOY, une organisation qui se consacre à aider les gens à développer leur potentiel personnel et leur potentiel de leadership. Il est l'auteur de « Les 21 lois irréfutables du leadership », « les 17 lois infaillibles du travail en équipe » et « Devenez ce que vous devriez être », entre autres. (Source : goo.gl/LBwLw).

[3] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.144-145.

[4] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.145-146.

[5] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.146-147.

[6] Cf. Nees, Tom. Best Practices of Growing Churches: Profiles and Conversations with Ministry Leaders. Kansas City: Beacon Hill Press, 2006, p.148.

mercredi 23 septembre 2009

La prière avec le jeûne : clé de l’évangélisation


Auteur : Bill Bright

Bill Bright (William R. Bright : 1921 - 2003) est un évangéliste américain, fondateur de « Campus pour Christ International,», auteur des « quatre lois spirituelles » et producteur du film « Jésus » (1979). Il a écrit plus de 100 livres et des milliers d'articles et de brochures sur la foi distribués dans le monde entier. 

La prière accompagnée du jeûne à un impact comparable à celui d’une bombe atomique ; elle constitue l’élément le plus significatif de l’évangélisation et de l’accomplissement du grand ordre de mission.

Les églises et les responsables évangéliques qui ont une vie de prière et de jeûne disciplinée verront de nouvelles avancées enthousiasmantes dans leurs efforts d’évangélisation et dans le climat spirituel de leurs églises. Ma prière est que deux millions de personnes prient et jeûnent, se contentant d’aliments liquides, pendant 40 jours pour un réveil national et mondial, et pour l’accomplissement du grand ordre de mission. Leur intercession pourra aussi être centrée sur leur propre ville.

Pourquoi le jeûne ? C’est une pratique biblique : en refusant de satisfaire nos appétits charnels, le jeûne nous aide à nous humilier et à répondre aux critères de 2 Chroniques 7 :14.

Pourquoi 40 jours ? Le Seigneur Jésus nous en a donné l’exemple au tout début de son ministère. De plus, quand il nous a confi é le grand ordre de mission, il nous a ordonné d’enseigner ce qu’il nous avait enseigné. Cela inclut dont le fait de jeûner 40 jours avant d’entreprendre un ministère particulier.

C’est en 1994 que, pour la première fois, j’ai jeûné pour cette durée ; ce fut l’expérience la plus mémorable de ma vie. Je n’ai jamais vécu une telle intimité avec le Seigneur à aucun autre moment.

Si quelqu’un ne se sent pas conduit à prier et jeûner pendant 40 jours, qu’il fasse ce qu’il ressent que l’Esprit lui demande. C’est aussi en 1994 que des responsables chrétiens ont commencé à se réunir pour trois jours de prière et de jeûne pour le réveil. Immédiatement après cette rencontre qui eut lieu à Orlando, les médias chrétiens ont rapporté plusieurs percées majeures du réveil dans diverses églises et universités aux États-Unis. Depuis, nous nous sommes réunis en 1995, 1996 et 1997 avec une participation croissante. Un nouveau rassemblement est prévu chaque année. En 1997, l’événement fut relayé par satellite sur au moins 3 000 sites : églises, universités, prisons, et autres lieux.

Peut-être un des plus grands résultats de ce jeûne et prière initié par ces leaders fut Mission America, un partenariat incluant la plupart des dénominations et groupes para-églises représentant des millions de chrétiens dans environ 200 000 églises : un événement sans précédent depuis le premier siècle.

J’exhorte chaque membre d’église, en particulier les responsables d’évangélisation, à entrer dans cette discipline biblique. 

Publié dans le journal Ressources spirituelles n.16, Automne 2008.



lundi 14 septembre 2009

L’évangélisation : une composante majeure de la croissance de l’Église

Adapté d’une étude nationale sur l’évangélisation réalisée par Mary Ellen Knapka (Carol Stream, Ill., CTi, juin 1995) 32-36.

Les résultats d’une enquête nationale sur l’évangélisation ont révélé des différences importantes dans l’attitude et le comportement des pasteurs et des membres des églises selon que celles-ci sont en phase de croissance ou de déclin.

Dans les églises en croissance :

• Le pasteur fait de l’évangélisation une priorité. Les pasteurs des églises en croissance sont plus enclins à considérer l’évangélisation comme une de leurs trois priorités que dans les églises qui stagnent ou déclinent (42% contre 29%).

• Les pasteurs sont personnellement impliqués dans l’évangélisation et plus attentifs aux programmes d’évangélisation. Les pasteurs d’églises en croissance ont contribué deux fois plus à conduire une âme à Christ dans le dernier mois que dans celles qui stagnent ou déclinent (46% contre 30%).

• Le prédicateur prêche plus souvent sur le salut. Selon les participants, il y a plus de prédications sur le thème du salut dans les églises en croissance (65% contre 51%).

• Les efforts d’évangélisation sont davantage une priorité et mieux organisés. Les membres des églises en croissance sont deux foisplus nombreux à considérer que l’organisation des efforts d’évangélisation récents de leur église était excellente (30% contre 15%).

• Les croyants se considèrent comme étant eux-mêmes partie prenante de l’équipe d’évangélisation. Dans les églises en croissance, ils ne sont généralement pas d’accord avec l’idée selon laquelle : « Le pasteur est le principal responsable de l’évangélisation » (83% contre 72%). Ils ont aussi davantage tendance à considérer que toute l’église fait partie de l’équipe d’évangélisation.

Dans les églises qui stagnent ou déclinent :

• Les pasteurs sont moins en contact avec les non-croyants. Les pasteurs des églises qui ne grandissent pas ne se frottent pas aux incroyants dans la vie de tous les jours (13% contre 6%).

• Les pasteurs considèrent que les chrétiens ne les soutiennent pas. Les pasteurs d’églises qui ne grandissent pas sont deux fois plus nombreux à considérer que les chrétiens montrent peu d’intérêt pour les programmes d’évangélisation (37% contre 17%).

• Les pasteurs et les chrétiens se sentent coupables, ou tout au moins faibles dans ce domaine. Les pasteurs d’églises qui ne grandissent pas sont plus nombreux à être d’accord pour dire : « Je me sens coupable de ne pas amener quelqu’un à Christ plus régulièrement » (47% contre 33%).

Article publié dans le journal Ressources spirituelles n.16, Automne 2008.

vendredi 24 avril 2009

Six valeurs organisationelles essentielles pour la croissance

Auteur: Pierre-Alain Giffard

Six valeurs organisationnelles devraient accompagner tout projet de croissance ecclésial. Ces valeurs sont représentées dans le schéma ci-dessous :


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La recherche de l’efficacité

Rechercher l’efficacité, c’est chercher à arriver aux buts fixés. D’après Yves Saint-Arnaud, la poursuite de l’efficacité aide l’être humain à s’actualiser. Rechercher l’efficacité, c’est aussi chercher à être plus compétent pour faire croître la communauté chrétienne. C’est laisser l’Esprit Saint prendre plus de place car c’est Lui qui donne puissance et fécondité aux activités de l’Église.

La recherche de la santé

Certains problèmes pourraient surgir si l’on accorde trop d’importance à la poursuite de l’efficacité. En effet, les membres de la communauté chrétienne peuvent progres-sivement être considérés, non plus comme des personnes, mais comme des outils au service de la croissance. Il peut s’en suivre une atmosphère malsaine, due aux pressions et aux manipulations faites sur les membres. Prendre en compte la valeur de la santé veut dire respecter les membres, consi-dérer leurs autres responsabilités (obligations familiales, associatives, professionnelles, sociales, etc.) et accroître leur satisfaction et leur bien-être dans leur engagement au service de l’Église.

La recherche de l’équilibre

Rechercher seulement l’efficacité au nom de la croissance présente aussi le risque de tronquer l’Église d’une ou de plusieurs de ses fonctions essentielles. Par exemple, les activités sociales d’aide aux pauvres et aux démunis à l’inté-rieur et à l’extérieur de la communauté chrétienne peuvent être mises de côté au profit des activités d’évangélisation des sans-Églises. La poursuite d’efficacité devrait donc non seulement être au service des personnes, mais aussi au service du développement intégral de l’Église.

La recherche de santé et d’équilibre vise entre autres : 

✓ que les pasteurs ne négligent pas leur vie familiale ni leur santé au nom du développement de la commu-nauté chrétienne ;
✓ que les différentes fonctions de l’Église soient déve-loppées de façon égale ;
✓ que la formation des disciplines amène les membres de la communauté chrétienne à la santé intégrale (spirituelle, psychologique et physique) ;
✓ que les membres ne soient pas considérés comme des moyens et utilisés pour développer l’Église.

La recherche de la justice

Pratiquer la justice, c’est être équitable ; c’est respecter le droit de chacun ; c’est payer un juste salaire à ses employés et leur offrir une assurance médicale et une pension de vieil-lesse. C’est chercher à résoudre les problèmes qui peuvent se présenter de manière à ce que tout le monde gagne. C’est aussi admettre ses fautes et chercher à les réparer. La règle d’or de la justice : traiter les autres comme on voudrait être traité soi-même.

La recherche de l’intégrité

Être intègre au niveau organisationnel, c’est, entre autres, respecter les droits d’auteurs, payer ses impôts et organiser la vérification indépendante des états financiers de l’organi-sation (audit externe). C’est aussi éviter toute corruption et n’importe quelle autre fraude.

La recherche de la qualité


Le Père a donné à l’humanité, pour son salut, ce qu’il avait de meilleur, à savoir son Fils. De même, les chrétiens, dans leur désir de plaire à Dieu, devraient tout faire de leur mieux. Viser la qualité, c’est tout faire avec amour comme si c’était pour Jésus. C’est aussi rechercher la satisfaction de l’assemblée vis-à-vis des activités de l’Église (célébrations, garde d’enfants, enseignements, accueil, etc.). Par ailleurs, la recherche de la vérité est inséparable de la recherche de la qualité.

La recherche de l’innovation


L’Esprit Saint, qui « fait toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5), est la source du renouvellement perpétuel de l’Église. Ce renouvellement devrait s’étendre à toutes les dimensions de l’Église (activités, structure, musique, culture, etc.). L’innovation est un synonyme d’adaptation. En tenant compte du milieu dans lequel elle est implantée (ou sur lequel elle est greffée), la communauté chrétienne peut améliorer ses activités afin de mieux rejoindre les sans-Églises qui s’y trouvent ; elle peut ajuster les prédications, les célébrations et les services aux besoins et à la culture des sans-Églises.

Cet article se trouve dans le livre : GIFFARD, Pierre-Alain, La croissance de l’Église : outils et réflexions pour dynamiser nos paroisses, Nouan-le-Fuselier, Éditions des Béatitudes, 2012.

samedi 11 octobre 2008

Leadership et croissance des églises

Auteur: Pierre-Alain Giffard

D’après John Maxwell, l’auteur du bestseller « Les 21 lois irréfutables du leadership », le succès d’une organisation dépend du leadership de ses responsables. Il estime qu'une grande partie des leaders appliquent des principes de leadership communs qui ne dépendent ni de l’époque, ni du lieu. Ces principes pourraient être appris par toute personne désireuse de maîtriser l’art du leadership.

Don Hellriegel et John W. Slocum, auteurs de nombreux livres sur le management, définissent le leadership comme étant la capacité d’influencer, de motiver et d’orienter les autres pour atteindre des objectifs définis. John Quincy Adams, le sixième président des États-Unis, écrit : Si vos actions inspirent les autres à rêver plus, à apprendre plus et à devenir plus, vous êtes un leader.

Certes, certaines personnes semblent plus prédisposées à diriger que d’autres. John Maxwell précise toutefois que s’il existe un leadership naturel chez certaines personnes, le leadership se développe plus qu’il ne se découvre. Le leadership peut s’acquérir. Nous présentons ci-dessous plusieurs caractéristiques des leaders afin d’aider les pasteurs et les responsables d’églises à améliorer leur capacité de diriger leurs églises vers la croissance.

Les leaders possèdent un état d’esprit positif : « Notre état d’esprit est notre meilleur ami ou notre pire ennemi. (…) Il attire les gens ou les repousse. Il est le prophète de notre futur » explique John Maxwell. Quand notre état d’esprit est positif, il nous conduit vers la croissance personnelle et organisationnelle. Mais un état d’esprit négatif est comparable à une maladie. Il ferme l’esprit et compromet notre futur. Une personne avec un état d’esprit positif a ce qu’on appelle une pensée visionnaire et optimiste. Les leaders ont foi en leur capacité de « changer les choses pour le mieux » (en anglais : make a difference).

Les leaders ont un sens missionnaire aigu : Les leaders sont consacrés à la cause de leur organisation. Leurs actions sont orientées pour accomplir leur mission; leurs objectifs sont clairs et leurs priorités bien établies.

Les leaders dépassent le statu quo : Les leaders n’ont pas un caractère d’administrateur ou de gestionnaire passif. Ils osent dépasser le statu quo, expérimenter, développer de nouvelles structures pour faire croître leur organisation et mieux accomplir sa mission.

Les leaders ont une vison pour l’avenir : Les leaders comprennent comment motiver les membres de leur organisation en leur communiquant une vision claire de ce qui est à accomplir. La vision des leaders est en général simple mais vibrante. Elle est une image projetée de l'église dans le futur et peut comprendre la place et le rôle souhaité par la communauté chrétienne dans son environnement ainsi que le type de structure nécessaire pour y parvenir. Elle agit comme un pont entre le présent et le futur. Elle est réaliste et apparait suffisamment désirable pour motiver les membres de l’organisation.

Les leaders sont prêts à « payer le prix » : Lorsque nous tentons de traverser la frontière de nos propres limites, cela s’accompagne d’une certaine souffrance. Il y a un prix physique et émotionnel à payer lorsque nous allons au-delà de nos limites pour actualiser notre potentiel. Les leaders sont prêts à faire des sacrifices et oublier leurs intérêts personnels pour accomplir la mission de leur organisation.

Les leaders cherchent à développer leurs compétences : La bible dit : « C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit » (Proverbes 24: 3). Avant de commencer son ministère, le pasteur Rick Warren a lu tous les livres qu’il a pu trouver sur la croissance des églises. Les leaders cherchent continuellement à améliorer leurs méthodes et leur efficacité.

Les leaders savent s'entendre avec les autres : L’ingrédient le plus important dans la formule du succès, explique Theodore Roosevelt, est d’apprendre à bien s’entendre avec les autres. Diriger c’est d’abord toucher les cœurs avant de demander un coup de main. Par ailleurs, les membres d'une organisation adoptent en général le leader, avant d'adopter sa vision.

Les leaders savent travailler avec les autres : « Cela ne fait pas beaucoup de différence combien un directeur possède de connaissances ou d’expérience, s’il est incapable d’atteindre ses résultat à travers les autres, il ne vaut rien en tant que directeur » (J. Paul Getty). Les leaders gardent les gens avec qui ils travaillent informés et savent inspirer confiance. Ils expriment clairement ce qu’ils attendent d’eux et offrent des feedback réguliers sur les progrès accomplis. Ils impliquent les autres et demandent leur avis. Ils savent aussi accepter les différences entre les personnes et reconnaitre la contribution de chacun.

Les leaders savent gérer par objectifs et planifier : Les leaders définissent des objectifs mesurables pour réaliser leur vision. Leur talent comprend l’habileté de résoudre des problèmes, de se fixer des priorités, de planifier, d’organiser, de coordonner le travail en vue d’obtenir des résultats. Le but de la planification est de continuellement améliorer l’organisation en vue d’atteindre les objectifs fixés.

Les bons leaders savent créer du momentum : Les leaders créent une synergie et une ambiance de réussite par l’addition répétée de petits succès.

Les leaders possèdent une bonne maitrise d’eux-mêmes : Face aux crises et aux problèmes qui surgissent inévitablement, les leaders ne réagissent pas sur des émotions négatives. Ils évitent de prendre des décisions hâtives ou de poser des gestes précipités.

Les leaders savent travailler avec les autres leaders en place : Les leaders ne sont pas des héros solitaires. Ils prennent le temps de partager leur vision avec les autres responsables, de répondre à leurs questions, de les laisser exercer leur influence à leur niveau de leadership avant d’annoncer de nouvelles orientations à l’ensemble de la communauté. Il n’y a pas de leadership si la confiance n’est pas établie avec les autres responsables et qu’on agit en passant par-dessus les autres.

Les leaders développent d’autres leaders : La priorité des leaders est non seulement de développer et de communiquer une vision mais aussi de développer d’autres leaders. Ils permettent à leur organisation de croître parce qu’ils s’entourent d’autres leaders. Ils n’ont pas peur du leadership des autres. Ils s’organisent pour que leur organisation puissent fonctionner après leur départ.

Les leaders prennent conseil : La bible dit « Le chemin du fou est droit à ses propres yeux, mais le sage écoute le conseil » (Proverbes 12:15). Et « Dans le conseil s'affermissent les projets : par de sages calculs conduis la guerre » (Proverbes 20:18 ).

Les leaders sont cohérents : Les leaders dirigent par l’exemple. Ils connaissent les valeurs de leur organisation et les suivent rigoureusement pour être cohérents aux yeux des membres.

Pour faire croître leurs communautés chrétiennes, les pasteurs ont la responsabilité d'exercer leur leadership de façon responsable, c'est-à-dire d'exercer leur influence d'une manière qui n'offense pas la dignité humaine. Les leaders ecclésiaux ont aussi la responsabilité de promouvoir une vision d'église qui a du sens à la lumière de l'Évangile. Une vision qui n'est pas seulement celle de faire croître numériquement la communauté chrétienne mais aussi et surtout celle de faire croître l’amour de Dieu et du prochain chez les membres et de les former pour les impliquer dans des ministères qui réaliseront la mission de l'église.


mardi 7 octobre 2008

Structurez votre église pour une croissance non-stop

Auteur: Rick Warren
Publié avec permission

Comment structurer une église pour déclencher une croissance non-stop? Il y a, à mon avis, dix éléments incontournables à considérer dans la gestion de votre église :

1°) Vous devez cultiver une conviction inébranlable de croissance

D'abord et avant tout vous devez avoir la certitude que Dieu veut que son église grandisse et qu'il ne veut pas que la croissance s’arrête !

Vous n’avez pas à vous excuser de désirer la croissance de votre église : Dieu veut que son église grandisse ; c’est sa volonté, c’est son commandement. La raison pour laquelle les églises doivent croître est la suivante: sans Jésus-Christ, les gens vont en enfer Et aussi longtemps qu’il y aura une âme à sauver dans le périmètre de votre église (atteignable en voiture), vous devez continuer à poursuivre votre croissance.

2°) Le rôle du pasteur doit changer, le ministre doit devenir un leader

Jusqu’à 300 membres, vous pouvez faire grandir une église sans talent particulier outre les habiletés pastorales communes aux responsables d’églises, mais une croissance au-delà de 300 personnes demande des qualités de chef. En tant que leader, vous devez apprendre à communiquer votre vision de manière personnelle et pratique. Vous devez également apprendre à motiver les membres de votre église à travers vos prédications en sachant que motiver un groupe est plus facile que motiver chaque personne individuellement.

Aussi, un dirigeant doit savoir former et responsabiliser les autres afin de leur permettre de prendre en charge des ministères (activités d’église). Sinon vous allez vous épuiser à la tâche et votre église ne grandira pas. La multiplication des activités de l'église exige également que vous appreniez à trouver les fonds nécessaires à leur fonctionnement. Ceux qui rédigent l’agenda de l’église doivent l'accompagner d'un budget. Vous devez aussi apprendre à gérer votre temps : les leaders efficaces savent ce qu'ils font de leur temps.

3°) Vous devez vous organiser autour des talents des membres de l’église

C’est l’équipe que Dieu vous donne qui détermine votre structure. En vous structurant autour des talents des membres de votre assemblée, vous pourrez concentrer vos efforts sur les ministères plutôt que sur la maintenance. Quand les activités d’église (ministères) sont basés sur les talents des membres cela facilite le travail de groupe et permet de faire un meilleur usage des dons présents dans votre église (pourquoi pensez-vous que Dieu a amenés ces talents dans votre assemblée ?).

Élaborer une structure autour des dons et des talents des membres développe la créativité et favorise la croissance spontanée de l’église. Les ministères sont dynamisés et l’église ne perd pas de temps dans des réunions stériles où l’on perd son temps à disséquer les alternatives. La prise de décision est plus efficace et la structure plus stable.

4°) Il vous faut faire un budget en fonction de vos objectifs et de vos priorités

Le budget manifestement clairement les priorités et les orientations de l’église. Je vous suggère de prendre chaque point du budget en vous demandant : « Quel objectif permet-il d’atteindre ? » Cela aidera votre assemblée à visualiser ce que vous voulez faire et ce que vous faites avec « l’argent du Seigneur ».

5°) Vous devez engager du personnel en fonction de vos objectifs

Pour engager votre personnel, choisissiez d'abord des personnes polyvalentes puis engagez des personnes spécialisées. Votre premier choix devrait être des personnes qui savent faire plusieurs choses parce que vous n’aurez les moyens que d’en engager une seule. Vous pourrez ensuite, avec le temps, ajouter des personnes spécialisées dans tel ou tel domaine de la pastorale.

Quand devez-vous engager du personnel ? Dès que cela vous est possible… et même immédiatement si vous le pouvez. Vous avez intérêts à former des volontaires aussi rapidement que possible et a engager du personnel aussi rapidement que possible. Chaque fois que vous ajoutez un membre à votre personnel, c'est un pas en avant dans la foi qui permet à votre église de se développer et d'atteindre un niveau supérieur.

6°) Vous devez multiplier les célébrations

C'est une évidence que pour développer votre structure il vous faut vous multiplier. Et pour vous multiplier vous devez augmenter le nombre des célébrations. Pourquoi ? Parce que plus vous avez d’hameçons dans l’eau, plus vous avez de chance d’attraper des poissons.

Quand devez-vous planifier une nouvelle célébration ? Je dirais lorsque vous avez au moins 75 à 100 personnes présentes à une célébration. Si vous souhaitez rejoindre de nouvelles personnes, vous devez avoir une assemblée suffisamment grande de manière à ce que les personnes qui entrent dans votre église la première fois ne sentent pas que tout le monde les regarde.

7°) Vous devez créer des groupes selon le principe d’affinité afin d'accroître l'esprit communautaire

Plus vous aurez de groupes se réunissant selon le principe d'affinités (jeunes avec jeunes, cadres avec cadres, etc.) , plus vous aurez d’avenues pour attirer des personnes nouvelles. Évitez à votre église de devenir une amibe monocellulaire. Faites le choix délibéré de structurer votre église afin qu’elle ne se transforme pas en une grand assemblée incapable d’atteindre les gens du dehors.

8°) Vous devez augmenter le nombre des personnes présentent aux célébrations en organisant des journées spéciales

Les foules attirent les foules! Les gens aiment les foules. Quand vous organisez des journées spéciales, qui peuvent être le jour de Pâques ou un autre jour férié, et que celles-ci attirent 100 ou 1000 personnes de plus dans votre congrégation, cela créer une atmosphère qui élargit la vision de votre communauté. L'assemblée visualise ce qu'elle pourrait devenir et ce à quoi elle pourrait ressembler. Ces journées spéciales aident l’église à se voir plus grande, à se voir en croissance et pleine de vie.

9°) Vous devez rajouter en surnombre des places assises et des emplacements de parking

Lorsqu'on parle de la bâtisse qui rassemble la communauté chrétienne, la plupart des églises construisent trop petit est trop tôt. Ensuite c’est un peu comme une chaussure qui ferait remarquer au pied combien il commence à tenir trop de place ! Il vaut faut, dès le départ, construire aussi grand que possible. Cela veut dire prévoir un nombre de place pour l'église et pour le parking (stationnement) qui dépasse ce qui est nécessaire à votre communauté actuelle. Parfois, cela voudra dire attendre pour être capable de construire assez grand.

À l'église Saddleback nous n'avons pas entamés la construction pendant des années car nous savions que nous ne pourrions pas construire suffisamment grand. Notre église grandissait si vite que nous n’aurions pas été capables de réaliser une construction suffisamment grande. Alors ne vous créez pas de limites en construisant votre église trop tôt.

10°) Vous devez continuellement évaluer vos progrès

Posez régulièrement un regard honnête sur ce qu’il se passe dans votre église (et sur la direction de votre église). Vous ne pouvez pas tout évaluer, sinon vous risquez de vous paralyser dans votre analyse. Alors prenez la décision d'analyser seulement 3 ou 4 données chiffrées comme par exemple le nombre de personnes présentes aux célébrations ou dans les petits groupes.

Puis comparez vos chiffres avec ceux de votre situation de départ et avec les chiffres que vous aimeriez atteindre dans le futur. Ne cherchez pas à vous comparer avec une autre église, cela ne vous aiderai pas à évaluer la santé de votre assemblée.

Finalement choisissez des critères permettant de mesurer la santé de votre église et allez de l’avant. C'est toujours la même chose, vous pouvez avoir atteint les objectifs que vous vous êtes fixé pour aujourd'hui mais demain ce sera une autre histoire. Évaluer constamment vos progrès et faites les ajustements nécessaires en cours de route afin que votre église progresse en santé et en taille.

Publié dans: Pastors.com sous le titre Structuring your church to grow and not plateau

mardi 30 septembre 2008

Dix obstacles fréquents sur le chemin de la croissance

Auteur: Rick Warren
Publié avec permission

Cela fait presque trente ans que j’étudie tout ce qui concerne la croissance des églises, et j’ai observé les dix obstacles suivants à la croissance d’une église saine et dynamique.

1. On n’amène pas ses amis

Nous prions, nous demandons, nous mettons un peu de pression, nous motivons, et cependant, nos membres n’amènent pas leurs amis au culte ou dans d’autres réunions. Pourquoi ? Souvent, le fait est qu’ils se sentent mal à l’aise. Ils savent d’instinct que les rencontres de nos églises ne conviennent pas aux ‘pas encore chrétiens’ qu’ils côtoient au travail. Ils se disent que les cultes ne sont pas adaptés aux besoins de leurs voisins, et ils ne leur demandent pas d’y assister.

L’antidote est de prévoir au moins, de façon régulière, une rencontre faite pour y amener des amis ‘pas encore chrétiens’.

2. On craint que l’augmentation en nombre diminue la qualité de la communion fraternelle

Peut-être que personne ne le dit, mais certains craignent que si la communauté grandit, ils ne connaîtrons plus tout le monde. Ils se disent : “J’aime notre église, j’y connais tout le monde. Si nous devenons trop nombreux, je ne serais plus qu’un numéro.”

L’antidote est de répartir les gens en petits groupes, par affinité, ou par région… Chez nous, nous disons : “Notre église doit en même temps devenir plus grande et plus petite.”

3. On se cramponne à la tradition

En fait, nos traditions ont leurs racines dans nos réussites. Quelque chose devient une tradition parce que ‘ça marche’. Et parce que ça marche, nous le répétons sans cesse. Malheureusement, la tradition finit par devenir le moteur. Et cela entraîne deux dangers. Premièrement, les méthodes deviennent sacrées. Et deuxièmement, nous oublions pourquoi nous faisons ce que nous faisons.

L’antidote : devenir motivé par l’essentiel. Vos objectifs ne changeront jamais, tandis que vos méthodes doivent changer tout le temps. Je suggère de réviser régulièrement, au moins une fois par an, tous vos programmes, et les mettre dans l’une des trois catégories suivantes :

1. A réaffirmer – oui, cela marche toujours.

2. A améliorer – faire en sorte que cela devienne plus efficace.

3. A remplacer – on ne peut pas se servir de l’outil d’hier dans le ministère d’aujourd’hui pour répondre aux besoins de demain.

4. On s’efforce de plaire à tout le monde

Ce n’est pas possible de plaire à tout le monde. Cela ne fonctionne pas. Si une station de radio devait émettre du Bach, suivi par les Beatles, suivi par une polka, pensez-vous qu’ils plaisent à tout le monde, ou à personne ? Les radios choisissent leur niche parce qu’ils comprennent que les gens sont attirés par des styles différents.

Je ne dis pas qu’il faut présenter un Evangile différent. Ce que je dis c’est qu’il faut définir votre cible (ce qui est l’antidote à cet obstacle), et faire tout son possible pour l’atteindre.

5. On se braque sur le programme plutôt que sur le processus

Avoir beaucoup de programmes peut paraître impressionnant, mais à moins d’avoir un projet particulier pour aider vos membres à grandir dans la foi, vous pouvez finir par seulement avoir beaucoup de réunions. Je crois que c’est une des raisons pourquoi nous avons des gens dans nos églises qui ont été membres depuis des années, mais qui n’en montrent que peu de fruit.

L’antidote pourrait être de mettre en place un processus de développement, comme nous l’avons fait à Saddleback. Nous avons un processus qui encourage les membres à avancer dans leur foi, et à grandir vers plus de maturité. Vous pouvez le aire autrement, bien sûr, mais nous l’avons trouvé particulièrement utile depuis vingt ans pour aider nos membres. (L’exemple de Saddleback est expliqué en détail dans le livre de Rick Warren, L’Eglise, une vision, une passion.)

6. On accentue les réunions plutôt que le ministère

Je pense qu’on fait erreur lorsque le seul critère pour la santé de l’église est le nombre des présents. Si c’est cela la seule chose qui vous préoccupe, votre église est focalisée sur ses réunions. Bien sûr, le nombre de présents est un critère parmi plusieurs, mais cela ne devrait jamais être le seul. Entre autres, cela tend à produire des spectateurs passifs qui n’ont que peu de temps pour exercer leurs ministères.

L’antidote : faire en sorte que chaque membre devienne un serviteur. Notre besoin n’est pas d’avoir plus de réunions; nous devrions par contre répondre à plus de besoins.

7. On prêche sans appliquer à la vie

Prêcher sans appliquer ne fait qu’informer plutôt que transformer.

L’antidote est ce que j’appelle ‘une prédication de comportement’, prêcher en se concentrant sur l’obéissance. La Bible nous dit de mettre en pratique la Parole, et ne pas se borner à l’écouter. Dans chaque culte, dans chaque groupe d’étude biblique, dans chaque rencontre, le but visé doit être d’amener les gens à exercer leur ministère – ce que nous ferons doit être le résultat de ce que nous venons d’entendre.

8. On ne fait pas confiance aux responsables

Si les gens ne vous font pas confiance, alors vous ne ferez pas grand chose. Vous devez développer votre crédibilité, et gagner le droit de diriger.

L’antidote est dans un leadership authentique. Ce qui est un leadership humble, vulnérable, tenace, prêt à prendre le risque de l’échec – et vouloir croire que Dieu fera de grandes choses.

9. Le légalisme

Le légalisme étouffe la croissance et la santé de beaucoup d’églises. Elles s’intéressent davantage à observer leurs règles et leurs traditions qu’à gagner des gens à Christ. Inévitablement, ceci tuera toute croissance éventuelle.

L’antidote est un climat de complicité, où on prend les gens tels qu’ils sont pour les amener plus loin. En les prenant tels qu’ils sont, vous pouvez les amener là où ils devraient être.

10. On est structuré pour contrôler plutôt que pour grandir

Beaucoup d’églises d’aujourd’hui sont ‘sur-programmées’, et ‘sur-structurées’. La structure étouffe tout.

L’antidote est de garder une structure simple, flexible, prête à répondre à tous les défis de l’avenir.

Publié dans Minister’s Toolbox (www.pastors.com) et dans La boîte à outils (www.motiveparlessentiel.org).

Découvrir la vision de Dieu pour votre église

Auteur: Rick Warren
Publié avec permission

Une des questions qu’on me pose très souvent est celle-ci : comment puis-je découvrir la vision de Dieu pour notre église ? Franchement, pas mal des visions que j’ai entendues de pasteurs ont plus à voir avec leur égo qu’avec la volonté de Dieu.

Permettez-moi de vous suggérer de chercher les réponses aux questions suivantes:

1. A quoi Dieu a-t-il appelé l’Église ? Quel est son but ? Pourquoi Dieu a-t-il créé l’Église ?

C’est la question de l’identité, du but de l'Église. Pourquoi sommes-nous là ? A Saddleback, nous y avons répondu de la façon suivante : Nous sommes ici pour accomplir les cinq objectifs éternels de l’Eglise. Ces cinq objectifs se trouvent dans les deux grands commandements de Jésus, aimez-vous les uns les autres et : allez, faites de toutes les nations des disciples… Jésus les a illustrés dans sa prière pour ses disciples où il résume son ministère terrestre en Jn 17. Paul explique ces cinq objectifs (Eph 4) et c'est l’église à Jérusalem qui en est le modèle (Act 2.) L’Eglise a été créée pour adorer Dieu, pour aimer, pour évangéliser, pour servir et pour éduquer. Le monde change constamment, mais les desseins de Dieu ne changent jamais. Ils sont le fondement de toute vision qui vient de Dieu.

2. Que fait Dieu dans le monde ?

Où va-t-il ? Où est le mouvement de son Esprit ? Que semble-t-il bénir aujourd’hui ? Découvrez dans quelle direction les vents souverains de Dieu soufflent et ajustez votre voile en conséquence. Au lieu de prier en disant: “Seigneur, bénis ce que je fais,” priez plutôt en disant : “Seigneur, aide-moi à faire ce que tu bénis.”

3. Où en est votre église ?

Évaluez votre église, avec ses forces et faiblesses, à la lumière des cinq objectifs.

4. Que faut-il faire en premier ?

La réponse à cette question dépend de vos circonstances particulières. Considérez l’arrière-plan, les responsables actuels… Diriger, c’est savoir où vous allez et être capable de persuader les gens de venir avec vous. Évidemment, si vous ne savez pas où vous allez, personne ne vous suivra ! Et avancez à petits pas.

5. Pourquoi allons-nous faire ceci ? Quelle est notre motivation ?

Ceci est extrêmement important. Le pourquoi détermine toujours le comment et le combien de temps. Diriger une église est difficile et si vous ne savez pas exactement quelle est votre motivation, vous finirez par abandonner dans les moments difficiles. A Saddleback, nous passons beaucoup de temps à expliquer aux nouveaux membres, dans les cours qu'ils suivent, pourquoi nous faisons tout ce que nous faisons dans notre église. Cela permet d’avoir des membres qui sont davantage engagés.

6. Quels sont les avantages d’aller dans cette direction ?

Il faut montrer les bénédictions (dans le choix de telle ou telle direction) et expliquer clairement les avantages personnels et émotionnels. Les gens aiment les projets qui représentent un défi, et qui ont du sens. Ils évitent ce qui n’a pas de sens. Quand vous leur montrez comment leur vie peut être différente et faire une différence, vous n’aurez plus de problèmes à les impliquer.

7. Que peuvent-ils faire ?

Dans une symphonie, chacun joue un rôle. Les notes seront différentes, mais l’ensemble sera magnifique. Les dirigeants efficaces apprennent comment monter aux gens leur contribution individuelle dans la symphonie d’ensemble. Encouragez les gens, faites-leur confiance.

8. Comment allons-nous nous y prendre exactement ?

Voici les pas que nous voulons faire ensemble. Une des valeurs les plus importantes à communiquer est l’importance de la coopération. Dans le corps de Christ nous sommes plus efficaces lorsque nous travaillons ensemble que lorsque nous travaillons individuellement chacun de notre côté.

Publié dans Minister’s Toolbox (www.pastors.com) et dans La boîte à outils (www.motiveparlessentiel.org).

dimanche 28 septembre 2008

Une église saine est faite d’équilibre

Auteur: Rick Warren
Publié avec permission

Toute église a besoin de devenir plus chaleureuse par la communion fraternelle, plus profonde par une vie de disciple, plus forte par l’adoration, plus large par le service et plus grande par l’évangélisation.

Ces cinq objectifs de l’église sont enseignés par Jésus dans son grand commandement et dans l’ordre missionnaire. Paul les explique en Eph 4. Nous les retrouvons dans la prière de Jésus pour l’église en Jn 17, et l’église de Jérusalem en Act 2 en est l’exemple type. Ces cinq facettes de la santé sont évoquées en Act 2.42-47 : Ils vivaient en communion, s’édifiaient les uns les autres, adoraient Dieu, servaient et évangélisaient. Le verset 47 indique le résultat : “Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’église ceux qui étaient sauvés”.

Les cinq dimensions d’une église en bonne santé.

1. Une église devient plus chaleureuse par la communion fraternelle.

2. Une église devient plus profonde par une vie de disciple.

3. Une église devient plus forte par l’adoration.

4. Une église devient plus large par le service.

5. Une église devient plus grande par l’évangélisation.

La croissance de l’église est le résultat naturel de la santé de l’église. Mais il n’y a pas d’église saine à moins que notre message soit biblique et notre mission équilibrée. Chacun des cinq objectifs pour l’église dans le Nouveau Testament doit être en équilibre avec les autres si nous voulons avoir une église en bonne santé.

Cependant, et notez ceci : L’équilibre dans une église ne va pas de soi, du fait que nous sommes des êtres imparfaits !

En fait, nous devons continuellement corriger notre manque d’équilibre. Il est dans notre nature humaine de mettre plus d’accent sur tel objectif de l’église qui nous passionne le plus. Le résultat est que la plupart des églises évangéliques suivent les cinq objectifs de l’église – plus ou moins.

Mais elles ne les suivent pas tous avec la même ardeur. Telle église est peut-être forte sur le plan de la communion fraternelle, cependant, elle est faible pour ce qui est de l’évangélisation. Une autre est peut-être forte sur la plan de l’adoration, mais elle est faible dans l’apprentissage d’une vie de disciple. Une autre encore est peut-être forte en évangélisation, mais qu’en est-il du service ?

Pourquoi cela ? C’est la tendance naturelle des responsables d’accentuer ce qui les passionne, tout en négligeant ce qui les branche moins. Partout dans le monde, on peut trouver des églises qui sont le reflet des dons de leurs pasteurs. Elles se focalisent sur ce qui l’intéresse le plus.

A moins d’établir un système et une structure qui maintiennent à dessein un équilibre entre ces cinq objectifs, votre église aura tendance à mettre trop d’accent sur l’objectif qui reflète au mieux vos dons et votre passion en tant que responsable. Suite à cette observation, la plupart des églises peuvent être classées dans un des cinq catégories suivantes.

Sans un système et une structure qui maintiennent l’équilibre entre les cinq objectifs, votre église mettra trop d’accent sur l’objectif qui reflète au mieux vos dons et votre passion en tant que responsable.

Cinq façons d’être une église déséquilibrée

L’église qui gagne des âmes

Si le pasteur se voit avant tout comme un évangéliste, alors, l’église deviendra une église qui gagne des âmes. C’est une église qui s’efforce à tout moment d’atteindre les perdus – en négligeant les quatre autres objectifs. L’objectif principal sera de gagner des personnes à Christ. Les mots qu’on y entend le plus sont : témoigner, évangélisation, salut, décisions, baptêmes, appels, croisades etc. C’est une église qui est modelée sur le don d’évangéliste de son leader. Tout le reste prend la deuxième place.

L’église qui vibre pour Dieu

Si les dons et la passion du pasteur sont dans le domaine de l’adoration et de la louange, il dirigera l’église de manière instinctive à devenir ce que j’appelle une église qui vibre pour Dieu. Elle se focalise sur l’expérience de la présence et de la puissance de Dieu dans l’adoration. Les mots clef dans une telle église sont : louange, adoration, musique, dons spirituels, la puissance de l’Esprit, réveil etc. Le culte d’adoration est ce qui compte le plus. On trouve ce genre d’église tant dans le milieu charismatique que dans des communautés non charismatiques.

L’église réunion de famille

Une église qui se focalise surtout sur la communion fraternelle est ce que j’appelle une église réunion de famille. C’est une église modelée par le don pastoral. Le responsable est quelqu’un de très relationnel, aime les gens et passe la plus grande partie de son temps à prendre soin des gens. Il joue le rôle d’aumônier, et non celui de leader ou de formateur. Les mots clef dans cette église sont : amour, appartenir, communion fraternelle, entourer, prendre soin, relations, petits groupes etc. Dans une église réunion de famille, être ensemble est primordial.

La plupart des églises de ce modèle ont moins de 200 membres, parce que c’est à peu près le maximum de personnes dont un pasteur peut prendre soin. Probablement 80% des églises américaines tombent dans cette catégorie. Une église réunion de famille n’accomplit peut-être pas beaucoup – mais elle est pratiquement indestructible. Elle peut survivre à une prédication moyenne, aux finances limitées, à l’absence de croissance, aux scandales, et même aux divisions. Les relations sont la colle qui continue à faire venir les fidèles.

L’église salle de classe

C’est l’église du pasteur qui voit son premier rôle comme enseignant. Comme il a des dons dans cette direction et qu’il y prend beaucoup de plaisir, il accentuera la prédication au dépens des autres tâches de l’église. Le pasteur fonctionne comme l’enseignant expert et les membres viennent à l’église avec leurs carnets de notes, prennent des notes et rentrent. Les mots clef de cette église sont : prédication systématique, étude biblique, Grec, Hébreu, doctrine, connaissance, vérité, disciple etc.

L’église conscience sociale

Voici l’église qui cherche à transformer la société. Elle est remplie d’activistes qui veulent mettre en pratique la Parole de Dieu. Il y a deux versions de cette église, une libérale et une conservatrice. La version libérale tend à se concentrer sur l’injustice dans notre société. La version conservatrice tend à se focaliser sur le déclin moral dans notre société. Les deux ont le sentiment que l’église devrait jouer un rôle important dans la vie politique. Il y a toujours une cause en cours dans laquelle l’église est impliquée. Le pasteur se voit comme un prophète et un réformateur. Certains des mots clef sont : besoins, servir, ministère, prendre position, faire quelque chose etc.

Je me rends compte que j’ai forcé un peu le trait et que cette description contient beaucoup de généralisations. Cela ne fait jamais justice à toute l’histoire; c’est incomplet par définition. Certaines églises sont un mélange de deux ou trois de ces catégories. Mais le point principal est le suivant : S’il n’y a pas un plan précis et voulu d’équilibrer ces cinq objectifs, la plupart des églises se limiteront à un seul au dépens des autres.

Nous pouvons observer des choses intéressantes concernant ces cinq groupes d’églises.

En général, les membres de chacune de ces églises considèrent que leur église est vraiment spirituelle. C’est parce que les gens se sentent attirés vers le genre d’église qui correspond à leurs propres dons et passions. Nous voulons tous faire partie d’une église qui vit des choses que nous considérons comme essentielles.

Le fait est que tous les cinq accents sont importants ! Ce sont les objectifs de l’église, mais ils doivent être équilibrés si nous voulons une église en bonne santé. Souvent, il y a beaucoup de conflits quand une église appelle un pasteur dont les dons et la passion ne correspondent pas aux objectifs que l’église a mis en avant jusque là.

Par exemple, une église “réunion de famille” croit qu’elle appelle un pasteur pour être son “aumônier”. Si elle découvre que son nouveau pasteur est un évangéliste ou un réformateur, il y aura des étincelles ! Ayant conseillé des milliers de pasteurs, je sais que ceci arrive trop fréquemment avec les résultats prévisibles.

Etablir à dessein une stratégie et une structure qui nous forcent à donner une attention égale à chaque objectif, voilà ce qu’est une église centrée sur et animée par ces objectifs. Des églises en bonne santé sont bâties à dessein, avec l’objectif en vue !

En cherchant à poursuivre tous les cinq objectifs du Nouveau Testament pour l’église en même temps, votre église développera un équilibre sain qui rend possible une croissance durable.

Ces cinq objectifs résument ce que les gens peuvent trouver dans l’église, et qu’ils ne peuvent trouver nulle part ailleurs :

L’adoration m’aide à me concentrer sur Dieu. Cela me prépare tant au plan spirituel qu’émotionnel pour la semaine qui commence.

La communion fraternelle m’aide à faire face aux problèmes de la vie en me donnant le soutien et l’encouragement d’autres chrétiens.

Une vie de disciple m’aide à fortifier ma foi en apprenant la vérité de la Parole de Dieu et en appliquant des principes bibliques à ma manière de vivre.

Servir m’aide à découvrir et à développer mes talents et à les utiliser pour servir les autres.

L’évangélisation m’aide à accomplir ma mission : atteindre mes amis et ma famille pour Christ.

Publié dans Minister’s Toolbox (www.pastors.com) et dans La boîte à outils (www.motiveparlessentiel.org).

samedi 27 septembre 2008

Sept principes pour la gestion de projets

Auteur: Rick Warren
Publié avec permission

En tant que pasteur, vous devez pouvoir organiser des projets de manière efficace. Que ce soit le démarrage d’une nouvelle église, le début d’une nouvelle activité, un nouveau bâtiment, … ou tout simplement la préparation pour le week-end prochain, vous aurez besoin de mobiliser des gens en vue d’une tâche commune. Voilà ce à quoi se résume le leadership.

Néhémie est un modèle biblique du genre. Il avait devant lui un projet monstre : reconstruire le mur de Jérusalem, sa ville ravagée. Et il a réussi. La manière dont il a géré ce projet peut nous inspirer dans nos projets. En regardant de plus près comment il s’y est pris, nous pouvons détecter sept principes clef qu’il a mis en action dans son projet de reconstruction.

1. Le principe de la simplification

Néhémie avait un projet simple. Il n’a pas distribué les responsabilités au hasard, il n’a pas non plus créé une toute nouvelle organisation et il n’a pas obligé les gens à s’intégrer dans des structures complexes.

Il s’est tenu à un plan très simple. Il a structuré son projet autour des groupes déjà en existence parmi le peuple, comme les sacrificateurs, les hommes de Jéricho, ou les fils de Senaa. La leçon ? Ne créez pas une organisation si vous n’en avez pas besoin. Si une organisation existe déjà naturellement, essayez de travailler avec elle. Parfois, un nouveau dirigeant arrive et la première chose qu’il fait est de tout changer. Dites plutôt : si ce n’est pas cassé, je ne dois pas essayer de le réparer. Les organisations les plus simples sont les plus fortes.

2. Le principe de la participation

Une règle toute simple : travaillez avec ceux qui veulent travailler. C’est étonnant, mais beaucoup de leaders n’apprennent jamais ce principe. Ils passent tout leur temps à rassembler les paresseux et les apathiques, au lieu de travailler avec ceux qui veulent travailler. Mais tu ne peux pas donner à boire à une âne qui n’a pas soif.

Regardez Néhémie. Il a impliqué pratiquement tout le monde dans son projet. Il y avait les religieux, les orfèvres, les parfumeurs, des hommes et des femmes, des gens de la ville comme de la campagne. Chacun était occupé à faire du ciment et à poser des pierres. Chacun ? Non, il y avait une exception. “Venaient ensuite les habitants de Técoa, dont les notables refusèrent de travailler sous les ordres des responsables de l’ouvrage.” (Néh 3.5 BFC) La réaction de Néhémie était de les ignorer.

En toute situation, vous aurez des travailleurs et des tire-au-flanc. Néhémie a tout simplement ignoré les derniers et il s’est concentré sur ceux qui voulaient travailler. Il n’a pas perdu son sommeil, n’est pas devenu amer, et n’a pas perdu son temps à essayer de les amener à bord. Si vous êtes un responsable, ne vous tracassez pas de ceux qui ne veulent pas s’engager. Concentrez-vous sur ceux qui veulent s’engager.

Au début de notre église à Saddleback, je n’avais pas appris cette leçon. Chaque fois que nous avions planifié un projet ou un événement, des gens se mirent au travail, mais j’étais quand même déçu par tous ceux qu’on ne voyait pas. Finalement, Dieu m’a montré que je devais être enthousiaste à cause de ceux qui étaient là !

3. Le principe de la délégation

Il est important de prévoir des responsabilités spécifiques. Imaginez ce qui aurait pu se passer si Néhémie avait dit, une fois que tout le monde était excité après son speech : “Que chacun se mette au travail où qu’il veut.” Cela n’aurait pas marché.

Au lieu de cela, il a partagé le mur en sections pendant son inspection nocturne. Il est resté simple et il a délégué des tâches spécifiques.

Lorsque vous déléguez :

· Divisez les grands objectifs en tâches plus petites. Au début de Saddleback, je transformais chaque personne en comité d’une seule personne. Chacun avait ses responsabilités. L’un s’occupait d’imprimer nos bulletins de nouvelles, l’autre mit en place la garderie etc. Chacun avait une tâche spécifique.

· Développez des descriptions de tâches précises. Ceux qui travaillent avec vous méritent de savoir ce qu’on attend d’eux.

· Mettez la bonne personne à la bonne place. La mauvaise personne à la mauvaise place est une source de chaos. Vous finissez avec toutes sortes de problèmes de motivation. Déléguer est bien plus que seulement diminuer votre travail. Vous devez comprendre ce que comporte chaque tâche et savoir ce que telle personne fait bien. Ensuite, vous mettez ces deux choses ensemble.

· La responsabilité de tous est la responsabilité de personne. Quelqu’un doit assumer la responsabilité spécifique.

4. Le principe de la motivation

Lorsque vous organisez un projet, aidez les gens à sentir que c’est leur projet. Souvent, en Néh 3, vous voyez des gens qui réparent le mur en face de chez eux. Si vous habitiez à Jérusalem, quelle partie du mur vous intéresserait le plus ? Mais devant chez vous, probablement !

Aider les gens à s’approprier le projet stimule la motivation. Je crois que Néhémie voulait que le travail convenait à chacun. Il a laissé travailler les gens selon leur centre d’intérêt. C’est un principe clef dans toute organisation. Les bonnes organisations laissent à leurs employés la liberté de développer leurs propres domaines de compétence.

5. Le principe de la coopération

B. C. Forbes, fondateur du magazine Forbes, a dit : “Le succès s’écrit : T R A V A I L D’ E Q U I P E.” Coopérer est un principe clef d’une bonne organisation. Récemment, j’ai lu que les oies peuvent voler 72% plus loin en formation que toutes seules.

Lorsque nous travaillons ensemble, en équipe, la croissance suit. La coopération est un meilleur motivateur que la compétition, et les résultats sont plus durables parce que vous avez le sentiment de faire partie ensemble d’une équipe gagnante.

Les bonnes organisations pourvoient un climat de soutien qui inspire la confiance et le travail d’équipe. Dans la Bible, quand elle parle des chrétiens dans l’église, la phrase ‘les uns les autres’ est utilisée 58 fois. Comme si Dieu dit : “Captez le message : aidez-vous les uns les autres !” Les chrétiens solitaires n’existent pas. Nous formons une équipe. Il y a une puissance terrible dans la coopération.

Dieu peut passer sur beaucoup de choses dans une église, mais il ne passera jamais sur la désunion. Dans les premiers 10 chapitres des Actes, nous trouvons dix fois : “Ils étaient d’un seul cœur…” L’unité dans le livre des Actes est liée à la puissance.

La neige forme une belle illustration de ce que Dieu peut faire avec une pile de flocons. Un flocon de neige est plutôt fragile, mais quand il y en a assez qui tiennent ensemble, ils peuvent arrêter la circulation. Seul je n’aurais pas eu beaucoup d’impact sur la vallée de Saddleback. Mais ensemble, la famille de Dieu à Saddleback a pu toucher des dizaines de milliers de personnes.

6. Le principe de l’administration

Une fois que vous avez délégué, vous devez surveiller le travail. Néhémie l’a compris et il inspectait le travail. Tom Peters, dans son livre Une passion pour l’excellence, appelle cela le management en marchant en arrière.

Néhémie savait ce que faisait chaque personne parce qu’il les a vu à l’œuvre. Cela lui a aussi permis de découvrir ce qui se passait.

Les bonnes organisations mettent en place une structure d’autorité claire. Les gens agissent selon votre inspection, et non selon votre expectation.

7. Le principe de l’appréciation

Les bons leaders expriment leur reconnaissance. Par exemple, Néhémie connaissait les noms de ceux qui travaillaient sur le mur, et je pense que cela est une des marques d’un bon leader. Il les a même nommés dans son livre. Le résultat est que maintenant, plus de deux mille ans plus tard, des pasteurs à travers le monde ont du mal à prononcer les noms de tous ces gens ! Il s’intéressait assez à eux pour être reconnaissant pour leur travail.

Savez-vous qui fait du bon travail dans votre organisation? Si oui, le leur dites-vous ?

Néhémie avait devant lui une tâche gigantesque. Mais il a réussi. Dieu lui a donné un plan fondé sur ces sept principes pour une raison : ça marche.

Sur quel projet allez-vous les utiliser ?

Publié dans Minister’s Toolbox (www.pastors.com) et dans La boîte à outils (www.motiveparlessentiel.org).


LA CROISSANCE DE L'ÉGLISE